Blog de Cheikh Yerim Seck

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Démystifier les postes de nomination au Sénégal

Malgré l’argumentaire avancé relatif au poids de puissants lobbys qui auraient empêché le ministre Nicholas Hulot à mener des actions fortes qui auraient permis à la France et à l’Europe de changer positivement leur rapport à l’environnement pour une écologie globale plus durable, force est de reconnaître que le tour de greffage par son insertion dans le gouvernement d’Edouard Philippe n’a pu résister au temps du management public et de ses réalités en France. Le modèle de management publique adopté par la France et copié par ses anciennes colonies francophones dont notre pays le Sénégal, ne favorise pas, pour la plupart du temps, l’insertion réussie dans les gouvernements et autres postes de directions nationales des « technocrates experts » qui ont l’habitude d’évoluer dans les organisations internationales ou dans le secteur privé national ou international. L’expérience de Tidiane Thiam (actuel Directeur général du Crédit suisse), dans la dernière partie de la décennie 90 en Côte d’Ivoire, en est un parfait exemple. La courte expérience de Makhtar Diop (actuel Vice-président de la Banque mondiale) dans le gouvernement de Moustapha Niasse sous le président Abdoulaye Wade au début des années 2000, en est une autre illustration pertinente. L’analyse du cas du Sénégal montre clairement que le greffage des « technocrates experts »
internationaux ou du secteur privé dans les gouvernements successifs, à quelques exceptions près, n’a jamais fonctionné comme l’auraient souhaité les présidents qui se sont succédé au pouvoir. Cela est liée d’une part au manque de performance du système de management publique en place dans les pays francophones en général, et d’autre part au manque de préparation de ces « technocrates experts » face à des procédures particulièrement rigides et difficiles à changer ou améliorer pour une meilleure performance publique. Or la France qui est aujourd’hui devenu un partenaire technique, financier et économique, et ses anciennes colonies, considèrent l’idée de management publique telle que confinée dans son sens le plus strict et bureaucratique, notamment que « Le management n’est pas une technique neutre mais une activité indissolublement liée à la politique » au sens de Pollitt et Bouckaert. Ou bien que « Le management entraîne les individus selon la logique des quatre fonctions qui jadis résumaient la tâche militaire : organiser, coordonner, commander, contrôler » selon Dominium Mundi, ou encore que « le management public désigne l’activité d’un dirigeant, à quelque niveau qu’il se situe, chargé d’encadrer et
de diriger plusieurs salariés » selon la définition de « Alternatives économiques ». L’avortement répétitif de cette tentative d’insertion de technocrates issues du privé et des organisations internationales dans le gouvernement n’est plus à démontré. Au Sénégal, la dernière en date est l’expérience gouvernementale de Dr. Abdoulaye Seck au ministère de l’agriculture. Ce brillant chercheur qui a fait ses preuves dans les organisations internationales, et qui a poussé le gouvernement dès son entrée en fonction en 2013 à lancer son ambitieux « programme d’autosuffisance en riz en 2017 » n’a pu atteindre ses objectifs à cause de plusieurs facteurs parmi lesquels la lourdeur administrative et le manque de coordination entre une approche nouvelle qu’il voulait instituer et le niveau de capacités des directions de l’agriculture en place. Au finish, même pas un seul gramme de plus n’a été augmenté sur lerendement du riz et le Sénégal n’est pas autosuffisant en riz malgré la communication à outrance sur des chiffres douteux de production et de rendement agricoles. Le cas de Youssou Ndour aussi mérite de s’arrêter. Il n’a pas beaucoup duré dans le premier gouvernement du Président Macky Sall comme Ministre de la culture, car formaté dans le secteur privé et figure de proue dans le secteur des médias et de la communication. Il n’a pu survivre malgré qu’il soit une star culturelle mondiale. Aussi, cette tentative d’insertion des technocrates issus des organisations internationales et du secteur
privé comme des ministres dans le gouvernement ouvre la porte grande à ce que j’appelle « la surenchère du poste ministériel » qui devra être mieux creusée par les spécialistes en science politique. En effet, les experts internationaux et du privé qui ont généralement beaucoup de moyens vers leur retraite, utilisent souvent ce butin de guerre pour soit s’ériger en candidats à des élections ou impressionner le camp du pouvoir lors des élections, avec pour seul but d’atterrir à un poste de responsabilité au pays. N’eut été la loi controversée sur les parrainages lors des dernières élections présidentielles, on en aurait compté des dizaines de ces candidatures à la présidentielle. Les élections présidentielles de 2019 ont vu beaucoup de ces technocrates déferler avec des mouvements ou comités
de soutien en injectant des ressources immenses dans les élections pour attirer l’attention sur eux et probablement gagner un poste juteux après les élections. Cette irruption de l’argent et de comités de soutien innombrables dans les élections contribue grandement à fausser le jeu démocratique notamment qui demande un rôle plus important des partis politiques et leurs instances, ainsi qu’une société civile plus indépendante vis-à-vis de l’exécutif. D’autres technocrates et experts ont préféré rester dans le secteur privé même s’ils peuvent être utilisés comme des conseillers ponctuels pour faire avancer le pays. J’en citerai Sérigne Mboup, brillant manager dans le secteur privé au Sénégal, grand investisseur et président de la chambre de commerce de Kaolack, qui malgré son potentiel politique est résolument resté dans son secteur. Sa contribution est immense dans la mobilisation des investissements et le développement du secteur privé national pour une participation domestique plus significative à la mise en œuvre du Plan Sénégal Emergent (PSE). Un autre exemple est le cas de Cheikh Yerim Seck. Cet expert du développement qui a travaillé dans des institutions internationales dans la sous-région, avant de devenir brillant journaliste à Jeune Afrique, avait un potentiel énorme pour devenir ministre de la communication sous le régime du Président Abdoulaye Wade, mais avait préféré investir dans le secteur privé et créer des centaines d’emplois dans des niches comme les médias et la culture. Le cas de Madiambal Diagne est aussi à méditer. Malgré sa connivence avec le pouvoir, il a toujours adopté une position de journaliste chevronné qui continue de faire des analyses pertinentes sur l’actualité politique du pays. Momar Diongue peut aussi être cité ici comme excellent expert dans le secteur des médias et de la communication, mais qui a préféré rester journaliste exceptionnel au Sénégal évoluant dans le secteur privé. J’ai pris ces exemples parce que ces personnalités sont en vue dans le pays. Il y a des milliers d’autres exemples qui pourraient certainement être cités. Alors, que faire pour mieux utiliser les ressources humaines disponibles à tous les niveaux sans une inflation politicienne dans les nominations et une perversion du jeu démocratique ? Les postes au gouvernement ou les autres postes de nomination ne sont pas les seules places où on
peut servir son pays. Il faudrait qu’on avance vers la démystification des postes de ministre et autres nominations dans des directions au Sénégal. Tout le monde ne peut pas être ministre ou directeur général. A chaque fois qu’un Directeur général ou un ministre est démis, il se met à remobiliser ses troupes pour menacer ou impressionner ceux qui nomment et dénomment. A chaque fois qu’on nomme un nouveau ministre ou directeur, au lieu de travailler, c’est plutôt la bamboula, les célébrations, les meetings de remerciements, les fêtes dans leur localité pour célébrer la nouvelle manne et remercier les parents, Dieu, le Président, les amis et les supporters. Il faut qu’on s’émancipe de cette mentalité au Sénégal pour un management public et une gouvernance des ressources plus crédibles. Une option serait de laisser les experts internationaux et les technocrates du secteur privé à leur place et les utiliser dans un « roster » avec possibilité de les mobiliser ponctuellement (maximum trois à six mois) de quelques bords qu’ils soient, en accord avec leurs organisations pour régler des problèmes précis et retourner à leur place quand ils auront fini leur travail. Il faut plus aller vers la mise en place de « think tank » ou des comités techniques d’experts sur des sujets prioritaires précis ou pour démarrer et lancer de grands programmes phares. Une ligne de financement pourrait ainsi être dégagée pour cela à chaque fois que besoin sera. Cela donnerait la possibilité d’avoir à disposition une mine d’expertise sans être obligé de les insérer dans des postes de nomination. Cette pratique qui se fait dan anglophones en Afrique a fini de montrer des résultats très positifs dans le management public. Les postes de nomination seraient ainsi réservés en priorité aux hommes et femmes politiques et les fonctionnaires de haut niveau les plus brillants qui connaissent très bien leur secteur, et cela en assurant en même temps une dépolitisation de l’administration publique qui sera ainsi plus patriotique. Ainsi, seul quelques postes stratégiques très sélectifs tournés vers l’extérieur et des secteurs de pointe nécessiteraient le recours à des technocrates de l’international et du secteur privé pour des nominations.
Dr. Abdourahmane Ba

Ambassade de France au Sénégal: Bigot s’en va

YERIMPOST.COM En septembre prochain, il devra quitter ce poste qu’il occupe depuis 2016. Christophe Bigot, ambassadeur de France au Sénégal, sera remplacé par Philippe Lalliot, actuel ambassadeur de France aux Pays-Bas. A en croire Libération qui rapporte l’information, Bigot va rejoindre la Tunisie où il succédera à Olivier Poivre d’Arvor.

Que retenir de la révision constitutionnelle relative à la suppression du poste de Premier ministre au Sénégal ?

D’un point de vue strictement juridique, la fonction de Premier ministre n’est pas seulement théorique. Il n’est pas simplement  un  primus inter pares, le premier des  ministres. Le locataire du « Petit  Palais » dispose de pouvoirs propres que lui confère la Constitution du 22 janvier 2001. Les ministres sont nommés sur sa proposition (article 49). La  politique de la Nation est  conduite et coordonnée sous sa direction ; il est le chef du gouvernement et de l’administration ; il  nomme aux emplois civils ; dispose du pouvoir réglementaire ; assure l’exécution des lois ; préside les conseils interministériels et les réunions interministérielles ou désigne, à cet effet, un ministre. La  démission ou la  cessation des fonctions de Premier ministre entraîne  celle de l’ensemble des membres du Gouvernement. Pour toutes ces raisons, le Premier ministre encourt une double responsabilité devant le Président de la République et devant l’Assemblée nationale. Le Premier ministre a également des attributions consultatives, de  proposition. Il intervient dans la procédure législative ordinaire et peut proposer au Président de la République de réunir l’Assemblée nationale en session extraordinaire (article 63 alinéa 5).
On comprend aisément dans ces conditions  l’enjeu de cette réforme constitutionnelle. A l’initial, dans le projet, vingt- deux(22) articles de la Constitution seront abrogés et remplacés. Il s’agit en réalité de  vingt-trois (23) articles. Par une erreur technique, l’article 63 alinéa 5 ne figurait pas dans le projet de loi déposé à l’Assemblée. Cette disposition  donne la possibilité au  Premier Ministre de proposer au Président de la République la convocation de l’Assemblée nationale en session extraordinaire.
Pour l’essentiel, il s’agit  d’extraire,  du texte constitutionnel, le chef du Gouvernement  qui dirige, donne des instructions,  anime et assure la coordination de l’activité gouvernementale. Au Niger, avant son entrée en fonction, le Premier Ministre prête serment  devant l’Assemblée nationale, sur le Livre Saint de sa confession ; il  détermine et conduit la politique de la Nation, dispose de l’administration et de la force publique aux termes des articles 74 et 76 de la Constitution du 25 novembre 2010.
Le Premier ministre dans  l’ordonnancement constitutionnel est donc  l’échelon de  relais et de transmission des  directives présidentielles.
Quelles sont alors  les justifications et les orientations du projet de révision de la Constitution ?  Avec la suppression du poste de Premier ministre, comment appréhender l’ossature de l’exécutif et les rapports entre le Gouvernement et le Parlement ? La réforme prend- elle en compte toutes les exigences d’un régime présidentiel afin de garantir l’équilibre  des pouvoirs ? Quelles sont les insuffisances et les limites de la réforme en termes de politique constitutionnelle ?
Ces questions contiennent bien des intérêts. On est en face d’une réforme d’exception pour au moins deux raisons. D’une part, le régime présidentiel n’est pas la règle  dans le monde. Le régime le plus répandu est le régime parlementaire.  D’autre part,  la réforme a été enclenchée  selon  une procédure qui déroge au droit commun (la voie parlementaire) de la révision de la Constitution (voie référendaire). Le projet est inscrit de droit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale et discuté en procédure d’urgence. Il  s’agit d’une révision constitutionnelle en mode « fast track » qui aura des incidences budgétaire et administrative.
Le fondement de la révision constitutionnelle est indiqué dans l’exposé des motifs du projet de révision. En raison du passage du septennat  au quinquennat, le Président de la République dispose d’un temps court pour mettre en œuvre les politiques publiques. Il est recherché plus  de célérité, d’efficacité et d’efficience de l’action gouvernementale. Le Président de la République se place au contact direct des niveaux d’application. Pour atteindre ces objectifs, le présent  projet de révision «instaure un régime présidentiel caractérisé  par un pouvoir exécutif rationnalisé avec notamment la suppression du poste de Premier Ministre ». Selon le législateur constituant, il  « en résulte un réajustement des rapports entre les pouvoir exécutif et législatif ».  Évidemment, cette   réforme nous plonge  dans le passé. Le  « fast track »  fut avancé lors de la suppression du poste de Premier ministre en 1983.
On tentera de  présenter  le contenu du projet de révision (I) et les insuffisances de la réforme (II).
I Le contenu du projet de  réforme
Le régime présidentiel annoncé dans le projet de révision de la Constitution  fonctionne sur la base de deux principes fondamentaux : un exécutif monocéphale (A) et une irrévocabilité mutuelle (B)
A Un exécutif monocéphale annoncé
La suppression du poste de Premier ministre entraîne plusieurs conséquences juridiques dont  la plus visible  est la physionomie, désormais monocéphale, de l’exécutif. Cela signifie que le  pouvoir exécutif est dévolu exclusivement  au Président de la République. Le Président de la  République est  l’Exécutif,  tout seul. C’est ce  qui ressort des dispositions de la Constitution des Etats-Unis : « Le pouvoir exécutif sera conféré à un président des États-Unis d’Amérique… ». Le constituant ivoirien est  beaucoup plus explicite sur le caractère monocéphale de l’exécutif : «  le Président de la République est le détenteur exclusif du pouvoir exécutif.  Au Tchad, « le pouvoir exécutif est exercé par  le Président de la République.». Il est chef de l’Etat, chef du Gouvernement et de l’Administration. A ce titre, il détermine et conduit la politique de la Nation. Au Bénin, « Le Président de la République est le détenteur du pouvoir exécutif. Il est le chef du Gouvernement, à ce titre, il détermine et conduit la politique de la Nation… ». On  retrouve les mêmes formules avec des variantes au Ghana, au Burundi, à Djibouti, au Brésil, en Colombie, au Venezuela, etc. Dans la Constitution sénégalaise du 7 mars 1963, l’article 36 consacrait  expressément que le Président de la République était « le détenteur du pouvoir exécutif ». Même si l’on présume  que c’est le Président de la République, le projet de révision  ne précise  ni l’organe qui incarne l’exécutif ni  le chef de Gouvernement. S’agit-il d’un simple oubli rédactionnel ou d’une volonté d’instaurer un régime présidentiel à exécutif rationnalisé dont le contenu reste imprécis ?
Il est posé toutefois que les membres du  Gouvernement, composés de ministres et de  secrétaires d’Etat (article 53),  sont  nommés par le Président de la République qui fixe leurs attributions et met fin à leurs fonctions (article 49). Le Président de la République est « détenteur du pouvoir réglementaire et dispose de l’administration » (article 50). A l’alinéa 2 de l’article 54, on  peut remarquer que « les membres du Gouvernement sont responsables devant le Président de la République ».
En réalité, dans le projet de révision de la Constitution, le Premier ministre disparaît mais la fonction gouvernementale demeure. Le Gouvernement est cité parmi les institutions de la République  puisque l’article 6 qui fonde son ancrage textuel n’est pas modifié. Le Titre IV, « DU GOUVERNEMENT »  reste dans le texte constitutionnel. D’un point de vue organique, le « Gouvernement comprend les ministres et les secrétaires d’Etat » (article 53). Le  Gouvernement a des attributions.  Aux termes de  l’article 54,  l’institution gouvernementale « conduit et coordonne la politique de la nation  sous la Direction du Président de la République » (alinéa 1). A l’alinéa 2, on note  que «  les membres du Gouvernement sont responsables devant le Président de la République ». Suivant les dispositions de l’article 57, le Gouvernement est une « institution collégiale  et solidaire » ; il « assure l’exécution des lois et dispose par délégation du pouvoir réglementaire ».
Ce qui fait aussi la particularité du régime présidentiel, c’est l’absence de moyens d’action réciproques ou l’irrévocabilité mutuelle
B. Une irrévocabilité mutuelle consacrée
Le régime présidentiel se matérialise par une séparation stricte des pouvoirs. Les pouvoirs exécutif et législatif ont l’assurance d’exister jusqu’à la fin de leurs mandats. C’est un régime d’irrévocabilité mutuelle. Dans un régime parlementaire, le Premier ministre est soumis au contrôle de l’Assemblée nationale qui peut provoquer la démission du gouvernement par le vote d’une motion de censure ou d’un refus de confiance. Inversement, l’équilibre est réalisé par la possibilité donnée à l’exécutif de dissoudre l’Assemblée nationale. La disparition du poste de Premier ministre engendre, en principe, l’absence de responsabilité des ministres devant l’Assemblée nationale  et, par conséquent, des  moyens d’action réciproques qui perdent leur finalité originelle. Le Président de la République ne dispose plus du droit de dissolution (article 87). A l’inverse,  l’Assemblée nationale ne peut plus provoquer la démission du Gouvernement par le vote d’une motion de censure ou d’un refus de confiance (article 86).
Cependant, l’absence de moyens d’action réciproques  ne  renvoie pas à l’inexistence  d’interférences entre les pouvoirs. Le régime présidentiel déclaré dans le projet de révision de la Constitution contient bien des influences réciproques. Aux termes de l’article 81, « les membres du Gouvernement peuvent être entendus à tout moment par l’Assemblée nationale et ses commissions » ; les « commissions permanentes de l’Assemblée  peuvent entendre les directeurs généraux des établissements  publics, des sociétés nationales et des agences d’exécution ». De même, les députés peuvent poser aux membres du Gouvernement, qui sont tenus d’y répondre, des questions écrites, des questions orales et des questions d’actualité ; les membres du Gouvernement doivent se  présenter devant   l’Assemblée nationale en fonction d’une périodicité définie pour répondre aux questions des députés  (article 86).L’Assemblée nationale  peut mettre sur pied des commissions d’enquêtes (article 87). De toute façon, l’Assemblée nationale «  détient le pouvoir législatif » (article 67) et « vote les projets de loi de finances » (article 68).
Le Président de la République a la possibilité d’intervenir dans la sphère de compétence de l’Assemblée nationale qui  n’incarne pas, comme le Congrès américain, tout le pouvoir législatif (initiative des lois, ordonnances  droit d’amendement, etc.). L’institution présidentielle est présente également dans  le fonctionnement du pouvoir judicaire (droit de grâce).
Il faut signaler enfin que  les articles 55 et 56 tempèrent le principe d’incompatibilité des fonctions gouvernementale et parlementaire que l’on retrouve dans le régime présidentiel orthodoxe.  En effet, le député peut être nommé membre du Gouvernement. Le député qui exerce les fonctions de ministre  a la possibilité de retrouver son poste s’il  n’est plus dans le Gouvernement.
La réforme,  au final, propose un régime présidentiel ​assez atypique que l’on retrouve dans beaucoup d’Etats en Afrique (Côte d’Ivoire, Tchad, etc.).
En pratique, pour que le régime présidentiel fonctionne en Afrique, de  vrais contre-pouvoirs, qui n’existent pas dans le projet de révision proposé, demeurent nécessaires. Il faut  alors aborder les insuffisances de la réforme.
II. Les insuffisances  de la réforme
Le projet de révision définit un partage de compétences qui ne garantit pas l’équilibre des pouvoirs recherché. D’autres articles  de la Constitution peuvent être révisés pour éviter que le régime présidentiel  ne dégénère  en présidentialisme. Il est nécessaire de renforcer la limitation du  nombre de mandats (A) et d’augmenter la reddition des comptes au sommet de l’Etat (B).
A. Caractère inachevé de la  limitation du  mandat.
Dans un régime parlementaire,  comme le note une spécialiste  du droit constitutionnel américain, l’irresponsabilité du chef de l’Etat fait qu’il n’est « nullement choquant que le Chef de l’Etat puisse conserver le pouvoir soit indéfiniment, soit pour des mandats très longs ». Tel n’est pas le cas dans un  régime présidentiel. Ici,  la limitation du mandat est  absolue en raison des pouvoirs importants du Président de la République. Au Bénin, la Cour constitutionnelle a considéré récemment  (Décision DCC 17-095 du 4 mai 2017) que la durée et le nombre de mandats ne peuvent faire l’objet de révision.
Au fond, quelle que soit la nature du régime politique considéré, le principe de la limitation du mandat présidentiel est constamment remis en cause en Afrique par plusieurs procédés : l’adoption d’une nouvelle constitution,  une révision de  la Constitution en cours avec effet non rétroactif de la loi de révision ou, simplement, par l’abrogation des dispositions qui consacrent la limitation de mandats. On peut donner les exemples du Cameroun, du Mozambique, du Djibouti, du Burkina, du Togo, du Congo- Brazzaville, de la République démocratique du Congo (RDC), du Soudan, de la Guinée équatoriale, de l’Ouganda, de l’Algérie, du Malawi, de la Zambie, de l’Erythrée ou  du Soudan.
Au Sénégal, le principe de la limitation des mandats  a été introduit en 1970, supprimé en 1976, réintroduit en 1991, supprimé en 1998 avant d’être rétabli par la Constitution du 22 janvier 2001.
Le verrouillage introduit en 2016, « nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs », constitue une avancée démocratique remarquable. En plus, la durée et le nombre de mandats sont rangés dans les clauses d’éternité, insusceptibles alors de révision.
Pourtant en droit constitutionnel, ces limitations sont  contournées par l’adoption d’une nouvelle Constitution dans plusieurs Etats à connotation présidentielle. Les exemples du Tchad (2018), du Burundi,  du Rwanda  et du Congo -Brazzaville  en 2015 sont saisissants. Le débat se pose présentement en Guinée et en Côte d’Ivoire. La Cour constitutionnelle du Niger, en 2009, s’est opposée à cette ingénierie constitutionnelle qui consiste à adopter une nouvelle Constitution pour contourner la limitation, à deux, du  mandat présidentiel.
Certaines Constitutions interdisent expressément  ces possibilités. L’article 146 de la Constitution du Cap- Vert est intéressant à citer : «  1. Le Président de la République ne peut se porter candidat à un troisième mandat dans les cinq ans suivant immédiatement le terme de son second mandat consécutif. 2. Si le Président de la République renonce à ses fonctions, il ne peut se porter candidat à un nouveau mandat pendant les dix années suivant la date de sa renonciation. 3. Si le Président de la République abandonne ses fonctions ou s’absente du territoire national sans observer les dispositions prévues aux paragraphes n° 1 et 2 de l’article 142, il ne peut se porter candidat à un nouveau mandat ni exercer une autre fonction politique au sein des organes de souveraineté ou des collectivités locales ».
La Constitution tunisienne du 20 janvier 2014  (article 75 alinéas 5 et 6) a ainsi formulé la limitation du mandat : « Nul ne peut exercer les fonctions de Président de la République pour plus de deux mandats entiers, successifs ou séparés. En cas de démission, le mandat en cours est considéré comme un mandat présidentiel entier.
Aucun amendement ne peut augmenter en nombre ou en durée les mandats présidentiels ».
Aux articles  57 et 58 de  l’avant-projet de Constitution de la Commission Nationale de Réforme des Institutions (CNRI), il était mentionné que  le Président de la République « ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs » et qu’aucun de « ses ascendants, descendants, collatéraux au premier degré, ou conjoints ne peut être candidat pour lui succéder ou assurer sa suppléance ».
On peut penser alors procéder  à la réécriture des articles 27 et 103 de la Constitution.
La limitation du mandat et la reddition des comptes permettent d’éviter, au sommet de l’Etat,  les démons du régime présidentiel.
B. Une faible reddition des comptes
L’éthique,  la transparence et l’attention permanente à la reddition des comptes sont élevées  au rang des principes de la démocratie dans le Plan Sénégal Emergent (PSE). La bonne gouvernance constitue un défi majeur pour l’Etat du Sénégal. Il est  indiqué, dans le Rapport d’Activités 2016 de l’Office national de Lutte contre la Fraude et la Corruption  (OFNAC) que  mille cent quatre-vingt  (1180 ) plaintes (70% dans le secteur public) ont été enregistrées, cinquante-sept cas  (57) cas de détournements de derniers et soixante-deux( 62) cas d’enrichissement illicites recensés. Dans  l’Indice de Perception de la Corruption  (IPC) 2018, le Sénégal est dans la zone rouge, en dessous de la moyenne mondiale qui est de 50 %.
La responsabilité du Président de la République devant le peuple est une caractéristique fondamentale du régime présidentiel comme on peut le constater dans le Constitution  du Bénin ; le Président de la République étant élu au suffrage universel direct. Puisque les pouvoirs sont strictement séparés, le Président de la République rend directement compte au peuple. C’est  le sens de déclaration de patrimoine du Président de la République qui instaure une gouvernance de vertu vis-à-vis de la Nation. La constitutionnalisation de la déclaration  de patrimoine du Président de la République est assez faible dans le dispositif actuel si l’on fait des comparaisons internationales. L’article 37 de la Constitution, in fine, indique que le « Président de la République nouvellement élu fait une déclaration  écrite de patrimoine déposée au Conseil constitutionnel qui la rend publique ». Cette disposition souffre de puiseurs insuffisances. Le Président de la République n’a pas de contrainte de délai  pour déclarer son patrimoine ( comme en matière de prestation de serment). La déclaration de patrimoine concerne la prise de fonction et non la fin de fonction ; elle ne fait pas l’objet  d’un contrôle spécifique. Dans certaines Constitutions de régime présidentiel, la déclaration concerne tout le patrimoine familial (les biens du conjoint selon le régime matrimonial, des enfants mineurs et des enfants même majeurs, à charge du couple).
Dans le régime présidentiel proposé, l’irresponsabilité  du Chef de l’Etat  demeure paradoxalement encore la règle en vertu de l’article 101 de la Constitution. La  haute trahison, l’exception qui fonde la responsabilité pénale du chef de l’Etat, est un concept flou. La définition proposée par la CNRI aux termes de l’article 131 de l’Avant- projet de Constitution était intéressante: « il y a haute trahison lorsque le Président de la République est reconnu coupable de fausse déclaration sur l’exclusivité de sa nationalité sénégalaise ou d’autres faits constitutifs de violations de son serment, lorsqu’il est reconnu auteur, coauteur ou complice de violations graves et caractérisées des droits de l’homme, de crime de sang, de malversations, de corruption, d’enrichissement illicite ou de prise illégale d’intérêt ». Dans le régime présidentiel latino-américain, la plupart des destitutions ont été provoquées par des raisons budgétaires.
Il faut signaler, par ailleurs, que le rendez- vous constitutionnel est manqué parce que dans un régime présidentiel, la juridiction constitutionnelle doit être forte. A cet égard, l’impossibilité juridique pour le Conseil constitutionnel, de contrôler  une loi qui révise la Constitution constitue un handicap. Elle permet de proroger le mandat constitutionnel en reportant des élections en marge des dispositions de la Constitution. Le mandat constitutionnel devient instable et peut être modifié sans censure du juge constitutionnel. Il faut réviser l’article 92 de la Constitution pour donner  expressément à la haute juridiction le pouvoir de contrôler les lois de révision de la Constitution.
Au demeurant,  si la recherche de l’efficacité de l’action publique est au cœur de la gouvernance moderne, la réforme contient des  limites d’approche méthodologique et de fond. Tandis que certaines réformes constitutionnelles ne sont pas totalement appliquées (statut du chef de l’opposition ou l’évaluation des politiques publiques par l’Assemblée nationale), la procédure d’urgence choisie pour réviser la Constitution inhibe le principe de sécurité juridique. En vertu de ce principe, les citoyens doivent avoir des raisons juridiquement valables de penser que la règle ne changerait pas.
Selon le juge constitutionnel sénégalais, la sécurité juridique renvoie à la stabilité des règles constitutionnelles émises et  leur  caractère prévisible. La sécurité juridique, c’est aussi mettre à la disposition des citoyens  une version officielle de la Constitution du Sénégal mise à jour.
Dans le fond, le régime présidentiel proposé ne traduit pas un équilibre des pouvoirs qui n’est envisageable que si l’on révise les articles 27, 37, 92, 101 et  103 de la Constitution.
Abdou Aziz Daba KEBE
Agrégé des Facultés de Droit,
Directeur du Centre d’Etudes et de Recherches sur l’Ingénierie juridique et financière (CERIF)

