Blog de Cheikh Yerim Seck

Contribution: La refondation de l’Afrique est une urgence

YERIMPOST.COM Nous publions in extenso la contribution qui suit…

Parler du problème africain pourrait se résumer par le seul oxymore « la pauvreté de la richesse ». Un paradoxe que Mr Babacar BA Président du mouvement Alternatives citoyennes a eu l’audace de mettre en évidence dans une tribune publiée sur Africamayo.com où il commença avec cette phrase à la fois percutante et pleine de réflexion : L’Afrique est riche mais les africains sont pauvres! Nul ne feindra l’ignorance de la paradoxale pauvreté du continent le plus riche au monde mais le plus appauvri dans sa gestion et de par sa gouvernance. Un continent corrompu, dépendant de l’occident, mal gouverné : une pléthore de qualificatifs plus ou moins négatifs qui lui est attribuée mais à l’évidence reste vraie. Le contraste qui existe entre son sous-sol immensément riche et sa population la plus pauvre au monde est d’une gravité inouïe.

L’Afrique dispose de tout (des bras, des ressources, de l’espace) mais en même temps ne possède rien.

Un continent comme l’Asie lequel il y’a environ trente ans était au même standard économique que l’Afrique a connu un take-off fulgurant avec un accroissement vertigineux de la production de biens et de services et affiche désormais un poids spectaculaire dans tous les domaines au moment où l’Afrique vacille entre endettement et corruption.

Si on se fie aux données chiffrées du rapport de la banque mondiale plus de 347 millions  de personnes en Afrique vivent sous le seuil d’une extrême pauvreté. A contrario en Inde et en Chine plus de 300 millions de personnes se sont vues défalquer de la pauvreté au cours de la dernière décennie soient l’équivalent en valeur absolue des personnes vivants avec le strict minimum en Afrique moins d’un dollar par jour. Si des pays dépourvus de toutes ressources naturelles arrivent à offrir un cadre de vie meilleure à leurs populations, au XXIème siècle, c’est avec effarement nous constatons que l’Afrique peine à assurer les primo besoins existentiels (nourrir, se soigner, se loger, s’éclairer) à sa population. Plus de soixante ans, l’Afrique se dit indépendante sans pouvoir briser le plafond de verre qui nous sépare de l’occident alors que nous possédons tout. A l’examen de cette problématique, il faudra dire sans ambages que la faiblesse de l’Afrique est le fruit d’une part de la connivence qui existe entre nos gouvernants satellites obsédés par la logique du profit mine et les lobbyings puissants de l’occident. Et d’autre part, elle réside dans notre incapacité de s’émanciper et d’assurer la plénitude de notre souveraineté. Ce faisant, sous le rouleau compresseur d’un partenariat Nord-Sud, nos biens sont troqués et ceux qui en paieront le lourd tribut sera sans doute la génération future sacrifiée, contrainte de rembourser des dettes qu’elle n’a pas contractées sous l’autel d’intérêts particuliers. Face à l’avalanche des catastrophes nos retraités politiques déclinent toute responsabilité, les doigts de pied en éventail,  trouvent refuge dans leurs somptueux palais à l’étranger. La cure des aides au développement loin de guérir l’Afrique ne fera que l’affaiblir inexorablement. Nous devons nous arracher de cette logique d’être des assistés, consistant à vivre au crochet de l’occident et attendant toujours d’être ramassés à la petite cuillère. Moyennant quelques euros sur le continent, nous sommes insultés, dénigrés en permanence par ces donneurs de leçons qui oublient souvent de balayer d’abord devant leur cour. N’est ce pas quelqu’un demandait à nos hommes de se faire vasectomiser sous prétexte que notre poids démographique serait l’unique entrave pour le développement. Sans oublier les propos minorants de ce mouton de Panurge qui nous a traités de pays de « Merdes » récemment. Au fil des années l’Afrique reste le lieu prisé des insulteurs, des dénigreurs et des donneurs de leçons occidentaux  qui la considèrent comme le canard boiteux dans le concert de progrès à travers le monde.

Il faudra s’affranchir de ce carcan idéologique par la refondation de l’Afrique afin de la sortir de cette spirale d’échecs qui la hante continuellement. Celle-ci ne pourra jamais se faire par des allocutions incessantes du haut de la tribune de l’UA couronnées de standing ovation. Mais d’un travail acharné et d’une abnégation sans faille afin de redonner la dignité à ce peuple à peau sombre longtemps considéré inférieur.

Il est temps de se défaire des mots et d’agir sur les maux.

Il faut un projet de société et de politique rigide, efficace détaché de toute souillure politicienne. .Faire de ce continent longtemps décrit corrompu, une véritable Terre de Réussite pour ses Enfants d’abord

Par extension, il faut d’emblée remettre en cause notre coopération avec l’occident qui ne cache pas ses intentions de corroder toute ambition politique de développement pour ce continent. A dire vrai, les défis sont énormes mais ils sont remédiables à mon humble avis.

Nous pouvons renverser la tendance.

Mais le voulons nous vraiment c’est ça la grande question.

Papa Alioune Ba

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