Blog de Cheikh Yerim Seck

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Et si l’honorabilité des magistrats et au-delà la dignité de la Justice tout entière se trouvaient ailleurs…

Le débat sur l’instrumentalisation de la justice par le pouvoir exécutif revient et cette fois-ci avec la colère de l’Union des magistrats du Sénégal et le cri de cœur d’une grande partie des citoyens sénégalais sur le fonctionnement de leur justice.

D’abord disons le clairement: le problème de la justice est plus profond et ne saurait se résumer en un débat pour défendre un corps encore moins pour polémiquer.

Il s’agit de poser le vrai débat sur l’impartialité et l’indépendance de la justice sénégalaise .Il s’agit  de la remettre, cette justice, sur la voie qu’elle n’aurait jamais dû quitter.

 

La justice est l’émanation de la société.C‘est une autorité investie d’une dignité, d’une mission et constituée par la volonté du peuple souverain , qui la délègue á ses fils, des juges pour remplir impartialement la fonction de juger à son nom avec honorabilité, indépendance et dignité.




Ensuite rappeler à l’Union des magistrats du Sénégal qui, en colère, suite à la sortie de notre honorable compatriote Barthélémy Díaz, tout simplement, que les magistrats ne peuvent exprimer leur honorabilité et dignité, et la justice toute entière,  être perçue  impartiale et autonome c’est-à-dire littéralement et étymologiquement remplir constitutionnellement leur mission qu’à travers les actes qu’ils posent quotidiennement et qui doivent constituer un signal très fort envoyé au peuple sénégalais.

 

C’est au peuple sénégalais d’exprimer la perception qu’il a de ses magistrats,de ses enseignants, de ses députés et de son Président; mais avec pédagogie, fermeté et respect.Autrement dit dans le fond comme dans la forme.

 

Vous êtes des serviteurs de la république, des serviteurs de la loi et du peuple sénégalais qui vous  demande de juger sans discrimination et que les décisions de justice que vous rendez á son nom soient une pédagogie qui sert à promouvoir l’exemplarité et lutter contre l’impunité.

 

Interrogez tous les actes posés par le Procureur de la République sous le magistère du Président Macky Sall.

 

Faites une instrospection de la justice sénégalaise depuis l’avènement de la deuxième alternance.

 

Revisitez les archives sur la traque des biens mal acquis et sur l’enrichissement illicite.

 

Dites nous ce qu’est l’honorabilité d’un magistrat ou d’un procureur de la république qui sélectionne des leaders politiques dont le seul tort est de nourrir de fortes ambitions pour le Sénégal.

 

Dites aux Sénégalais où était l’UMS lorsqu’au niveau national et international tout le monde s’accorde sur le précèdent dangereux que constitue la CREI.

 

Dites aux Sénégalais où était l’UMS lorsque le rapport de la Banque mondial ( commandité par l’État du Sénégal ) qui blanchit complètement Karim M WADE a été soustrait  du dossier soumis au Procureur spécial de la CREI.

 

Demandez-vous pourquoi toutes les décisions de justice rendues par la CREI sur l’affaire dit Karim Wade ont été déboutées hors de nos frontières par d’autres juridictions.

 

Dites aux sénégalais où était l’UMS quand des juges comme Ibrahima Dème ont combattu de l’intérieur comme de l’extérieur une culture de soumission distillée dans votre corps.

 

Dites au peuple sénégalais au nom de qui vous rendez la justice ce qu’est l’impartialité,l’indépendance et l’honorabilité.

 

L’impartialité ( être à distance des parties et des partis, sans aucun parti-pris ou injonction ) est donc au cœur de l’indépendance et la dignité de la justice comme  l’honorabilité (caractère de ce qui est honorable, qui mérite l’estime, la considération) l’est pour les juges jugeant en droit.