Politique des transports au Sénégal: quelle stratégie pour le quinquennat (Macky 2)?

Il y a aujourd’hui plus d’1 milliard de véhicules utilisés dans le monde (900 million de véhicules passager et 300 million de véhicules commerciaux). Et toutes les prévisions s’accordent sur le fait que le nombre de véhicules doublera probablement au cours du prochain quart de siècle. Les taux de possession de véhicules dans les pays en développement sont faibles par rapport aux pays riches, mais l’on constate une aggravation de la congestion du trafic et de la pollution atmosphérique. Cela entraîne un désordre effarant dans nos routes et provoque des accidents et des pertes de temps inestimables.

 

Cette montée en flèche de la motorisation et l’augmentation des populations dans nos pays et en particulier au Sénégal, n’est pas souvent en harmonie avec le peu d’infrastructures dont nous disposons et les capacités institutionnelles limitées qui les encadrent. Malgré ces difficultés, Il existe de nombreuses possibilités d’amélioration. Certains pays en ont adoptées dans le passé et ont réussi; d’autres pourraient sauter par-dessus certaines des voies coûteuses et dommageables pour l’environnement prises par les pays développés. le BRT (Bus rapid Transit) que j’avais moi-​même proposé au gouvernement du Sénégal à la place d’un système

 

de tramway qui était initialement prévu (ref. https://www.dakaractu.com/Je-proposerais-un-Bus-Rapid-Transit-BRT-a-la-place-d-un-Tram -M-le-president_a58535.html​) est dans ce siage.

 

La mobilité accrue à de nombreux effets positifs sur le développement économique et le bien-être social, notamment une circulation plus efficace des marchandises et un meilleur accès aux emplois, aux services de santé et à l’éducation, mais cela doit être porté par le transport public car, si la mobilité accrue est obtenue principalement par le recours accru aux voitures privées conventionnelles, cela ne fera que faire subir aux populations une aggravation de la pollution atmosphérique et des embouteillages. C’est exactement le cas à Dakar.

 

 

 

La politique infrastructurelle doit être accompagnée d’une politique de transport publique orientée. Un changement de paradigme s’impose donc au Sénégal et C’est pourquoi d’ailleurs nous pensons opportune et pertinente la mise sur pied d’un secrétariat d’Etat chargé du réseau ferroviaire. Le Président de la République n’est-il pas lui-même entrain de changer de paradigme sur la politique des transports menée jusqu’alors. Vu sous cet angle on aurait simplement dit qu’il accorde une importance capitale à ce secteur qui est en réalité le seul capable de régler le problème lancinant de la mobilité urbaine et interurbaine au sénégal.

 

Mais la vraie politique de transport public doit passer par un système intégré de transport multimodal et intermodal qui aura raison sur le désordre “organisé” du système informel et mal intégrée des “Car rapide-Aftu-Ndiaga Ndiaye-7 Places”. Ce système est à l’origine de tous les problèmes de mobilité y compris les nombreux accidents constatés sur les routes au Sénégal. Pourtant, dans la nouvelle politique de transport intégrée et orientée du Président

 

Sall, la modernisation et donc la formalisation du système des cars rapides doit avoir une part importante. Le défi est énorme nous le savons, car ​Lorsque les pays les plus développés construisaient leurs infrastructures de transport, leur population était réduite comparée à celle de la plupart des pays en développement d’aujourd’hui, et le coût des véhicules motorisés était relativement élevé. le ​Sénégal n’est pas un pays peuplé certes mais son défi à lui c’est de proposer des mesures à la fois incitatives et dissuasives. un bon système de chemin de fer (Light rail transit) et un bon système de bus (Bus Rapid Transit) va forcément amener les sénégalais à abandonner leurs véhicules privés mais aussi le transport en commun informel. Cela doit passer par une politique cohérente, évaluée et bien suivie​.

 

Il faut reconnaître qu’une mégalopole comme Dakar est déjà énorme et continue de s’étendre. Il y a peu de temps ou d’argent pour construire des systèmes de transport en commun ou pour élargir les routes afin de gérer le nouveau trafic. La région connaît déjà de graves problèmes de congestion, d’économie et d’environnement et de graves problèmes de sécurité. C’est pourquoi le président de la république et les autorités en charge du transport doivent remuer ciel et terre pour trouver les meilleurs profils pour définitivement régler le problème des transports et de la mobilité urbaine et interurbaine. Ceci passe par les infrastructures mais elles ne sont pas l’unique solution. celle-ci se trouve ailleurs. Il faut comprendre que nous en sommes à un moment crucial ou le transport est devenu extrêmement transversal et qu’un simple ministère ne saurait résoudre tous les problèmes qui lui sont liés, c’est pourquoi, encore une fois, j’apprécie à sa juste valeur la création du secrétariat d’Etat chargé du réseau ferroviaire mais l’approche intégrée me semble plus pertinente surtout quand on sait que la critique formulée contre les systèmes de transport modernes est l’absence de lien avec l’urbanisme. En effet, ​les critiques qui sont généralement faites aux nouvelles lignes de transport portent sur le caractère limité de la reprise en main du secteur : il ne s’agit que de quelques grands axes, le reste de l’offre demeurant globalement inchangé.

 

Ces critiques peuvent ne pas être totalement fondées, quand on sait que la reconquête ponctuelle du secteur du transport public enclenchée par le chef de l’Etat et son PSE semble être une méthode qui permet d’introduire très progressivement des territoires un peu plus humanisés dans une métropole dakaroise particulièrement chaotique. C’est le cas de Diamniadio et de Diass mais aussi du tronçon Ila Touba. Nous proposons alors une approche intégrée qui tiendra en compte la multimodalité et l’intermodalité avec une politique de report modal intelligemment pensée et structurée dès maintenant. Bien évidemment, cela passera par la modernisation et la formalisation des cars rapides qui joueront à la fois les rôles de feeders pour le BRT et le TER en plus des autres systèmes de bus et de trains qui, certainement, sont déjà sous projet.

 

Papa Elimane FAYE

 

 

Docteur en Tourisme, Spécialisé en politiques de transports Email: pefbiz@gmail.com

Que vient faire Abdel Fattah Al Sisi au Sénégal ?

REPUBLIQUE DU SENEGAL
Un Peuple – Un But – Une Foi
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PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE
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PÔLE COMMUNICATION

Dakar, le 10 avril 2019

COMMUNIQUE DE PRESSE

À l’invitation de Son Excellence Monsieur Macky SALL, Président de la République du Sénégal, Son Excellence Monsieur Abdel Fattah Al SISI, Président de la République Arabe d’Égypte, Président en exercice de l’Union africaine, effectuera une visite officielle au Sénégal, les 11 et 12 avril 2019.

Cette visite s’inscrit dans le cadre de la volonté mutuelle des deux Chefs d’État de raffermir davantage les excellentes relations d’amitié et de coopération entre la République du Sénégal et la République Arabe d’Égypte.

Au cours de cette visite, les Présidents SALL et AL SISI auront des entretiens sur des sujets d’intérêt commun au plan bilatéral, africain et international.
Son Excellence Monsieur le Président se réjouit d’accueillir son illustre hôte et lui souhaite la bienvenue au Sénégal.

Vidéo- La modernisation de la justice au Sénégal… Vers la recherche de la performance

Ce livre porte sur les enjeux de la modernisation de la justice car le Sénégal, après avoir mis en place un système original d’unité de juridiction à dualité de contentieux en 1960, a procédé à des réformes majeures de son organisation judiciaire en 1984, en 1992, en 2008 et enfin en 2014. Entre-temps, le pays a signé le traité de Port-Louis instituant l’OHADA. Ce livre a pour vocation de présenter un système judiciaire qui s’est complexifié au fil de ses réformes et ambitionne de se hisser à des normes de standard international. D’où la nécessité de changer de paradigmes pour atteindre les performances qui donnent satisfaction aux justiciables, aux citoyens et aux investisseurs.

Monsieur Cheikh Tidiane LAM est un haut magistrat qui officie dans la justice depuis 1997. Il a d’abord exercé comme juge au TRHC de Dakar avant d’être tour à tour Inspecteur, Directeur de Cabinet au Ministère de la Justice et Inspecteur Général Adjoint de l’IGAJ. M. LAM est docteur en droit (Université Bourgogne Franche-Comté).

Le manque de latrines au Sénégal émeut la Suisse

YERIMPOST.COM Des jeunes Suisses touchés par les 300 000 latrines nécessaires par an au Sénégal, sont venus en construire. Ces jeunes de Cayla solidaire ont consacré leurs vacances scolaires à construire ces ouvrages pour des villageois soulagés et heureux de ce geste inattendu. Au Sénégal, il manque 200 000 latrines par an aux familles démunies et aucune structure citoyenne sénégalaise ou étatique ne semble s’en préoccuper



La folie est la maladie la plus répandue au Sénégal (Ansoumana Dione)

La folie est la maladie la plus répandue au Sénégal. C’est Ansoumana DIONE, Président de l’Association Sénégalaise pour le Suivi et l’Assistance aux Malades Mentaux (ASSAMM), qui le dit. Pour vérifier cela, il suffit juste de voir le nombre impressionnant de malades mentaux errant dans les rues, et ceci n’est que la partie visible de l’iceberg. Car, dans les foyers, ils très sont nombreux à faire souffrir des familles, faute de services de prise en charge, exclus du système sanitaire. Conséquence, ces malades sont souvent conduits chez les guérisseurs traditionnels, avec des résultats insignifiants. Malheureusement, le Ministère de la Santé et de l’Action Sociale est incapable de satisfaire la demande de la population en la matière, à cause de la mauvaise gestion de la Division de la Santé Mentale, jusqu’ici, dirigée par des médecins psychiatres, ne comprenant absolument rien de cet élément essentiel et indissociable de la Santé. C’est pourquoi, Ansoumana DIONE invite le Président Macky SALL à bien vouloir lui accorder une audience pour discuter convenablement des voies et moyens pour apporter des réponses correctes aux attentes des sénégalais en matière de santé mentale.

Rufisque, le 24 mars 2019,

Ansoumana DIONE, Président de l’Association Sénégalaise pour le Suivi et l’Assistance aux Malades Mentaux (ASSAMM)

Récurrence des incendies de marchés au Sénégal: la solution est dans l’urbanisme

La récurrence, avec frénésie, des incendies dans les marchés urbains, fait de ce fléau un véritable problème de politique publique au Sénégal. Pour preuve, la question s’est invitée en septembre 2018 en réunion du conseil des ministres avec une directive ferme, à l’époque, du Chef de l’état à l’endroit de son Premier ministre de faire tenir dans les meilleurs délais d’un Conseil interministériel sur la question de la modernisation des marchés urbains pour d’une prise en charge urgente et durable du phénomène. Ce qui le cas échéant, n’aurait pas été le premier conseil du genre tenu sur la même question des incendies dans les marchés. Et pour cause. Les incendies dans les marchés occasionnent des dégâts matériels immenses causant des pertes et dommages pours des acteurs économiques, les collectivités et les citoyens. Ces dommages et perte du fait de l’informalité de l’activité et de l’absence d’assurance ne sont qu’approximativement et imparfaitement estimé à des millions voire milliards. Les drames sociaux sont quasiment impossibles à quantifier et sont les plus préoccupants. L’image d’un homme sinistré pleurant à chaude larme suite à l’incendie du marché Petersen faisant la tour des médias et d’une femme qui s’effondre de dépit et de douleur en sont une illustration imparfaite mais très significative. Les incendies détruisent des familles, et brisent des foyers et obturent l’avenir de beaucoup de sinistrés.

Il y a certes, une volonté manifeste de l’Etat de prendre en charge la problématique. Cependant, les nombreuses mesures prises précédemment pour lutter contre le phénomène et qui semblent d’effet moindre, doivent inviter les pouvoir publics à faire un diagnostic plus approfondie de la problématique afin de proposer des mesures durables de prévention face au risque.

Il est courant, suite à de telle événements, de voir des tentatives d’explication rationnelles comme par exemple : – cour circuits électriques, – exposition au feu de produits inflammables gaz, parfums, – propagation du feu des foyers des restaurants et garrottes installés anarchiquement dans l’espace marchants, – il y en a même qui invoquent – les agissements des malades mentaux qui squattent les aires de marché. Quoi que disent ces explications, ils se rejoignent toutes en un point : déficit d’aménagement urbain. Oui, autant s’en accorder tout de suite, les incendies dans les marchés sont d’éminent problème d’urbanisme. De ce point de vue, les acteurs de l’urbanisme sont en première ligne, en tant que gestionnaires de la ville, pour apporter les solutions à ce fléau dans le cadre de leurs missions régaliennes de planification urbaine, de police de l’urbanisme et de règlementation de l’aménagement de l’espace urbain.

  1. En quoi les incendies des marchés relèvent-elle de l’aménagement urbain ? Quelques constats.

De manière générale, la recherche nous permet de constater que l’urbanisation massive s’accompagne de la multiplication des potentiels d’accidents et d’incendies dans les espaces urbanisés. Les espaces marchands dans les villes, du fait des défaut d’aménagement et de l’occupation anarchiques, du défaut de mise aux sont très vulnérables à l’incendies quelque’ en soient les causes. Voici quelques constats pour s’en convaincre :

  1. Les incendies de marchés documentés depuis 1993 avec l’incendie du marché Kermel de Dakar jusqu’ à la dernière en date de Petersen sont des marchés urbains, localisé dans la ville et concerne généralement des marchés situé dans des zones dans segments peuplées ou dans des quartiers anciens. Sandaga (pour vétusté), presque aucun marché en milieu rural.
  2. Les sinistres sont d’autant plus important que parfois la rapidité de l’intervention des structures en charge de lutter contre les incendies et retardé par le défaut de fluidité de la circulation, l’absence de voie aménagé pour les ambulances et les véhicules de pompiers, l’étroitesse ou souvent plus grave encore l’encombrement des voix d’accès illégalement occupés même si on leur faire payer une taxe.
  3. Même si les sauteurs pompiers viennent à temps dans les lieux d’intervention, ils ne disposent pas souvent de plan de situation des lieux pour repérer les bouches d’incendies ce qui ne leur permet d’être au maximum de leur potentialité. Le cas de l’incendie du marché Thiaroye.
  4. Il se pose souvent un problème d’accès à une source d’eau pour le l’approvisionnement des points citerne. Les espaces comme les marchés damant disposé de réservoirs, de bâches ou de piscine à proximité bien repéré pour servir de l’iceux d’approvisionnement moins éloignés. Il faut au moins 60m3/ heure pour venir à bout d’un incendie moyen en deux heures d’intervention. Certains marchés doivent bénéficier d’un programme spécial pour les doter des canalisations nécessaires. Les image de sapeur-pompier avec es bouteille de d’eau sont édifiants.
  5. La distribution des incendies l’espace, permet de dire que les espaces marchands non aménagés ou aménagés mais dont l’occupation est mal organisée sont en terme de probabilité les plus exposés aux risques d’incendie. Et plus l’occupation est dense, plus le sinistre et les dommages et pertes qu’il engendre sont importantes. Aucun centre commercial, durement aménagé n’a fait l’objet d’incendie au Sénégal. Touchons du bois.

Tous ces aspects du problème des incendies constatés ne peuvent être prise en compte adéquatement et complétement que dans le cadre de l’urbanisme à travers ces outils existants à mettre en œuvre ou d’autre inexistante mais à penser et inventer.

  1. Recommandations aux autorité en charge de la question 

 

  1. Nous invitons aux acteurs en charge de la prise en charge de la question de considérer qu’une prise en charge durable n’est envisageable que dans le cadre de l’aménagement urbains seule à même de permettre une approche holistique et une coordination de l’ensemble des parties prenantes.

 

  1. Prendre le temps et les moyens d’évaluer tous les marchés urbains du Sénégal et de produire un rapport d’évaluation qui fournit une cartographie de la vulnérabilité au risque d’incendies ainsi que des besoins spécifiques de réhabilitation et de mise aux normes et d’adapter les conclusions au Programme de modernisation des marchés urbains.

 

  1. Evaluer le niveau de prise en charge des risque d’incendies dans les documents d’urbanisme d’une part et d’autre part mettre en priorités le respect des normes de prévention des risques d’incendies dans les instructions des dossiers de permis de construire de marchés urbains.

 

 

 

Souleymane DIALLO

Géographe – Urbaniste

dialojules@gmail.com

 

 

Macky Sall, l’homme de la France au Sénégal et en Afrique (Par Guy Marius Sagna)

 On raconte que Jomo Kenyatta était si soumis à l’Angleterre dont il appliquait à la lettre les exigences que The Economist, journal britannique, lui consacra en 1965 un article sous le titre « Our man in Kenya ». Après avoir :

– interdit la marche, la conférence (à l’université Cheikh Anta Diop dont le parrain éponyme doit se retourner dans sa tombe) et le panel (dans le cadre privé de la Fondation Rosa Luxembourg) lors du contre-sommet de la francophonie de 2014 à Dakar,

-déporté en septembre 2017 Kémi Seba au point que le bâtonnier de l’ordre des avocats du Sénégal épingla dans cette cérémonie solennelle qu’est la rentrée des cours et tribunaux l’illégalité de l’administration sénégalaise,

-fait arrêter le vendredi 02 février 2018 des dizaines de membres de la plateforme FRANCE DEGAGE ! lors de la visite de Macron dont certains pendant 5 jours

            Il peut être consacré un article au président Macky Sall sous le titre : l’homme des intérêts français au Sénégal et en Afrique de l’Ouest.

