Blog de Cheikh Yerim Seck

Contribution: 8 mars: Le pouvoir corrompt, le pouvoir féminin corrompt absolument

LE POUVOIR CORROMPT ; LE POUVOIR AU FEMININ CORROMPT ABSOLUMENT

 Djiguene khamoul lou may lou ko nekh. Bou yore ngour nak  thi lay raaw

Le 08 Mars, notre pays va  encore une fois  fêter  la journée internationale des femmes, à l’unanimité, à l’unisson tous les discours   jusqu’à satiété parleront de la femme  et de ses droits .A contre courant de   ce chœur, de cette pensée unique et  politiquement correcte, nous allons à rebours par provocation, relater les travers de quelques femmes célèbres qui ont eu à exercer le pouvoir avec des abus pendant la période précoloniale.

Linguere Dyambourguel Fara Mbodj : les intérêts de sa famille avant ceux du royaume

Linguere Dyambourguel Fara Mbodj avec sa politique d’accaparement du pouvoir provoqua la chute de son frère le Brack Beur-Tyaaka Mbodj.

A son avènement, le Brack Beur-Tyaaka Mbodj sous l’influence de sa grande sœur  Dyambourguel Fara Mbodj confia les plus hautes dignités du royaume du Walo  aux membres de sa famille maternelle celle des Loggar.

Le Brack nomma ainsi Dyambourguel Fara ,Linguere du royaume  et les deux fils de sa petite  sœur Dégeune Fara Mbodj  (bou  ma bokaal ndeye ak bay) Naatogo Dégueune Mbodj comme Kaddji  (premier vice-roi) et Dembaanê Dégueune Mbodj comme Briock (deuxième vice-roi).

 

Les nominations de ses neveux utérins déplurent fortement à ses neveux paternels : Yêrim Mbanyick Aram Bakar, Ndyak Aram Bakar ,et Naatago Aram Bakar (fìls d’Aram Bakar, demi sœur paternelle du Brack ). Ils s’en plaignirent à leur mère qui, en leur compagnie, alla demander au Brack les raisons de l’écartement de ses enfants du pouvoir.Le Brack reconnut le bien-fondé de la démarche d’Aram Bakar et nomma Yêrim Mbanyick  Kaddji à la place de Naatogo Déguéne qui fut ainsi destitué.

 

Quand la Linguère Dyambour-Guel, elle était sœur de même père et mère, du Brack (nyôô-boka ndey ak baay) – apprît  cette nomination, elle en fut outrée et alla aussitôt trouver son frère le Brack . Après lui avoir fait les observations ,que méritait son acte insensé, elle lui dit que cette décision était contraire aux intérêts de  leur  politique, car, disait-elle, le Kaddjy, premier dignitaire du pays après le Brack dont il est le successeur éventuel, devait être choisi parmi les membres de sa famille maternelle (meen), et qu’ainsi, après, la mort du Brack, le pouvoir resterait toujours à la famille. Le Brack par faiblesse accéda aux désirs de sa sœur  la Linguère Dyambur-Guel ;Yêrim Mbanyick fut à son tour destitué et Naatogo Dégueune redevint Kaddjy.

Frustrés, les fils d’Aram Bakar  Yêrim Mbanyick Aram Bakar, Ndyak Aram Bakar , Naatago Aram Bakar s’exilèrent au Guidimakha avec leurs partisans.

Débarrassés des rivaux de sa famille, la  Linguère Dyambour-Guel, se livra incessamment, sans mesure, au pillage des Baadolo du Wâlo : aucun village ne fut  épargné ,le bétail saisi, les récoltes confisquées .Pour la moindre offense Linguère Dyambour-Guel réduisait les baadolos en esclavage, pour les vendre aux négriers de Saint-Louis.

Ces exactions, qui se faisaient sans l’assentiment du Brack, finirent par soulever les baadolo, d’ordinaire si dociles, qui se plaignirent trois fois au conseil des grands électeurs le Sêb-ag-Baor.

Le Sêb-ag-Baor en parla trois fois au Brack qui, chaque fois, reconnaissait que sa sœur exagérait en effet, et promettait de la faire les observations nécessaires, et, après chaque audience il faisait don de dix esclaves à chaque membre de cette assemblée.

