Blog de Cheikh Yerim Seck

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au Sénégal

Patrimoine: La France restitue au Sénégal le sabre d’Elhadji Omar Tall

En visite à Dakar, Édouard Philippe, le Premier ministre français, restitue ce dimanche au président Macky Sall le sabre d’El Hadj Omar Tall, un marabout et résistant sénégalais du XIXe siècle, jusqu’ici exposé au musée des Invalides à Paris. En 2017, Emmanuel Macron s’était engagé à rendre les œuvres spoliées par la France à ses anciennes colonies.

La lame et le fourreau du sabre d’El Hadj Omar Tall, chef religieux vaincu par les Français en 1893, sont déjà dans les réserves du Musée des civilisations noires de Dakar. Hamady Bocoum, le directeur du musée contemple le sabre, nouveau joyau brillant sous les projecteurs de sa future salle d’exposition : « Le sabre d’El Hadj Omar, cela fait la troisième fois qu’on nous le prête. C’est la troisième fois que la France nous prête ce qui nous appartient, souligne-t-il. Et dans le rapport de Felwine Sarr et de Bénédicte Savoy, il était dit que le sabre d’El Hadj Omar faisait partie des objets qu’il fallait restituer tout de suite. Bien évidemment, on est content cette fois que ce soit un voyage sans retour. »

L’objet est mythique. Un symbole de la lutte contre la colonisation française qui ramené en 1894 par le colonel Louis Archinard lors d’une campagne menée contre le fils du combattant. « En termes de résistance, c’est quelqu’un qui représente beaucoup, rappelle Aimé Kantoussan, directeur de la recherche du musée. Et je pense que, quand les jeunes viennent au musée et qu’ils voient le sabre d’El Hadj Omar exposé, c’est déjà une fierté. Sachant que l’histoire d’El Hadj Omar est beaucoup enseignée dans nos établissements. »

« C’est le symbole d’une unité retrouvée qui fait que la réconciliation sur le plan culturel entre la France et les États concernés va se consolider davantage, explique El Hadji Ibrahima Ndao, professeur et historien. Parce qu’aller au musée du Louvre ou aller au musée du Quai Branly et voir là-bas des objets qui visiblement ne viennent pas de la France, mais de nos sociétés ou de nos pays, cela crée un certain malaise, même si on ne le dit pas. »

Mais autour de cette restitution historique demeure un flou juridique : il s’agit pour l’instant d’un prêt de cinq ans consenti au Sénégal. Pour rendre définitivement le sabre, le dernier mot revient aux députés français qui devront voter une loi.

Vol de bétail au Sénégal: La demande de rançon, le subterfuge des voleurs

La demande de rançon est très connue chez les cybercriminels et chez les terroristes. Dans ces deux secteurs, il est fréquent de voir des attaques perpétrées par des malfrats qui en retour demandent une rançon pour soit libérer un otage ou soit libérer un programme qu’ils ont fini de hacker et contrôler à distance grâce à un système ultrasophistiqué composé de virus malveillants.

Cependant, une néo demande de rançon méconnue mais qui est loin d’être un fœtus car bénéficiant d’un système non moins basé sur le numérique, prend de plus en plus de l’ampleur et a fini d’atteindre des proportions insoupçonnées dans les villages. Il s’agit d’une demande de rançon menée par des voleurs de bétails qui usent d’un stratagème entouré d’une nébuleuse affaire de vol pour soutirer des sommes colossales à leurs victimes qui dans la foulée, perdront doublement. D’abord, les voleurs après avoir dérobé les bétails qui peuvent être des troupeaux de vaches, chèvres, moutons ou des chevaux, des charrettes, entre autres, entrent en contact avec le propriétaire du bien volé. Puis, ces malfaiteurs obnubilés par le gain facile, leur demandent une certaine somme d’argent pour recouvrer leus biens. Égarés à cause de la perte de leurs biens, leurs sources de revenus, les victimes pour la plupart des cas constituées de villageois sont contraintes de se plier aux exigences léonines des rançonneurs. Avec une forte parcimonie, les racketteurs parviennent à éculer un pan des nouvelles technologies et de la communication pour commettre leur incongruité. En effet, les malfrats avant de commettre leur forfaiture, font leur B2B en d’autres termes usent de leurs carnets d’adresse pour avoir les coordonées de leur cible. Une fois en possession des contacts, ils lancent l’assaut ou le virus en langage cybernétique pour piquer les biens ciblés. Déboussolé apres être dépossédé de son bétail, la victime se voit contactée par un numéro qui s’affiche clairement lors des premiers échanges. Une conservation est ainsi racontée par une victime du nom de Modou habitant au village de Diagnel, situé à 15 encablures de Kaoloack. » Quand ils ont volé mon cheval et ma charrette. Le lendemain, je suis allé à la recherche de mes biens. 24h durant, j’étais dans un tourbillon, car ce matériel est mon gagne-pain. Je travaille avec pour nourrir ma famille. Ainsi, au bout de 24 h, mon téléphone a sonné et un numéro non privé s’affiche sur mon écran puis j’ai décroché. Alors, une personne au bout du fil me propose de lui envoyer 50.000 F CFA ( environ 76 euros), pour retrouver ma charette et mon cheval. J’ai immédiatement obtempéré car j’étais déboussolé et finalement il a disparu depuis que je lui ai envoyé l’argent ».

Poursuivant le récit de sa mésaventure avec les demandeurs de rançon, Modou laisse entendre ceci:  » quelques jours après, un autre numéro bien affiché m’a contacté à nouveau. Cette fois-ci, j’ai été prudent en lui posant un peu plus de questions sur la possibilité de recouvrer mes biens. Et il s’est porté garant alors je lui ai envoyé une forte somme d’argent. Après quelques jours, il me contacte encore pour m’indiquer un endroit où je devais aller pour récupérer le matériel. Il s’agit d’une forêt qui se trouve près de Latmingué, une communauté rurale de l’arrondissement de Koumbal, région de Kaolack. Alors sans tarder je suis allé là-bas, pendant toute une journée, nous etions en contact permanent mais avec un numéro privé. Ce n’est que vers 22h, qu’il m’a appelé pour la dernière fois pour me préciser l’endroit où se trouvent mes biens et je me suis dirigé directement là-bas. Une fois sur place, j’ai trouvé le cheval et la charrette sous un arbre. Ce fut un grand ouf de soulagement pour moi malgré tout ce que j’ai enduré « .

L’omerta autour de cette forfaiture

Cette expérience vécue par Modou en dit long sur ce phénomène de rançon qui sévit dans les villages. D’autres villageois ont vécu les affres de ce nouveau phénomène. L’ enquête menée auprès des villageois révèle qu’aucune victime n’ose jusqu’à présent porter plainte contre ces gens là par peur des mesures de rétorsion. Les malfrats les menacent de revenir pour voler à nouveau leurs bétails s’ils osent ester en justice.

Ainsi, une véritable omerta continue de régner sur cette affaire, une bonne agape ou un bon festin pour les demandeurs de rançon qui empochent d’énormes sommes d’argent au détriment des villageois estomaqués. Pourquoi cette omerta autour de cette forfaiture? A en croître les victimes, les rançonneurs sont de connivence avec des hauts placés de l’appareil judiciaire d’où l’impunité dont ils bénéficient. Mais également, ils sont organisés dans le cadre d’une engeance ou encore font partie d’une escouade qui leur permet de se coordonner pour commettre leur forfait. Une situation qui interpelle les autorités du Sénégal afin d’endiguer cette nouvelle pratique de demande de rançon. Ces voleurs évitent maintenant de fourguer les betails volés dans les marchés hebdomadaires par peur d’être reperés et lynchés. C’est pourquoi cette ingénieuse idée a été fourbie de concert avec des personnalités serviles.

Ablaye Modou Ndiaye

La dépigmentation fait des ravages au Sénégal

Les chiffres et les ravages de la dépigmentation ont été révélés par Aiida. Le Dr Fatimata Ly, présidente de l’Association internationale d’information sur la dépigmentation artificielle (Aiida), a indiqué que le taux de khessal au Sénégal se situe entre 62 et 72%. Conséquences, les répercussions sont énormes, selon la spécialiste avec la récurrence des maladies comme le diabète, l’hypertension et les cancers chez les femmes.

Au plus, le mal atteint les enfants avec des bébés dont les poids à la naissance sont de plus en plus petits.

Annonce: 7 mille milliards de francs dorment dans les banques au Sénégal

On a du mal à croire cette déclaration de Cheikh Omar Ba, au regard de la précarité qui sévit au Sénégal. En effet, l’économiste révèle que, dans notre pays , il y a 7 mille milliards qui dorment dans les banques. La révélation est de taille au moment où les jeunes réclament le financement de projets de développement, les femmes souhaitent accéder au crédits… Face à cette situation, des économistes s’insurgent: « Il faudrait qu’on questionne cette sur-liquidité des banques, il faudrait aider les jeunes à trouver de l’emploi. » Pour Cheikh Omar Ba, « il faudrait qu’on amène les banques à financer l’économie en imposant qu’elles financent entre 40 à 50% de l’activité économique de base. »

Alerte: Du sang manque au Sénégal

C’est le moins qu’on puisse dire en l’état actuel de la situation. Les hôpitaux du pays font face à un manque de poches de sang. L’alerte est venue des régions du Nord dont la plus touchée est Saint-Louis et les structures sanitaires qui dépendent de la banque de sang de l’hôpital régional.

Dakar, à travers le Centre national de transfusion sanguine (CNTS), qui organise fréquemment des journées de don de sang et dispose d’un laboratoire d’analyses médicales ainsi que d’un service d’hématologie, n’arrive pas à satisfaire la demande nationale.

Les médicaux du Nord lancent un s.o.s aux populations pour aider les malades qui ont besoin de sang.

Khalifat de la Tidjania au Sénégal: Médina Gounas et Macky Sall éconduisent Ahmed Khalifa Niasse

Le khalife général de Médina Gounass et Macky Sall envoient Ahmed Khalifa Niasse dans les cordes. Le khalife dit qu’il n’a été qu’un talibé tidiane en phase avec Elhadji Malick Sy. Le marabout se dit dérangé par les propos d’Ahmed Khalifa Niasse. Macky Sall s’est voulu très clair à propos d’Ahmed Khalifa. « Que l’on ne me mêle pas à des histoires de confréries ou de religions », a martelé le chef de l’Etat.

Lettre ouverte sur une humanisation des dures conditions carcérales au Sénégal

LETTRE OUVERTE SUR UNE HUMANISATION DES DURES CONDITIONS CARCÉRALES AU SÉNÉGAL

LETTRE OUVERTE À MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

OBJET : FAST TRACK SUR L’HUMANISATION DES LIEUX DE DÉTENTION AU SÉNÉGAL.

Monsieur le président

Cheikh ndiaye et Babacar Mane Ex pensionnaires de la chambre 11 de la maison d’arrêt de rebeuss,  sans même avoir été jugés , sont morts par électrocution par la vétusté des ventilateurs sensés les soulager dans les conditions insupportables et inhumaines comme l’ont décrit leurs camarades de chambre, témoins  des faits : une condamnation à mort sans jugement dans un pays où elle a été abolie depuis quelques années ???
Des familles qui souffraient déjà de la détention de  leur enfant qui avaient à peine atteint l’âge légale de la majorité ont eu juste le temps de constater qu’ils ne les verraient plus vivants: une douleur  a son paroxysme que les deux millions de « diakhal » ne pourront jamais apaiser tant cette plaie béante est douloureuse et insupportable.
Monsieur le président ces faits gravissimes nous poussent encore une fois par voie épistolaire à vous rappeler les dures conditions de la population carcérale sénégalaise avec ses 12.000 pensionnaires répartis dans  ses 37 maisons d’arrêt  à travers le territoire sénégalais.
Monsieur le président au Sénégal nul n’est à l’abri d’un mandat de dépôt et beaucoup de citoyens qui ont fait beaucoup moins que cette populations carcérale vaquent tranquillement à leurs occupations et beaucoup d’entre eux sont en prison juste parce qu’ils ont été au mauvais endroit au mauvais moment et ne méritent pas d’être incarcérés dans ses conditions insupportables voire inhumaines comme le décrivent les repris de justice tout le temps.
Au jour d’aujourd’hui aucun citoyen sénégalais ne peut jurer en quittant sa maison qu’il y rentrerait libre le soir tant les causes pouvant conduire un individu en prison au Sénégal  sont de plus en plus inattendues et légères .
Le surpeuplement carcéral n’est plus un secret de polichinelle et les chiffres font froid dans le dos et pour  élucider ce fait Rebeuss qui est la plus grande maison d’arrêt du Sénégal accueille 2600 personnes avec des chambres qui accueillent des fois plus de 200 êtres humais pour qui on a voté un budget alimentaire de 1000F CFA journalier qui ne suffisent même pas à acheter un seul repas descend .
Le budget du ministère dédié doit être à la hauteur d’une prise en charge normale et revu à la hausse.
Je pense que vous devriez faire une visite inopinée pour vous rendre compte de ces dures réalités que vivent ces citoyens à part entière que les dures conditions de détention excluront sûrement de la société après avoir perdu la confiance de leur famille , leur travail et leur dignité.
Aujourd’hui une maison d’arrêt devrait être différente d’une vie normale que par la liberté d’aller et de venir sinon elle dévierait de son sens originel.
Imaginez les conséquences de cette forte densité carcérale que la pudeur des prisonniers  ne permet pas de dénoncer à leur sortie monsieur le président.
Cinq médecins doivent prendre en charge toute cette population carcérale qui vit dans les conditions défavorables à une santé acceptable: 1 médecin pour 2400 personnes ça dépasse l’entendement monsieur le président  !!!
Monsieur le président un « plan Marchal » pour ces pauvres citoyens qui sont nos frères nos sœurs nos  pères ,nos mères ,des proches ,est d’une urgence et d’une nécessité absolues et nous vous prions et supplions de les mettre dans des conditions  humainement acceptables.
Une réflexion sur de nouveaux centres de détention prives par exemple pourrait faire l’objet d’un débat et recherches de solutions.
Monsieur le président , sans prétentions aucune les longues détentions de certains certains citoyens sont à déplorer et en 2019 je ne pense pas que pour certains délits mineurs qu’il soit encore nécessaire de délivrer des mandats de dépôt d’autant plus que beaucoup sont régulièrement domiciliés et votre position au conseil supérieur de la magistrature devrait vous donner l’opportunité d’ouvrir le débat avec nos valeureux magistrats qui travaillent admettons le dans des conditions difficiles : 546 magistrats c’est trop peu .
Je pense aussi qu’une commission chargée des grâces logée à la présidence et en contact direct avec les prisons pourrait mieux gérer les prérogatives de grâces et aussi que celles ci soit plus répétitives  et ne soient pas liées systématiquement aux fêtes religieuses et de nouvel an.
Un bon comportement carcéral devrait être un quitus systématique pour une grâce par exemple monsieur le président et ceci pourrait aider à un désengagement  des prisons car le trend est ascendant et comme exemple toujours sur rebeuss qui reçoit en moyennes 50 mandats de dépôt par jour soit 50 nouveaux pensionnaires qui viennent gonfler les chiffres qui sont de loin supérieures aux élargissements quotidiens.
Monsieur le président , un suivi psychologique des pensionnaires des maisons d’arrêt aurait pu réduire la souffrance de nos frères et sœurs mais pourrait aider les magistrats à mieux cerner les dossiers avec des rapports réguliers sur les personnes à juger et en aval des assistants sociaux pourrait exploiter ce travail pour une réinsertion réussie qui est encore une utopie dans notre société
Monsieur le président le calvaire des détenus est encore pire après l’élargissement puisque ils sont victime d’une stigmatisation qui a des fois même valeur d’exclusion sociale .
Mais monsieur le président votre position de président du conseil supérieur de la magistrature devrait être un poids quand à l’éradication  de deux faits qui a mon avis concourent  à cette exclusion post carcérale :
-La perte des droits civiques qui a mon avis devrait être plus lié à la nature du délit qu’à sa durée.
-Le blocage dans la création d’entreprise qui exige un casier judiciaire vierge qui est un un frein à la réinsertion et le lien ne s’explique pas.
Monsieur le président ces citoyens à part entière après avoir purgé leur peine doivent avoir le même statut que tous les autres citoyens et un accompagnement pour la réinsertion doit être un combat puisque entre temps beaucoup d’entre eux ont perdu leur travail qui était leur dignité , leur famille a éclaté car le plus souvent les conjoints n’attendent jamais un repris de justice pour continuer une vie normale et aussi souvent ils sont abandonnés par leur famille.
Monsieur le président un suivi post carcéral aurait permis de faire un diagnostic quant à leur avenir et qu’ils puissent bénéficier autant que tous les citoyens des nombreux financements d l’état sénégalais et que même des quotas leur soient réservés.
Une agence pour la réinsertion post carcérale est d’une impérieuse nécessité et aiderait aussi à éviter une récidive pour certains qui faute de réinsertion récidivent  souvent dans la délinquance.
Monsieur le président pour une modernisation du pouvoir législatif , une nouvelle figure en l’occurrence le juge d’application des peines (JAP)  aiderait à une bonne gestion de la population carcérale et vous serait d’aide à mieux gérer les grâces présidentielles
Monsieur le président cette agence pourrait les prendre en charge bien avant l’élargissement pour les préparer à la réintégration en collaboration avec les familles  et ainsi leur éviter cette phase difficile que beaucoup de pensionnaires des maisons d’arrêt appréhendent difficilement au moment de la sortie.
Monsieur le président la reconstruction et modernisation de nouvelles maison d’arrêt et de nouveaux moyens pour décongestionner l’existant est d’une priorité  et urgence absolues.
Monsieur le président il y a beaucoup de social à faire même dans la répression et dans ce cas précis le problème est simplement humain et une volonté et motivation de votre part pourrait changer beaucoup de choses.

Abdou ndiaye
Citoyen sénégalais
Esprit Libre.
Envoyé par iPhone X

Révélation: Les « illuminati » recrutent au Sénégal, selon Imam Kanté

YERIMPOST.COM L’imam Kanté de la mosquée du Point E refait surface après la polémique autour du T-shirt LGBTI du jeune artiste Wally Seck qu’il accusait de faire la promotion de l’homosexualité. Cette fois, l’imam parle d’un autre scandale. « Les illuminati sont en train de recruter activement au Sénégal: Argent, pouvoir ? Mais à quel prix ? », a révélé l’Imam Kanté sur sa page Facebook.

Crise politique au Sénégal: Dialogue ou confrontation ?

Drôle de pays !
D’un côté, les autorités politiques proclament leur volonté inébranlable
de tenir un dialogue avec les forces vives de la Nation. De l’autre, elles
accroissent la tension ambiante, en brimant les libertés d’expression et
de manifestation et en emprisonnant, à tour de bras, des citoyens,
surtout coupables de continuer à exiger la transparence dans la gestion
des ressources publiques, au-delà des arguties juridiques concoctées
par un ministre zélé et son procureur.
Cette manière de faire est en train de décrédibiliser le processus de
concertation ainsi que les acteurs politiques, qui lui sont favorables. À ne
considérer que le dialogue politique, portant principalement sur les
questions électorales, son opportunité et sa pertinence sont
profondément remises en cause par les tentatives de report unilatéral
des prochaines élections locales et le refus obstiné de la Coalition au
pouvoir, d’abroger la loi scélérate sur le parrainage.
Que dire alors de cette atmosphère délétère que nous vivons depuis le
hold-up électoral du 24 février dernier ?
Il est clair que nous vivons une crise sociopolitique manifeste, qui ne
constitue qu’un retour de manivelle d’une pseudo-victoire électorale,
obtenue au forceps et reposant sur des engagements faits durant la
campagne électorale, que la situation économique du pays ne permet
plus de tenir. Il en est ainsi des postes juteux des transhumants, des
promesses d’emploi aux militantes apéristes de la banlieue, aux jeunes
de Fatick et même aux marrons du feu.
La majorité est aussi victime du « syndrome du dernier mandat » lié au
fait que la seule personne capable de fédérer les forces disparates de
Benno Bokk Yakaar, à savoir, le président de la république ne peut plus
rempiler et voit donc son autorité s’étioler, à mesure qu’approche la date
fatidique des présidentielles de 2024.

De fait, la situation est caractérisée par d’inquiétants soubresauts au
sein du pouvoir de Macky Sall, confronté à la quadrature du cercle sur le
scandale Pétrotim, sans oublier des prémisses de plus en plus
irréfutables d’un ajustement structurel inéluctable. Et comme pour corser
l’addition, des phénomènes étranges, à forte connotation mystique se
déroulent sous nos yeux d’africains superstitieux, depuis l’incendie
mystérieux de la voiture présidentielle jusqu’à la disparition prématurée
d’éminentes personnalités politiques de la majorité, en passant par les
multiples frondes au sein de cercles très proches du président.
Mais ne nous y trompons pas !
Les causes de la défiance populaire, qui gagne en ampleur, n’ont rien de
surnaturel. Elles ont trait au renchérissement du coût de la vie, dont la
récente hausse du carburant est emblématique. Elles relèvent
également de la dette intérieure, qui étouffe les entreprises du bâtiment,
les établissements privés d’enseignement supérieur et beaucoup
d’autres sociétés, auxquelles l’État doit beaucoup d’argent.
Au niveau du monde rural, les arriérés de bourses de sécurité familiale
et les retards préoccupants de la pluviométrie augurent de lendemains
cauchemardesques.
Ces difficultés économiques, qui n’épargnent que les cercles les plus
proches du pouvoir, sont à l’origine de la détérioration du climat social,
que les bureaucraties syndicales ont de plus en plus du mal à juguler,
face au mécontentement des militants de base. Elles expliquent
également l’insécurité croissante, avec de nouvelles formes de
banditisme, auxquelles nos forces de sécurité ne sont pas préparées.
Face à ce tableau angoissant, très évocateur d’une explosion sociale
imminente, il est difficile de comprendre les atermoiements des ténors de
Benno Bokk Yakaar sur la nécessité de revoir leur copie.
Il ne leur est plus possible de gouverner comme ils l’ont fait durant le
premier mandat, car la base sociale de leur régime est en train de
rétrécir comme une peau de chagrin. Les masses fondamentales,
longtemps envoûtées par les artifices de la communication
présidentielle, ont de plus en plus l’impression d’être laissées pour
compte par des politiques, dont les fruits attendus à l’entame de ce
second mandat, sont loin d’avoir tenu la promesse des fleurs.
Elles attendent, de toute urgence, la rectification du processus électoral,
la libération des prisonniers et otages politiques ainsi que la fin de
l’impunité pour les hommes du pouvoir. Elles exigent aussi la refondation
des institutions, une revalorisation de leur pouvoir d’achat, des solutions
au chômage des jeunes, la réforme profonde des politiques publiques de
santé, d’éducation, de sécurité, de transport…etc.
Elles ne comprennent pas l’attitude agressive des faucons du palais, –
adeptes des libertés de répression et d’oppression à l’encontre de

l’Opposition – qui ne fait que favoriser une confrontation, qui pourrait être
salutaire, si elle devait déboucher sur l’éviction de ce régime calamiteux
et des perspectives d’une véritable alternative civile, pacifique au profit
des masses laborieuses.
Malheureusement, en lieu et place d’un front unitaire reposant sur un
programme alternatif, l’Opposition offre le visage de la division, du culte
des messies et des manœuvres politiciennes, à forte connotation crypto-
personnelle. Elle devrait se ressaisir et faire preuve de plus de
responsabilité, d’autant que notre pays est devenu de fait un pays
pétrolier et gazier, avec tous les risques attachés à ce nouveau statut.
NIOXOR TINE
leelamine@nioxor.com

Can 2019: Le président de la Caf se prononce sur le penalty refusé au Sénégal

YERIMPOST.COM Ahmad Ahmad s’est prononcé sur le penalty refusé au Sénégal contre l’Algérie en finale de la Coupe d’Afrique des nations, mais aussi sur l’usage de la Var. « Je compare cela à un pilote d’avion qui doit accumuler un certain nombre d’heures de vol. C’est pareil pour l’arbitre qui doit avoir un certain nombre d’heures d’utilisation de la Var. Avant la Can, seuls quatre arbitres (africains) étaient aptes à faire usage de l’assistance vidéo. Aujourd’hui, ils sont seize. Mieux, deux arbitres européens nous ont assistés durant cette Can. Lors de la finale, le grand patron de l’arbitrage à la Fifa était présent. Comme quoi il faut s’entraider pour maîtriser cet outil. Concernant les divergences de vue sur son utilisation, c’est tout à fait normal. Mais, avec la Var, je trouve qu’on ne peut que rendre justice si on prend comme exemple ce penalty que l’arbitre a failli accorder au Sénégal« . Une manière très claire pour Ahmad Ahmad de dire qu’il y’avait pas penalty.

