Blog de Cheikh Yerim Seck

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Cheikh Yérim Seck

Cheikh Yerim Seck sur l’affaire des 94 milliards: « Sonko doit s’expliquer, il ne peut se dérober… »

Cheikh Yerim Seck: « Je suis d’accord avec Macky Sall sur l’idée du parrainage… »

Révélations sur ce qui se trame au sein de l’opposition

YERIMPOST.COM Les procès-verbaux du Conseil constitutionnel, qui excluent de facto 19 candidats à la candidature sur 27, ont causé un véritable traumatisme au sein de l’opposition. Nombre de personnalités (Pape Diop, Abdoul Mbaye, Bougane Guéye Dany…) ont été littéralement sonnées par le rejet de leur candidature. Il a fallu l’habileté du très politique Mamadou Diop Decroix pour convertir ce choc en force de mobilisation.

Pourtant membre d’une coalition dont le candidat, Karim Wade, n’a pas -encore- été recalé, Decroix a stimulé le regroupement de tous pour rejeter le parrainage et planifier des actions. Toute l’opposition s’est donc retrouvée autour de l’idée de la journée d’action du 8 janvier pour riposter aux décisions du Conseil constitutionnel et décrier le processus électoral dans son ensemble.

L’opposition ne s’en est pas limitée là. Yerimpost est en mesure d’écrire que, durant les rencontres bilatérales et globales de ces derniers jours, tous les adversaires de Macky Sall, que leurs candidatures aient été rejetées ou reçues, ont convenu de développer une synergie afin que tous les votes qu’ils escomptaient restent dans l’escarcelle de l’opposition.

Dans un premier temps, ils vont tous combattre contre les procès-verbaux sortis des officines du Conseil constitutionnel. Et, à partir du 20 janvier, date officielle de la proclamation de la liste définitive des candidats, tous les leaders de l’opposition ont adopté le principe de former des coalitions autour de ceux d’entre eux qui seront sur les starting blocks de la présidentielle.

L’objectif est de créer un effet de masse pour crédibiliser les candidatures de l’opposition et rallier le maximum d’électeurs à leur cause. Pareille stratégie résistera-t-elle aux calculs de ceux d’entre eux restés sensibles aux sirènes du pouvoir ? Le Parti démocratique sénégalais (Pds, ex-formation au pouvoir) sortira-t-il comme un bloc de l’invalidation programmée de la candidature de Karim Wade ? Rien ne garantit que certains des caciques du parti d’Abdoulaye Wade ne vont pas rejoindre Macky Sall une fois actée la non-candidature de Wade fils…








Cheikh Yérim Seck

Ce que je pense de la nomination de Mamadou Sy Tounkara par Macky Sall

YERIMPOST.COM Le brouhaha déclenché par la nomination de Mamadou Sy Tounkara comme conseiller spécial du président de la République n’est pas encore retombé que je mêle ma voix à la clameur publique. Je ne serai peut-être pas audible, mais l’envie de sortir ce qu’il y a dans mes tripes me brûle.

D’abord, je regrette, moi qui ambitionne d’être un intellectuel attaché à un débat politique de qualité, qu’une identité remarquable comme le professeur Tounkara soit ôtée des plateaux de télévision pour être anesthésiée sous les ors, lambris et dorures du pouvoir.

Ce professeur de métier, reconverti en présentateur de télévision est à la fois une plume acerbe, une voix impertinente, un administré exigeant, un critique atavique… bref un citoyen cultivé. Au cours de ces dernières années, il a réussi à s’imposer comme l’un des censeurs du pouvoir, à force de lettres ouvertes, de contributions, de coups de gueule et de critiques en forme de sermons. Mais aussi à force de corriger le président de la République, ses ministres et ses directeurs généraux en orthographe, en grammaire et en syntaxe.

C’est ce Tounkara qui va manquer au public à la faveur de sa phagocytose par le pouvoir. D’où les nombreuses réactions l’accusant d’avoir trahi sa ligne et abandonné cette cause de salubrité publique pour sa promotion personnelle. On peut comprendre cette posture, même si aucun esprit censé ne peut l’approuver.

Il ne relève en effet d’aucune vérité biblique qu’un lanceur d’alerte, un influenceur, un polémiste… ne peut pas franchir le Rubicon pour passer de la contestation à l’action. Mamadou Sy Tounkara, dépositaire d’une compétence avérée qui confère une pertinence à ses sorties, doit pouvoir « servir son pays », pour reprendre l’expression usuelle.

Macky Sall, qui l’a nommé conseiller spécial, s’était d’ailleurs engagé, au cours de sa campagne électorale victorieuse de 2012, à aller chercher les compétences, partout où elles peuvent se trouver, pour les agréger dans l’intérêt du pays. L’argument selon lequel Tounkara ne devait pas être nommé parce qu’il ne milite pas dans le bord politique du président, ou parce que les postes doivent être réservés aux partisans de ce dernier, est tout bonnement fallacieux. Les états d’âme d’apéristes frustrés ne font pas une politique.

Si l’on peut regretter que la nomination de Mamadou Sy Tounkara dégarnisse un peu plus la masse critique du pays, ce ne sera pas plus mal s’il donne à son nouveau patron des conseils utiles à améliorer les choses. Après tout, on ne critique pas pour critiquer. On critique pour pousser à mieux faire…

Et puis, après tout, la vie n’est pas faite que de pensée, de critiques, de contemplation… « La vie contemplative est souvent misérable. Il faut agir davantage, penser moins, et ne pas se regarder vivre », a dit, à juste raison, Nicolas Chamfort.








Cheikh Yérim Seck

Quand Cheikh Yérim Seck recevra-t-il le Grand Prix du chef de l’Etat pour le journalisme ?

Au Sénégal, les grands journalistes dits d’investigation sont souvent confrontés à un climat de défiance. S’ils ne sont pas tout simplement séduits puis attirés dans les grâces du pouvoir central en échange de leur plume, ils sont victimes d’une certaine opinion qui leur reproche leur proximité avec ces mêmes dirigeants politiques.
En ce qui concerne Cheikh Yérim Seck, ce n’est pas seulement à cause de son style sophistiqué ou de sa technique de communication qu’il est devenu un leader d’opinion, mais aussi à son génie d’entreprendre et d’innover, à sa grande lucidité quand il s’agit d’aborder un sujet d’actualité ou d’analyser la situation politique du moment.
L’homme qu’on ne présente plus a bâti sa célébrité à Jeune Afrique comme journaliste de 2001 à 2010. Il rentrera ensuite dans le cercle très restreint des grands décideurs où il a su imposer sa marque notamment auprès de chefs d’état africains et du monde pour trouver la bonne information. Dans sa quête d’ouverture, il voyage beaucoup pour rencontrer des hommes influents ou des décideurs du continent. D’éminentes personnalités politiques ou hommes d’affaires sont inscrits dans son carnet d’adresse. Paris, Conakry, Abidjan, Ndjamena, Lomé restent des métropoles qu’il connait parfaitement.
Autrement dit, ce journalisme bourré de talent, juriste de formation, ne manque pas d’ambition quand il décide de rentrer au Sénégal pour fonder une presse en ligne et booster de façon incroyable le paysage médiatique. Pour ceux qui ne connaissent pas son brillant parcours, du magazine panafricain de Paris où son aventure de journaliste a débuté, l’homme s’était illustré sur les plateaux de télé et de radio. On se rappelle ses analyses dans l’émission Afrique Presse, émission coproduite par Rfi et TV5Monde. Dans cette émission, chaque semaine, les journalistes de la presse africaine et internationale décryptent l’actualité du continent. Un débat animé par les journalistes Denise Epoté Durand (TV5Monde) et Assane Diop (RFI) en compagnie de confrères ou consœurs invités. Le débat tourne autour de trois sujets d’actualité, choisis parmi les thèmes les plus forts de la semaine. Sur ce plateau, Cheikh Yérim Seck a laissé sa marque. A J.A et sur les antennes de RFI/TV5, les médias sénégalais le découvrent. C’est ainsi qu’il sera invité à débattre sur les chaines sénégalaises : Walf-TV, RFM, RTS, TFM, Africa7, etc. Cheikh Yerim, en véritable vedette a été l’un des rares journalistes sénégalais qui a gagné l’estime de Wade qui lui accorda plusieurs entretiens.
Alors, comment Cheikh Yérim pourrait-il refuser ses services éclairés à un Chef d’état sénégalais ? Voilà la question que je voudrai poser ici à tous ceux qui pensent à tort que Cheikh Yérim roule pour Macky Sall ? Si c’est le cas, qu’est-ce qui le lui empêcherait si le président le sollicitait ?
Ses démêlées avec la justice n’ont ni terni son image, ni altéré ses critiques contre le pouvoir. Il est resté égal à lui-même avec le sens de la mesure et du bon dosage pour chaque sujet. Yérim, comme on le sait, a souvent fait des critiques acerbes contre certains hommes politiques, tout en se montrant complaisant avec d’autres. C’est sans doute ce qui lui valut d’être traité de prétentieux ou de donneur de leçons.
Seulement disait l’autre : Quand il vous caresse dans le sens du poil, ce n’est pas innocent, quand il vous tire dessus, il y a anguille sous roche. Alors, vous êtes homme politique d’envergure, un homme d’affaire redoutable, à vous de choisir votre sort sous sa plume, de définir l’angle sous lequel vous désirez que Cheikh vous attaque ».

Quelles que soient les circonstances, Yérim campe sur ses positions avant-gardistes, déroule ses stratégies, révèle son côté volage au cours des débats et sa confiance en lui-même. Dès qu’il s’agit de donner son avis sur des sujets d’actualité, il y va sans langue de boa. N’avait-il pas prédit dès le début de cette affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar que, quel qu’en soit l’issue, Khalifa Sall sera lourdement condamné par la justice, alors que beaucoup n’y croyaient pas encore ? Pour ne citer que celui-là.
Yerimpot, ne le perdons pas de vue, ouvre une nouvelle ère dans la presse en ligne. Pour cette seule raison, Cheikh mérite le grand prix du chef de l’Etat pour le journaliste. Son journal suivra certes la ligne éditoriale qu’on lui connait mais ne se perdra pas dans ses obligations avec les hommes politiques qui veulent tout contrôler. Je souhaite en ce début d’année que ce joyau offert à notre pays continue de rayonner encore. Nous pouvons tous compter sur cet outil précieux qui restera l’un des facteurs puissants qui va transformer de plus en plus les médias actuels au Sénégal et l’opinion en général.
Cheikh qui est entrain d’écrire les plus belles pages de sa vie peut être fier. En tout cas, nous le sommes de lui. Désormais, il va falloir compter avec lui sur le champ médiatique sénégalais où il s’impose en signant des articles captivants et crédibles à la fois.
Cheikh Yérim déborde d’imagination. L’obsession qu’il a de son noble métier lui donnera t-il un jour l’idée de mieux s’impliquer dans la formation des jeunes d’Afrique qui ont envie de devenir comme lui, de grands journalistes.
Une Ecole de Journalisme virtuel ou sur terre implantée à Dakar ? Qui sait !!! En tout cas, Cheikh ira toujours au-delà de ce qu’on croit possible.
Vive Yerimpost. Bonne et heureuse année 2019.

