Blog de Cheikh Yerim Seck

Contribution: La lutte au Sénégal, cette nécessaire réforme du CNG

Ces dernières semaines, les ténors de la lutte avec frappe se font entendre tant dans l’arène qu’à l’extérieur de celle-ci et cognent fort sur leur autorité de tutelle, le Comité National de Gestion, tantôt accusée de sévérité extrême, tantôt de mépris, en raison des retenues importantes sur les cachets des lutteurs pour manquements divers au règlement institué par le CNG. Etat des lieux et quelques pistes de réflexion




  1. Des acteurs impliqués par une nécessaire démocratisation du CNG

Ce qui frappe d’emblée dans l’organisation de la lutte, sport le plus populaire et de loin au pays de la téranga, c’est qu’au lieu et place d’une fédération à l’instar des autres sports, l’état du Sénégal a mis en place, par  arrêté ministériel n° 2020 du 20 mars 1994, un comité de gestion dont le mandat des membres le composant est renouvelé par le ministre des sports.  La conséquence immédiate est que les principaux acteurs sont exclus des prises de décision les concernant et qu’ils n’ont aucune possibilité d’influer sur les règlements et décisions pris par le CNG. Il s’ensuit irrémédiablement un sentiment d’incompréhension, le CNG pensant œuvrer pour le bien de la discipline et les lutteurs se sentant floués par les sanctions infligées.   Il s’impose d’inclure les lutteurs, mais aussi les entraineurs et les présidents d’écurie dans les prises de décision. Cela passera nécessairement par de nouveaux textes qui ne pourront faire l’économie de prévoir des élections pour la désignation des membres exécutifs et la limitation de leur mandat (l’actuel président étant en place depuis plus de 20 ans) ;

 

  1. UN nécessaire développement de la lutte olympique

La lutte sénégalaise, spécificité bien sénégalaise ne franchit pas nos frontières et pour cause, au –delà de celles-ci, c’est le règne de la lutte olympique (libre ou gréco-romaine) où nous n’avons jamais été performants, que ce soit aux championnats du monde ou aux jeux olympiques. Le réservoir humain et le talent sont pourtant présents, mais il manque l’essentiel : une volonté de former, de promouvoir la discipline. Il faut désespérer que la lutte avec frappe ait vampirisé la lutte au Sénégal, nous aurions pu être au rendez-vous des nations sportives avec cette jeunesse combative.

 

  1. La lutte un outil pédagogique

A l’instar du Docteur Cheikh Tidiane WANE, qui développe dans sa thèse intitulée « la lutte sénégalaise : contribution au développement des compétences en éducation physique et sportive », il est à noter que la lutte n’est pas utilisée comme outil pédagogique alors qu’elle pourrait être enseignée, comme le judo au Japon, le taekwondo en Corée du Sud, d’autant qu’elle ne nécessite pas des infrastructures au vu des centaines de kilomètres de plage existant dans le pays.

 

A l’heure de l’érection de l’arène nationale, il faut accompagner cet effort de l’Etat par des textes novateurs et une pratique qui doit embrasser tous les segments de la lutte et non plus seulement la lutte avec frappe.

 

Pape DIOUF

 

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