Jeunesse et politique au Sénégal (Souleymane Ly)

La jeunesse joue un rôle capital dans la politique et cela dans tous les pays du monde. Les
jeunes apparaissent à l’avant-garde des combats politiques.
Partout, à l’occasion de révolutions ou simplement de grands mouvements de masses, c’est
généralement la jeunesse qui s’est trouvée en première ligne, poussée par son besoin d’absolu,
son désir de changement, son courage et son dynamisme.
Une chose est certaine : l’apport de la jeunesse est la condition indispensable de tout progrès
politique ou social. La succession des générations et leur opposition fatale sont sous ce
rapport aussi utiles que la transmission de certaines valeurs et connaissances essentielles
d’une génération à l’autre.
Cette jeunesse est en effet fort diverse selon les pays, les idéologies et l’origine sociale.
Force est de constater que ces jeunes sont souvent exclus ou ignorés comme potentiels
candidats aux postes élus. La politique est généralement considérée comme un espace pour les
hommes expérimentés en politique, et comme les femmes sont souvent désavantagées dans
l'accumulation d'expérience pour s’engager en politique, les jeunes sont systématiquement
marginalisés en raison de leur jeune âge, des possibilités limitées et du manque conséquent
d'expérience.
Dans notre pays, ils sont nombreux les jeunes qui s’engagent dans la politique mais combien
sont-ils à être formés dans ce sens ? Généralement, leur niveau est relativement bas et cela
déteint sur la qualité du débat politique. Ils s’engagent la plupart du temps derrière un homme
ou une femme politique et croient fermement qu’ils doivent le ou la défendre contre vents et
marées. Rien dans le débat constructif et tout le monde verse dans l’invective, les insultes, les
attaques au bas de la ceinture…
Cette jeunesse politique manque de formation et c’est un constat. Rares sont ceux et celles là
qui s’occupent d’avoir un profil professionnel avant de s’engager en politique et les écoles des
partis ne les aident pas assez. Ils sont nombreux à ne pas réellement comprendre l’idéologie et
les valeurs véhiculées par le parti dans lequel ils militent. Ils se contentent de s’identifier à un
homme ou une femme à qui ils doivent tout ou à qui ils espèrent tout devoir espérant un poste
à ses cotés.
Les partis politiques les mettent au coeur du discours public. Au Sénégal comme dans la
plupart des pays d’Afrique subsaharienne, les jeunes ne manquent pas d’être au centre du
discours public. Ils sont considérés comme le « fer de lance de la nation », « la garantie la
plus sûre pour l’avenir » ou encore « l’avenir au présent ». Cette pléthore d’expressions toutes

aussi métaphoriques les unes que les autres, montre au moins qu’au niveau du discours, les
jeunes occupent une place importante. Qu’en est-il maintenant de leur formation politique ?
Ces jeunes constituent une véritable force sur le plan démographique. Le potentiel de cette
force démographique est évident dans les calculs politiques de ceux / celles qui aspirent à être
des élus / es. Ces derniers ne manquent pas de courtiser les jeunes à la faveur des échéances
électorales. Plus les jeunes sont organisés, conscients de leurs forces et de leurs intérêts, plus
ils pourront utiliser leur poids électoral pour : Influencer l’agenda politique, c’est-à-dire
déterminer dans une certaine mesure le contenu des programmes des partis politiques, les
priorités des politiques publiques et les thèmes de débat qui font l’actualité nationale…
Aujourd’hui, le débat politique est très pauvre et la jeunesse refuse de le porter haut. Tout au
contraire, cette jeunesse est dans « tout est bon » quand elle est du côté du pouvoir ou « tout
est mauvais » quand elle se retrouve dans l’opposition.
Ce jeu de « ping-pong » engendre généralement une violence verbale et même physique qui
s’exacerbe lors des joutes électorales. Au cœur de toutes les violences à caractère politique
l’on trouve l’action de jeunes. Ces derniers, à l’approche d’élections de quelque nature que se
soit, se chargent de faire monter la tension par des intimidations, des insultes, des expéditions
punitives…
Sont-ils uniquement utiles à cela ? Nous pensons sincèrement que non.
Dans l’arène politique, les jeunes apportent de l’énergie, de l’innovation, de la créativité, de la
maîtrise de nouvelles techniques de communication…
Ils doivent par ailleurs être bien formés pour comprendre que militer dans un parti politique
c’est respecter les règles, textes et décisions du parti, ne soutenir aucun autre candidat que
celui investi par son parti, ne pas faire une déclaration publique au nom du parti sans une
autorisation de la hiérarchie, respecter la discipline du parti…
L’engagement au sein d’un parti politique, bien qu’il puisse être spontané ou consécutif à une
expérience personnelle marquante se doit d’être le résultat d’une démarche construite,
réfléchie et guidée par des motivations bien comprises et bien cernées.
Militer en politique veut dire s’engager au sein d’une organisation partisane dans le but de
promouvoir et défendre une idéologie, une cause, une politique, des idées, etc. Militer en
politique nous met en face d’autres personnes qui n’ont pas la même idée de l’organisation de
la société, pas les mêmes points de vue et le plus souvent pas les mêmes intérêts que nous.
Ces derniers doivent être respectés pour cette divergence dans le choix et les idées car c’est
qui fait le lit de la démocratie. Qui pour le comprendre ?

Maintenant, nous savons qu’ils ne sont pas tous pareils car l’on a bien compris que l’on n’a
pas une uniformisation de la catégorie « jeunes ». Ils sont tout aussi nombreux ces jeunes qui
se forment et qui portent haut l’étendard de leur formation politique.
C’est dans cette voie qu’on les appelle tous.
Souleymane Ly
Spécialiste en communication
Julesly10@yahoo.fr
776516505

Genre, Sexe, Homosexualité au Sénégal

« Être scientifique, c’est aussi avoir la capacité de la
distanciation nécessaire par rapport à l’objet de
recherche pour appréhender le réel »

Le débat sur la problématique genre occupe ces derniers temps l’espace public sénégalais qui
ne cesse d’ailleurs de se rempiler quotidiennement d’évènements nouveaux. En ce qui
concerne la question inhérente au « Genre », chacun y va de sa propre compréhension, de son
appréhension subjective voire de son interprétation personnelle comme si le « genre » est une
notion accessible à tous dépourvue de toute valeur scientifique. Ce qui n’est absolument pas le
cas ! Les sociologues accordent une importance capitale aux « concepts » voire à la
conceptualisation dans la démarche scientifique et, sans nul doute c’est l’une des raisons pour
lesquelles l’un des pères fondateurs de cette discipline en l’occurrence, Emile Durkheim
(1858 – 1917), recommande dans son ouvrage phare les règles de la méthode sociologique
(1895) aux chercheurs de définir en amont ce dont il traite afin que nul n’en ignore le sens et
la portée. « La première démarche du sociologue doit donc être de définir ce dont il traite,
afin que l’on sache et qu’il sache bien de quoi il est question ».
Qu’est-ce que le Genre ?
Partant de cette recommandation durkheimienne, il importe dès l’entame de cette contribution
de préciser, comme doivent le savoir tous les spécialistes de l’approche « Genre », que ce
concept ne signifie vigoureusement pas le sexe comme l’explique merveilleusement bien le
Pr. Fatou Sow Sarr, directrice du Laboratoire genre et recherche scientifique de l’IFAN, dans
son article intitulé Le Genre dans la recherche scientifique. Elle y démontre de manière claire
et nette que le sexe renvoie à un déterminisme biologique (physique ou physionomique,
chromosomique X ou Y selon que l’on soit un homme ou une femme, organes génitaux
masculins ou féminins). Cela veut tout simplement dire que le sexe est biologiquement
déterminé alors que le genre lui est « une construction sociale qui renvoie à une société et à
une culture » dès lors qu’il s’avère fondé que c’est le processus de socialisation des hommes
et des femmes qui leur assigne des rôles différents, au niveau de la reproduction, de la
production et de la distribution des responsabilités. En tant que « concept », le genre relève de
la science avec son objet, sa méthode et ses outils d’analyse (OMO).
Pour faire office de science en effet, il faut répondre à un ensemble de critères unanimement
définis par la communauté scientifique internationale. Il faut d’abord avoir un (i) objet
d’étude spécifique (les relations hommes-femmes) ; ensuite (ii) une méthode tangible
décrivant la démarche méthodologique (cadre théorique et conceptuel découlant du paradigme
de l’égalité des sexes) ; (iii) des outils d’appréhension du réel voire de la réalité (les outils
d’analyse genre sont très nombreux) et enfin (iv) l’universalisme des résultats (qui ne
s’applique pas souvent dans les sciences sociales et humaines du fait de son objet et des
réalités empiriques sous-jacentes). Voilà les critères immuables de scientificité qui font d’une
discipline une science/ Popper va plus loin en inscrivant la « réfutabilité » comme critère
déterminant de scientificité pour éviter effectivement que la science ne soit un dogme. Il
préconise toutefois que « pour réfuter une théorie, il faut établir qu’elle produit deux

propositions contradictoires ou une prédiction contredite par un phénomène reproductible
(…) et s’assurer qu’elle ne peut jamais produire deux assertions contradictoires, ni jamais
être contredite par l’occurrence d’un phénomène reproductible qu’elle prédisait impossible ».
Par ailleurs, le genre en tant que « approche » a fait un long chemin avant de s’imposer
comme « outil d’analyse » devant permettre d’apprécier les disparités hommes – femmes dans
les politiques en termes notamment prenant ses racines dans un cadre théorique reconnu.
L’objet du genre en tant que concept scientifique est de démontrer le « caractère social » des
représentations du masculin et du féminin ainsi que les rapports de pouvoir qui produisent des
inégalités. En tant qu’approche, il a été précédé par deux autres approches à savoir l’insertion
des femmes au développement communément appelé « approche IFD » qui avait prévalu dans
les années 1950 – 1960 et l’approche femme et développement plus connu sous l’appellation
« FED » au cours des années 1970 – 1980.
Du chemin parcouru par le genre
Pour rappel, la théorie de l’IFD est la première à émerger sur la scène internationale pour
rendre compte la situation de vulnérabilité socioéconomique dans laquelle les femmes se
trouvent majoritairement dans le monde. Son objectif final était alors de promouvoir le « bien-
être » des femmes en allégeant leurs conditions de travail par la mise en place de programmes
d’assistance. Pour cette approche, la conception selon laquelle le déterminisme biologique est
à l’origine des disparités entre les sexes n’est d’autre qu’un prétexte fallacieux et non fondé,
d’où l’urgence de repenser les rapports hommes-femmes au sein de la société notamment en
ce qui concerne les politiques de développement socio-économique des pays et l’accès aux
opportunités offertes par le marché. Elle met de ce fait en exergue, la ténacité des pesanteurs
socioculturelles et la perception trop empreinte de préjugées du rôle et de la place de la
femme au sein de la société. Partant de ces considérations, elle prône une participation
effective des femmes dans toutes les initiatives de développement notamment dans les pays
du Tiers Monde, où elles sont généralement confinées dans des rôles secondaires. La finalité
de l’IFD était d’améliorer les conditions de vie des femmes en leur assurant une assistance
sociale et en travaillant à la réduction de leurs charges de travail domestique.
Après près de vingt ans d’application, elle s’est révélée inefficace du fait qu’elle s’attardait
trop sur des préoccupations secondaires et s’inscrivait dans une logique « assistantielle » qui
confinerait éternellement les femmes dans une position attentiste et non dans une dynamique
proactive en tant qu’actrices à part entière de développement. C’est pour pallier à cette
conception isolée de la femme que va naitre l’approche FED au cours des années 1970.
Cette approche nouvellement instituée insiste sur le fait que les secteurs considérés
« productifs » sont du domaine exclusif des hommes alors que les femmes sont cantonnées
dans les travaux domestiques non productifs du point de vue de la comptabilité voire de
l’économie de marchande. Elle appelle ainsi à une prise en considération du travail non
rémunéré effectué par les femmes dans les sphères domestiques et qui permet cependant de
garantir l’équilibre social et la reproduction biologique. La troisième conférence
internationale de la femme convoquée à Nairobi en 1975 a été une occasion pour la
communauté internationale de se pencher sur l’opérationnalité de l’approche FED. Au terme

des débats, il lui a été objecté d’ignorer l’apport des femmes et leur contribution à la
production de biens et de services dans leur communauté. Qu’il s’agisse de l’IFD ou de FED,
il s’est posé un problème d’opérationnalisation du moment où les décideurs ne visaient que
l’amélioration des conditions de vie des femmes et non la transformation des rapports de
pouvoir qui confinent les femmes au bas de l’échelle dans l’accès et le contrôle des
ressources.
C’est à la suite de ces critiques que l’approche genre et développement (GED) vit jour au
cours des années 1990 et fut officiellement adoptée comme approche transversale pour
analyser les disparités inhérentes au statut social de l’homme et de la femme, à leurs accès et
contrôle des ressources, à l’accès au pouvoir ou aux instances de prise de décision, et surtout,
dans son opérationnalisation, à l’identification de leurs besoins spécifiques conformément à
leur statut social. L’approche part du principe que la pauvreté n’atteint pas de la même
manière homme et femme selon les contextes et les réalités spécifiques à chaque terroir. Elle
vise ainsi à lutter contre les disparités dont peuvent être victimes aussi bien les hommes que
les femmes. Elle n’est pas de ce fait une approche résolument orientée vers la satisfaction
particulière des besoins de la femme. Non ! Elle prend aussi en considération les
préoccupations des hommes en matière de développement. Voilà ce qui fait qu’elle soit une
approche transversale qui touche véritablement tous les domaines de la vie économique. Elle
a cette particularité de toujours interroger le « milieu social » en termes de disparités quant à
l’accès aux opportunités de développement et de veiller à ce que cela soit équilibré entre les
deux composantes essentielles qui constituent la société à savoir l’homme et la femme. Son
objectif est de corriger les disparités socioéconomiques défavorables à l’homme ou à la
femme. Toute autre utilisation de ce concept en dehors de ces sphères relève de l’idéologie et
comme le disait l’autre « quand l’idéologie entre le laboratoire, la science en sort et
l’obscurantisme s’installe ».
Utilisation obscurantiste d’un concept scientifique
Le genre est utilisé majoritairement au Sénégal comme un concept « fourre-tout » dans lequel
l’on ingère du tout et du n’importe quoi y compris de l’homosexualité. Tant que le genre est
conçu comme tel (un concept fourre-tout), alors l’on peut se permettre toutes les aberrations
puisque c’est aussi au Sénégal où l’on trouve des « experts » qui assimilent le genre à la
femme. Une autre aberration car, comme le note le Pr. Fatou Sarr, « le genre n’est pas la
femme et utiliser les deux termes de manière interchangeable est conceptuellement erroné. »
Cependant, quand un ministre de la république qui est censé connaitre tonne haut et fort que
genre signifie sexe et que ceux qui ne le savent pas restent très en retard de l’évolution des
concepts et du monde, il peut alors être permis que des « profanes » de l’assimiler à
l’homosexualité. Ce discours gagne de plus en plus du terrain, aussi bien en Europe que
partout dans le monde, du fait qu’il est parfois porté par de vaillants et opiniâtres idéologues y
compris des scientifiques de renom. Il est dès lors de notre ressort, nous autres scientifiques et
chercheurs africains, de leur barrer la route parce qu’ils savent mieux que nous-mêmes que le
genre n’a absolument rien à voir avec les LGBTI ou encore l’homosexualité.
Si par ailleurs des « chasseurs de primes » et autres « capteurs de fonds » courbent l’échine
sous la pression financière d’organisations occultes dont la mission principale est de passer

par l’ambiguïté de ce concept et les confusions engendrées jusque-là par celui-ci pour
dérouler leurs agendas non avoués de promouvoir l’homosexualité au Sénégal, et plus
largement dans les pays africains, il revient à la communauté scientifique nationale de leur
opposer des arguments tangibles en vue de démontrer que tout cela n’est soutenu que par une
idéologie fallacieuse. Tout autre démarche de la part de la communauté scientifique nationale
voire locale revient tout simplement à accepter, de fait, que l’instance de validation
scientifique se trouve ailleurs et que la science devienne « normative » pour reprendre aussi
les propos de Pr. Cheikh Anta Diop selon lesquels « les africains sont persuadés que pour
qu’une vérité soit valable et objective, il faut qu’elle sonne blanche » avant d’ajouter, « et ça,
c’est un repli de notre âme qui doit disparaitre ».
Le Genre, et il faut le savoir et le retenir une bonne fois pour tout, est un concept scientifique
opératoire, un outil d’analyse comme tous les autres et enfin un enjeu de développement
visant à lutter contre les disparités dont peuvent être victimes hommes et femmes. Mettre
« genre » à la place de « sexe » dans n’importe quel document et par qui que ce soit, est
scientifiquement erroné ! Le sexe est biologique alors que le genre est un construit
socioculturel qui étudie justement les rapports sociaux de sexe pour asseoir les bases d’une
société marchant sur ses deux pieds.

———————-
Abdoulaye CISSE,
Psychosociologue,
Doctorant-chercheur à l’UPEC – Paris.
abdoulayecissesam@gmail.com

Rapport de Transparency International 2018: De la corruption au Sénégal…

Presque un peu plus d’un an, jour pour jour, après la publication du fameux rapport de l’OFNAC sur la
corruption au Sénégal qui avait soulevé des vagues de contestation, de dénonciations et
d’indignation pour avoir indexé la Police, la Gendarmerie et la Santé comme étant les secteurs les
plus corrompus du pays ; voilà que TRANSPARENCY INTERNATIONAL dans son rapport 2018 vient
d’en rajouter une énorme couche en citant le gouvernement, l’Assemblée Nationale et les Religieux
comme étant aussi des entités très corrompues.
Ben.. N’en jetez plus. La coupe est pleine…Elle déborde même.
Sans refléter la vérité vraie pour parler comme l’autre, ce rapport a tout de même le mérite de
montrer qu’au Sénégal, la corruption est endémique et gangrène presque tous les secteurs de la vie
économique, sociale, politique, religieuse et j’en passe. Ce que tout le monde sait d’ailleurs pour le
vivre quotidiennement et à tous les niveaux.
La question qu’il faut se poser est : Comment en est- on arrivé là ? Sommes- nous génétiquement
des corrompus ?
La réponse coule de source : NON… On nous a rendu corruptibles et le principal responsable de cet
état de fait n’est pas à chercher bien loin. C’est LE BLANC..OUI LE BLANC..
En effet, Nos ancêtres, nos grands-parents, nos parents avaient un code de conduite social basé sur
la sacralité de la PAROLE DONNEE et de l’HONNEUR . Ils respectaient scrupuleusement leurs
engagements pris et se faisaient un point d’honneur pour ne pas être pris en défaillance dans une
affaire scellée avec les autres. Tout sur la base de la DIGNITE et de la CONFIANCE non écrite. Ils
fuyaient l’opprobre sous toutes ses formes pour des manquements allégués.
Il aura fallu que le Blanc arrive et amène dans ses bagages, le papier et la signature pour authentifier
un engagement pour que le ver de la corruption infeste nos sociétés.
Mon grand- père disait : « Bou Toubab-bi gnewer, baner signel fi , ci la ndioublang dioudou »
traduction non certifiée « C’est quand le Blanc a amené des papiers pour dire Signez ici, que la
roublardise et la corruption sont nées dans nos sociétés » .CLAIR ET NET…
C’est d’ailleurs cette même politique de corruption des mœurs adossée à des violences inouïes que
le Blanc a toujours utilisée pour prendre aux Indiens d’Amérique, leurs vastes territoires ; aux
africains, leurs frères et leurs richesses ; aux amérindiens du Brésil, leur immense forêt ; aux
aborigènes australiens, leurs terres, etc..

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C’est encore et toujours cette même politique de corruption des élites africaines qui est mise en
branle par les Grandes Puissances prédatrices du Monde pour spolier autant que faire se peut, les
immenses ressources minières, gazières, pétrolières et forestières d’Afrique. L’Interview de l’ancien
Président de TOTAL Loïc Le FLOCH Prighen sur M6 et qui circule sur le NET est très illustrative de ces
pratiques de corruption, de spoliation et de vol éhonté des richesses pétrolières du Congo, de
l’ANGOLA et autres … La corruption y est érigée en un véritable bréviaire de gestion économique,
financière et politique…pour les Africains.
Le système capitaliste a développé et mis en œuvre la corruption pour parvenir à ses buts :
s’accaparer à moindre frais, les richesses des plus faibles. Et elle (corruption) prospérera tant que les
Grands Etats capitalistes, émergents et autres continueront dans leur logique de concurrence et de
domination du Monde par l’accumulation des richesses à leur seul profit.
La corruption revêt des formes plurielles qu’on voudrait dénommer autrement mais qui n’en
demeurent pas moins de la CORRUPTION.
En Afrique, on dira abruptement et crûment : CORRUPTION. Ailleurs, chez les autres qui nous taxent
de corrompus, on parlera de LOBBYING. Quel doux nom pour qualifier une démarche qui n’est ni plus
ni moins que de la CORRUPTION. Aussi vrai que quand l’enfant «pète» et que le papa se soulage.
C’est tout simplement de la flatulence. Et malgré toute la précaution sémantique, c’est toujours Faire
du vent.. Am DEET ? (N’est-ce pas ?)
Toute forme d’action, de démarche ou d’entreprise menée dans l’optique d’atteindre des objectifs
spécifiques en contournant ou en détournant les règles de Droit ou de justice est de la corruption.
Il serait illusoire de vouloir citer dans cet article toutes les formes de corruption tant elles sont
nombreuses et diverses.
La corruption comme ses corollaires que sont la concussion, la fraude et le vol vit, sévit et s’invite
partout à travers le Monde. Cela ne nous dédouane pas. Loin s’en faut.
Mais je trouve simplement que cela devient trop commode de toujours nous indexer, nous
Sénégalais et africains de nous incriminer et nous laisser culpabiliser à mort par les autres
particulièrement par ceux- là mêmes qui nous ont inoculé le virus de la corruption.
Alors que nos bakchichs et autres « Nouyau mouride ou tidiane » ne sont que des roupies de
sansonnet devant les énormes sommes des Lobbyers qui se chiffrent en milliards de dollars et
souvent en milliers de vies humaines. Les affaires Mani Pulite en Italie, Watergate aux USA dans les
années 80, PETROBRAS au Brésil ; FIFA –Quatar ; Madoff aux USA , Bigmalion en France,
PanamaGate ; IAAF en cours et tant d’autres, sont assez illustratives des pratiques corruptrices dans
le monde. Pour dire simplement que la corruption n’épargne aucun pays ni aucun peuple.
Dès lors que le phénomène est multiforme et endémique à tous les niveaux, il serait illusoire de
chercher à l’éradiquer. Et puis, le peut- on vraiment et surtout le veut-on réellement ?
Car, à part les pays nordiques (Suède-Norvège-Finlande-Danemark) qui ont réussi à véritablement
graver dans les gènes de leurs citoyens, la phobie viscérale de la corruption –du moins pour ce qu’il
nous a été donné de voir-Tous les autres grands pays sont des pays corrupteurs par essence.
La corruption est consubstantielle au Grand Capitalisme, à l’expansion économique, militaire et à la
domination politique. C’est pourquoi, il n’est pas étonnant de constater qu’à part les condamnations
de façade, rien n’est fait et ne sera fait pour véritablement mettre fin à cette pratique corrosive
qu’est la corruption. Les rapports n’y feront rien. Tout au plus ; vont-ils inciter les pays corrupteurs à
davantage affiner leurs méthodes dolosives en la matière.
Concernant notre pays, il s’agit surtout de savoir comment gérer la corruption pour la rendre moins
destructrice. Et dans cette perspective, les actions à notre (petit) avis, doivent porter –entre autres-
sur les nominations aux postes de haute responsabilité dans les structures étatiques, publiques,
parapubliques et autres qui, en dehors des accointances politiques, devraient plus obéir à la règle de
la concurrence ouverte et aux contrats de performances valant engagement.
Ensuite, il faudra LIBERER totalement les corps de contrôle (IGE-OFNAC-IGF-CENTIF-Cour des
Comptes etc..) et les laisser mener à leur guise, leurs missions d’enquêtes, de vérifications et d’audits

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pour faire éclater la vérité sur la gestion des comptes publics. Et surtout il faudra donner suite à leurs
recommandations. Et dans les cas avérés de corruption, des sanctions doivent être prises sans état
d’âme. Il s’agira aussi de créer les conditions qui vont permettre au corrompu d’accepter –ou d’avoir
le courage -de dénoncer et de démasquer le corrupteur pour dissuader cette pratique.
Ségura l’a fait avec la mallette de Maître Wade. C’est sûr que depuis, beaucoup y ont regardé par
deux fois avant d’engager une quelconque action de corruption.
Ce changement de paradigme permettra de réduire significativement les pratiques de corruption qui
gangrènent tous les secteurs de notre vie.
Enfin, il s’agira de parfaire l’éducation civique, morale et religieuse de tout un chacun pour nous
inoculer à doses homéopathiques l’antidote de la corruption.
Mais au regard de l’ampleur de la gangrène, pourra-t-on réussir cette gageure ?
Ben…Comme « il n’est point besoin d’espérer pour entreprendre… ».Gardons donc espoir que INCH
ALLAH, notre pays changera et les sénégalais avec…
INCH ALLAH…

Que DIEU nous gardes et gardes le Sénégal.

