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Cheikh Yérim Seck

Thierno Alassane Sall, faites gaffe à ne pas franchir la ligne rouge du déballage

YERIMPOST.COM Thierno Alassane Sall a posé un acte qui force politiquement et moralement le respect. Sous nos cieux où tous s’accrochent aux strapontins jusqu’à boire la lie, il a osé, sur la base d’un désaccord avec le président de la République, poser sa démission sur la table. C’est tout à son honneur qu’il ait renoncé au fauteuil ministériel de l’Energie pour ne pas avoir à signer un contrat avec Total qu’il a estimé contraire aux intérêts du Sénégal.







Mais Thierno Alassane Sall n’est pas Ousmane Sonko, ce lanceur d’alerte éjecté de son poste d’inspecteur des impôts, et qui a toujours inscrit son action d’abord syndicale puis politique dans une stratégie de rupture vis-à-vis du régime. Il n’est pas non plus Mamadou Lamine Diallo, un libre penseur éloigné du pouvoir dès les premières heures de la victoire de Macky Sall à la présidentielle de 2012.

Thierno Alassane Sall est un des caciques du parti présidentiel, un de ces cadres qui ont porté le président Sall au pouvoir à la faveur de leur combat. Ce militant de la première heure de l’Alliance pour la République (APR) a aussi et surtout été au coeur du pouvoir au lendemain de la deuxième alternance. Plusieurs fois ministre, il fut l’un des hommes de confiance du président, membre éminent du premier cercle du pouvoir pendant des années. De cette station, il a pu voir, entendre, vivre bien des choses dont certaines relèvent du secret sinon d’Etat du moins professionnel.

Les vicissitudes de la vie politique l’ont séparé de Macky Sall. Cela arrive. La vie politique, comme la vie tout court, n’est pas un long fleuve tranquille. Les amours, comme les civilisations, sont mortels. Mais se séparer n’autorise pas à renier le passé ni à insulter l’avenir.

En évoquant aujourd’hui des faits et des chiffres autour du secteur du pétrole qu’il a eu à gérer en tant que ministre, Thierno Alassane Sall flirte dangereusement avec une ligne rouge qu’il devra se garder de franchir: le déballage. Non pas pour ménager Macky Sall, incarnation temporaire du pouvoir qu’il peut quitter dès février 2019 si les Sénégalais en décident ainsi. Mais pour protéger la sacralité, l’inviolabilité, le mythe de l’Etat. Cet Etat qui est le garant de notre sécurité, de nos libertés, de nos vies…

Soucieux d’incarner une force morale sur la scène politique au Sénégal, nul doute que Thierno Alassane Sall se souviendra de cette leçon de vie de l’immense écrivain Gabriel Garcia Marquez: « la vertu principale d’un homme, c’est de savoir garder un secret. »

Cheikh Yérim Seck







Abdoul Mbaye candidat contre Macky Sall: Quel gâchis !

YERIMPOST.COM Ce 30 septembre 2018, par un discours de 2 tours d’horloge, Abdoul Mbaye a décliné les lignes directrices de sa vision en soutien à sa volonté de briguer les suffrages des Sénégalais en février 2019. Contre Macky Sall dont il fut le Premier ministre du 3 avril 2012 au 1er septembre 2013.




Le scénario est invraisemblable. Abdoul Mbaye avait plus d’une fois martelé, la main sur le coeur, que, « Premier ministre ou pas », il n’allait pas s’opposer à celui qui l’a porté à la tête du gouvernement et qu’il allait, tout au contraire, « l’aider à obtenir un second mandat ».

Le scénario est dramatique. L’ex-banquier de génie nommé à la primature avait plus à construire à l’intérieur du pouvoir qu’à critiquer au sein de l’opposition. Car, selon les témoignages unanimes de moult cadres de l’administration, Abdoul Mbaye fut l’un des chefs du gouvernement les plus compétents de l’histoire du Sénégal. Son efficacité dans la gestion des dossiers a laissé des empreintes indélébiles, y compris au niveau des ministres qui composaient son équipe. Sa célérité, en application de la méthode « zéro papier en attente sur le bureau jusqu’au lendemain », a fait avancer nombre de dossiers qui dormaient dans les tiroirs d’une administration sclérosée.

Par un de ces complots dont ils ont le secret, les apparatchiks du palais ont réussi à faire exploser le couple exécutif. Le président de la République s’est débarrassée de son principal collaborateur pour nommer à sa place Aminata Touré, « un Premier ministre politique » dont la brièveté du séjour au poste rend compte des résultats !

La vision de Macky Sall et sa mise en oeuvre par Abdoul Mbaye ont redressé l’Etat laissé en banqueroute par le régime d’Abdoulaye Wade. La suite de l’idylle est une tragédie grecque faite de trahisons et de coups bas. Abdoul Mbaye a tenu des propos et publié des écrits regrettables sur la gestion du pays, notamment du pétrole, par le pouvoir auquel il a appartenu. Il a tiré à boulets rouges sur Macky Sall dont il a moult fois loué les qualités…

Le pouvoir a infligé à celui qui sortait de la primature un traitement intolérable allant du vol de ses affaires personnelles par les services secrets à une vendetta judiciaire par son ex-épouse interposée. La politique est violente. Les enjeux de pouvoir sont brutaux.