            Le coût du train express régional (TER) estimé à 568 milliards pour 57 km, gagné par la française Alstrom, là où le coût du TGV du Nigéria pour 187 Km coûtera 532 milliards confirme la persistance plus d’un demi-siècle après des relations néocoloniales entre la France et le Sénégal résumées dans les propos de De Gaulle et de Debré pour lesquelles les actes de Macky Sall constituent une fontaine de jouvence.

            « L’indépendance, quiconque la voudra, pourra la prendre aussitôt […]. Cela signifie qu’il veut poursuivre son chemin isolément, à ses risques et périls » c’est par ces mots sous forme de chantage que De Gaulle lance, le 24 août 1958, depuis Brazzaville, la capitale de l’Afrique équatoriale française (AEF), la campagne pour le référendum.

            Pour éviter les « périls » auxquels le Général faisait allusion, et que le peuple de Guinée Conakry a vécus dramatiquement dans sa chair, il fallait écouter Michel Debré premier ministre de France. « On donne l’indépendance à condition que l’Etat s’engage une fois indépendant à respecter les accords de coopération signés antérieurement : il y a deux systèmes qui entrent en vigueur en même temps : l’indépendance et les accords de coopération. L’un ne va pas sans l’autre ».

            Il faut se donner l’ambition de réécrire l’histoire et être un collabo décomplexé pour tenir les propos qui suivent. « La France il faut la féliciter et sans état d’âme et sans complexe aussi. La France, il faut saluer ce qu’elle a fait. C’est pas évident. S’il n’y avait l’intervention, l’opération serval, le Mali peut-être ne serait pas aujourd’hui présent à ce sommet. Aujourd’hui en Centrafrique les nations unies sont entrain de réagir mais c’est toujours lent par rapport au développement des forces qui peuvent semer la mort, la désolation. Donc si nous avons un pays, une puissance qui est en Afrique depuis plusieurs dizaines d’années, voire depuis plusieurs siècles, et qui peut intervenir dans le concert des nations, je crois qu’on doit positiver plutôt cela. » (Macky Sall sur BBC Afrique)

            L’intersyndicale des travailleurs du chemin de fer a demandé à l’Etat du Sénégal d’octroyer un budget de 10 milliards de francs CFA pour relancer définitivement les activités de Dakar Bamako Ferroviaire. Comment comprendre le choix par Macky Sall de ce TER de 57km contre celui du Dakar-Bamako qui impacterait des régions entières et stimulerait les échanges dans un contexte où le Sénégal achète le double de ce qu’il vend (balance commerciale déficitaire) et où le commerce interafricain est inférieur à 15%.

            Ce choix s’explique par le fait que l’option de la France et de l’UE c’est de favoriser un détournement de commerce au profit des importations en provenance de l’UE plutôt que d’augmenter le commerce intra-africain. C’est à cela que sert l’APE  que Macky Sall a signé. APE qui rend actuelle la question posée par Mehdi Ben Barka en décembre 1963 : « L’Afrique serait-elle l’Amérique latine de l’Europe ? ». APE qui va augmenter les 90 milliards et les 65 milliards qui constituent la facture que le Sénégal paie chaque année pour du blé et des produits laitiers dont la majorité provient de la France. Dès la première année d’application de l’APE, blé et poudre de lait ne paieront plus de droit de douane au pays du mil, du maïs et du sorgho.

            Ce choix s’explique par la nécessité de maintenir les privilèges des entreprises françaises que visent les accords de coopération dont faisait allusion plus haut le premier ministre français Debré. Dans le cas d’espèce il s’agit des entreprises Alstrom et SNCF. Il s’agit aussi de Necotrans dans notre port, de Total qui fait son entrée dans notre pétrole, d’Eramet qui a 50% de la mine de Zircon, de GDS dans l’horticulture, de la Soboa filiale du groupe Castel France, de la cimenterie Sococim reprise par VICAT…

            Dans ces accords de coopération il y a aussi le maintien de la présence de l’armée française que Macky Sall a ramenée. Les 400 marins français en permanence sur le territoire sénégalais ne sont pas là pour les intérêts du peuple sénégalais. Le cas Gbagbo nous a édifié sur son rôle.

            Les accords de coopération c’est aussi les garanties contre les nationalisations. Il est préférable pour nos compatriotes de croire au père Noël plutôt que de penser que Macky Sall accédera à la demande de notre compatriote Babacar Touré parlant de la Sonatel contrôlée par Orange. « Une entreprise qui fournit 12% des recettes fiscales de l’Etat et représente plus de 6% du PIB ne devrait-elle pas être nationale ? Le président Macky Sall est interpellé. Son cheval de bataille devrait être la renationalisation de la Sonatel et de toutes ses semblables. ».

            Les 250 entreprises et micro entreprises françaises assuraient en 2015 le ¼ du PIB du Sénégal qui est le 4e excédent de la France en Afrique. C’est normal alors que les sénégalais ne mangent pas de la croissance avec laquelle on les bassine en permanence.

            Et ils ont raison, les chefs d’entreprises qui comme Mansour Kama de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes) disent que « Les réformes doivent promouvoir le secteur privé national et les Pme (…) Il ne sert à rien de faire partie des dix premiers réformateurs du classement de Doing Business si cela ne sert qu’à dérouler un tapis rouge aux investisseurs étrangers ». L’homme d’affaires Serigne Mboup dira : « L’Etat ne peut pas encadrer le secteur privé vers la recherche d’autres espaces et le priver du marché domestique. ». Baïdy Agne du Cnp ajoutera : « si l’assurance est le principal acteur pour la mobilisation de l’épargne interne, la banque est le distributeur de cette épargne à travers le crédit (…) qui contrôle ces deux secteurs contrôle l’économie nationale (…) notre pays est le 3e marché pour les primes d’assurance collectées dans la zone Cima. Il est ouvert aux compagnies d’assurance de diverses nationalités (ivoirienne, camerounaise, et marocaine…) Elles sont là au Sénégal, alors qu’aucune compagnie d’assurance sénégalaise n’est installée dans ces pays ».

            Durant l’année 2015, Axa-Assurance (France) a renforcé sa place de leader du secteur des assurances avec un chiffre d’affaire de 12 milliards soit 10% de celui de l’ensemble du secteur. Cela va se renforcer pour deux raisons. La première c’est que « Entre 2000 et 2011, la part de marché de la France au Sud du Sahara a décliné de 10,1% à 4,7% », notait déjà en 2013 le rapport remis par le quintette Hubert Védrine, Hakim El Karoui, Jean-Michel Severino, Tidjane Thiam et Lionel Zinsou. La deuxième raison tient au fait que, en visite en France en 2016, Macky Sall a dit au privé français : « il faut être agressif, l’amitié ne suffit plus ». Cela nous permet de dire une chose. Tout le discours sur l’émergence cache une réalité. Il y a un « marché émergent » au Sénégal. Mais parce que ce marché émergent bénéficie à l’impérialisme collectif la société sénégalaise ne peut être émergente.

            Au Sénégal, les PME constituent 90% des entreprises sénégalaises. Seules 5,3% d’entre elles exportent selon le rapport de l’enquête nationale sur les petites et moyennes entreprises, paru en octobre 2014 et réalisé par l’Agence de la statistique et de la démographie. Ces PME ont un taux de mortalité de 64%. Une des raisons de ces réalités se trouvent dans le franc CFA néocolonial qui exerce une répression financière avec un crédit très faible – surtout pour l’agriculture et l’industrie – et qui fait que nos produits d’exportation ne sont pas compétitifs sur le marché international et qui favorise l’importation. Quoi de plus normal alors que sur les 269.000 nouveaux demandeurs d’emplois qui arrivent sur le marché du travail chaque année au Sénégal moins de 30.000 arrivent à trouver un emploi ?

            Le président Macky Sall attend encore qu’on lui explique que le franc CFA est une monnaie néocoloniale. Il feint de ne pas savoir la vérité. En vérité, il a juré fidélité à la France et au Cac 40. Et les accords de coopération c’est aussi laisser intact le franc CFA.

            Le seul patriotisme dont le président Macky Sall et ses souteneurs sont capables est un patriotisme de pacotille. Il consiste à dénoncer la posture « néocoloniale », par exemple, d’une Anne Hidalgo, maire de Paris, quand celle-ci soutient le maire de Dakar emprisonné et jugé pas pour promouvoir une « gestion sobre et vertueuse » mais pour écarter un adversaire à l’élection présidentielle de 2019. Le parti du président a qualifié cela de « (…) posture aux allures nostalgiques d’un néocolonialisme révolu ne saurait prospérer. Le Sénégal, pays indépendant et souveraine ne saurait l’accepter. (…) ». Pour la coalition présidentielle il faut que « Mme Hidalgo sache que la « Françafrique » est révolue ».

            Mais les mêmes ne disent rien quand le 30 mars 2016, André Vallini, secrétaire d’Etat chargé du développement et de la francophonie déclare lors d’un entretien avec le président Macky Sall que « la France est satisfaite des résultats du référendum du 20 mars ».

            Voilà pourquoi il est aussi curieux de voir une partie de la classe politique sénégalaise toujours prompte à aller faire de la délation auprès des chancellerie impérialistes sur des questions comme celles liées au processus électoral. Ils devraient méditer ce proverbe bamanan. « Que les chèvres se battent entre elles dans l’enclos est préférable à l’intermédiation de l’hyène». Où encore lorsque cette partie de la classe politique sénégalaise accorde un soupçon de crédit au FMI et à la Banque mondiale. Curieux ? Peut-être pas forcément. Et cela signifie que Macky Sall n’est pas le seul homme de la France et de l’impérialisme collectif au Sénégal. L’impérialisme, c’est un secret de polichinelle, ne met jamais tous ses œufs dans le même panier.

            La partie conservatrice de la classe politique française est en accord avec François Mitterrand qui, alors qu’il était ministre des colonies en 1957, a dit : « Sans l’Afrique, il n’y aura pas d’histoire de France au XXIe siècle ». C’est ce que le sénat français réaffirme en 2014 en disant : l’Afrique, l’avenir de la France. Et en incitant les entreprises françaises à y chasser en meute.

            Nous aspirons à une histoire du Sénégal libre comme chapitre dans une histoire d’une Afrique libre où nos peuples ne sont pas considérer comme du gibier. Mais pas de la liberté d’opprimer d’autres peuples. Mais de la liberté de contribuer à l’émancipation des peuples et des travailleurs, à leur bien-être…en mettant en avant solidarité et complémentarité et non concurrence et compétitivité.

            En 1904, le géographe français Onésime Reclus suggérait à l’impérialisme français un changement de stratégie dans un livre prémonitoire : Lâchons l’Asie, prenons l’Afrique : où renaître ? Et comment durer ?

Jooy fajul naqar ! Il est temps que le Sénégal soit lâché dans une Afrique lâchée. C’est à cette révolution anti impérialiste que tous les patriotes doivent s’employer.

Dakar, le 12 février 2018

Hold-up présidentiel au Sénégal: La troisième alternance empêchée, la première alternative reportée

C’est devenue une coutume de Macky/APR/BBY d’annoncer les chiffres avant de voler les suffrages et les faire confirmer par les institutions dédiées à cet effet (CENA, Commission de Recensement des votes et Conseil Constitutionnel). Ces forfaitures ont été réalisées lors :

– du référendum-waxeet 2016

– des législatives-chaos orchestré de 2017

– du parrainage-sélection 2018

– de la présidentielle 2019-« j’en fais mon affaire »

Dicter aux institutions censées être non partisanes ce qu’elles doivent annoncer montre que la formule d’Obama selon laquelle « l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes » est un mensonge qui contient une vérité parce que justement « les hommes forts produisent des institutions fortes et vice versa les institutions fortes produisent des hommes forts ». Il y a donc une dialectique de l’interdépendance entre « hommes forts et institutions fortes » bien différente du demi-mensonge obamien repris en écho par les esprits aliénés.

L’autocratie Mackiste/APR/BBY se croit tout permis et veut encore une fois que l’opposition accepte d’être les dindons de la farce. Or cette fois, la déclaration commune des 4 candidats ne reconnaît pas « les résultats Kandji » et refuse de faire recours à l’arbitrage du Conseil Constitutionnel considéré comme indigne de confiance.

Macky/APR/BBY gagnent par le coup d’état permanent pour se maintenir au pouvoir, mais le Sénégal et les Sénégalais perdent tout ce que les Assises Nationales avaient mis en orbite pour doter le pays d’un contrat national et moral fondé sur l’état de droit, des institutions indépendantes respectables et respectées (justice, législatives, administration).

L’alternance représentée par la coalition Idy 2019 est écartée

Contre le vol des élections et la félonie des institutions chargées de dire le vrai, il n’y a que le soulèvement populaire, à l’instar du 23 juin 2011, qui peut faire respecter la volonté du peuple. Or manifestement il y a pas grand monde pour tenir la rue et braver la répression pour obtenir un second tour permettant une troisième alternance libérale.

Il est clair que tous les moyens (distribution et rétention des cartes d’électeurs, fichiers réels, parrainage-sélection, inscription dans les bureaux de vote, bourrage des urnes, nombre de votants supérieur au nombre d’inscrits, proclamation des votes sans compter l’achat des consciences avec l’argent du contribuable, etc) sont totalement et unilatéralement sous le contrôle de Macky/APR/BBY. Macky lui même l’a confirmé en refusant d’attribuer l’organisation en amont, pendant et en aval des élections à une Commission Eectorale Indépendante (CENI), c’est donc un jeu d’enfant que de fabriquer les résultats à la Kandji (58%) qui ne sont que les chiffres améliorés du zèle dicté par le premier ministre (57%) à peine quelques heures après la clôture du vote et qui rappellent drôlement ceux de la présidentielle 2007.

Les résultats Kandji attribuent à la coalition libérale concurrente Idy 2019 la seconde place. Ce qui fait que dans le plan B du hold-up Mackiste/APR/BBY, les voleurs ont pensé en faire « le chef de l’opposition » fixé dans la Constitution-waxeet en comptant sur le fait que Idy est connu pour être « opposant radical le jour et opposant négociateur la nuit ».

La signature des 4 candidats au bas de la décision de rejeter les résultats Kandji et de refuser le recours au Conseil Constitutionnel tire le tapis sous les pieds de Macky/APR/BBY en posant clairement la nécessité de sortir du cycle infernal des putschs électoraux des libéraux néocoloniaux au pouvoir.

Se pose donc la question que va faire le « vainqueur » après la fête pour conjurer le cauchemar de la frayeur de perdre ? Libérer Khalifa Sall, laisser rentrer et blanchir Karim Wade, chercher à réconcilier la famille libérale néocoloniale, garder les sociaux libéraux du PS/AFP/PIT/LD. Peut-il coupler élections locales et législatives ou va-t-il les organiser à des moments différents ? L’équation est comment écourter la durabilité du mépris que les Sénégalais affichent pour les « 58% volés » par Macky tout comme ils l’ont fait pour le « ma waxoon waxeet » de Wade ? L’élection d’une nouvelle Assemblée Nationale apparaît probable pour qu’elle reflète les résultats Kandji et pour sa mise en conformité avec la disposition constitutionnelle du « chef de l’opposition ». Celle d’aujourd’hui reflète les législatives 2017 du chaos dont les résultats faisaient de la coalition PDS suivie de celle de Khalifa Sall les principaux opposants des députés godillots de l’APR/BBY.

La marche vers l’alternative patriotique

Notre coalition Sonko Président arrive en troisième position dans un mouchoir de poche avec le second la coalition Idy 2019 selon les résultats Kandji. Des centaines de milliers de Sénégalais ont voté pour l’alternative patriotique qui allie les conclusions des Assises Nationales avec la sortie de la France du CFA, le rejet des APE, la renégociation de tous les contrats miniers avec les Multinationales et de tous les accords de sujétions à la françafrique, la séparation réelle des pouvoirs Exécutif, Législatif et judiciaire, etc.

Malgré la machine à voler de Mackiste/APR/BBY, il était difficile, voire quasi-impossible de masquer la montée en puissance dans le peuple de l’adhésion au programme patriotique, anti-libéral, anti-impérialiste de la coalition Jotna de Sonko Président s’offrant comme alternative à la mal-gouvernance libérale néocoloniale.

La présidentielle 2019 a révélé l’existence d’une tripolarisation de la scène politique : les libéraux néocoloniaux au pouvoir et transhumants (APR/BBY/PS), les libéraux (Reewmi/Taxaw Dakaru/Grand Parti, etc) et les patriotes unis à la gauche de l’alternative souverainiste anti-libérale et panafricaine. L’ancienne bipolarisation entre les sociaux libéraux (PS et ses démembrements) et les libéraux (PDS et ses démembrements) implose et cède de plus en plus la place dans cette période transitoire aux coalitions nées de la sélection du parrainage calculé pour préparer le coup d’état électoral présidentiel.

Macky/APR/BBY vont s’atteler à ce qu’ils savent faire le plus, à savoir débaucher à coups de transhumances ou/et alimenter une opposition libérale factice pour brouiller les pistes et tenter de faire de l’ombre à l’alternative anti-libérale et patriotique. Macky/APR/BBY vont tout faire pour bloquer l’ascension du camp patriotique et son leader O. Sonko, y compris en cherchant à l’embastiller tout comme ils l’ont expulsé de la fonction publique et vont aussi organiser les élections locales et l’éventuelle dissolution de l’Assemblée Nationale ou à date échue des législatives avec cet objectif que l’on peut résumer par le slogan « tout sauf l’alternative patriotique ».

La campagne présidentielle a montré une force montante fulgurante sur le plan électoral, une grande capacité collective à partager les propositions programmatiques tant par les réseaux sociaux que sur le terrain par le déploiement auprès des masses.

Le leader O. Sonko et le directoire de campagne de la coalition ont montré collectivement un grand sens tactique en cherchant à rallier par le discours et les actes l’électorat populaire qui, pour divers raisons, rejetait l’injustice et la mal-gouvernance Mackiste/APR/BBY. C’est ainsi qu’il faut comprendre la rencontre avec le vieux crocodile libéral néocolonial A. Wade, lequel est obnubilé et motivé que par le sort de son fils biologique. C’est ainsi qu’il faut comprendrde la visite en prison au social-libéral Khalifa Sall et au doxontu à Sandaga avec le social-libéral Barthélemy Dias, etc.

La Coalition Sonko Président doit être maintenue sur la base du programme Jotna, mais il faut s’attendre à des débauchages face à l’adversité répressive et corruptrice que Macky/APR/BBY vont nous faire subir.

Les forces anti-libérales, anti-impérialistes et panafricaines doivent aussi fusionner dans un grand parti de l’alternative patriotique. La rébellion contre la mal-gouvernance de la jeunesse saine du pays, leur énergie, l’enthousiasme de leur engagement, de leur don de soi patriotique, leur savoir faire et leur maîtrise de la communication moderne, du langage d’aujourd’hui alliés à l’expérience, à la mémoire des luttes du passé et aux valeurs programmatiques de la gauche historique en rupture avec l’opportunisme sont les deux mamelles nourricières de l’alternative aux alternances libérales du Sénégal.

Il y a aussi un potentiel de démultiplication du leadership à faire éclore pour éviter ce qui est arrivé plusieurs fois dans l’histoire de l’Afrique résistante. Les exemples sont légion: Sankara, Lumumba, Nkrumah, Cheikh Anta Diop, Cabral, etc. L’impérialisme et les bourgeoisies néocoloniales neutralisent un leader et tout s’effondre. C’est ce que l’Asie a su déjouer dans les cas Chinois, Vietnam, Nord-Coréen et que l’Amérique du Sud expérimente actuellement à Cuba, au Venezuela. La construction du leadership collectif collégial et démocratique sous le contrôle de la démocratie participative de la base est l’assurance-vie de la pérennisation du projet et du combat émancipateur.

L’histoire ne nous pardonnera pas de rater l’opportunité de fonder par la fusion le grand parti-front rassemblant les classes et couches sociales qui ont intérêt à sortir du système néocolonial : la bourgeoisie souverainiste, l’intelligentsia éthique, la jeunesse estudiantine, les femmes laborieuses, les paysans, les éleveurs, les pêcheurs, les artisans, les travailleurs de l’informel et la classe ouvrière. Ce parti-front des classes sociales contre le néocolonialisme, à l’instar du RDA à l’échelle ouest-africaine en octobre 46, s’appelle aujourd’hui à l’échelle du Sénégal Pastef.

1er mars 2019

LA BATAILLE A GAGNER POUR LES PROCHAINS RENDEZ VOUS ÉLECTORAUX: LA COMMISSION NATIONALE INDÉPENDANTE (CNI)

Diagne Fodé Roland

Au journaliste à Macky Sall lui demandant si il ne pouvait pas enlever à son Ministre de l’Intérieur l’organisation en amont, pendant et en aval des élections comme l’avaient fait A. Diouf et A. Wade, la réponse a été « jamais, je refuse ». Il en est de même du refus de ne pas nommer et de ne pas présider les institutions de la Magistrature, notamment son conseil supérieur.

La déclaration signée par les candidats (Idy, Madické, Issa, Sonko) qui rejete les résultats Kandji et refuse de recourir à l’arbitrage du Conseil Constitutionnel pose très clairement la question des conditions à réunir pour que les prochaines échéances électorales ne soient pas sous le contrôle exclusif et total du camp présidentiel pour qu’elles soient non partisanes, transparentes, démocratiques.

C’est non seulement l’affaire de toute l’opposition, mais aussi de tous les démocrates et tous les citoyens attachés à l’état de droit condition de la paix et à la défense des avancées démocratiques qui ont permis deux alternances dans le pays.

Mais avec l’odeur du pétrole et du gaz qui va décupler la gouvernance corrompue, il doit être dit que le défi à relever est celui de la mobilisation du peuple pour empêcher Macky/APR/BBY non seulement de refaire le coup du « ma waxoon waxeet » pour un troisième mandat, mais de voler les locales et les législatives à venir.

Le mépris passif affiché par le peuple pour les résultats Kandji est en réalité l’accalmie avant la tempête de la révolte populaire contre les vols électoraux sans vergogne. A bon entendeur, salut!