Dakar le 19/ 7/2019

Guimba KONATE
DAKAR
guimba.konate@gmail.com

Cette horrible banalisation de la pédophilie au Sénégal (Marvel)

Faut-il s’étonner de la terrible recrudescence des viols sur mineur au Sénégal, de la banalisation de la pédophilie, de la multiplication des mariages précoces ?

Coucher avec des enfants n’est semble-t-il pas un crime au Sénégal. C’est même une recommandation si l’on se fie aux paroles de ce fameux Oustaze Alioune Sall qui s’est exprimé récemment en ces termes : « Un homme doit prendre femme à l’âge de 25 ans. Quant aux filles, il faut les offrir en mariage dès qu’elles ont l’âge de 9 ans. Ainsi le mari peut aller l’élever lui-même ……. ! ». C’est tout simplement répugnant et effrayant.

Ce pseudo Oustaze sortirait de tels propos ailleurs qu’au Sénégal, il serait déjà bon pour la prison, et à juste raison. Pas besoin d’aller plus loin que la Gambie par exemple où l’on se rappelle de ces propos en 2016 de Yaya Jammeh qui se montrait intransigeant contre les homosexuels et les pédophiles. Il disait ceci au sujet des mariages précoces dont Oustaze Alioune Sall fait la promotion au Sénégal :

“ Désormais, les hommes qui épouseront des filles âgées de moins de 18 ans écoperont de 20 ans de prison. Quant aux parents de ces mineures qui se rendront complices d’une telle union, ils purgeront une peine de 21 ans de prison. Nous détruisons l’avenir de nos enfants qui devraient aller à l‘école. J’enverrai en prison, même les imams qui célèbreront ces mariages. Et si quelqu’un est au courant d’un mariage de ce genre et qu’il ne le dit pas, nous l’enverrons en prison pour 10 dix ans. Quiconque sera découvert en train de forcer son enfant à épouser une autre personne sera emprisonné”

Voilà qui est dit très clairement. Malgré tout ce qu’on peut reprocher au Président déchu, il avait parfaitement raison sur ce point.

Comment une enfant de 9 ans peut déjà avoir des sentiments vis-à-vis d’un homme de 25 ans et plus, ou serait en âge de pouvoir donner son consentement pour une décision aussi sérieuse qu’un mariage ?

D’ailleurs ce Oustaze ne fait même aucune référence au consentement de la fille. Dans l’une de ses vidéos qui sont encore en ligne, il dit simplement « qu’il faut donner la fille à un homme dès qu’elle a 9 ans ». Pratiquement comme l’on « donne » un mouton de Tabasky à un parent ou ami, à savoir qu’il est inutile de demander au mouton son avis.

Pourtant, même l’Islam que ce Oustaze est sensé connaître sur le bout des doigts, évoque bien le consentement des deux personnes (l’homme et la femme) pour le mariage. Alors il faut croire que ce Oustaze se base sur ses propres pulsions à lui, et non sur l’Islam, pour se mettre à recommander aux grands gaillards de 25 ans et plus, d’aller épouser et déflorer des enfants de 9 ans, qu’elles soient consentantes ou non. L’essentiel est que ces grands gaillards convainquent les parents irresponsables, ou opportunistes de leur offrir en cadeau leurs petites filles.

Epouser des enfants et détruire leurs vies est devenu tellement banal au Sénégal, qu’un Imam ou un Oustaze peut promouvoir librement dans ses prêches ce qui n’est rien d’autre que la pédophile. D’ailleurs, on a même l’impression qu’il est interdit de les contredire ou de les dénoncer. Le Sénégal serait-il envahi par des pervers ?

Regardez dans les rues, dans les marchés, dans les villages, dans les quartiers. Nous voyons tous des couples qui ne devraient absolument pas en être un, mais plutôt une enfant et son papa ou grand-papa. Nous voyons des enfants qui portent sur le dos leur propre bébé et non leur petit frère. Nous voyons des petites filles malheureuses, effrayées, tristes, qui subissent la vie de tous les jours au lieu de la savourer. Nous voyons des enfants qui vont au marché avec la dépense quotidienne au lieu d’être en classe.

Regardez dans les hôpitaux. Nous voyons des filles s’y rendre parce que victimes de déchirures au bas ventre, d’avortement, de problèmes hormonaux, de complications durant une grossesse bien trop précoce, etc…..

Regardez dans les morgues et les cimetières. Combien de petites filles mariées ont rendu l’âme :  parce que victimes d’hémorragies – victimes de maladies après contamination d’un mari sans pitié – à la suite d’accouchements bien trop risqués pour leur âge – à la suite d’un suicide – à la suite de cumul de problèmes de santé qui auraient pu être évités si l’on avait laissé leur corps se développer normalement – …..

Le plus inquiétant dans tout cela, c’est que :

** La pratique de la pédophilie fait de plus en plus l’objet de prêche, de recommandations par des irresponsables sans pitié pour les enfants

** Les viols sur mineur, lorsqu’ils font l’objet d’une plainte par la victime ou ses parents, font l’objet de sanctions insignifiantes, parfois une simple indemnité de quelques milliers de francs

** Les organisations de défense des droits de l’homme n’en ont cure car ce n’est pas assez Buzz comme sujet. Sauf peut-être quand cela concernera une personnalité célèbre

** Les organisations féminines se font très discrètes

Dans un tel contexte, tous les parents un minimum responsables, sont invités à bien surveiller leurs filles, ne pas compter sur nos autorités, nos religieux, ou nos lois pour les protéger. Les pervers sont désormais à tous les coins de rue, dans les bureaux, dans les mosquées, dans les tribunaux, dans les villages, dans les champs.

Laissons les petites filles grandir. Les futures épouses et mères qu’elles seront méritent dès leur plus jeune âge, respect, attention, considération. Elles sont à la fois si fragiles, et si fortes, car il faut l’être pour pouvoir s’occuper comme elles le font pendant des dizaines d’années de la maison, des enfants, du mari, du ménage, des repas, du linge, ……. Honte à tous ces pervers qui zieutent des gamines, qu’ils préfèrent aux filles majeures capable de leur dire « non ».

MARVEL

E-mail : marvel@hotmail.fr

Que vient faire le roi Mswati III au Sénégal ?

YERIMPOST.COM Mswati III, roi d’Eswatini, est attendu à Dakar pour une visite officielle. Dans son programme, l’hôte du chef de l’Etat Macky Sall se rendra, entre autres, au parc industriel de Diamniadio. Mswati III est l’empereur de l’ex-Swaziland, pays d’Afrique australe bordé par l’Afrique du Sud et le Mozambique.

Pétrole et Gaz: Macky Sall et l’axe du mal politique au Sénégal (Par Nasire Ndome)

Depuis la diffusion du reportage du BBC le 02 juin 2019 portant de graves et fausses allégations sur la gouvernance des ressources pétrolières du Sénégal , notamment les blocs saint louis offshore profond et cayar offshore profond qui avaient été attribués à la société PETRO TIM, en association avec la société des pétroles du Sénégal PETROSEN conformément au code pétrolier de 1998 , et, également, accusant le maire Aliou sall de corrompu et l’Etat du Sénégal de faible par rapport à la défense des intérêts du Sénégal, on constate des sorties médiatiques et des rassemblements sortant et venant de partout visant à amplifier les allégations de BBC et manipuler l’opinion pour des raisons politiciennes sans fondement , dirigés par une société civile encagoulée à la solde des politiciens et des forces obscures.

En effet, cette cabale médiatique et politique contre la personne d’ALIOU n’est qu’une suite logique de l’opposition pour atteindre le président Macky Sall ; une sorte de deuxième tour de l’élection présidentielle du 24 février, remportée largement, au premier tour,  par la coalition BBY avec la majorité absolue de 58‰.

Ce reportage de BBC tendancieux mérite une analyse géopolitique, géostratégique et sécuritaire  très profonde pour dénicher les raisons inavouées de cette bombe médiatique internationale qui s’abat, tout d’un coup, dans notre pays au moment où le dialogue national est lancé.

Le reportage de BBC est venu dans un  contexte politique marqué par une offensive politico – médiatique d’une clique hétéroclite regroupant les vaincus du 24 février 2019, des revanchards nihilistes, de vieilles et pâles figures tristounettes expertes en vociférations, mais incapables de mobiliser le voisin du couloir, et de Néo – politiciens, nouvelles figures de la Trahison en politique.

 

La plateforme «Aar Linu Bok» regroupant des mouvements de la société civile et des partis politiques n’est, en réalité, qu’une « Association » de roublards et de manipulateurs constituant l’un des piliers de l’axe du mal politique au Sénégal.

L’ex coordonnatrice de la COJER définissait cette « Association » de «l’Axe du Mal Politique au Sénégal».  Selon elle «Elle l’est parce que la Cause et les Intérêts du peuple sénégalais, ne sont pas ses moteurs. 

 Elle l’est car c’est par l’usage du mensonge éhonté et les attaques de caniveaux qu’elle tente d’abuser et de corrompre les consciences citoyennes.  

Elle l’est, surtout, car son but est le pouvoir pour le pouvoir, nuire pour détruire, salir pour vaincre !! 

Elle l’est, enfin, pour le déni de démocratie qu’elle assume par le biais d’actes posés témoignant de sa volonté de passer outre les choix souverains du peuple, pour s’imposer à tout prix et quelqu’en soit le prix !! 

 Les promoteurs de la  déstabilisation

L’opposition sénégalaise inconsciente des enjeux du pétrole se laissent berner par des forces obscures dans l’optique de renverser le pouvoir et installer le chaos dans notre cher Sénégal, réputé de pays de paix et de stabilité. En regardant ces tirs groupés et concertés de la plate forme sur le régime, sans preuves, basés sur des supputations, nous  montre gravement leur mauvaise foi. Face à cette situation, le peuple doit faire face contre la manipulation du soi disant société civile,  faire face aux forces obscures, faire face à l’opposition malhonnête. Egalement dire NON à l’ingratitude d’Abdoul Mbaye, NON à l’arrogance d’Ousmane SONKO, et NON à la malhonnête de TAS. Un trio à la recherche d’une virginité politique.

Sous ce rapport, En écoutant le discours et sorties médiatiques  des membres de la plate forme, on a l’impression qu’ils cachent un agenda politique visant à déstabiliser le pays. Ils n’ont pas besoin de la manifestation de la verité par la justice. En revanche, ils cherchent à noyer le poisson. Sur instruction du ministre de la justice, le procureur de la république a ouvert un appel à témoin pour rassembler tous les documents possible pour tirer l’affaire au clair. Cela n’empêche pas les chômeurs sponsorisés par les forces obscures de multiplier les plateaux de télé et les medias en vue de mener une bataille d’opinion.

Nasire NDOME

Militant de l’APR

Une opposition polluante, le ridicule et la honte ne tuent plus au Sénégal

Décidément le ridicule et la honte ne tuent plus dans ce pays. Depuis un certain le climat politique est pollué par les effluves nauséeux du pétrole. Subitement le Sénégal est devenu un pays avec une floraison d’experts en pétrole et de gaz. Même le vendeur de poisson s’est érigé en spécialiste des contrats d’exploitation et de partage. Dans ce méli-mélo de déclarations des saltimbanques de la manipulation et de la contrevérité,  tels des vautours devant un cadavre, tentent par le faux de soulever les rancunes.
Abdoul Mbaye, Sonko et consorts ont crus être investi de la mission de nouveaux chantres de la démocratie et de la bonne gouvernance. Faisant ainsi leur cinéma devant les caméras des télévisions. J’aurais bien applaudis devant tant de mansuétude et dévouement envers la société. Malheureusement il est a constaté que cette débauche d’énergie cache en réalité le vrai sens du combat de ce groupe. Un combat dont les enjeux ne sont rien d’autres que personnels. Une rancune tenace envers la personne du président de la République.
Quand on mène un combat contre la gabegie, la bonne gouvernance,  la corruption et la concussion il faut au préalable être exempt de tout reproche. Malheureusement tel n’est pas le cas pour ce conglomérat de pantins avec leur costume de papier. Le bruit assourdissant et cacophonique des casseroles derrière eux dérange et brise le silence et la quiétude des citoyens.
Comment Abdoul Mbaye ose regarder les sénégalais dans le blanc des yeux et sans sourciller leur cracher à la figure que durant tout le temps qu’il était premier ministre sa confiance était abusée ? Il y’a problème et toutes les banques par où il est possible passé devraient s’inquiéter. C’est un autre débat.
Le plus ridicule est de n’avoir pas le courage d’aller à la Dic étayer par des éléments de preuve leurs accusations. Je suis réconforté par leur attitude car quand le procureur avait lancé son appel à témoin. J’ai été le premier à dire que ces gens n’oseraient jamais aller à la Dic car ne détenant aucune preuve de leur accusations.
Il faudrait aussi que l’enquête revienne sur certains points. Notamment à propos de la journaliste de BBC Mayeni Jones. Les sénégalais ont aussi le droit de savoir pourquoi  et comment elle est venue au Sénégal ? Qui a payer ses frais d’hôtel et de déplacements ? Est-ce qu’elle a déclaré aux autorités sénégalaises être venu pour une enquête ? Et surtout qui l’a invité dans le pays et dans quel cadre ?
C’est aussi l’occasion de saluer les efforts du gouvernement particulièrement du président de la République dans la transparence. Jamais dans l’histoire le Sénégal ne s’est doté d’un code minier aussi bien. Un code qui prend en charge les intérêts du pays. Ce qui nous a d’ailleurs valu les félicitations de l’ITIE dans un rapport. Texte dont bizarrement ces nouveaux saltimbanques de la morale ne font jamais allusions. Préférant faire comme disait Hitler: « il faut dire au peuple des choses qui puissent susciter sa colère afin de mieux les contrôler ».
Le président de la République Macky Sall devrait être réellement féliciter pour avoir défendu avec hargne les intérêts du Sénégal. Et cela Thierno Alassane Sall le sait pertinemment. Mais par lâcheté jamais il le dira
Essayer d’entacher la réputation et l’honorabilité des autorités sénégalaises sur ce dossier sans fournir la moindre preuve est de la lâcheté.
L’histoire jugera chacun d’entre nous.
*Massogui Sylla Responsable APR*

Un peu sociologie politique au Sénégal: le cas Aliou Sall (Ibrahima Faye)

Abraham Lincoln   « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple »
Depuis des jours on assiste à une polémique sans précédent qui implique le frère du
chef de l’Etat Macky SALL .Une enquête de la BBC, une grande chaine de télévision
indépendante et très réputée en Angleterre, a récemment révélé des transactions et des
paiements douteux sur les contrats pétroliers impliquant la grande compagnie pétrolière
British Petrolium (BP), l’homme d’affaire Roumain et patron du groupe Timis Corporation
Frank Timis et Aliou SALL, frère du Président.
ON dirait que l’histoire est têtue au Sénégal. En effet, on assiste à un éternel
recommencement de l’histoire de l’implication de la famille du Président dans le cœur du
dispositif Etatique. Depuis notre indépendance, à l’exception du Président Senghor, tous les
Présidents Abdou DIOUF, Abdoulaye WADE et actuellement Macky SALL, ont impliqué
leurs familles à la gestion du pouvoir. A défaut du fils on prend le frère. Donc le problème
perdure !! Je rends hommage l’exceptionnel Président de la République son Excellence
Léopold Sedar senghor qui a su prendre de la hauteur dans la gestion de l’Etat du Sénégal.
On se doit de se poser la question pourquoi ce problème revient à chaque fois qu’un politique
est élu au pouvoir. Il y’a l’implication de la petite famille comme de la grande famille à la
gestion du pouvoir. J’essayerai d’apporter la réponse la plus simple à cette pratique malsaine,
qui est en deçà ou à côté de ce que les valeurs Républicaines incarnent même. La réponse je
dois la puiser dans ma courte expérience politique mais très riche, dans un parti ou un
mouvement politique de l’opposition sénégalaise qui se targuait de toutes les valeurs de la
République.
Dans ce mouvement, on y constate tous les prémices qui vont engendrer une fois au pouvoir
des scandales comme celui du cas Aliou SALL avec Pétrosen ou Pétrotim. Je m’explique,
dans ce mouvement politique de l’opposition il y a la présence de plus de trois frères et sœurs
qui occupent les postes stratégiques de ce mouvement. Tellement ils sont nombreux qu’on ne
peut pas les compter. Tous les militants, pour avoir quelque chose ou bien monté en grade, en
l’instar du disciple et son maitre, doivent faire montre d’une totale soumission envers ces
frères. Ils font la pluie et le beau temps. Ce phénomène est généralement observé dans tous les
partis de l’opposition. Je me rappelle, entre des camarades d’alors avec qui j’avais l’habitude
d’échanger sur la gestion et l’organisation de ce mouvement, il nous arrivait des fois de faire
des blagues sur le frère du leader de ce mouvement en l’appelant par le nom de ‘’ Aliou
SALL’’ …

Ce qui est terrifiant dans ces partis de l’opposition est que probablement demain ce sont eux
qui prendront le pouvoir. Les tares qu’on voit actuellement sur la gestion de l’Etat quand on
est dans l’opposition ne changeront pas quand ces derniers accéderont au pouvoir. Si cela
n’empirera, ça continuera. Pratique pour pratique, traque pour traque, changement de discours
pour changement de discours… Un parti politique n’est une association de la famille mais
un  parti politique  c’est d’autant plus une association organisée qui rassemble des citoyens unis
par une philosophie ou une idéologie commune, qui inspire son action, avec comme objectif
la conquête et l’exercice du pouvoir pour servir la nation et non se servir. C’est donc une
organisation ayant des valeurs et des principes forts.
L’affaire Aliou SALL – Petrotim doit être tirée au clair par tous les moyens légaux. Je fais
confiance au procuereur de la République qui est gage de notre justice et de notre
stabilité.Pour les leaders de l’opposition après avoir tiré sur le Président de la République
partout aux radios et télévisions, se doivent eux aussi de régler ce phénomène à la base. C’est-
à-dire de régler le problème au niveau de leur propre parti politique. Ces chefs de partis
doivent éviter toute implication des membres de leur famille respectifs dans les affaires du
parti. Sinon, dans l’éventualité qu’on ne fait pas en sorte de changer la donne, comme je le
disais, demain on aura des scandales pareils impliquant la famille du chef de l’Etat, où on
verra peut-être des affaires ‘’Seydou SONKO’’ ou des affaires’’ Madior SECK ‘’.
Sincèrement ça suffit et on en a marre. Je lance un appel solennel aux Sénégalais qui militent
dans l’opposition de rendre le tablier en masse s’ils voient dans le parti politique où ils une
lueur d’implication de la famille sur la gestion du parti .On ne doit pas cautionner le
gouvernement de la famille, par la famille et pour la famille. Je pense que c’est la seul
solution pour éradiquer cette phénoménologie politique de l’implication des familles des
leaders politiques dans la gestion de l’Etat.
Avant de balayer devanture d’autrui il faut d’abord balayer sa propre devanture.

Ibrahima FAYE
Ibrahimalafayette@gmail.com

Vidéo- Grande révélation de Serigne Mbacké Ndiaye sur la situation du terrorisme au Sénégal

La mise à mort de la présomption d’innocence au Sénégal ! (Par Babacar Ba, pdt du Forum du Justiciable)

Tout individu dispose d’un droit inné à la bonne réputation en préservant sa dignité et son honneur. En vertu de ce droit de la personnalité, il doit être considéré innocent jusqu’à ce que sa culpabilité soit prouvée par une décision de justice intervenue dans les conditions de fond et de forme prévues par la loi. Présumer un citoyen innocent, c’est donc lui assurer la liberté, une liberté dont il ne pourrait disposer s’il se savait potentiellement suspect aux yeux de la société et de son système judiciaire pour tout ce qu’il entreprend. L’interdiction d’affirmer qu’une
personne est coupable avant qu’elle n’ait été jugée par le tribunal constitue un droit
fondamental qui n’est pas sortie du néant.
La présomption d’innocence découle des grandes conventions auxquelles notre pays, le Sénégal a adhéré, notamment la déclaration Universelle des droits de l’homme de 1789 et reprise dans la déclaration Universelle des droits de l’homme de l’ONU du 10 décembre 1948 dont l’article 11 dispose que « Toute personne accusée d’un acte délictueux est Présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au Cours d’un procès public où toutes les garanties
nécessaires à sa défense lui Auront été assurées ». A ce titre, le même principe est aussi consacré par la charte des droits de L’homme et du peuple de l’Union Africaine, l’article 6 al 2 de la convention européenne de sauvegarder des droits de l’homme du 11 novembre 1950, l’article 14 du pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966.

Mais au Sénégal l’actualité regorge de situations où la présomption d’innocence est bafouée, elle est transformée en principe de culpabilité au profit de simples accusations et les conséquences sont terribles pour la personne visée, innocente.
Parmi les faits les plus marquants, on peut citer l’affaire récente de la BBC. Les révélations de la chaîne publique britannique qui met en accusation Monsieur Aliou Sall, Directeur général de la Caisse des Dépôts et de Consignations, dans l’affaire Petro Tim, ont fait constater qu’une bonne partie de l’opinion nationale y compris même des organisations de la société civile ont proclamé la culpabilité de M Aliou Sall, certains sont allés jusqu’à même réclamer sa démission pure et simple.

En consacrant un tel « tribunal de l’opinion », la présomption d’innocence ne sera
plus qu’un leurre et ne garantit pas les droits immuables de la personne accusée. Et
la lecture des tribunes médiatiques pourrait laisser une première idée aux profanes
et surtout aux magistrats sur le prévenu ou l’accusé, ce qui fonderait malgré eux leur décision.

Ce-faisant, le jugement du tribunal loin d’être impartial ne fera que confirmer le jugement public. Enfin du côté du relaxé ou de l’acquitté, sa réinsertion s’avérera difficile voire impossible dans la mesure où il aura une image de danger public qu’il ne pourra jamais retirer. Alors la présomption d’innocence doit donc être respectée, aussi bien par les autorités que par la presse ou tout autre individu tant que la personne n’est pas déclarée coupable à l’issue du jugement.
Mais malheureusement, au Sénégal, nous assistons régulièrement à un vrai massacre injustifié de ce principe, l’honneur, la dignité et le droit à un procès équitable de la personne accusée sont bafoués. Son identité est dévoilée dans ses moindres détails, ses photos ainsi que celles même de ses proches sont publiées, et les pré-condamnations vont bon train au vu et au su de l’appareil judiciaire.

Une vraie atteinte à l’Etat de droit qui nous renvoie vers les contradictions d’une société malade de manque de respect envers ses engagements internationaux. On ne défend presque plus les principes qui fondent notre Etat de droit. La présomption de culpabilité est presque érigée en règle, on se donne la liberté d’émettre des jugements tendant à considérer la personne accusée comme le véritable coupable des faits. Et pourtant les atteintes à la présomption d’innocence sont réprimées par la loi et considérées comme diffamatoires. La jurisprudence a longtemps considéré que toute conclusion définitive désignant un suspect comme coupable peut êtreréprimée.

Aujourd’hui, on assiste à la mise à mort de ce prince lourd de signification, devenu, la pierre angulaire de la procédure pénale. Le respect de la présomption d’innocence devrait constituer un défi majeur pour le Sénégal car dans un Etat de droit, il est indispensable que la présomption d’innocence dont bénéficie la personne accusée, soit respectée à chaque étape de la procédure et jusqu’au moment où interviendra, le cas échéant, une décision de justice sur la culpabilité.

