Blog de Cheikh Yerim Seck

Fossoyeurs et parrains, une association de malfaiteurs qui n’a que trop duré !

Pourtant tout semblait bien parti : Pincez tous vos koras ,frappez les balafons, le lion rouge a rugi…

Oui ! on pouvait se permettre de battre les tambours, on pouvait se permettre d’avoir l’espoir que le rugissement du lion, était le début d’un grand bond en avant qui serait suivi d’un envol sans secousse.

Qui aurait pu douter un instant que le lion n’allait pas dissiper les ténèbres, dans un pays qui avait vu naître, comme par enchantement, les meilleurs saints de la planète, capables à eux seuls, de par leur pouvoir mystique, et leurs enseignements, de faire du Sénégal, un paradis sur terre.

Je parle de ces saints, à qui, on est redevable, d’avoir passivement libéré le Sénégal,  » à eux seuls « , du méchant colon.Ce même colon, qu’ils ont eux même aidé à se libérer de l’envahisseur allemand, en envoyant leurs propres fils et disciples. Force est de constater que l’histoire du monde n’a jamais connu une telle sagesse et une telle clémence dans la résistance. Un envahisseur à la fois ennemi et ami: Quelle sagesse!

Soleil sur nos terreurs, soleil sur notre espoir, debout…

Plus d’un demi-siècle après les indépendances, le rugissement du lion s’est dissipé, les ténèbres ont éclipsé le soleil, et le fils de l’écume du lion s’est mis à genou, épaule contre épaule, subissant docilement, tous les vents du monde, mais surtout le bantou est devenu niak, l’arabe ennemi mais le blanc est resté maître.

Jetons les koras, et appelons les pleureuses !

Oui pleurons !

Pleurons ! Pour le temps perdu, pleurons pour le peu d’espoir qui reste, pleurons pour ceux qui se sont sacrifiés, pour des fils dociles, des fils qui préfèrent la servitude à la liberté, des fils qui se complaisent dans la souffrance.

J’ai toujours pensé au plus profond de moi, que le lion n’a pas rugi de nouveau ou même qu’il n’a jamais rugi, car on lui a fait croire qu’il était libre alors qu’il était encore sous les jougs..Je me suis toujours caché derrière ce discours simpliste pour dédouaner mes semblables, et mettre la faute de tous nos malheurs sur l’autre, je vise par l’autre, les théoriciens de la fameuse table-rase.

Enfin j’ai ouvert les yeux, et je me suis rendu compte, qu’en réalité le lion est en grande partie responsable de son dessein, il est lui-même l’auteur de ce morose dessin que je m’efforce de contempler avec amertume.

Un peuple qui adule ceux qui n’ont cessé de le trahir, ceux qui l’ont mis à genou, et vénèrent les parrains de ces derniers, est certes un peuple mais sans but ni foi.

Les fossoyeurs, appelés dans le jargon moderne, hommes politiques, ont compris que le peuple est « sadomasochiste » et ne se laisse séduire qu’avec le consentement des parrains, appelés dans le langage religieux local, « marabouts », autrement dit le peuple est prêt à se faire fouetter si le marabout y consent, il y prend même un énorme plaisir, ce que bien sûr les fossoyeurs de métier ont compris, et ceci, depuis les premiers pas du lionceau.

Ce peuple n’a pas besoin qu’on lui présente un plan élaboré qui montre comment le sortir de la misère .Il n’a pas besoin d’un programme écrit qui trace les lignes menant au développement. Non ! Ses critères sont tout autre.

La compétence et l’honnêteté ne sont que secondaire dans le choix d’un dirigent. Tu peux devenir riche ainsi que tes amis à son dépens et le laisser mourir dans la misère, ça ne dérange point le peuple .Tu peux être franc-maçon, menteur calomniateur, voleur..incompétent, ta popularité restera intacte, mais à une condition:Fais toi bénir par les parrains.

Bien oui ! Les parrains et leurs aïeux ont tellement fait pour ce beau pays !

En effet Depuis l’aube des indépendances, ils ont soutenu Senghor, qui incarnait sans doute la rupture avec le colon « tant combattu », à se débarrasser de » l’ennemi numéro un de l’époque »: le président Mamadou Dia « sûrement un dangereux salafiste ».