A la dernière plainte des baadolo, le conseil des Sêb-ag- Baor protesta plus énergiquement auprès du Brack et lui demanda de faire cesser, impérativement les agissements de la Linguère Dyambur-Guel. Le Brack répondit qu’il avait parlé à sa sœur sur tous les tons, mais que cette dernière, malgré cela, persistait dans ses agissements, que lui, personnellement, ne pouvait tuer sa propre soeur, de même père et même mère, mais qu’il leur donnait, à eux Sêb ag- Baor, l’autorisation de la tuer, afin de faire cesser cet état de choses.

Après cette réponse, les membres du Seb-ag-Baor se retirèrent, se concertèrent et décidèrent, à partir de ce jour, de faire venir les fils d’Aram Bakar de leur exil, pour leur remettre le pouvoir.

Un messager fut envoyé dans le Guidimakha, avec mission d’inviter Yèrim Mbanyik, ses frères et leur cousin Malikhuri, à venir dans le Wâlo et à choisir la veille du prochain Gamou pour y faire leur entrée.

A leur retour au Walo,les enfants d’Aram Bakar  attaquèrent  à Ndiandiou par surprise leurs cousins ennemis Naatago Dêgön et Dembanê qu’ils tuèrent tous les deux .Et le lendemain, alliés avec le Seb-ag-Baor, dirigé par le Diogomaye Al Thiaka Thiam  ils attaquèrent la demeure royale à Ndyourbel à la pointe du jour.

Une lutte acharnée s’engagea, à l‘issue de laquelle Yêrim Mbanyik et ses frères battirent le Brack  Beur-Tyaaka Mbodj et prirent le pouvoir.

Avec la Linguère Dyambur-Guel,   le Brack se  refugia à  Ross Bethio auprès de son oncle Yatma Demba  qui l’admonesta en ces termes «   Comment as-tu pu laisser les rênes du pouvoir aux mains capricieuses d’une femme ».

 

Le  matriclan  loggar se réunit et accusa la Linguère Dyambur-Guel, d’être la principale source de la perte du  pouvoir de son frère et de sa famille et la conseilla  de mettre elle même fin à ses  jours .Dignement la Linguère Dyambur-Guel comme Socrate qui avait bu la cigüe absorba du Xémé et emporta avec elle tout le déshonneur des Loggars.

 

La Linguere NdieumbeutMbodj : l’épouse avant le royaume

Pour assouvir sa boulimie de pouvoir, la Linguere Ndieumbeut Fatim Yamar Khouriyaye intronisa deux Bracks fantoches et contracta un mariage politique  avec l’émir du trarza.

A la disparition du  Brack Yérim Mbagnick  Tegue  Rella ,en décembre 1827  le  pouvoir échut entre les mains de  la Linguére  NDieumbeut qui chercha  un candidat Brack qui ne lui  ferait pas ombrage. Elle jeta son dévolu sur le  tedieck  (de Keur Niasse  Yatma ) Fara Peinda Adam Sall MBODJ ,qui bien que  aîné de Yérim Mbagnick  Tégue  Rella   n’avait pas été proposé Brack lors de la mort de Amar Fatim Borso. Il ne fut élu  Brack que  par  défaut.

L’incapacité et de la mal gouvernance du nouveau Brack provoquérent une guerre civile opposant  deux partis : celui de la famille des Dyoos avec leur candidat Kherfi Khary Daaro soutenue par le Diawdine Madyao Khor et les Français  et celui de la Reine Ndieumbeut  allié à l’Emir du Trarza .

Pour mieux consolider son alliance militaire avec l’Emir du Trarza ,la Linguére  NDieumbeut épousa Mohamed El Habib le roi du Trarza  le 18 juin 1833 à Dagana .

L’ambition de la Linguére  NDieumbeut  était que l’enfant issu de ce ménage  puisse avoir  une double légitimité , car étant de lignée matrilinéaire tedieck,, il pouvait prétendre  à la tête du royaume du Walo et par le patriarcat, il pouvait devenir aussi roi du Trarza.

A la mort du Fara Peinda Adam Sall MBODJ  le 30 Octobre 1840 la Linguere   NDieumbeut  usa de toute son influence   auprés du Seb ak Baor  afin de faire triompher son candidat le Loggar Ma Mbodj Malick  au détriment du candidat de la colonie  le Dyoos Yérim  Mbagnick MBODJ.