Mamour BA auteur : La femme du diable publié chez Harmattan.
E/mail : niorodurip123@yahoo.fr

(Vidéo) Cheikh Oumar Anne tranchant et sans langue de bois

Premier carton rouge de la campagne électorale à Pape Diop !

YERIMPOST.COM Votre blog préféré décerne le premier carton rouge de cette campagne électorale à Pape Diop, leader de Bokk Gis Gis, candidat à la candidature. Motif ? Des propos malveillants à l’endroit du président de la République ! Au cours de sa cérémonie d’investiture, celui qui fut maire de Dakar et président de l’Assemblée nationale a décrit l’attitude de Macky Sall vis-à-vis de ses opposants comme étant celle d’un « homosexuel » !

Crime de lèse-majesté et dérapage grave de la part d’une personnalité de si haut rang qui occupa de très hautes fonctions au sein de l’Etat ! Les propos en cause sont indignes du Sénégal, un pays de civilités où les rapports sont traditionnellement fondés sur la courtoisie et le respect mutuel !

Cette campagne électorale ne fait pas exception aux règles de convivialité et de cohabitation pacifique qui ont toujours régi notre société. Carton rouge à Pape Diop pour ce premier dérapage verbal de la présidentielle de 2019!

Cheikh Yérim Seck







Groupe consultatif: Les vraies raisons d’un succès

YERIMPOST.COM La réunion du Groupe consultatif, qui s’est tenue à Paris les 17 et 18 décembre 2018, a abouti à des résultats bien au-dessus des attentes de l’Etat du Sénégal. Alors qu’il escomptait 2850 milliards de francs cfa des bailleurs de fonds internationaux, notre pays en a obtenu 7356.

Ce résultat est le reflet de la grande qualité de la signature du Sénégal sur les places financières internationales. Il récompense les efforts entrepris par les autorités de notre pays ayant généré un taux de croissance flirtant avec les 7%, un taux d’endettement contenu à 47% du PIB et un taux d’inflation maintenu en-deça de 2%.

Les milliers de milliards de francs cfa misés sur notre pays indiquent la confiance placée par la communauté financière internationale dans le leadership économique de Macky Sall. Mais aussi dans sa réélection à la présidentielle de février 2019. Car, même le plus piètre des gestionnaires ne mise pas un penny sur un chef d’Etat sur le départ. Ce n’est pas pour rien que le Groupe consultatif organisé en 2011, à quelques mois de l’élection qui a emporté Abdoulaye Wade, s’est soldé par un fiasco total.

Les résultats de ce Groupe consultatif sont donc le reflet d’une confiance dans la qualité mais aussi dans la continuité du leadership du président Sall. Mais pas seulement.

La pluie de milliards sur notre pays est également le fruit d’une diplomatie financière menée à pas de charge, au cours des deux mois précédant la réunion, par Amadou Bâ, le très réseauté ministre de l’Economie, des Finances et du Plan. L’argentier de notre pays n’a pas ménagé ses efforts pour aller à la rencontre des plus grands décideurs financiers de la planète afin de les convaincre de continuer à soutenir les performances réalisées par notre économie.

Etre un bon ministre des Finances, dans le contexte d’aujourd’hui, c’est disposer d’un carnet d’adresses étoffé de grands noms de la finance mondiale.

Signe de la densité du réseau d’Amadou Bâ, son homologue français, Bruno Le Maire, pris dans de nombreux engagements ce lundi 17 décembre, a bousculé son agenda pour être présent à la réunion du Groupe consultatif et porter un plaidoyer en faveur du Sénégal.

De mémoire d’observateur, c’est la première fois qu’un officiel français de ce rang assiste à une réunion de Groupe consultatif autour de notre pays… Il n’y a aucun hasard dans le succès de cette rencontre. Le résultat est toujours au bout de l’effort…

Cheikh Yérim Seck







Cyberpolitique et démocratie virtuelle (Par Cheikh Yérim Seck)

Internet a changé les rapports sociaux, les méthodes de travail et les canaux par lesquels les hommes se parlent et se comprennent. Il change également chaque jour davantage l’art de faire de la politique.

Le 15 avril, le premier débat opposant Gordon Brown, David Cameron et Nick Clegg, les trois candidats à la primature britannique, a été organisé suivant la formule du « débat politique augmenté ». Ce tout nouveau concept amène des spectateurs à s’impliquer en temps réel dans les discussions via des réseaux sociaux comme Twitter et Facebook. ITV, la chaîne de télévision qui a diffusé la confrontation entre les trois concurrents, a mis en place une plate-forme web permettant à chaque internaute de suivre en direct le débat sur son ordinateur, de le commenter en interagissant avec les autres internautes, et de disposer d’outils synthétiques et d’analyse des réactions en temps réel…

Conçu à la base comme un véhicule de l’information, internet est devenu l’instrument d’une participation citoyenne à la vie démocratique. Avec lui, écrit Alexandre Emch, expert en e-communication, « les électeurs se sentent mieux écoutés, mieux compris, et ont, pour la première fois, la possibilité de donner leur opinion sur des forums et à travers des groupes communautaires thématiques. En effet, grâce à des supports innovants comme les communautés de type Facebook, la WebTV ou les podcasts, vecteurs d’une communication dynamique, les hommes politiques ont vu leur visibilité croître, ces médias leur permettant de véhiculer leurs idées et programmes plus facilement et d’entrer en relation one-to-one avec chacun de leurs électeurs ».

Le Net est devenu l’outil par lequel les plus jeunes s’initient à la politique. Également la porte d’entrée pour tous ceux qui s’intéressent à la vie publique de leur pays et que les partis rebutent. Barack Obama est l’un des premiers hommes politiques à l’avoir compris, qui a amassé plusieurs millions de dollars en faisant contribuer les internautes à sa campagne victorieuse de 2008 et conquis via la Toile la majorité des suffrages des plus jeunes.

Adhésions en ligne, quêtes de fonds, systèmes d’alerte par SMS, propagandes via les réseaux sociaux, fédérations virtuelles, communautés de blogs, WebTV… le terrain de la lutte pour le pouvoir se déplace peu à peu des lieux publics qui abritaient les manifestations populaires aux écrans des ordinateurs. Le discours d’Obama sur la race, long de 63 minutes, vidéo la plus regardée de la dernière campagne électorale américaine, a été vu par 6 millions de personnes sur Youtube, la plus importante plate-forme de partage de films au monde, riche de 1 milliard d’unités.

Internet ne fait pas qu’aider à faire élire. Il contribue à amplifier les causes de la société civile et des sans-voix.

En dépit de la « fracture numérique », l’Afrique n’est pas en marge de ce mouvement universel. Ses militants altermondialistes, écologistes, droits-de-l’hommistes… s’indignent et dénoncent sur leurs sites respectifs et sur les réseaux sociaux. Ses chefs d’État et ceux qui cherchent à leur ravir la place tissent leur toile sur Facebook, Hi-5, Netlog… En attendant que l’ordinateur, l’électricité et la connexion au réseau deviennent accessibles au bachelier de Siguiri ou à l’ouvrier de ­Bobo-Dioulasso…









Cheikh Yérim Seck

Moustapha Niasse en deuil

YERIMPOST.COM Nous venons d’apprendre la triste nouvelle. Le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, a perdu sa mère. Abyssata Thiam a été rappelée à Dieu ce lundi en fin d’après-midi, à Istanbul, en Turquie, à l’âge de 104 ans. Son corps sera à Dakar ce mercredi. Elle sera enterrée à Keur Madiabel







Lu sur Cheikh Yérim Seck à travers le web

YERIMPOST.COM Cheikh Yérim Seck ne laisse pas indifférent. Chacune de ses sorties médiatiques suscite réactions et commentaires. Son récent passage à Faram Facce, sur la Tfm, a soulevé quelques écrits. Nous vous offrons à lire deux de ces articles…

 

Il parait très connivent, très tendre avec l’oeuvre du chef de l’Etat « le Sénégal au cœur ». Ce qui n’est pas vraiment dans ces habitudes. Le journaliste Cheikh Yerim fait la ronde des médias pour faire le travail de la cellule de communication de la Présidence : faire la promo du livre. Ce qui me pose à demander s’il n’est pas l’
écrivain fantôme.
Un « nègre » littéraire, prête-plume ou écrivain fantôme est l’auteur sous-traitant anonyme d’un texte signé par une autre personne. Certes, c’est un terme raciste. D’ailleurs on est en train de discuter d’un éventuel remplacement de l’expression «nègre littéraire» par «prête-plume». Et pour servir de prétexte au livre de Macky Sall, « Sénégal au cœur », je soupçonne Cheikh Yerim d’en être « le nègre ». Depuis la publication, il assure le service « après-vente » dans les plateaux télé » assurant le » riti » pour reprendre Sayyidina Abu Bakr As-Siddiq. Il est passé à deux émissions de grande audience. Il s’agit de « Tout est là » sur la 2STv et « Faram Faccé » de la Tfm. Outre l’appréciation qu’il en a fait lors de son lacement, le journaliste justifie bien cet ouvrage. Aucun sens de la critique qu’on le lui connaissait. Il est de bon usage en tant que journaliste, on prononce des jugements sur les livres qui paraissent, on tranche entre les bons et les mauvais. Rien de tel dans les interventions de Cheikh Yerim. Ce qui me fait demander s’il n’est pas « la plume » du chef de l’Etat. En tout cas, il est passé d’analyste politique à un mec chargé de gérer la promo d’un livre. Ce qui devait être le travail de la Présidence ou la maison d’édition.

