Blog de Cheikh Yerim Seck

La violence gratuite que rien ne légitime et encore moins ne justifie

Chassez le naturel, il revient au galop. La horde des prédateurs (de l’arène) s’est encore prêtée à son exercice favori : la violence gratuite que rien ne légitime et encore moins ne justifie. Et dire que toutes les conditions (matérielles et techniques) étaient réunies pour faire du premier épisode du feuilleton « Modou Lô-Balla Gaye 2, la revanche » de grands moments de communion et d’échanges entre les organisateurs, les lutteurs (acteurs principaux) et les journalistes. Hélas, le « monstre » a encore pris du poil de la bête, au détriment des véritables acteurs de la lutte et des nombreux téléspectateurs restés scotchés devant leur poste-téléviseurs pour ne rien rater du spectacle. Le face-à-face Modou Lô-Balla Gaye 2 en valait le coup. Le décor était planté dès l’entame du spectacle avec M. Issa Ndiaye, à la suite du promoteur Gaston Mbengue, le « boss » de la structure chargée d’organiser les retrouvailles de ces deux VIP s’est longuement appesanti sur l’absolue nécessité, pour les supporters des deux camps notamment, de déblayer à nouveau le chemin aux sponsors-leaders dont certains et pas des moindres ont manifesté le désir de revenir dans l’arène. A cela une seule alternative : que la lutte soit cette école de la vie rythmée par le respect de l’adversaire, le sens des responsabilités, l’éthique sportive, toutes vertus qui font du pratiquant et des supporters des acteurs irréprochables. C’est à croire que M. Ndiaye avait prêché dans le désert. Son discours à la limite pathétique est tombé dans l’oreille d’un sourd. Comme lors du face-à-face Ama Baldé-Gouye Gui organisé sur le même site, la violence s’est invitée à la fête par le fait de supporters surexcités prompts à s’illustrer négativement par des comportements condamnables à tous points de vue. Les prémices de ces troubles ont été notées avant l’arrivée des deux lutteurs. Les « gurus » de Modou Lô et Balla Gaye 2 avaient pris place sur les chaises décernées aux deux acteurs, empêchant toute autre personne, surtout de l’autre camp, de s’y asseoir. Réaction des présentateurs de l’émission et du promoteur : ainsi va la lutte.


En minimisant cet incident, ils étaient loin de s’imaginer qu’ils venaient d’ouvrir la boîte à pandore. La décision aurait été de ramener à l’ordre, à partir de cet instant précis, les deux camps pour parer à toute éventualité, en interdisant purement et simplement à toute autre personne autre que le lutteur de s’asseoir sur la chaise. Cela aurait eu le don de réfréner un tant soit peu l’ardeur débordante des « dépositaires de l’arsenal mystique des lutteurs » et leurs assistants. Pour avoir failli à cette invite à plus de responsabilité, les organisateurs ont fauté. Beaucoup de rigueur et surtout de fermeté aurait permis de recadrer les uns et les autres et éviter à ce face-à-face diffusé à grande échelle d’être entaché par ces incidents regrettables. Le paroxysme de la violence a été atteint avec l’arrivée des deux lutteurs. Il a fallu un trésor d’ingéniosité et beaucoup de professionnalisme aux forces de l’ordre pour éviter le pire. La goutte d’eau qui a fait déverser le vase porte la signature d’un supporter de BG2 que Modou Lô a cité nommément. Il est reproché à ce proche du camp du lion de Guédiawayed’avoir aspergé le lutteur d’un liquide. Mystique quand tu nous tiens. Suffisant pour que les nerfs s’échauffent et qu’une mêlée générale contraigne l’arrêt de l’émission pendant quelques minutes avant que les choses ne reviennent à la normale. Hélas, le coup était déjà parti : le «monstre » s’était réveillé. Voilà qui suscite interrogation et surtout crainte lorsque l’arène nationale sera livrée à la lutte. Loin de moi l’idée de jouer les oiseaux de mauvais augure. Il s’agit, tout au plus, d’alerter comme d’autres l’ont fait avant moi. Il est grandement temps que la horde des prédateurs qui sèment trouble et désolation dans l’arène comprenne que sport ne rime pas avec violence. L’Acte I de Balla Gaye 2-Modou Lô s’était illustré par une passion qui avait fini d’installer la psychose à Guédiawaye et aux Parcelles Assainies, voire dans la banlieue dakaroise, au point que des autorités au plus haut sommet de l’Etat intervinrent. Cela ne saurait se reproduire avec la 2e saison du feuilleton « Balla Gaye 2-Modou Lô, la revanche ».



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