Blog de Cheikh Yerim Seck

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Amadou Tidiane WONE

Au fond, le jeu s’éclaire! (Amadou Tidiane Wone)

Ainsi donc, tous les dignitaires du régime du Président Abdoulaye Wade listés comme devant déférer devant la Cour de répression de l’enrichissement illicite auraient «rejoint» le camp présidentiel, à défaut d’avoir été neutralisés par la dite cour. Soit par voie de condamnation, soit par épée de Damocles….

 

Ah! Le beau pays que voilà! Notre Sénégal, où les mots viennent à bout de tous les maux… Cette histoire, et d’autres encore plus invraisemblables, s’est déroulée en plusieurs épisodes, sous nos yeux apparemment fatigués, ou alors complètement désabusés. Il est vrai que le scenario est éculé: des leaders, reçus par qui de droit, et qui en ressortent avec une déclaration d’allégeance frappée du sceau de l’impunité. Ça devient lassant à la fin!









Et pourtant! Souvenez-vous de l’alternance de 2012… Elle était placée sous le sceau de la vertu. On allait voir ce que l’on allait voir nous disait-on : haro sur le gangstérisme politico-économique! Et que la Justice devienne le rempart des justes, le recours des faibles, la balance des droits et des devoirs. Finis les passe-droits et les malettes nocturnes, finies les transhumances honteuses pour raison pénalement intéressée! Fini l’enrichissement illicite…

Là était le rêve poursuivi par le Peuple du 23 juin, par les Assisards, par les simples citoyens de bonne foi aspirant à un renouveau des paradigmes de l’action politique et citoyenne… Cela n’a été, semble-t-il, que l’emballage d’une véritable forfaiture car, le rêve est en.train de virer au cauchemar: toutes les dérives dénoncées par les tribuns de l’opposition d’alors se sont aggravées depuis 7 ans. Mieux, l’instrumentalisation des différents pouvoirs à des fins de politique politicienne est le fait saillant du mandat présidentiel en cours. Par ailleurs que de scandales, en tous genres, ont fait la Une des journaux au quotidien depuis ! Sans suite…Cerise sur le gâteau, tous les présumés coupables des dérives dénoncées pour venir à bout du régime de Wade, ont rejoint le camp de ceux qui les accusaient de tous les péchés. Tous coupables alors?

 

Les principes, lorsqu’ils sont vrais et sincères, défient le temps. On a tenté de me vendre «la théorie des circonstances nouvelles…» comme si les circonstances n’étaient pas toujours nouvelles! Par définition…

 

Alors, dans les circonstances…actuelles et toujours nouvelles (!) je dis à ceux qui, hier seulement, jouaient aux preux chevaliers donnant des leçons à tout va, et regardant de haut ceux qu’ils jugeaient et condamnaient sans appel: descendez de votre piédestal. Sortez de votre mutisme… Humez l’odeur fétide de nos valeurs en décomposition dans notre renoncement collectif à la Vérité . Constatez la déchéance où nous conduit votre complaisance coupable. Voyez où vous mènent les flatteurs et les laudateurs qui traversent tous les régimes, s’enrichissent et en jouissent sans états d’âmes. Ils sont les entremetteurs des conciliabules nocturnes. Ils enjolivent, par leurs propos mielleux, les manoeuvres les plus sordides. Ils sont connus et facilement reconnaissables ces zélateurs de l’ombre, mais ils sont les seuls à ne pas le savoir!









Malgré l’ambiance d’hypocrisie généralisée et de lâcheté collective qui englue notre pays, des forces nouvelles vont émerger pour contrecarrer la fatalité. Les signes avant-coureurs d’un réveil inéluctable de forces nouvelles commencent à poindre. La majorité silencieuse qui assiste, avec une sourde désapprobation, au cirque des vases communicants entre formations politiques aura son mot à dire. Il faudra la mobiliser et lui dire: cette fois, méfions nous des beaux parleurs! Et choisissons, sérieusement, des hommes et des femmes qui mettront l’intérêt général au dessus de leurs intérêts particuliers!

 

Cela est est l’enjeu fondamental de la prochaine élection présidentielle. Et que ceux qui se ressemblent s’assemblent! L’heure est grave.

 

Amadou Tidiane WONE

woneamadoutidiane@gmail.com

 

Au fond, le jeu s'éclaire! (Amadou Tidiane Wone)

Ainsi donc, tous les dignitaires du régime du Président Abdoulaye Wade listés comme devant déférer devant la Cour de répression de l’enrichissement illicite auraient «rejoint» le camp présidentiel, à défaut d’avoir été neutralisés par la dite cour. Soit par voie de condamnation, soit par épée de Damocles….
 
Ah! Le beau pays que voilà! Notre Sénégal, où les mots viennent à bout de tous les maux… Cette histoire, et d’autres encore plus invraisemblables, s’est déroulée en plusieurs épisodes, sous nos yeux apparemment fatigués, ou alors complètement désabusés. Il est vrai que le scenario est éculé: des leaders, reçus par qui de droit, et qui en ressortent avec une déclaration d’allégeance frappée du sceau de l’impunité. Ça devient lassant à la fin!








Et pourtant! Souvenez-vous de l’alternance de 2012… Elle était placée sous le sceau de la vertu. On allait voir ce que l’on allait voir nous disait-on : haro sur le gangstérisme politico-économique! Et que la Justice devienne le rempart des justes, le recours des faibles, la balance des droits et des devoirs. Finis les passe-droits et les malettes nocturnes, finies les transhumances honteuses pour raison pénalement intéressée! Fini l’enrichissement illicite…
Là était le rêve poursuivi par le Peuple du 23 juin, par les Assisards, par les simples citoyens de bonne foi aspirant à un renouveau des paradigmes de l’action politique et citoyenne… Cela n’a été, semble-t-il, que l’emballage d’une véritable forfaiture car, le rêve est en.train de virer au cauchemar: toutes les dérives dénoncées par les tribuns de l’opposition d’alors se sont aggravées depuis 7 ans. Mieux, l’instrumentalisation des différents pouvoirs à des fins de politique politicienne est le fait saillant du mandat présidentiel en cours. Par ailleurs que de scandales, en tous genres, ont fait la Une des journaux au quotidien depuis ! Sans suite…Cerise sur le gâteau, tous les présumés coupables des dérives dénoncées pour venir à bout du régime de Wade, ont rejoint le camp de ceux qui les accusaient de tous les péchés. Tous coupables alors?
 
Les principes, lorsqu’ils sont vrais et sincères, défient le temps. On a tenté de me vendre «la théorie des circonstances nouvelles…» comme si les circonstances n’étaient pas toujours nouvelles! Par définition…
 
Alors, dans les circonstances…actuelles et toujours nouvelles (!) je dis à ceux qui, hier seulement, jouaient aux preux chevaliers donnant des leçons à tout va, et regardant de haut ceux qu’ils jugeaient et condamnaient sans appel: descendez de votre piédestal. Sortez de votre mutisme… Humez l’odeur fétide de nos valeurs en décomposition dans notre renoncement collectif à la Vérité . Constatez la déchéance où nous conduit votre complaisance coupable. Voyez où vous mènent les flatteurs et les laudateurs qui traversent tous les régimes, s’enrichissent et en jouissent sans états d’âmes. Ils sont les entremetteurs des conciliabules nocturnes. Ils enjolivent, par leurs propos mielleux, les manoeuvres les plus sordides. Ils sont connus et facilement reconnaissables ces zélateurs de l’ombre, mais ils sont les seuls à ne pas le savoir!








Malgré l’ambiance d’hypocrisie généralisée et de lâcheté collective qui englue notre pays, des forces nouvelles vont émerger pour contrecarrer la fatalité. Les signes avant-coureurs d’un réveil inéluctable de forces nouvelles commencent à poindre. La majorité silencieuse qui assiste, avec une sourde désapprobation, au cirque des vases communicants entre formations politiques aura son mot à dire. Il faudra la mobiliser et lui dire: cette fois, méfions nous des beaux parleurs! Et choisissons, sérieusement, des hommes et des femmes qui mettront l’intérêt général au dessus de leurs intérêts particuliers!
 
Cela est est l’enjeu fondamental de la prochaine élection présidentielle. Et que ceux qui se ressemblent s’assemblent! L’heure est grave.
 
Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com
 

Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh, un modèle achevé de l’Islam pur et simple (Amadou Tidiane Wone)

En ce 14 septembre, jour anniversaire du rappel à Dieu de Serigne Abdoul Aziz SY Dabakh, notre mémoire saisit l’instant pour s’inspirer à nouveau de son modèle de vie parmi nous. Réécouter ses leçons, prodiguées si généreusement tout le long de sa vie, suffit à se régénérer moralement et spirituellement. Il a en effet personnifié dans notre pays, la pureté de l’amour pour Dieu et pour tout ce qu’Il a créé. Il a exercé, en toutes circonstances, sa mission d’homme de Dieu au service exclusif de Son Créateur. Dans ces moments d’incertitude et de difficultés de toutes natures, sa voix nous manque terriblement ! Cette voix au timbre si reconnaissable et qui savait nous parler, nous rassurer, nous inspirer et nous indiquer la Voie à suivre. Dabakh savait nous délivrer, dans la simplicité et l’éloquence, le message essentiel qui allait droit au cœur de chacun d’entre nous.




A tous les moments de doute que nous traversions, sa voix s’élevait pour renouer le fil des dialogues interrompus ou invoquer la Clémence divine. A chaque fois, ses conseils étaient entendus par tous et ses prières exaucées. Lorsque les pluies tardaient à tomber, par exemple, il nous suggérait avec humilité de nous repentir de nos péchés pour mériter La Miséricorde divine. Il commençait toujours par lui-même, pour l’exemple. Il nous invitait à partager avec les pauvres nos surplus, avant de tendre nos bras vers le ciel pour solliciter Le Dispensateur Suprême. De fait, le Sénégal, petit pays sans richesses notables à l’époque a toujours traversé, vaille que vaille, les zones de turbulences les plus périlleuses. Aujourd’hui, force est de reconnaitre que la présence d’un Sage, éclairé et largement consensuel, fait cruellement défaut à notre pays. Il n’est que justice de le souligner. Non pour s’en morfondre, mais plutôt pour convier à une méditation sur l’exemple de vivre ensemble que Serigne Abdou nous a laissé en héritage : aime ton prochain nous disait-il. Aime-le en raison de l’Amour que lui porte Son Créateur. Ne le juge ni ne le réduit au prisme de tes sentiments personnels car, Seul Dieu sait qui est le meilleur d’entre nous. Qui n’a entendu Serigne Abdou répéter, inlassablement, cette profession de foi et cet appel à l’amour, à l’humilité et à la tolérance ? Il nous a toujours appelés au dépassement de tous les clivages qui sont en deçà de la claire compréhension du Message de Dieu. En effet, comment se vouloir juge, à la place du Seul Juge qui soit ? Alors que la Foi absolue, en Son Omnipotence et en Son Omniprésence qui sont le sceau de Ses Attributs, est le premier jalon de l’Islam ? Et d’ailleurs, comment juger de ce dont on a qu’une connaissance partielle et parcellaire dans le temps comme dans l’espace ? Craignez le jour où nous serons tous ramenés à Dieu pour y répondre de nos actes sur terre ! Telle était une de ses recommandations les plus constantes. Ce faisant, vous prêterez attention à vos fais et gestes de tous les jours. Vous traquerez, en vous surtout, la moindre parcelle de vanité et d’orgueil, d’avarice et d’égoïsme. Faites vos prières à l’heure et en communauté. Dépensez une partie de vos biens en aumônes et en œuvres de bienfaisance. Entretenez, avec bienveillance, vos liens de famille et d’amitié. Contrôlez l’utilisation de vos sens. Surtout vos propos : lorsque vous parlez d’autrui, dites-en du bien, sinon abstenez-vous. Faites tout cela dans l’intention exclusive de plaire à Allah. Sans exhibitionnisme, ni quête de renommée.

Toutes les journées de Serigne Abdou étaient consacrées à dire et à faire le Bien. Car il était le premier à appliquer ses recommandations. En cela, il était un guide religieux. Mais non un chef !



Alors, en ces heures d’incertitudes et de grande inquiétude pour l’avenir de notre pays et celui du monde entier, il convient de renouer avec des convictions fortes et de s’arrimer à des valeurs indéracinables. Pour ceux de ma génération, Serigne Abdou a été un sauveur. Parce que nous avons eu le privilège de le voir vivre et incarner Le Coran et la Sunna du Prophète Mouhammad (PSL), nous avons acquis la conviction et la confirmation de leur véracité. En l’ayant observé de près, en diverses circonstances, nous avons entrevu ce que l’inspiration divine peut apporter à l’aspirant sincère et dévoué. De nos certitudes temporelles, il a expurgé les faussetés. Sans tyrannie, il nous a ouvert le cœur à la Lumière et fait ressentir la douceur de la Foi qui est Amour.

Il est donc l’heure pour nous de ramener nos enfants à une source de sagesse qui ne nous est ni inconnue, ni lointaine. Plus généralement, le moment est venu pour tous les sénégalais de renouer avec leurs propres repères. Afin que l’ensemble de nos vénérables prédécesseurs, dont l’énumération comporterait le risque d’en oublier, sachent que le flambeau qu’ils portèrent très haut peut rejaillir de plus belle et éclairer notre futur. Pour cela, il nous faudra rompre définitivement avec les sous-cultures résiduelles de la colonisation. Il faut impérativement nous départir d’une vision du monde procédant d’une culture d’emprunt éloignée de nos réalités sociales, historiques et culturelles. Nous vallons mieux ! Il nous faudra, il est vrai, beaucoup de courage et d’abnégation pour rebrousser le chemin de certains conforts mentaux fragiles et factices. Ce sont là les conséquences d’un mimétisme sans esprit critique qui, dans la durée, s’installent en vérités indiscutables. Faisons demi-tour ! Les exemples locaux ne nous manqueront pas dans cette ascèse sur la voie de la rédemption et du progrès. Un grand pas serait, déjà, d’en mesurer l’urgence et l’incontournable nécessité.  Les sages paroles de Dabakh, en cela, sont un viatique inestimable.

Lorsque, au gré des médias du monde entier, répercutés sans précautions par nos stations locales, j’entends parler de l’Islam et des musulmans comme une communauté guerrière et belliciste, je ne reconnais pas la belle religion que je pratique et en laquelle je crois. Cet état de fait est symptomatique du désordre que nous évoquions plus haut et qui fait prendre les effets pour les causes. Ce malaise que je partage, avec des centaines de millions de musulmans sans histoires à travers le monde entier, il est temps de l’exprimer et d’incarner l’Islam pur et simple, dans sa dimension sublime de réconciliation de Dieu avec les humains qui, à plusieurs occasions, ont trahi le pacte originel en maltraitant Ses Prophètes et Ses élus.




Dans cette perspective, il appartiendra à chacun de se ressourcer spirituellement là où son espérance d’étancher sa soif le conduira. L’essentiel est de se retrouver à La Source Originelle qui est Unique. Pour ce qui me concerne, je rends Grâces à Dieu de m’avoir fait rencontrer, connaître et aimer Serigne Abdoul Aziz Sy Malick Dabakh, un modèle achevé de l’Islam pur et simple.

Qu’Allah lui renouvelle Ses Grâces et Sa Miséricorde !

 

Amadou Tidiane Wone

woneamadoutidiane@gmail.com

 

 

 

 

Pour changer! Avec Hajibou! (Amadou Tidiane Wone)

Notre pays a besoin de passer des émotions à la sérénité. Le Sénégal, notre patrie, a besoin de passer des jactances et des bravades intempestives au labeur patient et obstiné dans l’ordre et la discipline. Les violences verbales, et autres menaces, doivent disparaître du discours des élites dirigeantes pour céder le pas à des propositions constructives allant dans le sens de l’intérêt de tous.




