Blog de Cheikh Yerim Seck

CFA: Entre pragmatiques, illusionnistes et défaitistes

La polémique autour du franc CFA continue encore de diviser et fera couler de l’encre durant la prochaine campagne électorale. D’un côté se trouvent les pro et de l’autre, tout naturellement, les antis. Cette dualité hante les rêves du citoyen dont le destin est entre les mains des potentiels décideurs en faveur de l’un ou de l’autre camp.

Toutefois, il est des arguments qui paraissent risibles. Le franc CFA est un symbole de servitude qui perpétue la colonisation, pour l’exemple, parait fallacieux, aérien et évasif. Il s’avère pour le moins simpliste d’étayer un argumentaire sur la pertinence de cette monnaie sur des questions simplement historiques. L’alliance franco- allemande ne pourrait voir le jour si le « diktat » de 14-18 ou la capitulation de 1945 devraient impacter sur les relations du moment. Le pragmatisme et le réalisme ont dicté les options.

La France, garante de la convertibilité garderait dans son trésor 50% des réserves. La France y gagne et beaucoup même.  D’ailleurs qui garantirait gratuitement ?

Au-delà de ce que gagne la France, qu’est ce nous y gagnons concrètement et qu’est ce nous y perdons en réalité ?

Quand nous suivons la banque centrale européenne, nous nous rendons compte des exigences et du sérieux qui sous-tendent toute politique monétaire. Le manque de sérieux est, selon un acteur, un élément qui ressort en filigrane quand on écoute les défenseurs du CFA ; peu enclin à créer une nouvelle.

Toutefois la question de rester ou de se retirer du CFA ne peut être prise sur un coup de tête. Celui  qui envisage cette éventualité doit mûrir son ambition avant de s’y lancer si jamais l’occasion lui est permise. Il doit se prémunir de toutes les garanties et à toutes les échelles.

En effet, de chevronnés économistes ont soutenu le CFA avec des arguments plus ou moins plausibles. A juste titre nous évoquerons l’article du Dr K B Ndiaye.

Ils n’écartent cependant pas la création d’une nouvelle monnaie mais n’en voient ni les préalables ni l’opportunité. Le « naira » nigérian vit au rythme du cours du baril de pétrole faisant du naira une vraie monnaie à yoyo, illustre ce dernier ,dans son article : « Le Sénégal doit rester dans la zone CFA: malheureusement, le président de la république a raison. »

Une éventualité que prévoient d’autres candidats acceptés par le conseil constitutionnel du Sénégal pour les élections présidentielles.

Dans tous les cas, cette question ne devrait se traiter de façon unilatérale tant les enjeux sont énormes. Retirer le Sénégal du CFA pour juste porter la paternité de l’acte serait aussi criminel qu’assujettir  ce pays alors qu’une alternative monétaire sérieuse et durable s’offre. Pour une fois, le peuple aimerait une très large concertation sur ce sujet pour que la meilleure option soit prise. La loi de la majorité mécanique a déjà fini d’enliser le Sénégal dans des bourbiers tels que la parité et le parrainage entre autres. L’univocité ne peut prospérer là où le dialogue fécond et sérieux peut se tenir.

En tout état de cause, la solution viendra de la dynamique unitaire dans le cadre de l’UEMOA et non dans la démarche solitaire de nos petits pays ou de nos petits penseurs dont le nationalisme s’abreuve très souvent à la source du populisme.








Ousmane Sy, enseignant au Lycée de Mboumba

Animateur ECADD.

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