Cheikh Abdou Khadre Seck, le journal impertinent

 

Respects à Cheikh Yérim! Vos détracteurs ont juste peur…

L’homme devenu journaliste talentueux à Jeune Afrique après entretien pour parler d’un de ses livres. Le Monsieur s’est battu d’arrach e-pied pour accéder là où les journalistes de formation ont toujours rêvé et n’ont jamais vu. Il a fait rêver des générations et des générations en Afrique et même dans le monde grâce à sa belle plume. Il a eu le Respect de tous ses lecteurs dont les Présidents occupent la première place et n’ont pas manqué de lui témoigner ça.
Dakar actu qu’il a créé est le site le plus crédible au Sénégal. Yerimpost est venu tacler ceux qui ne faisait que copier coller ou nous dire ce qu’on connaissait déjà. Il creuse et donne toujours la bonne info avec tous les détails.
Moi aussi je serai taxer de quoi?
Vérifiez et dites moi si ce n’est pas VRAI.
Quand on attaque un self made man comme CYS, je ne peux pas rester bouche-cousue.
Dans un débat télévisé où il était récemment invité à parler du livre du Président Macky SALL, il a permis au Sénégalais analphabète de comprendre le contenu du livre en rapportant fidèlement les paroles du Pr. Il a aussi donné son point de vue sur la relation entre Pr et première Dame. Lui, qui a eu à discuter avec le Président en privé peut nous éclaircir beaucoup de chose au delà du livre. J’ai constaté avec amertume que beaucoup de suivistes en commentaire ont attaqué L’HOMME par le biais de piètres sites en le taxant de je ne sais quoi. On arrête pas la mer avec ses bras. Sortez du sensationnel et créez des entreprises si vous voulez marquer vos empreintes dans ce pays. Ses détracteurs ne seront jamais ceux qui ont une lecture lucide de la politique du pays depuis son accession à l’indépendance. Ils ne seront pas les lecteurs de jeune Afrique à l’époque.
Je ne pense pas vos sentiments et positions personnels pour tel ou tel candidat feront raconter à Cheikh Yerim des choses fausses pour vous faire plaisir.
NEVER GIVE UP CYS!
CONTINUEZ À NOUS FAIRE DES ANALYSES!
PMD

(Vidéo) Macky Sall répond à Cheikh Yerim Seck à propos de la mystérieuse Sandrine









Malick Gakou explique le sens du geste qui lui a valu d’être arrêté

« On a dit que le dépôt des listes, c’est le 11 décembre à partir de minuit, rappelle Gakou. Je viens au Conseil constitutionnel, je trouve que Mimi Touré a ou vert une liste où l’on s’inscrit pour déposer les dossiers. J’ai récupéré la liste et l’ai déchirée. C’est illégal ! »








Malick Gackou

Après son édito sur Macky Sall et Mamadou Lamine Diallo, mes questions à Cheikh Yérim Seck (Pierre Joseph Diatta)

A l’aperçu de votre tribune de ce jeudi 22 novembre 2019 sur le portail yérimpost avec votre sceau « sans langue de bois » et qui a pour titre : Ce que Macky SALL doit faire de Mamadou lamine DIALLO, je me suis empressé de cliquer dessus pour prendre connaissance du contenu d’autant que le titre ne l’illustre pas assez bien.
L’intérêt que vous portez à M. Mamadou Lamine DIALLO au point de le suivre de très près est relatif comme vous l’avez soulignez à la qualité de son discours et à la pertinence de ses arguments. Il tient cette pertinence de ses sources qui sont très fiables et aussi de ses aptitudes intellectuelles ; qualité de ses analyses, maitrise de son sujet, la qualité de sa plume. De la même manière que vous suivez des personnes de sa trempe, d’autres personnes dont moi-même vous suivons et lisons votre moindre poste.
Celui de ce jeudi 22 novembre 2018 à susciter beaucoup de questions dont j’aimerais vous posez.
Vous dites que Macky, n’en déplaise à ses opposants, est soucieux de la bonne gouvernance.
Quels sont vos arguments pour soutenir votre assertion ?
Très récemment dans l’émission « Faram Facce » de la TFM du 25 juillet 2018, un plateau que vous avez partagez avec Monsieur Babacar Justin Ndiaye, vous aviez déploré avec la dernière énergie le fait qu’une société étrangère distribue l’eau aux sénégalais. Vous décriez la SDE et aujourd’hui celui que vous dites à qui veut l’entendre être soucieux de la bonne gouvernance ou son gouvernement à attribuer la distribution à une autre société français SUEZ pour une durée de 15 ans. Cette entreprise française se charge dorénavant de la production et de la distribution de l’eau potable à la population urbaine et périurbaine du Sénégal soit environ la moitié des 15 millions de Sénégal.
C’est quoi selon vous une adversité politique insensée entre le leader de Tekki et Macky SALL?
A ce que je sache une adversité politique n’est jamais insensée dans une démocratie ou chaque acteur joue pleinement son rôle. L’artiste Anne Bradstreet [artiste, écrivain, poète (1612-1672)] prosait que « s’il n’y avait pas d’hiver, le printemps ne serait pas si agréable : si nous ne goutions pas à l’adversité, la réussite ne serait pas tant appréciée ». Par conséquent même si l’ambition de tout parti politique est d’accéder à la magistrature suprême, son rôle dans une démocratie est plus conséquent dans la mesure où l’opposition constitue un contre-pouvoir qui joue un rôle de contrôle d’alerte et de proposition. Nous connaissons beaucoup de partis qui n’ont jamais eu le poids électoral pour gagner des élections présidentielles et qui pourtant n’ont jamais renoncé à la conquête des suffrages et ont participé à l’essor économique, politique et social de leur pays respectif.
Macky a-t-il compris que les talents s’utilisent quelques soit la bannière politique ?
L’a-t-il démontré par des actes posés?
Le constat est que avec le régime de Macky SALL aucun dialogue ou concertation n’est tenu entre les différents acteurs et ce en dépit des tensions notées et qui se sont exacerbées ces deux dernières années dans tous les secteurs : éducation, santé, économie et j’en passe. La preuve pour la crise scolaire de l’année dernière la concertation qui a en réalité dénoué la crise s’est fait dans une chambre conjugale entre un époux et son épouse avant de finir autour d’une table de déjeunée entre celle-ci et les syndicats d’enseignants.
Compose-t-il présentement avec des personnes qui l’on combattu ou a-t-il signé avec ces dernières des pactes et ou protocoles de non-agression?
La plus part des personnes listées pour répondre à la CREI sont présentement avec lui, nous font elles bénéficier de leur expertise ou ont-elles pactisé afin de garder les butins et de le soutenir et ou afin de disposer encore de nos ressources ?
Vous dites, le sieur DIALLO doit être réaliste pour ne pas priver le Sénégal de son expertise, au lieu de courir derrière une ambition présidentielle irréalisable.
Cheikh Anta DIOP n’était-il pas réaliste quand il s’était engagé en politique ?
Qui de lui et de Senghor a empêché le Sénégal de profiter des connaissances et ou de l’expertise de l’autre?
Je partage avec vous l’idée selon laquelle ceux qui sont au pouvoir doivent traiter les opposants avec égard et doivent essayer de faire bénéficier le pays de l’expertise de ses derniers.
Je suis aussi persuadé que si Macky avait tenu ses promesses de campagne électorale en 2012 qui lui ont valu le soutien des populations et de toute la classe politique d’alors, et ou du moins s’il avait considéré la disposition du statut du chef de l’opposition introduite dans la constitution après le référendum constitutionnel du 20 mars 2017, si et seulement si il alliait les intentions et ou paroles aux actes, la complémentarité des talents et ou génies ne serait pas compromise par une quelconque adversité politique.








Pierre Joseph DIATTA
pierrejo1383@hotmail.fr

Affaire Cheikh Diop: la justice sénégalaise, infernale machine à broyer du citoyen

YERIMPOST.COM La Justice est l’un des rares corps de l’Etat à porter le nom d’une vertu. C’est un pilier essentiel de la République, de la démocratie, de la vie tout court… La Justice est cette institution qui permet la vie en société par la protection des personnes et des biens de chacun. Lorsqu’un élément du corps social porte atteinte à autrui ou à l’ordre public, elle le sanctionne pour rétablir l’harmonie sociale. Cette sanction a vocation à punir la faute commise, mais aussi et surtout à reclasser socialement le fautif.

Au Sénégal, la justice, animée d’une culture du tout-répressif, malmène, casse, détruit… Tous ceux qui y ont eu la malchance de se retrouver dans les crocs de notre système judiciaire, y compris pour des infractions liées à l’exercice de libertés démocratiques, s’en tirent oblitérés à jamais, exclus de l’insertion sociale, s’ils ne sortent pas tout bonnement de prison sur une civière à destination du cimetière…

Ceux qui n’ont pas fait l’expérience de la détention ne peuvent pas se rendre compte de l’ampleur de la mortalité en milieu carcéral, de la dangerosité des conditions sanitaires, de la prégnance des actes de torture… Quiconque en doute n’a qu’à interroger certains détenus célèbres comme Karim Wade ou Assane Diouf. Leurs cas ne sont toutefois que la partie émergée de l’iceberg sous lequel croulent des milliers de pauvres et anonymes prisonniers entassés comme des sardines dans des cellules surpeuplées, nourris avec quelques poignées de main de « diagan », peu ou pas soignés…

Le cas de Cheikh Diop, dont le bras a été amputé pour cause de mauvaise prise en charge médicale, est symptomatique de l’enfer de nos prisons. Cet émigré jeté dans la jungle de Rebeuss en est sorti totalement décimé. Quand il a voulu réclamer réparation du lourd préjudice qu’il a subi, la même justice qui l’avait embastillé l’a éconduit. Plongé dans le désespoir et l’abandon, il a commis l’acte fatal qui l’a emporté… Son geste peut se comprendre, même s’il est difficile à approuver compte tenu de la charge négative du suicide dans un univers culturel musulman.

L’affaire Cheikh Diop n’est pas un fait divers à ranger aux oubliettes au gré du turnover de l’actualité. Elle invite à une réflexion et à une réforme de notre justice et de ses prisons. Parmi les urgences, il y a le bannissement du tout-prison et la formation à la culture des droits de l’homme de notre administration pénitentiaire.








Tant que le Sénégal fera l’économie de cette mutation civilisationnelle, la justice restera cette machine infernale à broyer du citoyen.

Cheikh Yérim Seck

 

Me Mame Adama Guèye, porte-étendard de l’opposition: la cruauté du symbole, la faiblesse du combat…

YERIMPOST.COM Me Mame Adama Guèye est devenu, par la force des choses, le porte-étendard d’une opposition plongée dans une profonde torpeur. Le leader de Sénégal Bou Bess, poids plume électoral, vissé autour de la barre des 1% à toutes les élections auxquelles il a pris part, est celui qui, aujourd’hui, parle et fait au nom de tous ceux qui sont censés offrir une alternative crédible au régime du président Macky Sall. Le symbole est cruel.

Le symbole est d’autant plus cruel que Me Mame  Adama Guèye lui-même n’a pas commencé par un volontariat au service de la cause de tous. Il a voulu et a déclaré son intention d’être candidat à la présidentielle de février 2019. S’étant sans nul doute heurté au filtre épais du parrainage, il a changé de fusil d’épaule et s’est proposé de « sacrifier sa candidature », consacrer son énergie à combattre pour « la sécurisation du processus électoral ».

La légitimité populaire étant le seul baromètre dans une démocratie, comment une personnalité qui n’a pu collecter 55 000 signatures pour valider sa propre candidature peut-elle s’arroger le rôle de faire et dire au nom d’une force censée réunir la majorité d’un fichier électoral riche de plus de 6 millions d’inscrits ?

L’image récurrente de cet avocat de métier, se photographiant un à un avec les candidats en lice, pour leur porter la bonne parole, est plus dévastatrice que la dévastation. Elle est le reflet de la faiblesse d’une opposition inerte à quelques mois d’une échéance cruciale. Et d’une atonie de ses leaders qui, au lieu de se faire filmer avec Me Guèye à Dakar, devaient aujourd’hui se trouver dans les profondeurs du pays pour convaincre les Sénégalais de voter pour eux.

Pire, le combat proclamé par Me Mame Adama Guèye est d’une faiblesse caricaturale. Le Sénégal n’est pas le Congo pour qu’on y porte une « sécurisation du processus électoral » qui ne parle qu’à une nomenklatura perdue dans ses calculs. Ce qui, par contre, parle aux Sénégalais, et qui devait être au coeur du débat aujourd’hui, c’est le coût de la vie, l’état de l’éducation, la situation de la santé, le chômage des jeunes, la condition féminine, la gouvernance économique et tutti quanti.