 

Ces deux valeurs : impartialité et honorabilité sont concomitamment liées et constituent la séve nourricière d’une justice qui ne reconnaît ni « Coumba Am Ndèye» , ni «Coumba Amoul Ndèye»

 

Chacun a pu constater la confusion qui existe, dans bien des cas, entre la défense légitime de préoccupations professionnelles et l’expression illégitime d’opinions politiques par le Procureur de la République, ministre de la justice,ou procureur de la CREI.

 

Devant de nombreux cas, le citoyen constate une instrumentalisation de la justice pour éliminer de potentiels adversaires politiques .La justice sénégalaise est aujourd’hui un instrument de l’exécutif pour condamner et faire exiler Karim M Wade, pour emprisonner Khalifa Ababacar Sall, pour emprisonner Bamba Fall, El Hadji Amadou Sall , Aïda NDIONGUE, etc.

 

C’est pourquoi le président de la République a failli álafois à son pouvoir et devoir constitutionnel qui fait de lui le garant de l’indépendance de la justice.C’est pourquoi aussi l’UMS  a raté pas mal d’occasions pour exprimer  á la fois la colère du peuple et celle du corps des magistrats.

 

L’Executif doit respecter, à l’égard de l’autorité judiciaire, une distance qui n’est pas de l’indifférence. Et l’autorité judiciaire, exiger et exercer son indépendance et non réclamer une honorabilité.

 

Non, votre honorabilité est entre vos mains, dans vos postures, dans votre pratique du droit, dans vos décisions de justice et dans les sacrifices que chaque magistrat est prêt á consentir au nom d’une justice indépendante,impartiale et moderne.

 

Montrez au Président de la République que chacun de vous pouvait être á sa place aujourd’hui.C’est à dire Président du Sénégal.Montrez au Président de la République que votre dignité,votre honorabilité et impartialité sont des valeurs qui vous tiennent à cœur et que le sort ou l’intérêt supérieur de la nation qui vous a tout donné sont au dessus de vos carrières ou de ses nominations.

 

L’honorabilité ne se demande pas, ne se quémande pas, ne s’octroie pas. Elle se mérite ,elle se reflète , elle se traduit par une posture , s’exerce et elle est une valeur à laquelle vous ne devrez jamais renoncer, quelle que soit la teneur des  menaces, injonctions ou ordres reçus  et quelle que soit la station qu’occupent leurs auteurs fut il le Président de la République.

 

Le Président de la République a l’obligation de se comporter, non pas en chef de clan,ni en homme politique, ni en chef de parti, ni même en chef de gouvernement, comme c’est le cas aujourd’hui mais bien en Chef de l’État et Gardien de la Charte fondamentale qu’est la Constitution.

 

Oui, il revient au président de la République de se hisser au-dessus de sa condition d’homme politique,candidat à sa propre réélection pour assumer pleinement la mission arbitrale que lui confie  la Constitution, comme « garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire » ; il est, à cette fin, « assisté par le Conseil supérieur de la magistrature » dont il sera membre avec d’anciens chefs d’États sénégalais comme membres de droit et d’office,des magistrats, des professeurs reconnus pour leur probité intellectuelle et morale, d’anciens chefs d’États majors des armées, des médecins et des enseignants.Tous, seront auditionnés devant l’Assemblee nationale qui aura le dernier mot pour confirmer ou rejeter des propositions de nomination comme membre du dit CSM rénové.

 

Ensuite, le ministre de la justice n’a pas à s’excuser d’exister. Il lui revient d’exercer pleinement sa fonction de membre d’un gouvernement démocratique, nommé par le président de la République et responsable devant l’Assemblée nationale .

 

Face à une telle justice  le Procureur de la République ne revêtirait pas  des  habits avec l’effigie de Beno Bok Yakar ou partisans, mais deviendrait une sorte de procureur général de la Nation. Il assumerait ainsi sa vraie fonction de conduite de l’action publique, en conduisant des poursuites pénales, selon des procédures transparentes, contrôlables et contrôlées, qui ne laissent aucune place à l’arbitraire ,l’instrumentalisation et à des choix partisans, mais qui garantissent l’existence d’une vraie impartialité et indépendance.