CRITIQUE DU PROGRAMME DE JOTNA COALITION SONKO PRÉSIDENT

OU QUAND L’EX-GAUCHE SIGNE SA VASSALISATION VENALE AUX LIBÉRAUX ET AU SYSTÈME NÉOCOLONIAL

Diagne Fodé Roland

Dans une sortie de dernière minute avant la clôture de la campagne pour réaffirmer son allégeance aux libéraux MACKY/APR/BBY, l’idiot utile, Ibrahima Sène, ci-devant ex-marxiste du PIT-S, fustige ce qu’il appelle les « mesures phares du programme JOTNA de la coalition Sonko Président » qu’il résume ainsi :

– « démissionner de la présidence du parti », « supprimer les fonds politiques »,  » Supprimer le HCCT, le CESE et le HCD »,  » Retirer l’exécutif du conseil supérieur de la magistrature »,  » Supprimer la tutelle fonctionnelle du Ministère de la Justice sur le parquet »,  » Faire un appel à candidature pour les postes de Directeurs et de Directeurs Généraux »,  » Porter le congé de maternité à 6 mois selon les modalités convenues avec les partenaires sociaux »,  » Reversement de la pension de la femme décédée à ses ayants droit »,  » Recensement et identification des enfants de la rue à l’état civil et orientations dans les daaras publics modernes avec apprentissage de métiers dès le jeune âge »,  » Instituer un fonds de pension et d’un fonds d’investissement de la Diaspora »,  » Relancer les projets de revitalisation des vallées fossiles et construction du canal du Cayor et du Bao »,  » Réserver la mer territoriale (12.000 nautiques) à la pêche artisanale »,  » Auditer et renégocier tous les contrats, conventions et accords défavorables à l’Etat du Sénégal »,  » Mettre en œuvre un plan de sortie du CFA dans le cadre de l’UEMOA et de la CEDEAO, à défaut, en autonomie ». Il faut arriver à un degrés de malhonnêteté confinant à l’abrutissement politique que seul l’intérêt vénal peut expliquer pour caractériser ces « mesures phares » de  » maintien du Parti Etat », de « bureaucratisation plus poussée de l’Etat dont les Grands Commis et le pouvoir judiciaire sont hors du contrôle des Elus de la Nation », de  »  » sujétion et de cadeaux fiscaux au grand capital  » et tenez vous bien de « projet salafiste de société ».

Ibrahima Sène veut faire prendre des vessies pour des lanternes et insulte les Sénégalais, car n’importe quel enfant de 5 à 10 ans comprend parfaitement que refuser de signer les APE, renégocier les contrats sur l’exploitation des richesses du sous sol qui n’attribuent au plus que 10% au pays et sortir la France du CFA est exactement le contraire de  » la sujétion par des cadeaux fiscaux au grand capital », que sortir le président et le ministre de la justice « du conseil supérieur de la magistrature et supprimer leur tutelle sur le parquet » c’est exactement assurer l’indépendance de la justice, etc.

Ibrahima Sène et tous les thuriféraires-griots des libéraux néocoloniaux qui accuse de « salafisme » ne sont pas à une contradiction près quand ils ne cessent d’agiter que  » notre pays est pourtant sous la menace jihadiste » extérieure tout en faisant croire que la présidence Sonko c’est le « salafisme au pouvoir au Sénégal ». Ces gens là dans leur panique de la défaite électorale en sont réduits à piétiner le principe même de la laïcité qui sépare l’Etat des religions mais préserve le droit à chacun d’avoir ou non une religion.

Le bouquet c’est cette définition de la « coalition Sonko Président 2019 » comme « une alliance de couches moyennes petites bourgeoises d’extrême gauche, et d’extrême droite salafiste ». C’est exactement quasi mots pour mots ce que disent le président Français Macron, la droite, le Parti Socialiste Français des Gilets Jaunes, de la France Insoumise et de JL Mélenchon en France. Comme quoi les travaux pratiques de la collaboration de classe au pouvoir et les postes de sinécures pour clientèles politiques font tomber les opportunistes ex-marxistes dans la colonisation mentale qui caractérise leurs maîtres libéraux néocoloniaux comme Macky Sall vantant sans vergogne sa servilité volontaire à l’impérialisme Français par les « desserts aux tirailleurs Sénégalais ».

Ibrahima Sène écrit:  » A l’analyse de ce Programme, l’on s’étonne de voir qu’il est endossé par Cheikh Tidiane Dièye de la Société Civile, Madièye Mbodji de YAW et Dialo Diop du RND, qui pourtant, se targuent d’être d’ardents défenseurs des « Conclusions des Assises nationales » sur les réformes institutionnelles, de la souveraineté économique et monétaire de notre pays, et de présenter le Candidat Sonko comme celui de la «rupture avec le système » comme le préconisaient les « Conclusions des Assises nationales » ». Rien d’étonnant que ce sieur « s’étonne » (sic) des positions justes de la gauche de rupture, celle de la dignité, celle des mains propres, celle de la continuité historique du combat révolutionnaire de notre classe ouvrière et de notre peuple, celle qui s’inscrit dans la tradition révolutionnaire et communiste incarnée par Lamine Arfan Senghor, Tiémokho Garang Kouyaté, les 23 signataires du Manifeste du PAI du 15 septembre 1957, Seydou Cissokho, Cheikh Anta Diop, Cheikh Tidiane Diatta, Iba Ndiaye Diadji, le cheminot Djiby Seck, l’ouvrier thiessois Badiane Gueye, Moussa Jileen Diop, Ndongo Diagne, Birane Gaye, Assane Samb, celle de la jonction avec la rébellion de la jeunesse « saine » (dixit A. Diouf) opposée à la mal- gouvernance libérale néocoloniale,

Marx dénonçait la méthode des opportunistes de son temps qui consistait à « bombarder à la manière des singes les autres avec ses propres excréments ». C’est exactement ce que fait Ibrahima Sène de qui personne ne s’étonne aujourd’hui qu’il en soi réduit à ne plus différencier la soumission (PSE de Macky/APR/BBY) et l’émancipation (Coalition Sonko Président), le néocolonialisme qui sous-développe et mal-développe (libéraux Macky/APR/BBY) et la libération nationale qui sort le pays du sous-développement (Coalition Sonko Président).

Le « secret » de cet abrutissement mental n’est rien d’autre que la poche de l’idiot utile qui doit donner des gages à ses maîtres libéraux et impérialistes. Il n’a même pas l’excuse de ce que certains ont appelé « la maladie de la sénilité de l’âge mûr » quand on voit l’honneur et la dignité avec lesquels les doyens Alla Kane, Moctar Fofana Niang, Jo Diop, Sadio Camara poursuivent le combat libérateur et émancipateur de leur tendre jeunesse.

21/02/19

Décès de Maïmouna Kane, première femme ministre au Sénégal

Dakar, 2 mars (APS) – L’ancienne ministre du Développement social et femme politique, Maïmouna Kane, est décédée vendredi à Paris (France), à l’âge de 82 ans, a-t-on appris de source informée.
Née le 13 mars 1937 à Dakar, Mme Kane est une juriste de formation. Elle a été auditrice à la Cour suprême, substitut du Procureur et conseillère à la Cour d’appel de Dakar.
Elle a occupé le poste de secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre chargée de la condition féminine, et de la promotion humaine sous les régimes socialistes de Léopold Sédar Senghor et d’Abdou Diouf.

Elle a été promue ministre du Développement social dans le gouvernement formé le 5 avril 1983 par Moustapha Niasse, avant de demander à se retirer pour des raisons de santé.

Le journaliste Cheikh Adramé Diop a réalisé en 2017 un documentaire intitulé « Maïmouna Kane : femme d’Etat et femme d’action », où il retrace le parcours de cette femme politique sénégalaise.

ASB

Madické Niang, la surprise Buzz digital de la présidentielle 2019 au Sénégal

C’est l’unique candidat qui aura fait le buzz sur la toile sénégalaise. Depuis le début de la campagne, Madické Niang est l’homme qui s’est fait remarquer sur les réseaux sociaux. Le candidat à l’élection présidentielle est en train de prouver aux internautes qu’il est possible de faire sa communication avec un style particulier.

#Fi_todjnaa, c’est l’expression du moment sur internet. Malgré qu’il soit l’un des candidats à rejoindre tardivement la toile, l’ancien camarade de Wade a trouvé une belle stratégie pour se faire entendre. Madické Niang, à travers ses sorties, a tout fait pour attirer les regards sur sa personne devenue la surprise digitale des élections au Sénégal. Une stratégie accentuée par les médias mais surtout par les réseaux sociaux.

Fi todjnaa! Yangui khouss rek…!
Mais, ce qui a fait cette remontée passionnée du candidat c’est surtout l’utilisation de certaines expressions qui ont marqué les Sénégalais: Fi todjnaa!, Yangui khouss rek…!

C’est pourquoi, ce buzz ne se limite pas seulement sur la toile. Partout, dans les discussions, chez les animateurs, journalistes, radio ou télé, ces deux expressions sont utilisées pour faire détendre les interlocuteurs.

En cette période de campagne électorale, marquée par la violence verbale ou physique, voir un candidat si détendu, si humain, devient une exception.

D’abord, beaucoup, d’internautes ont apprécié et rigolé en regardant cette vidéo dans laquelle, Madické a utilisé un ton d’humour pour parler de ses concurrents.

Madické, est le candidat le plus détendu de la campagne.

Les Etats-Unis avertissent leurs citoyens sur d’éventuelles violences au Sénégal

Les Américains craignent d’éventuelles violences au Sénégal après la publication définitive de la liste des candidats devant se présenter à la présidentielle de 2019. Ainsi, ils avertissent leurs concitoyens sur les lieux à éviter. Ci-dessous, le texte mis en ligne (texte en anglais traduit : Ndlr) par l’ambassade.

« Événement: Le Conseil constitutionnel publiera la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle le dimanche 20 janvier. La disqualification de Khalifa Sall et de Karim Wade dans la décision préliminaire du conseil a conduit à une grande manifestation sur le VDN le 15 janvier et de nouvelles manifestations (certaines violences éventuellement ) sont probables dans les prochains jours et surtout après la décision finale. Les manifestations politiques se poursuivront probablement pendant toute la campagne électorale (du 3 au 23 février) et éventuellement le jour du scrutin (le 24 février) »

Lieu: Les zones potentielles de protestation comprennent, sans toutefois s’y limiter, les zones suivantes à Dakar, au Sénégal:

La VDN

La Cour suprême

Grand Yoff

Medina

Place de l’Obelisque

Le Palais de Justice of Dakar

Place de l’Independence

Tullow affirme donc qu’elle n’a jamais créé de société au Sénégal ! Faux !

Tullow affirme donc qu’elle n’a jamais créé de société au Sénégal. Et le corrupteur ment pour couvrir le corrompu. La directrice générale de Tullow limited Sénégal se nommait Awa Ndongo. La pepite, Tullow Limited Sénégal, était planquée dans l’île de Man qui fait partie des paradis fiscaux. Dire que Sonko reprochait la même chose à Petrotim… Voir le lien

https://beta.companieshouse.gov.uk/company/FC032831

 

 

Lettre de Cheikh Hadjibou Soumaré, candidat à l’élection présidentielle 2019 au Sénégal

Monsieur Cheikhe Hadjibou Soumaré

Ancien Premier ministre du Sénégal

 

 

 

 

 

À Monsieur le Président de la République

À mes chers compatriotes

À Monsieur le Secrétaire général des Nations unies

À la Communauté internationale

Aux amis du Sénégal

 

Dakar le 07 janvier 2018

 

Je me permets, en ce jour du 7 janvier 2019, à la veille des élections présidentielles, compte tenu de la gravité de la situation, de vous adresser cette lettre en guise de témoignage des moments sombres de l’histoire de Notre pays, que le Président de la République, Macky SALL, par ses actes, va léguer aux générations futures.

 

L’heure est si grave, que chaque Sénégalais, quelle que soit la position qu’il occupe dans l’appareil d’Etat, comme fonctionnaire judiciaire, administratif, militaire, para militaire ou comme simple citoyen doit être conscient, que par sa posture il est en train d’écrire les pages d’histoire d’un Sénégal de stabilité ou d’instabilité, dont les seuls responsables, seront ceux qui n’auront pas su prendre leur responsabilité.

 

Le peuple ne s’est jamais autant enfoncé dans l’extrême pauvreté, dans un environnement de gabegie, de concussion et de corruption comme le pays n’en a jamais connu.

 

Le Président Mamadou Dia disait, nous avons des droits et des devoirs, les droits on peut décider de ne pas les exercer, mais les devoirs nous ne pouvons pas nous en soustraire.

 

C’est faisant miens ces propos, que j’ai décidé d’exercer non seulement mes droits, mais aussi mes devoirs de citoyen, aimant profondément son pays.

 

Je m’étais abstenu, depuis ma sortie du 22 juillet 2018, au grand théâtre, de participer à la médiatisation des griefs à l’encontre du pouvoir, dont chacun a été bien documenté par d’autres et qui tenaient de l’évidence même.

 

Je pensais, qu’en hommes responsables, ceux qui exercent le pouvoir auraient donné l’occasion à tous les Sénégalais qui le souhaitent, de parler de leur pays à travers des projets de sociétés qui seraient arbitrés par le libre choix des citoyens.

 

Mais par la ruse, la manigance, la tricherie éhontée le pouvoir est resté sourd à l’appel des citoyens, ainsi qu’au <<silence>> d’autres qui attendaient une réelle posture de démocrate à travers une gestion irréprochable du processus électoral.

 

Nous sommes des citoyens du monde, le Sénégal fait partie du monde libre, nous voulons pour notre pays ce que chaque patriote veut pour le sien.

 

Nous voulons pour nos enfants ce que les autres veulent pour les leurs et non ce spectacle insoutenable des traversées de la Méditerranée, qui nous met au banc des pestiférés, dans cette Europe de la déclaration universelle des droits de l’homme.

 

Malheureusement depuis un certain temps, par le tripatouillage de la Constitution et de la loi électorale, le pouvoir sans concertation sérieuse avec les acteurs  politiques, a fait un forcing pour imposer SON Parrainage  à des acteurs pourtant acquis au parrainage avec des règles qui seraient claires et impartiales pour tous. J’en veux pour preuve, le spectacle désolant à l’assemblée nationale, lors de l’examen d’une loi aussi importante que celle sur le parrainage, VOTÉE SANS DÉBAT par la seule majorité présidentielle.








Cette forfaiture dans la préparation de ces élections, n’a été possible que grâce à des cabinets étrangers et sénégalais, avec la complicité de fonctionnaires zélés qui seraient seuls responsables d’un tel crime contre le peuple sénégalais. Aucun acteur politique, aucun arbitre des élections, aucun représentant de la société civile ne peut attester aujourd’hui sur l’honneur, de la fiabilité du fichier électoral.

 

Tout cela s’est fait avec le silence coupable de certains amis du Sénégal au détriment d’un peuple assoiffé d’une gestion vertueuse de ses biens, de l’égalité de chance entre ses enfants, de tracer sa propre voie dans le concert des nations en étant ancré dans ses valeurs ancestrales que sont l’honneur, la dignité, le respect de la parole donnée et la démocratie.

 

C’est pourquoi, en ces moments difficiles de l’histoire du Sénégal, je me veux être dans le camp de ceux qui auront pris leur responsabilité face à la dérive d’un pouvoir devenue sans limite, pour défendre les intérêts d’une jeunesse en désarroi, de familles qui continuent de se paupériser, de fonctionnaires gagnés par la politisation extrême de notre administration dont les grades ne se gagnent plus au mérite, d’une justice piégée, d’une représentation du peuple chahutée, d’une société civile utilisée par certains comme tremplin d’accès au pouvoir, d’un monde rural à l’agonie laissé à lui même.

 

En qualité d’ancien  Premier Ministre, d’ancien Président de la Commission de l’UEMOA,  je sais ce que la mise en place de la pratique des coûts unitaires dans la commande publique, comme dans le cas de l’OCDE, aurait épargné à notre pays. La conséquence en est aujourd’hui la surfacturation maintes fois dénoncée et qui nous a amené à cette nécessité de comblement de déficits importants de trésorerie.

 

Je sais également, que des pans entiers du secteur parapublic sont aujourd’hui mis à contribution pour entretenir un clientélisme politique érigé en règle, ce qui a fini d’en faire le réceptacle de tous les déficits.

 

Le peuple sénégalais est en droit d’exiger la tenue des élections à bonne date conformément à la Constitution.

 

Le peuple sénégalais est en droit d’exiger des élections libres et transparentes organisées par des personnes au dessus de tout soupçon de collusion.

 

Le peuple sénégalais est également en droit d’exiger de la part du pouvoir, la non utilisation de la force contre lui, quand il sera amené à défendre fermement ses droits les plus élémentaires.

 

Le peuple sénégalais est en droit d’exiger de la communauté internationale non pas de la compassion ou de l’aide, mais d’être la sentinelle de l’Etat de droit à ses côtés, face à un pouvoir qui ne veut pas prendre en charge ses aspirations légitimes comme peuple libre, fière de ce qu’il est et maître de son destin.

 

Le Sénégal a toujours été une nation debout, elle le restera par la mobilisation de tous ses enfants contre toutes les dérives autoritaires.

 

J’en appelle encore à la responsabilité du pouvoir, en particulier à celle de celui qui l’incarne au plus haut niveau, le Président de la République, pour se ressaisir pendant qu’il est encore temps.

 

J’en appelle à la responsabilité des arbitres de cette élection, pour choisir la voie du peuple, celle de la vérité.

 

J’en appelle à la responsabilité de la communauté internationale, à celle de tous les amis du Sénégal pour agir ici et maintenant, au lieu de se porter au chevet du Sénégal quand certains finiront d’écrire les pages sombres de notre histoire et que le peuple prendra la responsabilité de défendre ses biens les plus précieux, la Démocratie et la République.

 

J’en appelle à la responsabilité de notre jeunesse, en lui disant, que les plus grandes batailles ont été gagnées par la non violence, et l’exemple le plus illustratif a été celui de Madiba, Nelson Mandela, un grand Africain, pétri de ses valeurs et qui demeure une référence et une fierté pour toute l’Afrique.

 

Vive le Sénégal dans une Afrique unie et debout.








 

Cheikhe Hadjibou SOUMARE

Ancien Premier ministre du SENEGAL

 

 

 

Ampliation:

– tous les Chefs d’Etat des pays membres de l’UEMOA.

Maladies privilégiées contre maladies négligées: Quand certains malades sont plus chanceux que d’autres au Sénégal

La lecture de la réalité sanitaire en Afrique et au Sénégal permet de constater que le cadre de lutte contre les maladies n’a pas pu produire des résultats à la hauteur des moyens techniques et financiers déployés. Les différentes stratégies jusque-là déroulées tournent essentiellement autour d’une une approche verticale dont la conséquence majeure est d’ériger deux types de maladies : d’un côté les maladies privilégiées et de l’autre, les maladies négligées pour ne pas dire oubliées.

Sélective dans son objet, la stratégie verticale s’intéresse spécialement à des maladies ciblées dont elle cherche à réduire la prévalence dans un délai raisonnable. Cette stratégie véhicule l’idée de mettre l’expertise au service du fléau ciblé, en vue de produire des résultats satisfaisants. Elle se matérialise par des programmes catégoriques ou indépendants qui partent du postulat que la solution d’un problème sanitaire donné est abordée par le biais de l’application de mesures spécifiques à la faveur d’un fonctionnement à but unique. Elle débouche sur la spécialisation de certains acteurs dans la lutte contre une maladie ou un problème de santé publique, conduisant ainsi les États bénéficiaires à aligner leurs politiques sur l’action des partenaires.

Trois maladies ont particulièrement attiré l’attention de la communauté internationale et ont été le point focal des programmes verticaux. Il s’agit du paludisme, du SIDA et de la tuberculose. Elles ont, en effet, fait l’objet d’une mobilisation financière intéressante à travers la formule du partenariat public-privé. La mise en place du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme en 2002 en est une illustration. Ce Fonds regroupe un certain nombre d’acteurs dont : l’OMS, l’ONUSIDA, des organismes bilatéraux, les gouvernements des pays bénéficiaires et des membres de la société civile.

Cette approche verticale, en raison de sa précision et de ses enjeux financiers, attire les médias qui en font la promotion « à travers des images-chocs dans la concurrence qui les anime » (.H. BALIQUE, 2011).

La forte médiatisation pour promouvoir la lutte contre le paludisme et le sida en est un exemple. Au cours des dernières années, des progrès significatifs ont été accomplis, grâce à l’utilisation de moustiquaires imprégnés dans la lutte contre le paludisme, ou l’utilisation des antirétroviraux contre le VIH/SIDA. On peut également constater le recul manifeste de la tuberculose en Afrique et au Sénégal.

Cependant, l’approche verticale bien qu’efficace contre les maladies ciblées, a le redoutable inconvénient d’affecter la cohérence des systèmes de santé et d’entrainer une discrimination injustifiée entre les malades. L’efficacité cohérente des actions sanitaires requiert que celles-ci soient harmonieusement menées, suivant une logique respectueuse des priorités sanitaires et urgences à laquelle ne répondent pas forcément les programmes verticaux. Sélective par définition, l’approche verticale procède au traitement des problèmes de manière casuistique sans une véritable articulation d’ensemble entre les différentes maladies ciblées. Les nombreux services et professionnels qu’elle emploie officient de manière isolée et se concentrent entièrement sur les objectifs fixés. On assiste à l’éclatement du personnel de santé en deux catégories : les professionnels aisés au service de la stratégie verticale et des professionnels non favorisés au service du système. Cette situation est déplorée par M SINGLETON qui, dans son ouvrage Soins de santé primaires : cause perdue ? considère que : « les programmes verticaux gaspillent des ressources en encourageant la duplication et l’inefficacité et sont susceptibles de surcharger le personnel, par exemple lorsque celui-ci doit faire son rapport à de multiples supérieurs. En instaurant des différences injustifiables en termes de salaire et des statuts, de sources de frustrations au sein du personnel et en consommant des ressources déjà insuffisantes dont on pourrait faire un meilleur usage ailleurs, ils limitent l’efficacité du système de santé tout en diminuant leurs probabilités de durabilité une fois que les ressources supplémentaires émanant de donateurs extérieurs sont épuisées. Pour se convaincre davantage des lacunes de l’approche verticale, il est important de s’intéresser, d’une part, à la situation des maladies chroniques et, d’autre part, aux maladies mentales.

Au moment où on assiste au recul de certaines maladies transmissibles dites privilégiées (SIDA, le paludisme et la tuberculose), les maladies chroniques ( Les maladies cardio-vasculaires, le diabète et les cancers) prennent une proportion inquiétante en Afrique subsaharienne au point de susciter la réaction personnelle du Directeur général de l’OMS, qui parle justement de « catastrophe imminente pour la santé ». En effet, 36 millions de personnes meurent à cause des maladies non transmissibles, soit 68 % de la mortalité mondiale en 2008. Près de 80% de ces décès par MNT, soit 29 millions, sont survenus dans des pays à revenu faible ou moyen, ce qui dissipe le mythe selon lequel ces affections seraient principalement un problème de pays riches. Faute de mesures, l’OMS prévoit que ces maladies non transmissibles tueront 52 millions de personnes chaque année d’ici 2030.

En guise d’illustration, le diabète est devenu, en moins d’un quart de siècle, un problème de santé publique mondial. On estime que 347 millions de personnes sont diabétiques et plus de 80% de décès y relatifs se produisent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Au Sénégal, la prévalence du diabète est de 2,1% en 2015 (Enquête STEPS) et progresse régulièrement.

En 2012, on a compté 14 millions de nouveaux cas de cancers, entraînant 8,2 millions de décès. En Afrique, ce sont 600 000 de cas qui se déclarent par an et 500 000 malades en meurent, (OMS, 2016). Au Sénégal, environ 6800 cas sont attendus chaque année si on se réfère aux statistiques du ministère de la Santé et de l’Action sociale de 2015).

S’agissant des maladies mentales, l’Afrique est l’une des régions les plus touchées par ce fléau qui s’accompagne d’une absence de spécialistes en la matière. Si en Europe, on compte 1 psychiatre pour 1 000 habitants, en Afrique, ce rapport passe à 1 psychiatre pour 5 millions d’habitants (OMS, Plan global sur la santé mentale, 2013-2022).