Au lieu de se laisser divertir par des gesticulations stériles, l’opposition doit se rendre compte qu’il est plus que temps pour elle de s’attaquer aux failles de la gestion de Macky Sall pour espérer l’emporter.








Me Mame Adama Guèye est fort sympathique et certainement sincère dans ses combats, en tant que membre de la société civile, pour une meilleure gouvernance du pays. Sa personne et son slogan de l’heure sont, toutefois, trop en-deça de l’ambition et du combat que doit porter l’opposition à quatre mois de l’échéance cruciale de février 2019.

Cheikh Yérim Seck

« Je vous confie à Serigne Touba »: Décryptage d’une phrase bourrée de sens

YERIMPOST.COM « Je vous confie à Serigne Touba »: telle est la réponse du khalife général des mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, au chef de l’Etat, Macky Sall, qui sollicitait de lui des prières pour obtenir un second mandat à la tête du Sénégal. La phrase, retentissante, a suscité moult commentaires dans l’opinion, mais aussi dans les médias. Ces six mots, qui barrent la une de la plupart des journaux de ce matin du 26 octobre, sont interprétés de manières contrastées.








Si le quotidien national Le Soleil, média public pur et dur, voix assumée du régime, décrit la réponse du khalife général comme le gage d’un soutien franc de Touba à la candidature de Macky Sall à sa propre succession, un organe privé comme Exclusif y lit le signe d’une neutralité du guide ayant usé d’une formule-bateau pour ne pas avoir à directement prendre partie dans la compétition électorale de février 2019.

Au-delà des positions partisanes, que lire dans ces vocables ?

D’abord, l’analyse de la réponse commence par celle de l’interpellation. Dans la religion musulmane, un fidèle ne peut pas opposer un refus à son prochain qui sollicite auprès de lui des prières. Et c’est là que réside le génie politique de l’interpellation de Macky Sall. Conscient de la difficulté qu’éprouvent bien des chefs confrériques à afficher un soutien partisan, a fortiori à donner une consigne de vote, le candidat à sa propre succession est passé par le registre de la sollicitation de prières. Une requête qu’aucun musulman ne saurait rejeter…

Ce faisant, il a invité le khalife dans le débat électoral, lui arrachant des mots qui parlent fort aux oreilles des disciples mourides. Car, contrairement aux interprétations fines du microcosme politico-médiatique dakarois, la réponse de Serigne Mountakha Bassirou Mbacké à Macky Sall est on ne peut plus bénéfique pour ce dernier.

Dans le fond, c’est loin d’être anodin pour les mourides, animés d’une forte fibre confrérique, d’entendre leur guide prier pour le succès d’un candidat en invoquant Serigne Touba, cette référence suprême pour laquelle ces disciples pourraient donner leurs patrimoines, leur sang, leurs vies…








Au surplus, la phrase du khalife n’est pas pure formalité protocolaire. Elle est intervenue après l’énumération de tous les projets réalisés au profit de Touba et du mouridisme par l’actuel locataire du Palais.

Comme pour boucler la boucle, le très politique Macky Sall a ouvert gratuitement Ila Touba, l’autoroute reliant Dakar à la ville sainte, à la circulation des pèlerins à l’occasion de ce Magal du 29 octobre 2018. L’écho des mots du khalife s’en trouvera amplifié si les mourides expérimentent le trajet Dakar-Touba en 1h sans arrêt…

Cheikh Yérim Seck

 

Si près de nous, le régime d’Alpha Condé tue à répétition des opposants politiques

YERIMPOST.COM Le président de la Guinée depuis l’élection chaotique de 2010 bat tous les records. Il a exercé le métier du militantisme politique depuis qu’il est adolescent pour accéder, plus que septuagénaire, au pouvoir. Il doit être aussi le dirigeant politique issu de l’ouverture démocratique en Afrique qui a le plus tué d’opposants et violé les libertés politiques.

Pas plus tard que ce mardi 23 octobre, le régime d’Alpha Condé a réprimé dans le sang une manifestation pacifique dirigée par le chef de fil de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, pour réclamer le respect des accords politiques signés avec le pouvoir. Le bilan est sanglant comme à l’accoutumée: des blessés graves par balles réelles, des arrestations multiples, des morts dont un jeune plombier, Mamadou Samba Diallo, 18 ans, fauché par une balle à Cosa…








La propension du régime à tuer dans les quartiers réputés proches de l’opposition a d’ailleurs amené l’opinion à baptiser « Axe de la mort » la route Hamdallaye-Bambéto-Cosa qui relie l’intramuros à la banlieue de Conakry.

Au cours de cette dernière manifestation, le pouvoir a franchi un nouveau pas dans la brutalité, en tentant d’assassiner Cellou Dalein Diallo. Sa voiture a été criblée de balles réelles et son chauffeur, touché. Le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) n’a dû la vie sauve qu’à un coup du destin.

Le pouvoir guinéen violente, blesse, tue pour des revendications aussi basiques que légitimes. Pour finalement  organiser des élections locales en 2018, plus de cinq ans après l’échéance légale, il a réprimé bien des manifestations dans le sang. Si la ligne rouge de l’assassinat de Cellou est franchie, ce sera le début d’une dévastatrice guerre civile dans ce pays où les leaders politiques sont aussi des chefs de communautés ethniques.

Le Sénégal, flanqué de la Guinée au sud-est, et l’ensemble des pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) doivent se pencher au chevet de ce pays où des simulacres d’élections démocratiques depuis 2010 n’ont rien changé des moeurs de gestion dictatoriale du pouvoir et de violences politiques héritées du sanglant régime d’Ahmed Sékou Touré, père de l’indépendance acquise en 1958. Mieux vaut être lanceur d’alerte que sapeur pompier.

D’autant qu’Alpha Condé, constitutionnellement inapte à briguer un nouveau mandat en 2020, après deux quinquennats successifs à la tête du pays, proclame urbi et orbi qu’il n’exclut pas de faire sauter ce verrou pour opérer une nouvelle opa sur le pouvoir, à presque 85 ans ! Ce hold-up programmé ne peut que brûler ce qui reste de ce pays riche au point d’avoir été qualifié de « scandale géologique » par Sékou Touré mais resté obstinément arriéré en dépit de l’ouverture démocratique de 2010.

Le feu couve. Le Sénégal et tous les Etats de la Cedeao sont avertis…

Cheikh Yérim Seck








Thierno Alassane Sall, faites gaffe à ne pas franchir la ligne rouge du déballage

YERIMPOST.COM Thierno Alassane Sall a posé un acte qui force politiquement et moralement le respect. Sous nos cieux où tous s’accrochent aux strapontins jusqu’à boire la lie, il a osé, sur la base d’un désaccord avec le président de la République, poser sa démission sur la table. C’est tout à son honneur qu’il ait renoncé au fauteuil ministériel de l’Energie pour ne pas avoir à signer un contrat avec Total qu’il a estimé contraire aux intérêts du Sénégal.







Mais Thierno Alassane Sall n’est pas Ousmane Sonko, ce lanceur d’alerte éjecté de son poste d’inspecteur des impôts, et qui a toujours inscrit son action d’abord syndicale puis politique dans une stratégie de rupture vis-à-vis du régime. Il n’est pas non plus Mamadou Lamine Diallo, un libre penseur éloigné du pouvoir dès les premières heures de la victoire de Macky Sall à la présidentielle de 2012.

Thierno Alassane Sall est un des caciques du parti présidentiel, un de ces cadres qui ont porté le président Sall au pouvoir à la faveur de leur combat. Ce militant de la première heure de l’Alliance pour la République (APR) a aussi et surtout été au coeur du pouvoir au lendemain de la deuxième alternance. Plusieurs fois ministre, il fut l’un des hommes de confiance du président, membre éminent du premier cercle du pouvoir pendant des années. De cette station, il a pu voir, entendre, vivre bien des choses dont certaines relèvent du secret sinon d’Etat du moins professionnel.

Les vicissitudes de la vie politique l’ont séparé de Macky Sall. Cela arrive. La vie politique, comme la vie tout court, n’est pas un long fleuve tranquille. Les amours, comme les civilisations, sont mortels. Mais se séparer n’autorise pas à renier le passé ni à insulter l’avenir.

En évoquant aujourd’hui des faits et des chiffres autour du secteur du pétrole qu’il a eu à gérer en tant que ministre, Thierno Alassane Sall flirte dangereusement avec une ligne rouge qu’il devra se garder de franchir: le déballage. Non pas pour ménager Macky Sall, incarnation temporaire du pouvoir qu’il peut quitter dès février 2019 si les Sénégalais en décident ainsi. Mais pour protéger la sacralité, l’inviolabilité, le mythe de l’Etat. Cet Etat qui est le garant de notre sécurité, de nos libertés, de nos vies…

Soucieux d’incarner une force morale sur la scène politique au Sénégal, nul doute que Thierno Alassane Sall se souviendra de cette leçon de vie de l’immense écrivain Gabriel Garcia Marquez: « la vertu principale d’un homme, c’est de savoir garder un secret. »

Cheikh Yérim Seck







Abdoul Mbaye candidat contre Macky Sall: Quel gâchis !

YERIMPOST.COM Ce 30 septembre 2018, par un discours de 2 tours d’horloge, Abdoul Mbaye a décliné les lignes directrices de sa vision en soutien à sa volonté de briguer les suffrages des Sénégalais en février 2019. Contre Macky Sall dont il fut le Premier ministre du 3 avril 2012 au 1er septembre 2013.




Le scénario est invraisemblable. Abdoul Mbaye avait plus d’une fois martelé, la main sur le coeur, que, « Premier ministre ou pas », il n’allait pas s’opposer à celui qui l’a porté à la tête du gouvernement et qu’il allait, tout au contraire, « l’aider à obtenir un second mandat ».

Le scénario est dramatique. L’ex-banquier de génie nommé à la primature avait plus à construire à l’intérieur du pouvoir qu’à critiquer au sein de l’opposition. Car, selon les témoignages unanimes de moult cadres de l’administration, Abdoul Mbaye fut l’un des chefs du gouvernement les plus compétents de l’histoire du Sénégal. Son efficacité dans la gestion des dossiers a laissé des empreintes indélébiles, y compris au niveau des ministres qui composaient son équipe. Sa célérité, en application de la méthode « zéro papier en attente sur le bureau jusqu’au lendemain », a fait avancer nombre de dossiers qui dormaient dans les tiroirs d’une administration sclérosée.

Par un de ces complots dont ils ont le secret, les apparatchiks du palais ont réussi à faire exploser le couple exécutif. Le président de la République s’est débarrassée de son principal collaborateur pour nommer à sa place Aminata Touré, « un Premier ministre politique » dont la brièveté du séjour au poste rend compte des résultats !