Notre peuple est en effet dans une quête, jusqu’ici inassouvie, de sérieux et de rigueur dans le travail, pour développer et épanouir son énorme potentiel humain et intellectuel. La gestion du bien collectif est une mission sacerdotale. Il faut l’assumer comme telle. L’exercice du Pouvoir n’est pas sa simple jouissance. Il suppose des sacrifices au dessus de la moyenne pour le mériter.

Depuis une soixantaine d’années, et en dépit d’une activité politicienne débordante, les élites gouvernantes successives de notre pays ne sont pas parvenues à orienter, motiver et rassembler, très largement, les forces les plus vives de la Nation sénégalaise. Et pourtant…

En vérité, dans tous les secteurs d’activités et  à tous les niveaux, il faut prêcher, et surtout convaincre par l’exemple. Pour engager le pays tout entier dans une véritable voie de progrès et d’épanouissement pour tous, les dirigeants doivent aller au charbon et non se partager des sinécures.

Les deux alternances politiques issues d’élections libres, et plus ou moins transparentes qu’a connues notre pays, ont permis de rendre possible et définitive l’idée d’un changement pacifique des mandataires du Peuple par la voie des urnes. Cette conviction, désormais ancrée dans la conscience citoyenne sénégalaise, rend vaines toutes les tentatives de détourner la volonté du Peuple par quelque moyen que ce soit.

Dans quelques mois, la Parole sera donc rendue au Peuple souverain après sept ans de mandat du Président sortant Macky SALL.

Dans cette perspective, des candidatures multiples se déclarent. Elles sont toutes, plus ou moins, dignes d’intérêt. Il se trouve que parmi toutes, celle du sortant inclue, une seule sortira victorieuse…. L’élu présidera alors les destinées de notre pays pour un mandat de cinq ans. Il sera renouvelable une fois, sauf pour le Président sortant qui aura épuisé ses chances constitutionnelles. Pour ainsi dire!

Il sera donc question de choisir un homme, ou une femme s’il en est, qui soit capable de rassembler, de rassurer et de convaincre la plus large majorité possible de nos concitoyens autour d’un leadership impartial, rigoureux, clairvoyant et déterminé.

À six mois de l’élection présidentielle, le temps n’est plus à l’hésitation. Il faut choisir, ici et maintenant, parmi les candidatures déclarées.

Ainsi, et après une mûre réflexion et des échanges approfondis avec le candidat Président Cheikh Hajibou SOUMARE, j’ai décidé de l’accompagner, résolument, en vue de lui permettre de remporter une victoire, belle et sans bavures, en février 2019. Au premier tour, Incha Allah.

Le parcours du Président SOUMARE suffit à faire de sa candidature une candidature sérieuse et plausible. Une candidature possible et enfin souhaitable. Haut fonctionnaire, pur produit de ce que l’Ecole sénégalaise offre de mieux, il a effectué une carrière, sans anicroches et sans histoires au Sénégal, jusqu’à la fonction de Premier Ministre. Puis il a servi la sous région Ouest- africaine comme Président de la Commission de l’UEMOA (Union Économique et Monétaire Ouest Africaine). Cette double expérience, nationale et internationale, dans les domaines économiques, financiers et politiques, lui donne une vision globale et pointue sur les enjeux et les défis de l’heure. En effet nos pays, balkanisés et confinés dans ce qu’il est convenu d’appeler encore des économies de traite doivent, dans cette période de mondialisation, s’attacher à rassembler leurs forces et à mutualiser leurs moyens dans tous les domaines. L’expérience de l’Ancien Président de l’UEMOA, sa pratique des dirigeants de la sous-région, au plus haut niveau,  et sa connaissance de l’état de nos économies, sont des gages de succès. Le Président Soumare est, assurément, doté des aptitudes  nécessaires pour faire avancer tous les dossiers relatifs au processus de renforcement de notre souveraineté économique et monétaire.

Il s’y ajoute que le Président Cheikh Hajibou Soumare n’est pas un carriériste de la politique. Il s’y engage par devoir et par responsabilité. Notre pays a en effet un besoin impérieux de reprise en mains et de remise en ordre. Je crois le Président Hajibou Soumare capable de relever ce challenge, avec l’aides des hommes et des femmes qui l’entourent et ceux et celles qui le rejoindront.




Les défis sont nombreux et multiformes. Ils vont exiger des efforts conséquents de la part de chaque citoyen sénégalais. A quelque niveau qu’il se trouve. Aucune parcelle de la construction du pays ne doit être laissée à l’abandon. Chaque paysan, pêcheur, ouvrier, travailleur du tertiaire ou du secondaire, les commerçants et les industriels, les hommes d’affaires et autres professions libérales doivent, tous, dans un élan sans précédent, s’engager à reconquérir les leviers du développement de notre pays. Dans tous les domaines. La jeunesse, quant à elle, doit prendre conscience qu’il  s’agit de mettre en place les fondations solides et durables de son futur proche.

En effet, pour assurer un avenir meilleur à nos enfants, le choix de 2019 sera décisif pour tous ceux qui considèrent que l’alternance de 2012 n’a pas répondu à leurs attentes.

Rassemblons nous donc autour de l’essentiel !

Changeons d’approche et de perspective ! Misons sur l’expérience, la sérénité et l’endurance du Président Cheikh Hajibou SOUMARE dont la personnalité et le tempérament correspondent aux défis des temps actuels: sobriété, rigueur, sens de l’organisation et de la méthode, persévérance dans la durée en vue de l’atteinte de ses objectifs.

Je compte, pour ma part mouiller le maillot à l’extrême pour contribuer, à ses côtés, à l’avènement d’un Senegal nouveau, prospère par le labeur de ses enfants. Un Senegal en paix qui offrira les meilleures conditions de bien-être, de confort et d’épanouissement à tous ses habitants.

Je lance un appel à tous sur ce chantier exaltant, et ce avec Hajibou! Jusqu’au bout!

Amadou Tidiane WONE

woneamadoutidiane@gmail.com

Qui juge sera jugé…

Nous vivons une nouvelle ère. La circulation des informations sous toutes les formes, notamment audiovisuelles et digitales, introduit de nouveaux paradigmes à prendre en compte notamment par les dirigeants, de quelque niveau que ce soit.

A cet égard, une vidéo circule depuis quelques jours mettant en scène un très haut magistrat sénégalais au cours de son… bilan médical annuel (!) On se demande quelle mouche a donc piqué le Président Demba Kandji pour qu’il accepte de se livrer à un tel exercice. D’abord parce que la visite chez un médecin devrait demeurer strictement privée. Or, en l’occurrence, nous entendons largement les commentaires de son médecin sur son état de santé qui semble bon. Dieu Merci! Le juge Kandji s’avait-il que ses propos seraient le support d’une émission faisant la promotion du tourisme médical en France? Si oui, à quelles conditions? Si non…

Que de questions s’imposent!

Mais ce qui nous fâche davantage ici c’est la teneur de l’entretien de ce haut magistrat sénégalais, s’exprimant sur une chaîne française dans un hôpital américain et qui, comme pour y justifier sa présence , déclare que c’est parce que « le plateau technique » du système de santé du Sénégal ne serait pas performant. Soit.

Pourquoi? Comment? La faute à qui? Un jugement devrait, pour le moins, être motivé! Venant d’un professionnel de la justice.

En attendant des réponses à ces questions, et pour rester dans le domaine du Président Kandji, que dire du « plateau technique » de la Justice sénégalaise qui a mis trois ans pour reconnaître que les faits justifiant l’incarcération de l’Imam NDAO étaient insuffisants pour justifier une condamnation sérieuse ? Sans compter les centaines de détenus méconnus qui croupissent en détention préventive pendant des années sans être jugés ? Sans parler des conditions de travail catastrophiques des auxiliaires de justice à tous les niveaux? Sans revenir sur toutes les «affaires» dont les délibérés ne cessent de défrayer la chronique…

Pour nous avoir titillé avec cet entretien que rien ne saurait justifier, nous saisissons l’occasion pour nous interroger sur la qualité du «plateau technique» de notre justice, si prompte à condamner les opposants et si silencieuse sur les outrances des affidés du Pouvoir en place! Ne suivez pas mon regard!

Le Premier Magistrat de notre pays ayant affirmé maintenir sous le coude plusieurs dossiers délictueux, on comprend qu’il nous faille aller à… l’étranger, à la Cour de la CEDEAO notamment, pour entendre dire le droit.

Décidément, tous les «plateaux techniques» du pays doivent reconquérir notre confiance. CQFD…




Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com

Préservatifs Kiss: Une campagne de publicité pas comme les autres….

Depuis quelques temps une campagne publicitaire tous azimuts vante les goûts et les parfums, exotiques à souhait, d’une marque de…préservatifs(!) appelée Kiss….Loin des campagnes antérieures qui s’inscrivaient dans le cadre de la lutte contre le SIDA en mettant en avant l’idée de protection, celle-ci est un appel pur et simple à la luxure et au «max de sensations»….
J’ai ouvert, à ce sujet, un débat très animé sur ma page Facebook. Ce réseau social est, en effet, le nouvel agora où se rencontrent et se confrontent les points de vue. Sans barrières géographiques ni contraintes horaires. En toute sérénité, quoiqu’avec vigueur!



Je souhaite élargir ici ce débat de société qui nous interpelle et nous interroge. Question préalable: qui s’attaque avec autant de désinvolture aux codes moraux de notre société et à quelles fins?
L’affiche étant signée, je me suis intéressé à l’ONG américaine, mère de la filiale de droit sénégalais, en charge de la campagne en question. Il s’agit de Dkt International dont le fondateur en 1989 Phyl Harvey, se définit comme « un libertaire …» Son organisation dite «sans but lucratif» opère en Afrique de l’Ouest sous le couvert d’une société…commerciale (!) qui vend ses produits et ses prestations. Eh oui! L’ONG Dkt International, sans but lucratif, a quand même des revenus de plus de 230 millions de dollars américains! Comme c’est curieux!
Mais ce qui me préoccupe ici c’est l’objectif déclaré de Dkt International soit: « la mise en place de planification familiale dans les pays en voie de développement ». Sous le couvert de « prévention du VIH ». Autrement dit: le contrôle des naissances dans les pays en voie de développement! De quoi se mêle t-on donc?
Sur le site du bureau régional de Dkt International on peut lire:
« À travers des programmes innovants de marketing social et une communication ciblée auprès de médias traditionnels et non traditionnels ( réseaux sociaux, Ambassadeurs, sponsorings) Lydia TM entend construire une relation privilégiée et décomplexée sur le sujet souvent délicat de la contraception. » Tout un programme!
En réalité, en un mot comme en mille, le seul but de Dkt International est de contrôler, dans le sens de les amoindrir, les naissances dans les pays en voie de développement. Mais aussi et surtout ( ?) de faire beaucoup d’argent!
M’intéressant de plus près au fondateur de Dkt International, je trouve donc qu’il se définit comme « libertaire et philanthrope ». Selon le Petit Larousse , « le terme libertaire désigne les personnes, courants, mouvements, structures, organisations, etc. qui prônent une liberté absolue fondée sur la négation du principe d’autorité dans l’organisation sociale et le refus de toute contrainte découlant des institutions fondées sur ce principe ».
Quant à la « philanthropie » de Monsieur Phyl Harvey, elle lui rapporte quand même plus de deux cent trente millions de dollars…
Ce qui est gênant, c’est que toutes ces informations sont disponibles sur internet. Il suffit juste de chercher. Y’a t-il des enquêtes de moralité préalables à l’autorisation d’exercer dans des domaines aussi sensibles que le contrôle des naissances dans notre pays? Comment peut-on laisser ce type de personnages intervenir dans nos pays avec une démarche de gourou utilisant les techniques les plus avancées de marketing social?
En vérité, nos élites dirigeantes semblent, peu ou pas soucieuses des dangers qui guettent nos nations. Sous le couvert de lutte contre le Sida qui tue bien moins que le paludisme, nos gouvernements successifs se sont engagés dans des programmes dont les véritables enjeux sont inavoués . Nous ne semblons nous intéresser qu’aux retombées immédiates et dérisoires des divers programmes et projets sans analyser, en profondeur, le dessous des cartes. En l’occurrence , les pays riches font tout pour diminuer les populations des pays pauvres. Par la guerre au besoin , la malnutrition , la famine et les programmes de planning familial. Cyniquement! En Inde, en Chine, en Afrique, des politiques, conçues dans des officines désormais identifiables, continuent à décimer les pauvres pour le bonheur et la sécurité des riches. L’affiche qui a soulevé mon indignation, et celle de nombreux sénégalais et Senegalaises, m’a donné l’opportunité d’approfondir les recherches sur les desseins inavouables des véritables promoteurs du projet « libertaire » qui a une ampleur inouïe.



Monsieur Phyl Harvey, auteur prolifique de plusieurs ouvrages en matière de sexualité, a élaboré et met en œuvre une approche commerciale du business humanitaire. Cherchez l’erreur!
Il a développé des techniques de marketing social très sophistiquées. Dans une communication de Septembre 2016 intitulée : « How nonprofits can improve their results with commercial techniques » , Monsieur Harvey explique en fait comment faire de l’argent dans les pays pauvres sous le couvert de l’humanitaire.
Nous devrions regarder de plus près les coulisses des ONG qui prolifèrent dans notre pays et qui sont souvent les bras armés d’idéologies fascistes qui n’ont comme objectif que de contrôler les pays pauvres et pis, de les maintenir dans la pauvreté! Pendant que nous nous laissons distraire par une compétition effrénée pour le pouvoir et ses dérivés, dans des pays lointains des stratégies de haut vol planifient le contrôle de nos ressources minières, naturelles et…humaines. Dans le seul but de maintenir l’équation pays riches au nord, pays pauvres au Sud.

Allons rekk! comme me l’ont appris les jeunes ! On ne peut plus rien nous cacher.

Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com

Commentaire de texte…(Amadou Tidiane Wone)

Commentaire de texte…

J’ai reçu le texte suivant via WhatsApp et je l’ai partagé tel quel sur ma page Facebook. Le côté positif des réseaux sociaux est la possibilité d’organiser des débats et de susciter des réflexions. Je le partage ici, entre guillemets, et vous fait part de mes commentaires personnels à la suite.