Au Sénégal, le rapport d’enquête sur les malades mentaux de l’Association sénégalaise pour le Suivi et l’Assistance aux malades mentaux de 2014 fait état de 2192 malades mentaux errants et de 1300 schizophrènes, aussi bien dans les rues qu’au sein même des familles. Malgré cette proportion, le fléau des maladies mentales ne reçoit pas encore une réponse adaptée. D’où le décalage voire le déséquilibre caractéristique qui existe entre le traitement des maladies dites médiatisées et celui des maladies négligées.

Il faut aussi préciser que les maladies mentales et chroniques à soins couteux viennent s’ajouter à la longue liste des maladies tropicales négligées comme la filariose lymphatique, la bilharziose, la lèpre l’onchocercose, la schistosomiase, le trachome, la géohelminthiases qui affectent 1,5 milliards dans le monde dont 40% vivent en Afrique. Ces maladies affaiblissent, handicapent et défigurent les victimes dont elles aggravent les conditions d’hygiène et la pauvreté.

Il est donc essentiel de redonner à l’approche systémique, axée plus sur le développement des systèmes de santé que sur une catégorie déterminée de maladie, la place qu’elle n’aurait jamais dû manquer. La viabilité de nos systèmes de santé ainsi que le principe de non-discrimination entre les malades imposent que le recours à l’approche verticale soit exceptionnel et complémentaire à l’approche systémique qui, quant à elle, doit être largement valorisée.








Tapsirou Bocar BA

Docteur en droit public,

Spécialisé en droit de la santé

Contact: btapsirou@gmail.com

Le pouvoir exécutif au Sénégal, un ennemi de la presse privée indépendante

Les mêmes pratiques de musellement de la presse privée indépendante n’ont pas disparu sous nos tropiques. La mort de notre regretté compatriote le journaliste Sidy Lamine Niasse, fondateur du groupe Wal fadjri, que le Seigneur des mondes lui couvre de sa bonté infinie, a permis de lever un coin du voile sur les tracasseries abjectes du régime du président Macky Sall en vue de le contraindre à la servitude ou mieux de le pousser à renoncer à une certaine  éthique journalistique, qui est d’informer juste en toute objectivité et responsabilité les citoyens sénégalais sur toutes les questions mêmes celles qui fâchent voire énervent les autorités de la République.

Ce regard critique déplaît profondément à nos autorités publiques, qui de très loin préfèrent le silence des momies sur leurs affres de mauvaise gestion de nos deniers publics et sur leur volonté machiavélique de réduire drastiquement nos droits et libertés.

La presse est perçue à tort comme un ennemi à contrôler et si ce n’est pas possible voire très difficile à réaliser, il faut passer à la vitesse supérieure et ne rien laisser au hasard  jusqu’à l’asphyxie en lui privant non seulement de rentrées financières, mais également en activant les services de recouvrement de créances pour le paiement d’arriérés d’impôts sous peine de fermeture. Un couteau sous  la gorge.

Cette volonté sournoise de vouloir contrôler et d’indiquer la voie à suivre à la presse privée indépendante ne permet pas d’asseoir voire de favoriser une culture démocratique pouvant permettre une ouverture d’esprit et une confrontation d’idées sur tous les sujets d’actualité et sur notre modèle de société face aux défis multiples de la mondialisation.

Cet espace de confrontation est vital pour la démocratie. Nos gouvernants d’hier comme ceux d’aujourd’hui doivent comprendre que la liberté de la presse n’est pas négociable. La liberté est ou n’est pas. Elle s’insurge contre toutes les pratiques malsaines de contrôle portant atteinte à sa mission d’information et d’éveil des citoyens, qui est de nommer et de dévoiler les choses ou la réalité humaine. Exercer sa liberté de journaliste ou de leader d’opinion est toujours un risque à courir dans nos Républiques bananières du fait que nos autorités publiques ne tolèrent aucune voix discordante qui risque de mettre à nu leurs manigances et leurs pratiques despotiques du pouvoir.

Une presse libre qui ne renonce pas à livrer les informations et à fouiller les dossiers afin de permettre aux lecteurs de comprendre les enjeux sociétaux et de prendre position en toute responsabilité sur les affaires du moment ou sur le choix et la pertinence des politiques publiques conduites par le gouvernement de la République, est un danger permanent pour les fossoyeurs de nos valeurs démocratiques.








Et tant que nos autorités publiques n’acceptent pas le pari de la transparence dans la gestion, elles continueront à considérer les journalistes comme des ennemis à combattre voire à réduire au silence. Et pourtant, ils se contentent seulement de pointer du doigt les dysfonctionnements graves dans la gestion de nos ressources publiques et d’interpeller nos gouvernants et ce à juste titre sur les questions d’actualité qui préoccupent l’ensemble du corps social sénégalais. Le rôle du journaliste est de décrire la réalité telle qu’elle est, mais aussi de donner les clés de lecture à nos compatriotes qui n’ont pas accès aux sources d’information.

Cette énorme responsabilité qui incombe au journaliste est en réalité une source de tensions avec les autorités publiques, qui n’aiment pas du tout que d’autres personnes fouillent dans les dossiers afin d’éclairer véritablement les citoyens sur les vrais enjeux du moment. C’est pourquoi, les responsables politiques voire gouvernementaux de la mouvance présidentielle vont toujours essayer d’influencer la ligne éditoriale des journaux de la presse privée sénégalaise en courtisant soit le président du groupe de presse soit en se servant d’un homme de main au sein même de la corporation en vue d’orienter de manière tendancieuse  les articles de presse en les axant principalement sur les projets du Chef de l’Etat et de garder le silence sur les dossiers de mauvaise gestion pour tromper le peuple.

Le groupe de presse ou le journaliste qui refuse de participer à ce jeu de dupes sur le dos du contribuable est assimilé à tort comme un irréductible opposant au régime alors que le journaliste n’est pas de fait l’allié ou l’ennemi du pouvoir. Il est juste un lanceur d’alerte qui perturbe le sommeil de nos gouvernants fainéants et sans scrupule. Ce crime de lèse-majesté du journaliste voire du groupe de presse peut avoir des répercussions terribles sur la survie même de l’organe de pression. L’Etat peut être même amené à utiliser des procédés infâmes en vue de saboter ou mieux de compromettre l’exercice du métier de journaliste afin de mettre un terme aux écrits incendiaires qui mettent à nu la gestion  nauséabonde du régime en place

Ainsi, suite à la publication du premier livre du journaliste d’alors Abdou Latif Coulibaly  sur les pièges de l’alternance politique, le parti – Etat PDS se mit à combattre le groupe de presse Sud Communication de manière déloyale en orchestrant un plan de destruction inédite de lui couper les recettes de publicité des organes de l’Etat et de ses démembrements. Le bien public a été détourné de sa finalité dans le seul but de nuire un groupe de presse qui n’a pas été pris en défaut et qui continue toujours dans sa quête d’une information fiable et dans parti pris ni connivence coupable avec les forces de l’opposition.

Le régime libéral n’a pas voulu jouer la carte de la transparence en apportant des éléments probants afin de critiquer la thèse défendue par le journaliste Abdou Latif Coulibaly. Maître Abdoulaye Wade a préféré abattre ses cartes en vue de faire payer au groupe Sud Communication son soutien au journaliste d’investigation Abdou Latif Coulibaly.

A partir de ce moment, Sud Communication, malgré sa détermination de rester fidèle à sa mission d’information a été victime d’un complot d’Etat sous le regard complaisant de la société civile et des autres organes de presse épargnés de la vengeance et du sabre de maître Abdoulaye Wade, l’éternel combattant de la liberté d’expression. Le pouvoir absolu est passé par là et ne saurait tolérer la moindre critique.

Le groupe Sud Communication ne s’est pas encore entièrement remis du plan diabolique de liquidation de maître Abdoulaye Wade et de ses hommes de main qui ne se sont nullement gênés d’utiliser les leviers de la puissance publique pour détruire un des fleurons de la presse sénégalaise. Une longue traversée du désert laisse des séquelles même si le flambeau reste encore allumé.

Pourtant, pendant sa très longue conquête du pouvoir,  maître Abdoulaye Wade s’est servi de son journal Sopi pour dénoncer les privations de liberté orchestrées par le PS du président Abdou Diouf pour intimider les citoyens sénégalais, mais également pour vendre sa vision  et son projet de société à la population. La presse privée libre et indépendante est toujours bien perçue par nos hommes politiques lorsqu’ils se trouvent dans les rangs de l’opposition et qui sont au demeurant les victimes des organes de la presse d’Etat : la RTS et le Soleil.

Hier, C’était le groupe Sud Communication, aujourd’hui le groupe Wal Fadjri. Le président Macky Sall  a repris le même combat déloyal pour faire plier le groupe Walf Fadjri et cela ne dérange personne dans ce pays des salamalecs où règne une hypocrisie inouïe. Même la mort de notre valeureux compatriote Sidy Lamine Niasse n’a pas permis au président Macky Sall et à ses hommes de mesurer la gravité des actes qu’ils ont posés dans le dessein d’influencer la ligne éditoriale du groupe Walf Fadjri afin qu’il cesse d’être le mur des lamentations des sans voix et des victimes de la politique sombre et nauséabonde du régime hétéroclite Benno Bokk Yakaar. Mais, le président Macky Sall a échoué et le journaliste Sidy Lamine Niasse a quitté ce monde dans la dignité sous le regard bienveillant et reconnaissant du peuple sénégalais.

Venir aujourd’hui pour tendre la main à sa famille en vue d’ aider le groupe de presse Walf Fadjri est le summum de l’indécence et de l’indignité. Aucune gêne dans la démarche. Un manipulateur hors pair. Le président Macky Sall essaie toujours de profiter des funérailles toute honte bue pour nous amadouer et pour étaler sa générosité alors qu’il a tout fait avec ses dames de compagnie et autres thuriféraires zélés pour détruire l’outil de travail du groupe de presse Walf Fadjri.

Malgré toutes ces brimades et ces pressions, le président Sidy Lamine Niasse a su se battre jusqu’au bout pour maintenir ce flambeau de la liberté et  de la fierté de la presse privée indépendante. D’outre tombe, si seulement il pouvait observer la valse et l’hypocrisie de ces hommes du pouvoir à l’instar du président Macky Sall qui chantent aujourd’hui ses mérites et pourtant ont utilisé en leur âme et conscience les mêmes pratiques d’asservissement de la presse privée indépendante de l’ancien président de la République maître Abdoulaye Wade.

Sous leurs airs de républicains et de démocrates, se cachent véritablement de véritables dictateurs qui n’acceptent pas la critique.

Il urge de sortir de cette forme de pression voire de corruption que constitue la manne financière de la publicité afin de permettre à la presse de jouer pleinement son rôle et de ne pas être victime des caprices du président ou des hommes forts du régime en place qui sont réfractaires à toute forme de critique.

Il n’est ni juste ni équitable que  les campagnes de publicité de l’Etat et de ses démembrements soient entièrement destinées aux médias du service public au moment même où ils sont financés par l’argent du contribuable sénégalais. Les hommes du pouvoir utilisent cette manne financière comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête des groupes de presse qui ne font pas le jeu du président en vue de manipuler la population.

Les acteurs de la presse et de la société civile doivent mener  ce combat afin que les médias d’Etat ne bénéficient plus de facto ce pactole au détriment des autres organes de presse. Le marché de la publicité d’Etat  doit être redéfini afin d’asseoir une meilleure transparence sur la répartition des parts de marché,  mais également de permettre aux organes de presse d’avoir des rentrées financières substantielles afin de mieux jouer leur rôle dans l’éveil de conscience de nos compatriotes et dans la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit. Aucun organe de presse ne doit en aucune manière subir des représailles du président de la République et même s’il dénonce au quotidien sa gestion despotique, dictatoriale et clanique du pouvoir. La Démocratie est exigence que les citoyens attendent de nos autorités politiques afin qu’elles garantissent son exercice et assurent sa promotion.








Un pays où la presse est contrôlée par le pouvoir et par des lobbies financières est une zone de non droit et de servitude. Renoncer à l’exercice de la liberté d’expression,  c’est également laisser la porte ouverte à l’injustice et à l’arbitraire. Nos concitoyens ne semblent plus s’offusquer voire s’indigner des pratiques mafieuses de gestion du pouvoir du président Macky Sall. Nous l’avons laissé  par hypocrisie et par manque de courage à  faire ce qu’il veut de ce pays et de ses hommes. Cet homme doit être combattu par tous les honnêtes patriotes de ce pays parce qu’il est un anti modèle.

Ainsi, cette nouvelle approche permettra de mettre un terme définitif au chantage du président de la République visant à réduire drastiquement l’exercice des libertés publiques de la presse. Autrement, cette forme de corruption et d’asservissement aux mains du pouvoir est une menace réelle sur la viabilité de la presse privée indépendante au Sénégal.

Un grand respect pour notre regretté compatriote le journaliste Sidy Lamine Niasse. Sa mémoire et son œuvre pour la défense de la liberté d’expression et des sans voix depuis plus de 30 ans doivent demeurer vivaces dans nos actions.

PS : L’auteur de cette contribution doit beaucoup au fondateur du groupe Wal fadjri.  C’est lui, il y a une vingtaine d’années avec courage et conviction m’a ouvert les pages de son journal pour donner mon opinion sur un sujet très sensible et d’une extrême importance sur la construction de l’Etat de droit dans un pays fortement marqué par une connivence coupable entre les politiciens et l’aristocratie maraboutique. Rien n’a changé au pays de la Teranga qui reste  toujours sous le joug de ce milieu politico-maraboutique.  Évoquer son nom nous renvoie de facto à la nécessité de lutter de nos vous forces pour le respect de  nos droits et libertés, lui le fils d’une lignée d’érudits marabouts qui toute sa vie a voulu s’affranchir des clivages pour défendre tout simplement la vérité et la dignité de nos compatriotes. Merci à vous Sidy Lamine Niasse et que la paix de Dieu soit avec vous loin des futilités, des méchancetés, de l’injustice  et des mesquineries de nous autres mortels.

Massamba Ndiaye

massambandiaye2012@gmail.com

 

 

 

 

 

Un virage économique pour éviter le cercle vicieux de la stagnation séculaire au Sénégal en 2019.

Le ministre de l’Economie et des Finances a admis mi-novembre 2018 la tension budgétaire actuelle soulignée par les institutions internationales et des économistes. Nous proposons dans cette note une piste d’ajustement économique dans une approche macro-économique pour y remédier de manière proactive.

 

 

L’examen actuel par l’Assemblée Nationale de la Loi de Finances 2019 offre une fenêtre de tir intéressante pour participer au débat actuel sur la tension budgétaire admise par les autorités pour la fin de l’année 2018, estimée par la Banque Mondiale

 

  • « un peu plus de 100 milliards de F CFA » pour boucler l’année selon les prévisions initiales.

 

La science macro-économique nous enseigne que la sincérité d’un budget se mesure

 

  • l’aune de son équilibre autour des métriques de la comptabilité publique et de sa soutenabilité. En effet, le compte de dépenses et de recettes du budget de l’exercice s’analyse en s’intéressant d’une part au déficit ou l’excédent global, y compris le service de la dette ; d’autre part en prenant en compte le flux annuel du stock de dette souveraine et la monétisation dudit déficit public par la banque centrale.








Le choix du modèle économique est dès lors d’une extrême importance, si tant est que l’objectif global est l’éradication de la pauvreté. La littérature économique dans sa tentative de compréhension de cette finalité politique a émis plusieurs concepts, notamment l’économie duale et le surplus de chômage de Lewis, le capital humain de Schultz, la théorie des stades de développement et le décollage/rattrapage de Gerschenkron et Rostow et le structuralisme de Seer, Prebish et Hirschmann, etc

 

Les limites du Plan Sénégal Emergent (PSE) pour raboter la pauvreté sont contenues dans son schéma économique de financement par un endettement massif étranger (près de 6000 milliards de F CFA selon la Conférence de Paris de la phase 1). En effet, l’approche de ce plan est celle d’un soutien à une politique de l’offre adossée à un financement massif pour résorber le gap infrastructurel, qui selon la théorie néo-keynésienne du « Trickle Down » (ruisselage), devrait profiter à la population au bout du tuyau ! C’est ce modèle économique qui est la trame du PSE et qui a apporté ces 3 dernières années les taux de croissance du PIB supérieurs à 6%.

 

Justement, cette croissance a ses déterminants trop axés sur les services, comme en témoigne l’année 2017 où avec un taux de croissance de 6,5%, la contribution du secteur tertiaire était de 4,5 en points de croissance, soit les 2/3. Pour rappel en 2017,

 

le poids relatif du secteur primaire, qui emploie plus de 50% de la population active, est de 14,4% du Pib, tandis que les secteurs secondaire et tertiaire représentent respectivement 21,7% et 63,9%.

 

Ainsi, le modèle actuel de l’économie sénégalaise fabrique depuis plusieurs années d’une part du déficit courant imputable au fait que les services sont faiblement exportables ; d’autre part de l’inflation importée issue de la combinaison d’une productivité́agricole trop molle et d’une forte demande de produits alimentaires. C’est cela le lien entre le déséquilibre structurel de la politique budgétaire qui a engendré la tension de trésorerie et la politique économique menée.

 

Par ailleurs, la faible productivité́de l’agriculture, qui entraine une lente absorption de la main d’œuvre dans les zones rurales, génère une hausse des inégalités de revenus et perpétue les déficits publics, tout en favorisant une contre-gentrification des zones périurbaines. L’Etat, en tentant de compenser la hausse des inégalités de revenus, crée un modèle de l’assistanat, où la productivité des employés et surtout la compétitivité des entreprises sont largement en-deçà de la performance attendue.








Du coté du financement de l’économie réelle, le système financier domestique consacre de plus en plus de ressources au financement du déficit public par l’achat massif des titres obligataires (bons et obligations de l’Etat), de sorte que le financement des investissements lourds est en partie contraint par la disponibilité́de l’épargne extérieure. En effet, l’arbitrage de taux est une activité de spéculation très lucrative à laquelle s’adonnent les banques pour accroitre leur PNB sans supporter les risques d’orienter l’épargne vers des investissements rentables au plus grand nombre, tout en offrant aux épargnants une liquidité́élevée. Le risque qui s’en suit, c’est la création de « Lazy Banks », des banques paresseuses, ce qui accentue les effets d’éviction sur l’investissement pour répondre aux besoins de financements des PME/PMI et des privés.

 

L’addition des biais de la politique économique choisie et du système financier actuel traduit la tension de trésorerie budgétaire politique budgétaire que nous vivons en ce moment. Il s’agira désormais, sur le plan économique, de mettre l’accent non seulement sur le taux de croissance mais encore sur le type de croissance. Cela appelle dès lors une réflexion et des propositions pour un rééquilibrage autour du soutien à une politique de la demande pour une croissance soutenue, durable et , in fine, inclusive. La croissance inclusive peut ainsi s’articuler autour de trois piliers : une croissance reposant sur une base large d’acteurs locaux, une forte création d’emplois productifs et une attention portée aux groupes défavorisés (jeunes, femmes et populations rurales).

 

 

Seydina NDIAYE

 

Banquier

 

seydina.ndiaye@outlook.com

 

Promotion de la sécurité de l’Internet des Objets au Sénégal: L’ARTP s’engage.

Ce vendredi 30 novembre 2018, Monsieur Abdou Karim SALL, Directeur général de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des postes (ARTP) a reçu Monsieur Andrew SULLIVAN, le nouveau Président Directeur Général d’Internet Society (ISOC).

 

La rencontre a servi de prétexte pour signer le Protocole d’accord (Memorandum of Understanding ou MoU) relatif à l’initiative sur l’application du modèle multi-parties prenantes à la sécurité de l’Internet des Objets entre le Bureau Afrique de l’Internet Society, le chapitre sénégalais de l’Internet Society, le Ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Économie Numérique (MCTPEN) et l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP).

 

En effet, cette initiative a pour objectif de mettre en place, dans un délai dix-huit (18) mois, une approche collaborative visant à identifier les défis et les solutions actuels et potentiels, pour une politique de grande envergure régissant la sécurité de l’Internet des Objets au Sénégal.








Le Sénégal, d’ailleurs seul pays africain dans ce lot, fait partie des trois (3) nations sélectionnées par ISOC avec le Canada et le Japon pour le lancement de la nouvelle initiative d’Internet Society visant à démontrer l’utilisation du modèle multi-parties prenantes dans l’élaboration des politiques publiques et des réglementations de l’Internet.

 

« L’ARTP s’engage à vous accompagner et ne ménagera aucun effort pour la réussite de ce projet d’envergure », dira le DG M. Abdou Karim SALL à l’endroit de ses hôtes pour les rassurer.

 

Direction de la Communication et des Relations Publiques / ARTP

 

 









L’Onu suit de très près le processus électoral au Sénégal

YERIMPOST.COM Le représentant spécial du secrétaire général des Nations-Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mohamed Ibn Chambas, a souligné, ce mercredi, la nécessité pour les acteurs politiques sénégalais de maintenir le dialogue afin d’atténuer les tensions précédant la tenue en février prochain d’une élection présidentielle.

« Nous suivons avec intérêt les préparatifs pour l’élection présidentielle du 24 février 2019. Nous continuons d’encourager l’opposition et le gouvernement à maintenir le dialogue pour atténuer les tensions », a-t-il dit.

Dr Chambas a, à cet égard, rappelé la tenue lundi dernier à Dakar d’un dialogue sur la participation politique des femmes à ce scrutin.
« Nous prenons ces initiatives au Sénégal et dans la sous-région pour encourager l’inclusion dans les processus électoraux pour une démocratie saine », a fait valoir le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.
Il a également soutenu que les processus électoraux en Afrique de l’Ouest avaient connu beaucoup d’avancées matérialisées par l’organisation d’élections libres dans plusieurs pays.








Buzz médiatique et élections au Sénégal

Le Sénégal a une longue tradition préélectorale marquée par l’apparition, à la veille de presque chaque élection d’un phénomène médiatique ou médiatisé revendiquant le statut de principal challenger du régime en place.

Dans peu de cas cependant, ces challengers ont réussi à renverser les tendances pour finalement s’imposer dès le premier essai.

Senghor sortira victorieux de son combat politique contre Lamine Gueye, un Lamine Gueye vieillissant handicapé par l’usure du pouvoir et dépassé par l’évolution socio politique du Sénégal, dans un contexte de changement marqué par l’extension du droit de vote aux citoyens lambda, que Senghor réussira à rallier à sa cause.

À l’issue du congrès sans débat du PS qui consacrera l’intronisation unilatérale de Tanor, Djibo Ka démissionnera et créera dans la foulée l’URD. Soutenu par un Talla Sylla volontaire et généreux, il frappera le premier coup décisif contre Abdou Diouf en obtenant huit députés à l’Assemblée nationale, avant que Moustapha Niasse et son choix de l’espoir ne porte l’estocade en 2000, en quittant à son tour l’épave socialiste en perdition.








Abdoulaye Wade ramassera la mise avec le soutien de la gauche réunifiée et l’apport déterminant d’un Niasse en position de faiseur de roi qui en sera récompensé d’un poste d’éphémère premier ministre.