L’opinion nationale doit agir dans le respect des droits de l’homme en évitant de prendre autant que possible des mesures visant à porter atteinte à l’honneur et à la dignité de la personne accusée.

Pour rappel, JUSTINIEN avait énonce pour la première fois l’idée qu’il vaut mieux laisser un coupable impuni que de tolérer la condamnation d’un innocent.

Les frères Sall ou le temps des malfrats au Sénégal

Les révélations explosives du journal BBC sur le scandale du siècle portant sur des rétro commissions et un système de passe-droits sur le pétrole et le gaz au Sénégal révèlent une corruption d’une ampleur inouïe, des pratiques mafieuses de captation des deniers publics et un véritable banditisme d’état sous le magistère de Macky SALL. Alors qu’on n’a pas fini d’épiloguer sur le carnage financier du PRODAC, un scandale à 29 milliards de F CFA, c’est toute la théorie de la gouvernance sobre et vertueuse chantée sous tous les cieux depuis 2012, par Macky SALL qui s’effondre, comme un château de cartes avec l’affaire PETROTIM. Dans une vidéo documentée (des montants précis sont fournis) et accablante pour ALIOU Sall (frère de Macky Sall), BBC met à nu un incroyable système de prédation des ressources d’un pays classé parmi les plus pauvres du monde, par un clan aux commandes du Sénégal :
les SALL. A l’instar de WATERGATE (un scandale qui a eu pour conséquence la démission du Président Nixon aux USA en 1974), le Pétro TIM GATE éclabousse directement Macky SALL qui a placé son frère Aliou SALL (qui bénéficie d’une immunité d’exécution), à la tête de la Caisse des Dépôts et Consignations, une institution qui brasse des milliards de F CFA et ne fait l’objet d’aucun audit sérieux de la part des corps de contrôle soumis au pouvoir exécutif, qui ont totalement failli à leur mission. Le népotisme effarant de Macky Sall, est la source de toutes les dérives de son frère Aliou SALL, qui ne se fixe plus aucune limite. Avec le PETRO TIM GATE, Aliou SALL est pris en flagrant délit, les mains dans le cambouis. La thèse évoquant un soi-disant complot de BBC n’intéresse personne. Macky SALL peut jouer les matamores au Sénégal, et se proclamer roi ou que sais-je, Empereur en Afrique, il n’a aucun pouvoir de définir ou d’orienter la ligne éditoriale de BBC. Pour une raison simple : la Grande Bretagne n’est pas le Sénégal. Il n’y a pas que BBC pour accabler le régime de Macky SALL. En 2018, le très sérieux journal the ECONOMIST avait tiré la sonnette d’alarme sur les multiples dérives du Prince SALL évoquant les nuages sombres qui s’amoncelaient sur la démocratie sénégalaise (emprisonnement de Barthélémy Diaz, de Khalifa Sall, exil de Karim Wade, assassinat de l’étudiant Fallou SENE, etc….). En réalité, les gesticulations d’Aliou SALL annonçant une plainte contre BBC peuvent prêter à sourire. Toutes les explications du monde et de la presse du palais appelée à la rescousse pour étouffer ce carnage financier innommable, toutes les justifications d’Aliou SALL pour se disculper (le salaire que je percevais est légal, ou encore le contrat Pétrotim a été signé par WADE), lors d’une ridicule conférence de presse, ne suffiront pas à travestir la réalité dans cette affaire. Aliou SALL peut raconter des sornettes aux sénégalais, mais pas aux occidentaux. BBC lui a bel et bien donné l’occasion de s’expliquer dans cette affaire (tous ceux qui ont regardé la vidéo ont constaté que le communiqué d’Aliou SALL a été repris par BBC, de même que celui de ses avocats). Alors que plus de 40% de sénégalais vivent dans la misère, que la famine frappe aux portes du monde rural et que le Sénégal connait une crise de liquidités sans précèdent, Macky SALL (qui vient de réaliser un hold up électoral lors des présidentielles de 2019) et son frère Aliou SALL insouciants, arrosent leur clan et s’adonnent à un festin indécent, à coups de milliards de F CFA. Sur le dos du peuple, avec la complicité d’une partie des élites corrompue, adepte de la politique du ventre. Ce scandale prouve que le Sénégal est entre des mains inexpertes depuis 2012 (un régime d’amateurs). L’heure des comptes approche pour le clan des SALL. Lentement mais sûrement.
Seybani SOUGOU – E-mail : sougouparis@yahoo.fr

Œil d’un juriste et politologue sur le supposé scandale du pétrole et du gaz au Sénégal révélé par BBC

L’article avec documentaire à l’appui publié par la British Broadcasting Corporation (BBC) faisant des révélations extrêmement graves sur le pétrole et le gaz au Sénégal doit être pris avec prudence. L’enquête de BBC accuse la multinationale anglaise BP, géante de l’énergie, pour corruption au Sénégal, impliquant un homme d’affaires sénégalais, en l’occurrence Aliou SALL, frére du Président de la République. Le concerné aurait bénéficié d’un pot-de-vin en contrepartie de l’attribution de concessions pétrolières et gazières.  Au-delà de la gravité des accusations pouvant même déstabiliser et décrédibiliser notre appareil économique, administratif, judiciaire et politique, il faut d’abord préciser que le documentaire vise plus la société British Petroleum Compagny (BP) que son ex-collaborateur au Sénégal, Aliou Sall, mis en cause. BP comme BBC sont britanniques. Il s’agit ici d’un documentaire de journalistes britanniques d’investigation. L’article ou le documentaire peut être fiable comme aussi non crédible. Fiable parce qu’il n’y a pas d’investigation sans fuite de documents secrets et sans demi-vérités qui nécessitent un travail d’approfondissement et de clarification. On voit clairement dans le reportage un ancien collaborateur licencié de la société pétrolière Timis Corporation, le nommé Philip Caldwell, prendre la parole. Non fiable parce qu’en principe dans une enquête on ne mentionne pas la source. Le reportage effectué par BBC ne répond pas aux normes du journalisme de l’investigation. Les personnes interrogées ne parlaient pas hors micro et certains interlocuteurs appartiennent à des formations politiques sénégalaises (opposition). L’ex-agent de Franck Timis violant ainsi les règles de confidentialité de son employeur ne s’agit t-il pas d’un règlement de compte entre deux personnes?L’accusé, Aliou Sall, ex-employé de Timis Corporation, n’a pas pris la parole dans le documentaire. La société civile sénégalaise est aussi quasiment absente dans le reportage. Autant de questions qui méritent de réflexion.  En outre, juridiquement parlant, BBC a violé le secret de l’enquête de la justice si elle existait.   Ensuite aucune culpabilité n’ait été prouvée ou établie pour le moment, que ce soit du côté de l’entreprise BP ou d´Aliou SALL. C’est une enquête des journalistes britanniques à une multinationale britannique opérant à l’étranger pour alerter l’opinion publique et la justice des faits supposés de corruption. Dans sa définition commune, la présomption d’innocence signifie qu’une personne, même suspectée de la commission d’une infraction pénale, ne peut être considérée comme coupable
lors d’une procédure d’instruction pénale et avant d’en avoir été déclaré comme tel par des juges suite au terme de cette procédure. La présomption d’innocence se matérialise par l’examen des preuves à charge et à décharge ainsi que par la possibilité des investigations de la part du juge chargé de l’enquête. Mes propos en toute objectivité ne consistent pas à défendre Franck Timis, patron de Timis Corporation ou Aliou Sall mais d’expliquer l’opinion publique d’un sujet extrêmement sensible et la certitude des faits révélés. Cependant, il incombe aux accusés d’user des preuves pour se disculper mais aussi à l’Etat du Sénégal et aux juridictions compétentes de mener une enquête
(parlementaire) pour élucider l’affaire au peuple. Certes, il s´agit d´une affaire relevant du secteur privé. Néanmoins, la capture de l’Etat est mise en question. Cette capture d’Etat concerne principalement non pas la petite administration, mais les décideurs politiques. La puissance de certains industriels, dirigeants d’entreprise ou politiciens capitaines d’industrie, peut être telle que leur influence s’étend du domaine économique au domaine administratif et politique. Ainsi se crée un Etat dans l’Etat.   Si les faits sont avérés, que prévoit la loi britannique à l’encontre des multinationales accusées de corruption à l’étranger ?  La législation britannique condamne toutes pratiques de corruption des multinationales à l’étranger. Ses sanctions pénales vont jusqu’à 10 ans de prison
contre 5 pour la loi américaine. Les amendes sont illimitées. BP en tant que multinationale britannique pourrait être juridiquement poursuivie pour corruption même si les faits supposés n’ont pas été commis en Grande-Bretagne. L’entreprise fait une partie de son activité sur le territoire britannique. Dans ce sens la loi britannique étend son extraterritorialité : elle s’applique à toutes les entreprises britanniques, aux citoyens et résidents britanniques où qu’ils soient, ainsi qu’à des ressortissants ou sociétés non britanniques si l’un des actes constituant le délit s’est
produit sur le territoire britannique. Soulignons aussi que du point de vue juridique l’ancien collaborateur de Franck Timis peut-être poursuivi pour violation des règles de confidentialité de la BP.  Par ailleurs, la loi britannique offre une défense aux procédures adéquates grâce à la quelle une société ne sera pas passible de poursuites pénales si elle est capable de prouver qu’elle a fait tout son possible pour prévenir les actes de corruption.  De même que l’ordre juridique international autorise tout Etat à exercer sa compétence normative à l’égard d’une entreprise étrangère pour des actes commis à l’étranger. Les Etats restent les auteurs et destinataires privilégiés du droit international. Les conventions internationales imposent principalement une incrimination de la corruption d’agents publics ou privés étrangers, ainsi que la mise en place de la responsabilité de la personne morale dans l’ordre juridique interne des Etats signataires. La procédure pénale, seule capable de permettre l’effectivité des sanctions, est pour ainsi dire laissée de côté et reste donc propre à chaque Etat. Un mandat d´arrêt international peut être lancé á toute personne susceptible de corruption. En dehors de tout cela, il est important de conscientiser la jeunesse africaine que notre continent d´une manière générale est riche en ressources naturelles mais l´exploitation de ces dernières est menée par des multinationales étrangères qui s´entourent de bataillons de juristes, d´avocats et de géologues. Cela constitue souvent un handicap pour la formation des contrats liant les gouvernements africains et les entreprises internationales car les pays africains n´ont pas les moyens de négocier d´égal á égal avec ces sociétés. Il manque cruellement d´experts juridiques en la matière pour défendre les intérêts des populations africaines pendant la
négociation des contrats. La conséquence est que soit les marchés se concluent au cas par cas, soit les Etats élaborent á la va-vite des contrats. Il peut y avoir un déséquilibre d´intérêt au niveau des contrats vus les termes d´expirations éloignés qui ne permettent pas de tirer le meilleur des ressources naturelles. Le Sénégal n´est pas une exception.
Souleymane SOKOME
Juriste-politologue

Démystifier les postes de nomination au Sénégal

Malgré l’argumentaire avancé relatif au poids de puissants lobbys qui auraient empêché le ministre Nicholas Hulot à mener des actions fortes qui auraient permis à la France et à l’Europe de changer positivement leur rapport à l’environnement pour une écologie globale plus durable, force est de reconnaître que le tour de greffage par son insertion dans le gouvernement d’Edouard Philippe n’a pu résister au temps du management public et de ses réalités en France. Le modèle de management publique adopté par la France et copié par ses anciennes colonies francophones dont notre pays le Sénégal, ne favorise pas, pour la plupart du temps, l’insertion réussie dans les gouvernements et autres postes de directions nationales des « technocrates experts » qui ont l’habitude d’évoluer dans les organisations internationales ou dans le secteur privé national ou international. L’expérience de Tidiane Thiam (actuel Directeur général du Crédit suisse), dans la dernière partie de la décennie 90 en Côte d’Ivoire, en est un parfait exemple. La courte expérience de Makhtar Diop (actuel Vice-président de la Banque mondiale) dans le gouvernement de Moustapha Niasse sous le président Abdoulaye Wade au début des années 2000, en est une autre illustration pertinente. L’analyse du cas du Sénégal montre clairement que le greffage des « technocrates experts »
internationaux ou du secteur privé dans les gouvernements successifs, à quelques exceptions près, n’a jamais fonctionné comme l’auraient souhaité les présidents qui se sont succédé au pouvoir. Cela est liée d’une part au manque de performance du système de management publique en place dans les pays francophones en général, et d’autre part au manque de préparation de ces « technocrates experts » face à des procédures particulièrement rigides et difficiles à changer ou améliorer pour une meilleure performance publique. Or la France qui est aujourd’hui devenu un partenaire technique, financier et économique, et ses anciennes colonies, considèrent l’idée de management publique telle que confinée dans son sens le plus strict et bureaucratique, notamment que « Le management n’est pas une technique neutre mais une activité indissolublement liée à la politique » au sens de Pollitt et Bouckaert. Ou bien que « Le management entraîne les individus selon la logique des quatre fonctions qui jadis résumaient la tâche militaire : organiser, coordonner, commander, contrôler » selon Dominium Mundi, ou encore que « le management public désigne l’activité d’un dirigeant, à quelque niveau qu’il se situe, chargé d’encadrer et
de diriger plusieurs salariés » selon la définition de « Alternatives économiques ». L’avortement répétitif de cette tentative d’insertion de technocrates issues du privé et des organisations internationales dans le gouvernement n’est plus à démontré. Au Sénégal, la dernière en date est l’expérience gouvernementale de Dr. Abdoulaye Seck au ministère de l’agriculture. Ce brillant chercheur qui a fait ses preuves dans les organisations internationales, et qui a poussé le gouvernement dès son entrée en fonction en 2013 à lancer son ambitieux « programme d’autosuffisance en riz en 2017 » n’a pu atteindre ses objectifs à cause de plusieurs facteurs parmi lesquels la lourdeur administrative et le manque de coordination entre une approche nouvelle qu’il voulait instituer et le niveau de capacités des directions de l’agriculture en place. Au finish, même pas un seul gramme de plus n’a été augmenté sur lerendement du riz et le Sénégal n’est pas autosuffisant en riz malgré la communication à outrance sur des chiffres douteux de production et de rendement agricoles. Le cas de Youssou Ndour aussi mérite de s’arrêter. Il n’a pas beaucoup duré dans le premier gouvernement du Président Macky Sall comme Ministre de la culture, car formaté dans le secteur privé et figure de proue dans le secteur des médias et de la communication. Il n’a pu survivre malgré qu’il soit une star culturelle mondiale. Aussi, cette tentative d’insertion des technocrates issus des organisations internationales et du secteur
privé comme des ministres dans le gouvernement ouvre la porte grande à ce que j’appelle « la surenchère du poste ministériel » qui devra être mieux creusée par les spécialistes en science politique. En effet, les experts internationaux et du privé qui ont généralement beaucoup de moyens vers leur retraite, utilisent souvent ce butin de guerre pour soit s’ériger en candidats à des élections ou impressionner le camp du pouvoir lors des élections, avec pour seul but d’atterrir à un poste de responsabilité au pays. N’eut été la loi controversée sur les parrainages lors des dernières élections présidentielles, on en aurait compté des dizaines de ces candidatures à la présidentielle. Les élections présidentielles de 2019 ont vu beaucoup de ces technocrates déferler avec des mouvements ou comités
de soutien en injectant des ressources immenses dans les élections pour attirer l’attention sur eux et probablement gagner un poste juteux après les élections. Cette irruption de l’argent et de comités de soutien innombrables dans les élections contribue grandement à fausser le jeu démocratique notamment qui demande un rôle plus important des partis politiques et leurs instances, ainsi qu’une société civile plus indépendante vis-à-vis de l’exécutif. D’autres technocrates et experts ont préféré rester dans le secteur privé même s’ils peuvent être utilisés comme des conseillers ponctuels pour faire avancer le pays. J’en citerai Sérigne Mboup, brillant manager dans le secteur privé au Sénégal, grand investisseur et président de la chambre de commerce de Kaolack, qui malgré son potentiel politique est résolument resté dans son secteur. Sa contribution est immense dans la mobilisation des investissements et le développement du secteur privé national pour une participation domestique plus significative à la mise en œuvre du Plan Sénégal Emergent (PSE). Un autre exemple est le cas de Cheikh Yerim Seck. Cet expert du développement qui a travaillé dans des institutions internationales dans la sous-région, avant de devenir brillant journaliste à Jeune Afrique, avait un potentiel énorme pour devenir ministre de la communication sous le régime du Président Abdoulaye Wade, mais avait préféré investir dans le secteur privé et créer des centaines d’emplois dans des niches comme les médias et la culture. Le cas de Madiambal Diagne est aussi à méditer. Malgré sa connivence avec le pouvoir, il a toujours adopté une position de journaliste chevronné qui continue de faire des analyses pertinentes sur l’actualité politique du pays. Momar Diongue peut aussi être cité ici comme excellent expert dans le secteur des médias et de la communication, mais qui a préféré rester journaliste exceptionnel au Sénégal évoluant dans le secteur privé. J’ai pris ces exemples parce que ces personnalités sont en vue dans le pays. Il y a des milliers d’autres exemples qui pourraient certainement être cités. Alors, que faire pour mieux utiliser les ressources humaines disponibles à tous les niveaux sans une inflation politicienne dans les nominations et une perversion du jeu démocratique ? Les postes au gouvernement ou les autres postes de nomination ne sont pas les seules places où on
peut servir son pays. Il faudrait qu’on avance vers la démystification des postes de ministre et autres nominations dans des directions au Sénégal. Tout le monde ne peut pas être ministre ou directeur général. A chaque fois qu’un Directeur général ou un ministre est démis, il se met à remobiliser ses troupes pour menacer ou impressionner ceux qui nomment et dénomment. A chaque fois qu’on nomme un nouveau ministre ou directeur, au lieu de travailler, c’est plutôt la bamboula, les célébrations, les meetings de remerciements, les fêtes dans leur localité pour célébrer la nouvelle manne et remercier les parents, Dieu, le Président, les amis et les supporters. Il faut qu’on s’émancipe de cette mentalité au Sénégal pour un management public et une gouvernance des ressources plus crédibles. Une option serait de laisser les experts internationaux et les technocrates du secteur privé à leur place et les utiliser dans un « roster » avec possibilité de les mobiliser ponctuellement (maximum trois à six mois) de quelques bords qu’ils soient, en accord avec leurs organisations pour régler des problèmes précis et retourner à leur place quand ils auront fini leur travail. Il faut plus aller vers la mise en place de « think tank » ou des comités techniques d’experts sur des sujets prioritaires précis ou pour démarrer et lancer de grands programmes phares. Une ligne de financement pourrait ainsi être dégagée pour cela à chaque fois que besoin sera. Cela donnerait la possibilité d’avoir à disposition une mine d’expertise sans être obligé de les insérer dans des postes de nomination. Cette pratique qui se fait dan anglophones en Afrique a fini de montrer des résultats très positifs dans le management public. Les postes de nomination seraient ainsi réservés en priorité aux hommes et femmes politiques et les fonctionnaires de haut niveau les plus brillants qui connaissent très bien leur secteur, et cela en assurant en même temps une dépolitisation de l’administration publique qui sera ainsi plus patriotique. Ainsi, seul quelques postes stratégiques très sélectifs tournés vers l’extérieur et des secteurs de pointe nécessiteraient le recours à des technocrates de l’international et du secteur privé pour des nominations.
Dr. Abdourahmane Ba

Ambassade de France au Sénégal: Bigot s’en va

YERIMPOST.COM En septembre prochain, il devra quitter ce poste qu’il occupe depuis 2016. Christophe Bigot, ambassadeur de France au Sénégal, sera remplacé par Philippe Lalliot, actuel ambassadeur de France aux Pays-Bas. A en croire Libération qui rapporte l’information, Bigot va rejoindre la Tunisie où il succédera à Olivier Poivre d’Arvor.

Que retenir de la révision constitutionnelle relative à la suppression du poste de Premier ministre au Sénégal ?