La vision de Macky Sall et sa mise en oeuvre par Abdoul Mbaye ont redressé l’Etat laissé en banqueroute par le régime d’Abdoulaye Wade. La suite de l’idylle est une tragédie grecque faite de trahisons et de coups bas. Abdoul Mbaye a tenu des propos et publié des écrits regrettables sur la gestion du pays, notamment du pétrole, par le pouvoir auquel il a appartenu. Il a tiré à boulets rouges sur Macky Sall dont il a moult fois loué les qualités…

Le pouvoir a infligé à celui qui sortait de la primature un traitement intolérable allant du vol de ses affaires personnelles par les services secrets à une vendetta judiciaire par son ex-épouse interposée. La politique est violente. Les enjeux de pouvoir sont brutaux.




Au bout de tous ces règlements de comptes, Abdoul Mbaye, qui aurait pu et dû rester avec Macky Sall en dépit des aléas du pouvoir, est aujourd’hui candidat contre celui qui lui mit le pied à l’étrier. Quel gâchis !

Cheikh Yérim Seck

 

 

ABC, la forme de votre tirade est inélégante

YERIMPOST.COM ABC, vous n’ignorez sans doute rien de l’estime intellectuelle que je vous porte. Je ne suis d’ailleurs pas loin de penser, au regard de votre contribution à la réussite de l’Alliance pour la République (APR), que vous faîtes partie de ces victimes expiatoires que la politique sous nos tropiques a le don de fabriquer. Même si, toute chose étant relative par ailleurs, les conditions de votre éjection du gouvernement, sous veto américain, suite à des faits graves allégués contre vous, ne plaident pas entièrement en votre faveur.




Après une traversée du désert, vous avez été propulsé Médiateur de la République. Vous avez tenté de mettre de la chair dans une fonction qui se limitait à présenter des rapports annuels. Mais l’intellectuel raffiné que vous êtes n’ignore guère qu’on ne peut pas réussir de la médiation sans être équidistant des parties. Au gré de l’actualité, vous étrillez le régime et agitez le spectre d’une candidature de dissidence au sein du parti présidentiel en perspective de l’élection de février 2019.

Votre dernière tirade, dans laquelle vous affichez votre énervement face à la « misère » qui tenaille la population, a réussi à sortir de sa modération même le très pondéré chef du gouvernement. Mahammed Boun Abdallah Dionne n’a sûrement pas apprécié la forme de cette énième charge. D’autant que vous leur parlez, à lui et à celui qu’il appelle « mon patron ».

Macky Sall ne fait pas que vous parler. Il s’est investi pour que, au cours d’un séjour médical récent aux Etats-Unis, vous soyez correctement pris en charge. Le chef de l’Etat a également pesé de tout son poids pour que vous n’ayez aucun souci judiciaire à l’international suite à des liens qui vous ont été prêtés avec le sulfureux John Obi.

Vous comprenez donc l’inélégance de dire sur la place publique des choses graves impliquant des personnes avec qui vous pouvez parler en privé. Vous auriez été plus efficace si vous usiez d’un registre plus soft que le déballage public pour emmener le chef de l’Etat à regarder la misère qui secoue le patelin du Sénégal que vous avez visité.

Mais il me semble que votre préoccupation est plus transcendante. Votre comportement politique de ces derniers mois est clairement une posture de défiance voire de rupture avec le régime. Vous en avez le droit, nous sommes en démocratie.

Mais, le cas échéant, vous devez vous dévêtir du manteau de l’institution qui vous couvre pour entrer dans l’arène. La posture du ni dedans ni dehors sera de moins en moins tenable en cette période pré-électorale sensible où, la présidentielle étant une forme de référendum, le débat va se cristalliser autour d’une opposition entre pro- et anti-Macky Sall.




Cheikh Yérim Seck

Mame Mactar Guèye Jamra et autres partisans de Sonko, apprenez la tolérance (Cheikh Yérim Seck)




YERIMPOST.COM Il ne se passe pas un jour, depuis la cérémonie de présentation de « Solutions », le livre-programme d’Ousmane Sonko, sans que je subisse des accusations du type de celles que Mame Mactar Guéye de Jamara a ci-dessus formulées à mon encontre sur sa page Facebook.

Je voudrais dire, à l’intention de tous les supporters de Sonko qui inondent la toile, que loin de moi toute volonté de stigmatiser leur leader ou qui que ce soit. Les questions que je lui ai posées, et portant sur le premier thème de la cérémonie (la personne, l’auteur et l’ouvrage) ont une seule finalité: emmener le grand public à connaître le pedigree personnel du candidat qui présentait sa vision pour le Sénégal. Cela s’appelle faire du journalisme.

Le journalisme, c’est chercher ce qu’on ne veut pas montrer mais qui est salutaire à savoir dans le débat public. En l’occurrence, il m’a semblé utile de mettre sur la table les questions que les Sénégalais se posent à propos du leader de Pastef. Les militants de ce parti devront souffrir que leur candidat soit passé au scanner avant de se voir confier une chose aussi précieuse que le Sénégal.

L’intolérance dont certains d’entre eux font montre est suspecte et fait peur. Elle ne rassure pas sur ce que ce parti fera du pouvoir si Dieu décide qu’il y accède. A quelques encablures de la présidentielle de février 2019, tous les candidats doivent être passés au crible, leurs programmes scrutés et leurs comportements politiques décryptés…

En ce qui me concerne à titre personnel, et en ce qui concerne l’équipe de Yerimpost, c’est à ce travail d’éclairage du choix des citoyens que nous allons nous atteler dans un souci de neutralité et de transparence. C’est en un journalisme efficace, non complaisant et équidistant que je crois.

Cheikh Yérim Seck

 




Vidéo- Cheikh Yérim Seck accule Sonko qui résiste (questions-réponses en intégralité)









Messieurs dames du Forum Civil, ne faîtes pas ce que vous fustigez tous les jours !!!

YERIMPOST.COM Par l’intéressant facteur personnel de Mouhamadou Mbodj, intellectuel raffiné au bagout certain, le Forum Civil s’est imposé dans la société civile sénégalaise, à la faveur des années 2000, comme une sentinelle de la transparence et de la bonne gouvernance.

Mbodj n’est plus… Ses successeurs s’entre-déchirent aujourd’hui pour hériter de cette antenne sénégalaise de Transparency International. Deux tendances s’en disputent le leaderhip: une dirigée par le très acerbe et ultra-médiatisé Birahim Seck, et une autre incarnée par l’avocat Me Moussa Félix Sow, qui défendit l’Etat du Sénégal dans nombre de dossiers sensibles, réputé donc plus commode.

Dans cette guerre de tranchées, le Forum Civil offre le visage d’une lutte triviale pour le pouvoir, d’une vulgaire guerre pour des privilèges, avec ses coups tordus, ses croche-pieds dans les médias, ses communiqués et contre-communiqués à tous égards ressemblants à ceux des politiciens ordinaires…




Dernier coup d’éclat en date, ce communiqué du 13 septembre de la section thiessoise de l’organisation qui se démarque de l’AG d’une des tendances prévue à… Thiès.

Le pire, c’est qu’il n’échappe pas à aucun observateur averti que le Forum Civil est déchiré par les calculs de ses responsables à la veille de l’échéance électorale cruciale de février 2019. Il est traversé par les micmacs politiciens et autres complots pour lesquels il étripe les quidams politiques à longueur d’année.

Comme tout le monde, ces messieurs et dames passés maîtres dans l’art de donner des leçons de probité et de désintéressement se battent pour des postes auxquels sont attachés des privilèges. Diriger le Forum civil c’est, entre autres retombées, être membre es-qualité du Conseil économique, social et environnemental avec les juteux avantages y attachés. C’est aussi une position privilégiée pour bénéficier des prébendes issues de ce que l’économiste Amady Aly Dieng appelait « le voyagisme missionniste », « la séminarite aiguë » et « le per-diemisme ».

Le militantisme rétribué est certes aussi partagé que le bon sens. Le Forum Civil ne doit pas pour autant nous donner à voir les maux qu’il fustige à longueur de colonnes et d’ondes des médias. Cette force symbolique de la démocratie sénégalaise doit se ressaisir et retrouver une exemplarité à la hauteur de son positionnement sur la scène publique.




Cheikh Yérim Seck

« Sur la révocation de Khalifa Sall, le vrai problème, c’est la justice » (Cheikh Yérim Seck sur la RFM)

YERIMPOST.COM Invité de l’émission Remue-Ménage sur la RFM, Cheikh Yérim Seck a été interrogé sur la révocation de Khalifa Sall de ses fonctions de maire de Dakar. Voici ce qu’il a répondu: « Il ne faut pas reprocher au thermomètre l’effet de la température. Dans le dossier Khalifa Sall, le vrai problème ce n’est pas sa révocation mais sa condamnation. Cette révocation allait intervenir en tout état de cause, la mairie de Dakar, énorme enjeu financier et stratégique, devant être administrée. La vraie question, c’est cette condamnation handicapante de Khalifa Sall par une justice qui, depuis l’affaire Idrissa Seck, n’est plus crédible sur les affaires politiques. »


« Sans le parrainage, il y’aurait eu un chaos mais pas une élection » (Cheikh Yérim Seck sur RFM)





YERIMPOST.COM Invité à l’émission politique Remue-ménage, ce dimanche matin, sur RFM, Cheikh Yérim Seck est revenu sur le parrainage et la pluralité de candidats déclarés à la présidentielle de février 2019. « Nous sommes face à 100 candidats à la candidature. Sans le filtre du parrainage, il y aurait eu le chaos mais pas une élection. Déjà, rien qu’avec 47 listes aux dernières législatives, on a assisté à un scrutin chaotique », a déclaré l’analyste politique. Et l’animatrice de l’émission d’objecter qu’une autre précaution pourrait être prise sans le parrainage, avec le relèvement du montant de la caution par exemple. « Nous avons dans notre pays des hommes politiques cleptomanes. Si la caution avait été relevée, l’un d’entre eux aurait pu débloquer 10 milliards, susciter plusieurs dizaines de candidatures et rendre l’élection inorganisable. »


« L’opposition est entrain de se laisser divertir et coiffer au poteau en février 2019 » (Cheikh Yérim Seck sur RFM)





YERIMPOST.COM Invité à l’émission Remue-Ménage sur RFM, ce dimanche matin, Cheikh Yérim Seck a livré, sur les manifestations de l’opposition, pareille analyse: « Je pressens un remake de 2012. Alors que toute l’opposition était entrain de manifester à la Place de l’Obélisque, Macky Sall avait pris la route des villes et hameaux du Sénégal pour revenir coiffer tout le monde au poteau à la surprise générale. Aujourd’hui, alors qu’on est à moins de six mois de la présidentielle de février 2019, les leaders de l’opposition se laissent distraire par Macky Sall, engagent des combats sur les rues de Dakar au lieu d’aller expliquer leurs projets alternatifs aux Sénégalais. Nous sommes en plein dans l’élection. L’opposition doit s’atteler à convaincre les Sénégalais. Ce ne sont pas les fenêtres de tir qui lui manquent mais elle les gâche. La pénurie d’eau, les inondations et d’autres problèmes sont des questions sur lesquelles ceux qui briguent la magistrature suprême devraient profiter pour faire des propositions alternatives. Mais ils se laissent divertir et risquent de se faire coiffer au poteau au soir du 24 février 2019. »


Doit-on chercher à nuire à Macky Sall par tous les moyens ?