En 2007 la star médiatique s’appellera Idrissa Seck. Victime du complot du siècle, trahi selon l’opinion par un Me Wade qu’il aura conduit jusqu’au pouvoir, bête de communication achevée, il drainera les foules partout sur son passage, au point de semer le doute même dans l’esprit du premier cercle de soutien de Gorgui !

Au finish, Me Wade passera haut la main au premier tour, Idrissa Seck se classant deuxième avec 15 % des voix.

Mais comme Djibo Ka, son départ sèmera les germes du déclin de Me Wade dont la coalition perdra les locales de 2009, avant qu’il ne coule en 2012…devant Macky Sall, celui-là même qui fut le directeur de sa campagne victorieuse en 2007, et qui tombera à son tour en disgrâce, dernière victime de l’ogre Me Wade, décidément dévoreur de ses fils d’emprunt ou d’adoption, pour les beaux yeux de son fils légitime Karim Wade.

Tout changement politique mageur survenu au Sénégal, marqué notamment par une alternance a eu lieu en deux temps : un affaiblissement remarquable à l’Assemblée nationale ou une perte de majorité aux locales marqués par l’affirmation de leaders la plupart du temps auréolés de la gloire de héros victimes d’injustice, ce qui explique le ralliement massif de l’opinion publique à leur cause, et la chute du régime chancelant en place, dès la présidentielle suivante.

Notons que dans tous les cas précités, les acteurs qui ont émergé et sont parvenus au sommet du pouvoir sont des hommes politiques à l’expérience éprouvée, à la tête de véritables coalitions structurées et disposant de moyens à la hauteur de leurs ambitions.








À quelques mois de l’élection présidentielle, j’ai beau scruter l’ouest, je ne vois rien de nouveau qui laisse présager un quelconque changement…

J’entends juste, de l’autre côté de l’Atlantique parler d’une promesse de sortie du F CFA du Sénégal, et d’une souveraineté « nationale » africaine !

Pourquoi nous tous, nous devons discuter du pétrole, du fer et de l’eau au Sénégal ? (MLD)

Le Président Thabo Mbeki d’Afrique du Sud a dirigé un groupe de travail qui a conclu qu’une partie importante des 60 milliards de dollars de flux financiers illicites qui quittent l’Afrique chaque année provenait du secteur pétrolier et minier.
Le mécanisme mis en place est assez complexe. Il y a l’expérience décrite en Afrique concernant les bateaux fantômes qui exportent le pétrole sans trace comptable dont le produit des ventes se retrouve dans les comptes des chefs politiques africains.
C’est dire qu’il y a des clauses secrètes qui soit affectent des barils de pétrole ou des milliers de m3 de gaz naturel aux chefs politiques ou soit donnent pour chaque baril ou chaque millier de m3 de gaz vendu des dollars aux chefs politiques. Ces clauses ne figurent pas dans les contrats publiés par les gouvernements.
Toute la question est de savoir si dans le passage de Petro-tim à Timis Corporation puis à Kosmos, dans l’affaire du bloc offshore de St Louis et Kayar, des clauses de ce genre n’ont pas été introduites, dans la mesure où l’inspection générale d’Etat a clairement indiqué que le permis d’exploration ne devait pas être donné à Petro tim. M. Aly Ngouille Ndiaye a passé outre et a produit un faux rapport de présentation pour forcer la signature du décret d’attribution.
Ce genre de pratique où la rente est partagée entre les firmes pétrolières et les chefs politiques africains est à l’origine de la malédiction des matières premières en Afrique. Les Etat occidentaux le savent. Ils ont inventé l’ITIE pour se dédouaner et dire aux peuples africains les montants versés aux Etats. Quid des montants versés directement aux chefs politiques africains ?
En vérité, c’est la question des ressources naturelles qui appartiennent au peuple qu’on doit discuter, le pétrole, le fer et surtout l’eau, vitale pour la vie. Il en est ainsi de l’affaire SDE.








Mamadou Lamine Diallo, Tekki

Les solutions d’Ansoumana Dione pour la paix et la stabilité au Sénégal

Solutions pour la paix et la stabilité au Sénégal

ü Report de la présidentielle de 2019

ü Installation d’un gouvernement de transition

Ansoumana DIONE, Jaamu Askan wi, le Serviteur du Peuple, candidat à la candidature pour la présidentielle de 2019, n’est préoccupé que par la paix et la stabilité au Sénégal. Aujourd’hui, le constat est unanime. Si l’on y prend garde, rappelle-t-il, notre pays risque de bruler à cause des nombreux problèmes, notés dans presque tous les secteurs d’activités A cela, s’ajoute l’absence de dialogue entre les tenants du pouvoir et les différents acteurs de la société. Pour éviter de tels conflits, il préconise le report de cette élection en 2020 et l’installation d’un gouvernement de transition, pour apporter surtout des réponses aux préoccupations majeures des populations. Pour ce faire, il invite le chef de l’Etat Macky SALL à bien vouloir appeler au dialogue, pour un consensus autour de telles initiatives, visant à sauver le Sénégal. Maintenant, une fois le calme et la sérénité, retrouvés, nous pourrions aller pacifiquement vers une élection présidentielle, permettant aux citoyens de choisir librement, de façon démocratique et transparente, un Président de la République. Oui, le Sénégal, d’abord.







Rufisque, le 07 novembre 2018,

Ansoumana DIONE, Jaamu Askan wi, le Serviteur du Peuple, candidat à la candidature pour la présidentielle de 2019

Vers une insurrection au Sénégal (Par Ansoumana Dione)

Ansoumana DIONE, Président de l’Association Sénégalaise pour le Suivi et l’Assistance aux Malades Mentaux (ASSAMM), avertit le Président Macky SALL sur une insurrection en vue au Sénégal. Car, précise-t-il, toutes les conditions sont réunies pour que la population se révolte. Et, parmi les causes de cette situation, il y a le mauvais choix du régime qui a préféré investir l’essentiel de nos ressources dans des projets inopportuns, dont la plupart est concentré dans la région de Dakar. Conséquence, pour l’Education ou la Santé, par exemple, l’Etat ne peut pas assumer ses responsabilités. A tout cela, s’ajoute un mécontentement généralisé, créé par un manque de réponses aux nombreuses préoccupations des citoyens, sans oublier les cas d’injustices, infligées à certaines franges de la société. Aujourd’hui, les sénégalais sont devenus très violents et agressifs, banalisant la mort. La cause, arrivé à un certain niveau d’indignation, née de la déception, le désespoir et la détresse, l’individu se sent déjà mort, d’où son intérêt à se battre pour pouvoir survivre. C’est pourquoi, Ansoumana DIONE invite les tenants actuels du pouvoir à bien prendre au sérieux la dernière menace du Président Abdoulaye WADE qui est capable de mettre fin au régime du Président Macky SALL.








Rufisque, le 06 novembre 2018,

Ansoumana DIONE, Président de l’Association Sénégalaise pour le Suivi et l’Assistance aux Malades Mentaux (ASSAMM)

Conséquence de l’anarchie et de l’impunité dans le secteur de la sécurité privée au Sénégal

Il nous a été donné l’occasion encore une fois de constater avec amertume et grande consternation combien la situation des agents de sécurité est d’une gravité sans nom.
Nous avons appris le décès survenu le LUNDI 08 OCTOBRE DERNIER d’un de nos collègues agent de sécurité de SIGAVISION. Il est vrai que la mort est le destin commun de tout être humain, mais il est des décès qui heurtent la conscience humaine, du fait que ces décès résultent tout simplement de conditions de vie précaires, auxquelles sont soumis les agents de sécurité du SENEGAL.
En effet après avoir senti des douleurs de poitrine, et s’être senti mal le vendredi avant son décès, le camarade s’est vu obligé d’attendre trouver de l’argent pour pouvoir aller consulter un médecin. Malheureusement, il sera retrouvé sans vie le matin du jour il avait prévu d’aller enfin consulter un médecin.
Nous ne pouvons nous empêcher de penser que si les dispositions du CODE DU TRAVAIL avait été scrupuleusement respectées dans son entreprise, EN TERME DE PRISE EN CHARGE MALADIE, peut être aurait il pu encore être de ce monde, et s’occuper de ses enfants encore en très bas âge. Malheureusement il laisse une famille à la merci d’une vie encore plus précaire.
Un autre de nos collègues agent de sécurité de PHOENIX en est venu aux mains avec le DIRECTEUR GENERAL de l’entreprise de SECURITE qui l’emploie. Ce dernier, qui en est à plusieurs altercations avec des employés, est connu pour le peu de respect et de considération qu’il a pour ses travailleurs, malgré que ses entreprises soient parmi les trois plus grandes entreprises de sécurité privée au SENEGAL. L’AGENT qui assurait la sécurité de son domicile a été injurié de mère par son patron, en des termes que la correction nous empêche de répéter. IL s’en est suivi d’une bagarre qui aurait pu se terminer par un drame, n’eut été le sens de retenue de l’agent. Le meilleur de tout ceci est qu’il nous été rapporté photos et film à l’appui que des individus (lutteurs) auraient été recruté par la direction de VIGASSISTANCE pour se protéger des réactions de mécontentement d’agents dont les salaires n’avaient encore été versés.







Malgré tout, après trois ans de négociation, nous avons bon espoir de voir terminer le processus d’élaboration de la CONVENTION COLLECTIVE DES METIERS DE LA SECURITE PRIVEE AU SENEGAL, en dépit de la volonté de certains patrons de bloquer et de saboter le processus, car le GOUVERNEMENT DU SENEGAL a convoqué la commission paritaire mixte dont le SY.NA.CO.FAS est membre, le 15 NOVEMBRE 2018 prochain, pour terminer les discussions sur les barèmes de salaires dans le secteur de la sécurité privée.
Raison de plus pour le SY.NA.CO.FAS d’être encore plus engagé pour de meilleures conditions de vie et de travail pour les travailleurs de la sécurité privée au SENEGAL ET DANS LE MONDE.

Le SECRETAIRE GENERAL
JEAN LEOPOLD GUEYE FACEBOOK jean Léopold Gueye //// SYNACOFAS

Les Premiers ministres Justin Trudeau et François Legault visitent incognito les services de l’ambassade du Canada à Dakar, au Sénégal

 

      LES PREMIERS MINISTRES JUSTIN TRUDEAU ET FRANÇOIS LEGAULT

      VISITENT INCOGNITO LES SERVICES DES VISAS DE L’AMBASSADE DU

      CANADA À DAKAR, AU SÉNÉGAL.

 

    Au nom des sans voix et pour un enfer plus climatisé, un reportage d’Amadou Lamine Sall,

                         poète, lauréat des Grands Prix de l’Académie française.

 

Nous sommes le mercredi 29 août 2018. Il fait une canicule à Dakar, capitale du Sénégal. Incapable durant des jours de trouver sur le site indiqué par le Service des visas canadiens, les formulaires indispensables pour toute demande de visa d’entrée au Canada, nous y arrivons enfin, en croyant avoir trouvé le bon fichier. Les formulaires remplis, nous partons au « Centre de Réception des Demandes de Visa » situé au quartier des « Almadies ». Dépôt aussitôt rejeté, puisque les formulaires téléchargés sur le site officiel sont obsolètes, nous dit-on ! Que faire alors ? Réponse: -Cherchez et téléchargez le bon fichier !- Il fut impossible de trouver sur le site indiqué les nouveaux formulaires ! Renseignement pris, le gardien sénégalais préposé à la sécurité nous indiqua une adresse, à deux jets de pierre du bâtiment, où se trouvait une équipe qualifiée pour nous télécharger sans risque le bon formulaire et de nous le remplir avec l’expérience requise. Sans tarder, nous partîmes consulter cette équipe. Il y avait du monde qui attendait en ce mercredi du 29 août 2018. Nous fîmes la queue, mal assis dans une petite baraque torride ou seul un ventilateur pendait juste au dessus de la tête du monsieur qui officiait ! Les visiteurs, eux, étaient laissés à la merci d’une chaleur effroyable ! Quitte à attendre et à souffrir, nous attendîmes sagement notre tour. Au bout d’une heure d’attente, on nous tira de l’ordinateur des formulaires bien remplis. Au vu des documents délivrés, nous nous rendîmes compte qu’il était quasi impossible de trouver et de remplir tout seul autant de paperasses indigestes! Les questions auxquelles il fallait répondre défiaient tout entendement. Non seulement toute votre vie intime était fouillée dans les moindres détails mais celles de vos géniteurs également, mêmes morts. C’était la règle. Le Canada impose des formulaires sans issue, sortis d’un esprit soupçonneux et agressif ! Nous remerciâmes les jeunes sénégalais qui avaient fait de cette petite et misérable baraque leur bureau où trônaient deux ordinateurs et une imprimante asthmatique  Le prix à payer pour le service rendu s’élevait en monnaie locale à 10.000 FCFA, 15,38 euros, 10,24 dollars. Ce travail qui consistait à vous remplir votre dossier de demande de visa, à deux pas du Centre des visas canadiens, était une belle trouvaille ! Tant mieux, s’il aidait de jeunes sénégalais à gagner leur vie, en espérant qu’il n y avait pas un diable de malin Sénégalais ou d’expatrié Blanc se remplissant les poches, « derrière eux », selon la vilaine formule !









Restait à aller verser à la banque -la BICIS-, à deux pas de là, la somme de 41.500 FCFA, 63 euros, un peu plus de 42,52 dollars. C’est coûteux ! Reçu de versement dans le compte de l’Ambassade du Canada en main, retour au Centre des visas. Fouille à l’entrée. Téléphone mobile  «confisqué». Enfin, accès dans le saint des saints. Les agents Sénégalais qui nous reçoivent sont fort aimables. Nous ne voyons aucun expatrié canadien. Partout des Sénégalais face à des Sénégalais. C’est bien joué ! S’il faut s’engueuler, on s’engueulera entre nègres ! Nos formulaires furent scrupuleusement vérifiés. Le dossier était recevable. -Vous avez des photos avec vous ? – Oui, les voici – . Vérification faite, elles n’étaient pas conformes. – Il faut aller vous faire re-photographier, car vos clichés ne sont pas bons ! – Parfait Monsieur, nous nous exécutons! – Nous  repassâmes 45 minutes plus tard, remettre les bonnes photos. L’aimable préposé Sénégalais à la vérification de conformité du dossier de demande de visa canadien, nous demanda d’aller nous asseoir et d’attendre. Cinq minutes après, une aimable dame nous fit signe pour venir la rejoindre. Elle tapota sur le clavier de son ordinateur. Puis elle nous demanda de payer en monnaie locale 1500 FCFA,  2,30 euros, 1,53 dollars.  – Madame, nous avons déjà payé 42,52 dollars pour frais de visa. Cela ne suffit-il pas ?  – Non, répondit-elle, mais la biométrie aussi se paie. – Nous payons ! Elle ne nous remit pas, par contre, un reçu auquel, en principe, nous avions droit. Ensuite, elle nous indiqua gentiment un monsieur -enfin un expatrié canadien- et nous demanda d’aller se présenter à lui. Ce que nous fîmes. Sérieux et solennel comme un garde républicain, il nous dit: -Lisez ceci pour prendre connaissance de vos droits -! Nous lisons le fascicule plastifié. Pour lui montrer à notre tour que nous étions bien sérieux, nous prîmes le temps de tout lire. Nous sentions sa surprise, pour le temps que nous prenions de lire le document dans son intégralité. Sans être dupes, nous savions que sur 50 demandeurs de visa à qui ce document était remis, à peine quarante neuf ne prenaient pas le temps de le lire intégralement. Nous lui retournâmes son fascicule, avec un sourire en cadeau. Il nous invita aimablement à prendre nos empreintes digitales des dix doigts, si notre mémoire est bonne. Nous eûmes même peur qu’il nous demandât onze doigts. Il nous plaça devant un objectif et prit des photos. Fin de parcours d’une matinée d’enfer avec l’administration canadienne à Dakar!

Un ticket abondamment codé et chiffré nous fut remis. On nous dit: – Monsieur, vous attendrez d’être joint sur votre adresse électronique pour venir récupérer votre passeport -.

 

Nous sommes le 12 septembre 2018. Depuis le 29 août, notre demande de visa avait été introduite et toujours pas une convocation depuis 14 jours. Notre départ approchait. Depuis le Québec, les organisateurs nous joignaient chaque jour pour s’enquérir de l’état de notre demande de visa, car plus le temps passait, plus le billet d’avion devenait plus coûteux et les dates fluctuantes. Nous leur avons alors indiqué que nous renoncions au voyage, car un visa ne valait pas tant de peine et qu’un ami, sur place, irait nous représenter à la cérémonie de remise du Prix que le Québec nous décernait par le Festival international de poésie de Trois-Rivières ! Nous avons été tant de fois au Canada, que nous pouvions, cette fois-ci, ne pas y retourner ! Jusqu’ici, la seule réponse par courriel du Service des visas Canadien demeurait une réponse automatique, invariablement formulée: [Si l’information est disponible sur nos sites OU que l’étude de votre demande se déroule dans les délais, nous ne répondrons pas à votre demande].On ne pouvait pas être plus clair, plus distant ! En somme tout était verrouillé. Même en urgence, vous ne pouviez ni voir, ni interroger, ni parler à personne. Voilà le circuit du visa canadien dans toute sa froideur, sa stupéfiante inhumanité ! Il serait intéressant de savoir ce qui se passe dans les consulats de nos « parents » Européens ! Tout n’y serait pas non plus rose !

Il y a urgence que Messieurs les Premiers ministres Trudeau et Legault mettent en place une commission de révision totale des procédures glaciales et meurtrières de demande de visa imposée aux ressortissants africains. Le devoir du Canada-Québec serait plutôt de bâtir une politique de proximité et d’ouverture intelligente, pour sauvegarder son image. Aucune politique d’immigration, quelles que soient ses contraintes, ses mesures de protection et de sécurité économique, ne devrait nous éloigner d’une approche humaniste et civilisée !

 

Très soucieux du retard de la délivrance de notre visa, nous sommes allés directement à l’Ambassade du Canada, située près de l’Assemblée nationale du Sénégal. Nous expliquâmes notre malheur. Réponse des agents Sénégalais à l’accueil: – Allez sans tarder voir auprès du Service Annexe non loin d’ici. Vous leur expliquerez votre situation. – Arrivé à destination, nous attendîmes dehors, en plein soleil, sans abri, près de 45mn. Nous accédâmes enfin à l’intérieur de l’Annexe. Derrière, croulant sous des enveloppes, un admirable agent Sénégalais nous écouta longuement. Puis, il nous affirma que malgré le long temps d’attente, notre date de voyage était encore couvert par le temps requis pour délivrer le visa. Nous accusons le coup. Il était difficile de lever la voix devant l’élégance et la politesse  de ce Monsieur!

 

Nous sommes le samedi 22 septembre 2018. Sur notre téléphone mobile vient de s’afficher un message que nous attendons depuis «un siècle»: – Votre passeport a été transmis du bureau des visas canadiens le 20 septembre 2018, au Centre de Réception des demandes de Visa Canadien. – Le lundi 24 septembre, 14h, nous nous présentons auprès dudit Centre. Nous trouvons du monde. Des ventilateurs brassaient l’air chaud sous une tente clémente. Nous nous présentons à notre tour au guichet pour la remise, enfin, de notre passeport. – Monsieur, votre passeport n’est pas encore arrivé dans nos services. – Nous faillîmes nous évanouir ! Alors, contenant poliment notre rage, nous tendîmes le contenu du message officiel qui nous convoquait à venir retirer notre passeport. – Oui, Monsieur, mais il n y a rien ici.-  Que faire alors ? Réponse: « Retournez au 226 de la rue Émile Zola, au centre ville d’où vous venez, et voyez avec l’Annexe de l’Ambassade du Canada si votre passeport n’y est pas. Ici, il n y a rien, malgré le message que vous avez reçu. » Ne sachant plus à quel « Service Canadien» nous vouer, nous repartîmes vers le centre ville de Dakar. Arrivé au n° 226, nous  rendîmes compte aux vigiles postés devant la porte de notre déconvenue. -Patientez, nous allons nous renseigner.- Nous restâmes dehors, sous la chaleur. Trente minutes passèrent. Le vigile sortit enfin et aimablement nous murmura: – Monsieur, ils ont vérifié, mais votre passeport n’est pas ici. Ils ne doivent pas vous dire que votre passeport est ici alors que le Service dit qu’il l’a bien envoyé chez eux-. Nous  tombions  des nues ! Comment pouvait-on travailler dans un tel désordre dans les Services d’une Ambassade et pour le pays qu’ils représentaient ? Et pas un expatrié canadien, un chef ou petit chef, à qui parler. Tous cloitrés et barricadés dans leur bureau, au frais ! Comment s’adresser à des vigiles ? Quoi leur expliquer, en plus qu’on les voyait craintifs, ces pauvres que l’on pourrait virer pour la moindre faute ? Nous décidâmes de résister et de ne pas quitter les lieux, tant que nous n’avions pas une réponse de ce qu’était devenu notre passeport !

Au bout d’une interminable attente et des échanges de coup de téléphone « entre le Canada des Almadies et le Canada de la rue Émile Zola », pour le dire de cette manière, on nous fit savoir que le passeport avait été enfin retrouvé au Centre de l’Organisation internationale des Migrations, le Centre d’où j’étais parti. Soumis à 26 jours de procédures, de labyrinthes, d’impasses, de silence, de frustrations et de dépit, c’était la fin d’un parcours d’enfer invraisemblable digne d’une série noire ! Nous sommes sortis en pièces détachées de cette demande de visa canadien, pour le dire ainsi et moins fort. Nous étions si étonnés, si secoués, si surpris par tant de cloisonnement, de tâtonnements et d’amateurisme d’un si grand et beau pays !

 

Nous aimons le Canada. Nous chérissons du fond du cœur le Québec. Nous y comptons partout des amis chéris. Nous avons une très grande admiration pour ce que les poètes et hommes de culture du Canada-Québec, ont apporté au monde! Ce pays là ne peut pas continuer à donner ce visage triste et sidérant à travers ses représentations à l’étranger chargées de la délivrance de visas. Nous n’avons rien contre ces pauvres fonctionnaires expatriés canadiens qui ne font, finalement, que le boulot qui leur est dicté. D’ailleurs, on ne les voit jamais, on ne les entend jamais. Ce sont des anonymes enfermés dans leur bureau, devant leur machine, et qui rentrent tranquillement à la maison le soir. Leur niveau de culture africaine et leur niveau intégration ? Jugeons avec imprudence, qu’ils devraient être sans doute beaucoup trop faibles pour le plus grand nombre, presque inexistants, pour leur en vouloir. Et puis, la vérité, est que ce sont bien « les en-haut de en-haut » à Ottawa et Montréal, qui, politiquement, décident ! Cette façon d’administrer doit changer !

