Blog de Cheikh Yerim Seck

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Assassinat de Me Babacar Sèye, voilà 26 ans

YERIMPOST.COM   Il y a 26 ans, Me Babacar Sèye, vice- président du Conseil constitutionnel, était froidement assassiné.
15 mai 1993-15 mai 2019, le Sénégal de souvient de ce fils dont l’assassinat reste encore une équation. Me Sèye était abattu en plein jour par un commando composé de Clédor Sène, Assane Diop et Pape Ibrahima Diakhaté qui avaient été condamnés aux travaux forcés avant de bénéficier d’une amnistie en 2005, sous Abdoulaye Wade.

An 2 de sa détention: Khalifa Sall dans les esprits

YERIMPOST.COM   7 mars 2017-7 mars 2019, déjà deux ans que Khalifa Ababacar Sall croupit à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Rebeuss. Deux ans durant lesquels l’ancien édile de la capitale sénégalaise fait face à une privation de liberté, mais aussi à la déchéance de tout poste électif auquel il avait accédé par la grâce des Sénégalais. Khalifa Ababacar Sall devra prendre son mal en patience pour avoir été condamné à cinq (5) ans de prison ferme. En ce jour particulier, ses proches, militants, sympathisants, alliés, collègues… organisent une série d’activités pour lui manifester leur solidarité.

Anniversaire du franc CFA: 73 ans de servitude volontaire pour nos 14 pays d’Afrique

Créé le 26 décembre 1945 par le Général Charles de Gaulle, le franc CFA, qui signifiait alors, tenez vous bien, le franc des Colonies Françaises d’Afrique, fête son anniversaire aujourd’hui. Cette trop vieille monnaie coloniale a 73 ans, et est toujours en circulation dans 14 Etats d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique Centrale, en dépit de l’accession à l’indépendance de ces pays, pour la plupart, dans les années 1960.

 

Certains Etats et territoires ont su logiquement se libérer de cette domination coloniale :

  • 1960 : la Guinée quitte et commence l’émission de francs guinéens ;
  • 1973 : Madagascar quitte la zone et commence à émettre sa propre monnaie
  • 1973 : la Mauritanie quitte, remplaçant le franc par l’ouguiya ;
  • 1974 : Saint-Pierre-et-Miquelon quitte pour le franc français ;
  • 1975 : La Réunion quitte pour le franc français ;
  • 1976 : Mayotte quitte pour le franc français ;

Beaucoup d’autres pays ne sont pas pressés de se défaire de ce joug français et assument même cet état de servitude, en devenant des potagers de la France et du monde.

  • C’est le cas édifiant du Mali qui quitta le franc CFA en 1962 pour le réintégrer en 1984 ;
  • Le Sénégal, le Gabon, la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Burkina Faso… qui jouent à la perfection le rôle d’attaché de presse pour défendre la monnaie coloniale contre les intérêts de leur peuple ;

 

D’autres comme le Togo, le Cameroun, le Tchad, la Guinée Equatoriale… sombrent inexorablement vers des régimes autoritaires, antidémocratiques, voire dictatoriaux.

 

Le constat est sans appel : le bilan de cette monnaie coloniale est extrêmement nocif et délétère pour les millions d’Africains. Pourtant, excepté Sylvianus OLYMPIO, Modibo KEITA et Thomas SANKARA, depuis les années 60, aucune organisation internationale sur le continent noir, aucun leader politique africain n’ont proposé une feuille de route ou une initiative sérieuse pour libérer nos pays du franc CFA et de la domination étrangère.  Il est donc grand temps que les populations se mobilisent réellement pour en finir avec cette anomalie géopolitique qui dégrade continuellement l’image de l’Afrique face au reste du monde. C’est ce que cherche modestement à faire comprendre notre collectif Sortir du franc CFA. Bien sûr, nous ne souhaitons pas un bon anniversaire au franc CFA, cette monnaie coloniale.