D’emblée, on peut comprendre que le Brack Ma Mbodj Malick   ne pourra être que sous  l’influence  de celle qui l’a fait roi, en l’occurrence la Reine Njeumbeut .  Le Brack sera éloigné  du centre du pouvoir, de la capitale Nder et assigner en résidence à  Khouma. La Linguere Ndieumbeut donnera  en mariage au Brack sa cousine utérine  Isseur  Aram Bakar DIOP de la branche cadette Tediecks des Niasse Yatma  (fille du Brack Kouly Mbaba DIOP et nièce du Brack Fara Peinda Adam Sall MBODJ).

La Linguere Ndieumbeut gouvernera le pays avec son mari Mohamed el Habib le roi du trarza reléguant au second plan  les  deux Brack fantoches.

 

 

 

La Linguere  Ndaté Yalla Mbodj :ses sentiments ont primé sur la raison d’état

 

Pour l’amour de son mari, le Maarosso  Tassé Diop , la Linguere  Ndaté Yalla Mbodj décrédibilisera les institutions du royaume  favorisant ainsi l’invasion coloniale.

 

À la mort de la Linguere   NDieumbeut  en septembre 1840, d’une maladie pulmonaire sa sœur Ndaté Yalla fut proclamée Linguere avec tout le faste requis  le 1er octobre 1840 ; la colonie avait même envoyé Monsieur CAILLE Directeur des affaires extérieures pour la représenter à la cérémonie d’intronisation.

Le mariage de la Linguere   NDieumbeut  avec le roi du Trarza avait suscité  de forts ressentiments au niveau de la classe dirigeante du Walo. La famille royale des tediecks pour apaiser le courroux des kangams donna en mariage la princesse Ndaté Yalla  au  puissant  Béthio Sakoura DIOP, dont  on dit que ses troupes valaient plus de 1000 fusils.

Apres la naissance de son fils Sidya Ndaté  la linguere Ndaté Yalla demanda le divorce au  Béthio  ce que ce denier refusa.Elle l’expulsa  du palais, l’interdit de séjour dans la capitale de N’der.

Refusant d’obtempérer Béthio Sakoura DIOP se rendit à Nder ,la reine Ndaté le frappa violemment, le blessant à la tête avec son lourd bracelet d’argent et demanda que la garde royale le jette dehors du palais , comme le dernier des manants.

Linguere Ndaté Yalla Mbodj ordonna aux marabouts du palais de prononcer une fatwa autorisant le divorce entre elle et le Béthio Sakoura DIOP.

 

Elle épousera en secondes noces le nommé Tassé  Yandé Wagane DIOP, d’une très grande  beauté et élégance propres aux  hommes de keur Kouly Codou Ngoye DIOP. Ce dernier était le fils du Brack Kouly Mbaaba  DIOP et  d’une princesse guelewar.

La Linguére va  nommer son nouveau mari  Maroosso (gouverneur de la province de Rosso) ,mais au delà de ces fonctions de kangame , elle lui confia toutes les prérogatives royales du Brack . Le Brack fantoche  sera exilé à Khouma loin de la capitale Nder.

Et rien n’est plus illustratif du rôle du  mari de la Reine lors de l’audience qu’elle accorda à Nder le 1er  Septembre 1850 à l’Abbé  David Boilat . Tout le protocole d’état était assuré par  le Marosso Tassé qui dans les illustrations de l’abbé Boilat portait une tunique cousue dans la même étoffe ,que celle du grand boubou de la Reine.

La plus part des  correspondances entre la colonie du Sénégal et le Walo portaient la signature de la  Linguere  Ndaté Yalla et son mari, comme celle ou elle demandait a  Mr Brossard  de récupérer ses dettes de parures sur les droits de  douane autour de l’île de Saint Louis.

Nder le 10 Septembre  1853

Ndatté et Marosso à Brossard

Salut

Cette  lettre a pour but  de vous dire que j’ai acheté à Mr Foy deux bracelets en or pour 99 pièces je vous prie de porter cette somme sur la dette du Wallo dont nous avons parlé à Lampsar. Vous la payerez sur la coutume de Saint-Louis et de l’Escale. Vous appelleriez Mr Foy et de lui demander si ça lui convient pour qu’il le déclare devant l’Alkaty.

Quand la Linguere Ndaté Yalla eut à faire  face  aux velléités coloniales  expansionnistes du gouverneur Faidherbe, son pouvoir  était très fragilisé. La majorité des princes et kangams détestait  le Marosso qu’il  traitait  d’un étranger cayorien dont le pouvoir n’avait aucune légitimité que celle de sa capacité de séduction et de l’amour d’une femme.

