Blog de Cheikh Yerim Seck

Macky Sall doit préférer Mandela à Mobutu (Par Thierno Bocoum)

Le Président Macky Sall pourrait être le premier président à ne pas avoir d’opposition ou plutôt à avoir une opposition sans arguments solides. Une opposition qui s’oppose pour la forme, sans vraiment qu’il y’ait matière à s’opposer, car il a l’opportunité de fournir au pays ce dont des générations ont toujours rêvé : l’ère d’un Président de transition.
Ce président qui remet tout à plat, qui amorce de vraies ruptures et reste sourd aux complaintes des lobbies et autres centres d’intérêts. Un président qui consacre la séparation des pouvoirs, qui les rééquilibre. Un président qui honore les populations en défendant leurs intérêts majeurs en toute circonstance, en tout lieu et face à quiconque. Un président qui s’isole des querelles de chapelles politiques et partisanes pour faire vivre la République dans toute son essence et lui donne un sens.
Un président qui préserve, pour les futures générations, ce que nos prédécesseurs nous ont légué en bien, en mieux et en valeurs.
Un président qui aura l’ambition de se mesurer à Mandela et aux grands de ce monde, qui honorera son pays en entrant au panthéon de la meritocratie mondiale.
Un président qui nous épargnera des gaz lacrymogènes, des discours haineux, de la condescendance, de l’enrichissement illicite, de la corruption.
Pour tout dire, un président qui nous honorera pour le reste de son dernier mandat malgré ses erreurs du passé, ses péchés contre la République, ses démarches guerrières inutiles de combat contre sa propre génération, ses velléités dictatoriales, ses abus de pouvoir.

Aujourd’hui, ses premiers actes ne rassurent en rien dans la volonté de changer de cap.
Le licenciement des proches de Maître Madicke Niang, pour avoir soutenu et fait campagne pour un candidat de l’opposition,  est un acte de mauvais augure venant de quelqu’un qui doit apaiser et réconcilier les cœurs.

En vérité, le premier acte de dialogue devrait être celui d’un dialogue entre le président Macky Sall et sa propre conscience. Un dialogue sincère qui lui permettra d’exclure totalement toute idée de vouloir une chose et son contraire, d’être à la fois une colombe et un faucon, de vouloir ressembler à Mandela et à Mobutu en même temps, de vouloir sortir par la grande porte et de lorgner le trou de la serrure…
Cet exercice lui fera certainement du bien et nous prémunira des actes contradictoires qui commencent à jalonner son mandat.

Peut être qu’à l’heure où nous écrivons ces lignes et après l’atmosphère d’une fiesta forcée, cet exercice est en train d’être fait. Gageons que ce que ce qui va en ressortir ne milite pas pour la continuité et ne nous contraindra pas à faire face.

Thierno Bocoum
Président mouvement Agir

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