 

Enfin, dire á l’Union des Magistrats du Sénégal que l’honorabilité des magistrats est une vertue et une valeur propre à la conduite des magistrats: juger impartialement et, défendre les intérêts exclusifs de la société sénégalaise. Ce sont là deux fonctions distinctes qui, si elles sont pleinement assumées et exercées, remplissent la mission sacerdotale de rendre  la justice au nom du peuple sénégalais. C’est pourquoi le combat de l’UMS est ailleurs.

Il est dans sa capacité à écouter le cri de cœur des sénégalais .Il s’agit d’un appel á l’action pour une justice indépendante.

 

Les sénégalais ne font que vous demandez de ne pas rater ce rendez-vous historique.Ils vous demande de rompre d’avec ce silence coupable et cette inaction impardonnable.Ils vous exhortent à remplir le contrat de mission qui vous a été légué et délégué. Ils vous demandent de traduire votre honorabilité par des actions,actes et positions vis à vis de l’exécutif et non par des sorties dans la presse.ils vous disent tout simplement que jamais dans l’histoire de notre nation, la justice n’a jamais été si malmenée par celui qui en est constitutionnellement le garant de son indépendance.C’est à dire le président de la république.

 

Pour conclure, je pense que l’état du droit constitutionnel doit être maintenu au Sénégal : le Conseil supérieur de la magistrature compétent à l’égard des magistrats doit continuer d’exister; mais le CSM doit évoluer et complètement changer dans sa composition, dans son mode de désignation de ses membres pour répondre aux exigences de la société sénégalaise: impartialité de la justice, émettre des avis dans le seul et exclusif intérêt de la Nation, proposer  les nominations.

 

Il ya beaucoup de fronts sur lesquels l’UMS doit s’exprimer et il reste à faire beaucoup d’efforts pour raffermir, au Sénégal, une vraie indépendance de la justice, visible aux yeux de tous les sénégalais . C’est en ce moment que la colère de l’UMS sera la colère du peuple.C’est en ce moment que les sénégalais exprimeront une autre perception de la justice dans leur pays. C’est en ce moment que chaque magistrat, que toute la famille du système judiciaire sera le reflet de ce qu’est l’honorabilité.

 

Il revient à chacun d’entre nous de se battre, de toutes ses forces, pour défendre et exiger une Justice indépendante. A tous ceux qui, comme moi, ont pu s’interroger, je demande de continuer le combat pour nos idées, pour nos valeurs, pour la Justice que nous voulons et à laquelle nous avons droit et que nous méritons.C’est l’enjeu pour notre génération. C’est aussi un DEVOIR pour tout sénégalais.

 

 

Par: Mamadou Ibrahima FALL

Former UNPA Executive Representative

Former Global Human Referendum Executive Representative

Multilateral  Diplomacy Senior Adviser

Contrbution: Sélection ou élection. Et si on regardait un peu ailleurs?