D’un point de vue strictement juridique, la fonction de Premier ministre n’est pas seulement théorique. Il n’est pas simplement  un  primus inter pares, le premier des  ministres. Le locataire du « Petit  Palais » dispose de pouvoirs propres que lui confère la Constitution du 22 janvier 2001. Les ministres sont nommés sur sa proposition (article 49). La  politique de la Nation est  conduite et coordonnée sous sa direction ; il est le chef du gouvernement et de l’administration ; il  nomme aux emplois civils ; dispose du pouvoir réglementaire ; assure l’exécution des lois ; préside les conseils interministériels et les réunions interministérielles ou désigne, à cet effet, un ministre. La  démission ou la  cessation des fonctions de Premier ministre entraîne  celle de l’ensemble des membres du Gouvernement. Pour toutes ces raisons, le Premier ministre encourt une double responsabilité devant le Président de la République et devant l’Assemblée nationale. Le Premier ministre a également des attributions consultatives, de  proposition. Il intervient dans la procédure législative ordinaire et peut proposer au Président de la République de réunir l’Assemblée nationale en session extraordinaire (article 63 alinéa 5).
On comprend aisément dans ces conditions  l’enjeu de cette réforme constitutionnelle. A l’initial, dans le projet, vingt- deux(22) articles de la Constitution seront abrogés et remplacés. Il s’agit en réalité de  vingt-trois (23) articles. Par une erreur technique, l’article 63 alinéa 5 ne figurait pas dans le projet de loi déposé à l’Assemblée. Cette disposition  donne la possibilité au  Premier Ministre de proposer au Président de la République la convocation de l’Assemblée nationale en session extraordinaire.
Pour l’essentiel, il s’agit  d’extraire,  du texte constitutionnel, le chef du Gouvernement  qui dirige, donne des instructions,  anime et assure la coordination de l’activité gouvernementale. Au Niger, avant son entrée en fonction, le Premier Ministre prête serment  devant l’Assemblée nationale, sur le Livre Saint de sa confession ; il  détermine et conduit la politique de la Nation, dispose de l’administration et de la force publique aux termes des articles 74 et 76 de la Constitution du 25 novembre 2010.
Le Premier ministre dans  l’ordonnancement constitutionnel est donc  l’échelon de  relais et de transmission des  directives présidentielles.
Quelles sont alors  les justifications et les orientations du projet de révision de la Constitution ?  Avec la suppression du poste de Premier ministre, comment appréhender l’ossature de l’exécutif et les rapports entre le Gouvernement et le Parlement ? La réforme prend- elle en compte toutes les exigences d’un régime présidentiel afin de garantir l’équilibre  des pouvoirs ? Quelles sont les insuffisances et les limites de la réforme en termes de politique constitutionnelle ?
Ces questions contiennent bien des intérêts. On est en face d’une réforme d’exception pour au moins deux raisons. D’une part, le régime présidentiel n’est pas la règle  dans le monde. Le régime le plus répandu est le régime parlementaire.  D’autre part,  la réforme a été enclenchée  selon  une procédure qui déroge au droit commun (la voie parlementaire) de la révision de la Constitution (voie référendaire). Le projet est inscrit de droit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale et discuté en procédure d’urgence. Il  s’agit d’une révision constitutionnelle en mode « fast track » qui aura des incidences budgétaire et administrative.
Le fondement de la révision constitutionnelle est indiqué dans l’exposé des motifs du projet de révision. En raison du passage du septennat  au quinquennat, le Président de la République dispose d’un temps court pour mettre en œuvre les politiques publiques. Il est recherché plus  de célérité, d’efficacité et d’efficience de l’action gouvernementale. Le Président de la République se place au contact direct des niveaux d’application. Pour atteindre ces objectifs, le présent  projet de révision «instaure un régime présidentiel caractérisé  par un pouvoir exécutif rationnalisé avec notamment la suppression du poste de Premier Ministre ». Selon le législateur constituant, il  « en résulte un réajustement des rapports entre les pouvoir exécutif et législatif ».  Évidemment, cette   réforme nous plonge  dans le passé. Le  « fast track »  fut avancé lors de la suppression du poste de Premier ministre en 1983.
On tentera de  présenter  le contenu du projet de révision (I) et les insuffisances de la réforme (II).
I Le contenu du projet de  réforme
Le régime présidentiel annoncé dans le projet de révision de la Constitution  fonctionne sur la base de deux principes fondamentaux : un exécutif monocéphale (A) et une irrévocabilité mutuelle (B)
A Un exécutif monocéphale annoncé
La suppression du poste de Premier ministre entraîne plusieurs conséquences juridiques dont  la plus visible  est la physionomie, désormais monocéphale, de l’exécutif. Cela signifie que le  pouvoir exécutif est dévolu exclusivement  au Président de la République. Le Président de la  République est  l’Exécutif,  tout seul. C’est ce  qui ressort des dispositions de la Constitution des Etats-Unis : « Le pouvoir exécutif sera conféré à un président des États-Unis d’Amérique… ». Le constituant ivoirien est  beaucoup plus explicite sur le caractère monocéphale de l’exécutif : «  le Président de la République est le détenteur exclusif du pouvoir exécutif.  Au Tchad, « le pouvoir exécutif est exercé par  le Président de la République.». Il est chef de l’Etat, chef du Gouvernement et de l’Administration. A ce titre, il détermine et conduit la politique de la Nation. Au Bénin, « Le Président de la République est le détenteur du pouvoir exécutif. Il est le chef du Gouvernement, à ce titre, il détermine et conduit la politique de la Nation… ». On  retrouve les mêmes formules avec des variantes au Ghana, au Burundi, à Djibouti, au Brésil, en Colombie, au Venezuela, etc. Dans la Constitution sénégalaise du 7 mars 1963, l’article 36 consacrait  expressément que le Président de la République était « le détenteur du pouvoir exécutif ». Même si l’on présume  que c’est le Président de la République, le projet de révision  ne précise  ni l’organe qui incarne l’exécutif ni  le chef de Gouvernement. S’agit-il d’un simple oubli rédactionnel ou d’une volonté d’instaurer un régime présidentiel à exécutif rationnalisé dont le contenu reste imprécis ?
Il est posé toutefois que les membres du  Gouvernement, composés de ministres et de  secrétaires d’Etat (article 53),  sont  nommés par le Président de la République qui fixe leurs attributions et met fin à leurs fonctions (article 49). Le Président de la République est « détenteur du pouvoir réglementaire et dispose de l’administration » (article 50). A l’alinéa 2 de l’article 54, on  peut remarquer que « les membres du Gouvernement sont responsables devant le Président de la République ».
En réalité, dans le projet de révision de la Constitution, le Premier ministre disparaît mais la fonction gouvernementale demeure. Le Gouvernement est cité parmi les institutions de la République  puisque l’article 6 qui fonde son ancrage textuel n’est pas modifié. Le Titre IV, « DU GOUVERNEMENT »  reste dans le texte constitutionnel. D’un point de vue organique, le « Gouvernement comprend les ministres et les secrétaires d’Etat » (article 53). Le  Gouvernement a des attributions.  Aux termes de  l’article 54,  l’institution gouvernementale « conduit et coordonne la politique de la nation  sous la Direction du Président de la République » (alinéa 1). A l’alinéa 2, on note  que «  les membres du Gouvernement sont responsables devant le Président de la République ». Suivant les dispositions de l’article 57, le Gouvernement est une « institution collégiale  et solidaire » ; il « assure l’exécution des lois et dispose par délégation du pouvoir réglementaire ».
Ce qui fait aussi la particularité du régime présidentiel, c’est l’absence de moyens d’action réciproques ou l’irrévocabilité mutuelle
B. Une irrévocabilité mutuelle consacrée
Le régime présidentiel se matérialise par une séparation stricte des pouvoirs. Les pouvoirs exécutif et législatif ont l’assurance d’exister jusqu’à la fin de leurs mandats. C’est un régime d’irrévocabilité mutuelle. Dans un régime parlementaire, le Premier ministre est soumis au contrôle de l’Assemblée nationale qui peut provoquer la démission du gouvernement par le vote d’une motion de censure ou d’un refus de confiance. Inversement, l’équilibre est réalisé par la possibilité donnée à l’exécutif de dissoudre l’Assemblée nationale. La disparition du poste de Premier ministre engendre, en principe, l’absence de responsabilité des ministres devant l’Assemblée nationale  et, par conséquent, des  moyens d’action réciproques qui perdent leur finalité originelle. Le Président de la République ne dispose plus du droit de dissolution (article 87). A l’inverse,  l’Assemblée nationale ne peut plus provoquer la démission du Gouvernement par le vote d’une motion de censure ou d’un refus de confiance (article 86).
Cependant, l’absence de moyens d’action réciproques  ne  renvoie pas à l’inexistence  d’interférences entre les pouvoirs. Le régime présidentiel déclaré dans le projet de révision de la Constitution contient bien des influences réciproques. Aux termes de l’article 81, « les membres du Gouvernement peuvent être entendus à tout moment par l’Assemblée nationale et ses commissions » ; les « commissions permanentes de l’Assemblée  peuvent entendre les directeurs généraux des établissements  publics, des sociétés nationales et des agences d’exécution ». De même, les députés peuvent poser aux membres du Gouvernement, qui sont tenus d’y répondre, des questions écrites, des questions orales et des questions d’actualité ; les membres du Gouvernement doivent se  présenter devant   l’Assemblée nationale en fonction d’une périodicité définie pour répondre aux questions des députés  (article 86).L’Assemblée nationale  peut mettre sur pied des commissions d’enquêtes (article 87). De toute façon, l’Assemblée nationale «  détient le pouvoir législatif » (article 67) et « vote les projets de loi de finances » (article 68).
Le Président de la République a la possibilité d’intervenir dans la sphère de compétence de l’Assemblée nationale qui  n’incarne pas, comme le Congrès américain, tout le pouvoir législatif (initiative des lois, ordonnances  droit d’amendement, etc.). L’institution présidentielle est présente également dans  le fonctionnement du pouvoir judicaire (droit de grâce).
Il faut signaler enfin que  les articles 55 et 56 tempèrent le principe d’incompatibilité des fonctions gouvernementale et parlementaire que l’on retrouve dans le régime présidentiel orthodoxe.  En effet, le député peut être nommé membre du Gouvernement. Le député qui exerce les fonctions de ministre  a la possibilité de retrouver son poste s’il  n’est plus dans le Gouvernement.
La réforme,  au final, propose un régime présidentiel ​assez atypique que l’on retrouve dans beaucoup d’Etats en Afrique (Côte d’Ivoire, Tchad, etc.).
En pratique, pour que le régime présidentiel fonctionne en Afrique, de  vrais contre-pouvoirs, qui n’existent pas dans le projet de révision proposé, demeurent nécessaires. Il faut  alors aborder les insuffisances de la réforme.
II. Les insuffisances  de la réforme
Le projet de révision définit un partage de compétences qui ne garantit pas l’équilibre des pouvoirs recherché. D’autres articles  de la Constitution peuvent être révisés pour éviter que le régime présidentiel  ne dégénère  en présidentialisme. Il est nécessaire de renforcer la limitation du  nombre de mandats (A) et d’augmenter la reddition des comptes au sommet de l’Etat (B).
A. Caractère inachevé de la  limitation du  mandat.
Dans un régime parlementaire,  comme le note une spécialiste  du droit constitutionnel américain, l’irresponsabilité du chef de l’Etat fait qu’il n’est « nullement choquant que le Chef de l’Etat puisse conserver le pouvoir soit indéfiniment, soit pour des mandats très longs ». Tel n’est pas le cas dans un  régime présidentiel. Ici,  la limitation du mandat est  absolue en raison des pouvoirs importants du Président de la République. Au Bénin, la Cour constitutionnelle a considéré récemment  (Décision DCC 17-095 du 4 mai 2017) que la durée et le nombre de mandats ne peuvent faire l’objet de révision.
Au fond, quelle que soit la nature du régime politique considéré, le principe de la limitation du mandat présidentiel est constamment remis en cause en Afrique par plusieurs procédés : l’adoption d’une nouvelle constitution,  une révision de  la Constitution en cours avec effet non rétroactif de la loi de révision ou, simplement, par l’abrogation des dispositions qui consacrent la limitation de mandats. On peut donner les exemples du Cameroun, du Mozambique, du Djibouti, du Burkina, du Togo, du Congo- Brazzaville, de la République démocratique du Congo (RDC), du Soudan, de la Guinée équatoriale, de l’Ouganda, de l’Algérie, du Malawi, de la Zambie, de l’Erythrée ou  du Soudan.
Au Sénégal, le principe de la limitation des mandats  a été introduit en 1970, supprimé en 1976, réintroduit en 1991, supprimé en 1998 avant d’être rétabli par la Constitution du 22 janvier 2001.
Le verrouillage introduit en 2016, « nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs », constitue une avancée démocratique remarquable. En plus, la durée et le nombre de mandats sont rangés dans les clauses d’éternité, insusceptibles alors de révision.
Pourtant en droit constitutionnel, ces limitations sont  contournées par l’adoption d’une nouvelle Constitution dans plusieurs Etats à connotation présidentielle. Les exemples du Tchad (2018), du Burundi,  du Rwanda  et du Congo -Brazzaville  en 2015 sont saisissants. Le débat se pose présentement en Guinée et en Côte d’Ivoire. La Cour constitutionnelle du Niger, en 2009, s’est opposée à cette ingénierie constitutionnelle qui consiste à adopter une nouvelle Constitution pour contourner la limitation, à deux, du  mandat présidentiel.
Certaines Constitutions interdisent expressément  ces possibilités. L’article 146 de la Constitution du Cap- Vert est intéressant à citer : «  1. Le Président de la République ne peut se porter candidat à un troisième mandat dans les cinq ans suivant immédiatement le terme de son second mandat consécutif. 2. Si le Président de la République renonce à ses fonctions, il ne peut se porter candidat à un nouveau mandat pendant les dix années suivant la date de sa renonciation. 3. Si le Président de la République abandonne ses fonctions ou s’absente du territoire national sans observer les dispositions prévues aux paragraphes n° 1 et 2 de l’article 142, il ne peut se porter candidat à un nouveau mandat ni exercer une autre fonction politique au sein des organes de souveraineté ou des collectivités locales ».
La Constitution tunisienne du 20 janvier 2014  (article 75 alinéas 5 et 6) a ainsi formulé la limitation du mandat : « Nul ne peut exercer les fonctions de Président de la République pour plus de deux mandats entiers, successifs ou séparés. En cas de démission, le mandat en cours est considéré comme un mandat présidentiel entier.
Aucun amendement ne peut augmenter en nombre ou en durée les mandats présidentiels ».
Aux articles  57 et 58 de  l’avant-projet de Constitution de la Commission Nationale de Réforme des Institutions (CNRI), il était mentionné que  le Président de la République « ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs » et qu’aucun de « ses ascendants, descendants, collatéraux au premier degré, ou conjoints ne peut être candidat pour lui succéder ou assurer sa suppléance ».
On peut penser alors procéder  à la réécriture des articles 27 et 103 de la Constitution.
La limitation du mandat et la reddition des comptes permettent d’éviter, au sommet de l’Etat,  les démons du régime présidentiel.
B. Une faible reddition des comptes
L’éthique,  la transparence et l’attention permanente à la reddition des comptes sont élevées  au rang des principes de la démocratie dans le Plan Sénégal Emergent (PSE). La bonne gouvernance constitue un défi majeur pour l’Etat du Sénégal. Il est  indiqué, dans le Rapport d’Activités 2016 de l’Office national de Lutte contre la Fraude et la Corruption  (OFNAC) que  mille cent quatre-vingt  (1180 ) plaintes (70% dans le secteur public) ont été enregistrées, cinquante-sept cas  (57) cas de détournements de derniers et soixante-deux( 62) cas d’enrichissement illicites recensés. Dans  l’Indice de Perception de la Corruption  (IPC) 2018, le Sénégal est dans la zone rouge, en dessous de la moyenne mondiale qui est de 50 %.
La responsabilité du Président de la République devant le peuple est une caractéristique fondamentale du régime présidentiel comme on peut le constater dans le Constitution  du Bénin ; le Président de la République étant élu au suffrage universel direct. Puisque les pouvoirs sont strictement séparés, le Président de la République rend directement compte au peuple. C’est  le sens de déclaration de patrimoine du Président de la République qui instaure une gouvernance de vertu vis-à-vis de la Nation. La constitutionnalisation de la déclaration  de patrimoine du Président de la République est assez faible dans le dispositif actuel si l’on fait des comparaisons internationales. L’article 37 de la Constitution, in fine, indique que le « Président de la République nouvellement élu fait une déclaration  écrite de patrimoine déposée au Conseil constitutionnel qui la rend publique ». Cette disposition souffre de puiseurs insuffisances. Le Président de la République n’a pas de contrainte de délai  pour déclarer son patrimoine ( comme en matière de prestation de serment). La déclaration de patrimoine concerne la prise de fonction et non la fin de fonction ; elle ne fait pas l’objet  d’un contrôle spécifique. Dans certaines Constitutions de régime présidentiel, la déclaration concerne tout le patrimoine familial (les biens du conjoint selon le régime matrimonial, des enfants mineurs et des enfants même majeurs, à charge du couple).
Dans le régime présidentiel proposé, l’irresponsabilité  du Chef de l’Etat  demeure paradoxalement encore la règle en vertu de l’article 101 de la Constitution. La  haute trahison, l’exception qui fonde la responsabilité pénale du chef de l’Etat, est un concept flou. La définition proposée par la CNRI aux termes de l’article 131 de l’Avant- projet de Constitution était intéressante: « il y a haute trahison lorsque le Président de la République est reconnu coupable de fausse déclaration sur l’exclusivité de sa nationalité sénégalaise ou d’autres faits constitutifs de violations de son serment, lorsqu’il est reconnu auteur, coauteur ou complice de violations graves et caractérisées des droits de l’homme, de crime de sang, de malversations, de corruption, d’enrichissement illicite ou de prise illégale d’intérêt ». Dans le régime présidentiel latino-américain, la plupart des destitutions ont été provoquées par des raisons budgétaires.
Il faut signaler, par ailleurs, que le rendez- vous constitutionnel est manqué parce que dans un régime présidentiel, la juridiction constitutionnelle doit être forte. A cet égard, l’impossibilité juridique pour le Conseil constitutionnel, de contrôler  une loi qui révise la Constitution constitue un handicap. Elle permet de proroger le mandat constitutionnel en reportant des élections en marge des dispositions de la Constitution. Le mandat constitutionnel devient instable et peut être modifié sans censure du juge constitutionnel. Il faut réviser l’article 92 de la Constitution pour donner  expressément à la haute juridiction le pouvoir de contrôler les lois de révision de la Constitution.
Au demeurant,  si la recherche de l’efficacité de l’action publique est au cœur de la gouvernance moderne, la réforme contient des  limites d’approche méthodologique et de fond. Tandis que certaines réformes constitutionnelles ne sont pas totalement appliquées (statut du chef de l’opposition ou l’évaluation des politiques publiques par l’Assemblée nationale), la procédure d’urgence choisie pour réviser la Constitution inhibe le principe de sécurité juridique. En vertu de ce principe, les citoyens doivent avoir des raisons juridiquement valables de penser que la règle ne changerait pas.
Selon le juge constitutionnel sénégalais, la sécurité juridique renvoie à la stabilité des règles constitutionnelles émises et  leur  caractère prévisible. La sécurité juridique, c’est aussi mettre à la disposition des citoyens  une version officielle de la Constitution du Sénégal mise à jour.
Dans le fond, le régime présidentiel proposé ne traduit pas un équilibre des pouvoirs qui n’est envisageable que si l’on révise les articles 27, 37, 92, 101 et  103 de la Constitution.
Abdou Aziz Daba KEBE
Agrégé des Facultés de Droit,
Directeur du Centre d’Etudes et de Recherches sur l’Ingénierie juridique et financière (CERIF)

Politique des transports au Sénégal: quelle stratégie pour le quinquennat (Macky 2)?

Il y a aujourd’hui plus d’1 milliard de véhicules utilisés dans le monde (900 million de véhicules passager et 300 million de véhicules commerciaux). Et toutes les prévisions s’accordent sur le fait que le nombre de véhicules doublera probablement au cours du prochain quart de siècle. Les taux de possession de véhicules dans les pays en développement sont faibles par rapport aux pays riches, mais l’on constate une aggravation de la congestion du trafic et de la pollution atmosphérique. Cela entraîne un désordre effarant dans nos routes et provoque des accidents et des pertes de temps inestimables.

 

Cette montée en flèche de la motorisation et l’augmentation des populations dans nos pays et en particulier au Sénégal, n’est pas souvent en harmonie avec le peu d’infrastructures dont nous disposons et les capacités institutionnelles limitées qui les encadrent. Malgré ces difficultés, Il existe de nombreuses possibilités d’amélioration. Certains pays en ont adoptées dans le passé et ont réussi; d’autres pourraient sauter par-dessus certaines des voies coûteuses et dommageables pour l’environnement prises par les pays développés. le BRT (Bus rapid Transit) que j’avais moi-​même proposé au gouvernement du Sénégal à la place d’un système

 

de tramway qui était initialement prévu (ref. https://www.dakaractu.com/Je-proposerais-un-Bus-Rapid-Transit-BRT-a-la-place-d-un-Tram -M-le-president_a58535.html​) est dans ce siage.

 

La mobilité accrue à de nombreux effets positifs sur le développement économique et le bien-être social, notamment une circulation plus efficace des marchandises et un meilleur accès aux emplois, aux services de santé et à l’éducation, mais cela doit être porté par le transport public car, si la mobilité accrue est obtenue principalement par le recours accru aux voitures privées conventionnelles, cela ne fera que faire subir aux populations une aggravation de la pollution atmosphérique et des embouteillages. C’est exactement le cas à Dakar.

 

 

 

La politique infrastructurelle doit être accompagnée d’une politique de transport publique orientée. Un changement de paradigme s’impose donc au Sénégal et C’est pourquoi d’ailleurs nous pensons opportune et pertinente la mise sur pied d’un secrétariat d’Etat chargé du réseau ferroviaire. Le Président de la République n’est-il pas lui-même entrain de changer de paradigme sur la politique des transports menée jusqu’alors. Vu sous cet angle on aurait simplement dit qu’il accorde une importance capitale à ce secteur qui est en réalité le seul capable de régler le problème lancinant de la mobilité urbaine et interurbaine au sénégal.

 

Mais la vraie politique de transport public doit passer par un système intégré de transport multimodal et intermodal qui aura raison sur le désordre “organisé” du système informel et mal intégrée des “Car rapide-Aftu-Ndiaga Ndiaye-7 Places”. Ce système est à l’origine de tous les problèmes de mobilité y compris les nombreux accidents constatés sur les routes au Sénégal. Pourtant, dans la nouvelle politique de transport intégrée et orientée du Président

 

Sall, la modernisation et donc la formalisation du système des cars rapides doit avoir une part importante. Le défi est énorme nous le savons, car ​Lorsque les pays les plus développés construisaient leurs infrastructures de transport, leur population était réduite comparée à celle de la plupart des pays en développement d’aujourd’hui, et le coût des véhicules motorisés était relativement élevé. le ​Sénégal n’est pas un pays peuplé certes mais son défi à lui c’est de proposer des mesures à la fois incitatives et dissuasives. un bon système de chemin de fer (Light rail transit) et un bon système de bus (Bus Rapid Transit) va forcément amener les sénégalais à abandonner leurs véhicules privés mais aussi le transport en commun informel. Cela doit passer par une politique cohérente, évaluée et bien suivie​.

 

Il faut reconnaître qu’une mégalopole comme Dakar est déjà énorme et continue de s’étendre. Il y a peu de temps ou d’argent pour construire des systèmes de transport en commun ou pour élargir les routes afin de gérer le nouveau trafic. La région connaît déjà de graves problèmes de congestion, d’économie et d’environnement et de graves problèmes de sécurité. C’est pourquoi le président de la république et les autorités en charge du transport doivent remuer ciel et terre pour trouver les meilleurs profils pour définitivement régler le problème des transports et de la mobilité urbaine et interurbaine. Ceci passe par les infrastructures mais elles ne sont pas l’unique solution. celle-ci se trouve ailleurs. Il faut comprendre que nous en sommes à un moment crucial ou le transport est devenu extrêmement transversal et qu’un simple ministère ne saurait résoudre tous les problèmes qui lui sont liés, c’est pourquoi, encore une fois, j’apprécie à sa juste valeur la création du secrétariat d’Etat chargé du réseau ferroviaire mais l’approche intégrée me semble plus pertinente surtout quand on sait que la critique formulée contre les systèmes de transport modernes est l’absence de lien avec l’urbanisme. En effet, ​les critiques qui sont généralement faites aux nouvelles lignes de transport portent sur le caractère limité de la reprise en main du secteur : il ne s’agit que de quelques grands axes, le reste de l’offre demeurant globalement inchangé.

 

Ces critiques peuvent ne pas être totalement fondées, quand on sait que la reconquête ponctuelle du secteur du transport public enclenchée par le chef de l’Etat et son PSE semble être une méthode qui permet d’introduire très progressivement des territoires un peu plus humanisés dans une métropole dakaroise particulièrement chaotique. C’est le cas de Diamniadio et de Diass mais aussi du tronçon Ila Touba. Nous proposons alors une approche intégrée qui tiendra en compte la multimodalité et l’intermodalité avec une politique de report modal intelligemment pensée et structurée dès maintenant. Bien évidemment, cela passera par la modernisation et la formalisation des cars rapides qui joueront à la fois les rôles de feeders pour le BRT et le TER en plus des autres systèmes de bus et de trains qui, certainement, sont déjà sous projet.

 

Papa Elimane FAYE

 

 

Docteur en Tourisme, Spécialisé en politiques de transports Email: pefbiz@gmail.com

Que vient faire Abdel Fattah Al Sisi au Sénégal ?

REPUBLIQUE DU SENEGAL
Un Peuple – Un But – Une Foi
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PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE
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PÔLE COMMUNICATION

Dakar, le 10 avril 2019

COMMUNIQUE DE PRESSE

À l’invitation de Son Excellence Monsieur Macky SALL, Président de la République du Sénégal, Son Excellence Monsieur Abdel Fattah Al SISI, Président de la République Arabe d’Égypte, Président en exercice de l’Union africaine, effectuera une visite officielle au Sénégal, les 11 et 12 avril 2019.

Cette visite s’inscrit dans le cadre de la volonté mutuelle des deux Chefs d’État de raffermir davantage les excellentes relations d’amitié et de coopération entre la République du Sénégal et la République Arabe d’Égypte.

Au cours de cette visite, les Présidents SALL et AL SISI auront des entretiens sur des sujets d’intérêt commun au plan bilatéral, africain et international.
Son Excellence Monsieur le Président se réjouit d’accueillir son illustre hôte et lui souhaite la bienvenue au Sénégal.

Vidéo- La modernisation de la justice au Sénégal… Vers la recherche de la performance

Ce livre porte sur les enjeux de la modernisation de la justice car le Sénégal, après avoir mis en place un système original d’unité de juridiction à dualité de contentieux en 1960, a procédé à des réformes majeures de son organisation judiciaire en 1984, en 1992, en 2008 et enfin en 2014. Entre-temps, le pays a signé le traité de Port-Louis instituant l’OHADA. Ce livre a pour vocation de présenter un système judiciaire qui s’est complexifié au fil de ses réformes et ambitionne de se hisser à des normes de standard international. D’où la nécessité de changer de paradigmes pour atteindre les performances qui donnent satisfaction aux justiciables, aux citoyens et aux investisseurs.

Monsieur Cheikh Tidiane LAM est un haut magistrat qui officie dans la justice depuis 1997. Il a d’abord exercé comme juge au TRHC de Dakar avant d’être tour à tour Inspecteur, Directeur de Cabinet au Ministère de la Justice et Inspecteur Général Adjoint de l’IGAJ. M. LAM est docteur en droit (Université Bourgogne Franche-Comté).

Le manque de latrines au Sénégal émeut la Suisse

YERIMPOST.COM Des jeunes Suisses touchés par les 300 000 latrines nécessaires par an au Sénégal, sont venus en construire. Ces jeunes de Cayla solidaire ont consacré leurs vacances scolaires à construire ces ouvrages pour des villageois soulagés et heureux de ce geste inattendu. Au Sénégal, il manque 200 000 latrines par an aux familles démunies et aucune structure citoyenne sénégalaise ou étatique ne semble s’en préoccuper



La folie est la maladie la plus répandue au Sénégal (Ansoumana Dione)

La folie est la maladie la plus répandue au Sénégal. C’est Ansoumana DIONE, Président de l’Association Sénégalaise pour le Suivi et l’Assistance aux Malades Mentaux (ASSAMM), qui le dit. Pour vérifier cela, il suffit juste de voir le nombre impressionnant de malades mentaux errant dans les rues, et ceci n’est que la partie visible de l’iceberg. Car, dans les foyers, ils très sont nombreux à faire souffrir des familles, faute de services de prise en charge, exclus du système sanitaire. Conséquence, ces malades sont souvent conduits chez les guérisseurs traditionnels, avec des résultats insignifiants. Malheureusement, le Ministère de la Santé et de l’Action Sociale est incapable de satisfaire la demande de la population en la matière, à cause de la mauvaise gestion de la Division de la Santé Mentale, jusqu’ici, dirigée par des médecins psychiatres, ne comprenant absolument rien de cet élément essentiel et indissociable de la Santé. C’est pourquoi, Ansoumana DIONE invite le Président Macky SALL à bien vouloir lui accorder une audience pour discuter convenablement des voies et moyens pour apporter des réponses correctes aux attentes des sénégalais en matière de santé mentale.