« L’Homme noir doit se réapproprier son identité, son histoire et sa grandeur.
Nous sommes le seul peuple sur cette terre qui a rejeté son histoire, ses rites et traditions pour adorer les coutumes et les traditions des autres peuples.
Nous sommes le seul peuple sur cette terre qui se dit intelligent et se croit important lorsqu’il parle la langue des autres, connaît la science des autres et ignore tout de lui-même.
Nous sommes un peuple en perdition qui ne croit en son génie que lorsqu’il est reconnu par les autres.
Nous sommes ce peuple qui accepte ses conditions de vie misérables en espérant l’arrivée imminente d’un sauveur fabriqué par les autres.
Nous sommes ce peuple qui ne pense plus par lui-même , ne mange plus les fruits de sa terre et dénigre systématiquement sa culture pour singer la culture des autres.
Nous sommes ce peuple qui a honte de lui-même.
Nous sommes un peuple sans mémoire. Qui a oublié que l’Afrique est le berceau de l’humanité et la source des mathématiques.
Nous sommes ce peuple qui se replie sur lui-même de peur d’affronter le monde , un monde dans lequel, sa voix ne compte pas.
Pour défendre nos territoires nous comptons sur les soldats des autres.
Pour soigner nos malades nous utilisons les médicaments fabriqués par les autres.
Pour éduquer nos enfants, les manuels scolaires et les livres sont écrits par les autres. Même notre histoire a été réécrite par les autres.
Pour consommer de l’eau potable, nous avons recours aux compagnies des autres alors que nos terres regorgent de sources d’eau pure.
Pour exploiter nos richesses naturelles, nous ne pouvons pas nous passer des autres.
Pour choisir nos dirigeants , il faut venir s’agenouiller chez les autres.
Le problème ce n’est pas l’autre , le problème c’est nous mêmes.
l’Africain doit se réapproprier sa dignité et son identité pour prendre en main son destin.
Les autres se battent pour eux-mêmes. Lorsqu’ils déclenchent une guerre sur nos terres , souvent c’est pour défendre les intérêts de leurs peuples.
Nous sommes le seul peuple sur cette terre qui ne défend pas ses intérêts. Le seul peuple qu’on insulte sans que cela n’émeut personne.
Nous sommes ce peuple qui, pour préserver les privilèges d’une minorité loyaliste entre en guerre civile avec les armes fournies par les autres.
Personne ne fera notre bien malgré nous.
Au crépuscule de sa vie, Nelson Mandela a déclaré que «ce qui se fait pour nous, sans nous, est fait contre nous».
Méditons et arrêtons de nous lamenter, il faut réagir.
J’ai dit. »




Commentaire du texte:

Ce texte circule non signé sur les réseaux sociaux. En attendant une revendication de sa paternité, j’en salue la portée interpellatrice. Il claque comme une gifle. Une gifle énonce et sanctionne toujours un excès: le « gifleur » est excédé. Le giflé est excessif. A première lecture, on peut donc ressentir cette claque comme une autoflagellation misérabiliste. Mais, à y regarder de près, chacune des sentences renvoie à des réalités cruelles de notre sous-développement. Chaque phrase met en lumière le mépris ou la condescendance dont les noirs font l’objet de la part des autres composantes de notre Humanité. De la première à la dernière ligne, il est fait appel à l’urgence de retrouver une estime de soi pour toute la race noire. Il est tout de même singulier que notre race, et notre Continent, soient le réceptacle de toute la misère du Monde en même temps que son coffre-fort ! Réservoir de matières premières et de main d’œuvre gratuite pendant des siècles, l’Afrique et la race noire seraient-elles sous le coup d’un mauvais sort?
Que non!
Alors, à quoi tient notre manque d’initiative et notre incapacité de résistance? Quelle explication peut-on trouver à notre arriération économique et politique ? Les contraintes de l’Histoire sont désormais derrière nous! Tout ce qui nous arrive désormais est de notre faute pleine et entière. La responsabilité de nos élites dirigeantes est la seule engagée. Et c’est cette problématique qu’il nous faut désormais appréhender de « manière haute, lucide et conséquente » avait dit Aimé Césaire.
Que sommes-nous devenus?
Les africains noirs sont en effet devenus méconnaissables à force de mimétismes dévalorisants. Notre jeunesse, formatée à la friperie, déambule, fesses en l’air, croyant singer ce qui se fait de mieux au nord. Les perruques blondes et les peaux décolorées, les faux cils et les lèvres rougies donnent aux jeunes filles des allures d’épouvantail qui suent le synthétique sous le chaud soleil d’Afrique. Cette Afrique, visible aujourd’hui à travers nos artères et à travers nos médias est une insulte. Un point. Un trait.

Et pourtant notre histoire est jalonnée de hauts faits de guerriers qui ont opposé une résistance farouche aux envahisseurs de toutes origines. Que de penseurs! Que de Sagesse! Que de Savoirs…Mais il semble que, de manière méthodique, notre Histoire a été réécrite et émasculée. Les médias ne valorisent que notre décadence et notre acculturation. Il faut également interroger les programmes scolaires en vigueur dans tous nos pays et se demander quel était, au fond, le projet de Jean Dard pour le Sénégal! Toutes les références à nos victoires sont dissolues dans la promotion de la médiocrité et du pédantisme. Les discours de nos dirigeants ronflent de sonorités étrangères. Chaque saison produit des mots-clés qui retentissent dans les séminaires et les conférences. Sans aucune prise sur le réel : détérioration des termes de l’échange disait-on naguère. Ajustements structurels chantait-on après. Les voix de « l’émergence » chantent et dansent désormais…sans passionner ni convaincre. Toujours le même scénario de détournement de nos intelligences et de nos forces créatrices vers des chantiers sans lendemains.



Si l’aide publique au développement servait à quelque chose, nos pays seraient sortis de l’ornière depuis des lustres. Il s’agit plutôt d’une prime à la paresse et d’un financement de l’indolence.
Alors, il serait temps que nous fassions converger nos efforts vers une prise de conscience du fait que notre sous-développement ne relève nullement de la fatalité mais d’un jeu d’intérêts perpétré contre les nôtres. À notre époque dite de la mondialisation, les trames des pièges qui se nouent sont visibles à l’œil nu. Tous les jours les médias du monde entier insultent le Peuple noir et son Continent en raillant les migrants ballotés à travers les flots en quête d’une vie meilleure. Aucune voix autorisée ne s’intéresse aux filières en amont et aux suites en aval de ce trafic d’êtres humains. Il serait temps. Il serait temps surtout de mieux redistribuer la richesse de l’Afrique aux africains. Car le système est fait de sorte que la richesse du Nord se nourrisse de la pauvreté du Sud.
Lorsque l’on touche ces sujets de fond pour ce qui concerne notre Continent, il y a ceux qui ne veulent rien savoir parce qu’ils sont complices et bénéficient des retombées infinitésimales du désordre mondial. Il y’a ceux qui y voient clair mais ont peur de ramer à contre-courant pour… rester en survie. Même misérables. Il y’a ceux à qui l’on cache tout. La majorité . Il y’a enfin ceux qui comprennent et dont la responsabilité est d’organiser la Résistance! Ceux-là devraient se retrouver sur l’essentiel. Surmonter les barrières théoriques artificielles et construire un corpus de valeurs fortes qui fédèrent le plus grand nombre. Car, les forces ennemies elles sont nombreuses, variées et organisées.

Et c’est ainsi que même le « jeu politique » et les ruses « constituantes » qui, partout en Afrique ont installé et animent des simulacres de « démocraties » semblent un piège de plus, hérité du projet colonial, pour continuer à contrôler nos émotions et à nous manipuler. Comme des marionnettes.
Le temps de la lucidité extrême commande que l’on se regarde les yeux dans les yeux pour changer définitivement de perspective et de trajectoire historiques.
Allez, un tabou pour commencer: Ne faudrait-il pas revisiter la Négritude ? Ne devrions nous pas lui redonner sens, force et vitalité dans l’expression des valeurs culturelles et sociales du Monde noir? Dans notre jeunesse nous avions ardemment combattu ce mouvement. Plus parce que l’un de ses initiateurs ( Leopold Sedar SENGHOR ) était un chef d’Etat post-colonial, il est vrai trop francophile, qu’autre chose…le temps de repenser les fondements de ce mouvement culturel me semble venu. En tous cas Il faut redonner au monde noir une âme et au panafricanisme un cœur! Qui a une meilleure proposition? Il faut redonner au monde de la couleur, de la joie et de l’enthousiasme. Et cela le Peuple noir en a à revendre en dépit des difficultés ! Le fond culturel et politique existe qui ne demande qu’à être revivifié pour produire du sens au plan économique et social. Imaginez une jonction des peuples de l’Afrique noire et de toute la diaspora autour de l’idéal de développer ce Continent doté de tout…Cela forcerait le respect!

C’est cela que m’inspire à la fin ce texte qui jaillit comme un cri, à la fois de détresse et de forte espérance !

Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com

Quitte à être privé de dessert, je le dis!

Le Président Macky Sall s’est rendu au Sommet du G7 comme invité, en sa qualité de « Président du Comité d’orientation des Chefs d’États et de Gouvernement du NEPAD. » Le Chef de l’Etat du Senegal, sans ce titre, n’aurait aucune prétention à siéger à ce niveau.
Il faut dès lors rappeler que c’est le Président Abdoulaye WADE qui avait, en son temps, plaidé pour l’accès de l’Afrique à ce cercle fermé des pays riches, principalement occidentaux. Le G7 était alors appelé G8 avant l’exclusion de la Russie coupable d’’avoir annexé la Crimée.



À la fois pédagogique et stratégique, la démarche du Président WADE avait pour but de dénoncer ce cénacle de riches qui prend des décisions engageant le destin des Peuples du monde entier sans les consulter. D’une part. D’autre part, il s’agissait de faire entendre la voix de l’Afrique au Monde. On remarquera la portée d’un tel exercice : faire parler l’Afrique d’une seule voix et mettre les pays riches face à leur responsabilités dans le retard du Continent, suite à leurs politiques impérialistes et esclavagistes ayant duré plusieurs siècles. Le Président Jacques Chirac, conscient de la dimension intellectuelle du Président WADE, suggérait à chaque occasion que ce soit lui qui prenne la parole au nom du Continent, pour défendre la Nouvelle Vision du Développement de l’Afrique. Ce qu’il faisait avec le brio de sa profession d’avocat dans les délais impartis dans ce type de sommets, c’est à dire en 8 et 15 minutes. Le Président WADE profitait de ces tribunes pour dénoncer, vigoureusement, le binôme dette et aide qui nous enserre et nous vassalise. En lieu et place, l’approche du NEPAD qu’il proposait inlassablement aux pays du G8 d’alors, c’était de soutenir un nouveau paradigme du développement de l’Afrique basé sur l’investissement massif dans « les Infrastructures et l’Education ». Le Président WADE se sera battu comme un lion, souvent seul, pour demander au pays riches de remplacer « l’aide » par des investissements massifs dans les infrastructures afin de booster les échanges intra-africains et ainsi relancer des croissances par pays en créant partout des emplois et de la richesse . Cette approche permettait de fonder un nouveau partenariat ( gagnant- gagnant) au bénéfice d’une croissance mondiale équitable parce que bien répartie. Paradoxalement, c’est au moment où le discours du Président WADE commençait à convaincre les grandes puissances que les logiques égocentriques africaines ont repris le dessus. En lieu et place des Grands projets structurants comme le chemin de fer Dakar-Djibouti, l’Autoroute Tanger-Cape Town etc. , les dirigeants de plusieurs pays africains se sont recroquevillés sur des logiques de coopération bilatérale et de projets à court terme pour des raisons souvent électoralistes. Je retiens que le Président WADE a toujours laissé une forte impression dans ces cercles de haut niveau. J’ai eu le privilège de l’accompagner de près, notamment au Sommet du G8 en 2010 à Huntsville au Canada, en qualité d’Ambassadeur.





Hélas, les politiques impérialistes ont depuis retrouvé de la vigueur, avec la complicité agissante des dirigeants africains contemporains, timorés et en deçà des défis de leurs responsabilités historiques. Ils ont rompu (sans l’avouer) avec le rêve panafricain des fondateurs du NEPAD, première vision économique continentale axée sur une revue de projets et une évaluation des moyens nécessaires pour les financer dans le sens d’un développement cohérent des différentes régions africaines. D’autant que cette vision émanait des Chefs d’Etats africains eux-mêmes, les pays occidentaux ne pouvaient, raisonnablement, faire la sourde oreille longtemps. Ils feront alors dans le dilatoire et mettront en œuvre la vieille recette, « diviser pour mieux régner ». À ce jour… Il faudra avec le recul se demander s’il ne valait pas mieux rechercher le financement du NEPAD du côté de la Chine et d’autres pays émergents… Encore faut-il être libre de ses choix économiques et politiques !

Mais ce qui me pose question ici, c’est que depuis 7 ans que le Président Macky SALL dirige le Sénégal, je ne me souviens pas l’avoir vu prendre une initiative majeure pour le NEPAD. Il n’en parle même jamais! Même s’il est rejoint par le suivi des dossiers initiés par les fondateurs du NEPAD. Que l’on me détrompe au besoin. Cela est dommage. Car l’agenda de la politique intérieure du Sénégal aura influencé négativement un projet continental d’envergure.
En attendant d’avoir accès au discours du Président Sall au G7, je crois pouvoir dire que le Sénégal a raté une occasion de grandeur en 2012. Le Président Macky Sall aurait eu tout le bénéfice politique d’impliquer le Président WADE dans le suivi et l’impulsion du NEPAD dont il est un des concepteurs. Il en était, également, un des plus ardents défenseurs.
Mais il fallait alors avoir une autre, et une haute, conception de la politique! Il serait temps d’ailleurs que dans notre pays nous fassions un audit de la politique ! Pour redéfinir ses paradigmes…Pour établir, au moins, que l’action politique ne se réduit pas à la ruse ni à la finesse des traquenards . La politique ne se réduit pas, non plus, à une aptitude prononcée à éliminer tous ses adversaires potentiels. En politique, l’intelligence du cœur et la générosité sont le levain des grands desseins. À chacun de choisir le panthéon de son destin!

Je ne suis pas Wadiste au sens de l’idolâtre qui ne voit pas les erreurs commises par l’objet de son culte. Je ne suis pas non plus membre du PDS. J’ai eu, seulement, comme beaucoup d’autres , le privilège de travailler aux côtés du Président WADE et, avec le recul et l’observation des temps actuels, j’affirme sans ambages mon point de vue final le concernant à travers quelques faits: Abdoulaye WADE a été un grand Président africain! Au plan des symboles forts et pour rester dans l’actualité récente : Il a redonné vie et dignité aux tirailleurs en leur consacrant une journée inscrite dans l’agenda républicain. Il a réhabilité le Cimetiere de Thiaroye jeté dans l’oubli par les régimes précédents, et mis sous les projecteurs les tragiques événements qui y ont conduits des centaines de tirailleurs. Il a ainsi honoré la mémoire de tous les anciens combattants africains. Il a, par ailleurs défendu, sur tous les foras mondiaux, la dignité de l’Afrique. Son célèbre discours à la FAO reste dans toutes les mémoires et reste une anthologie dans le genre. Il a poussé à la roue pour un panafricanisme plus pragmatique moins émotif et verbal . Il a tenté de distendre le cordon ombilical avec la France avec les conséquences, pour lui-même, visibles à l’œil nu! Jugez-en: pousser la témérité jusqu’à remettre en cause les conditions de la présence militaire française sur notre sol? Il fallait le faire! Reprendre notre souveraineté sur le port de Dakar, en diversifiant les opérateurs, il fallait oser…Entre autres.

Je concède, néanmoins, qu’il a commis de très grosses erreurs en politique intérieure. Il les a payées cash! L’objectivité est en effet une de mes quêtes personnelles. Elle est une dimension de la Liberté. Elle s’éprouve de soi en soi. Ce n’est pas toujours « payant », car cela n’a pas de prix!




Mais je souhaitais dire ici au Président WADE mon admiration pour son leadership sur les questions internationales et africaines durant ses deux mandats. Je voudrais aussi lui dire mon respect pour son indépendance d’esprit et son cran lorsqu’il s’agit de défendre nos intérêts nationaux et ceux de l’Afrique. Avec le recul, je crois qu’il serait temps de lui en rendre justice. D’autant plus que maintenant on peut mesurer le chemin parcouru…Je le fais avec d’autant plus de plaisir que personne ne peut plus me soupçonner de flagornerie intéressée. J’ai conduit jusqu’au bout ma conception de la reconnaissance personnelle avec le Président WADE. Dans la situation consécutive à l’alternance de 2012, les flatteurs situationnistes eux avaient compris très tôt le sens du vent et ils ont tourné avec. Chacun à sa manière et à son rythme…Ils se reconnaîtront !
Je saisis aussi l’occasion pour rendre un hommage appuyé à celui qui fut, pendant 9 années, le Ministre des Affaires étrangères du Président WADE, Cheikh Tidiane GADIO qui aura défendu, illustré et diffusé avec beaucoup de panache la vision panafricaine du Sénégal. Une vision qui correspond à tout ce à quoi il croit lui-même sincèrement. Cela est, et reste son combat, même hors de ses fonctions gouvernementales. Vivement son retour au charbon!