Le commentateur chinois Zheng RUOLIN de la chaîne de télévision chinoise CGTN, certainement pour répondre au concert de commentaires désobligeants émis par la plupart des médias occidentaux suite à l’élection du Président Xi Jinping à la Presidence à vie, a posté sur les réseaux sociaux une petite capsule pour édifier l’opinion sur la conception chinoise du pouvoir. Il nous éclaire sur les conditions nécessaires et les qualités requises pour y accéder. Il taille ainsi en pièces les clichés, présentés comme universels, de la démocratie à l’occidental écoutons-le :
« L’Assemblée Nationale Populaire chinoise a le pouvoir de réviser la Constitution et aussi celui d’élire le Président de la République ainsi que le Premier Ministre. C’est sur ce dernier point que les politologues français expriment souvent leurs réserves. Ils sont persuadés que l’élection est juste formelle car il y’a un seul candidat, proposé d’ailleurs par le Parti Communiste chinois. Ils ne comprennent pas notre conception concernant le leader (dirigeant) de l’Etat et ils ne comprennent pas, non plus, la situation de la Chine. Pour nous chinois, nous estimons que la direction d’une grande Nation , d’un grand pays, doit avoir certaines qualités indispensables: la loyauté, l’honnêteté, la responsabilité, un esprit de grande envergure, la fermeté, la vertu, l’intelligence et de l’expérience, en plus de la compétence. Par exemple, pour élire le candidat au poste de Président de la République, en Chine, il faut avoir été Gouverneur de deux grandes provinces. Car, les chinois pensent que la gouvernance d’un pays c’est comme un médecin soignant un patient. On ne peut pas élire n’importe qui par une élection au suffrage universel pour guérir une maladie. Il faut d’abord sélectionner des experts qui ont la compétence nécessaire et puis on vote parmi l’un d’entre eux pour devenir le médecin désigné. Cette façon de sélectionner le leader (dirigeant) de l’Etat est liée à la tradition de notre civilisation. Dans un pays comme la France on élit une personne dans une élection au suffrage universel direct. Mais en Chine il s’agit plus d’une sélection que d’une élection. Une sélection effectuée par le Parti communiste chinois ressemble en réalité au système de sélection traditionnel des mandarins par l’examen. Tout un chacun, qu’il soit paysan, commerçant ou lettré pouvait devenir mandarin. Un mandarin de premier rang même. Cela serait équivalent aujourd’hui au rang de Ministre, voire celui de Premier Ministre, s’il a réussi à son examen. Aujourd’hui, un politicien chinois, voulant devenir candidat au poste de Président de la République doit, lui aussi, passer un examen. Avoir géré au moins deux grandes provinces, et avoir obtenu de bons résultats, est justement l’une des conditions indispensables. Cette sélection est très sévère, très longue et très rigoureuse.
Une fois le candidat sélectionné ce sera au tour de l’Assemblée Nationale populaire de voter. 
La Chine est un grand pays. Nous sommes un milliard trois cent millions d’habitants. Avoir un pouvoir central fort, efficace et juste est très important. La Chine n’est pas un pays dominé par les puissances financières. Le pouvoir politique en Chine est la garantie du bon fonctionnement de l’Etat. Ce n’est pas comme l’Allemagne, par exemple, qui peut à vivre sans Gouvernement pendant presque 100 jours. Comment est-ce possible? (…)J’imagine souvent ce qui serait le résultat potentiel si on devait organiser une élection au suffrage universel direct pour élire le Président dans notre pays. Aujourd’hui qui aurait la chance de gagner? Le Président actuel ou Jackie CHAN? Je ne suis pas sûr du résultat! Mais avec le double système, sélection puis élection, Jackie Chan n’aura aucune chance de devenir Président de la Chine! Vous allez me dire : et Ronald Reagan? Mais justement! La Chine n’est pas les États-Unis. La Chine ne sera jamais les États-Unis. »
 