 

 

  1. Makhoudia DIOUF

Coordonnateur du Collectif Sortir du franc CFA

Email : contact@sortirdufranccfa.fr

 

 

Dixième anniversaire des Assises Nationales: À la recherche du temps perdu

Curieux fait du hasard ! C’est à la veille du dixième anniversaire des Assises Nationales, que le Président de la République a solennellement déclaré que les conclusions de cet important forum n’étaient ni la Thora ni la Bible, ni le Coran. Pas étonnant qu’après cela, le comité national de pilotage se soit vu refuser l’accès à un amphithéâtre de l’UCAD, pour la commémoration de ce dixième anniversaire, qui a dû finalement se tenir dans une salle relativement exiguë, au quatrième étage d’une université privée, ne disposant pas encore d’ascenseur.




Il faut néanmoins se féliciter du fait, que d’éminentes personnalités de Benno Bokk Yakaar aient daigné honorer de leur présence la cérémonie, même s’ils semblaient plus y être pour dédouaner leur mentor des accusations de renoncement, de reniement voire de trahison, qui étaient portées contre lui, que pour autre chose.

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis le 1er Juin 2008, date de lancement des Assises Nationales du Sénégal, qui furent initiées au lendemain du boycott des élections législatives de juin 2007 par les principaux partis d’opposition d’alors. Le contexte de l’époque était marqué par de vives polémiques, suite à la réélection contestée de Me Abdoulaye Wade au premier tour de l’élection présidentielle survenue, quelques mois plus tôt. Mais la crise politique allait au-delà de ces aspects contentieux post-électoraux et reposait certes, sur des faits objectifs mais également sur les rapports exécrables entre acteurs politiques. Sept ans après une alternance décevante, il y avait, de plus en plus, la prise de conscience que la résolution de la crise multidimensionnelle, qui affectait notre pays, devait nécessairement passer par une refondation institutionnelle bien comprise et une émergence citoyenne.

Patriotes vertueux, démocrates sincères, membres de partis politiques progressistes et d’organisations de la société civile ressentaient la nécessité de procéder à une rupture avec les  systèmes politiques et les modes de gouvernance qui avaient existé  depuis 1962, sous Senghor, Abdou Diouf, caractérisés par l’hyper-présidentialisme, la vassalisation du Parlement et l’instrumentalisation de la Justice.

Ces dysfonctionnements institutionnels à l’origine d’une  gouvernance désastreuse et d’une corruption endémique ont survécu à l’alternance démocratique de 2000, mais surtout à celle de 2012, ce qui est d’autant plus incompréhensible et impardonnable que plusieurs des acteurs des Assises Nationales occupent des positions centrales dans le pouvoir de Benno Bokk Yakaar.

Si le précédent régime libéral avait totalement désapprouvé la tenue des Assises Nationales, il n’en est pas de même des principaux ténors de Benno Bokk Yakaar, qui ont tous signé la Charte de Gouvernance Démocratique et dont certains ont été parmi les fondateurs de cette remarquable initiative visant l’approfondissement de la démocratie, la refondation institutionnelle et l’émergence citoyenne.




Or beaucoup de problématiques essentielles des Assises Nationales reprises par la Commission Nationale de Réforme des Institutions restent intactes.

La consolidation/institutionnalisation de la démocratie participative se fait encore désirer. L’atmosphère politique est viciée par une gestion calamiteuse du processus électoral, marquée par l’absence de concertation et par la stratégie du fait accompli de la part de ministres de l’Intérieur militants du parti présidentiel. Le mode de scrutin inique privilégiant la composante majoritaire aux élections locales et législatives reste de mise. La nécessité de mise sur pied d’une Autorité de Régulation de la Démocratie est occultée. La récente loi sur le parrainage a fini d’installer un contentieux pré-électoral annonciateur d’une crise politique inéluctable au lendemain des élections.

Sur le plan des libertés, de graves régressions sont notées avec l’interdiction tous azimuts de marches politiques et citoyennes ainsi que l’embastillement d’adversaires politiques comme conséquences de l’instrumentalisation de la Justice. Il y a aussi la persistance de longues détentions préventives arbitraires et le refus d’appliquer une recommandation, maintes fois rappelée par la CNRI, d’instituer un Juge des Libertés.