YERIMPOST.COM Au cours de la journée d’hier, 2 septembre 2018, j’ai vécu dans ma chair des méthodes d’une rare brutalité. Alors que je me trouve à l’étranger, nombre de mes connaissances au Sénégal et dans le monde m’ont appelé au sujet d’un audio partagé à travers Whatsapp et les réseaux sociaux. Sans doute pour le colorer et en augmenter le buzz, cet élément sonore a été présenté comme étant mon oeuvre.




Son contenu est aussi grotesque que dangereux. Celui qui y parle, et qui imite ostensiblement ma voix, « révèle » que toute l’eau utilisée par les Sénégalais, y compris pour boire, se laver et faire leurs ablutions rituelles, est le fruit du recyclage des liquides et solides des fosses sceptiques.

Sabotage ne peut être plus pernicieux dans un pays si massivement musulman ! L’audio, au vu des réactions que j’ai reçues, en a traumatisé plus d’un. Les auteurs de la machination en ont profité pour invectiver le président de la République, orchestrateur de ce « crime » écologique, en des termes discourtois et brutaux.

Je comprends bien que nous sommes dans un contexte pré-électoral propice à toutes les intrigues. Je conçois même qu’on puisse orchestrer des manoeuvres peu orthodoxes pour brouiller l’image d’un adversaire politique.

Nul ne saurait toutefois accepter que l’on use de méthodes si pernicieuses quelle que soit la volonté d’éjecter Macky Sall du fauteuil présidentiel. La manoeuvre d’hier autour de l’eau, une ressource stratégique source de guerres dans de nombreuses parties du monde, est tout simplement une atteinte à la sûreté de l’Etat. Heureusement que la prompte réaction du ministre concerné a calmé les esprits.

Pour autant, doit-on chercher par tous les moyens à nuire à Macky Sall ? La réponse est évidemment non. Les adversaires du président de la République gagneraient à cesser les campagnes de mensonge et de dénigrement. Tout ce qui est faux est grossier et inefficace. « Tout ce qui est excessif est insignifiant », dixit Charles-Maurice de Talleyrand.




Cheikh Yérim Seck

(AUDIO) « Je ne suis pas l’auteur de l’audio sur le recyclage de l’eau des fosses sceptiques » (Cheikh Yérim Seck)





YERIMPOST « Je ne suis pas l’auteur de l’audio sur le recyclage de l’eau des fosses sceptiques » (Cheikh Yérim Seck)




M. le président de la République, limogez le directeur général des élections pour « faute lourde »

YERIMPOST.COM M. le président de la République, le document publié par la direction générale des élections, à l’issue de la réunion du 27 août, est ainsi intitulé: « Liste des coordinateurs ayant retirés les supports de parrainage ». La manière d’orthographier le mot « retirés » est indigne des mentions « République du Sénégal » et « Un peuple-Un but-Une foi » (notre devise nationale) qui titrent le document.

Pour l’exemple, et par égard à cette image majestueuse qui doit auréoler l’Etat et la République, je vous demande de limoger le directeur général des élections et de nommer à sa place une personnalité qui ne va plus « verser la figure du Sénégal par terre », pour reprendre le jargon ivoirien.

On ne le dira jamais assez, tout pouvoir repose sur la prestance, le prestige, le mythe… Les serviteurs de l’Etat à un certain niveau n’ont pas droit à l’erreur. Cette erreur du directeur général des élections est une faute, une faute lourde, au regard de tous les moyens mis à sa disposition, à commencer par un prolixe chargé de communication.

Au-delà de lui, M. le président de la République, vous donnerez le signal, à travers son limogeage, que les documents de l’Etat du Sénégal doivent être définitivement expurgés de fautes d’orthographe, de grammaire, de syntaxe…




Cheikh Yérim Seck

Ousmane Tanor Dieng parle, reparle et s’enfonce

YERIMPOST.COM « Le silence est le refuge des faibles et la grandeur des puissants. » Longtemps apparu à l’opinion sous un manteau d’homme d’Etat, Ousmane Tanor Dieng semble commencer à oublier cette leçon de conduite du général Charles De Gaulle. Le président du Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct) parle beaucoup, trop, beaucoup trop ces derniers temps… Celui qui passait il n’y a guère longtemps pour une énigme du fait de son aptitude au silence et de son impassibilité face aux événements est entrain de devenir l’un des perroquets de la très bavarde arène politique sénégalaise.




Multipliant interviews, coups de sang et phrases assassines, le secrétaire général du Parti socialiste (PS) cumule erreurs de com, bourdes et aveux.

Interrogé sur sa succession à la tête du PS, il a répondu: « Il est temps de laisser la place à la jeune génération. Mais je n’ai pas de candidat, parce que je n’ai pas le droit d’en avoir. » Mais non sans préciser qu’il va quand même briguer sa propre succession à la tête du parti à la fin de son mandat en cours. Allez-y y comprendre quelque chose ! Mais Ousmane Tanor Dieng n’en est pas à son coup d’essai. A la vaille de la présidentielle de 2012, n’avait-il pas confié à Jeune Afrique qu’il allait céder sa place en cas d’échec ? Après sa cuisante défaite, ne s’est-il pas agrippé à l’appareil pour pouvoir continuer à exister ?

A propos de sa responsabilité dans ce qui arrive à son camarade socialiste Khalifa Ababacar Sall, Ousmane Tanor Dieng a fait dans la dénégation: « Le Ps et moi n’y sommes pour rien. C’est une affaire banale de gestion. Il faudrait laisser la justice la régler ».

La réponse porte en elle-même l’indication sinon du rôle du moins de la « neutralité active » de « Tanor » dans l’affaire Khalifa Sall. D’autant que le patron du PS a exclu du parti le maire de Dakar à la veille de son procès pour le couper de toute base populaire et le livrer pieds et mains liés à l’infernale machine judiciaire.

Ousmane Tanor Dieng s’est débarrassé d’un rival gênant pour le contrôle du PS. Il s’est taillé une institution comme le Hcct pour assouvir sa vengeance contre son poulain qui trônait sur la très stratégique mairie de Dakar. Il triomphe sur les plateaux des médias alors que Khalifa Sall est entre les quatre murs de sa cellule…

Il doit se ressaisir pour faire honneur à cette place qu’il avait réussi à conquérir dans l’imaginaire des Sénégalais. Plus il parle, plus il se découvre. Plus il se découvre, plus il apparaît aux yeux de tous comme un monstre froid prêt à tuer pour son positionnement personnel. Ce diplomate de formation, sans doute l’un des plus diserts de sa profession, gagnerait à méditer cette pensée de Victor-Lévy Beaulieu: « Ne parle pas. C’est par la parole qu’on devient indigne de tout. »




Cheikh Yérim Seck

Cheikh Bamba Dièye, on ne vous reconnaît plus !

YERIMPOST.COM A vue d’oeil, le leader du FSD/BJ mute d’un dirigeant politique sage et pondéré à un trublion amer et excessif. Sa récente sortie contre Macky Sall et les magistrats, au cours du meeting du weekend dernier de Khalifa Président, est illustratif de la mue du personnage.

Des quolibets de toutes sortes (association de malfaiteurs, corrompus, bandits…), inhabituels dans son langage d’ordinaire si modéré, sont sortis de sa bouche.

La vie politique est certes violente. Cheikh Bamba Dièye doit l’avoir éprouvé avec sa défenestration du gouvernement et son éjection du siège de maire de Saint-Louis au profit de Mansour Faye. Mais ainsi tourne la roue du pouvoir… Le fils de Cheikh Abdoulaye Dièye, biberonné à la politique, qui a hérité du parti de son père avant de devenir l’un des plus jeunes candidats à une présidentielle du Sénégal indépendant, sait mieux que quiconque que, comme a dit Winston Churchill, il faut élever un chien et non faire la politique pour bénéficier de la loyauté.

Cheikh Bamba Dièye doit donc avoir suffisamment durci le cuir pour ne pas laisser les vicissitudes de la vie politique lui voler son âme. Cette belle pépite de la vie politique sénégalaise, qui a un passé et peut avoir un avenir, doit se ressaisir et revenir au style modéré mais efficace qu’on lui connaît. L’insulte le rend méconnaissable.

Cheikh Bamba Dièye a une capacité d’analyse avérée, un niveau intellectuel au-dessus de la moyenne dans le milieu politique sénégalais, une éloquence remarquable et remarquée… La politique de chez nous a certes besoin d’insulteurs. Mais pas de lui dans ce registre. Il y en a suffisamment qui ne savent faire que ça et qui excellent dans le rôle.

Le style de gouvernance de Macky Sall n’est pas tendre avec ses adversaires politiques. Le locataire du Palais depuis 2012 est un vrai posé mais un faux faible. Il a une main de fer dans un gant de velours. Il a le poignet dur sur ses opposants qui peut les pousser à la révolte. Voire à la faute. Tel est le piège à éviter !

Redevenez vous-même, Cheikh Bamba Dièye. On ne vous reconnaît plus !




Cheikh Yérim Seck

La destruction du Mali, une menace existentielle pour le Sénégal

YERIMPOST.COM Au cours du débat de l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2010, en Côte d’Ivoire, le candidat Alassane Ouattara avait lancé une prévision passée presque inaperçue. Il avait prédit que, avant 50 ans, nombre d’Etats africains allaient disparaître. Nous sommes en plein là-dedans, pour parler vulgairement.

Après la Somalie, le Soudan du Sud, la Centrafrique, la Guinée Bissau, voici que le spectre touche un Etat où on croyait la démocratie, la stabilité et le développement irréversibles: le Mali.

Dans ce pays sahélien vaste comme cinq fois la France métropolitaine, aussi grand que le Ghana, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal, le Bénin et le Togo réunis, ce qui s’est passé hier 29 juillet, à l’occasion de ce qui devait être le premier tour de l’élection présidentielle, est le signe de la destruction d’un Etat-multiséculaire qui remonte à l’Empire du Mali.

Bureaux de vote saccagés, attaques armées, assesseurs molestés, matériel électoral brûlé, localités embrasées… Ce pays, dont les parties nord et centre sont occupées par des bandes armées qui y sèment mort et chaos, n’est plus que l’ombre de lui-même. En dépit de la présence massive de forces internationales d’interposition et de maintien de la paix, l’Etat central ne contrôle plus rien ou presque. Il oscille la maladie grave et la mort clinique.

Le Mali est entrain d’être détruit au nez et à la barbe de la communauté internationale.

Si les djihadistes qui y sévissent prennent ce qui reste du pouvoir, le Sénégal partagera la moitié de sa frontière orientale avec une force sans foi ni loi mue par l’obsession d’accéder à l’océan. En clair, d’annexer le territoire sénégalais pour atteindre l’Atlantique.

Si le semblant d’Etat central résiste vaille que vaille sans rien contrôler, nous sommes à la portée des trafics en tous genres menés dans le très étendu no man’s land malien: armes, drogues, ressources naturelles, êtres humains… Etre dans le voisinage immédiat d’un pays où circulent autant d’armes entre les mains de djihadistes et de rebelles pose un sérieux défi sécuritaire au Sénégal. D’autant que, si le Mali tombe totalement, il n’y aura plus de tampon entre la bande sahélienne de tous les dangers et notre pays.