Rufisque, le 24 mars 2019,

Ansoumana DIONE, Président de l’Association Sénégalaise pour le Suivi et l’Assistance aux Malades Mentaux (ASSAMM)

Récurrence des incendies de marchés au Sénégal: la solution est dans l’urbanisme

La récurrence, avec frénésie, des incendies dans les marchés urbains, fait de ce fléau un véritable problème de politique publique au Sénégal. Pour preuve, la question s’est invitée en septembre 2018 en réunion du conseil des ministres avec une directive ferme, à l’époque, du Chef de l’état à l’endroit de son Premier ministre de faire tenir dans les meilleurs délais d’un Conseil interministériel sur la question de la modernisation des marchés urbains pour d’une prise en charge urgente et durable du phénomène. Ce qui le cas échéant, n’aurait pas été le premier conseil du genre tenu sur la même question des incendies dans les marchés. Et pour cause. Les incendies dans les marchés occasionnent des dégâts matériels immenses causant des pertes et dommages pours des acteurs économiques, les collectivités et les citoyens. Ces dommages et perte du fait de l’informalité de l’activité et de l’absence d’assurance ne sont qu’approximativement et imparfaitement estimé à des millions voire milliards. Les drames sociaux sont quasiment impossibles à quantifier et sont les plus préoccupants. L’image d’un homme sinistré pleurant à chaude larme suite à l’incendie du marché Petersen faisant la tour des médias et d’une femme qui s’effondre de dépit et de douleur en sont une illustration imparfaite mais très significative. Les incendies détruisent des familles, et brisent des foyers et obturent l’avenir de beaucoup de sinistrés.

Il y a certes, une volonté manifeste de l’Etat de prendre en charge la problématique. Cependant, les nombreuses mesures prises précédemment pour lutter contre le phénomène et qui semblent d’effet moindre, doivent inviter les pouvoir publics à faire un diagnostic plus approfondie de la problématique afin de proposer des mesures durables de prévention face au risque.

Il est courant, suite à de telle événements, de voir des tentatives d’explication rationnelles comme par exemple : – cour circuits électriques, – exposition au feu de produits inflammables gaz, parfums, – propagation du feu des foyers des restaurants et garrottes installés anarchiquement dans l’espace marchants, – il y en a même qui invoquent – les agissements des malades mentaux qui squattent les aires de marché. Quoi que disent ces explications, ils se rejoignent toutes en un point : déficit d’aménagement urbain. Oui, autant s’en accorder tout de suite, les incendies dans les marchés sont d’éminent problème d’urbanisme. De ce point de vue, les acteurs de l’urbanisme sont en première ligne, en tant que gestionnaires de la ville, pour apporter les solutions à ce fléau dans le cadre de leurs missions régaliennes de planification urbaine, de police de l’urbanisme et de règlementation de l’aménagement de l’espace urbain.

  1. En quoi les incendies des marchés relèvent-elle de l’aménagement urbain ? Quelques constats.

De manière générale, la recherche nous permet de constater que l’urbanisation massive s’accompagne de la multiplication des potentiels d’accidents et d’incendies dans les espaces urbanisés. Les espaces marchands dans les villes, du fait des défaut d’aménagement et de l’occupation anarchiques, du défaut de mise aux sont très vulnérables à l’incendies quelque’ en soient les causes. Voici quelques constats pour s’en convaincre :

  1. Les incendies de marchés documentés depuis 1993 avec l’incendie du marché Kermel de Dakar jusqu’ à la dernière en date de Petersen sont des marchés urbains, localisé dans la ville et concerne généralement des marchés situé dans des zones dans segments peuplées ou dans des quartiers anciens. Sandaga (pour vétusté), presque aucun marché en milieu rural.
  2. Les sinistres sont d’autant plus important que parfois la rapidité de l’intervention des structures en charge de lutter contre les incendies et retardé par le défaut de fluidité de la circulation, l’absence de voie aménagé pour les ambulances et les véhicules de pompiers, l’étroitesse ou souvent plus grave encore l’encombrement des voix d’accès illégalement occupés même si on leur faire payer une taxe.
  3. Même si les sauteurs pompiers viennent à temps dans les lieux d’intervention, ils ne disposent pas souvent de plan de situation des lieux pour repérer les bouches d’incendies ce qui ne leur permet d’être au maximum de leur potentialité. Le cas de l’incendie du marché Thiaroye.
  4. Il se pose souvent un problème d’accès à une source d’eau pour le l’approvisionnement des points citerne. Les espaces comme les marchés damant disposé de réservoirs, de bâches ou de piscine à proximité bien repéré pour servir de l’iceux d’approvisionnement moins éloignés. Il faut au moins 60m3/ heure pour venir à bout d’un incendie moyen en deux heures d’intervention. Certains marchés doivent bénéficier d’un programme spécial pour les doter des canalisations nécessaires. Les image de sapeur-pompier avec es bouteille de d’eau sont édifiants.
  5. La distribution des incendies l’espace, permet de dire que les espaces marchands non aménagés ou aménagés mais dont l’occupation est mal organisée sont en terme de probabilité les plus exposés aux risques d’incendie. Et plus l’occupation est dense, plus le sinistre et les dommages et pertes qu’il engendre sont importantes. Aucun centre commercial, durement aménagé n’a fait l’objet d’incendie au Sénégal. Touchons du bois.

Tous ces aspects du problème des incendies constatés ne peuvent être prise en compte adéquatement et complétement que dans le cadre de l’urbanisme à travers ces outils existants à mettre en œuvre ou d’autre inexistante mais à penser et inventer.

  1. Recommandations aux autorité en charge de la question 

 

  1. Nous invitons aux acteurs en charge de la prise en charge de la question de considérer qu’une prise en charge durable n’est envisageable que dans le cadre de l’aménagement urbains seule à même de permettre une approche holistique et une coordination de l’ensemble des parties prenantes.

 

  1. Prendre le temps et les moyens d’évaluer tous les marchés urbains du Sénégal et de produire un rapport d’évaluation qui fournit une cartographie de la vulnérabilité au risque d’incendies ainsi que des besoins spécifiques de réhabilitation et de mise aux normes et d’adapter les conclusions au Programme de modernisation des marchés urbains.

 

  1. Evaluer le niveau de prise en charge des risque d’incendies dans les documents d’urbanisme d’une part et d’autre part mettre en priorités le respect des normes de prévention des risques d’incendies dans les instructions des dossiers de permis de construire de marchés urbains.

 

 

 

Souleymane DIALLO

Géographe – Urbaniste

dialojules@gmail.com

 

 

Macky Sall, l’homme de la France au Sénégal et en Afrique (Par Guy Marius Sagna)

 On raconte que Jomo Kenyatta était si soumis à l’Angleterre dont il appliquait à la lettre les exigences que The Economist, journal britannique, lui consacra en 1965 un article sous le titre « Our man in Kenya ». Après avoir :

– interdit la marche, la conférence (à l’université Cheikh Anta Diop dont le parrain éponyme doit se retourner dans sa tombe) et le panel (dans le cadre privé de la Fondation Rosa Luxembourg) lors du contre-sommet de la francophonie de 2014 à Dakar,

-déporté en septembre 2017 Kémi Seba au point que le bâtonnier de l’ordre des avocats du Sénégal épingla dans cette cérémonie solennelle qu’est la rentrée des cours et tribunaux l’illégalité de l’administration sénégalaise,

-fait arrêter le vendredi 02 février 2018 des dizaines de membres de la plateforme FRANCE DEGAGE ! lors de la visite de Macron dont certains pendant 5 jours

            Il peut être consacré un article au président Macky Sall sous le titre : l’homme des intérêts français au Sénégal et en Afrique de l’Ouest.

            Le coût du train express régional (TER) estimé à 568 milliards pour 57 km, gagné par la française Alstrom, là où le coût du TGV du Nigéria pour 187 Km coûtera 532 milliards confirme la persistance plus d’un demi-siècle après des relations néocoloniales entre la France et le Sénégal résumées dans les propos de De Gaulle et de Debré pour lesquelles les actes de Macky Sall constituent une fontaine de jouvence.

            « L’indépendance, quiconque la voudra, pourra la prendre aussitôt […]. Cela signifie qu’il veut poursuivre son chemin isolément, à ses risques et périls » c’est par ces mots sous forme de chantage que De Gaulle lance, le 24 août 1958, depuis Brazzaville, la capitale de l’Afrique équatoriale française (AEF), la campagne pour le référendum.

            Pour éviter les « périls » auxquels le Général faisait allusion, et que le peuple de Guinée Conakry a vécus dramatiquement dans sa chair, il fallait écouter Michel Debré premier ministre de France. « On donne l’indépendance à condition que l’Etat s’engage une fois indépendant à respecter les accords de coopération signés antérieurement : il y a deux systèmes qui entrent en vigueur en même temps : l’indépendance et les accords de coopération. L’un ne va pas sans l’autre ».

            Il faut se donner l’ambition de réécrire l’histoire et être un collabo décomplexé pour tenir les propos qui suivent. « La France il faut la féliciter et sans état d’âme et sans complexe aussi. La France, il faut saluer ce qu’elle a fait. C’est pas évident. S’il n’y avait l’intervention, l’opération serval, le Mali peut-être ne serait pas aujourd’hui présent à ce sommet. Aujourd’hui en Centrafrique les nations unies sont entrain de réagir mais c’est toujours lent par rapport au développement des forces qui peuvent semer la mort, la désolation. Donc si nous avons un pays, une puissance qui est en Afrique depuis plusieurs dizaines d’années, voire depuis plusieurs siècles, et qui peut intervenir dans le concert des nations, je crois qu’on doit positiver plutôt cela. » (Macky Sall sur BBC Afrique)

            L’intersyndicale des travailleurs du chemin de fer a demandé à l’Etat du Sénégal d’octroyer un budget de 10 milliards de francs CFA pour relancer définitivement les activités de Dakar Bamako Ferroviaire. Comment comprendre le choix par Macky Sall de ce TER de 57km contre celui du Dakar-Bamako qui impacterait des régions entières et stimulerait les échanges dans un contexte où le Sénégal achète le double de ce qu’il vend (balance commerciale déficitaire) et où le commerce interafricain est inférieur à 15%.

            Ce choix s’explique par le fait que l’option de la France et de l’UE c’est de favoriser un détournement de commerce au profit des importations en provenance de l’UE plutôt que d’augmenter le commerce intra-africain. C’est à cela que sert l’APE  que Macky Sall a signé. APE qui rend actuelle la question posée par Mehdi Ben Barka en décembre 1963 : « L’Afrique serait-elle l’Amérique latine de l’Europe ? ». APE qui va augmenter les 90 milliards et les 65 milliards qui constituent la facture que le Sénégal paie chaque année pour du blé et des produits laitiers dont la majorité provient de la France. Dès la première année d’application de l’APE, blé et poudre de lait ne paieront plus de droit de douane au pays du mil, du maïs et du sorgho.

            Ce choix s’explique par la nécessité de maintenir les privilèges des entreprises françaises que visent les accords de coopération dont faisait allusion plus haut le premier ministre français Debré. Dans le cas d’espèce il s’agit des entreprises Alstrom et SNCF. Il s’agit aussi de Necotrans dans notre port, de Total qui fait son entrée dans notre pétrole, d’Eramet qui a 50% de la mine de Zircon, de GDS dans l’horticulture, de la Soboa filiale du groupe Castel France, de la cimenterie Sococim reprise par VICAT…

            Dans ces accords de coopération il y a aussi le maintien de la présence de l’armée française que Macky Sall a ramenée. Les 400 marins français en permanence sur le territoire sénégalais ne sont pas là pour les intérêts du peuple sénégalais. Le cas Gbagbo nous a édifié sur son rôle.

            Les accords de coopération c’est aussi les garanties contre les nationalisations. Il est préférable pour nos compatriotes de croire au père Noël plutôt que de penser que Macky Sall accédera à la demande de notre compatriote Babacar Touré parlant de la Sonatel contrôlée par Orange. « Une entreprise qui fournit 12% des recettes fiscales de l’Etat et représente plus de 6% du PIB ne devrait-elle pas être nationale ? Le président Macky Sall est interpellé. Son cheval de bataille devrait être la renationalisation de la Sonatel et de toutes ses semblables. ».

            Les 250 entreprises et micro entreprises françaises assuraient en 2015 le ¼ du PIB du Sénégal qui est le 4e excédent de la France en Afrique. C’est normal alors que les sénégalais ne mangent pas de la croissance avec laquelle on les bassine en permanence.

            Et ils ont raison, les chefs d’entreprises qui comme Mansour Kama de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes) disent que « Les réformes doivent promouvoir le secteur privé national et les Pme (…) Il ne sert à rien de faire partie des dix premiers réformateurs du classement de Doing Business si cela ne sert qu’à dérouler un tapis rouge aux investisseurs étrangers ». L’homme d’affaires Serigne Mboup dira : « L’Etat ne peut pas encadrer le secteur privé vers la recherche d’autres espaces et le priver du marché domestique. ». Baïdy Agne du Cnp ajoutera : « si l’assurance est le principal acteur pour la mobilisation de l’épargne interne, la banque est le distributeur de cette épargne à travers le crédit (…) qui contrôle ces deux secteurs contrôle l’économie nationale (…) notre pays est le 3e marché pour les primes d’assurance collectées dans la zone Cima. Il est ouvert aux compagnies d’assurance de diverses nationalités (ivoirienne, camerounaise, et marocaine…) Elles sont là au Sénégal, alors qu’aucune compagnie d’assurance sénégalaise n’est installée dans ces pays ».

            Durant l’année 2015, Axa-Assurance (France) a renforcé sa place de leader du secteur des assurances avec un chiffre d’affaire de 12 milliards soit 10% de celui de l’ensemble du secteur. Cela va se renforcer pour deux raisons. La première c’est que « Entre 2000 et 2011, la part de marché de la France au Sud du Sahara a décliné de 10,1% à 4,7% », notait déjà en 2013 le rapport remis par le quintette Hubert Védrine, Hakim El Karoui, Jean-Michel Severino, Tidjane Thiam et Lionel Zinsou. La deuxième raison tient au fait que, en visite en France en 2016, Macky Sall a dit au privé français : « il faut être agressif, l’amitié ne suffit plus ». Cela nous permet de dire une chose. Tout le discours sur l’émergence cache une réalité. Il y a un « marché émergent » au Sénégal. Mais parce que ce marché émergent bénéficie à l’impérialisme collectif la société sénégalaise ne peut être émergente.

            Au Sénégal, les PME constituent 90% des entreprises sénégalaises. Seules 5,3% d’entre elles exportent selon le rapport de l’enquête nationale sur les petites et moyennes entreprises, paru en octobre 2014 et réalisé par l’Agence de la statistique et de la démographie. Ces PME ont un taux de mortalité de 64%. Une des raisons de ces réalités se trouvent dans le franc CFA néocolonial qui exerce une répression financière avec un crédit très faible – surtout pour l’agriculture et l’industrie – et qui fait que nos produits d’exportation ne sont pas compétitifs sur le marché international et qui favorise l’importation. Quoi de plus normal alors que sur les 269.000 nouveaux demandeurs d’emplois qui arrivent sur le marché du travail chaque année au Sénégal moins de 30.000 arrivent à trouver un emploi ?

            Le président Macky Sall attend encore qu’on lui explique que le franc CFA est une monnaie néocoloniale. Il feint de ne pas savoir la vérité. En vérité, il a juré fidélité à la France et au Cac 40. Et les accords de coopération c’est aussi laisser intact le franc CFA.

            Le seul patriotisme dont le président Macky Sall et ses souteneurs sont capables est un patriotisme de pacotille. Il consiste à dénoncer la posture « néocoloniale », par exemple, d’une Anne Hidalgo, maire de Paris, quand celle-ci soutient le maire de Dakar emprisonné et jugé pas pour promouvoir une « gestion sobre et vertueuse » mais pour écarter un adversaire à l’élection présidentielle de 2019. Le parti du président a qualifié cela de « (…) posture aux allures nostalgiques d’un néocolonialisme révolu ne saurait prospérer. Le Sénégal, pays indépendant et souveraine ne saurait l’accepter. (…) ». Pour la coalition présidentielle il faut que « Mme Hidalgo sache que la « Françafrique » est révolue ».

            Mais les mêmes ne disent rien quand le 30 mars 2016, André Vallini, secrétaire d’Etat chargé du développement et de la francophonie déclare lors d’un entretien avec le président Macky Sall que « la France est satisfaite des résultats du référendum du 20 mars ».

            Voilà pourquoi il est aussi curieux de voir une partie de la classe politique sénégalaise toujours prompte à aller faire de la délation auprès des chancellerie impérialistes sur des questions comme celles liées au processus électoral. Ils devraient méditer ce proverbe bamanan. « Que les chèvres se battent entre elles dans l’enclos est préférable à l’intermédiation de l’hyène». Où encore lorsque cette partie de la classe politique sénégalaise accorde un soupçon de crédit au FMI et à la Banque mondiale. Curieux ? Peut-être pas forcément. Et cela signifie que Macky Sall n’est pas le seul homme de la France et de l’impérialisme collectif au Sénégal. L’impérialisme, c’est un secret de polichinelle, ne met jamais tous ses œufs dans le même panier.

            La partie conservatrice de la classe politique française est en accord avec François Mitterrand qui, alors qu’il était ministre des colonies en 1957, a dit : « Sans l’Afrique, il n’y aura pas d’histoire de France au XXIe siècle ». C’est ce que le sénat français réaffirme en 2014 en disant : l’Afrique, l’avenir de la France. Et en incitant les entreprises françaises à y chasser en meute.

            Nous aspirons à une histoire du Sénégal libre comme chapitre dans une histoire d’une Afrique libre où nos peuples ne sont pas considérer comme du gibier. Mais pas de la liberté d’opprimer d’autres peuples. Mais de la liberté de contribuer à l’émancipation des peuples et des travailleurs, à leur bien-être…en mettant en avant solidarité et complémentarité et non concurrence et compétitivité.

            En 1904, le géographe français Onésime Reclus suggérait à l’impérialisme français un changement de stratégie dans un livre prémonitoire : Lâchons l’Asie, prenons l’Afrique : où renaître ? Et comment durer ?

Jooy fajul naqar ! Il est temps que le Sénégal soit lâché dans une Afrique lâchée. C’est à cette révolution anti impérialiste que tous les patriotes doivent s’employer.

Dakar, le 12 février 2018

Hold-up présidentiel au Sénégal: La troisième alternance empêchée, la première alternative reportée

C’est devenue une coutume de Macky/APR/BBY d’annoncer les chiffres avant de voler les suffrages et les faire confirmer par les institutions dédiées à cet effet (CENA, Commission de Recensement des votes et Conseil Constitutionnel). Ces forfaitures ont été réalisées lors :

– du référendum-waxeet 2016

– des législatives-chaos orchestré de 2017

– du parrainage-sélection 2018

– de la présidentielle 2019-« j’en fais mon affaire »

Dicter aux institutions censées être non partisanes ce qu’elles doivent annoncer montre que la formule d’Obama selon laquelle « l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes » est un mensonge qui contient une vérité parce que justement « les hommes forts produisent des institutions fortes et vice versa les institutions fortes produisent des hommes forts ». Il y a donc une dialectique de l’interdépendance entre « hommes forts et institutions fortes » bien différente du demi-mensonge obamien repris en écho par les esprits aliénés.

L’autocratie Mackiste/APR/BBY se croit tout permis et veut encore une fois que l’opposition accepte d’être les dindons de la farce. Or cette fois, la déclaration commune des 4 candidats ne reconnaît pas « les résultats Kandji » et refuse de faire recours à l’arbitrage du Conseil Constitutionnel considéré comme indigne de confiance.

Macky/APR/BBY gagnent par le coup d’état permanent pour se maintenir au pouvoir, mais le Sénégal et les Sénégalais perdent tout ce que les Assises Nationales avaient mis en orbite pour doter le pays d’un contrat national et moral fondé sur l’état de droit, des institutions indépendantes respectables et respectées (justice, législatives, administration).

L’alternance représentée par la coalition Idy 2019 est écartée

Contre le vol des élections et la félonie des institutions chargées de dire le vrai, il n’y a que le soulèvement populaire, à l’instar du 23 juin 2011, qui peut faire respecter la volonté du peuple. Or manifestement il y a pas grand monde pour tenir la rue et braver la répression pour obtenir un second tour permettant une troisième alternance libérale.

Il est clair que tous les moyens (distribution et rétention des cartes d’électeurs, fichiers réels, parrainage-sélection, inscription dans les bureaux de vote, bourrage des urnes, nombre de votants supérieur au nombre d’inscrits, proclamation des votes sans compter l’achat des consciences avec l’argent du contribuable, etc) sont totalement et unilatéralement sous le contrôle de Macky/APR/BBY. Macky lui même l’a confirmé en refusant d’attribuer l’organisation en amont, pendant et en aval des élections à une Commission Eectorale Indépendante (CENI), c’est donc un jeu d’enfant que de fabriquer les résultats à la Kandji (58%) qui ne sont que les chiffres améliorés du zèle dicté par le premier ministre (57%) à peine quelques heures après la clôture du vote et qui rappellent drôlement ceux de la présidentielle 2007.

Les résultats Kandji attribuent à la coalition libérale concurrente Idy 2019 la seconde place. Ce qui fait que dans le plan B du hold-up Mackiste/APR/BBY, les voleurs ont pensé en faire « le chef de l’opposition » fixé dans la Constitution-waxeet en comptant sur le fait que Idy est connu pour être « opposant radical le jour et opposant négociateur la nuit ».

La signature des 4 candidats au bas de la décision de rejeter les résultats Kandji et de refuser le recours au Conseil Constitutionnel tire le tapis sous les pieds de Macky/APR/BBY en posant clairement la nécessité de sortir du cycle infernal des putschs électoraux des libéraux néocoloniaux au pouvoir.

Se pose donc la question que va faire le « vainqueur » après la fête pour conjurer le cauchemar de la frayeur de perdre ? Libérer Khalifa Sall, laisser rentrer et blanchir Karim Wade, chercher à réconcilier la famille libérale néocoloniale, garder les sociaux libéraux du PS/AFP/PIT/LD. Peut-il coupler élections locales et législatives ou va-t-il les organiser à des moments différents ? L’équation est comment écourter la durabilité du mépris que les Sénégalais affichent pour les « 58% volés » par Macky tout comme ils l’ont fait pour le « ma waxoon waxeet » de Wade ? L’élection d’une nouvelle Assemblée Nationale apparaît probable pour qu’elle reflète les résultats Kandji et pour sa mise en conformité avec la disposition constitutionnelle du « chef de l’opposition ». Celle d’aujourd’hui reflète les législatives 2017 du chaos dont les résultats faisaient de la coalition PDS suivie de celle de Khalifa Sall les principaux opposants des députés godillots de l’APR/BBY.

La marche vers l’alternative patriotique

Notre coalition Sonko Président arrive en troisième position dans un mouchoir de poche avec le second la coalition Idy 2019 selon les résultats Kandji. Des centaines de milliers de Sénégalais ont voté pour l’alternative patriotique qui allie les conclusions des Assises Nationales avec la sortie de la France du CFA, le rejet des APE, la renégociation de tous les contrats miniers avec les Multinationales et de tous les accords de sujétions à la françafrique, la séparation réelle des pouvoirs Exécutif, Législatif et judiciaire, etc.

Malgré la machine à voler de Mackiste/APR/BBY, il était difficile, voire quasi-impossible de masquer la montée en puissance dans le peuple de l’adhésion au programme patriotique, anti-libéral, anti-impérialiste de la coalition Jotna de Sonko Président s’offrant comme alternative à la mal-gouvernance libérale néocoloniale.

La présidentielle 2019 a révélé l’existence d’une tripolarisation de la scène politique : les libéraux néocoloniaux au pouvoir et transhumants (APR/BBY/PS), les libéraux (Reewmi/Taxaw Dakaru/Grand Parti, etc) et les patriotes unis à la gauche de l’alternative souverainiste anti-libérale et panafricaine. L’ancienne bipolarisation entre les sociaux libéraux (PS et ses démembrements) et les libéraux (PDS et ses démembrements) implose et cède de plus en plus la place dans cette période transitoire aux coalitions nées de la sélection du parrainage calculé pour préparer le coup d’état électoral présidentiel.