Le pouvoir judiciaire est plus que jamais sous la coupe de l’Exécutif, comme l’a d’ailleurs confirmé l’Union des Magistrats du Sénégal, qui compte se battre pour conquérir l’indépendance de la Justice. La réforme de la Justice, à travers un projet de loi organique portant Statut de la magistrature et celui sur le Conseil supérieur de la Magistrature a fait l’objet de vives contestations de la part des jeunes magistrats.

Le Parlement est resté la caisse de résonnance qu’il n’a jamais cessé d’être. L’adoption de la loi sur le parrainage sans débat, en avril dernier, en est la dernière illustration. Pire, le règlement intérieur a fait l’objet de tripatouillages pour empêcher toute expression plurielle au sein de l’hémicycle.

Quant à la Présidence de la République censée représenter la clé de voûte des Institutions, elle est dévalorisée, étant devenue le terrain de jeu des étudiants et autres transhumants. Elle ne doit ce qui reste de son autorité, qu’à son pouvoir de nomination aux fonctions civiles et militaires, à ses redoutables corps de contrôle et à ses fonds spéciaux considérables. De plus, elle semble constituer la plaque tournante des innombrables complots dirigés contre les hommes politiques aussi bien du pouvoir que de l’Opposition. C’est également le repaire de conseillers machiavéliques en tous genres. C’est justement, l’un d’entre eux, récemment promu Ministre, qui amènera le Président à se dédire sur la réduction de son mandat et à rejeter le projet de Constitution de la CNRI en prétextant de la solidité de « l’assise démocratique de notre système politique » au niveau duquel, il se refuse de provoquer une rupture normative, se contentant de préconiser quelques « changements consensuels appropriés ».

Ces quelques exemples, loin d’être exhaustifs montrent bien que la Charte des Assises Nationales est loin d’avoir été la boussole de Benno Bokk Yakaar durant cet interminable mandat, qui heureusement tire à sa fin.

Regroupant plusieurs parties prenantes issues d’horizons divers, les Assises nationales et, à sa suite, la C.N.R.I, ont réussi à trouver des consensus forts résultant d’un processus participatif pour sortir notre pays de la crise structurelle dans laquelle il végète, depuis son accession à la souveraineté internationale

L’application de ces judicieuses conclusions et recommandations va, par la faute de nos gouvernants actuels, être différée d’au moins 7 ans.

Il faut cependant reconnaître que les militants de la refondation institutionnelle et de l’émergence citoyenne portent eux aussi une part de responsabilité, en ce qu’ils rechignent à appliquer les préceptes qu’ils prônent dans les espaces politiques qu’ils contrôlent (collectivités locales). S’ils veulent une réelle prise en compte de leurs propositions par l’État central, ils devront se montrer un peu plus offensifs, en n’hésitant pas à jouer le rôle de sentinelle vigilante, par rapport à toutes les problématiques citoyennes, institutionnelles, sociales et culturelles.




La création d’un institut pourra également y contribuer, en évitant de sacraliser ou d’idolâtrer les Assises Nationales.

En perspective des prochaines joutes électorales, il est clair que le candidat de Benno Bokk Yakaar, devenu de fait un obstacle dans la mise en œuvre des principes de la refondation institutionnelle, s’est lui-même disqualifié pour bénéficier d’un soutien des Assises Nationales, que ce soit au premier ou au deuxième tour.

 

NIOXOR TINE

Joyeux Anniversaire à Me Wade (ABC)

Pas un seul instant je n’ai hésité

Devant la très forte envie de te fêter
En ce si beau jour de ton anniversaire
Que je viens filialement te souhaiter.