Je sais, pour ne pas conclure, que certains vont nécessairement m’interpeller sur le voyage du Président WADE à Benghazi à la veille de l’exécution du Président Khadaffi. En attendant d’entendre le principal intéressé se prononcer sur la question, je considère que ce fut une faute politique et stratégique lourde de conséquences qui aura entaché un parcours, presque sans fautes, au service d’un destin pour l’Afrique. Tous les panafricains en sont sortis meurtris. Il serait temps que le Président WADE leur parle. Pour la postérité.

Pour ce qui me concerne, j’ai dis ce que je crois. Sans jamais chercher à défendre l’indéfendable. Quitte à être privé de dessert!

Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com

Réseaux… asociaux ? (Amadou Tidiane Wone)

Pauvres pays africains… Déjà passablement embourbés dans des crises multiples et multiformes dont les causes structurelles mériteraient une approche plus rigoureuse pour fonder un consensus fort sur les voies et les moyens de les juguler, les pays africains, et plus particulièrement notre Sénégal, sont livrés au cannibalisme des réseaux dits sociaux. Au vu des dégâts considérables que les nouveaux outils de diffusion de la parole commencent à causer sur les équilibres…sociaux(!)ancestraux de notre nation, il est impératif de refuser la fatalité et de rebâtir des digues, inexpugnables, pour protéger le coeur de notre «commun vouloir de vivre ensemble». En effet, les outrances verbales, commises naguère sous le sceau de l’anonymat, osent désormais s’afficher, en direct et à l’image, et veulent s’ incruster dans la normalité. Ces dérives…verbales en attendant mieux (?) n’épargnent plus aucun secteur. Du profane au…sacré! Aucune personnalité politique, religieuse ou coutumière, quel que soit son âge et son honorabilité, n’est plus à l’abri d’agressions verbales de bas étages venant de personnages inconnus au panthéon des bâtisseurs du Sénégal. À quelque échelon que ce soit. Le fait nouveau étant que certains de ces « illuminés» vont jusqu’à s’attaquer aux croyances les plus sacrées des différentes composantes de notre Nation. En réalité, ces prétendus «Don Quichotte» des temps modernes surfent sur l’actualité pour se tailler une «renommée» en s’attaquant à ceux qui ont plusieurs longueurs d’avance sur eux en termes de réalisation de leurs propres vies. C’est, en fait, la lumière de ceux qu’ils attaquent qui les sort de la pénombre. Car, ces tristes individus ne s’attaquent qu’à des personnes connues pour tirer profit de leur aura. Plus la cible est visible, plus l’attaque sera perfide et inattendue. Plus l’insulte sera indécente, plus elle suscitera l’indignation des uns et, hélas, la curiosité lubrique des autres. Effet buzz assuré, comme on le dit maintenant. Promotion de la bêtise et de la méchanceté gratuite….ou presque. Il se dit en effet que certains insulteurs publics seraient sponsorisés…. Allez savoir par qui!



La question qui se pose désormais à nous tous est la suivante: pourquoi nous regardons et surtout… pourquoi nous partageons certaines «pépites» en termes de déchéance de la nature humaine? Pourquoi nous donnons une audience à des voix qui devraient rester inaudibles? Car en vérité, certains sénégalais, de plus en plus nombreux, semblent avoir une tendance à se délecter du malheur des autres. En dépit des apparences, souvent trompeuses, nos concitoyens consomment sans retenue les ragots les plus invraisemblables et diffusent, à la vitesse du son, les pires médisances pourtant qualifiées de péchés…capitaux dans tous les prêches !

Que nous arrive t- il donc? A moins de nous accorder définitivement sur le fait que la majorité des sénégalais ne sont plus conformes aux valeurs spirituelles et religieuses, mais aussi traditionnelles et coutumières qui ont fait la gloire de nos résistants ainsi que le prestige de nos guides religieux. En tout état de cause, il va falloir secouer vigoureusement la torpeur collective! Il va falloir se dresser, en un sursaut salvateur, et faire face au processus avancé de délitement du socle fondateur de notre nation.

Nous valons mieux! J’ose encore l’espérer…

Les médias traditionnels devraient ouvrir leurs antennes à des débats en profondeur sur la crise des valeurs qui tend à la destruction de notre tissu social. Je dis bien débats et non querelles de bornes fontaines comme on en voit tant sur certaines chaînes. Les voix qui portent devraient mesurer leur responsabilité et l’assumer. Car, même l’émergence chantée sous tous les toits perdrait son sens dans le contexte d’un pays moralement et culturellement détruit.

Au premier rang des facteurs aggravants de la crise actuelle, l’oisiveté. Il faut en effet beaucoup de temps, et rien à l’horizon, pour consommer tout ce qui se diffuse sur les réseaux sociaux. Second facteur, l’éducation ou plutôt le manque d’éducation et d’instruction notamment en la matière, toute nouvelle convenons-en, d’utilisation des nouvelles techniques de communication (NTIC). D’usage très simple, voire simpliste pour la plupart des applications sur téléphone mobile, ces outils se transforment en armes de …destruction massive entre certaines mains. Des discours violents, indigents et incendiaires fusent de partout et des lignes de fractures commencent à se dessiner. Il va falloir y mettre le holà avant l’irréparable. Le Khalif Général des Mourides a bien fait de tracer une ligne rouge à ne pas dépasser. Le Khalif Général des Tidiane a également lancé un appel à la sérénité en rappelant le respect dû à toutes les confessions ainsi qu’à toutes les croyances. Ils sont dans leur rôle. L’église catholique, par la voix de l’Archevêque de Dakar a tiré plusieurs fois la sonnette d’alarme. D’autres voix s’élèvent, par-ci par-là , qui attestent que le malaise est latent. Il reste à consolider ce cadrage par l’engagement de tous les patriotes sincères à préserver l’essentiel. Plus encore, il va falloir élaborer une stratégie nationale d’éducation et d’apprentissage à l’utilisation des NTIC mais aussi à la répression des délits qui pourraient en découler.

Et pourtant ! Que de possibilités s’offrent à nous pour résorber plusieurs gaps dans tous les secteurs de l’activité humaine grâce aux nouvelles technologies ! Tenez, rien que pour le secteur éducatif, les possibilités de se former en ligne et même d’accéder à des diplômes sont infinies. Les MOOC (massive open online course,) ou formation en ligne ouverte à tous (FLOT), appelée aussi cours en ligne ouvert et massif (CLOM), sont des types de formation à distance capables d’accueillir, en même temps et selon des localisations géographiques différentes un grand nombre de participants. L’offre en formations est y est diverse. Elle est pointue. Même les retraités désireux de changer, ou de bonifier leur profil, peuvent y trouver leur bonheur. Face à l’engorgement de nos universités et à la pauvreté de nos bibliothèques, les étudiants peuvent y compléter les cours reçus en amphi par des cours en ligne sur des sujets abordés en classe. Il suffit d’un accès à internet et d’avoir une ferme volonté à progresser, le désir ardent de se former.



Au demeurant, un autre des intérêts des réseaux sociaux est leur utilité en terme de veille démocratique et citoyenne: Plusieurs exactions commises, notamment par des services « d’ordre ,» ont pu être portées à l’attention des autorités et des organisations en charge du respect des droits humains. Cela va dans le bon sens. Des faits de corruption et de mauvaise gouvernance ont pu être dénoncés. Il faut simplement encadrer tout cela, pour ne pas ouvrir la porte à des manipulations de toutes sortes, en corsant les sanctions en cas de malfaisance avérée.

Tout cela pour dire que les dimensions positives et utiles à nos pays doivent prendre le pas sur la médiocrité ambiante et ses dérives. Éduquons nos peuples. Montrons aux jeunes les possibilités infinies qu’ils pourraient tirer des NTIC et des réseaux sociaux pour se réaliser et contribuer au développement de notre pays. Passer son temps à se distraire sur internet c’est passer à côté de tout ce qu’il peut offrir! Les spécialistes sont nombreux dans notre pays qui pourraient investir ce vaste et passionnant chantier.
On commence quand?

Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com

Clémence et Miséricorde…

C’est en Ces Noms et Attributs divins que je commence une réflexion sur ce qui fait une certaine actualité dans notre pays. En plein mois de Ramadan, mois de pénitence, de repentir et de quête du Pardon Divin. J’implore Allah, Le Tout Puissant, afin qu’Il m’inspire les pensées et les mots conformes à Sa Volonté et répondant à Son Agrément. Je vais m’y essayer en gardant le regard fixé sur l’horizon du Grand Rendez-vous avec Lui, Le Seul Maitre de l’Univers.

Monsieur le Premier Ministre Idrissa Seck s’est fourvoyé.
Incontestablement. Dans le fond comme dans la forme.




Dans le fond, la question qui lui était posée était adressée à l’homme politique et non à un prêcheur. Dans ce contexte, des arguments politiques existent pour éclairer les débats sur la crise Israélo palestinienne sans avoir besoin de remonter au Prophète Abraham et à Son illustre descendance. Pour comprendre, discuter et se faire une opinion sur cette tragédie contemporaine, il suffit de se pencher sur les conditions de la création de l’État d’Israël en 1948 en interrogeant le rôle joué par la Société des Nations (SDN) devenue l’Organisation des Nations Unies (ONU). Il faut ensuite dérouler le film des partis pris flagrants de certaines grandes puissances, depuis cette date, pour asseoir l’autorité d’Israël dans la région. Il faut enfin décoder les causes de l’affaiblissement du Monde arabe pour appréhender le jeu des ombres qui, depuis trop longtemps, tirent les ficelles et profitent des guerres au Moyen Orient pour accentuer leur contrôle sur ses ressources pétrolières, augmenter leurs gains financiers et transformer le rapport des forces, religieux et politique, dans cette partie du monde. Tout cela dans une approche géopolitique, savamment conçue et menée à coup de canons. Il y’ avait donc, sous ce rapport, de quoi alimenter une longue interview en matière de sciences…politiques.
En lieu et place, Monsieur le Premier Ministre Idrissa Seck s’est lancé dans des approximations et des inexactitudes en sciences…religieuses(!) qui ont été relevées et corrigées par plusieurs intervenants sur la question. Point n’est besoin d’y revenir.


Rappelons tout de même que pour un musulman, le Coran n’est pas un livre d’histoires anciennes. C’est la Parole de Dieu. Le Message d’Allah à toute Sa Création. La mise à jour finale du logiciel permettant d’accéder au Serveur divin. De toute éternité. La succession de 124.000 Prophètes, de Adam ( Alayhi Salaam) à Mohammed ( Salalhou Alayhi wa Salam) ne doit rien au hasard. C’est le déroulement de la programmation divine dont la quintessence et le sens profond nous seront dévoilés au jour du Jugement dernier. Que ceux qui en doutent jurent qu’ils ne mourront jamais! Aucun des négateurs les ayant précédés ne marche plus sur la terre d’Allah, Celui qui les a rappelé à Lui. C’est le Prophète Mohammed (Paix et Saluts sur lui) qui est l’être exceptionnel, sous tous rapports, qui a été choisi par Allah pour transmettre le Coran et tous les enseignements divins, réactualisés et purifiés des contrefaçons sataniques et humaines antérieures. La dimension du Prophète (Paix et Saluts sur lui) est ainsi à envisager, relativement à la permanence ainsi qu’à la portée universelle du message qu’il à délivré depuis 14 siècles(!) en seulement 23 ans. Une Vérité qui a atteint et convaincu depuis, sur tous les continents, dans toutes les races et toutes les conditions, des milliards d’êtres humains… Qui dit mieux? Rappelons que, du point de vue de l’Islam, Ses prédécesseurs dans l’Ordre de la Révélation que sont les Prophètes Moussa (Moïse,transmetteur de la Thorah) et Issa ( Jésus, transmetteur de l’Évangile) sont ses frères! Ils bouclent le cinq majeur de l’Islam qui est constitué par Noé, Abraham, Moussa, Issa et Mohammed que la Paix et les Saluts d’Allah soient sur eux tous. Ceci pour dire que l’on ne s’adresse pas à ces hommes exceptionnels, élus de Dieu, de manière désinvolte. Tous les égards en matière de langage leurs sont dus. Erreur manifeste, dans la forme, du discours d’Idrissa SECK.
Cela étant, le but de cette réflexion n’est pas de répéter ce qui à été amplement et bien dit. Parfois, hélas, maladroitement. Au point de susciter des réactions épidermiques qui appauvrissent le débat.
Ce qui m’intéresse plutôt ici c’est d’interroger la tendance générale à JUGER et à CONDAMNER sans appel Monsieur Idrissa Seck parfois en l’excluant de La Miséricorde d’Allah. Cela me semble excessif et je ne sache pas qu’un être humain soit attributaire de telles prérogatives. Idrissa Seck, édifié sur ses erreurs et s’il les reconnaît comme telles, a les portes du repentir grandement ouvertes. Qu’il fasse amende honorable et sollicite du Créateur, Seul Juge digne de Ce Nom, la rémission de sa faute ainsi que Son Pardon.
« et pour ceux qui, s’ils ont commis quelque turpitude ou causé quelque préjudice à leurs propres âmes (en désobéissant à Allah), se souviennent d’Allah et demandent pardon pour leurs péchés – et qui est-ce qui pardonne les péchés sinon Allah? – et qui ne persistent pas sciemment dans le mal qu’ils ont fait. » Sourate 3 Verset 135

Il me semble également que lorsqu’une brebis s’égare, le rôle des bergers c’est d’aller à sa recherche afin de lui faire réintégrer le troupeau. Les condamnations sans appel ne devraient survenir qu’en cas de rébellion ouverte et belliqueuse. Sinon, la communauté musulmane doit préserver son unité et faire preuve entre ses membres de clémence , de mansuétude et de miséricorde. Encore plus au cours de ce mois béni dédié à la Miséricorde et au Pardon.
L’atmosphère sociale de notre pays est pesante. Les Guides spirituels ont pour mission de promouvoir la Paix et l’harmonie. En restant à équidistance des chapelles temporelles guidées par des enjeux terrestres. Dans le respect des différences. Tant que des actes belliqueux ne sont pas posés par tel ou tel segment de la société, nous devons tous mettre en avant la Paix, l’harmonie et la cohabitation pacifique.
Pour malheureuses que soient les déclarations de Monsieur SECK, nous devons à la vérité de rappeler que nous avons lu, vu et entendu dans notre pays des propos et des actes mille fois plus condamnables que ses propos. Aucune levée de boucliers ne les a sanctionnés. L’Islam est quotidiennement malmené par nos postures et nos impostures dans l’indifférence quasi générale. La division des musulmans en sectes de plus en plus nombreuses est, à cet égard, préoccupante . Allah dit à Son Messager:



« Ceux qui émiettent leur religion et se divisent en sectes, de ceux-là tu n’es responsable en rien: leur sort ne dépend que d’Allah. Puis Il les informera de ce qu’ils faisaient. » Sourate 6 Verset 159,
Voilà bien un sujet qui mériterait un débat en profondeur et la mobilisation de tous les musulmans sincères pour juguler une tendance suicidaire pour notre communauté , en principe unie autour d’Un Seul Livre, guidée par Un Prophète, en direction d’Un Seul Dieu.
Si déploiement d’énergie il doit y avoir, que ce soit sur le chantier de la restauration du dogme islamique et du modèle prophétique en nous-mêmes et autour de nous. Les vertus sont malmenées. Les comportements sociaux sont déglingués. La course aux biens mal acquis est devenue la règle. La corruption, la luxure et le culte du paraître atteignent des niveaux jamais égalés. La religion est réduite à des dimensions folkloriques. Alors même que sa mission est de purifier les âmes et de transformer l’humain en digne représentant de Dieu sur terre. Préoccupons nous de cela et changeons vite de perspective avant qu’il ne soit trop tard…
Tout le reste sent le piège et dénote des ruses de Sheytaan! Qu’Allah nous en préserve et nous maintienne dans Sa Guidance!

