Blog de Cheikh Yerim Seck

Sommes-nous réellement indépendants ?

L’indépendance peut être définie comme une absence de relation de sujétion, de cause à effet, de coordination entre des entités.
En politique, l’indépendance est, pour un pays,l’acquisition de son autonomie.
Nos micro-états « indépendants » sont-ils vraiment autonomes ?
A la veille de la célébration du cinquante neuvième anniversaire de notre accession à la souveraineté internationale, le prétexte est tout trouvé pour poser la problématique de l’indépendance de nos états, particulièrement celle de notre pays, le Sénégal.
Depuis l’éclatement de la fédération du Mali le 30 août 1960, il a été créé la République du Sénégal.
Cela consacra, dans le principe et au plan politique, l’ère de l’autonomisation, pour ne pas dire de l’autonomie, de notre pays.

Mais si on interroge l’histoire du Sénégal indépendant, il serait légitime, eu égard aux différentes péripéties que nous avons connues jusqu’à présent, de se poser la question de savoir si cette indépendance n’est encore qu’une vue de l’esprit.
L’autonomie politique est-elle possible sans une autonomie économique préalable ?
Le sort de nos compatriotes a-t-il connu une amélioration après « les soleils des indépendances » ?
Avec le régime du Président Abdou DIOUF, l’Etat qui n’avait pas les moyens de sa politique a été obligé de faire la politique de ses moyens en acceptant le diktat du FMI et de la Banque avec les Plans d’Ajustement structurel.
L’avènement de la première alternance en 2000 avait donné un brin d’espoir avec le Président Abdoulaye WADE plus enclin à se départir de l’influence étrangère, particulièrement celle de la France, en diversifiant le partenariat économique avec des pays comme la Chine, la Corée ou le monde arabe.
Toutefois ces efforts pourraient être annihilés par l’attitude du Président Macky SALL qui, bien que né après les indépendances, semble paradoxalement encore relier le wagon du Sénégal à la locomotive de l’ancienne métropole.
Aussi dès son accession à la magistrature suprême, le Président a-t-il réservé sa première visite officielle à la France scellant ainsi son acte d’allégeance vis-à-vis de la France.
Celle-ci détient aujourd’hui une très grande partie de l’économie de notre pays avec de grandes filiales comme Total, Eiffage, SENAC, Auchan etc. qui ont une main mise dans les différents domaines d’activités de notre pays.
Au moment où des pays plus développés comme le Nigéria hésitent encore à signer les Accords de partenariat économique(APE), notre pays a accepté ces accords de libre- échange avec l’Union européenne(UE) qui voit désormais ses produits entrer librement dans le marché sénégalais.
La conséquence c’est que ces Accords de partenariat économique risquent de se muer en « Accords de Pendaison économique » parce que les entreprises sénégalaises auront du mal à faire face à la concurrence déloyale de l’Europe dont l’agriculture est fortement subventionnée, ce qui n’est pas le cas de nos pays.
Fatalement, l’exemple de Auchan est là très patent, beaucoup de nos entreprises intervenant dans la chaine de distribution risquent de mettre la clé sous le paillasson parce que incapables de supporter la concurrence d’une puissante filiale qui est prête à faire du dumping sur ses produits et miser sur le temps pour définitivement fermer nos entreprises locales.
Toute la chaine de distribution, de l’usine jusqu’au vendeur de détail, risque d’en subir les contrecoups.
Un recentrage est donc impératif pour protéger nos entreprises encore très fébriles d’une condamnation à mort dont les conséquences seront désastreuses pour toute la société sénégalaise.
Ce recentrage devrait avoir pour pilier le « Guëm sa bopp » qui semble avoir pignon sur rue mais qui ne devrait pas se résumer en des slogans creux. Il devra puiser profondément dans notre patrimoine immatériel pour s’adosser à des valeurs bien de chez nous comme le Jom, la Kersa, le sutura, le Jàppal ma jàpp, le muň qui constitueraient le ciment d’une nouvelle société gage de réussite et d’indépendance que le Président Macky SALL, nouvellement réélu, devrait promouvoir. Cette nouvelle société qui est une condition sine qua non pour aller vers l’émergence ne saurait tolérer la simple idée d’une subordination à un pays quelconque.
Cela passera inéluctablement par une bonne bonne gouvernance adossée à une gestion rationnelle et optimale de nos ressources naturelles ( le pétrole, le gaz, l’or, le zircon…) qui doivent être exploitées dans l’intérêt exclusif des Sénégalaises et des Sénégalais. Une préférence nationale qui réserverait la part belle à nos entreprises locales compétitives favoriserait aussi une véritable croissance de notre économie.
Tous unis pour un Sénégal indépendant !

Fait à Thies le 03 avril 2019

El Hadji Abdou Wade dit Mara, membre Pôle communication du Grand Parti et de la Task Force Communication de Idy 2019.

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