Blog de Cheikh Yerim Seck

Procès sommaire de nos politiques et quelques points pertinents pour un dialogue inclusif

A l’entame du dialogue national, la politique et les politiques, sous nos cieux? la politique c’est le comportement, la conduite d’élites avec comme soubassements les législations de leurs collectivités, visant l’atteinte de ces objectifs en son sein et avec l’autre, l’ailleurs; la politique c’est le management situé ; la politique c’est l’édification ponctuelle ; elle est une nécessité d’organisation, une exigence de survie, sinon par des motivations communautaires est par l’adversité…Dans notre optique, la politique est une œuvre multidimensionnelle, paramétrée mais inspirée de tous les savoirs théoriques donc par une approche pluridisciplinaire et un censeur des pratiques surtout du local, vulgarisée à fin de gagner l’adhésion du plus grand nombre, et ce tout servant d’adjuvant à l’action sectorielle mais à l’ensemble, à la totalité des domaines de la vie. D’un Etat culturel, à un Etat entrepreneur, en passant par un Etat statique ou stagnant, le Sénégal n’est pas indemne de reproches à son parcours, quoique ressemblant à une exception sur le continent. Même s’il est vrai que tout régime connait son lot de déterminisme conjoncturel, n’empêche des faits et leurs impacts combinés se posent en arbitre aussi bien chez le partisan que pour l’apolitique. Voici quelques analyses et attentes d’un doctorant diourbellois, à l’entame du dialogue national.
-Politiques africaines et sénégalaises?
En Afrique, les pouvoirs politiques et ou sociaux ont précédé les déconvenues du continent que sont les guerres tribales, l’esclavage, et la colonisation. A la suite de ces malédictions, par la politique, les fils du continent ont amorcé une reprise en main du continent avec des fortunes diverses, comme l’a peigné dans «le soleil des indépendances»
Kourouma; le relèvement fut difficile tant un auteur a flairé «un piège sans fin». Au Sénégal, pays porte de l’ouest africain, capitale de l’Afrique occidentale française (AOF) avec une avance institutionnelle et dans l’instruction, les élites ont œuvré de façon concertée puis partisane à l’érection d’une nation à la hauteur du legs disloqué des aïeuls. Ce fut d’abord, le monopartisme puis un bipolarisme sous Senghor, et le multipartisme intégral sous Diouf, avec
par la suite des tentatives de rationalisation car faisant avec une pléthore de partis : les cautions électorales en dizaine de millions et récemment le parrainage (une exigence de plusieurs milliers de signatures). Toutefois, un crieur n’est pas un muezzin, une prostitution de presse n’est pas une lanterne communautaire. Aussi, ces politiques sont le plus souvent adeptes de la pédanterie pas du tout policés, cela se confirme surtout lors du bilan d’étape ou
final, lors de la confrontation entre leurs promesses et prestations. D’un Etat culturel, à un Etat entrepreneur, en passant par un Etat statique ou stagnant, le Sénégal n’est pas indemne de reproches à son parcours, quoique ressemblant à une exception sur le continent. Il est vrai que tout régime connait son lot de déterminisme conjoncturel, n’empêche des faits et leurs impacts combinés se posent en arbitre aussi bien chez le partisan que pour l’apolitique. Dans ce registre, juste après nos indépendances, au temps de Senghor le pays agricole fut sous un ciel clément avec un marché favorable, le président poète soupçonné d’accointance excessive avec le colon : « la colonisation est un mal nécessaire», œuvra cependant à l’édification d’un pays exigeant. Vers les années 80, ce fut
Diouf, malgré les soubresauts du continent le pays sembla pour la plupart du temps à un long fleuve tranquille, certains au fait des avancées extérieures ont regretté qu’a l’approche de l’an 2000, Dakar était loin d’être Paris comme promis, prévu, et chanté. La sécheresse, la dévaluation, les ajustements dictés par les institutions de breton woods, entre autres furent plaidés, toutefois le temps pressait et ce fut la première alternance politique sénégalaise propulsant au sommet le libéral Wade. En 2000, ce fut l’effervescence quasi nationale avec le changement et les promesses alléchantes du ‘’plus diplômé d’entre les africains’’ selon sa garde rapprochée. Tel un visionnaire, Wade eu le mérite de révéler qu’un bachelier passable pouvait faire un ministre. Valorisation des salaires, généralisation des bourses, amnisties, infrastructures pertinentes ou de prestige nous furent servies. Et, ‘’coup du maitre’’ une conduite vers une dévolution monarchique du pouvoir, des promotions de toutes sortes publicisées et perverses furent le lot du quotidien, ce fut la théorie : «des grands bandits qui se battent», certains ont fait face à tout cela. En 2012, seconde alternance politique couronnant un jeune car né après nos indépendances, alors cinquantenaire, l’ingénieur produit du libéralisme de Wade montra à ses débuts des intentions de repenti ou de rupture. Innovations salutaires dans l’administration centrale avec des conseils de ministres régionaux décentralisés pour prendre connaissance des diverses réalités donc espoirs d’avancées comme le slogan du parti présidentiel le prône ’’yokouté’’ (progrès). Au détour de ces promenades nationales, des dizaines voire centaines de milliards sont annoncés quasiment pour chaque coin du pays ; Or, en même temps des appels à recrutements massifs tapageurs se terminaient par des queues kilométriques sans lendemain, l’université en particulier et l’école en général dénonçaient une cascade d’accords non respectés. Le rural ou le réalisme semble revenir dans les préoccupations des gouvernants : des programmes de nivellement, résorption des distorsions, gaps entre collectivités locales, notamment le rural et l’urbain sont déclenchés, des mesures de sécurité sociales sont annoncées : bourses familiales, couverture maladies