Dewenetti.

Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com

Réflexion: L’Afrique à la place… (Amadou Tidiane Wone)

Au plus loin que remonte la mémoire et le témoignage des ossements ayant défié le temps et les éléments, il est convenu que l’Afrique est le lieu premier de l’apparition de l’espèce humaine. L’une des plus grandes civilisations connues à travers le Monde a rayonné à partir de l’Égypte et continue encore à livrer les secrets de sa magnificence. L’Homme noir a donc un passé glorieux de Savoir et de Puissance créatrice incontestable.

Que nous est-il arrivé alors?

De bâtisseurs de pyramides, quel revers nous vaut aujourd’hui le statut de mendiants planétaires, rejetés dans les flots par ceux qui venaient nous chercher par bateaux entiers pour suer, sang et eau, et bâtir leur prospérité?



Cette question demeurera posée tant que les africains n’auront pas retrouvé le sens de leur propre Histoire!
L’heure n’est plus, en effet, à la complaisance intellectuelle qui absout toutes les horreurs commises contre notre race et notre Continent. Les « intellocrates » africains de l’école coloniale occidentale, et notamment française, prisonniers de concepts et d’un formatage mental qui réduit l’horizon de nos indignations légitimes, devront se résoudre à une remise en question en profondeur de l’Histoire écrite par les « vainqueurs » du moment. Tout se passe en effet comme si nous devions, en plus des torts incommensurables qui nous ont été faits, passer le temps à nous excuser d’exister ou d’être… Tout simplement. Notre pauvreté (organisée cependant) fait tache. Elle alimente l’opulence d’un Ordre mondial trop blanc pour être propre. Quitte à susciter une levée de bouclier des assimilés et autres désintégrés, je suis obligé de constater que la misère est dite… noire! La pauvreté s’acharne sur les peaux les plus sombres à quelques exceptions près. Et même lorsque noir vous devenez riche, le plus pauvre des blancs peut s’arroger le droit de vous dire son mépris. Ce monde est injuste à l’endroit de la race et du Continent noir. Est-il trop tard de prendre une conscience…noire du destin tragique de l’Afrique? Sans une estime de soi et une claire conscience du mépris culturel qui nous exclut de la marche du monde, nous ne serons rien d’autre que le terrain de jeu des ambitions de tous ceux qui ont une meilleure idée d’eux-mêmes. Nous avons eu les arabes, les européens, et maintenant les asiatiques qui s’invitent au partage du gâteau! Et nous restons les bagnards de la mondialisation comme depuis trop longtemps! De « jeunes civilisations », par bien des égards puériles, nous narguent. Par la faute de nos renoncements… En fait certains, parmi nous, sont même les véritables artisans de notre déchéance collective. Pour leurs petits intérêts particuliers, ils sont les fossoyeurs de notre Dignité collective. Être le plus riche parmi les plus pauvres est une ambition pour les so called « élites » économiques et politiques africaines qui servent plus les intérêts de leurs mentors occidentaux que les intérêts supérieurs du Continent. Car, le pillage des ressources africaines et la prolifération de la corruption, la quasi généralisation de la mauvaise gouvernance et du détournement de deniers publics sont l’œuvre de nos dirigeants et des systèmes prédateurs qu’ils laissent prospérer. En toute impunité. Nous avons, pourtant, tous les moyens de changer de trajectoire. Mais des volontés brisées et bridées, des forces éparpillées et un leadership pauvre et mal inspiré, nous confinent dans la dernière place du peleton des Peuples souverains, libres et conquérants. J’en éprouve de jour en jour, une grande colère pour notre génération qui ne mérite pas l’Histoire prestigieuse les habitants de ce Continent des siècles passés….



Occupés à la « politique » politicienne et à ses enjeux indigents, les dirigeants des pays africains et notamment au Sénégal jouent avec le destin de leurs peuples. Depuis plus de trois siècles, les européens nous imposent leur agenda. Après avoir occupé nos sols, réduit des millions d’africains à l’esclavage, s’ils ne les ont jeté en pâture aux poissons en haute mer, ils nous ont colonisés, martyrisés, et ne nous ont accordé l’indépendance que contraints et forcés par des générations de résistants et de combattants pour la Liberté. Mais ces forces obscures d’oppression ne changent jamais de projet. Elles reviennent toujours à la charge pour poursuivre leur dessein funeste: exploiter à leur profit exclusif les ressources du monde entier. Depuis soixante ans, les indépendances ont été piégées et, progressivement vidées de leurs contenus. Des élites dirigeantes serviles ont été promues. Des leaders éclairés ont été assassinés ou réduits au silence. En dépit de cette guerre permanente contre les consciences africaines lucides et ambitieuses, les graines germent envers et contre tout! À une tête coupée répondent mille autres qui crient le message porté par le martyr. Combien de voix portent aujourd’hui le message de la Liberté et de l’Unité continentales ?
L’ennemi reste, quant à lui, mobilisé et déterminé à ne pas se laisser faire.
À nous de faire preuve d’une détermination plus grande à débusquer ceux, parmi nous, qui sont les agents de l’ennemi. Ils sont nos véritables adversaires. Ceux dont le poète David Diop disait depuis plus de 50 ans:

« Mon frère aux dents qui brillent sous le compliment hypocrite
Mon frère aux lunettes d’or
Sur tes yeux rendus bleus par la parole du Maître
Mon pauvre frère au smoking à revers de soie
Piaillant et susurrant et plastronnant dans les salons de la condescendance
Tu nous fais pitié
Le soleil de ton pays n’est plus qu’une ombre
Sur ton front serein de civilisé et de Mea Culpa
Et la case de ta grand’mère
Fait rougir un visage blanchi par les années d’humiliation
Mais lorsque repu de mots sonores et vides
Comme la caisse qui surmonte tes épaules
Tu fouleras la terre amère et rouge d’Afrique
Ces mots angoissés rythmeront alors ta marche inquiète:
Je me sens seul si seul ici ! »

Ceux-ci se reconnaîtront sans peine. Ils doivent être reconnus et combattus comme tels.
La jeunesse sénégalais et africaine doit retrouver confiance! Elle doit prendre conscience des luttes et des résistances qui sont la véritable Histoire de notre Continent. La relecture de la petite histoire de nos défaites est impérative. Pour refonder des mentalités gagnantes. Pour remobiliser les énergies autour d’une ambition nouvelle pour l’Afrique. Les ressources naturelles et le talent tout autant que les bras existent. Arrachons les pouvoirs politiques qui puissent donner du sens à notre Avenir.
Dans la ronde du cycle des aires de progrès et de rayonnement de ce que l’homme peut faire de meilleur, je veux parier que le tour de l’Afrique est revenu.




Et c’est pourtant le moment choisi par le Conseil municipal de Goree pour souiller l’île mémoire en baptisant sur sa terre une place : «Place de l’Europe »… Un hasard? Que non! Une étape dans l’agenda de la servilité ! Sinon, quel mauvais inspirateur a conduit à ce coup de poignard à la mémoire de toute la diaspora noire, mais aussi au Continent africain et à la race noire ? De quel symbolisme réactualisé se revendique ce projet? La place de l’Europe n’est surtout plus à Goree, ni partout ailleurs où les traces sanglants de ses méfaits tardent à
sécher! Parallèlement, la force d’Israel et du Peuple juif c’est justement d’assiéger la conscience universelle par le rappel permanent des torts qui lui ont été causés…par l’Europe justement ! Tiens tiens…
Et nous ? Et nous? Et nous?
La Parole est à Frantz Fanon:
« Quittons cette Europe qui n’en finit pas de parler de l’homme tout en le massacrant partout ou elle le rencontre, à tous les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde.
In Les Damnés de la Terre (1961),
Tout à été dit et depuis l’aube des indépendances…

Amadou Tidiane WONE

Confirmer l’alternance et reconstruire un pôle d’espérance (Amadou Tidiane WONE)

Les archives ont du bon. Je ne change pas une virgule à cet article publié le 28 décembre 2006. Car c’est comme si on tournait en rond. Les acteurs sont quasiment les mêmes. Il n’y a que des changements de rôles.
Confirmer l’alternance et reconstruire un pôle d’espérance
L’alternance politique survenue en l’an 2000 est le fruit d’une longue marche du peuple sénégalais. Ainsi, pour sonder les racines de la marche inlassable de notre Peuple vers la Liberté et le Progrès, il faut mettre bout à bout toutes les luttes menées par les différentes générations d’hommes et de femmes qui ont fondé et bâti notre Nation. Les tentatives de réduire l’alternance qui n’est, au fond, qu’une étape du processus de réappropriation de son destin par le Peuple souverain au seul mérite d’un homme, d’un parti ou même d’une coalition victorieuse sont à la base des tensions qui traversent le pays depuis le 19 mars 2000.




Le malaise général qui en découle rend l’atmosphère pesante et les lendemains incertains. La fébrilité constante du landerneau politico médiatique sur fond de surenchères et de menaces risque, si l’on y prend garde, de faire exploser le thermomètre. C’est pour cela qu’il devient urgent que, dans un sursaut de lucidité qui puisse fédérer le plus grand nombre de citoyens, l’on se consacre à analyser les causes profondes des convulsions qui secouent la classe politique sénégalaise depuis l’an 2000. C’est là le préalable nécessaire à toute recomposition ou reconfiguration des forces politiques et sociales dans la perspective des prochaines consultations électorales. Cela est d’autant plus urgent que ces crises interminables depuis l’an 2000 freinent la poursuite d’une véritable ambition collective pour propulser notre pays sur les rampes de lancement du progrès et du mieux-être pour le plus grand nombre.




Il faut donc se le dire une bonne fois pour toutes : l’alternance n’est pas une fin. Ce n’est qu’une étape. C’est l’une des modalités d’expression de la volonté populaire de changer ses conditions d’existence en changeant ses mandataires. C’est là l’esprit de la République et de la Démocratie multi partisane qui offre au peuple le choix de désigner, à des termes réguliers, ceux et celles en qui il place sa confiance.
L’éclatement de la coalition victorieuse en l’an 2000, les réaménagements en cours sur fond de querelles crypto personnelles ou d’intérêts particuliers ne doivent pas nous distraire d’une analyse froide et lucide de la situation nationale.
L’une des premières questions à laquelle il faut trouver une réponse est la suivante : Quelles sont les véritables raisons de l’éclatement de l’alliance victorieuse en l’an 2000 ? Quelles sont les divergences de fond qui ont conduit à la nécessité pour les alliés de se séparer en dépit du mandat donné par les électeurs ? Qui étaient les protagonistes de la crise ayant conduit à la rupture ? Ils sont tous vivants et nous doivent des explications sur ce qui s’est réellement passé avant de constituer de nouvelles alliances et de solliciter à nouveau nos suffrages. Il est tout de même remarquable que nos politiciens passent du pouvoir à l’opposition entre deux scrutins sans que les causes réelles de ces allers retours ne soient politiquement compréhensibles. Qu’est qui a poussé Moustapha Niasse à quitter le gouvernement ? Et Avant lui le PIT d’Amath Dansokho ? Qui a poussé la LD à la sortie ? Qui a ramené l’URD au pouvoir après tout ce qui s’est passé ? Qui a suscité, théorisé et organisé la transhumance ? A-t-on le droit entre deux scrutins de ramener au pouvoir certains de ceux à qui le suffrage universel l’a retiré ? Etc. autant de questions auxquelles la classe politique et tous les citoyens doivent trouver des réponses qui vont poser les jalons de la refondation de la Politique au sens le plus noble du terme. La politique ne doit pas être le lieu de l’intrigue et de la ruse. Non plus le lieu où tous les coups sont permis et où la Morale n’a guère de place. Notre pays a besoin d’arrimer la conduite des affaires de la Cité à un code moral qui soit conforme aux valeurs qui fondent notre commune volonté de vivre ensemble. Quelles sont ces valeurs ? Sont –elles actuelles ? Faut-il les revisiter ? Autant de questions que les monologues parallèles ne parviendront pas à assouvir. Il faut donc renouer les fils du dialogue. Non pas celui qui consiste à partager des postes et des prébendes, mais celui qui a pour ambition de construire un avenir pour nos enfants dans un monde de plus en plus impitoyable. Il faut donc que tous ceux qui se sentent concernés fassent un effort de dépassement pour inventer un avenir à la mesure de la qualité intellectuelle de notre nation. Il faut débattre et non se battre. Seuls les animaux devraient être réduits à l’extrême de l’affrontement physique pour trancher des litiges en ce début de troisième millénaire !
Cela dit : l’alternance étant ramené à sa véritable dimension d’étape dans la longue marche du Peuple vers la reconquête d’une trajectoire historique conforme à son génie, il convient que les élites s’attachent à ne pas trahir cette volonté. Il devient donc urgent de procéder à des analyses qui sortent des querelles de personnes pour s’inscrire dans une perspective historique face à laquelle les intérêts immédiats et particuliers sont dérisoires. Dans ce contexte, la réflexion, pour ce qui me concerne, tourne autour de la question suivante : Comment confirmer l’alternance et rebâtir un Pôle d’espérance ? La question n’est pas simple. Car il faut, dans le même temps, faire l’autocritique sans complaisance des sept ans que nous venons de vivre et reformuler une Vision d’avenir qui conforte les uns et rallie beaucoup d’autres. C’est ce débat qui mérite d’être posé. Sortons des discours simplificateurs qui réduisent à des conversations de grand-place les enjeux de l’avenir de notre pays. Evitons les procès d’intention et les partis pris faciles qui altèrent l’objectivité et déforment le jugement. Même le discours partisan doit avoir le souci de la cohérence, de l’intelligibilité et de la rigueur. Pour restaurer à la Politique sa dignité et réconcilier toutes les forces de progrès autour d’une grande ambition pour le Sénégal, il va falloir retrouver le sens de la Patrie, de son Honneur et de sa Gloire.
Amadou Tidiane WONE
Ecrivain, Ancien Ministre

Monsieur le Président de la République! (Amadou Tidiane Wone)

Toutes les écoles publiques de Dakar sont restées fermées le jeudi 19 Avril, sur instruction de l’autorité. Rien que pour le vote d’une loi à l’Assemblée Nationale. Situation cocasse dans une « démocratie » qui se dit majeure. Un signe de plus que quelque chose ne va plus… La plupart des commerces en centre-ville avaient baissé leurs rideaux. Le train de vie normal des citoyens a été largement perturbé par une présence outrancière de forces de l’ordre, armés jusqu’aux dents, pour empêcher des citoyens, opposés à l’adoption de la loi sur le parrainage de l’exprimer, fut-ce au prix d’une marche à travers les rues de la capitale et d’un sit-in devant l’Assemblée Nationale.
À moins que certains mots ne commencent, véritablement, à résonner creux , il est temps de nous entendre sur les maux de notre pays.