Si, à l’issue de cette élection chaotique, la situation dégénère au point de bouter les Maliens hors du Mali, ils ne partiront pas en Côte d’Ivoire encore incertaine, ni au Niger autant menacé que leur pays, encore moins en Guinée où l’économie et la monnaie ne leur offrent aucune perspective de bien-être. Ils viendront en grande partie au Sénégal. Or, celui-ci ne peut pas accueillir certains flux sans courir le risque de tomber dans une grave crise humanitaire et économique.

Dans tous les cas de figure, le Sénégal tousse lorsque le Mali s’enrhume. Nul doute que nos autorités exercent une vigilance stratégique sur ce pays voisin, ami et frère. Il ne peut pas en être autrement. La destruction du Mali constitue une menace existentielle pour le Sénégal.

Cheikh Yérim Seck




Cette promesse d’Abdoulaye Wade à Hadjibou Soumaré va casser ce qui reste du Pds

YERIMPOST.COM A défaut de susciter la candidature de Cheikh Hadjibou Soumaré, Abdoulaye Wade l’a vivement encouragée. Ou même plus. Il a laissé entendre à celui qu’il nomma Premier ministre qu’il allait l’adouber comme candidat du Parti démocratique sénégalais (Pds), sa formation politique.

Ce gentlemen agreement a été conclu avec la bénédiction d’un chef d’Etat ouest-africain en exercice. Depuis que le très politique Abdoulaye Wade a compris, après moult menaces et tentatives de négociation restées vaines, que la candidature de Karim Wade à la présidentielle allait être déclarée irrecevable, il ne cesse de chercher une alternative. Mais partout, sauf parmi les responsables restés fidèles à son parti.

De la même façon qu’il avait surplombé ces derniers pour adouber son propre fils comme candidat, « la seule constante » du Pds s’est tournée vers un ancien collaborateur resté longtemps, à la tête de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), à l’écart de la vie politique du pays. Ce choix, qui a toutes les allures d’une option du désespoir, traduit le vide sidéral que ressent Wade dans les rangs de ce qui reste de son parti.

A ses yeux, Oumar Sarr, le coordonnateur du Pds, Madické Niang, le président du groupe parlementaire du parti à l’Assemblée nationale, et tutti quanti sont du menu fretin et ne peuvent être élevés à la dignité de candidat à la présidentielle.

Abdoulaye Wade ne s’est pas arrêté là dans l’outrance. Sûrement saisi d’un doute à propos des chances de victoire du très peu populaire Cheikh Hadjibou Soumaré, il a continué à chercher… Et pensé à… Boubacar Camara, un novice en politique quasi-inconnu en dehors du très fermé microcosme dakarois.

Tel un enfant à une distribution de cadeaux dans la fratrie, Abdoulaye Wade veut tout, sauf ce qu’il a. Il peut adouber tous les candidats, sauf ceux qui sont devenus banals à ses yeux à force de rester dans son champ de vision. « La seule constante » tarde à se rendre compte qu’elle l’est moins depuis qu’elle ne peut plus distribuer de privilèges liés à la position de pouvoir. S’il persiste dans cette lubie Cheikh Hadjibou Soumaré, il va casser ce qui reste du Pds.




Cheikh Yérim Seck

Visite de Xi Jinping à Dakar, succès du leadership diplomatique de Macky Sall

YERIMPOST.COM Ce samedi 21 juillet, peu après 15h, l’avion de Xi Jinping a foulé la piste de l’aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar. Arrivé en compagnie de son épouse, pour une visite d’Etat, le numéro un chinois a été accueilli à sa descente par le couple présidentiel sénégalais.

Notre pays est la première étape d’une tournée africaine qui mènera Xi au Rwanda et à Maurice, l’étape d’Afrique du Sud étant imposée par sa participation au sommet des pays émergents, les Brics. Les Etats choisis pour cette tournée, réputés pour leurs progrès dans la gouvernance politique et économique, reflètent, par l’effet de comparaison, le rayonnement du Sénégal aux yeux de l’hyper-puissance chinoise.

Dakar est en quelque sorte un passage obligé des leaders des plus grandes puissances mondiales, d’Obama à Macron, en passant par Xi et bien d’autres rois et têtes couronnées d’Europe et d’Asie. Macky Sall, dont la présence aux sommets du G8 s’est imposée depuis son arrivée au pouvoir, en mars 2012, a inscrit notre pays au banquet des grandes puissances qui scellent le destin du monde. Et il est l’un des premiers présidents africains que le nouveau locataire de la Maison Blanche, Donald Trump, va recevoir.

Dans ce style qui est le sien, discret mais efficace, et qui tranche d’avec celui tonitruant de son prédécesseur, Abdoulaye Wade, l’actuel numéro un sénégalais a réussi à imposer un leadership diplomatique fort en Afrique et dans le monde. Son humilité et sa courtoisie y sont pour quelque chose, après douze ans au cours desquels le pedigree professoral et le ton donneur de leçons de Wade avaient fini d’agacer nombre de ses pairs d’Afrique et d’ailleurs.

La Chine, convoitée par tous les pays en développement, du fait de la diligence de ses concours financiers, va injecter 1 milliard de dollars dans l’économie sénégalaise. A l’ère contemporaine, la diplomatie, c’est aussi et surtout la conduite des relations internationales dans le souci de sauvegarde des intérêts économiques. Au niveau de la symbolique comme à celui des répercussions concrètes, la visite de Xi Jinping à Dakar est un succès du leadership diplomatique de Macky Sall.




Cheikh Yérim Seck

Modou Diagne Fada rejoint une sphère présidentielle où tous le détestent

YERIMPOST.COM Pépite de la jeunesse politique du Sénégal, porte-étendard de la relève au lendemain de la première alternance, en 2000, Modou Diagne Fada s’est mué en un politicien froid qui pose des actes suivant une seule boussole: ses intérêts propres. La vitesse supersonique à laquelle il a créé une coalition avec Abdoulaye Baldé, au sein de laquelle était censé être désigné un candidat, pour ensuite virevolter en direction de la prairie présidentielle, est sidérante.

Mais Fada, qui a mis à exécution un plan dont la préméditation n’a échappé à personne en dépit des détours, a fait l’un des plus mauvais choix de sa carrière politicienne. Il a basculé dans la sphère présidentielle où tous le détestent. Macky Sall, qui a la rancune tenace et la revanche dure en politique, n’a pas oublié que Modou Diagne Fada, poulain d’Idrissa Seck puis de Karim Wade, fut un moment instrumentalisé contre lui.

Les proches du chef de l’Etat ne font aucun mystère de leur opinion: Fada a rejoint le Macky avec le seul calcul de prendre à leur candidat des fonds de campagne qu’il n’utilisera que pour ses besoins personnels. Le locataire du Palais, allergique à tous les types d’entrepreneurs politiques, martèle urbi et orbi que tous ceux qui viennent à lui pour le rouler dans la farine se prendront à leur propre jeu.

Mahammed Boun Abdallah Dione, conciliant devant l’Eternel, modéré et capable de traiter avec quiconque peut apporter un tant soit peu à son « boss », compose avec tout le monde. A l’exception de quelques-uns dont Modou Diagne Fada. C’est chimique; ce dernier l’insupporte…

Inutile de préciser que les caciques de l’Alliance pour la République (APR, le parti présidentiel), connus pour leur ostracisme et leur réticence à partager la moindre portion du gâteau du pouvoir, tueraient les intrus au banquet du style de Fada s’ils le pouvaient.

Last but not least, le leader de Les Démocrates Réformateurs /Yeesal, publiquement accusé par Abdoulaye Wade d’être la taupe de Macky Sall au sein du PDS, et qui avait été l’instrument de la cassure du groupe parlementaire de cette formation politique, ne peut susciter que méfiance au sein du camp qu’il vient de rejoindre.

En un mot comme en mille, Modou Diagne Fada a rejoint une sphère présidentielle où tous sinon le détestent, du moins se méfient de lui.




Cheikh Yérim Seck

Faut-il croire Pierre Goudiaby Atépa ?




YERIMPOST.COM J’ai récemment rencontré Pierre Goudiaby Atépa dans un avion sur l’axe Paris-Dakar. Nous avons échangé quelques minutes. Et sommes convenus de nous voir pour discuter de sa candidature à la fonction suprême. Il m’a défini son engagement par une formule-choc: « Et si on remplaçait les politiciens qui ont échoué par des gens qui ont fait leurs preuves ailleurs ? » Je dois avouer partager le diagnostic et l’amorce de solution.

Mais, si Pierre Goudiaby Atépa est novice en politique, ce n’est pas un homme neuf. Il est, à sa façon, un dignitaire politique, ayant gravité autour des pouvoirs successifs de Senghor à Wade. Il a toujours été là, profitant même de ses entrées dans les allées du pouvoir pour rafler des marchés hors de toute concurrence. Ce sont ses collègues architectes qui l’ont clamé haut et fort, après que Wade lui a attribué sans appel d’offres le chantier de la Porte du Millénaire.




C’est seulement sous l’ère Macky Sall que l’architecte n’a pas une introduction notoire au Palais. Est-il né de cet éloignement une frustration, source de candidature en guise de revanche ? Je soulève une interrogation légitime mais ne puis y répondre, n’étant pas dans la tête du leader du mouvement  » Ensemble pour une refondation ».

S’il n’a jamais été candidat, Pierre Goudiaby Atépa n’en a pas moins été dans la politique. Ou tout au moins dans les jeux de pouvoir. Son propos sanguin sur la candidature de Karim Wade est dans la logique de l’adversité qui a toujours animé ses rapports avec le rejeton de l’ancien président. Wade-fils, qui a toujours pris ce visiteur régulier du Palais pour « un escroc », ne l’a jamais raté. L’attaque à la mitraillette contre lui de Karim Wade, qui l’a violemment accusé d’avoir cherché à voler l’Etat, à l’occasion d’une réunion autour des tracteurs indiens, résonne encore aux oreilles de quelques habitués du Palais sous Wade.

Comme nombre de politiciens, Atépa traîne son lot d’accusations de commissions occultes et de pratiques nébuleuses. En Afrique, du Tchad à la Guinée Equatoriale, en passant par l’Angola, l’architecte a réalisé des oeuvres dont le Sénégal doit être fier, même si l’opinion sur son travail et sur lui est fort contrastée.

Dans une tirade récente, le frais émoulu candidat a accusé la presse de traiter la politique politicienne au détriment du développement. Il a raison. Mais Pierre Goudiaby lui-même fait-il du développement ? A la tête des cadres casamançais, il est l’objet de critiques récurrentes. Son association est réputée se servir de la Casamance plutôt que de servir les populations de cette région. De là à penser que ces cadres agitent le spectre de la crise casamançaise pour servir leurs intérêts personnels, il y a un pas que nul ne doit franchir sans disposer de preuves  irréfutables d’agissements aussi graves sur une question si sensible.