 

Les Africains, et c’est un peu dans leur culture, se sont donnés et le bonheur et le risque d’essaimer de par le monde, de voyager, d’aller connaître et pénétrer les autres cultures et civilisations, en sachant que toutes les cultures sont belles et qu’elles sont à respecter. Ils ont fait sien ce que Senghor aimait répéter: « Quand deux peuples se rencontrent, ils se combattent souvent, mais ils se métissent toujours ». Et puis, le grand homme de culture Jean d’Ormesson n’avait-il pas écrit de manière provocatrice ceci: « Nous sommes tous des Africains modifiés par le temps » ? Et nous ajoutons, nous, avec un sourire figé: il est temps que l’Afrique soit modifiée par ce temps qui a modifié tous les autres. L’Afrique des abominables dirigeants politiques, s’entend !

 

Nous, nous avons appris à connaitre le Canada-Québec, c’est à dire ce qui distingue cette confédération à l’étranger et de par le monde, surtout notre cher Québec. Cette confédération a connu des hommes politiques historiques comme le papa de l’actuel Premier ministre du Canada: le charmant et futé « Trudeau junior ». Comme ses merveilleux artistes inoubliables que le Sénégal a accueillis, dont Marie Denise Pelletier et Éric Lapointe, au-delà de la diva Céline Dion que nous espérons voir un soir au pays de Wassis Diop, Youssou Ndour, Baba Maal et l’apaisant Ismaël Lô. Nous n’oublierons pas d’omettre cette suavité du parler québécois avec cet accent chantonnant qui vous brosse la gorge, l’audace et la créativité de ses vibrants  poètes qui ont donné à cette belle femme qu’est la langue française, des enfants de l’oxygène.  Nous n’évoquerons pas ici la Francophonie, cette fille si belle et si malade, cette fille où nous avons si mal ! Cette confédération du Canada-Québec qui abrite tant de fils valeureux, Jean-Louis Roy et Gaston Bellemare sont à citer, n’a pas le droit de ressembler à cette froide misère culturelle et humaine découverte dans sa glaciale administration des visas !

 

Nous avons beaucoup hésité à écrire et à publier ce reportage. Mais nous le faisons pour ces milliers de demandeurs de visas en Afrique qui n’ont pas de voix. Nous le faisons pour le respect et l’affection que nous avons pour le Canada et le Québec. Il est difficile de se taire quand des murs se lèvent et que personne ne veut les voir. Nous n’avons cherché à blesser personne, à nuire à personne. Nous cherchons à construire des ponts. Nous cherchons des cœurs où habiter. Nous sommes des chercheurs d’espérance. Espérons que nous ne sommes pas venus frapper à des portes closes qui ne s’ouvriront jamais. Un proverbe africain nous dit « que l’on ne peut pas raser la tête de quelqu’un, en son absence ». Voilà pourquoi les deux Premiers ministres du Canada et du Québec ont été invités à nous accompagner dans cette recherche de visa.









Dans les pays supposés développés, on entend toujours dire qu’il n’y a même plus d’eau à boire en Afrique. Qu’il n’y a que la misère à boire. Et voilà que nous découvrons par nous-mêmes que ses pays supposés riches du Nord ont une misère plus terrifiante encore à boire que l’Afrique ! Les enfants de l’Afrique qui la  quittent ne la quittent pas parce qu’elle est pauvre  -elle est trop féconde pour être pauvre- mais parce qu’elle est plombée par ses dirigeants politiques qui dévalorisent son image et la mettent à genoux avec le soutien de l’Occident qui y trouve son compte ! Le Canada-Québec ne peut plus se permettre de nourrir un système bloqué sur lui-même. Il est grand temps d’agir, de réformer, d’humaniser sans perdre de sa sécurité et de son indépendance. Le Canada-Québec a une histoire, puis il a créé une histoire. Il doit créer un nouvel humanisme et non se « tribaliser » ! Nous savons tous que cette confédération est née, dans son histoire, d’un prodigieux métissage. Il y a des millénaires, d’abord des Amérindiens, les 1ères nations comme on les nomme aujourd’hui. Puis vinrent des Français, des Britanniques, des vikings, des Normands, des Basques, des Portugais, des Vénitiens. C’est bien cette multiculturalité qui a fondé le « pays de Canada » !









Gardez cette richesse, Messieurs Justin Trudeau et François Legault, car la chance et le miracle vous sont donnés de  diriger de  beaux, très beaux peuples ! Détachez votre part de continent de cette fosse commune nauséabonde qui, pour l’instant, vous entoure, en attendant le retour d’une Amérique, d’une grande Amérique éternelle et toujours admirable quand elle se souvient et qu’elle redevient elle-même!

 

C’est une amie, une grande poétesse de chez vous, Nicole Brossard,  qui écrivait ceci de joli et de si vrai:  « Le futur a des yeux de femme ». Oui, pour nous le Canada-Québec a des yeux de femme ! De grâce, ne les crevez pas !

 

Amadou Lamine Sall

poète, humble et respectueux citoyen africain demandeur de visa

 

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Déclaration de la Coordination des mouvements et associations islamiques du Sénégal relative à des propos et vidéos indécents à l’encontre de la communauté mouride au Sénégal

Déclaration de la Coordination des Mouvements et Associations Islamiques du Sénégal relative à des propos et vidéos indécents à l’encontre de la communauté Mouride au Sénégal

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux le Très Miséricordieux Louange à Allah, c’est de lui que nous cherchons appui.

Que la paix et le salut d’Allah soient sur le Prophète Mouhammad fils d’Abdallah, sur sa famille et sur tous ses Compagnons.







C’est avec amertume et regret que la Coordination des Mouvements et Associations Islamiques du Sénégal a été informée de l’existence de vidéos diffusées par un web TV de la place dans laquelle la communauté Mouride du Sénégal est tournée en dérision, à travers une série de reportages appelée « Wadial Magal ».

Sur ce, la Coordination des Mouvements et Associations Islamiques du Sénégal déclare ce qui suit :

1. Il est inconcevable dans un pays comme le Sénégal, donné en exemple partout dans le monde pour son harmonie et sa cohabitation pacifique, que des gens se lèvent pour agir de sorte à ternir cette image ;

2. Les communautés religieuses toutes obédiences confondues et organisations islamiques qui composent le Sénégal, méritent respect et déférence de la part de tous, pour le rôle oh combien important qu’elles jouent, dans le développement humain et social, la stabilité et la cohésion nationale.

3. La liberté d’expression n’étant pas synonyme d’anarchie, les autorités publiques sont interpellées en toute responsabilité et avec intelligence à mettre fin à ses dérives condamnées fortement par les organisations islamiques du Sénégal.

Aussi, il leur est demandé de communiquer dans ce genre de situation en toute responsabilité, et d’éviter les amalgames et insinuations hideuses et non fondées.

4. La Coordination des Mouvements et Associations Islamiques du Sénégal en condamnant ces attaques injustifiées, appelle l’ensemble des compatriotes à faire preuve de retenue et de dépassement pour ne pas tomber dans le piège de la violence que cherchent désespérément à nous imposer des groupes tapis dans l’ombre qui n’ont pour objectif que d’embraser le Sénégal, au moment où on y parle de gaz et de pétrole.

5. La Coordination des Mouvements et Associations Islamiques du Sénégal appelle tous ses membres, sympathisants et affiliés au respect de l’ordre

social du pays, et de ne points verser dans les invective et les offenses, choses interdites par le Coran et la Sunna, même envers les non musulmans, ne parlons pas de musulmans, frères et sœurs dans la foi, et de surcroit compatriotes.

6. Elle sollicite de la part de l’ensemble des chefs religieux d’agir de la sorte envers les disciples afin de préserver la paix et l’harmonie dans notre pays.

Le Sénégal nous appartient à tous et nul n’a le droit d’y semer le désordre.








Ont signé:

1. Le Mouvement Al Falah pour la culture et l’éducation islamique;

2. la Jamaatou Ibadou Rahmane(JIR);

3. L’Association Daroul Istikhama pur l’éducation et le développement;

4. Le Rassemblement Islamique RIS AL WAHDA.

La crise dans les partis politiques au Sénégal et en particulier au sein de ceux de la gauche.

En vérité, il y a actuellement, une absence ou perte de repères pour tous les partis politiques du Sénégal. Ce qui a conduit notre pays dans cette situation lamentable et malheureuse qui fait que la politique, comme l’homme politique en général, est dégradée et dévaluée au bas de l’échelle par une bonne partie de la population. Et pourtant, la politique est incontournable dans la vie des sociétés humaines. Oui, parce que l’essence comme le but fondamental et la quintessence de la politique sont aujourd’hui faussés et royalement ignorés au Sénégal. Ainsi, plus de source idéologique d’inspiration pour les familles politiques présentes sur la scène politique au Sénégal. Et, l’on peut dire sans risque de se tromper ou d’être démenti, que presque tous les politiciens, en lieu et place de la politique dans le vrai sens du terme, font de la débrouillardise (taxaalé). Et certains, pour s’en sortir, en fins hâbleurs, s’appuient sur leur éloquence pour tromper leur monde quant à d’autres usent de leur ruse pour trouver place au soleil.








Les partis de gauche aussi ont, effectivement, perdu leurs repères, lorsqu’ils ont abandonné les fondamentaux qui les caractérisaient, faisaient leur force et différence avec les autres en conséquence, leur identité remarquable. Ces partis avaient et ont une mission fondamentale, parmi tant d’autres, à savoir de se constituer comme un détachement de forces politiques progressistes et organisées au service des masses populaires déshéritées, en participant et appuyant toutes les justes luttes aux côtés des travailleurs. Une telle mission n’est plus de mise car, elle n’est ni assumée ni assurée par les partis et syndicats de gauche. Sinon, elle ne l’est que théoriquement. Et, parmi ce qui, fondamentalement, manque aux organisations de gauche, nous pouvons citer particulièrement : la discipline de fer, la franche camaraderie qui renforce l’unité du parti, le centralisme démocratique qui, à vrai dire, fut plus centraliste que démocratique, mais était utile dans certaines situations ; la solidarité entre camarades dans les épreuves difficiles, comme par exemple, un pour tous et tous pour un. Ensuite, l’on avait à la tête des partis politiques des leaders, à la hauteur des tâches confiées, qui étaient humbles, respectueux et désintéressés des questions matérielles, d’argent et de luxe. En outre, ils furent des guides clairvoyants avec une oreille attentive, à l’écoute de tout le monde, sans parti pris d’aucune sorte, tranchaient avec justesse les questions ou par consensus à la place de votes. Ils furent loin de certains chefs suffisants, dirigistes et à la pensée unique, caractéristiques propres aux dirigeants libéraux, suivez bien mon regard. A cela, s’ajoutait une formation, idéologique et politique, très solide des militants, en vue de disposer d’assez de cadres à tous les niveaux donc, aptes à assurer la relève pour le futur, etc.
Moralité : il est vrai, la gauche sénégalaise renferme beaucoup d’individualités, fortement attachées aux valeurs de gauche, mais dont certains sont hors des partis politiques organisés. Elle a perdu les dirigeants de partis qui ont dilué leur vin et ne sont plus à la hauteur de gérer convenablement les ambitions légitimes, des militants qui se réclament des idées et valeurs de gauche à leur satisfaction et sont disséminés à travers notre pays. Sans exagérer ou vouloir sous-estimer les actions que mènent, présentement, les partis dits de gauche, il faut dire qu’ils sont à la remorque. Et, ces derniers, si réellement, ne se voilent pas la face, devraient savoir et se rendre compte qu’ils sont hors du champ ou passent à côté des véritables préoccupations des populations sénégalaises qui aspirent à connaître les conclusions des Assises nationales et des recommandations de la CNRI.
En vérité, la plupart de ces partis de gauche ont, soit servi hier, le régime socialiste soit ils sont de 2000 à nos jours au service des libéraux. Par conséquent, ils ont été au total, plus au service des socialistes et libéraux, certes, à des degrés divers, qu’au service et à la cause des objectifs de leur famille politique, la gauche. On peut dire, objectivement sans risque d’être démenti, que des partis de gauche désertent parfois le terrain de lutte des justes causes, au profit de ceux du pouvoir, pour les servir, consciemment ou inconsciemment, d’escaliers pour accéder au pouvoir. Cependant des erreurs pareilles leur ont effectivement coûté des pertes énormes d’adhésions, de sympathies et des départs de militants de valeur, ce qui par voie de conséquence impacte négativement de façon considérable en terme de voix électorales. Et, comme dit l’adage : « ku waac sa and and bo dem fek fa borom. » C’est pourquoi, il est curieux et franchement inexplicable, inacceptable, inadmissible et paradoxale de constater que les partis de gauche, dans leur écrasante majorité refusent ou dédaignent de former une coalition entre eux, en un bloc compacte et homogène, composé que d’éléments convaincus de la gauche. Un bloc, expérimental, dans lequel ils pourraient associer et mutualiser leurs forces pour aller ensemble à des élections, sous leur propre bannière, la gauche. Et plutôt, d’accepter avec une facilité déconcertante, j’allais dire docilement, de s’arrimer derrière ou sous la direction des socialistes hier et aujourd’hui des libéraux, pour la participation à toute sortes d’élections. Mais, cette attitude pusillanime des partis qui se réclament de la gauche sénégalaise ne signifie-t-elle pas, un manque de confiance totale en la gauche et ses forces réelles ?
Étonnamment, même les occasions, pourtant, pertinentes et favorables à leur regroupement en une forte union qui leur ont été offertes pour aller vraiment ensemble, ils les ont rejetées, pour des raisons obscures dont ils sont, à ce jour, incapables de dire le pourquoi. Je pense aux occasions comme les Assises nationales et la Confédération démocratique pour le socialisme (CDS) deux espoirs qui étaient à leur portée. Surtout, la CDS, un cadre qui, logiquement, si ses initiateurs étaient cohérents et conséquents avec eux-mêmes, devait servir de test pour une coalition électorale de gauche en direction des élections survenues après sa création. Mais hélas ! Malheureusement, tel ne fut le cas. Là aussi, ce que l’on peut noter ou déduire de leur attitude incompréhensible, c’est leur absence de confiance manifeste aux organisations qu’ils créent et dirigent eux-mêmes. Aujourd’hui, la CDS se révèle incontestablement inutile, parce qu’elle est paralysée et incapable de jouer le rôle qui lui était véritablement dévolu, c’est-à-dire de pouvoir sortir les partis de gauche de leur isolement, morosité ou traumatisme, qui font d’eux des politiciens insignifiants ou d’éternels handicapés à pouvoir élire leurs propres militants.








Cependant, pour la CDS, dans une large mesure la crise était prévisible dès sa naissance, car, le ver était déjà dans le fruit. En effet, la Confédération démocratique pour le socialisme est née avec un handicap congénital majeur, à savoir un mélange de genres incompatibles qui se rejettent donc, de l’incohérence et de contradictions internes. Au départ, l’idée initiale ou le projet était la création d’une organisation essentiellement de gauche qui ne regrouperait que des partis de gauche et individualités de gauche non organisées dans des partis. Mais, à l’assemblée constitutive, étaient présents d’autres courants politiques, autres que ceux de la gauche. Et ces derniers, ont pesé fortement de leur poids pour dévier l’objectif initial de cette assemblée. Ainsi, avec des compromis à n’en plus finir, l’on finit très souvent par dévier de l’objectif premier. C’est ainsi que, ceux qui, initialement, n’étaient nullement concernés, parce que c’était une affaire propre à la gauche, ont manœuvré ferme et réussi à enlever toute connotation de gauche et le terme gauche de la confédération naissante. La CDS, un mort-né quasiment ou qui a peu vécu, ne pouvait avoir qu’un bilan nul. Et son fonctionnement aussi ne pouvait que pêcher, parce qu’il est fondé sur le principe du consensus. Dès lors, comme les autres tentatives de regroupements de la gauche qui l’ont précédée, la mort de la CDS est aussi programmée pour bientôt.
Au total, après avoir bien observé la scène politique chez nous, je constate avec amertume un recul dégradant en matière de pratique politique dans les règles de l’art au Sénégal. Ainsi, au regard de la réalité que nous observons sur le terrain, la politique ne se pratique plus avec une conviction profonde, adossée à des idées nobles génératrices de progrès et de développement global ou une philosophie qui en tiendrait lieu, mais à travers des manifestations folkloriques, dithyrambiques au cours desquelles les plus rusés et osés à faire des promesses farfelues et démagogiques, coupées de la réalité, etc. tiendront les rênes. Par conséquent, une pratique politique, totalement, aux antipodes de son essence et de celle fondée sur une idéologie ou doctrine politique, parfaitement bien élaborée, pour ne pas dire scientifiquement, pensée. Notre arène politique est devenue celle des « singes », expression en wolof (lambi goolo ku man sa morom dumëu).
Voilà pourquoi, cette question de leadership politique est une problématique se pose avec acuité et en permanence non seulement au Sénégal, mais aussi dans toute l’Afrique. Ainsi, trouver aujourd’hui, sur la scène politique de notre pays, des dirigeants et des militants de partis en général et de gauche en particulier, à la hauteur des qualités soulignées plus haut, est devenu la croix et la bannière ou, chercher une aiguille dans une botte de foin. Et, si nous tenons compte des défections incontestables de dirigeants de partis de gauche depuis la première alternance en 2000, une tendance qui s’accroît d’ailleurs au fil du temps, nous ne pouvons pas réfuter catégoriquement, l’idée selon laquelle, certains dirigeants de partis de gauche ont, effectivement, succombé à l’attirance des délices du pouvoir et, été happés par celui-ci. Un comportement qui semble correspondre à l’adage qui dit : « li bëut bëggë la bar bëggë », ce qui n’est pas loin d’un partage du gâteau.
En paraphrasant, on peut conclure que : la gauche ne signifie en réalité, rien d’autre, que l’expression des valeurs de progrès économique, social et culturel pour la défense de la justice sociale et des libertés démocratiques collectives et individuelles des populations.
La Gauche sénégalaise doit se convaincre à présent et, une bonne fois pour toutes, que le président Macky Sall préfère de loin, se retrouver avec sa famille politique, des libéraux, que d’être en compagnie ou de s’encombrer par défaut, avec une partie d’une gauche qui a perdu son chemin ou en perte de vitesse. Et ce compagnonnage, de Diouf en passant par Wade et Sall, dans lequel la gauche est, toujours et largement, perdante, politiquement, moralement et socialement. Pour Macky Sall, ce compagnonnage, c’est juste, pour lui, faute de n’avoir pas encore pu réaliser son rêve, à savoir réussir les retrouvailles en gestation de la famille libérale. C’est clair, comme l’eau de roche et, il l’a bien exprimé.








Alors, il me semble qu’il est temps pour la gauche sénégalaise de faire à présent son bilan exhaustif courageusement et sans complaisance ou ses états généraux. Et ensuite, qu’elle prenne, à la place de tous ses atermoiements et hésitations infinis, ses responsabilités devant l’histoire pour partir enfin du bon pied, en toute autonomie et indépendance, avec ses propres armes, c’est-à-dire les valeurs de gauche, qu’elle prétend incarner. Cette ultime étape devrait, être l’occasion de se rassembler fortement et solidement, pour mettre fin à cette dispersion infantile, en une force majeure de gauche, capable de jouer sa partition dans la scène politique nationale. Toute autre voie que celle-ci ne serait que du verbiage inutile, perte de temps, d’énergie et même d’intelligence encore, qui retarderait la juste et idoine solution des problèmes de la gauche sénégalaise. A bon entendeur Salut.

Article au goût du jour, l’actualité obligeant.

Mandiaye Gaye
Mandiaye15@gmail.com
Dakar le 25 octobre 2018

Contrats pétroliers, gestion AIBD: ces contrats qui profitent aux étrangers et font perdre 400 milliards par an au Sénégal

YERIMPOST.COM Les dispositions du code pétrolier et de son décret d’application ont été violées par le chef de l’Etat et son Premier ministre à travers la signature de contrats, notamment pour Rufisque Offshore. Thierno Alassane Sall (TAS) en dit davantage, affirmant que ces contrats pourraient faire perdre au Sénégal 400 milliards de francs cfa par an. « Je peux l’affirmer de manière catégorique et définitive, les secteurs stratégiques de notre pays sont en train d’être confiés à des intérêts privés étrangers dans des conditions qui défient les lois et règlements », a martelé le leader de la République des valeurs au cours de sa conférence de presse. TAS, qui avait convié la presse, a également abordé la gestion de l’aéroport de Diass confiée, selon lui, à Limak-Aibd-Summa sans appel d’offres, sans cahier de charges et dans des conditions qui, là aussi, violent le code des obligations de l’administration des marchés publics.







Birahim Seck, Forum Civil, aborde l’évasion fiscale et le blanchiment de capitaux au Sénégal

Birahim Seck, coordonnateur général du Forum Civil, est formel. Selon lui, beaucoup de sociétés privées échappent au contrôle fiscal au Sénégal. Birahim Seck présidait, hier, une session de renforcement de capacités des journalistes sur la lutte contre le blanchiment de capitaux.

Au moment où le Sénégal trône à la 8e place des pays ayant plus d’argent dans les paradis fiscaux, Birahim Seck tire la sonnette d’alarme à propos de sociétés sénégalaises qui échapperaient par ailleurs au contrôle fiscal.

Le blanchiment de capitaux n’épargne aucune contrée. Au Sénégal, le mal est bel et bien présent et touche toutes les sphères de la vie. Et, malgré la mise en place d’organes de contrôle, notamment la Cellule nationale de traitement de l’information financière (Centif), épaulée par le Groupe d’action intergouvernemental contre le blanchiment de capitaux en Afrique de l’ouest (Giaba), cette plaie infecte davantage le tissu social. Freinant, du coup, le développement du pays.

Pis, au moment où des entreprises se saignent pour payer des impôts, d’autres gérées par des gouvernants ou des proches du gouvernement échappent au contrôle fiscal. Une réalité déplorable qui creuse le fossé social.








Birahim Seck, Coordonnateur du Forum Civil: « Beaucoup de sociétés privées échappent au contrôle fiscal. Où on a des gouvernants qui disposent de sociétés qui gagnent des marchés de l’Etat. Et bénéficient financièrement des retombées économiques de leurs entreprises. C’est un conflit d’intérêt, parce qu’n’eu été leur position, ils n’allaient en bénéficier, rapporte l’Observateur. Pour Birahim Seck, les conséquences de ces insuffisances se manifestent dans les infrastructures dégradées, la corruption à grande échelle, mais aussi et surtout, l’accroissement de la pauvreté et des conflits.

(Avec Senegal7)

La vie politique au Sénégal: barbes, moustaches et calvitie

Depuis un certain temps, on assiste à un débat politique qui se déroule comme sur un ring : coups reçus, coups rendus. Personne pour le coup de gong.

On fouine, on renifle, on creuse le passé des gens pour en sortir un caleçon nauséabond à faire sentir aux sénégalais. Google en devient même fou !

Des photos, des déclarations, des positions …on cherche tout ce qui peut nuire. Et quand on trouve, on hurle « Eureka ! » avant de venir l’afficher sur les réseaux sociaux.




Ceux qui parlent d’économie, de programme ou de bilan, on ne les écoute plus. On zappe !

Pour être écouté ou suivi, il faut parler de personnes et de la plus vile des manières. Notre vie est devenue tellement insipide que l’on se nourrit de faits divers.

C’est ce qui a fait le lit de tout le succès des séries (téléfilms) et des émissions comme « Teuss » et « Xalaas ». Le sénégalais que nous sommes,  aime écouter et commenter le malheur des autres, surtout celui de ses compatriotes.