Sous d’autres cieux, les manifestants vont jusqu’aux grilles de la Maison Blanche dire leur fait aux gouvernants, dans une ambiance bon enfant. Pendant que l’on réprimait à Dakar, entre 120.000 et 200.000 manifestants battaient le macadam à Paris pour exercer leur droit à dire leur désaccord lorsque le besoin s’en fait sentir. Au même moment, au Sénégal et au Togo, mais aussi à Madagascar, les populations faisaient face à des forces du…désordre (?) qui gazaient sans discernement les passants et les manifestants.
Pourquoi les africains ne sont-ils pas respectés par ceux qui les dirigent?
Pourquoi, dans notre pays, des manifestants conduits par des anciens Premiers ministres, et parmi lesquels des anciens Ministres et des anciens parlementaires, ne bénéficieraient-ils pas d’un encadrement adéquat par des services d’ordre, payés par tous les contribuables pour assurer, à tous, un droit que leur reconnaît la Constitution?
En vérité, nos dirigeants continuent à creuser, obstinément, le fossé entre eux et leurs mandants. En sont-ils seulement conscients?
À leur tête, Monsieur le Président de la République , vous ne cessez d’engager, avec les forces vives de la Nation, épreuve de force sur épreuve de force depuis votre accession à la magistrature suprême. De procès en condamnations vous donnez, finalement, le sentiment de règlements de comptes plus politiciens que véridiques. Tant vos amis, alliés et ralliés, pourtant compromis dans des affaires douteuses, sont peu ou pas du tout inquiétés.
Dommage!
Car tout cela sort des meilleures traditions de dialogue et de concertation qui ont fondé la nation sénégalaise.
Une fois Votre loi votée, car elle l’a été envers et contre tout, il restera à gérer la rupture de confiance, largement entamée, entre Vous et une grande frange du Peuple, au point de se transformer en une méfiance suspicieuse à chaque fois que vous proposez des réformes institutionnelles. De la méfiance à la défiance, le pas est vite franchi car les citoyens ne sont pas du bétail qui se laisse mener à l’abattoir sans se révolter. Vous en savez quelque chose pourtant….
C’est donc dans ces moments troublés, qui préoccupent tout citoyen responsable dans notre pays, que je m’adresse à Vous.
Je ne m’adresse pas au chef de l’APR. Juste pour éviter aux militants de cette organisation de se sentir concernés à ce titre. Je m’adresse au Chef de l’Etat.
Monsieur le Président de la République,




Vous avez accédé au pouvoir en 2012. Élu pour un mandat de 7 ans, vous vous étiez engagé, personnellement, et en plusieurs occasions fixées dans les archives sonores et visuelles, à réduire votre premier mandat à 5 ans. Vous seul saviez alors les motivations profondes d’un tel engagement… personnel! Pour en sortir, vous avez conduit le pays dans un processus référendaire coûteux et dont l’intérêt, la pertinence et les conséquences, en termes de création d’institutions nouvelles et budgetivores, m’échappent encore. Et pour cela j’ai voté NON. Je ne suis pas le seul. Ce référendum à été, de mon point de vue, le point de départ de cette rupture de confiance qui s’accentue, de jour en jour, entre Vous et vos homologues de la classe politique d’une part, et entre Vous et bien des citoyens sans partis d’autre part! Mais surtout, cela a été l’amorce d’une faille qui se creuse, de plus en plus, entre vous, si jeune, et la jeunesse sénégalaise…
Cette rupture de confiance a pour conséquence de rendre désormais suspecte toute initiative que vous prendrez, sans concertation préalable avec les acteurs politiques, notamment pour ce qui concerne les modalités d’accès au pouvoir, pour en venir à l’actualité.
 Les médias classiques, mais surtout les réseaux sociaux et les nouveaux canaux de partage de l’information, bruissent d’une large désapprobation du projet de loi voté à l’ Assemblée Nationale. Comme vous le savez, ce sont des êtres de chair et de sang, qui animent les réseaux sociaux. Ils reflètent les sensibilités qui traversent la société sénégalaise. Pour la plupart, les citoyens actifs sur les réseaux sociaux sont également des électeurs. Ils sont le reflet des opinions majoritaires dans leur environnement social ou professionnel. C’est une nouvelle donne qui s’instaure dans les relations humaines à la faveur des mutations accélérées de nouvelles technologies de diffusion et de partage des informations. Il va falloir en tenir compte.
Tout un tollé s’est, en effet, emparé de ces nouveaux vecteurs de diffusion des opinions, pour une question de principe simple: un candidat, fut-il le Président en fonction, peut-il changer les règles du jeu collectif sans concertation préalable, approfondie et sereine, avec les segments significatifs de la nation?
Une réforme d’une telle ampleur ne méritait t- elle pas de prendre tout le temps nécessaire pour rallier le plus grand nombre d’adhésions? Au lieu d’un passage en force par la grâce d’une majorité mécanique, docile et inconditionnelle surprotégée par un renfort de forces de sécurité? L’Histoire retiendra que seule votre majorité aura entériné la loi sur le parrainage, là où un large consensus eût-été souhaitable.
À la longue, la rupture de confiance évoquée plus haut, va créer les conditions d’une défiance de plus en plus prononcée. On peut être tenté de lui opposer la force. Cependant, l’Histoire nous renseigne sur les limites de la force. Elle rencontre, un jour ou l’autre, une force supérieure.
Combien d’anciens chefs d’États vivants n’exercent plus le pouvoir et n’en ressentent plus l’ivresse? Combien de souverains déchus jalonnent l’Histoire? Quoi qu’en diront vos thuriféraires,vos laudateurs et vos «inconditionnels» c’est cela votre horizon. Méditez le destin de votre prédécesseur et regardez ce que sont devenus ses inconditionnels ou ce qu’il en reste…
Les temps ont définitivement changés. Les conditions d’exercice du pouvoir vont changer encore plus rapidement grâce  à la vitesse des progrès technologiques qui gomment les frontières spatiales et temporelles. Se parler est devenu aisé. «En un clic» comme vous le disiez en 2011, on peut diffuser un message qui touche des dizaines de milliers de personnes, voire des millions si l’on se dote des outils qu’il faut. Sachez également que tous les personnels de sécurité sont assidus sur les réseaux sociaux. Même la grande muette n’est pas pour autant sourde à tout ce qui s’y dit. Les voix du Peuple traversent les murs des casernes. Sous les uniformes on pense, on entend et on ressent!
Se mettre à l’écoute du Peuple, tâter son pouls et décoder son message est devenu encore plus impératif pour qui dirige les destinées d’une nation.
Entendez la désapprobation populaire, Monsieur le Président de la République. Il serait de Votre Honneur de l’écouter pendant qu’il en est encore temps. Vous avez encore le choix de ne pas promulguer une loi si impopulaire.
Pour résoudre l’équation de la multiplicité des candidatures à la Présidence de la République et diminuer le nombre de bulletins à imprimer plusieurs choix restent encore. Entre autres:
  1. Instaurer une caution de 65 à 100 millions non remboursables pour tout candidat n’atteignant pas 1% des voix .
  2. Le bulletin unique
Sinon, de la méfiance à la défiance, les moments qui nous séparent des élections présidentielles vont être difficiles, voire périlleux.
Dieu veille sur le Sénégal !
Amadou Tidiane WONE

Contribution: Camouflet diplomatique!

Le Ministre des Affaires étrangères Sidiki Kaba avait, semble t-il, de bonnes raisons de se lamenter… au Mur des lamentations (!)  à l’occasion de son récent séjour en Israël.
En effet, le quotidien National le Soleil dans sa livraison de ce vendredi 30 mars nous apprend, en page 5, que : « cette fin de visite a été marquée par une audience avec le Ministre de La Défense israélien à la place du Premier Ministre empêché »
Tournure diplomatique d’usage pour dire , en fait, que Monsieur Benyamin Netanyahou avait des choses plus importantes à faire que de recevoir un Ministre sénégalais ayant parcouru pourtant, des milliers de kilomètres, dans l’espoir de le voir…Car « empêché » laisse entendre que le rendez-vous était confirmé  puis annulé au dernier moment… Ce sont des choses qui arrivent me dira t-on…
Mais il y’a pire car, plus loin, le Soleil nous apprend : « Avant cette audience, le ministre des Affaires étrangères et des sénégalais de l’extérieur avait rencontré le directeur des affaires politiques au Ministère des Affaires étrangères » . Autrement dit, il n’a même pas pu voir son homologue! Là, je suis tenté de chanter Niani bagn naa…




Et enfin, poursuit la correspondance, certainement pour consoler le Ministre « Sidiki a visité plusieurs sites historiques dont la Mosquée d’Al Aqsa, l’esplanade des Mosquées, l’Eglise du Saint Sépulcre, le Mur des lamentations, ainsi que le musée Yad Vashem… » En fait une virée touristique que proposent tous les Tours operators du monde! Le classique d’une visite en Israël.
Au total, et à moins que cette visite ne nous apporte d’autres retombées qu’un communiqué officiel viendrait préciser, il faut dire que dans cette forme elle se réduit à un pétard mouillé. C’est même un véritable camouflet pour le chef de notre diplomatie qui vient, en plus, de se fourvoyer en démolissant des décennies de constance dans notre politique au Moyen Orient. Une constance qui a toujours forcé le respect et que nous venons de vendanger.
Pour être juste, nous attendrons la plaidoirie de l’avocat Sidiki Kaba dont l’agenda géopolitique ne semble pas cadrer avec les lignes directrices connues de la diplomatie sénégalaise. À moins que les diplomates chevronnés du Ministère des Affaires Étrangères ne nous éclairent sur la nouvelle doctrine en vogue à La Place!
Amadou Tidiane WONE




Contribution: Le temps de se dresser! (Amadou Tidiane Wone)

La politique dans notre pays se réduit, de plus en plus, au discours belliciste des uns contre les autres. Elle se conjugue aussi, hélas, au gré des reniements et des trahisons. Elle autorise les forfaitures et absous l’utilisation abusive des deniers publics. Les sénégalais ne s’étonnent même plus de certains retournements de situation. Tant le disque des candidats à la transhumance est sans imagination. Convenu et misérable.
À de rares exceptions près, on entend peu un discours politique alternatif, suffisamment élaboré, sur les problèmes cruciaux qui assaillent notre pays. Non plus sur les solutions possibles pour y remédier. Les syndicats s’époumonent sans se faire entendre. La société civile prêche dans le désert. Et, par exemple, pour ce qui concerne la grave crise scolaire qui secoue notre pays, aucun leader politique n’a produit, pour l’heure et à ma connaissance, une proposition de sortie de crise alternative, argumentée, chiffrée et opératoire. L’opposition ne devrait pas se limiter qu’à dénoncer mais devrait aussi proposer des modalités de sortie de crise.

Parlons sérieusement!

L’émergence d’un pays, encore que ce mot ne veuille pas dire grand chose tel que rabâché au quotidien,  ne se mesure pas en termes d’immeubles construits, ni de statistiques savantes. Même pas en termes de routes, de pistes de production ou de TER. Non plus par l’annonce quotidienne de pluies de milliards dont personne ne voit la couleur. Depuis les annonces triomphalistes faites à la sortie du Club de Paris, nous garantissant que les sommes « collectées » dépassaient largement nos attentes, nous n’avons cessé d’enregistrer….de nouvelles annonces (!) Nous nous endettons chaque jour un peu plus. Jusqu’à quand? L’émergence ne signifie pas des mots et des chiffres qu’on aligne. Non plus les satisfecit décernés par les bailleurs de fonds ou les agences de notation.

Non!




Le progrès d’une Nation se mesure au bien-être apporté à ses populations. On l’apprécie à la qualité du système éducatif et à l’aune de la démocratisation de l’accès au Savoir. Il se jauge à la commodité des structures dédiées aux services de santé. Pour tous. Avec un esprit de solidarité tel que les plus démunis soient soutenus par une sécurité sociale efficiente, une mutualisation effective des moyens de la collectivité pour le mieux-être de tous.

La qualité de vie d’un peuple est appréciable, aussi et surtout, par le niveau de sécurité et de sérénité dont jouissent les citoyens, et notamment les enfants et les handicapés . Bref, les catégories les plus vulnérables. L’actualité de notre pays à cet égard est, pour le moins, alarmante!

Le développement d’un pays, c’est la conquête progressive de son autonomie alimentaire, par une agriculture centrée sur les besoins des populations mais aussi ouverte sur Les transactions internationales.

Je suis au regret de constater que, sous tous ces rapports, le Sénégal en 2018 ne me semble pas être sur la bonne VOIE.

Il va falloir en CHANGER!

« O Sénégalais Debout! » dit notre hymne national, jamais appel n’a été aussi pressant!

À l’occasion des prochaines élections présidentielles, mais bien au delà , le débat qui doit être au centre de toutes nos préoccupations ne doit porter que sur la problématique suivante : comment mobiliser les sénégalais pour changer le Senegal . C’est à dire transformer, qualitativement, les conditions de vie du plus grand nombre de nos compatriotes, notamment les plus démunis! Alors on pourra commencer à parler d’émergence !

Na nu Jog ngir Senegaal!

Amadou Tidiane Wone crée son mouvement

YERIMPOST.COM «Jog Nguir Senegaal»: un nouveau mouvement est né. Son leader n’est autre que l’ancien ministre de la Culture, Amadou Tidiane Wone. Baba, comme le surnomment ses proches, a écrit, il a beaucoup écrit d’ailleurs. Mais, désormais, il va se « lever ». « Une nécessité d’aller au-delà de l’écriture pour passer à l’action au service de notre pays», explique-t-il dans les colonnes du quotidien les Echos.



Contrbution: Sélection ou élection. Et si on regardait un peu ailleurs?

Le commentateur chinois Zheng RUOLIN de la chaîne de télévision chinoise CGTN, certainement pour répondre au concert de commentaires désobligeants émis par la plupart des médias occidentaux suite à l’élection du Président Xi Jinping à la Presidence à vie, a posté sur les réseaux sociaux une petite capsule pour édifier l’opinion sur la conception chinoise du pouvoir. Il nous éclaire sur les conditions nécessaires et les qualités requises pour y accéder. Il taille ainsi en pièces les clichés, présentés comme universels, de la démocratie à l’occidental écoutons-le :
« L’Assemblée Nationale Populaire chinoise a le pouvoir de réviser la Constitution et aussi celui d’élire le Président de la République ainsi que le Premier Ministre. C’est sur ce dernier point que les politologues français expriment souvent leurs réserves. Ils sont persuadés que l’élection est juste formelle car il y’a un seul candidat, proposé d’ailleurs par le Parti Communiste chinois. Ils ne comprennent pas notre conception concernant le leader (dirigeant) de l’Etat et ils ne comprennent pas, non plus, la situation de la Chine. Pour nous chinois, nous estimons que la direction d’une grande Nation , d’un grand pays, doit avoir certaines qualités indispensables: la loyauté, l’honnêteté, la responsabilité, un esprit de grande envergure, la fermeté, la vertu, l’intelligence et de l’expérience, en plus de la compétence. Par exemple, pour élire le candidat au poste de Président de la République, en Chine, il faut avoir été Gouverneur de deux grandes provinces. Car, les chinois pensent que la gouvernance d’un pays c’est comme un médecin soignant un patient. On ne peut pas élire n’importe qui par une élection au suffrage universel pour guérir une maladie. Il faut d’abord sélectionner des experts qui ont la compétence nécessaire et puis on vote parmi l’un d’entre eux pour devenir le médecin désigné. Cette façon de sélectionner le leader (dirigeant) de l’Etat est liée à la tradition de notre civilisation. Dans un pays comme la France on élit une personne dans une élection au suffrage universel direct. Mais en Chine il s’agit plus d’une sélection que d’une élection. Une sélection effectuée par le Parti communiste chinois ressemble en réalité au système de sélection traditionnel des mandarins par l’examen. Tout un chacun, qu’il soit paysan, commerçant ou lettré pouvait devenir mandarin. Un mandarin de premier rang même. Cela serait équivalent aujourd’hui au rang de Ministre, voire celui de Premier Ministre, s’il a réussi à son examen. Aujourd’hui, un politicien chinois, voulant devenir candidat au poste de Président de la République doit, lui aussi, passer un examen. Avoir géré au moins deux grandes provinces, et avoir obtenu de bons résultats, est justement l’une des conditions indispensables. Cette sélection est très sévère, très longue et très rigoureuse.
Une fois le candidat sélectionné ce sera au tour de l’Assemblée Nationale populaire de voter. 
La Chine est un grand pays. Nous sommes un milliard trois cent millions d’habitants. Avoir un pouvoir central fort, efficace et juste est très important. La Chine n’est pas un pays dominé par les puissances financières. Le pouvoir politique en Chine est la garantie du bon fonctionnement de l’Etat. Ce n’est pas comme l’Allemagne, par exemple, qui peut à vivre sans Gouvernement pendant presque 100 jours. Comment est-ce possible? (…)J’imagine souvent ce qui serait le résultat potentiel si on devait organiser une élection au suffrage universel direct pour élire le Président dans notre pays. Aujourd’hui qui aurait la chance de gagner? Le Président actuel ou Jackie CHAN? Je ne suis pas sûr du résultat! Mais avec le double système, sélection puis élection, Jackie Chan n’aura aucune chance de devenir Président de la Chine! Vous allez me dire : et Ronald Reagan? Mais justement! La Chine n’est pas les États-Unis. La Chine ne sera jamais les États-Unis. »
 