Macky/APR/BBY vont s’atteler à ce qu’ils savent faire le plus, à savoir débaucher à coups de transhumances ou/et alimenter une opposition libérale factice pour brouiller les pistes et tenter de faire de l’ombre à l’alternative anti-libérale et patriotique. Macky/APR/BBY vont tout faire pour bloquer l’ascension du camp patriotique et son leader O. Sonko, y compris en cherchant à l’embastiller tout comme ils l’ont expulsé de la fonction publique et vont aussi organiser les élections locales et l’éventuelle dissolution de l’Assemblée Nationale ou à date échue des législatives avec cet objectif que l’on peut résumer par le slogan « tout sauf l’alternative patriotique ».

La campagne présidentielle a montré une force montante fulgurante sur le plan électoral, une grande capacité collective à partager les propositions programmatiques tant par les réseaux sociaux que sur le terrain par le déploiement auprès des masses.

Le leader O. Sonko et le directoire de campagne de la coalition ont montré collectivement un grand sens tactique en cherchant à rallier par le discours et les actes l’électorat populaire qui, pour divers raisons, rejetait l’injustice et la mal-gouvernance Mackiste/APR/BBY. C’est ainsi qu’il faut comprendre la rencontre avec le vieux crocodile libéral néocolonial A. Wade, lequel est obnubilé et motivé que par le sort de son fils biologique. C’est ainsi qu’il faut comprendrde la visite en prison au social-libéral Khalifa Sall et au doxontu à Sandaga avec le social-libéral Barthélemy Dias, etc.

La Coalition Sonko Président doit être maintenue sur la base du programme Jotna, mais il faut s’attendre à des débauchages face à l’adversité répressive et corruptrice que Macky/APR/BBY vont nous faire subir.

Les forces anti-libérales, anti-impérialistes et panafricaines doivent aussi fusionner dans un grand parti de l’alternative patriotique. La rébellion contre la mal-gouvernance de la jeunesse saine du pays, leur énergie, l’enthousiasme de leur engagement, de leur don de soi patriotique, leur savoir faire et leur maîtrise de la communication moderne, du langage d’aujourd’hui alliés à l’expérience, à la mémoire des luttes du passé et aux valeurs programmatiques de la gauche historique en rupture avec l’opportunisme sont les deux mamelles nourricières de l’alternative aux alternances libérales du Sénégal.

Il y a aussi un potentiel de démultiplication du leadership à faire éclore pour éviter ce qui est arrivé plusieurs fois dans l’histoire de l’Afrique résistante. Les exemples sont légion: Sankara, Lumumba, Nkrumah, Cheikh Anta Diop, Cabral, etc. L’impérialisme et les bourgeoisies néocoloniales neutralisent un leader et tout s’effondre. C’est ce que l’Asie a su déjouer dans les cas Chinois, Vietnam, Nord-Coréen et que l’Amérique du Sud expérimente actuellement à Cuba, au Venezuela. La construction du leadership collectif collégial et démocratique sous le contrôle de la démocratie participative de la base est l’assurance-vie de la pérennisation du projet et du combat émancipateur.

L’histoire ne nous pardonnera pas de rater l’opportunité de fonder par la fusion le grand parti-front rassemblant les classes et couches sociales qui ont intérêt à sortir du système néocolonial : la bourgeoisie souverainiste, l’intelligentsia éthique, la jeunesse estudiantine, les femmes laborieuses, les paysans, les éleveurs, les pêcheurs, les artisans, les travailleurs de l’informel et la classe ouvrière. Ce parti-front des classes sociales contre le néocolonialisme, à l’instar du RDA à l’échelle ouest-africaine en octobre 46, s’appelle aujourd’hui à l’échelle du Sénégal Pastef.

1er mars 2019

LA BATAILLE A GAGNER POUR LES PROCHAINS RENDEZ VOUS ÉLECTORAUX: LA COMMISSION NATIONALE INDÉPENDANTE (CNI)

Diagne Fodé Roland

Au journaliste à Macky Sall lui demandant si il ne pouvait pas enlever à son Ministre de l’Intérieur l’organisation en amont, pendant et en aval des élections comme l’avaient fait A. Diouf et A. Wade, la réponse a été « jamais, je refuse ». Il en est de même du refus de ne pas nommer et de ne pas présider les institutions de la Magistrature, notamment son conseil supérieur.

La déclaration signée par les candidats (Idy, Madické, Issa, Sonko) qui rejete les résultats Kandji et refuse de recourir à l’arbitrage du Conseil Constitutionnel pose très clairement la question des conditions à réunir pour que les prochaines échéances électorales ne soient pas sous le contrôle exclusif et total du camp présidentiel pour qu’elles soient non partisanes, transparentes, démocratiques.

C’est non seulement l’affaire de toute l’opposition, mais aussi de tous les démocrates et tous les citoyens attachés à l’état de droit condition de la paix et à la défense des avancées démocratiques qui ont permis deux alternances dans le pays.

Mais avec l’odeur du pétrole et du gaz qui va décupler la gouvernance corrompue, il doit être dit que le défi à relever est celui de la mobilisation du peuple pour empêcher Macky/APR/BBY non seulement de refaire le coup du « ma waxoon waxeet » pour un troisième mandat, mais de voler les locales et les législatives à venir.

Le mépris passif affiché par le peuple pour les résultats Kandji est en réalité l’accalmie avant la tempête de la révolte populaire contre les vols électoraux sans vergogne. A bon entendeur, salut!

CRITIQUE DU PROGRAMME DE JOTNA COALITION SONKO PRÉSIDENT

OU QUAND L’EX-GAUCHE SIGNE SA VASSALISATION VENALE AUX LIBÉRAUX ET AU SYSTÈME NÉOCOLONIAL

Diagne Fodé Roland

Dans une sortie de dernière minute avant la clôture de la campagne pour réaffirmer son allégeance aux libéraux MACKY/APR/BBY, l’idiot utile, Ibrahima Sène, ci-devant ex-marxiste du PIT-S, fustige ce qu’il appelle les « mesures phares du programme JOTNA de la coalition Sonko Président » qu’il résume ainsi :

– « démissionner de la présidence du parti », « supprimer les fonds politiques »,  » Supprimer le HCCT, le CESE et le HCD »,  » Retirer l’exécutif du conseil supérieur de la magistrature »,  » Supprimer la tutelle fonctionnelle du Ministère de la Justice sur le parquet »,  » Faire un appel à candidature pour les postes de Directeurs et de Directeurs Généraux »,  » Porter le congé de maternité à 6 mois selon les modalités convenues avec les partenaires sociaux »,  » Reversement de la pension de la femme décédée à ses ayants droit »,  » Recensement et identification des enfants de la rue à l’état civil et orientations dans les daaras publics modernes avec apprentissage de métiers dès le jeune âge »,  » Instituer un fonds de pension et d’un fonds d’investissement de la Diaspora »,  » Relancer les projets de revitalisation des vallées fossiles et construction du canal du Cayor et du Bao »,  » Réserver la mer territoriale (12.000 nautiques) à la pêche artisanale »,  » Auditer et renégocier tous les contrats, conventions et accords défavorables à l’Etat du Sénégal »,  » Mettre en œuvre un plan de sortie du CFA dans le cadre de l’UEMOA et de la CEDEAO, à défaut, en autonomie ». Il faut arriver à un degrés de malhonnêteté confinant à l’abrutissement politique que seul l’intérêt vénal peut expliquer pour caractériser ces « mesures phares » de  » maintien du Parti Etat », de « bureaucratisation plus poussée de l’Etat dont les Grands Commis et le pouvoir judiciaire sont hors du contrôle des Elus de la Nation », de  »  » sujétion et de cadeaux fiscaux au grand capital  » et tenez vous bien de « projet salafiste de société ».

Ibrahima Sène veut faire prendre des vessies pour des lanternes et insulte les Sénégalais, car n’importe quel enfant de 5 à 10 ans comprend parfaitement que refuser de signer les APE, renégocier les contrats sur l’exploitation des richesses du sous sol qui n’attribuent au plus que 10% au pays et sortir la France du CFA est exactement le contraire de  » la sujétion par des cadeaux fiscaux au grand capital », que sortir le président et le ministre de la justice « du conseil supérieur de la magistrature et supprimer leur tutelle sur le parquet » c’est exactement assurer l’indépendance de la justice, etc.

Ibrahima Sène et tous les thuriféraires-griots des libéraux néocoloniaux qui accuse de « salafisme » ne sont pas à une contradiction près quand ils ne cessent d’agiter que  » notre pays est pourtant sous la menace jihadiste » extérieure tout en faisant croire que la présidence Sonko c’est le « salafisme au pouvoir au Sénégal ». Ces gens là dans leur panique de la défaite électorale en sont réduits à piétiner le principe même de la laïcité qui sépare l’Etat des religions mais préserve le droit à chacun d’avoir ou non une religion.

Le bouquet c’est cette définition de la « coalition Sonko Président 2019 » comme « une alliance de couches moyennes petites bourgeoises d’extrême gauche, et d’extrême droite salafiste ». C’est exactement quasi mots pour mots ce que disent le président Français Macron, la droite, le Parti Socialiste Français des Gilets Jaunes, de la France Insoumise et de JL Mélenchon en France. Comme quoi les travaux pratiques de la collaboration de classe au pouvoir et les postes de sinécures pour clientèles politiques font tomber les opportunistes ex-marxistes dans la colonisation mentale qui caractérise leurs maîtres libéraux néocoloniaux comme Macky Sall vantant sans vergogne sa servilité volontaire à l’impérialisme Français par les « desserts aux tirailleurs Sénégalais ».

Ibrahima Sène écrit:  » A l’analyse de ce Programme, l’on s’étonne de voir qu’il est endossé par Cheikh Tidiane Dièye de la Société Civile, Madièye Mbodji de YAW et Dialo Diop du RND, qui pourtant, se targuent d’être d’ardents défenseurs des « Conclusions des Assises nationales » sur les réformes institutionnelles, de la souveraineté économique et monétaire de notre pays, et de présenter le Candidat Sonko comme celui de la «rupture avec le système » comme le préconisaient les « Conclusions des Assises nationales » ». Rien d’étonnant que ce sieur « s’étonne » (sic) des positions justes de la gauche de rupture, celle de la dignité, celle des mains propres, celle de la continuité historique du combat révolutionnaire de notre classe ouvrière et de notre peuple, celle qui s’inscrit dans la tradition révolutionnaire et communiste incarnée par Lamine Arfan Senghor, Tiémokho Garang Kouyaté, les 23 signataires du Manifeste du PAI du 15 septembre 1957, Seydou Cissokho, Cheikh Anta Diop, Cheikh Tidiane Diatta, Iba Ndiaye Diadji, le cheminot Djiby Seck, l’ouvrier thiessois Badiane Gueye, Moussa Jileen Diop, Ndongo Diagne, Birane Gaye, Assane Samb, celle de la jonction avec la rébellion de la jeunesse « saine » (dixit A. Diouf) opposée à la mal- gouvernance libérale néocoloniale,

Marx dénonçait la méthode des opportunistes de son temps qui consistait à « bombarder à la manière des singes les autres avec ses propres excréments ». C’est exactement ce que fait Ibrahima Sène de qui personne ne s’étonne aujourd’hui qu’il en soi réduit à ne plus différencier la soumission (PSE de Macky/APR/BBY) et l’émancipation (Coalition Sonko Président), le néocolonialisme qui sous-développe et mal-développe (libéraux Macky/APR/BBY) et la libération nationale qui sort le pays du sous-développement (Coalition Sonko Président).

Le « secret » de cet abrutissement mental n’est rien d’autre que la poche de l’idiot utile qui doit donner des gages à ses maîtres libéraux et impérialistes. Il n’a même pas l’excuse de ce que certains ont appelé « la maladie de la sénilité de l’âge mûr » quand on voit l’honneur et la dignité avec lesquels les doyens Alla Kane, Moctar Fofana Niang, Jo Diop, Sadio Camara poursuivent le combat libérateur et émancipateur de leur tendre jeunesse.

21/02/19

Décès de Maïmouna Kane, première femme ministre au Sénégal

Dakar, 2 mars (APS) – L’ancienne ministre du Développement social et femme politique, Maïmouna Kane, est décédée vendredi à Paris (France), à l’âge de 82 ans, a-t-on appris de source informée.
Née le 13 mars 1937 à Dakar, Mme Kane est une juriste de formation. Elle a été auditrice à la Cour suprême, substitut du Procureur et conseillère à la Cour d’appel de Dakar.
Elle a occupé le poste de secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre chargée de la condition féminine, et de la promotion humaine sous les régimes socialistes de Léopold Sédar Senghor et d’Abdou Diouf.

Elle a été promue ministre du Développement social dans le gouvernement formé le 5 avril 1983 par Moustapha Niasse, avant de demander à se retirer pour des raisons de santé.

Le journaliste Cheikh Adramé Diop a réalisé en 2017 un documentaire intitulé « Maïmouna Kane : femme d’Etat et femme d’action », où il retrace le parcours de cette femme politique sénégalaise.

ASB

Madické Niang, la surprise Buzz digital de la présidentielle 2019 au Sénégal

C’est l’unique candidat qui aura fait le buzz sur la toile sénégalaise. Depuis le début de la campagne, Madické Niang est l’homme qui s’est fait remarquer sur les réseaux sociaux. Le candidat à l’élection présidentielle est en train de prouver aux internautes qu’il est possible de faire sa communication avec un style particulier.

#Fi_todjnaa, c’est l’expression du moment sur internet. Malgré qu’il soit l’un des candidats à rejoindre tardivement la toile, l’ancien camarade de Wade a trouvé une belle stratégie pour se faire entendre. Madické Niang, à travers ses sorties, a tout fait pour attirer les regards sur sa personne devenue la surprise digitale des élections au Sénégal. Une stratégie accentuée par les médias mais surtout par les réseaux sociaux.

Fi todjnaa! Yangui khouss rek…!
Mais, ce qui a fait cette remontée passionnée du candidat c’est surtout l’utilisation de certaines expressions qui ont marqué les Sénégalais: Fi todjnaa!, Yangui khouss rek…!

C’est pourquoi, ce buzz ne se limite pas seulement sur la toile. Partout, dans les discussions, chez les animateurs, journalistes, radio ou télé, ces deux expressions sont utilisées pour faire détendre les interlocuteurs.

En cette période de campagne électorale, marquée par la violence verbale ou physique, voir un candidat si détendu, si humain, devient une exception.

D’abord, beaucoup, d’internautes ont apprécié et rigolé en regardant cette vidéo dans laquelle, Madické a utilisé un ton d’humour pour parler de ses concurrents.

Madické, est le candidat le plus détendu de la campagne.

Les Etats-Unis avertissent leurs citoyens sur d’éventuelles violences au Sénégal

Les Américains craignent d’éventuelles violences au Sénégal après la publication définitive de la liste des candidats devant se présenter à la présidentielle de 2019. Ainsi, ils avertissent leurs concitoyens sur les lieux à éviter. Ci-dessous, le texte mis en ligne (texte en anglais traduit : Ndlr) par l’ambassade.

« Événement: Le Conseil constitutionnel publiera la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle le dimanche 20 janvier. La disqualification de Khalifa Sall et de Karim Wade dans la décision préliminaire du conseil a conduit à une grande manifestation sur le VDN le 15 janvier et de nouvelles manifestations (certaines violences éventuellement ) sont probables dans les prochains jours et surtout après la décision finale. Les manifestations politiques se poursuivront probablement pendant toute la campagne électorale (du 3 au 23 février) et éventuellement le jour du scrutin (le 24 février) »

Lieu: Les zones potentielles de protestation comprennent, sans toutefois s’y limiter, les zones suivantes à Dakar, au Sénégal:

La VDN

La Cour suprême

Grand Yoff

Medina

Place de l’Obelisque

Le Palais de Justice of Dakar

Place de l’Independence

Tullow affirme donc qu’elle n’a jamais créé de société au Sénégal ! Faux !

Tullow affirme donc qu’elle n’a jamais créé de société au Sénégal. Et le corrupteur ment pour couvrir le corrompu. La directrice générale de Tullow limited Sénégal se nommait Awa Ndongo. La pepite, Tullow Limited Sénégal, était planquée dans l’île de Man qui fait partie des paradis fiscaux. Dire que Sonko reprochait la même chose à Petrotim… Voir le lien

https://beta.companieshouse.gov.uk/company/FC032831

 

 

Lettre de Cheikh Hadjibou Soumaré, candidat à l’élection présidentielle 2019 au Sénégal

Monsieur Cheikhe Hadjibou Soumaré

Ancien Premier ministre du Sénégal

 

 

 

 

 

À Monsieur le Président de la République

À mes chers compatriotes

À Monsieur le Secrétaire général des Nations unies

À la Communauté internationale

Aux amis du Sénégal

 

Dakar le 07 janvier 2018

 

Je me permets, en ce jour du 7 janvier 2019, à la veille des élections présidentielles, compte tenu de la gravité de la situation, de vous adresser cette lettre en guise de témoignage des moments sombres de l’histoire de Notre pays, que le Président de la République, Macky SALL, par ses actes, va léguer aux générations futures.

 

L’heure est si grave, que chaque Sénégalais, quelle que soit la position qu’il occupe dans l’appareil d’Etat, comme fonctionnaire judiciaire, administratif, militaire, para militaire ou comme simple citoyen doit être conscient, que par sa posture il est en train d’écrire les pages d’histoire d’un Sénégal de stabilité ou d’instabilité, dont les seuls responsables, seront ceux qui n’auront pas su prendre leur responsabilité.

 

Le peuple ne s’est jamais autant enfoncé dans l’extrême pauvreté, dans un environnement de gabegie, de concussion et de corruption comme le pays n’en a jamais connu.

 

Le Président Mamadou Dia disait, nous avons des droits et des devoirs, les droits on peut décider de ne pas les exercer, mais les devoirs nous ne pouvons pas nous en soustraire.

 

C’est faisant miens ces propos, que j’ai décidé d’exercer non seulement mes droits, mais aussi mes devoirs de citoyen, aimant profondément son pays.

 

Je m’étais abstenu, depuis ma sortie du 22 juillet 2018, au grand théâtre, de participer à la médiatisation des griefs à l’encontre du pouvoir, dont chacun a été bien documenté par d’autres et qui tenaient de l’évidence même.

 

Je pensais, qu’en hommes responsables, ceux qui exercent le pouvoir auraient donné l’occasion à tous les Sénégalais qui le souhaitent, de parler de leur pays à travers des projets de sociétés qui seraient arbitrés par le libre choix des citoyens.

 

Mais par la ruse, la manigance, la tricherie éhontée le pouvoir est resté sourd à l’appel des citoyens, ainsi qu’au <<silence>> d’autres qui attendaient une réelle posture de démocrate à travers une gestion irréprochable du processus électoral.

 

Nous sommes des citoyens du monde, le Sénégal fait partie du monde libre, nous voulons pour notre pays ce que chaque patriote veut pour le sien.

 

Nous voulons pour nos enfants ce que les autres veulent pour les leurs et non ce spectacle insoutenable des traversées de la Méditerranée, qui nous met au banc des pestiférés, dans cette Europe de la déclaration universelle des droits de l’homme.

 

Malheureusement depuis un certain temps, par le tripatouillage de la Constitution et de la loi électorale, le pouvoir sans concertation sérieuse avec les acteurs  politiques, a fait un forcing pour imposer SON Parrainage  à des acteurs pourtant acquis au parrainage avec des règles qui seraient claires et impartiales pour tous. J’en veux pour preuve, le spectacle désolant à l’assemblée nationale, lors de l’examen d’une loi aussi importante que celle sur le parrainage, VOTÉE SANS DÉBAT par la seule majorité présidentielle.








Cette forfaiture dans la préparation de ces élections, n’a été possible que grâce à des cabinets étrangers et sénégalais, avec la complicité de fonctionnaires zélés qui seraient seuls responsables d’un tel crime contre le peuple sénégalais. Aucun acteur politique, aucun arbitre des élections, aucun représentant de la société civile ne peut attester aujourd’hui sur l’honneur, de la fiabilité du fichier électoral.

 

Tout cela s’est fait avec le silence coupable de certains amis du Sénégal au détriment d’un peuple assoiffé d’une gestion vertueuse de ses biens, de l’égalité de chance entre ses enfants, de tracer sa propre voie dans le concert des nations en étant ancré dans ses valeurs ancestrales que sont l’honneur, la dignité, le respect de la parole donnée et la démocratie.

 

C’est pourquoi, en ces moments difficiles de l’histoire du Sénégal, je me veux être dans le camp de ceux qui auront pris leur responsabilité face à la dérive d’un pouvoir devenue sans limite, pour défendre les intérêts d’une jeunesse en désarroi, de familles qui continuent de se paupériser, de fonctionnaires gagnés par la politisation extrême de notre administration dont les grades ne se gagnent plus au mérite, d’une justice piégée, d’une représentation du peuple chahutée, d’une société civile utilisée par certains comme tremplin d’accès au pouvoir, d’un monde rural à l’agonie laissé à lui même.

 

En qualité d’ancien  Premier Ministre, d’ancien Président de la Commission de l’UEMOA,  je sais ce que la mise en place de la pratique des coûts unitaires dans la commande publique, comme dans le cas de l’OCDE, aurait épargné à notre pays. La conséquence en est aujourd’hui la surfacturation maintes fois dénoncée et qui nous a amené à cette nécessité de comblement de déficits importants de trésorerie.

 

Je sais également, que des pans entiers du secteur parapublic sont aujourd’hui mis à contribution pour entretenir un clientélisme politique érigé en règle, ce qui a fini d’en faire le réceptacle de tous les déficits.

 

Le peuple sénégalais est en droit d’exiger la tenue des élections à bonne date conformément à la Constitution.

 

Le peuple sénégalais est en droit d’exiger des élections libres et transparentes organisées par des personnes au dessus de tout soupçon de collusion.

 

Le peuple sénégalais est également en droit d’exiger de la part du pouvoir, la non utilisation de la force contre lui, quand il sera amené à défendre fermement ses droits les plus élémentaires.

 

Le peuple sénégalais est en droit d’exiger de la communauté internationale non pas de la compassion ou de l’aide, mais d’être la sentinelle de l’Etat de droit à ses côtés, face à un pouvoir qui ne veut pas prendre en charge ses aspirations légitimes comme peuple libre, fière de ce qu’il est et maître de son destin.

 

Le Sénégal a toujours été une nation debout, elle le restera par la mobilisation de tous ses enfants contre toutes les dérives autoritaires.

 

J’en appelle encore à la responsabilité du pouvoir, en particulier à celle de celui qui l’incarne au plus haut niveau, le Président de la République, pour se ressaisir pendant qu’il est encore temps.

 

J’en appelle à la responsabilité des arbitres de cette élection, pour choisir la voie du peuple, celle de la vérité.

 

J’en appelle à la responsabilité de la communauté internationale, à celle de tous les amis du Sénégal pour agir ici et maintenant, au lieu de se porter au chevet du Sénégal quand certains finiront d’écrire les pages sombres de notre histoire et que le peuple prendra la responsabilité de défendre ses biens les plus précieux, la Démocratie et la République.

 

J’en appelle à la responsabilité de notre jeunesse, en lui disant, que les plus grandes batailles ont été gagnées par la non violence, et l’exemple le plus illustratif a été celui de Madiba, Nelson Mandela, un grand Africain, pétri de ses valeurs et qui demeure une référence et une fierté pour toute l’Afrique.

 

Vive le Sénégal dans une Afrique unie et debout.








 

Cheikhe Hadjibou SOUMARE

Ancien Premier ministre du SENEGAL

 

 

 

Ampliation:

– tous les Chefs d’Etat des pays membres de l’UEMOA.

Maladies privilégiées contre maladies négligées: Quand certains malades sont plus chanceux que d’autres au Sénégal

La lecture de la réalité sanitaire en Afrique et au Sénégal permet de constater que le cadre de lutte contre les maladies n’a pas pu produire des résultats à la hauteur des moyens techniques et financiers déployés. Les différentes stratégies jusque-là déroulées tournent essentiellement autour d’une une approche verticale dont la conséquence majeure est d’ériger deux types de maladies : d’un côté les maladies privilégiées et de l’autre, les maladies négligées pour ne pas dire oubliées.