universelles… A l’entame du dialogue national, un doctorant diourbellois pense ou perçoit ces points non exhaustifs comme devant mériter l’attention des futurs débatteurs.
-Au point de vue rurale majoritaire, dans le milieu rural sénégalais, environ 65% du total national ; où la pauvreté est plus présente, plus pressante, un développement rural non plus ruraliste est pisté. Ce développement voulu comme étant inclusif, intégré, ressenti, fait s’engager maintes structures coopérantes au développement rural sénégalais qui équivaudra quasiment au développement global. L’Etat ne sachant ou pouvant tout faire semble, à travers
son plan référent qu’est le PSE, l’acte3 de la décentralisation avec une communalisation intégrale, mais des agences telles que le PUDC…œuvrer à résorber les distorsions, combler les gaps des déficits élémentaires du rural sénégalais. La riziculture semble aller dans le sens d’une autonomie qualitative. Toutefois, beaucoup d’experts et de producteurs relèvent une absence de politiques agricoles paramétrées aux zones, selon les besoins, le marché interne et externe, avec des suivis collecte-conservation-transformation pour semences et récoltes visant à donner des unités industrielles coopératives, futurs démembrements des agropoles annoncés à cet effet. Les subventions de même que la commercialisation restent dénoncées notamment à cause d’une ‘’certaine affairisme’’ et de délais non respectés. Des politiques pilotes d’incubation visant l’autonomie et allant de la préparation de l’hivernage à la collecte conservation-transformation-commercialisation sont souhaitées par les acteurs, en lieu et place de financements ou prêts qu’ils jugent contraignants.
-L’enseignement insoutenable ? Est une question quotidienne : entre grèves pécuniaires des enseignants et des enseignés, le surnombre, les niveaux dits à la baisse invitant à une révision-rationalisation des programmes sur tout le cursus avec une prise en compte de la culture locale et générale, mais des débouchés…
-Une certaine jeunesse semble être loin du bout du tunnel, dans un traquenard, en divagation surtout quand il s’agit d’enfants de la rue dits par certains ‘’talibés’’ or les temps d’hier ne sont pas d’aujourd’hui, ceux ci nuitamment, dans des centres urbains passent leur vie en lèche vitrines d’où une porte ouverte au grand banditisme. D’autres divertis ou avec un élan cassé, dévié ont franchi allégrement le Rubicon. L’école, le Daara, les centres de métiers ont
l’obligation d’adapter leurs prestations aux âges, compétences, visés des enseignés et du pays, seul argument valable et distinctif, dans les politiques à la jeunesse. Alors que le secteur informel, l’émigration…très en vogue encadré, orienté, rentabilisé.
-Une administration de façade, quasi protocolaire : bureaucratie, tracasseries administratives, larcins, qui n’a pas fait les frais de ces pratiques ou au moins n’a pas entendu les dénoncer? En effet, au Sénégal ceux qui doivent servir ont l’habitude de se donner trop d’importance d’où une administration de proximité, à l’écoute et à la prospection solutions, est une urgence.
-Défi environnemental et exigence technique : un cahier de charges environnementales se doit d’être érigé pour les exploitants et les collectivités locales, réglementation des déchets et pratiques nocifs à l’environnement, les reboisements annoncés et plébiscités de tous sont encore invisibles exemple de la ’’muraille verte’’ d’où une action civique individuelle et collective en ce sens devrait être érigée (au moins un arbre à semer et entretenir), la
salinisation des sols, l’érosion marine, la privatisation des cotes, pris en compte dans nos politiques prévisionnelles d’aménagement. La dimension technologie, une des courses déterminantes de notre époque pris en compte pour pouvoir arguer d’une compétitivité, d’une émergence.
-Le droit : en débat voire en dérision, comme si le juge n’avait pas l’obligation de veiller à l’exécution de ses sentences, seule justification de ses prérogatives et attributs. Le Sénégal a aujourd’hui plus que jamais besoin d’un droit droit et d’une limitation de ces détourneurs ou interprètes médiatiques.
-Diplomatie et géopolitique : d’une diplomatie de première ligne à une diplomatie de soutien, les foyers de tension du voisinage semblent s’être tus, l’intégration régionale et africaine, des pistes plus que jamais pertinentes  que le Sénégal doit pousser à sa réalisation concrète.
Diourbel,
P B MOUSSA KANE, DOCTORANT AMENAGEMENT-DEA SCIENCE PO-UGB

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