Cette longue citation est un véritable cours de droit comparé entre deux systèmes qui ne reposent pas sur les mêmes paradigmes et ne s’inspirent pas des mêmes sources! Cela se comprend aisément car, les États Unis comme État indépendant ne date que de 1776…Fille naturelle de l’Europe, qui elle a produit de grandes et prestigieuses civilisations, les USA aujourd’hui prétendent pourtant gouverner le monde. Mais cette domination se construit essentiellement sous la menace d’une supériorité militaire et non par le rayonnement des idées et le jaillissement d’une pensée féconde et généreuse. Même la culture y est mercantilisée au point d’être ravalée au rang de loisir. D’ailleurs, « l’entertainment » est une des premières industries productrices de revenus des USA… Mais quelle âme, quelles valeurs véhiculent les industries culturelles américaines à travers le monde? Jugez vous-même!
En face, la Chine est forte d’une histoire pluri millénaire. Elle a développé, au fil des siècles, une capacité de surmonter ses difficultés en ne « comptant d’abord que sur ses propres force ». Depuis plus de 4000 ans le peuple chinois a élaboré un corpus de valeurs spirituelles et morales qui constituent le socle inaltérable de l’identité chinoise. Même le communisme dont les principes ont été acclimatés par Mao Tse Toung, n’est considéré que comme une modalité de gestion de l’Etat. Il est conçu comme perfectible, mais toujours au prisme des valeurs de civilisation chinoises. Et toujours au mieux des intérêts de la Nation chinoise. La Chine se paie ainsi le luxe de devenir la plus grosse usine du monde. Elle envahit le monde entier de produits conçus ailleurs mais qu’elle fabrique à des prix imbattables! Du gadget le plus insignifiant au matériel hi-tech le plus sophistiqué, la Chine développe toute une gamme de capacité de production allant du pire au meilleur.
Et voilà ce qui devrait inspirer l’Afrique!
Héritiers de valeurs ancestrales et de civilisation fortes, nous les avons délaissées au profit de prêt-à-penser produits par une sous-culture occidentale. Celle-ci, destinée essentiellement à nous dompter et à nous apprivoiser, est une forme de castration de nos intelligences. La traite des esclaves comme la colonisation, symboles les plus achevés de la pire barbarie humaine, semblent avoir brisé nos ressorts. Incapables de surmonter nos peurs pour conquérir nos libertés et penser au mieux de nos intérêts, notre continent est à la merci de tous les prédateurs du monde. Le pire c’est que ce sont des « élites »africaines bon teint qui, aujourd’hui, font le sale boulot de détrousseurs de nos peuples au profit de pays et d’intérêts qui nous ont apportés plus de malheurs que de bonheur.
Et si on faisait les comptes?
Le Sénégal va célébrer la cinquante huitième édition de son accession à la souveraineté internationale le mois prochain. Depuis la douloureuse parenthèse de l’éclatement de la Fédération du Mali, suivie de la crise politique majeure de 1962, notre pays navigue… Bon an, mal an. Dirigé par des élites fascinées par le modèle occidental, et plus particulièrement français, de gouvernance, nous n’avons pas su faire de l’indépendance un outil de libération des intelligences et des énergies créatrices de notre peuple. Confinés dans les frontières héritées de la colonisation, nous traînons les séquelles douloureuses de la balkanisation. Un projet conçu pour nous neutraliser par la division! Sénégalais, une partie de ma famille est mauritanienne, une autre malienne, une autre guinéenne… Dans une vraie vie et pour ressembler vraiment à mes ancêtres ante-coloniaux, je serais en fait un Ouest-Africain! Comme la majorité de nos compatriotes.
Les vrais chantiers post-indépendances de reconstruction de nos identités, et de mise en place d’espaces de fraternité sous-régionale, qui vont bien au delà des organismes économiques et politiques existants, n’ont pas été abordés sous ce rapport. Il serait temps. Si nous voulons véritablement changer le destin de l’Afrique!
Ces tâches urgentes imposent, dans notre pays, la quête d’une vraie alternative aux alternances successives qui ont montré leurs limites. Elles se sont réduites, en effet, à un jeu de chaises anglaises à l’intérieur d’une classe politique fossilisée dans un discours conflictuel entre acteurs vieillissants et peu inspirés. La vieillesse, ici, étant moins relative à l’âge qu’à une longue pratique de méthodes éculées de complots et de trahisons selon le sens du vent…
La fin de l’ère de la politique politicienne et alimentaire est un donc un chantier prioritaire. Hâtons-la, pour mettre notre pays dans une autre orbite au service d’une Afrique nouvelle décomplexée et conquérante.
Par la force des réseaux sociaux, les frontières physiques sont déconstruites. Il est même possible de mettre en place des outils sophistiqués d’action politique et citoyenne à dimension sous-régionale! Il faut simplement faire attention à ce que le web-activisme ne soit piégé par des intérêts stratégiques qui seraient inspirées par la même volonté de domination qui, depuis des siècles, poursuit son projet sans désemparer. Des organisations politiques, à la dimension de l’UEMOA, pour commencer, doivent pouvoir naître, coordonner leurs actions, aller à la conquête du pouvoir dans chaque pays et se donner comme objectif de gommer les frontières physiques coloniales. Après, on pourra rêver d’une fédération des Etats-Unis D’Afrique  et d’un Gouvernement continental !
Je vois d’ici nos enfants et petits-enfants avec un passeport africain!
« Oser lutter, oser vaincre » avait dit Mao Tse Toung aux chinois… Regardez ce qu’est devenue la Chine depuis sa révolution de 1949…
Rien n’est donc impossible à des peuples sachant se doter de dirigeants honnêtes, sérieux, visionnaires et travailleurs. Il nous reste à inventer les mécanismes vertueux par lesquels nous pourrions les identifier, les choisir et les désigner! Au moins nous savons ce qu’il nous reste à faire !
Amadou Tidiane WONE

A Mouhamadou Mbodj (Amadou Tidiane Wone)

YERIMPOST.COM Pensif…
Le rappel à Dieu d’une personnalité publique, engagée, à la force de l’âge, interpelle toujours les survivants…
Entre autres, sachons mettre de l’ordre dans nos affaires, notamment familiales et sociales, car nul ne sait où, quand, et comment…
A Mouhamadou MBODJ,
Merci d’avoir tant donné à la promotion d’une gouvernance transparente et vertueuse dans notre pays. Merci d’être resté constant, dans un engagement difficile sur un chantier neuf pour nos pays: l’émergence d’une société civile, exigeante et équidistante des chapelles politiques, pour porter l’exercice des droits des citoyens à des standards très élevés. Membre fondateur du Forum civil moi-même, je mesure le chemin parcouru !




Cependant, le  combat est loin d’être gagné et se complexifie en raison d’appétits gargantuesques d’une classe dirigeante amnésique, et oublieuse des conquêtes populaires qui l’ont portée au pouvoir.
Les Birahim Seck,  les Seydi Gassama et d’autres,  poursuivent le combat. Les réseaux sociaux offrent aussi de nouveaux espaces de mobilisation et de sensibilisation. Les citoyens y dressent des barricades et s’insurgent quand il le faut. Tout cela contribuera à ne pas rendre ton engagement vain.
Qu’Allah t’ouvre Les Portes de Sa Miséricorde Infinie et t’accorde le repos des bienheureux !
Amadou Tidiane Wone

Contribution: Pas vous ! Monsieur le Premier Ministre…

Ainsi donc nous serions en pleine campagne électorale! C’est la UNE du quotidien National le Soleil de ce jour, 26 février 2018, qui le laisse entendre en faisant dire à Monsieur le Premier Ministre : « Mon candidat a le meilleur profil. » On aurait tant aimé l’entendre énoncer le nombre d’emplois créés, révéler le nombre de ménages sortis de la pauvreté, s’enorgueillir des performances de notre système éducatif, donner en exemple la qualité de notre système de santé… Monsieur le Premier Ministre aurait pu, au moins, nous faire le point sur la campagne de commercialisation du fruit du labeur de nos vaillants paysans: cette arachide en quantité qui ne trouve pas preneur… Au lieu de cela, il nous parle de… profil ! Comme si un Président sortant en avait besoin, en lieu et place d’un bilan suffisamment éloquent pour plaider sa cause! Le doute s’installerait t-il?
Si des profils sont à rechercher, il le seraient pour offrir une vraie alternative aux sénégalais. Ceux-ci semblent en effet, et pour le moins, désabusés par un chapelet de promesses non tenues dont les vidéos-témoins circulent abondamment sur les… réseaux sociaux ! C’est peut-être cela d’ailleurs qui pourrait expliquer l’ire de Monsieur le Premier Ministre Mouhammad Boun Abdallah Dionne. Homme charmant, d’une exquise urbanité par ailleurs!




Car justement , et parlant de profil et de réseaux sociaux , Monsieur le Premier Ministre est agacé par celui des « opposants qui passent leur temps sur Instagram, Facebook et Twitter » à la Une du journal Le Quotidien de ce 26 février.
Monsieur le Premier Ministre voudrait-il ignorer que ces nouveaux médias sont devenus des espaces de déconstruction de la parole officielle? Les nouveaux médias sont, en effet, des lieux de résistance à la pensée unique qui, en usant de la corruption, met au pas des organes de presse qui en oublient le sens de leur mission et deviennent les porte-voix des interêt du Pouvoir. Monsieur le Premier Ministre veut-il oublier que les milliers de sujets débattus sur tous ces supports, incontrôlables par l’État, contribuent à forger l’opinion d’autant d’électeurs ? Et qu’il ferait mieux de prendre comme indicateur les tweets de Donald Trump pour savoir que le monde est en pleine mutation et que l’arbre à palabre a pris racine sur le web! Le temps des bravades et des menaces est révolu. Rien ne peut plus empêcher l’expression libre des idées ni la diffusion des outrances…policières ou autres . Suivez mon regard! Je saisis l’occasion pour saluer le bon réflexe de Monsieur le Ministre de l’intérieur Ali Ngouille NDIAYE qui est allé jusqu’à publier sur sa page…Facebook(!) le communiqué désavouant le geste irresponsable de l’un de ses agents. Cette attitude du Ministre a été saluée par tous les commentateurs. C’est dire qu’il n’y a pas que des tarés sur les réseaux sociaux!
Le sens de la responsabilité devrait donc commander à nos dirigeants de s’attacher à écouter, à comprendre et à résoudre les complaintes de ceux qui assument de dire, d’écrire ou de filmer leurs opinions à visage découvert. Au lieu de se lancer dans une campagne périlleuse de diabolisation d’honnêtes citoyens.
À n’y prendre garde, le silence pesant des autres, comme celui qui précède toujours une éruption volcanique, pourrait prêter à croire que tout va bien…jusqu’à…
Au fait, il serait légitime que le quotidien National donne la même opportunité, à tous les candidats déclarés, de défendre leur « profil » à la Une! Tous les candidats ont, en principe, les mêmes droits sur les médias publics. Le cas échéant la CNRA devrait sévir.
Just saying…
Amadou Tidiane WONE




Contribution: Construisons un futur digne de nos enfants !

Construisons un futur digne de nos enfants !   « Sur notre continent, il ne nous a pas fallu longtemps pour découvrir que la lutte contre le colonialisme ne prend pas fin lorsqu’on a réalisé l’indépendance nationale.  Cette indépendance n’est que le prélude d’un combat nouveau et plus complexe pour la conquête du droit de diriger nous-mêmes nos questions économiques et sociales, en dehors des entraves écrasantes et humiliantes de la domination et de l’intervention néo-colonialiste. »   Extrait du Discours de Kwame NKRUMAH, Président du GHANA A l’occasion du Sommet Fondateur de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA)  le 24 Mai 1963 à Addis Abeba (ETHIOPIE)   Face au constat généralisé d’une perte certaine de repères et de sens, pour nos élites politiques, il semble impératif de conduire une réflexion/action sur l’ensemble des défis de notre société, hors des contraintes de l’immédiateté. Car, c’est sous ce rapport que la classe politique qui anime la vie publique de nos pays depuis les « indépendances » éprouve de sérieuses difficultés. Le calendrier électoral, tout autant que les enjeux de conquête, de gestion et de transmission du pouvoir, vicient l’atmosphère et font perdre de vue le but premier de l’action politique : gérer, dans le sens de l’améliorer, la vie des hommes et des femmes de la Cité. Or, à l’expérience, depuis un demi-siècle aucun homme, ou groupe politique, n’est parvenu à rassembler la majeure partie des forces vives de notre nation autour d’un véritable projet de société. Les élections et les régimes se suivent et, hélas, se ressemblent. De notre point de vue, la réflexion doit nécessairement précéder l’action, l’éclairer. A cet égard, la moisson des Assises Nationales, ainsi que les travaux de la CNRI, constituent un apport appréciable à toute volonté politique véritable de produire des ruptures devenues nécessaires, et même incontournables. Au Sénégal, mieux que dans beaucoup d’autres pays africains, nous avons réussi, peu ou prou, à conjurer les démons de la violence et, tout au moins, à préserver l’essentiel : notre commun vouloir de vivre ensemble. Cependant, qui n’entend sourdre, des profondeurs colériques de larges franges de notre peuple, les prémisses d’une remise en cause des socles fondateurs de notre nation ? A dire vrai, dans notre pays comme dans la plupart des états africains dessinés par la colonisation, toutes les combinaisons politiciennes ont été expérimentées. Dans tous les sens. Sans pour autant assouvir notre soif d’une véritable ambition collective. Que faire ? C’est la question centrale de l’heure. Y répondre, non sous le prisme d’un procès à charge, mais dans le cadre d’une introspection, sans complaisance, est urgent.  Sans parti pris castrateur ni préjugés réducteurs, il convient de mener un travail en profondeur sur nous-mêmes, pour revisiter notre trajectoire depuis l’accession de notre pays à « l’indépendance. » Cet exercice est nécessaire pour asseoir des valeurs fortes et générer une Vision nouvelle pour notre pays et pour l’Afrique. Entre autres, la promotion d’un culte des Devoirs, en lieu et place d’une culture pure et simple des droits, est le préalable à toute émergence. Au demeurant, un constat s’impose : d’une manière générale, les sénégalais ne croient plus à la politique telle qu’elle se mène dans notre pays. Pour de multiples raisons qu’il nous faudra analyser en profondeur. Le fort taux d’abstention aux différentes consultations électorales en atteste. A cela s’ajoute un climat de morosité économique et d’insécurité sociale qui nous impose de faire preuve d’initiatives hardies et d’innovations inspirées, pour faire adhérer le plus grand nombre de citoyens à un effort collectif de progrès économique et social. Face à ce constat, l’offre politique alternative est restreinte pour ne pas dire inexistante. Or la demande, qui n’est pas seulement sociale, est énorme. L’exigence d’un retour à un corpus de valeurs éthiques et morales, au culte du travail et de la saine répartition des revenus de la Nation de façon équitable, est tout aussi pressante. Il faut sortir du piège du temps politicien pour agir vigoureusement pendant qu’il en est encore temps. Il nous faut, en quelque sorte, savoir mettre en perspective l’Eternité de notre Nation par-delà les générations. Pour signer un pacte intergénérationnel de Progrès et de Développement, nous devons nous rassembler autour de l’impérieuse nécessité d’une Révolution culturelle et mentale. Celle-ci doit nous réconcilier avec nos identités, enfouies sous des strates de mimétismes dévalorisants qui ont fini par nous rendre méconnaissables et inefficients. En vérité, notre pays le Sénégal et, plus largement l’Afrique notre continent, doivent forger leurs propres réponses pour atteindre les objectifs de mieux-être de nos populations. Le défi est énorme, mais il est à notre portée. Si nous nous donnons les moyens de bien formuler les questions, les bonnes réponses s’imposeront.   Construisons un futur digne de nos enfants !   Amdou Tidiane WONE woneamadoutidiane@gmail.com                      

Contribution; Remettre la politique à l’endroit!