Là où nos politiques ont vraiment échoué c’est dans la construction d’une nation une avec un but et une foi. Ce commun vouloir de vivre ensemble n’a jamais pris. Nombreux sont les sénégalais qui, s’ils en avaient le choix, auraient changé de nationalité depuis belle lurette. Le peu qui en a eu l’opportunité n’a pas hésité.

Quand on est dans un pays à 54,6 % d’analphabètes, il faut savoir choisir ses sujets de débat. Sinon, bonjour la confusion et l’intolérance.

Comment comprendre que l’on passe notre temps à déblatérer sur le sexe des anges en voulant savoir si untel est de tel bord confessionnel ou de tel autre. Avant même de juger la confession de l’autre il faut d’abord s’assurer que Dieu a accepté la vôtre.

Heureusement que le tout puissant ne délivre pas de carte d’identité confessionnelle (CIC). Si c’était le cas, ces préposés à la patrouille, ces senseurs déclarés, seraient étonnés de contrôler des gens du livre dans des lieux de dépravation les plus mal indiqués les uns les autres (bar, boite de nuit, mbaarou thiaga…). Il faut arrêter !

Ceux qui veulent déstabiliser ce pays doivent être nos premiers ennemis. Pour cela on n’a pas besoin d’avoir une appartenance politique. Que ce soit Macky, Sonko, Idy ou un autre, sur ces questions ils doivent se liguer et parler le même langage. Le Sénégal vaut tous les sacrifices.




Ils ont essayé avec l’ethnie du Président ça n’a pas marché. Ils ont agité une rivalité « mouride/Tidiane », cela n’a rien donné. Aujourd’hui, ils sont en train de parler de barbe, de moustache et de calvitie.

Les réseaux sociaux sont devenus un danger car ayant fini de donner la parole aux derniers de la classe qui étaient utilisés que pour effacer le tableau et remplir les seaux.

Faire de la politique doit être un acte de noblesse qui accepte que l’on suive une autre route que sur laquelle on se trouve. Les discussions doivent faire abstraction des personnes et de ce qu’elles sont ou peuvent bien être.

Que ceux qui sont avec le Président nous parlent de bilan et de perspectives, et que ceux-là qui sont dans l’opposition nous entretiennent de programme et d’alternatives. C’est de cela dont on a besoin !

Aujourd’hui, Assane Diouf est en prison sans soutien ; Hélène Gaye a demandé pardon ; Aby Ciss, celle qui insultait les khalifes généraux, est tellement malade qu’elle pense voir la mort s’approcher. Dans ce pays quand vous êtes dans la bêtise, on peut bien vous soutenir mais quand vous tomber dans la galère on vous oublie. Heureux sont ceux qui le savent.




Le jour où le diable nous fera un clin d’œil à force d’être provoqué, l’on saura bien que Satan sait bien incendier un pays et le réduire en cendre.

Qu’Allah nous en préserve.

Sortez des caniveaux, Messieurs et Dames, et élevez le niveau !

Souleymane Ly

Spécialiste en communication

julesly10@yahoo.fr

Présidentielle 2019 au Sénégal: Quelle candidature pour une alternative au néocolonialisme libéral ?

Nous sommes à 7 mois de la Présidentielle du 24 février suivie des élections municipales. La scène politique du pays grouille déjà de prétendants anciens et nouveaux qui tous, à différents niveaux, se sont enrichis en participant aux pouvoirs néocoloniaux libéraux soumis à la domination impérialiste.




Quels sont les enjeux qui se posent aux antilibéraux, aux patriotes, aux panafricanistes, internationalistes et plus généralement à la gauche saine et non corrompue ?

Le pouvoir libéral APR/BBY prépare un coup d’état électoral

Confirmant le flagrant délit du putsch électoral chaotique des législatives 2017, Macky Sall a dès le lendemain rassuré son camp libéral en déclarant « vous avez fait du bon travail, la présidentielle j’en fais mon affaire ». Conscient qu’il lui faut coûte que coûte éviter un second tour qui lui serait fatal même contre un banc et ayant en mémoire le vol au premier tour de la présidentielle de 2007 au profit de son mentor d’alors A. Wade qui avait mis KO l’opposition, Macky Sall s’apprête donc à imposer son second mandat par tous les moyens imaginables.

Le référendum constitutionnel du waxeet des Assises Nationales, le parrainage, l’emprisonnement pour éliminer son concurrent social-libéral Khalifa Sall, la non prise en compte des décisions de la cour de justice de la CEDEAO, la honteuse grâce puis l’empêchement illégal de la candidature de Karim Wade, le refus de satisfaire les exigences de transparence sur l’ensemble du contentieux électoral, le renforcement des forces de l’ordre et les renouvellements des commandements, la mainmise renforcée sur la Justice et la presse, les difficultés d’obtention des cartes d’identité et d’électeurs, le rejet d’une Commission Nationale Indépendante à la place de la CENA, les déclarations sans gêne du ministre de l’intérieur annonçant la victoire avant le vote, la multiplication des candidatures sorties de nulle part sont les éléments du dispositif du coup d’état électoral pour pérenniser son pouvoir honni par le peuple.

L’opposition toutes tendances confondues a constitué le Front de Résistance Nationale (FRN) pour contrer les desseins malveillants de l’APR/BBY. Nous devons continuer et développer ce combat pour la transparence électorale en ne nous laissant pas divertir par les agissements confusionnistes des libéraux et sociaux libéraux qui tendent à réduire cette exigence démocratique à la bataille pour la « candidature » du condamné pour malversation du libéral Karim Wade ou du social-libéral Khalifa Sall.

Nous combattons la confusion entre le droit à être candidat et le blanchiment d’un condamné pour détournement de deniers publics par la Justice tout comme nous exigeons que le fait que Khalifa Sall doive rendre compte sur les « caisses d’avance » n’autorise pas de l’empêcher à être candidat sans oublier que tous les épinglés par les différents rapports dont certains sont ministres doivent aussi rendre compte à la Justice.

Continuer à frayer la voie à l’alternative antilibérale et patriotique contre l’alternance libérale




Deux alternances libérales PDS/APR/BBY et 40 ans de pouvoir social-libéral PS/AFP ont édifié le peuple que « changer les hommes au pouvoir, ce n’est pas changer la politique du pouvoir » et que finalement changer les hommes sans changer de politique condamnent au non-développement, à la pérennisation de la corruption, de la mal-gouvernance, des politiques libérales et du système néocolonial.

Ces expériences dans la douleur sont à l’origine d’un début de prise de conscience que « l’alternance » ne suffit pas et qu’il faut une alternative. Une partie de plus en plus importante de la jeunesse et du peuple est rentrée en rébellion contre la mal gouvernance libérale, c’est ce qui a produit les mouvements citoyens et politique comme Y en Marre, le M23, Pastef, France/APE/CFA/Auchan dégagent, et la mise en place pour les législatives de l’an dernier de la coalition Ndawi Askan Wi qui est donc un jalon de la jonction en cours entre la rébellion de la jeunesse éthique et techniquement experte dans la critique factuelle de la gestion patrimoniale libérale du pouvoir et la gauche saine en démarcation avec l’opportunisme vénal de ses chefs historiques. Cette expérience nouvelle est porteuse d’avenir.

Un certain engouement éthique se propage dans le pays et la diaspora pour l’alternative antilibérale, patriotique, panafricaniste et même anti-néocoloniale. « Moom Sa Reew », ce slogan historique lancé par le PAI et son Manifeste fondateur reprend progressivement le dessus sur les chimères de la « réussite » individuelle affairiste libérale dans un monde dominé par l’impérialisme prédateur et spoliateur. Même les commerçants subissent actuellement l’offensive des Firmes Monopolistes du secteur de la grande distribution qui se réorganisent en Europe et aux USA pour y développer la vente en ligne et délocalisent les grandes surfaces alliant vente en gros et au détail en Afrique. C’est le cas de Auchan et Carrefour.

Depuis la dévaluation du franc CFA en 1994 et en attendant la prochaine probablement vers 2020, les privatisations à un coût divisé par deux ont mis à la disposition des Firmes Monopolistes impérialistes tous les secteurs économiques de nos pays qui ne laissent à nos bourgeoisies locales au mieux que la place de sous-traitants exactement tout comme à l’époque colonial avec les « nègres sous-traitants » intermédiaires entre les paysans contraints à produire les cultures d’exportation au détriment des cultures vivrières.

Toutes les classes et couches sociales du pays sont confrontées aux effets dévastateurs de la servitude volontaire néocoloniale des libéraux et sociaux-libéraux qui gouvernent depuis 1960. Les bases politiques d’un large front patriotique pour l’alternative aux alternances libérales sont en train d’être réunies avec l’effondrement progressif des illusions idéologiques libérales et néocoloniales que le « développement est possible » avec la soi-disant « aide » des capitalismes-impérialistes étasuniens, européens, israéliens et japonais.

Toutes les classes et couches sociales commencent à toucher du doigt l’exigence de compter d’abord et avant tout sur ces propres forces et donc de la souveraineté nationale que la gauche historique a toujours combinée avec la souveraineté populaire. C’est là que gisent les bases sociales de l’alternative anti-libérale et patriotique contre le néocolonialisme prédateur qui féconde les milliardaires gestionnaires de l’appareil d’Etat et le pillage françafricain, eurafricain et usafricain.

Ecarter tous les candidats qui ont goûté aux délices de l’indignité vénale des pouvoirs libéraux successifs

Les candidats prétendants sont de plus en plus nombreux, la majorité d’entre-deux sont là pour faire diversion. Certains sont mêmes des agents doubles envoyés pour tenter de crédibiliser avec la multiplication des candidats le vol électoral que préparent l’actuel président libéral de l’APR/BBY.




En effet il faut écarter tous ceux et celles qui sont sortis des limbes de la prévarication après avoir baigné dans le marais nauséabond monnayé souvent en milliards de francs CFA des postes ministériels, de PCA, des nominations de sinécures, de conseillers, de secrétaires généraux, du foisonnement d’agences, des « transhumants » individuels et « partis transhumants-sédentaires » de la gauche historique selon l’expression pertinente d’un camarade de la LD Debout !? etc.

IL FAUT DONC DEJOUER LE PIEGE LIBERAL DES CANDIDATS DE LA VINGT CINQUIEME HEURE OU DES MEDECINS APRES LA MORT. SUIVEZ DONC MON REGARD CAR IL N’EN RESTE PLUS QU’UN QUI A LABOURE SON CHAMP PRESIDENTIEL POUR PORTER L’ESPOIR DE L’ALTERNATIVE AUX ALTERNANCES LIBERALES QUI FONT TANT DE MAL AU PAYS ET AU PEUPLE.

A bon entendeur salut.
DIAGNE Fodé Roland

8 août 2018

Au Sénégal, la Chine et le Maroc unissent leurs forces au grand dam du secteur privé national

La Chine et le Maroc vont s’allier pour le long terme au Sénégal, à la faveur d’un protocole d’accord liant la société China State Construction (CSCEC) et Attijariwafa bank.
Ledit protocole a été signé par Mohamed El Kettani, patron du groupe AWB, et Li Jiqin, directeur général des opérations internationales du CSCEC.
«Dans le cadre du protocole d’accord, les deux parties s’engagent à tirer profit de toutes opportunités commerciales ciblant des secteurs tels que les infrastructures, la construction et le développement immobilier, les contrats internationaux et les investissements au Maroc et dans les pays africains où le groupe Attijariwafa bank est présent», indique un conjoint.

Cette alliance entre la Chine et le Maroc ne va pas faciliter la tâche aux entreprises privées sénégalaises. Ces deux pays contrôlent déjà de grandes parts de marché au Sénégal dans les domaines des infrastructures et de l’immobilier.



Ghanem à Dakar: la Banque mondiale réitère sa confiance au Sénégal

YERIMPOST.COM Hafez Ghanem, vice-président de la Banque mondiale pour la région Afrique, est au Sénégal. Une audience avec le chef de l’Etat s’est tenue ce jeudi 13 septembre au palais. A sa sortie, M. Ghanem a révélé la hausse du portefeuille d’investissements de la Banque mondiale qui était jusque-là de 2 milliards de dollars. Un soutien qui contribuera à la réalisation de projets dans les domaines des infrastructures et de l’énergie.



Macky Sall piégé par un désir de Lamtoro du gaz au Sénégal (Mamadou Lamine Diallo)

Le 12 mai 2002, Macky Sall, Ministre des Mines, de l’hydraulique et de l’énergie, a violenté le Président de son bureau de vote pour voter sans sa carte d’identité aux élections locales, régionales, municipales et rurales. Ce fait extrêmement grave, qui aurait dû amener la justice à le condamner et lui enlever ses droits civiques et politiques a été passé en pertes et profits par Maître Wade qui a pourtant bien lu Emile Rousseau. Il a accoutumé Macky Sall à satisfaire facilement ses désirs croissants.



Le résultat est là. Celui qui aurait dû quitter la classe politique et exercer un métier de géologue de base est devenu Président de la République. Il rêve de devenir Lamtoro du Sénégal à la tête de la dynastie Faye Sall issue de l’alliance politique Fatick Fuuta France avec comme base économique nos ressources pétrolières et gazières.
Les Grands de ce monde de la frontière technologique qui lui rendent visite le confortent dans cette idée : le Sénégal est un futur géant des hydrocarbures de l’Afrique de l’Ouest. Le Professeur Moustapha Sourang de Touba en sait quelque chose.



Pour cela, il faut assurer la fermeture démocratique du Sénégal en préservant la façade ou la vitrine. Un plan bien pensé est mis en œuvre : renonciation aux engagements pris devant les Assises Nationales et le M23, référendum pour créer les bases légales de la confiscation du pouvoir, instrumentalisation de la justice pour neutraliser les opposants, domestication de la presse, infiltration de l’Opposition, division des partis politiques, corruption de la société civile et enfin pour couronner le tout, parrainage anarchique dit citoyen.
Macky Sall est soutenu par les binationaux tardifs qui ont profité de leur position dans l’appareil d’Etat pour chercher des nationalités étrangères. Ces derniers sont heureux lorsque la police réprime et humilie les leaders de l’Opposition. Dans ce combat, il faut isoler les binationaux tardifs, et repérer les candidats à la présidentielle sponsorisés par Macky Sall. Je me propose de mettre fin au présidentialisme autocratique. Et alors, rira bien qui rira le dernier.

Ousmane Sonko: « La méchanceté et la lâcheté ont un visage et un nom au Sénégal. »

YERIMPOST.COM Ci-dessous le texte du leader de Pastef…

Le 29 août 2016 il s’envolait pour le Kenya après avoir signé le même jour le décret de radiation de l’inspecteur des impôts Ousmane SONKO. Un mois plus tôt, le 25 juillet 2016, il prenait un décret pour mettre fin par anticipation aux fonctions de madame Nafi Ngom Keita présidente de l’OFNAC ;
– le 18 avril 2018 il s’envolait pour la France après avoir fait convoquer la plénière de l’Assemblée nationale pour une validation mécanique de son « parrainage ». Il s’y fera enfariner et humilier ;
– le 31 août 2018, il reprend les airs pour la Chine, après avoir signé son décret de tentative de confiscation de la volonté populaire qui a légitimé Khalifa SALL comme maire de Dakar : dernier acte d’une honteuse cabale pour la liquidation politico-judiciaire d’un adversaire craint.
Tout ou presque a été dit sur le caractère illégal, lâche et bêtement méchant de ces affaires qui ne sont qu’un échantillon non exhaustif dans le répertoire d’un homme obsédé par un second mandat et hanté par sa gouvernance nébuleuse. Plus lâche encore est cette propension à fuir le pays après y avoir instauré des tensions vives.
Un de ces jours, une de ces fuites sera sans retour.
Mais le plus inquiétant dans tout ça, c’est l’atonie et l’apathie des Sénégalais face au monstre hideux.


Ce qui a tué l’ambassadrice du Zimbabwé au Sénégal

YERIMPOST.COM Quelques jours après le décès de l’Ambassadrice du Zimbabwé dans sa résidence à Dakar, les résultats de l’autopsie sont connus. Trudy Stevenson est morte d’une inflammation du pancréas, d’après l’autopsie réalisée sur son corps, a renseigné le site bulawayo24.com repris par le journal Vox Populi.

Trudy Stevenson a été retrouvée morte dans sa résidence, sise aux Almadies, en fin de semaine passée. Elle était inanimée dans son lit, son dîner à côté d’elle. La dépouille mortelle de la diplomatie sera rapatriée au Zimbabwe.


Le scénario de Bamako et la présidentielle au Sénégal

La victoire inespérée du candidat sortant à l’élection présidentielle malienne, survenant de surcroît, à l’issue du second tour de scrutin est interprétée par certains idéologues-mercenaires de Benno Bokk Yakaar, comme une défaite de la ²stratégie du second tour², imputée, à tort, à la seule Opposition politique.

En effet, ce sont plutôt les partisans du pouvoir actuel, qui clament urbi et orbi l’impérieuse nécessité pour leur candidat, en perte de vitesse, de remporter la prochaine élection présidentielle au soir du 24 février 2019, c’est à dire, à l’issue du premier tour. Comme s’ils avaient une peur bleue d’affronter l’Opposition au deuxième tour ! Il faut reconnaître, que sur la base de notre courte expérience d’alternances démocratiques (en 2000 et 2012), le deuxième tour est assimilé – dans l’inconscient collectif de la classe politique sénégalaise – à une défaite certaine du candidat sortant.




Dans tous les cas, même s’il faut se réjouir du fait que les thuriféraires du pouvoir APR semblent revoir leurs ambitions de victoire au premier tour à la baisse, il est plus que hasardeux de conclure, que le scénario malien pourrait se reproduire dans notre pays.

Il est vrai qu’il y a des similitudes entre les deux régimes de Bamako et de Dakar caractérisés par leur gouvernance désastreuse, leurs penchants à la patrimonialisation et au clanisme, leur soumission aux désidérata de l’impérialisme français et les multiples scandales qui ont émaillé la vie politique des 2 pays, ces dernières années.

Une différence importante réside, cependant, dans le manque notoire de volonté politique du gouvernement malien à résoudre l’équation sécuritaire. Tout se passe comme si cet état de guerre larvée et cette atmosphère de tension permanente leur convenaient, pour justifier la restriction des libertés publiques et la pérennisation de la présence des troupes françaises. Et de fait, l’instrumentalisation de la psychose sécuritaire a permis de manipuler le processus électoral (bourrages d’urnes, soutien tacite des chefs rebelles…).

Cette hypothèse apparaît d’autant plus plausible que ce sont les errements des politiques publiques et le non-respect des normes de l’État de droit (secteurs de l’École et de la Santé en crise, justice corrompue, accaparement des terres…etc.), qui renforcent les dynamiques radicales / djihadistes dans les zones enclavées ou laissées à elles-mêmes.

Un autre aspect de ces présidentielles maliennes est le faible niveau de participation aussi bien au premier tour (42,7%) qu’au deuxième tour (34,54 %), qui ressemble à ceux observés au Sénégal entre 2012 et 2016, notamment aux législatives de 2012 (36,6%), les municipales de 2014 (41%) et le référendum de 2016 (38,6%).

Cependant, les élections législatives de 2017 ont connu un regain de participation (53,6%), concomitant  avec la chute du score électoral de la coalition présidentielle en dessous de la barre de 50%. C’est dire que le regain d’intérêt des couches populaires pour la chose politique à mesure que se rapprochent les présidentielles de 2019 semble être directement proportionnel à la défiance croissante vis-à-vis du pouvoir en place, qui risque de s’accentuer et de conduire à un ballotage défavorable à Benno Bokk Yakaar.

Est cela qui explique toutes ces manœuvres autour du processus électoral (parrainage, emprisonnement et exil de concurrents politiques, rétention de cartes électorales…) et l’accentuation des pratiques clientélistes et corruptrices (audiences au Palais suivies de largesses, financements rapides, débauchages d’adversaires politiques…) ?

Cela dit, il est clair que c’est l’absence de cohésion programmatique qui a perdu l’Opposition malienne. Les principales raisons d’abstention au deuxième tour, invoquées par les électeurs étaient liées au fait qu’ils ne voyaient aucune différence entre les deux candidats et qu’ils ne percevaient aucune perspective de changement. C’est cela qui a facilité la tâche au candidat sortant, lui permettant de neutraliser certains des candidats malheureux éliminés ou de leur faire miroiter la juteuse perspective de participation à un gouvernement d’union nationale.




Mais entre la  dispersion des voix à l’élection présidentielle malienne et la justification de la loi scélérate sur le parrainage par un souci de moraliser le processus électoral, il y a un pas, que n’osent franchir que les mercenaires idéologues désireux de continuer à profiter des délices du pouvoir !

Cette loi, taillée sur mesure pour les nouveaux milliardaires politiciens, qui ont mis à genoux les grandes entreprises nationales (Poste, Port, COUD…) ne vise qu’à faciliter un hold-up électoral programmé à la malienne.

NIOXOR TINE

 

Encore deux Tabaski au Sénégal

YERIMPOST.COM Ce vendredi, la famille Omarienne a annoncé la célébration de la Tabaski le mardi 21 août, soit au lendemain d’Arafat. La coordination des musulmans du Sénégal avait également retenu cette date. Le seul bémol dans cette affaire, c’est que la Commission nationale d’observation du croissant lunaire avait annoncé la date du 22 août. Deux Tabaski pour cette année encore. Ces fêtes censées rapprocher les musulmans les divisent. Il est devenu rare que les musulmans sénégalais célèbrent Tabaski ou Korité ensemble. Une situation qui n’augure rien de bon pour l’avenir du pays.



Qui doit «manger» la rente pétrolière et gazière au Sénégal ?

Cette question est au cœur de la présidentielle de 2019 précédée par le wax waxett de Macky Sall et la réforme de la constitution de 2016.
D’un côté, Macky Sall anticipe les revenus futurs de l’Etat pour s’endetter auprès de la Chine, de la France, de la Turquie et des banques commerciales et financer ses projets politiques. A ce rythme, à l’horizon 2020, le service annuel de la dette de l’Etat tournera autour de 1000 milliards par an.
De l’autre côté et c’est plus sournois, il faut confisquer la démocratie pour sélectionner les invités au festin de la rente pétrolière.
A titre d’illustration, les discussions sur le processus électoral de Ali Ngouille Ndiaye avaient recommandé que le Conseil Constitutionnel dispose de 30 jours pour vérifier l’exclusivité de la nationalité sénégalaise des candidats à la présidentielle. Macky Sall a réagi violemment pour introduire le parrainage et remplacer les 30 jours de vérification de la nationalité par celle des parrainages. Notons que Macky Sall refuse de vérifier l’exclusivité de la nationalité sénégalaise du Président de l’Assemblée nationale comme l’exige la constitution.
Ma conclusion est la suivante : le parrainage anarchique de Macky Sall permet de s’assurer que les candidats à la présidentielle retenus ne remettront pas en cause l’omerta sur la duplicité d’une certaine classe politique, sénégalaise le jour et française, américaine, canadienne, belge, italienne, espagnole, etc,la nuit. Ceux- là sont admis à partager le festin de la rente du pétrole qui appartient pourtant au peuple.




Mamadou Lamine Diallo

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