Blog de Cheikh Yerim Seck

Ce que je pense de la nomination de Mamadou Sy Tounkara par Macky Sall

YERIMPOST.COM Le brouhaha déclenché par la nomination de Mamadou Sy Tounkara comme conseiller spécial du président de la République n’est pas encore retombé que je mêle ma voix à la clameur publique. Je ne serai peut-être pas audible, mais l’envie de sortir ce qu’il y a dans mes tripes me brûle.

D’abord, je regrette, moi qui ambitionne d’être un intellectuel attaché à un débat politique de qualité, qu’une identité remarquable comme le professeur Tounkara soit ôtée des plateaux de télévision pour être anesthésiée sous les ors, lambris et dorures du pouvoir.

Ce professeur de métier, reconverti en présentateur de télévision est à la fois une plume acerbe, une voix impertinente, un administré exigeant, un critique atavique… bref un citoyen cultivé. Au cours de ces dernières années, il a réussi à s’imposer comme l’un des censeurs du pouvoir, à force de lettres ouvertes, de contributions, de coups de gueule et de critiques en forme de sermons. Mais aussi à force de corriger le président de la République, ses ministres et ses directeurs généraux en orthographe, en grammaire et en syntaxe.

C’est ce Tounkara qui va manquer au public à la faveur de sa phagocytose par le pouvoir. D’où les nombreuses réactions l’accusant d’avoir trahi sa ligne et abandonné cette cause de salubrité publique pour sa promotion personnelle. On peut comprendre cette posture, même si aucun esprit censé ne peut l’approuver.

Il ne relève en effet d’aucune vérité biblique qu’un lanceur d’alerte, un influenceur, un polémiste… ne peut pas franchir le Rubicon pour passer de la contestation à l’action. Mamadou Sy Tounkara, dépositaire d’une compétence avérée qui confère une pertinence à ses sorties, doit pouvoir « servir son pays », pour reprendre l’expression usuelle.

Macky Sall, qui l’a nommé conseiller spécial, s’était d’ailleurs engagé, au cours de sa campagne électorale victorieuse de 2012, à aller chercher les compétences, partout où elles peuvent se trouver, pour les agréger dans l’intérêt du pays. L’argument selon lequel Tounkara ne devait pas être nommé parce qu’il ne milite pas dans le bord politique du président, ou parce que les postes doivent être réservés aux partisans de ce dernier, est tout bonnement fallacieux. Les états d’âme d’apéristes frustrés ne font pas une politique.

Si l’on peut regretter que la nomination de Mamadou Sy Tounkara dégarnisse un peu plus la masse critique du pays, ce ne sera pas plus mal s’il donne à son nouveau patron des conseils utiles à améliorer les choses. Après tout, on ne critique pas pour critiquer. On critique pour pousser à mieux faire…

Et puis, après tout, la vie n’est pas faite que de pensée, de critiques, de contemplation… « La vie contemplative est souvent misérable. Il faut agir davantage, penser moins, et ne pas se regarder vivre », a dit, à juste raison, Nicolas Chamfort.








Cheikh Yérim Seck

21 Comments

    • CYS rumine sa déception de n’ avoir pas été servi avant Tounkara, ayant employé la même stratégie d’appel de pied. De guère las,il tenté de mettre le turbo dernièrement face à Macky,apparemment en vain car ce dernier n’a pas mordu.
      Quel conseil Tounkara peut prodiguer à Macky? Amsata Sow Sidibé ,plus futée,a passer 3 ans sans rencontrer celui qu’elle était sensée conseiller
      Ces jeunes sont très dangereux ,sans foi ni loi, seule la fin justifie les moyens

  1. Oui Mr Seck,vous avez raison, mais attention aux incohérences.Si l’action doit être la suite logique de la réflexion ou de la théorie,il faut qu’elle soit inspirée par celles ci.Je vous renvoie a la sagesse de Serigne Abdou Lahad sur la valeur de la constance principielle.Je ne pense pas que la gouvernance bancale de MS et les fâcheuses conséquences qui s’y rattachent que Tounkara stigmatisait n’ont changé d’un iota.La logique voudrait qu’il s’engageat dans une action politique en phase avec sa ligne éditoriale.Donc,ce que nous regrettons ce n’est pas son départ des plateaux de télévision,mais son reniement a 180 degrés .Vous donnez a celà une justification contributive,en faisant contre mauvaise fortune bon cœur.De tout cela,il Nya rien sinon que le masque de caméléon versicolore que portait ce monsieur vient de tomber.Lui qui passe maintenant comme un usurpateur et un opportuniste ,car voulant profiter d’une gouvernance aux abois dont le chef désemparé devant un hypothétique second mandat pense que MST peut lui être utile.