Je te tiens en une si belle estime
Culminant avec la compétition ultime
Ayant abouti à un écho de tonnerre
Dont on retient la substance sublime .
Puisse la longévité toujours t’habiter
Et la bonne santé ne jamais te quitter.
Ton affection pour moi nous sépara
Et mon admiration pour toi la supplanta .
Que n’as – tu fait pour me copter
Que n’ai je pas fait avant de te quitter
Tu m’as accueilli revenant d’Ecosse
Et de tes mains immenses je fus adopté.
Depuis ce jour de Juin 82 rien n’a changé
Même que je ne fusse pas ton obligé
Car ce ne n’était pas le but de l’exercice
Celui que je m’évertue à bien partager .
Pour mon pied que tu mis à l’étrier
J’égrène , horloger de l’histoire
Les mille et une leçons de vie
Qui nous ont conduits au pouvoir .
Happy birthday to you Mr Président
With many many more to come .
Je me disais vous le rendre bien un jour
Fut il la nuit ou bien le jour …
Ici la reconnaissance d’une génération
Celle de beaucoup d’autres générations
A qui tu inculquas courage et abnégation
De toujours tenir le Sénégal en premier .
Respects .
Maître Alioune Badara Cissé
Avocat à la Cour

11 mai, anniversaire de la mort de Blaise Diagne (Alassane Blaise Diagne, son petit-fils)

En ce Onze Mai 2018, date de commémoration de la mort de Blaise DIAGNE, il m’a semblé important qu’un de ses descendants lui consacre un bref rappel de sa vie et de son œuvre ; malgré que vouloir parler de sa vie et de son œuvre c’est prétendre boire la mer.

Qui est Blaise DIAGNE ?

Il est né le 13 octobre 1872 à Gorée, fils de Niokhor Diagne et Gnagna Antoine Preira. Contrairement à ce qui est régulièrement dit, dès le 14 octobre 1872 son père Niokhor lui a donné le prénom de « Blaise » comme l’atteste son extrait de naissance établi le lundi 14 octobre 1872 à 7h30 mn. qui peut être consulté à la page 57 du lien suivant : http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/osd.php?territoire=SENEGAL&commune=GOREE&annee=1872&typeacte=AC_NA.




Il fit des études à l’époque, honorables pour un homme de couleur. En 1891 il est admis dans le corps des contrôleurs de Douanes de la république Française avec Michel Sangué Ndiaye et François Pouye.

Il sert successivement au Dahomey (1892-1897), au Gabon (1897-1898) où il établira une forte amitié avec le vénéré Cheikh Ahmadou Bamba, le Sénégal (1898-1899), la Réunion (1899-1902), Madagascar (1902-1909) et la Guyane française (1909-1913)

En 1914, ildevient le premier africain noirà être élu député à l’Assemblée Nationale Française et il y siègera pendant 5 législatures de 1914 au 11 Mai 1934 date de sa mort.

En 1920, puis en 1924 il est élu maire de Dakar. Il est encore le premier Africain noir élu au poste de maire de la ville de Dakar.

Il a été aussi un homme de gouvernement. En effet du 26 janvier 1931 au 19 février 1932, il y a siégé comme :

Commissaire de la République dans l’Ouest Africain Français ;
Commissaire général des Troupes Noires au Ministère de la République Française ;
Président de la Commission des Colonies de la Chambre des Députés ;
Sous-secrétaire d’Etat aux colonies dans les Conseils du Gouvernement de la République française au sein de 3 cabinets successifs. Constatons qu’avec lui ce sera la première fois en France qu’un noir accède aux hautes fonctions ministérielle, il venait d’avoir 59 ans et 17 ans de mandat législatif ;
Membre du comité Français du Transsaharien, qui était un projet de mise en place d’un système ferroviaire de Dakar à Tanger
Pendant les soixante-deux ans de sa vie, Blaise Diagne s’est distingué dans sa vie en tant que fonctionnaire,politicien et citoyen.

Pendant toutes les législatures qu’il a eu à vivre « il savait qu’il était député noir et représentait bien plus que les quatre communes du Sénégal, mais toute une race et tout une politique ». Delavignette a témoigné que « jusqu’à sa mort il a tenu le mandat de défendre et d’illustrer les noirs d’Afrique ».