Cette longue citation est un véritable cours de droit comparé entre deux systèmes qui ne reposent pas sur les mêmes paradigmes et ne s’inspirent pas des mêmes sources! Cela se comprend aisément car, les États Unis comme État indépendant ne date que de 1776…Fille naturelle de l’Europe, qui elle a produit de grandes et prestigieuses civilisations, les USA aujourd’hui prétendent pourtant gouverner le monde. Mais cette domination se construit essentiellement sous la menace d’une supériorité militaire et non par le rayonnement des idées et le jaillissement d’une pensée féconde et généreuse. Même la culture y est mercantilisée au point d’être ravalée au rang de loisir. D’ailleurs, « l’entertainment » est une des premières industries productrices de revenus des USA… Mais quelle âme, quelles valeurs véhiculent les industries culturelles américaines à travers le monde? Jugez vous-même!
En face, la Chine est forte d’une histoire pluri millénaire. Elle a développé, au fil des siècles, une capacité de surmonter ses difficultés en ne « comptant d’abord que sur ses propres force ». Depuis plus de 4000 ans le peuple chinois a élaboré un corpus de valeurs spirituelles et morales qui constituent le socle inaltérable de l’identité chinoise. Même le communisme dont les principes ont été acclimatés par Mao Tse Toung, n’est considéré que comme une modalité de gestion de l’Etat. Il est conçu comme perfectible, mais toujours au prisme des valeurs de civilisation chinoises. Et toujours au mieux des intérêts de la Nation chinoise. La Chine se paie ainsi le luxe de devenir la plus grosse usine du monde. Elle envahit le monde entier de produits conçus ailleurs mais qu’elle fabrique à des prix imbattables! Du gadget le plus insignifiant au matériel hi-tech le plus sophistiqué, la Chine développe toute une gamme de capacité de production allant du pire au meilleur.
Et voilà ce qui devrait inspirer l’Afrique!
Héritiers de valeurs ancestrales et de civilisation fortes, nous les avons délaissées au profit de prêt-à-penser produits par une sous-culture occidentale. Celle-ci, destinée essentiellement à nous dompter et à nous apprivoiser, est une forme de castration de nos intelligences. La traite des esclaves comme la colonisation, symboles les plus achevés de la pire barbarie humaine, semblent avoir brisé nos ressorts. Incapables de surmonter nos peurs pour conquérir nos libertés et penser au mieux de nos intérêts, notre continent est à la merci de tous les prédateurs du monde. Le pire c’est que ce sont des « élites »africaines bon teint qui, aujourd’hui, font le sale boulot de détrousseurs de nos peuples au profit de pays et d’intérêts qui nous ont apportés plus de malheurs que de bonheur.
Et si on faisait les comptes?
Le Sénégal va célébrer la cinquante huitième édition de son accession à la souveraineté internationale le mois prochain. Depuis la douloureuse parenthèse de l’éclatement de la Fédération du Mali, suivie de la crise politique majeure de 1962, notre pays navigue… Bon an, mal an. Dirigé par des élites fascinées par le modèle occidental, et plus particulièrement français, de gouvernance, nous n’avons pas su faire de l’indépendance un outil de libération des intelligences et des énergies créatrices de notre peuple. Confinés dans les frontières héritées de la colonisation, nous traînons les séquelles douloureuses de la balkanisation. Un projet conçu pour nous neutraliser par la division! Sénégalais, une partie de ma famille est mauritanienne, une autre malienne, une autre guinéenne… Dans une vraie vie et pour ressembler vraiment à mes ancêtres ante-coloniaux, je serais en fait un Ouest-Africain! Comme la majorité de nos compatriotes.
Les vrais chantiers post-indépendances de reconstruction de nos identités, et de mise en place d’espaces de fraternité sous-régionale, qui vont bien au delà des organismes économiques et politiques existants, n’ont pas été abordés sous ce rapport. Il serait temps. Si nous voulons véritablement changer le destin de l’Afrique!
Ces tâches urgentes imposent, dans notre pays, la quête d’une vraie alternative aux alternances successives qui ont montré leurs limites. Elles se sont réduites, en effet, à un jeu de chaises anglaises à l’intérieur d’une classe politique fossilisée dans un discours conflictuel entre acteurs vieillissants et peu inspirés. La vieillesse, ici, étant moins relative à l’âge qu’à une longue pratique de méthodes éculées de complots et de trahisons selon le sens du vent…
La fin de l’ère de la politique politicienne et alimentaire est un donc un chantier prioritaire. Hâtons-la, pour mettre notre pays dans une autre orbite au service d’une Afrique nouvelle décomplexée et conquérante.
Par la force des réseaux sociaux, les frontières physiques sont déconstruites. Il est même possible de mettre en place des outils sophistiqués d’action politique et citoyenne à dimension sous-régionale! Il faut simplement faire attention à ce que le web-activisme ne soit piégé par des intérêts stratégiques qui seraient inspirées par la même volonté de domination qui, depuis des siècles, poursuit son projet sans désemparer. Des organisations politiques, à la dimension de l’UEMOA, pour commencer, doivent pouvoir naître, coordonner leurs actions, aller à la conquête du pouvoir dans chaque pays et se donner comme objectif de gommer les frontières physiques coloniales. Après, on pourra rêver d’une fédération des Etats-Unis D’Afrique  et d’un Gouvernement continental !
Je vois d’ici nos enfants et petits-enfants avec un passeport africain!
« Oser lutter, oser vaincre » avait dit Mao Tse Toung aux chinois… Regardez ce qu’est devenue la Chine depuis sa révolution de 1949…
Rien n’est donc impossible à des peuples sachant se doter de dirigeants honnêtes, sérieux, visionnaires et travailleurs. Il nous reste à inventer les mécanismes vertueux par lesquels nous pourrions les identifier, les choisir et les désigner! Au moins nous savons ce qu’il nous reste à faire !
Amadou Tidiane WONE