Puis ce fût le règne sans partage de « Birima » Diouf, pendant une vingtaine d’années sous la protection des parrains, soucieux du développement du pays et du bien-être du peuple.

Wade le principal opposant de l’époque était même mal vu auprès de ces derniers, il était certainement lui aussi islamiste ou peut être, pas encore converti dans le  » malletisme »(doctrine inventé par Wade qui consiste à remplir des mallettes des billets de banque pour les distribuer, surtout aux parrains).

Malgré tout, lorsque son tour arriva, pendant deux mandats, il fît preuve d’une grande largesse envers ces mêmes parrains.

Et Aujourd’hui, c’est le président Macky Sall qui est devenu fils adoptif de ces parrains, désintéressé des biens de ce bas monde bien sûr.

Le mélange de vrai et de faux est plus toxique que le faux pur » disait Paul Paul Valery

Bientôt il faudra décider de maintenir les mêmes fossoyeurs, ou donner à d’autres vautours, l’occasion de se gaver, eux aussi, à leur tour, mais toujours avec la bénédiction des parrains.

Et pire encore, cette association de malfaiteurs n’a rien à craindre car il est protégé, adulé et même vénéré par ses propres victimes. Gare même à celui qui prétend que ses parrains ne servent pas l’intérêt du peuple et ingrat est celui qui n’aspire à devenir un fervent disciple et refuse de se faire exploiter.

Conscient de cette situation, tous les prétendants à la fameuse caisse noire, ont débuté des lors; l’opération séduction de ces fameux Hommes de Dieu, ou hommes du plus offrant.

Cependant dans ce théâtre quotidien de séduction et d’alliance contre nature, il y’ a des voix qui s’élèvent pour prôner la rupture.

Mais rupture avec quoi et avec qui ?avec le système diront-ils. Qui est au sommet de ce système? Qui soutiennent les fossoyeurs ?qui leur prodiguent des invocations pour leur réélection ou élection? Qui demandent qu’on les fasse sortir de prisons ou qu’ils ne soient pas embêtés, mêmes s’ils sont accusés de détournement de dénier public? Avec qui même, partagent-ils leur butin?

Comment peut-on combattre un système en demandant la bénédiction aux parrains et protecteurs de ce même système ?

Le grand « dégagisme » commencera à se dégager de l’emprise de ses « marres à boues ».S’abstraire du chantage des confréries dites religieuses, qui ne servent que l’intérêt d’une poignée de personnes vivant aux dépens des plus démunies.

Rassemblons les poussins à l’abri des milans pour en faire un peuple digne qui osera se regarder en face et qui dira non à toute sorte de servitude.

Faisons face aux fossoyeurs et leurs parrains, avec dureté et sans haine.

Mais que si l’ennemi incendie nos frontières
Nous serons tous dressés et les armes au poing :
Un peuple dans sa foi défiant tous les malheurs,
Les jeunes et les vieux, les hommes et les femmes.
La mort, oui ! Nous disons la mort, mais pas la « servitude »

Notre seule et unique arme est la plume !

Vive l’islam ! Vive le Sénégal!

7 Comments

  1. Très joli texte. Ironique mais plein de sagesse et d’enseignement. J’espère qu’il ne passera pas sous le regard dun aveugle pour ne pas dire tomber dans les oreilles d’un sourd.
    ATC

  2. Et demain tu nous vanteras les merites d’un peuple mature et capable d’alternance, ce qu’il a déjà prouvé à deux reprises. Difficile de diagnostiquer le peuple sénégalais cher frère

  3. Fadel Ndiaye pareille production de votre part n’est guerre surprenante!je me rappelle lorsque nous faision le bac vous avez été premier du centre.
    le texte est vraiment beau et doux dans sa syntaxe mais engagé et dur dans sa sèmantique!

  4. Mashalah une belle plume dénonçant avec la plus belle manière se qui empêche le Sénégal de décollé j’espère que notre jeunesses intellectuelle prendra conscience et se de marqueras de ces parrains

  5. Tres beau texte. Vous avez touché du doigt tout le mal de ce pays. Les personnes qui ne se soumettent pas aux « parrains  » sont diabolisees et jetées en pâture devant une population endormie.
    Allah nous vienne en aide

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