Blaise Diagne, par le biais de ses obligations militaires s’est battu pour obtenir des droits politiques en faveurs des Africains. Dix ans plus tard il livrait dans son testament politique ces mots, le 11 juillet 1927, « il est permis, à tout esprit, d’envisager qu’un jour viendra où, en pleine maturité, les races noires pourront être maitresses de leurs destinées, mais avec un fond d’éducation qui leur aura fait une mentalité tel qu’un sentiment d’étroite solidarité existera entre vous et elles ».

Le 4 avril 1960, le Sénégal accèdera à son indépendance et jusqu’à ce jour, soit trente-trois plus tard après une telle déclaration, constatons-le, une étroite solidarité existe entre le peuple sénégalais et le peuple français. Il y a contribué grandement. Il a été le parrain du son excellence le président Léopold Sédar Senghor, premier président de la république du Sénégal et de l’éminent juge Isaac Foster, premier président de la Cour suprême du Sénégal et qui a siégé comme juge à la Cour internationale de justice de la Haye.

La vision et la méthode de l’Homme.




Il s’est offusqué du comportement de certains fonctionnaires qu’il dénonçait, dans les colonnes du journal « La France coloniale » à propos d’un contrat de construction de la mosquée de Touba qu’« il s’agit de ne pas accepter que des fonctionnaires européens ou indigènes usent ou abusent de leur situation administrative, pour faire argent, même avec la complicité bénévole ou non de certains chefs mourides qui n’ont ni le désintéressement ni la hauteur morale du serigne Amadou Bamba ». De tels propos lui valurent un procès en assises. Il en est sorti acquitté.

Son intervention, à la chambre des députés, à propos de l’injustice qu’à subit Battling Siki après sa victoire contre Carpentier, démontre suffisamment son aversion pour l’injustice et il déclarait, je cite : « …De deux boxeurs, l’un noir, l’autre blanc, il ne me convient pas, il ne plait pas à ma dignité de choisir. Ce que je défends et ce que j’entends défendre, c’est le point de vue de la justice…L’intervention que je fais ici, constitue pour moi un devoir de conscience- je l’aurais faite aussi bien pour un boxeur blanc- je le fais pour le boxeur noir moins parce qu’il est intéressant en soi que parce qu’il m’est défendue de soutenir l’injustice. »

Concernant le « Fait Colonial », le 30 janvier 1930, il déclarait, je cite : « Je suis par essence même de ceux qui admettent que la politique traditionnelle de la France…. ne peut trouver sa conclusion définitive que dans l’unité à la fois de conception et de doctrine et dans l’unité d’âme entre la Francemétropolitaine et les peuples ou les races épars à travers notre domaine d’outre-mer.

En disant que, à mon sens, le terme de la colonisation c’est l’unité, je suis tenu d’ajouter que chaque caractère indigène doit être respecté dans sa ligne, dans ses traditions et dans ses habitudes ».

Le deuxième congrès Panafricain a été présidé par Blaise Diagne, aidé par ses lieutenants Lamine Gueye et Amadou Dugay Clédor, en présence de nombreux partisans de Garvey et de WEB Du Bois. Le congrès insista sur l’idée d’égalité raciale comme fondement sur lequel peut être édifié l’autodétermination nationale. Diagne s’oppose aux partisans de Garvey à propos d’une communauté multinationale noire dirigée par des noirs étrangers à l’Afrique. Il y déclare qu’« isoler la race noire et la laisser travailler seule à sa propre évolution est une occupation ridicule ». Pour sa part, « il…ne convient pas de compromettre, par un geste inutilement téméraire, une cause juste » et il proposa d’instaurer une représentation parlementaire de l’ensemble des « indigènes non-citoyens » de l’empire colonial ; proposition qui apparaîtra dans la constitution du 27 octobre 1946 donnant la qualité de citoyen à tous les ressortissants des territoires d’outremer.

Sa vision est résumée dans ce qu’il déclare « Il est permis à tout esprit d’envisager qu’un jour viendra où en pleine maturité, les races noires pourront être maîtresses de leurs destinées ».

La descendance de Blaise DIAGNE ?