L’architecte milite pour la protection du littoral contre la prédation foncière. C’est tout à son honneur, même si cet engagement peut être entaché d’un doute. Il est interprété par certains comme visant à protéger l’accès à la mer de sa propriété qui surplombe la corniche de Dakar.

Pierre Goudiaby Atépa est à bien des égards une identité remarquable. Le très politique homme d’affaires, qui a déjà voulu être candidat en 2012 avant de se désister, a réussi dans le privé mais entretient une relation avec la politique qui peut relever de la psychanalyse. Ce businessman prospère et tentaculaire, qui aurait pu se suffire à son activité, est, à sa manière, « un complexé du pouvoir ». Il n’est pas le seul. Il est de ces hommes qui brûlent de l’obsession de se retrouver au sommet de la pyramide de Maslow. Il revient aux Sénégalais d’analyser son offre politique pour y croire ou pas…




Cheikh Yérim Seck

De juriste adulé à tailleur du droit: chronique de la chute d’Ismaïla Madior Fall

YERIMPOST.COM Ismaïla Madior Fall a suivi une trajectoire classique, presque triviale, sous nos cieux. Comme beaucoup avant lui, il s’est positionné dans la masse critique, a dépassé la mêlée d’une tête pour être repéré et récupéré, avant de se muer en thuriféraire sans borne du régime…

Chez le professeur de droit constitutionnel Ismaïla Madior Fall, l’arrivée sous les ors, lambris et dorures du pouvoir a sonné le début d’une décadence intellectuelle aiguë. Pour rester dans les faveurs du Prince, celui qui fut crédité d’une crédibilité dans l’exégèse de nos institutions est aujourd’hui amené à tordre le coup aux normes constitutionnelles et principes généraux du droit dans le but d’auréoler d’un semblant de légalité les coups tordus de Sa Majesté.

C’est consternant de voir ce constitutionnaliste, spécialiste de la norme fondamentale qui fixe les droits essentiels de la personne humaine, tenter une fastidieuse argumentation contre la décision de la Cour de justice de la Cedeao qui établit la détention arbitraire infligée à Khalifa Sall.

C’est une tragédie d’entendre celui qui passait il n’y a guère longtemps comme l’une des consciences juridiques de notre pays défendre les entorses les plus graves à nos lois, de la liberticide Crei à la déconsolidante révision constitutionnelle destinée à écarter certains adversaires de la bataille électorale de février 2019, en passant par le reniement de l’engagement de réduire le mandat présidentiel maquillé en refus du Conseil constitutionnel…

A sa décharge, Ismaïla Madior Fall n’est pas seul dans son cas. Bien des diseurs de vérités sous Abdoulaye Wade ont aujourd’hui le bec cloué par les postes et privilèges distribués par Macky Sall. Le président du Sénégal depuis mars 2012 a un talent fou pour boucher la bouche à ceux qui parlaient un peu trop à son goût. Bien des grandes gueules d’hier grossissent aujourd’hui les rangs de ses « dames de compagnie ».

Mais l’exemple de son ex-conseiller juridique promu garde des sceaux est un cas d’école. Sans doute du fait de la scientificité du droit, l’alchimie d’Ismaïla Madior Fall est on ne peut plus grossière. Sa chute est symptomatique de l’opportunisme et de la vénalité de bien des intellectuels de chez nous. Ce professeur d’université, cible de critiques de plus en plus ouvertes de ses collègues, est tombé du piédestal de juriste de référence pour s’enfoncer dans l’abîme de tailleur sur mesure du droit.




Cheikh Yérim Seck

 

Détention arbitraire! Le péril de la détention! Le danger de l’arbitraire!

YERIMPOST.COM Ce 29 juin 2018, la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a déclaré, dans un arrêt à forte charge historique, que Khalifa Ababacar Sall, maire de Dakar, poursuivi et incarcéré au Sénégal pour malversations dans la gestion de la caisse d’avance de sa commune, a été arbitrairement détenu de la proclamation par le Conseil constitutionnel des résultats des législatives de juillet 2017, qui le donnaient élu, à la levée de son immunité parlementaire.




Du 14 août 2017 au 25 novembre de la même année, un citoyen sénégalais a été privé de sa liberté. Il a été délesté de son droit d’aller et venir, de travailler pour sa mairie, de vivre dans son domicile, de profiter de sa famille, d’être maître de lui-même… Pendant ces plus de trois mois, il est resté, sans fondement légal, confiné entre les quatre murs d’une cellule de la prison de Rebeuss, gelé dans sa volonté et son activité.

Il n’y a pire martyre. La prison est l’une des meilleures inventions pour faire souffrir son pensionnaire dans sa chair et dans son esprit. Roger de Bussy-Rabutin a raison, « on ne se réveille pas un matin en prison qu’on ne soit triste jusqu’à la mort. » (Mémoires, 1693).

Jeter un être humain à juste raison en détention est contesté, a fortiori à tort. Si la détention est un drame, la détention arbitraire est une tragédie.

Or, le régime de Macky Sall en a fait une spécialité. Ses deux opposants les plus coriaces, Karim Wade et Khalifa Sall, ont été frappés de détention arbitraire dûment constatée par des juridictions internationales libres de toute influence, du Groupe de travail international de l’Onu sur les droits humains à la Cour de justice de la Cedeao. Le vernis démocratique sénégalais craquelle pour laisser place à des points rouges sur la carte du monde des violations des droits de l’homme.

C’est une loi immuable de l’Histoire: l’arbitraire favorise l’injustice, l’injustice génère la révolte, la révolte conduit à la guerre, la guerre crée le désordre, le désordre cause la destruction et la mort… L’arbitraire est le début de la chaîne qui mène à la mort. Il est plus périlleux que le péril. Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes l’a écrit: « l’autorité arbitraire n’est jamais plus active et plus dangereuse qu’alors qu’elle devient un instrument de vengeance contre un particulier. » Avant d’ajouter: « Le bien de l’Etat, la tranquillité et la liberté légitime exigent que tout arbitraire soit détruit. »

Et c’est là une cause nationale: les organisations de défense des droits de l’homme et toutes les forces démocratiques de notre pays doivent se dresser. Elles ont la mission historique de freiner le spectre de la détention arbitraire, d’enrayer plus globalement le danger de l’arbitraire.




Cheikh Yérim Seck

 

A l’image du Sénégal, les Lions sont une symphonie inachevée

YERIMPOST.COM Quand on observe le Sénégal, on ne peut pas ne pas être saisi d’une sensation de terrible gâchis. Notre pays est un hub naturel. Situé à une poignée d’heures de l’Europe, il n’est séparé de l’Amérique et de l’Asie que par la frontière naturelle de l’océan. En dépit de ce privilège géographique, nous n’avons toujours pas réussi à positionner ne serait-ce un pavillon national pour desservir les capitales du monde.

L’océan Atlantique borde toute la longueur du pays qui compte parmi les plus beaux sites du moindre. Notre secteur touristique est toutefois entre la maladie grave et la mort clinique.




Nous bénéficions depuis l’indépendance d’une stabilité insolente (zéro coup d’Etat et nulle crise grave) qui ne nous a servi qu’à engranger une aide internationale massive ayant paradoxalement conduit à nous appauvrir chaque année davantage.

Le Sénégal est une démocratie qui fonctionne mais qui n’a jusqu’ici permis, en dépit de deux alternances pacifiques, que de substituer des équipes dirigeantes corrompues et incompétentes à d’autres.

Notre pays a des ressources humaines de qualité aussi bien à l’intérieur que dans la diaspora. Aux postes de décision ont toutefois toujours été placés des politiciens dont le seul mérite est la capacité d’user d’intrigues et de clientélismes pour s’accaparer de sinécures et privilèges.

Tel est le sort, quasi-métaphysique, du Sénégal. Nous avons tous les atouts mais n’en usons aucun pour construire le progrès.

Un peu comme, de l’avis de tous les spécialistes, notre équipe nationale de football avait toutes les cartes en main pour réussir cette Coupe du monde Russie 2018, mais a fini par plonger ses 15 millions de supporters dans la déception et la déprime. C’est ainsi: sur tous les fronts, le Sénégal n’a pas remporté de victoire essentielle depuis 1960. Notre peuple si superstitieux doit oeuvrer à élaguer la guigne qui le plombe.

L’histoire bégaie… A l’image du pays, cette belle génération de Lions a été une symphonie inachevée…




Cheikh Yérim Seck

La vraie signification des mots et actes du grand discret et gros taiseux Baba Diao

YERIMPOST.COM Il faut connaître un tant soit peu le très discret et trop peu accessible Abdoulaye Diao dit Baba pour se risquer à qualifier ses mots et actes à l’occasion de la cérémonie de deuil suite au décès de sa mère. Ce trader mythique, discret jusqu’à la caricature, doit être le Sénégalais le plus avare en parole et en apparition publiques.

En privé, ce diplômé de l’Institut français du pétrole, patron compétent de la prospère entreprise Itoc, est un homme intellectuellement structuré, cultivé, soucieux de la situation du Sénégal… Il n’a toutefois aucune sensibilité politicienne ni la moindre velléité partisane. D’ailleurs, sa position actuelle de trait d’union entre les acteurs politiques, économiques, religieux et coutumiers, ne lui permet de rouler pour aucune coterie.

Le geste qu’il a posé en pleine cérémonie, consistant à intimer l’ordre à Talla Sylla de se lever pour serrer la main à son « grand-frère » Idrissa Seck, avec qui il était en froid, n’a rien de politique. C’est un acte social d’un Sénégalais pur jus qui réconcilie ses deux cadets brouillés qui se sont croisés chez lui en une circonstance particulière. C’est d’ailleurs la énième fois qu’il rapproche des personnes en conflit.

De même, lorsque Baba Diao, affirme que Karim Wade est son neveu qui lui a toujours manifesté de la politesse, il n’agit sous aucune forme de calcul politique. Le président de la République, Macky Sall, est pour lui « un frère » par affection pour qui il a accepté un poste de conseiller spécial à la présidence. De même, Madické Niang, Ousmane Tanor Dieng, Idrissa Seck, Souleymane Ndéné Ndiaye… sont ses proches. Il est, dans un pays clivé comme le Sénégal, l’unique trait d’union de la classe politique. Cette position est précieuse. Tout pays a besoin de passerelles, surtout pour atténuer les chocs en cas de crise.

La présence à la cérémonie de deuil de Serigne Bassirou Mbacké Abdoul Khadre, d’Ahmed Khalifa Niasse, et de représentants de toutes les familles religieuses est le signe de la centralité de « Baba ». Ce quasi-septuagénaire fringant à la chevelure généreuse, au regard de félin, à la mine ferme et à l’esprit vif est ce qu’on appelle sous d’autres cieux un homme influent. Cet ingénieur, qui a bâti sa fortune sur le trading de pétrole et de gaz, a un mode de vie qui tranche d’avec celui clinquant des Sénégalais. Il commence à travailler après la descente de ses compatriotes, au crépuscule, pour se conformer à l’horaire des bourses du pétrole. Et épouse les codes de son très sélect monde professionnel qui imposent, pour pouvoir décider, de savoir se cacher.




Cheikh Yérim Seck

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