  2. Yerim, reconnaissez que Tounkara a changé de camp parce qu’ il n’ avait pas d’ engagement politique au sens où Camus et Sartre l’ entendent. Reconnaissez aussi que vos éloges sont trop pompeux envers lui. Il n’ est ni grammarien, ni docteur ès lettres encore moins spécialiste de linguistique.Il tire les fautes de ceux dont le texte ou la langue sont douteux. Et il ne le fait pas comme les universitaires le font, avec modestie. Sa passe d’ armes avec Ibrahima Sall du même milieu académique n’ a pas été tendre pour lui quand ce dernier lui a demandé de trouver, dans son livre ,une seule faute de grammaire ou de style. Pis encore, il lui a fait remarquer qu’ il n’ était pas devant un jury de thèse. Et si par extraordinaire cela se devait, Mr le Professeur, vous ne seriez pas habilité à y siéger. Tounkara avait ses »invités ». Le choix de Macky est simple: attirer dans son camp le plus grand nombre de trouble – fêtes ou d’ intellectuels à la Céline possibles pour mieux faire avaler une imposture qui se prépare. Tunkara n’ a rien à lui conseiller. (Céline est un écrivain français qui faisait l’ apologie du nazisme).

  3. Tounkara est professeur recruté dans quelle Université, quel département ? Donner un cours ne donne pas à quelqu’un statut de professeur. Serait-il professeur pourrait-il être plus méritant que ces deux milles qui ont recrutés et qui officient si humblement, sans tapage sans usurpation de titre? Sans jalousie aucune, je n’ai noté de Tounkara qu’une arrogance fatale, un mépris outrancier se délectant de faire tomber ses invités, les lisant sous l’œil d’un sermonnage religieux. Jusqu’à ce qu’une fille de mode dévoile son côté Tartuffe. L’intellectuel Tounkara? Je ne lui accorde pas autant de crédit. Dans nos pays ravagés par un sous-développement endémique, un chômage catastrophique, un manque criard de projets de développement de valeurs ajoutées pour réduire les inégalités, un intellectuel est celui qui est à distance de l’Etat. Devenir Ministre-conseiller, un de plus sur les cent-dix ou cent-vingt est honteux pour un intellectuel. Lui si loquace à critiquer les tenues, les apparences, avec une sévérité d’un gourou retiré du monde élèvera-t-il sa voix de conseiller contre les sabars, les gaspillages éhontés, l’achat des consciences de pauvres gens minés par les besoins élémentaires qui sont les pratiques quotidiennes des gens de la République? J’ai mes doutes. C’est simplement un petit bourgeois tenaillé par les exigences de l’imaginaire de sa classe: voiture de luxe, plaisirs de la chair, comptes bancaires à ne plus être déficitaires, plaisirs de la chair ( des nanas que le capitalisme a transformé en objets de sexe)et du palais, honneurs, pouvoirs, voyages. Les discours d’hier-les sourates, la morale-restent ce qu’elles ont été des saupoudrages. Mais des milliers de sénégalais restent dignes parce qu’ils savent que la conscience que le peuple est souffrant, qu’il a besoin d’épanouissement, les éloigne de toute corruption, les garde de toute arrogance, les met en demeure de ne pas afficher des titres professeur ou d’ingénieur ( qui parfois ne couvrent pas grand-chose).

  4. De qui se moque t on??? A moins de 60 jours de la fin de son mandat de quoi Macky que peut vraiment attendre de Tounkara ??? La décence intellectuelle de ce type l’aurait obligé à décliner poliment ce poste inutile! Combien de fois Tounkara s’est insurgé sur le train de vie de l’administration sénégalaise ??? Combien de fois a t il décrié la gestion étatique de Macky Sall ?? Aujourd’hui la logique voudrait qu’il s’allie avec un parti de l’opposition pour faire partir celui qui vient de le nommer! En fait j’ai comme l’expression qu’il s’est servi de La 2s pour se « faire voir et entendre » par le président ! D’ailleurs un conseiller du président l’avait dit sur son plateau en lui disant clairement c parce que ses demandes d’audiences n’avaient pas aboutis qu’il les attaquait à chaque occasion!!! En tout cas Il vient de dévoiler son vrai visage… un vrai Politicien sénégalais comme les autres !!!!

  5. Hélas, pas besoin d’analyses compliquées. Intellectuel ne nourrit pas pas son homme, la vie est chère les besoins explosent. Même de bons salaires ne suffisent plus. Il n’y a que la politique qui puisse transformer instantanément un simple salarié en millionnaire avec « tout gratuit » autour de lui: maison, véhicules, carburant, passeport diplo, intouchable ….

  6. YS en justifiant le départ de Tounkara est il entrain de faire un appel du pied à Macky Sall? En tout cas, ce Monsieur Tounkara en a surpris plus d’un. Lui qui se prétendait patriote et défenseur des valeurs de la République a fini par rejoindre les « mauves » prairies. En fait MS a combien de conseillers? Tounkara considère t’il toujours qu’il y a trop de conseillers à la présidence? Comme le foot qui dit-on est un sport à onze et pour lequel l’Allemagne finit toujours par gagner; certains Sénégalais finissent toujours par aller à la soupe.