60 ans « d’indépendance » et notre dépendance à l’aide extérieure ne cesse d’augmenter! Tant au plan des moyens financiers et techniques, qu’au plan des concepts et de la conception du progrès, nous sommes dépendants. Au plan opérationnel, les entreprises étrangères, et notamment françaises, contrôlent notre économie dans tous les domaines stratégiques: les télécommunications, l’eau, l’électricité et désormais la grande distribution. Les retombées du pétrole et du gaz, dont nous devenons un pays producteur, risquent de ne pas profiter aux intérêts supérieurs de notre peuple. Si les signes avant-coureurs se précisent, le pire serait à craindre !
La France, ex-puissance coloniale, exerce une influence impudique sur la vie politique de notre pays. Sans fards. Ni gants. En vérité, nos dirigeants actuels ont mis la barre de la servitude post coloniale à un niveau jamais atteint depuis 1960…
Par ailleurs, et dans le même temps, les politiciens au pouvoir appauvrissent nos élites économiques. Car, ils leurs livrent une concurrence déloyale sur le front de la création de richesses, en se faisant les « courtiers » d’entreprises étrangères. Moyennant dessous de tables et avantages indus, des politiciens affairistes ont, véritablement, dévoyé l’honneur de la Politique! Les inégalités sociales se creusent ainsi, non plus au prix du mérite et du travail, mais par cette capacité à s’enrichir, à tous prix et le plus rapidement possible, de ceux qu’il est convenu d’appeler les prédateurs de la République. Nos élus, et de hauts fonctionnaires véreux et complices, rivalisent de demeures luxueuses et de berlines rutilantes. Les signes extérieurs d’une richesse, trop rapide pour être honnête, suffisent largement à dresser le réquisitoire pour mal Gouvernance. Mais les nouveaux riches n’en ont cure. Ils défient nos regards désapprobateurs et nous promettent de s’incruster… Et pour être juste, les deux alternances ont, sous ce rapport, des ressemblances troublantes. Le Peuple croyait en avoir fini avec le long règne socialiste émaillé d’autant de scandales, passés sous silence par l’indigence des moyens médiatiques de l’époque. Deux rendez-vous ratés avec le changement véritable imposent donc d’explorer d’autres voies.
Relativement, et il faut le dire aussi, des progrès existent dans certains domaines. Mais ils sont timides et mal répartis à l’échelle du pays. Ils sont, bien des fois, anachroniques: le Train Express Régional (TER) en sera le symbole le plus achevé dans les années à venir…
Étant donné que les décisions majeures engageant le pays, son présent et son avenir, sont prises par les hommes politiques, il serait temps de se demander si les vrais causes des problèmes multiples et multiformes qui nous assaillent n’ont pas pour origine la politique en elle-même, ses acteurs et ses valeurs, sa culture et ses mœurs.
Nos hommes politiques, immergés dans l’action, prisonniers des échéances électorales, n’ont plus le recul nécessaire pour remettre en perspective la trajectoire de notre nation depuis « l’indépendance ». Ont-ils même le loisir de s’interroger sur ce qui donne sens ou non-sens à leur action?
Si, pour le combat pour notre accession à souveraineté internationale, nos élites de l’époque avaient su produire des réponses, inspirées par un amour incompressible pour la patrie et la liberté, face au défi colonial, que reste t-il de cette flamme sans laquelle rien de grand ne peut être entrepris?
La dérive mercantile de la politique est aujourd’hui établie. L’argent et les honneurs se révèlent être le seul horizon de la plupart de ceux qui s’y engagent. Les cours et tribunaux débordent de dossiers tournant autour de malversations commises sur l’argent public. Notre argent! C’est à croire que les corps de contrôle n’exercent leur mission que lorsque le mal est fait. Le système judiciaire dont on aurait pu espérer qu’il contienne les dérives outrancières des délinquants politiques et économiques, semble jouer le rôle de metteur en scène de leurs turpitudes. Il juge, condamne et libère, au gré du Prince. Le résultat des courses est connu d’avance par tous les initiés et le spectacle en est devenu lassant. Il nous faut, véritablement, remettre tout le système à plat! Réinventer la politique en lui apportant du sang neuf. Inviter de nouveaux acteurs à s’intéresser à la conduite des affaires publiques est une nécessité vitale pour l’avenir.
  • Redéfinir de nouvelles règles du jeu politique qui soient plus éthiques et plus contraignantes en termes de transparence et de probité des acteurs.
  • Déterminer un mode de financement des partis, contrôlable et susceptible de reddition des comptes.
  • Contenir la multiplication et le morcellement des partis par une loi qui définisse et encadre leur activité.
  • Sanctionner, de manière exemplaire, toute malversation dûment constatée portant sur les deniers publics, sans préjudice de l’appartenance ou non à une famille, à un Parti ou à un quelconque groupe de pression. La loi doit être la même pour tous! Le dire ne suffit pas. Il faut l’appliquer.
Dans cette problématique qui doit être au cœur du débat public, avant et pendant la prochaine campagne présidentielle, telles sont quelques pistes à explorer pour remettre la Politique à l’endroit si l’on veut préparer un Avenir digne de nos enfants!
À ce prix, les petites querelles de bornes fontaines qui essaiment dans nos médias, ainsi que les règlements de comptes fratricides et les trahisons municipales…nocturnes (!) pourraient sombrer dans l’oubli…
Amadou Tidiane WONE

Contribution: Rihanna ou Riz y’en a pas?

Lorsque j’ai demandé à ma fille de 18 ans : « Mais au fait, c’est qui Rihana? Qu’est ce qu’elle fait dans la vie? » j’ai eu droit à un fou rire et à celui, supplémentaire, de ses aînés…

J’ai immédiatement compris qu’il y’avait, au fond de cette « affaire », un décalage entre générations n’ayant plus les mêmes perceptions des codes de convenances sociales. Car au fond de tout ce débat, semble t-il, se trouveraient les tenues osées et la gestuelle qui ne le serait pas moins de la chanteuse… On vient de m’apprendre, dans un débat sur les réseaux sociaux qu’il y aurait des accointances obscures, maçonniques ou illuminées, derrière le projet éducatif qui l’amène sous nos tropiques. Bien compliqué tout cela!

Très franchement, je pense que nous avons plus urgent et plus proche pour nous émouvoir. A travers nos rues, sur nos écrans, dans nos maisons les signes de la décadence de nos valeurs culturelles et morales pullulent. Les fronts sur lesquels nous devons mobiliser nos énergies sont multiples: la corruption, la vénalité de nos élites politiques, le culte du paraître et la déchéance du mérite comme outil de promotion sociale. L’utilisation de la religion comme moyen de pression et non comme Voie de perfectionnement humain. Allons au fond de nos maux. Ne nous attaquons pas aux moulins à vent. Changeons notre pays pour le mieux-être de ses habitants. Et surtout restons constants dans nos engagements et résolus dans nos actions. Les réactions téléguidées par les médias relèvent souvent de la manipulation, capturent et orientent nos esprits vers une direction différente de celle où se passent les choses en réalité… Vigilance!

Rihanna ne m’intéresse pas. En dépit des fous rires! Elle est, pour ce que je commence à en apprendre, un produit marketing pour des puissances d’argent. Les mêmes qui dénudent les femmes même pour vendre une barre de chocolat. Il n’y a qu’à regarder les affiches et les spots publicitaires. Et cela même les féministes trouvent cela honorable. En vérité, s’époumoner à lancer des fatwas contre Rihanna ne changera rien, si nous ne changeons pas la réalité autour de nous. Par l’édification d’un pays gouverné selon les standards les plus élevés. Par la création de centaines de milliers d’emplois qui laisseront peu de temps à l’oisiveté permissive.

En lieu et place d’une campagne médiatique dont, franchement Rihanna n’entendra peut-être jamais parler, puisqu’elle n’est pas francophone semble t-il, ne parle pas ouolof, poulaar ou arabe, concentrons-nous sur les causes structurelles de notre sous-développement et mettons nous au travail. Changeons les conditions de vie de nos populations en mettant tous les jeunes oisifs au front du combat économique. C’est à ce prix que nous allons restaurer des modèles et écrire de success stories qui vont redonner à nos peuples la fierté de se regarder et de s’aimer. Après,  la venue de Rihanna ou de toute autre starlette du show-business au Sénégal serait un non-événement…ou tout au plus très localisé.

Moi ce qui m’intéresse c’est de savoir: puisque l’autosuffisance  en riz dans notre pays, prévue pour 2017 est reportée, à quelle date peut-on l’espérer ? Car wax deug si riz y’en a on ne pensera plus à Rihanna!

Tout le reste ce sont des paroles qui s’envolent…A son départ, la réalité de notre sous-développement restera. Resterons-nous aussi mobilisés pour y faire face?

Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com

Contribution: Qui paye commande? Toujours!

Le 30eme Sommet de l’Union Africaine vient de s’achever à Addis-Abeba.
Ce qu’il faut retenir, par delà les jactances de nos Chefs d’Etats c’est que, 60 ans après les indépendances de la plupart des États membres, le budget de l’Union Africaine provient à plus de 50 % des bailleurs étrangers et que ses programmes sont financés à 97 % par les donateurs! Qui paye commande! C’est bien connu. Cela devrait faire mal à la dignité africaine tant chantée…

Sur ces entrefaites, le nouveau Président de l’Union Africaine, le rwandais Paul KAGAME, pour permettre à l’Union Africaine justement d’avoir les ressources nécessaires au financement de son budget, propose « le prélèvement dans chaque pays d’une taxe de 0,2% sur certaines importations. » Rien que cela! Pour prix du rachat du restant de notre honneur…

Mais alors, devinez quoi ? Il y’a des polémiques qui s’instaurent, entre chefs d’Etats africains, sur cette proposition d’un bon sens qui défie l’entendement! Sur fond d’enjeux géostratégiques et d’affirmations de leaderships locaux, des pays commencent à se démarquer de la capacité à faire bouger les lignes dont fait montre le Président rwandais. Quoique l’on puisse penser de ses méthodes par ailleurs, Paul Kagame change la réalité autour de lui. Et c’est ce que l’on attend de nos dirigeants. Disons, pour être juste que la presse n’a pas encore fait état de propositions alternatives qui auraient été soumises par l’un ou l’autre des Chefs d’Etats. À notre connaissance.

Dans ce contexte, force est de constater le manque de sérieux de plusieurs des Chefs d’Etats africains qui auront quitté Addis sans trancher une question d’une telle importance… vitale! Cette légèreté est notre véritable mal. En peu de mots.

Mais au fait, pourquoi le bilan du Président Alpha Conde à la tête de l’UA est-il si inaudible? Parce qu’inexistant? Pourtant, les tonneaux vides sont réputés faire le plus de bruits! Peut-être le « silence des agneaux… »

Force est de constater aussi que, le manque de rigueur des élites dirigeantes africaines, ainsi que le défaut d’exercice de notre droit à l’exigence expliquent, pour une large part, la longévité de certains individus au Pouvoir!

Les pouvoirs appartiennent aux Peuples qui les délèguent. Les mandats sont à durée déterminée. Les échéances électorales restituent aux peuples le privilège de changer leurs mandants. Cela en principe. Paradoxalement, aucune politique d’Education à la citoyenneté n’est véritablement mise en œuvre pour faire prendre conscience aux masses africaines de leur force et de leurs responsabilités. D’ailleurs, on ne leur parle vraiment qu’en période électorale. Juste pour récolter des voix et leur fermer l’accès aux lieux de décision aussitôt après les prestations de serment.

Attachons-nous à pourvoir à la prise de conscience des citoyens de leur droit à être exigeants! Et dans le même temps, disons leur que ce droit a, comme corollaire, le devoir de participation à la consolidation de l’Etat de droit. Par le respect scrupuleux des lois et règlements, par le respect des espaces publiques et l’implication positive dans la vie de la Cité. De nos ruelles à nos villes et à l’échelle de nos pays, semons de nouveaux paradigmes. Les petites graines ainsi semées germeront, un jour ou l’autre!

Mais, dans tout cela, qu’elle a été la
position ou contre-proposition du Sénégal face à la proposition simple et pragmatique du Président Paul Kagame? Juste au nom du droit à l’information! Si. Si…

Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com

Contribution: Cherchez l’erreur! (Amadou Tidiane WONE)

L’un des Princes Saoudiens, arrêtés dans le cadre de la révolution de palais qui se déroule sous la houlette du Prince Mohammed Bin Salmane, aurait cautionné pour un montant d’un milliard de dollars pour recouvrer la liberté. Un seul homme a pu signer un chèque d’un montant d’un milliard de dollars…

Au nouvelles ce matin, l’on apprend que le Président des États-Unis d’Amérique vient de priver l’Agence des Nations-unies pour les réfugiés palestiniens d’un appui financier tournant autour de 65…millions de dollars. Aux motifs d’insatisfaction à propos de la manière dont ces deniers seraient gérés . Qui paye commande ! Dit-on. La perte de cette subvention va complexifier davantage la vie de centaines de milliers d’êtres humains, qui plus est arabes et musulmans.
Au vu de ces deux informations, mises côte à côte, il est convenu de s’interroger sur l’absurdité du monde dans lequel nous vivons. D’une part. Mais il est aussi temps d’interpeller les pays arabo-musulmans sur leur irresponsabilité face à la tragédie palestinienne. Un milliard de dollars payable par un chèque signé par une seule personne pour sa propre liberté, face à la suppression d’une subvention de 60 millions de dollars nécessaires à la survie de centaines de milliers de personne, cherchez l’erreur !

Combien de princes arabes pourraient prendre en charge, totalement, les réfugiés palestiniens en lieu et place du système des Nations-unies?

Combien d’investissements productifs directs pourraient être réalisés pour sortir la Palestine de la précarité?

La Paix n’est possible qu’avec le progrès et le mieux-être des populations. Elle n’est pas un préalable. Elle devient le résultat d’une démarche proactive dans le sens des intérêts mutuellement bénéfiques entre Israéliens et Palestiniens. Sachant les Israéliens pragmatiques, peut-être que c’est sur le terrain des opportunités d’investissement massifs et productifs qu’il faut conduire les négociations pour une paix durable et non au plan militaire où ils ont toujours une longueur d’avance.

En attendant, le Prince Saoudien en question pourrait-il financer le gap causé par le retrait de la subvention américaine ?

Parler moins et agir plus. Tel est le défi lancé à tous ceux que la cause palestinienne, entre autres tragédies de par le monde, interpelle. Il y’a ceux qui en ont les moyens et ceux qui n’ont que leurs yeux pour pleurer. Séchons donc nos larmes…

Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com

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