Sélective dans son objet, la stratégie verticale s’intéresse spécialement à des maladies ciblées dont elle cherche à réduire la prévalence dans un délai raisonnable. Cette stratégie véhicule l’idée de mettre l’expertise au service du fléau ciblé, en vue de produire des résultats satisfaisants. Elle se matérialise par des programmes catégoriques ou indépendants qui partent du postulat que la solution d’un problème sanitaire donné est abordée par le biais de l’application de mesures spécifiques à la faveur d’un fonctionnement à but unique. Elle débouche sur la spécialisation de certains acteurs dans la lutte contre une maladie ou un problème de santé publique, conduisant ainsi les États bénéficiaires à aligner leurs politiques sur l’action des partenaires.

Trois maladies ont particulièrement attiré l’attention de la communauté internationale et ont été le point focal des programmes verticaux. Il s’agit du paludisme, du SIDA et de la tuberculose. Elles ont, en effet, fait l’objet d’une mobilisation financière intéressante à travers la formule du partenariat public-privé. La mise en place du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme en 2002 en est une illustration. Ce Fonds regroupe un certain nombre d’acteurs dont : l’OMS, l’ONUSIDA, des organismes bilatéraux, les gouvernements des pays bénéficiaires et des membres de la société civile.

Cette approche verticale, en raison de sa précision et de ses enjeux financiers, attire les médias qui en font la promotion « à travers des images-chocs dans la concurrence qui les anime » (.H. BALIQUE, 2011).

La forte médiatisation pour promouvoir la lutte contre le paludisme et le sida en est un exemple. Au cours des dernières années, des progrès significatifs ont été accomplis, grâce à l’utilisation de moustiquaires imprégnés dans la lutte contre le paludisme, ou l’utilisation des antirétroviraux contre le VIH/SIDA. On peut également constater le recul manifeste de la tuberculose en Afrique et au Sénégal.

Cependant, l’approche verticale bien qu’efficace contre les maladies ciblées, a le redoutable inconvénient d’affecter la cohérence des systèmes de santé et d’entrainer une discrimination injustifiée entre les malades. L’efficacité cohérente des actions sanitaires requiert que celles-ci soient harmonieusement menées, suivant une logique respectueuse des priorités sanitaires et urgences à laquelle ne répondent pas forcément les programmes verticaux. Sélective par définition, l’approche verticale procède au traitement des problèmes de manière casuistique sans une véritable articulation d’ensemble entre les différentes maladies ciblées. Les nombreux services et professionnels qu’elle emploie officient de manière isolée et se concentrent entièrement sur les objectifs fixés. On assiste à l’éclatement du personnel de santé en deux catégories : les professionnels aisés au service de la stratégie verticale et des professionnels non favorisés au service du système. Cette situation est déplorée par M SINGLETON qui, dans son ouvrage Soins de santé primaires : cause perdue ? considère que : « les programmes verticaux gaspillent des ressources en encourageant la duplication et l’inefficacité et sont susceptibles de surcharger le personnel, par exemple lorsque celui-ci doit faire son rapport à de multiples supérieurs. En instaurant des différences injustifiables en termes de salaire et des statuts, de sources de frustrations au sein du personnel et en consommant des ressources déjà insuffisantes dont on pourrait faire un meilleur usage ailleurs, ils limitent l’efficacité du système de santé tout en diminuant leurs probabilités de durabilité une fois que les ressources supplémentaires émanant de donateurs extérieurs sont épuisées. Pour se convaincre davantage des lacunes de l’approche verticale, il est important de s’intéresser, d’une part, à la situation des maladies chroniques et, d’autre part, aux maladies mentales.

Au moment où on assiste au recul de certaines maladies transmissibles dites privilégiées (SIDA, le paludisme et la tuberculose), les maladies chroniques ( Les maladies cardio-vasculaires, le diabète et les cancers) prennent une proportion inquiétante en Afrique subsaharienne au point de susciter la réaction personnelle du Directeur général de l’OMS, qui parle justement de « catastrophe imminente pour la santé ». En effet, 36 millions de personnes meurent à cause des maladies non transmissibles, soit 68 % de la mortalité mondiale en 2008. Près de 80% de ces décès par MNT, soit 29 millions, sont survenus dans des pays à revenu faible ou moyen, ce qui dissipe le mythe selon lequel ces affections seraient principalement un problème de pays riches. Faute de mesures, l’OMS prévoit que ces maladies non transmissibles tueront 52 millions de personnes chaque année d’ici 2030.

En guise d’illustration, le diabète est devenu, en moins d’un quart de siècle, un problème de santé publique mondial. On estime que 347 millions de personnes sont diabétiques et plus de 80% de décès y relatifs se produisent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Au Sénégal, la prévalence du diabète est de 2,1% en 2015 (Enquête STEPS) et progresse régulièrement.

En 2012, on a compté 14 millions de nouveaux cas de cancers, entraînant 8,2 millions de décès. En Afrique, ce sont 600 000 de cas qui se déclarent par an et 500 000 malades en meurent, (OMS, 2016). Au Sénégal, environ 6800 cas sont attendus chaque année si on se réfère aux statistiques du ministère de la Santé et de l’Action sociale de 2015).

S’agissant des maladies mentales, l’Afrique est l’une des régions les plus touchées par ce fléau qui s’accompagne d’une absence de spécialistes en la matière. Si en Europe, on compte 1 psychiatre pour 1 000 habitants, en Afrique, ce rapport passe à 1 psychiatre pour 5 millions d’habitants (OMS, Plan global sur la santé mentale, 2013-2022).

Au Sénégal, le rapport d’enquête sur les malades mentaux de l’Association sénégalaise pour le Suivi et l’Assistance aux malades mentaux de 2014 fait état de 2192 malades mentaux errants et de 1300 schizophrènes, aussi bien dans les rues qu’au sein même des familles. Malgré cette proportion, le fléau des maladies mentales ne reçoit pas encore une réponse adaptée. D’où le décalage voire le déséquilibre caractéristique qui existe entre le traitement des maladies dites médiatisées et celui des maladies négligées.

Il faut aussi préciser que les maladies mentales et chroniques à soins couteux viennent s’ajouter à la longue liste des maladies tropicales négligées comme la filariose lymphatique, la bilharziose, la lèpre l’onchocercose, la schistosomiase, le trachome, la géohelminthiases qui affectent 1,5 milliards dans le monde dont 40% vivent en Afrique. Ces maladies affaiblissent, handicapent et défigurent les victimes dont elles aggravent les conditions d’hygiène et la pauvreté.

Il est donc essentiel de redonner à l’approche systémique, axée plus sur le développement des systèmes de santé que sur une catégorie déterminée de maladie, la place qu’elle n’aurait jamais dû manquer. La viabilité de nos systèmes de santé ainsi que le principe de non-discrimination entre les malades imposent que le recours à l’approche verticale soit exceptionnel et complémentaire à l’approche systémique qui, quant à elle, doit être largement valorisée.








Tapsirou Bocar BA

Docteur en droit public,

Spécialisé en droit de la santé

Contact: btapsirou@gmail.com

Le pouvoir exécutif au Sénégal, un ennemi de la presse privée indépendante

Les mêmes pratiques de musellement de la presse privée indépendante n’ont pas disparu sous nos tropiques. La mort de notre regretté compatriote le journaliste Sidy Lamine Niasse, fondateur du groupe Wal fadjri, que le Seigneur des mondes lui couvre de sa bonté infinie, a permis de lever un coin du voile sur les tracasseries abjectes du régime du président Macky Sall en vue de le contraindre à la servitude ou mieux de le pousser à renoncer à une certaine  éthique journalistique, qui est d’informer juste en toute objectivité et responsabilité les citoyens sénégalais sur toutes les questions mêmes celles qui fâchent voire énervent les autorités de la République.

Ce regard critique déplaît profondément à nos autorités publiques, qui de très loin préfèrent le silence des momies sur leurs affres de mauvaise gestion de nos deniers publics et sur leur volonté machiavélique de réduire drastiquement nos droits et libertés.

La presse est perçue à tort comme un ennemi à contrôler et si ce n’est pas possible voire très difficile à réaliser, il faut passer à la vitesse supérieure et ne rien laisser au hasard  jusqu’à l’asphyxie en lui privant non seulement de rentrées financières, mais également en activant les services de recouvrement de créances pour le paiement d’arriérés d’impôts sous peine de fermeture. Un couteau sous  la gorge.

Cette volonté sournoise de vouloir contrôler et d’indiquer la voie à suivre à la presse privée indépendante ne permet pas d’asseoir voire de favoriser une culture démocratique pouvant permettre une ouverture d’esprit et une confrontation d’idées sur tous les sujets d’actualité et sur notre modèle de société face aux défis multiples de la mondialisation.

Cet espace de confrontation est vital pour la démocratie. Nos gouvernants d’hier comme ceux d’aujourd’hui doivent comprendre que la liberté de la presse n’est pas négociable. La liberté est ou n’est pas. Elle s’insurge contre toutes les pratiques malsaines de contrôle portant atteinte à sa mission d’information et d’éveil des citoyens, qui est de nommer et de dévoiler les choses ou la réalité humaine. Exercer sa liberté de journaliste ou de leader d’opinion est toujours un risque à courir dans nos Républiques bananières du fait que nos autorités publiques ne tolèrent aucune voix discordante qui risque de mettre à nu leurs manigances et leurs pratiques despotiques du pouvoir.

Une presse libre qui ne renonce pas à livrer les informations et à fouiller les dossiers afin de permettre aux lecteurs de comprendre les enjeux sociétaux et de prendre position en toute responsabilité sur les affaires du moment ou sur le choix et la pertinence des politiques publiques conduites par le gouvernement de la République, est un danger permanent pour les fossoyeurs de nos valeurs démocratiques.








Et tant que nos autorités publiques n’acceptent pas le pari de la transparence dans la gestion, elles continueront à considérer les journalistes comme des ennemis à combattre voire à réduire au silence. Et pourtant, ils se contentent seulement de pointer du doigt les dysfonctionnements graves dans la gestion de nos ressources publiques et d’interpeller nos gouvernants et ce à juste titre sur les questions d’actualité qui préoccupent l’ensemble du corps social sénégalais. Le rôle du journaliste est de décrire la réalité telle qu’elle est, mais aussi de donner les clés de lecture à nos compatriotes qui n’ont pas accès aux sources d’information.

Cette énorme responsabilité qui incombe au journaliste est en réalité une source de tensions avec les autorités publiques, qui n’aiment pas du tout que d’autres personnes fouillent dans les dossiers afin d’éclairer véritablement les citoyens sur les vrais enjeux du moment. C’est pourquoi, les responsables politiques voire gouvernementaux de la mouvance présidentielle vont toujours essayer d’influencer la ligne éditoriale des journaux de la presse privée sénégalaise en courtisant soit le président du groupe de presse soit en se servant d’un homme de main au sein même de la corporation en vue d’orienter de manière tendancieuse  les articles de presse en les axant principalement sur les projets du Chef de l’Etat et de garder le silence sur les dossiers de mauvaise gestion pour tromper le peuple.

Le groupe de presse ou le journaliste qui refuse de participer à ce jeu de dupes sur le dos du contribuable est assimilé à tort comme un irréductible opposant au régime alors que le journaliste n’est pas de fait l’allié ou l’ennemi du pouvoir. Il est juste un lanceur d’alerte qui perturbe le sommeil de nos gouvernants fainéants et sans scrupule. Ce crime de lèse-majesté du journaliste voire du groupe de presse peut avoir des répercussions terribles sur la survie même de l’organe de pression. L’Etat peut être même amené à utiliser des procédés infâmes en vue de saboter ou mieux de compromettre l’exercice du métier de journaliste afin de mettre un terme aux écrits incendiaires qui mettent à nu la gestion  nauséabonde du régime en place

Ainsi, suite à la publication du premier livre du journaliste d’alors Abdou Latif Coulibaly  sur les pièges de l’alternance politique, le parti – Etat PDS se mit à combattre le groupe de presse Sud Communication de manière déloyale en orchestrant un plan de destruction inédite de lui couper les recettes de publicité des organes de l’Etat et de ses démembrements. Le bien public a été détourné de sa finalité dans le seul but de nuire un groupe de presse qui n’a pas été pris en défaut et qui continue toujours dans sa quête d’une information fiable et dans parti pris ni connivence coupable avec les forces de l’opposition.

Le régime libéral n’a pas voulu jouer la carte de la transparence en apportant des éléments probants afin de critiquer la thèse défendue par le journaliste Abdou Latif Coulibaly. Maître Abdoulaye Wade a préféré abattre ses cartes en vue de faire payer au groupe Sud Communication son soutien au journaliste d’investigation Abdou Latif Coulibaly.

A partir de ce moment, Sud Communication, malgré sa détermination de rester fidèle à sa mission d’information a été victime d’un complot d’Etat sous le regard complaisant de la société civile et des autres organes de presse épargnés de la vengeance et du sabre de maître Abdoulaye Wade, l’éternel combattant de la liberté d’expression. Le pouvoir absolu est passé par là et ne saurait tolérer la moindre critique.

Le groupe Sud Communication ne s’est pas encore entièrement remis du plan diabolique de liquidation de maître Abdoulaye Wade et de ses hommes de main qui ne se sont nullement gênés d’utiliser les leviers de la puissance publique pour détruire un des fleurons de la presse sénégalaise. Une longue traversée du désert laisse des séquelles même si le flambeau reste encore allumé.

Pourtant, pendant sa très longue conquête du pouvoir,  maître Abdoulaye Wade s’est servi de son journal Sopi pour dénoncer les privations de liberté orchestrées par le PS du président Abdou Diouf pour intimider les citoyens sénégalais, mais également pour vendre sa vision  et son projet de société à la population. La presse privée libre et indépendante est toujours bien perçue par nos hommes politiques lorsqu’ils se trouvent dans les rangs de l’opposition et qui sont au demeurant les victimes des organes de la presse d’Etat : la RTS et le Soleil.

Hier, C’était le groupe Sud Communication, aujourd’hui le groupe Wal Fadjri. Le président Macky Sall  a repris le même combat déloyal pour faire plier le groupe Walf Fadjri et cela ne dérange personne dans ce pays des salamalecs où règne une hypocrisie inouïe. Même la mort de notre valeureux compatriote Sidy Lamine Niasse n’a pas permis au président Macky Sall et à ses hommes de mesurer la gravité des actes qu’ils ont posés dans le dessein d’influencer la ligne éditoriale du groupe Walf Fadjri afin qu’il cesse d’être le mur des lamentations des sans voix et des victimes de la politique sombre et nauséabonde du régime hétéroclite Benno Bokk Yakaar. Mais, le président Macky Sall a échoué et le journaliste Sidy Lamine Niasse a quitté ce monde dans la dignité sous le regard bienveillant et reconnaissant du peuple sénégalais.

Venir aujourd’hui pour tendre la main à sa famille en vue d’ aider le groupe de presse Walf Fadjri est le summum de l’indécence et de l’indignité. Aucune gêne dans la démarche. Un manipulateur hors pair. Le président Macky Sall essaie toujours de profiter des funérailles toute honte bue pour nous amadouer et pour étaler sa générosité alors qu’il a tout fait avec ses dames de compagnie et autres thuriféraires zélés pour détruire l’outil de travail du groupe de presse Walf Fadjri.

Malgré toutes ces brimades et ces pressions, le président Sidy Lamine Niasse a su se battre jusqu’au bout pour maintenir ce flambeau de la liberté et  de la fierté de la presse privée indépendante. D’outre tombe, si seulement il pouvait observer la valse et l’hypocrisie de ces hommes du pouvoir à l’instar du président Macky Sall qui chantent aujourd’hui ses mérites et pourtant ont utilisé en leur âme et conscience les mêmes pratiques d’asservissement de la presse privée indépendante de l’ancien président de la République maître Abdoulaye Wade.

Sous leurs airs de républicains et de démocrates, se cachent véritablement de véritables dictateurs qui n’acceptent pas la critique.

Il urge de sortir de cette forme de pression voire de corruption que constitue la manne financière de la publicité afin de permettre à la presse de jouer pleinement son rôle et de ne pas être victime des caprices du président ou des hommes forts du régime en place qui sont réfractaires à toute forme de critique.

Il n’est ni juste ni équitable que  les campagnes de publicité de l’Etat et de ses démembrements soient entièrement destinées aux médias du service public au moment même où ils sont financés par l’argent du contribuable sénégalais. Les hommes du pouvoir utilisent cette manne financière comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête des groupes de presse qui ne font pas le jeu du président en vue de manipuler la population.

Les acteurs de la presse et de la société civile doivent mener  ce combat afin que les médias d’Etat ne bénéficient plus de facto ce pactole au détriment des autres organes de presse. Le marché de la publicité d’Etat  doit être redéfini afin d’asseoir une meilleure transparence sur la répartition des parts de marché,  mais également de permettre aux organes de presse d’avoir des rentrées financières substantielles afin de mieux jouer leur rôle dans l’éveil de conscience de nos compatriotes et dans la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit. Aucun organe de presse ne doit en aucune manière subir des représailles du président de la République et même s’il dénonce au quotidien sa gestion despotique, dictatoriale et clanique du pouvoir. La Démocratie est exigence que les citoyens attendent de nos autorités politiques afin qu’elles garantissent son exercice et assurent sa promotion.








Un pays où la presse est contrôlée par le pouvoir et par des lobbies financières est une zone de non droit et de servitude. Renoncer à l’exercice de la liberté d’expression,  c’est également laisser la porte ouverte à l’injustice et à l’arbitraire. Nos concitoyens ne semblent plus s’offusquer voire s’indigner des pratiques mafieuses de gestion du pouvoir du président Macky Sall. Nous l’avons laissé  par hypocrisie et par manque de courage à  faire ce qu’il veut de ce pays et de ses hommes. Cet homme doit être combattu par tous les honnêtes patriotes de ce pays parce qu’il est un anti modèle.

Ainsi, cette nouvelle approche permettra de mettre un terme définitif au chantage du président de la République visant à réduire drastiquement l’exercice des libertés publiques de la presse. Autrement, cette forme de corruption et d’asservissement aux mains du pouvoir est une menace réelle sur la viabilité de la presse privée indépendante au Sénégal.

Un grand respect pour notre regretté compatriote le journaliste Sidy Lamine Niasse. Sa mémoire et son œuvre pour la défense de la liberté d’expression et des sans voix depuis plus de 30 ans doivent demeurer vivaces dans nos actions.

PS : L’auteur de cette contribution doit beaucoup au fondateur du groupe Wal fadjri.  C’est lui, il y a une vingtaine d’années avec courage et conviction m’a ouvert les pages de son journal pour donner mon opinion sur un sujet très sensible et d’une extrême importance sur la construction de l’Etat de droit dans un pays fortement marqué par une connivence coupable entre les politiciens et l’aristocratie maraboutique. Rien n’a changé au pays de la Teranga qui reste  toujours sous le joug de ce milieu politico-maraboutique.  Évoquer son nom nous renvoie de facto à la nécessité de lutter de nos vous forces pour le respect de  nos droits et libertés, lui le fils d’une lignée d’érudits marabouts qui toute sa vie a voulu s’affranchir des clivages pour défendre tout simplement la vérité et la dignité de nos compatriotes. Merci à vous Sidy Lamine Niasse et que la paix de Dieu soit avec vous loin des futilités, des méchancetés, de l’injustice  et des mesquineries de nous autres mortels.

Massamba Ndiaye

massambandiaye2012@gmail.com

 

 

 

 

 

Un virage économique pour éviter le cercle vicieux de la stagnation séculaire au Sénégal en 2019.

Le ministre de l’Economie et des Finances a admis mi-novembre 2018 la tension budgétaire actuelle soulignée par les institutions internationales et des économistes. Nous proposons dans cette note une piste d’ajustement économique dans une approche macro-économique pour y remédier de manière proactive.

 

 

L’examen actuel par l’Assemblée Nationale de la Loi de Finances 2019 offre une fenêtre de tir intéressante pour participer au débat actuel sur la tension budgétaire admise par les autorités pour la fin de l’année 2018, estimée par la Banque Mondiale

 

  • « un peu plus de 100 milliards de F CFA » pour boucler l’année selon les prévisions initiales.

 

La science macro-économique nous enseigne que la sincérité d’un budget se mesure

 

  • l’aune de son équilibre autour des métriques de la comptabilité publique et de sa soutenabilité. En effet, le compte de dépenses et de recettes du budget de l’exercice s’analyse en s’intéressant d’une part au déficit ou l’excédent global, y compris le service de la dette ; d’autre part en prenant en compte le flux annuel du stock de dette souveraine et la monétisation dudit déficit public par la banque centrale.








Le choix du modèle économique est dès lors d’une extrême importance, si tant est que l’objectif global est l’éradication de la pauvreté. La littérature économique dans sa tentative de compréhension de cette finalité politique a émis plusieurs concepts, notamment l’économie duale et le surplus de chômage de Lewis, le capital humain de Schultz, la théorie des stades de développement et le décollage/rattrapage de Gerschenkron et Rostow et le structuralisme de Seer, Prebish et Hirschmann, etc

 

Les limites du Plan Sénégal Emergent (PSE) pour raboter la pauvreté sont contenues dans son schéma économique de financement par un endettement massif étranger (près de 6000 milliards de F CFA selon la Conférence de Paris de la phase 1). En effet, l’approche de ce plan est celle d’un soutien à une politique de l’offre adossée à un financement massif pour résorber le gap infrastructurel, qui selon la théorie néo-keynésienne du « Trickle Down » (ruisselage), devrait profiter à la population au bout du tuyau ! C’est ce modèle économique qui est la trame du PSE et qui a apporté ces 3 dernières années les taux de croissance du PIB supérieurs à 6%.

 

Justement, cette croissance a ses déterminants trop axés sur les services, comme en témoigne l’année 2017 où avec un taux de croissance de 6,5%, la contribution du secteur tertiaire était de 4,5 en points de croissance, soit les 2/3. Pour rappel en 2017,

 

le poids relatif du secteur primaire, qui emploie plus de 50% de la population active, est de 14,4% du Pib, tandis que les secteurs secondaire et tertiaire représentent respectivement 21,7% et 63,9%.

 

Ainsi, le modèle actuel de l’économie sénégalaise fabrique depuis plusieurs années d’une part du déficit courant imputable au fait que les services sont faiblement exportables ; d’autre part de l’inflation importée issue de la combinaison d’une productivité́agricole trop molle et d’une forte demande de produits alimentaires. C’est cela le lien entre le déséquilibre structurel de la politique budgétaire qui a engendré la tension de trésorerie et la politique économique menée.

 

Par ailleurs, la faible productivité́de l’agriculture, qui entraine une lente absorption de la main d’œuvre dans les zones rurales, génère une hausse des inégalités de revenus et perpétue les déficits publics, tout en favorisant une contre-gentrification des zones périurbaines. L’Etat, en tentant de compenser la hausse des inégalités de revenus, crée un modèle de l’assistanat, où la productivité des employés et surtout la compétitivité des entreprises sont largement en-deçà de la performance attendue.








Du coté du financement de l’économie réelle, le système financier domestique consacre de plus en plus de ressources au financement du déficit public par l’achat massif des titres obligataires (bons et obligations de l’Etat), de sorte que le financement des investissements lourds est en partie contraint par la disponibilité́de l’épargne extérieure. En effet, l’arbitrage de taux est une activité de spéculation très lucrative à laquelle s’adonnent les banques pour accroitre leur PNB sans supporter les risques d’orienter l’épargne vers des investissements rentables au plus grand nombre, tout en offrant aux épargnants une liquidité́élevée. Le risque qui s’en suit, c’est la création de « Lazy Banks », des banques paresseuses, ce qui accentue les effets d’éviction sur l’investissement pour répondre aux besoins de financements des PME/PMI et des privés.

 

L’addition des biais de la politique économique choisie et du système financier actuel traduit la tension de trésorerie budgétaire politique budgétaire que nous vivons en ce moment. Il s’agira désormais, sur le plan économique, de mettre l’accent non seulement sur le taux de croissance mais encore sur le type de croissance. Cela appelle dès lors une réflexion et des propositions pour un rééquilibrage autour du soutien à une politique de la demande pour une croissance soutenue, durable et , in fine, inclusive. La croissance inclusive peut ainsi s’articuler autour de trois piliers : une croissance reposant sur une base large d’acteurs locaux, une forte création d’emplois productifs et une attention portée aux groupes défavorisés (jeunes, femmes et populations rurales).

 

 

Seydina NDIAYE

 

Banquier

 

seydina.ndiaye@outlook.com

 

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