 

Le 25 janvier 1855, quand les  troupes coloniales du gouverneur Faidherbe  envahirent le Walo la Linguere  Ndaté Yalla se trouva isolé avec son mari, aucun kangame n’avait voulu mobiliser ses troupes. Pire, le bethio Sakoura Diop laissa les colonnes françaises traverser  terres sans opposer aucune résistance .

Vaincue la Linguere  Ndaté  Yalla, s’exilera à Ndimb à la frontière  avec  la province  du Ndiambour. Son mari  le Marosso  Tassé retournera dans son pays d’origine ou il épousa une autre princesse Ngoné Coumba Fall fille du Damel Birima Fatma Thioub. Mére de Thioro Marosso.Diop.

De retour d’exil la Linguere  Ndaté Yalla mourut à Dagana sans avoir revu son unique fils Sidya Ndaté Yalla Diop, que son père le bethio Sakoura Diop avait récupéré et confié à son nouvel allié le gouverneur Faidherbe

Ainsi prit fin le règne des bracks et le Walo devint la première colonie française d’Afrique noire.

Si Victor Hugo disait que  « La femme a une puissance singulière qui se compose de la réalité de la force et de l’apparence de la faiblesse. », nous disons dans le cas de ces Lingueres du Walo, qu’elles étaient faibles a cause de leur sentiment malgré leurs attributs de puissance .Ah l’eternel féminin à travers les ages et les pays .

 

 

 

Le Diawdine Amadou Bakhaw DYAO diaogo.nilsen@gmail.com

5 Comments

  1. Article nul er sans rigueur scientifique, l histoire n est pas de la litterature, Mr Seck Yerim avec tout le respect, vous etes d une rigueur intellectuelle sans limites. Vous devez pas laisser de telles legeretes postees dans votre Block. L article faisant le proces aux femmes du Walo n est ni scientifique ni historique. Ce sont des ragots de recits sans fondements historiques, le minimum n est pas respecté, aucun lien ou precision sur les sources, aucun respect du style, depuis quand on cite t-on quelqun sans sans ouvrir les guillemets. Certes la femme est un être rempli d erreur comme tout autre être, cependant rien ne justifie de telles inepties, racontees sur de dignes femmes qui ont eu le merite de marquer l histoire du Senegal. En ces moments de souvenirs pour nos femmes emerites, meres et epouses et Heroines, il serait interessant de se tenir eloigner d un proces bidon, ridicule, mensonger dans un seul but, de remplir un Ego Macho de mec sans retenu.
    L absence de source affirmative montre le caractere enfantin et la mauvaise foi de l auteur.

  2. C’est triste Monsieur Seck de laisser une estrade aussi prestigieuse que la vôtre à des gens pétris de haine. C’est moins de la misogynie qu’une vendetta personnelle. Ah les Diaw (que les morveux se mouchent) et leurs règlements de compte. Les daganois savent…

  3. Si vous n’etes pas d’accord avec les propos de Mr Diaw corrigez le Amenez des dementis .Ou se trouve la vendetta l’auteur est apparenté a toutes ces lingueres qu’il cite .Allez consulter tous les livres d’histoire du walo vous y trouverez ces informations

  4. Cher cousin,
    Plus que le contenu décousu de votre article, c’est le titre provocateur et raccoleur qui irrite. C’est indigne d’essayer de régler vos comptes avec les femmes de légères moeurs que vous avez pû fréquenter au cours de votre vie, en tentant vainement de dénigrer vos ancêtres femmes qui ont dignement dirigé l’empire du Walo. Ces dirigeantes du Walo étaient de fins stratèges, des cheftaines vaillantes et courageuses, qui ont usé de leur intelligence, de leur rang et de leurs avoirs pour défendre les intérêts de leur peuple dans un contexte historique particulier… Que dire des hommes de pouvoir qui ont jalloné l’histoire du Walo et du Sénégal alors? Si vous-même et Ch. Yérim Seck en avez à découdre avec des femmes à cause de vos actes répréhensibles, allez régler vos problèmes directement avec elles. Projeter vos ressentiments envers des femmes sur nos ancêtres parce qu’elles étaient femmes ne vous agrandit en rien. Attribuer des épithètes sexistes et essentialistes aux femmes de pouvoir ne vous exonérera point. Parfois, il vaut mieux se taire que de dire des inanités.
    C. Diaw

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