Réforme de l’islam en France: Monsieur Macron, les priorités sont ailleurs

Le dossier islam est ouvert par le gouvernement français.  » Nous travaillons à la structuration de l’islam de France et aussi à la manière de l’expliquer, ce qui est aussi extrêmement important  » a déclaré le président de la république Emmanuel Macron, dans une interview publiée ce dimanche 11 février par le journal JDD. Une ouverture de la boîte à pandores et une perte de temps manifeste, car la France connait ses priorités, que sont les inégalités et segregations engendrées par l’islamophobie et le racisme, et elle doit y remédier pour trouver la quiétude.

D’abord, pour comprendre ce que peut ressentir une partie des populations de « deuxième ou troisième génération » en France, souvenons-nous que peu de sociétés ont été aussi longtemps façonnées par un État, dans la mesure où les lois de la République avaient aboli les corps intermédiaires associés à la monarchie. L’État s’est construit en opposition à eux, il a cherché à les contrôler. Il n’a accordé aucune légitimité ni aucun droit aux associations exhibant leur identité ethnique, raciale ou religieuse.

Ensuite, La centralité, la continuité et l’identité unitaire de l’État-nation n’ont pas été remises en question et le communautarisme a été diabolisé. La Constitution française interdit la reconnaissance de minorités au sein d’une société une et indivisible, et l’absence de statistiques sur les « deuxièmes générations » (hormis l’étude dirigée par Michèle Tribalat et publiée en 1995) renforce l’identité fictive de la France et de son idéologie organique dominante. Le terme même d’intégration cache des idées assimilationnistes et l’idée d’accorder aux musulmans français des jours chômés pour célébrer leurs fêtes religieuses n’est pas encore acceptée par les institutions, toujours en retard sur les évolutions. La France refuse de signer conventions ou traités mentionnant le terme minorité.

L’approche universaliste préconisée par un traitement égalitaire des individus a révélé ses carences. Le développement de l’intolérance relative à l’altérité, la présence active du Front National, l’exclusion et le développement du communautarisme dans les quartiers relégués en apportent la preuve au quotidien.

Ceux qui veulent remodeler ou réorganiser la marche de l’islam en France, resteront longtemps, à jouer avec leurs temps. Le jour que l’hexagone arrivera à garantir à tous ses citoyens, l’égalité de chance, sans exception, de race et de provenance. En ce moment le problème de l’islam ne se posera pas. En ce moment, touts les maux disparaîtront sans exception, le terrorisme avec toutes ses couleurs, et la violence dans les cités n’auront pas leurs raisons d’être. Le monde s’occupera du développement, rien d’autre.

Cheikh Ibrahima Diallo

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