  7. C’est tout de même un coup dur pour les sans voix surtout après le décès de Sidy Lamine Niasse. Espèrons que les rares porte-paroles des sans voix qui restent comme Pape Alé résistent.

  8. Comprenez CYS. C’est le prochain sur la liste.
    Patience rék tous les salauds opportunistes se dévoileront. Une fois le véritable changement on saura les mettre hors d’état de nuire et pervertir notre jeunesse. Ces gens sans moral qui passent leur temps à donner des leçons aux honnêtes citoyens doivent être démasqués et dénoncés.

  9.  » Tout change… tout évolue … seuls les imbéciles ne changent…  » dixit Alpha Blondy.
    Où étiez vous, MM les thuriféraires, quand M. Abdoulaye Wade, opposant émérite, entrait dans le gouvernement du Président Diouf ? Laissez tranquille cet honorable Citoyen . Il n’a rien fait de mal et on peut servir son Pays à tous les postes pourvu qu’on y mette le coeur. Bravo ! Monsieur M. Sy Tounkara, vous avez toutes mes félicitations.
    Que Dieu vous assiste dans vos nouvelles fonctions. Amine.

  10. Rien de nouveau sous nos chaumieres!Les paris sont ouverts. Ma surprise de l’annee serait de ne pas voir Yerim Seck retrouver Macky. Son os s’est ramolli! Just wait & see!
    Il y’avait un vieillard petri des theories de Ricardo qui disait que derriere chaque senegalais, il y’a un prix. Quand bien meme je lui rentre dans le lard pour avoir instaurer cette inversion des valeurs dans notre republique, pourtant il a raison. Regardez tous ces khalifes generaux qui avaient vote contre lui avant la premiere alternance et qui sont redevenus ses serpilleres en 2000. Alors un Tounkara auto proclame professeur (I don’t know how), le nouveau videographe Alassane Sene, le panafricaniste a deux noix Gadio sans compter ceux qui theorisaient que la transhumance meritait la fusillade. Il faut admettre tout simplement que le Senegal est devenu dur pour ceux qui sont en dehors des spheres du pouvoir!

  11. Mais guys pourquoi s’effaroucher des propos de Samuel Eto. C’est tout just autre illetre de la trempe d’un El Hadji Diouf. Eto est victime du conditionnement socio politique dans lequel Biya a plonge le Cameroun. Un bipede qui a droit de vie a tout ce qui bouge labas.

    Eto ne peut pas penser autrement parce qu’il creche dans un pays ou le president meprise tout le monde comme Macky sai sai. Il faut pas lui en vouloir. Il faut faire ce qu’il faut: c’est a retirer sa carte d’electeur, faire voter vos proches, securiser le vote le soir du 24 fevrier et fouttre Macky Sall hors de la Republique.

    Don’t boo Eto, vote peeps!

  12. Tounkara a déçu ses fans, mais mo xam lutax et puis, chacun est libre de faire ce qui lui chante. Reste à en assumer les conséquences.
    Le Sénégal, c’est le pays des paradoxes et des caméléons, où quelques justiciers déclarés rêvent en secret de se voir tendre la même perche qu’à Tounkara. Dans mon pays, certains laissés-pour-compte retournent leur veste sitôt atteinte l’autre rive et les huées deviennent des chansons d’amour.
    Dans mon pays, on apprend aux enfants, à la Machiavelli, que la fin justifie les moyens. Au grand dam des textes, lorsqu’il s’agit de plaire à son mari, lépp dagan na (tout est licite). Le mensonge n’est pas une exception pour éviter les déchirures, mais une règle au bénéfice de l’individu (stricto sensu). L’argent n’a plus d’odeur lorsqu’il s’agit d’honorer [matériellement] ses parents et de subvenir aux besoins des siens. Que nenni ! Il canonise le pire gangster et la plus grande péripatéticienne. Les espèces sonnantes et trébuchantes deviennent immaculées, dès lors qu’un petit pourcentage est dédié à des œuvres de bienfaisance. Dans ce pays où tout le mal que l’on peut faire est annihilé selon un procédé mystérieux par quelqu’acte de bonté, au diable la redoutable balance du jour J. Dans mon pays, l’hôpital se moque souvent de la charité.
    Rus na sax.

    • J’en profite pour dire que j’apprécie davantage Tounkara que Macky Sall, mais parfois il va trop loin et s’il nous lit, il devrait essayer de ménager les sentiments de ses invités. J’ai eu de la peine vendredi dernier pour la Diva à la voix d’or. Il ne faut pas remuer le couteau dans la plaie (surtout en public) des gens sensibles qui essaient de paraître forts.

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