Blaise Diagne a eu 5 enfants.

Son fils ainé Alassane est né hors mariage.

Son deuxième fils, l’Inspecteur général Adolphe Diagne, premiermédecin inspecteur général noir de l’armée française, a bénéficié des décorations suivantes :

Compagnon de la Libération
Grand officier de la légion d’honneur
Grand-Croix du Mérite français
Commandeur de l’Ordre national du Lion du Sénégal
Croix de guerre avec Palme 1939-1945
Médailles commémoratives 1939-1945
Médailles des blessées
Médailles du Combattant
Médailles étrangères et africaines
C’est lui, au nom du Sénégal et Jean Colin, au nom de la France qui ont signé l’acte de transfert de l’Hôpital Principal au Sénégal.

Raoul Diagne, troisièmefils de Blaise Diagne,sera le premier joueur noir, en France et en Europe, à être sélectionné dans une équipe nationale. Jusqu’en 1940, surnommé le« Diamant Noir », il endosse à dix-huit reprises le maillot frappé du coq. Il a été l’entraineur de l’équipe nationale du Sénégal et aussi de l’Union Sportive de Gorée.




Sa carrière de joueur achevée, il passe son diplôme d’entraîneur, et prend la direction de la Belgique pour faire ses premiers pas dans ses nouvelles fonctions. Il est responsable du club flamand du KSV Audenarde en 1949-1950, puis le Gallia Sports d’Alger qui gagne le Championnat d’Afrique du Nord le 17 juin 1951.

Sélectionneur de l’équipe nationale du Sénégal au début des années 1960, Raoul Diagne était en poste lors de la victoire du Sénégal aux Jeux de l’Amitié à Dakar en 1963 et signe la première victoire sénégalaise contre l’équipe de France, sur un score de 2 buts à zéro.

Le père du football sénégalais s’est éteint à 92 ans, le 12 novembre 2002 et a été inhumé à Créteil, en France. Les autorités sénégalaises lui ont rendu un vibrant hommage.

Son quatrièmefils, Roland, employé des chemins de fer d’Outre-mer finira sa carrière à la régie des Chemin de fer du Sénégal. Il est membre fondateur du RDA et du PDG de la République de Guinée.

Sa fille Sophie est décédée à l’âge de 8 ans d’une méningite, épreuve qui affectera énormément Blaise Diagne et comme le dis mon père,réduira sa vie de vingt ans.

La Fin de sa vie

Le 6 juillet 1933 on peut retenir de son dernier discours ces mots, oh combien empreintes de valeurs : « L’heure est passée d’opposer les doctrines les unes aux autres. Ce sont les circonstances qui nous mènent et lorsque nous avons la chance de pouvoir les précéder, hâtons-nous… ».

Blaise Diagne mourut pauvre, en dépits des attaques et des calomnies, dont sont souvent l’objet les hommes de caractères. Calomnies et attaques qui perdurent encore aujourd’hui. Mais nous ses descendants retiennent de lui un homme de valeurs et de principes ; un homme épris de justice et qui ne retiens comme principe de différenciation entre les hommes que leur intelligence et nullement la couleur de leur peau, leur religion, ou leur origine.

A sa mort, il détenait par devers lui 250 titres fonciers enroulés avec une note dans laquelle on peut lire :« Il aurait été incorrecte de ma part de ne pas les accepter, mais malhonnête de me les approprier. Veuillez les rendre aux légitimes propriétaires ».

On peut ne pas partager sa vision, sa politique et Dieu sait qu’il a eu bien d’opposants parmi lesquels on peut citer Garang KOUYATE, Lamine Arfan Senghor, Marcus Garvey et bien d’autres. Cependant, reconnaissons-lui la conviction des idées, l’honnêteté dans ses actes,l’humilité dans ses actions, l’humanité et surtout sa contribution à redonner à la race noire et à TOUS les Africains, de l’Algérie à Madagascar, de Dakar à Nairobi, sa fierté

Alassane Blaise Diagne

Petit-fils de Blaise Diagne

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