Au bout de tous ces règlements de comptes, Abdoul Mbaye, qui aurait pu et dû rester avec Macky Sall en dépit des aléas du pouvoir, est aujourd’hui candidat contre celui qui lui mit le pied à l’étrier. Quel gâchis !

Cheikh Yérim Seck

 

 

ABC, la forme de votre tirade est inélégante

YERIMPOST.COM ABC, vous n’ignorez sans doute rien de l’estime intellectuelle que je vous porte. Je ne suis d’ailleurs pas loin de penser, au regard de votre contribution à la réussite de l’Alliance pour la République (APR), que vous faîtes partie de ces victimes expiatoires que la politique sous nos tropiques a le don de fabriquer. Même si, toute chose étant relative par ailleurs, les conditions de votre éjection du gouvernement, sous veto américain, suite à des faits graves allégués contre vous, ne plaident pas entièrement en votre faveur.




Après une traversée du désert, vous avez été propulsé Médiateur de la République. Vous avez tenté de mettre de la chair dans une fonction qui se limitait à présenter des rapports annuels. Mais l’intellectuel raffiné que vous êtes n’ignore guère qu’on ne peut pas réussir de la médiation sans être équidistant des parties. Au gré de l’actualité, vous étrillez le régime et agitez le spectre d’une candidature de dissidence au sein du parti présidentiel en perspective de l’élection de février 2019.

Votre dernière tirade, dans laquelle vous affichez votre énervement face à la « misère » qui tenaille la population, a réussi à sortir de sa modération même le très pondéré chef du gouvernement. Mahammed Boun Abdallah Dionne n’a sûrement pas apprécié la forme de cette énième charge. D’autant que vous leur parlez, à lui et à celui qu’il appelle « mon patron ».

Macky Sall ne fait pas que vous parler. Il s’est investi pour que, au cours d’un séjour médical récent aux Etats-Unis, vous soyez correctement pris en charge. Le chef de l’Etat a également pesé de tout son poids pour que vous n’ayez aucun souci judiciaire à l’international suite à des liens qui vous ont été prêtés avec le sulfureux John Obi.

Vous comprenez donc l’inélégance de dire sur la place publique des choses graves impliquant des personnes avec qui vous pouvez parler en privé. Vous auriez été plus efficace si vous usiez d’un registre plus soft que le déballage public pour emmener le chef de l’Etat à regarder la misère qui secoue le patelin du Sénégal que vous avez visité.

Mais il me semble que votre préoccupation est plus transcendante. Votre comportement politique de ces derniers mois est clairement une posture de défiance voire de rupture avec le régime. Vous en avez le droit, nous sommes en démocratie.

Mais, le cas échéant, vous devez vous dévêtir du manteau de l’institution qui vous couvre pour entrer dans l’arène. La posture du ni dedans ni dehors sera de moins en moins tenable en cette période pré-électorale sensible où, la présidentielle étant une forme de référendum, le débat va se cristalliser autour d’une opposition entre pro- et anti-Macky Sall.




Cheikh Yérim Seck

Mame Mactar Guèye Jamra et autres partisans de Sonko, apprenez la tolérance (Cheikh Yérim Seck)




YERIMPOST.COM Il ne se passe pas un jour, depuis la cérémonie de présentation de « Solutions », le livre-programme d’Ousmane Sonko, sans que je subisse des accusations du type de celles que Mame Mactar Guéye de Jamara a ci-dessus formulées à mon encontre sur sa page Facebook.

Je voudrais dire, à l’intention de tous les supporters de Sonko qui inondent la toile, que loin de moi toute volonté de stigmatiser leur leader ou qui que ce soit. Les questions que je lui ai posées, et portant sur le premier thème de la cérémonie (la personne, l’auteur et l’ouvrage) ont une seule finalité: emmener le grand public à connaître le pedigree personnel du candidat qui présentait sa vision pour le Sénégal. Cela s’appelle faire du journalisme.

Le journalisme, c’est chercher ce qu’on ne veut pas montrer mais qui est salutaire à savoir dans le débat public. En l’occurrence, il m’a semblé utile de mettre sur la table les questions que les Sénégalais se posent à propos du leader de Pastef. Les militants de ce parti devront souffrir que leur candidat soit passé au scanner avant de se voir confier une chose aussi précieuse que le Sénégal.

L’intolérance dont certains d’entre eux font montre est suspecte et fait peur. Elle ne rassure pas sur ce que ce parti fera du pouvoir si Dieu décide qu’il y accède. A quelques encablures de la présidentielle de février 2019, tous les candidats doivent être passés au crible, leurs programmes scrutés et leurs comportements politiques décryptés…

En ce qui me concerne à titre personnel, et en ce qui concerne l’équipe de Yerimpost, c’est à ce travail d’éclairage du choix des citoyens que nous allons nous atteler dans un souci de neutralité et de transparence. C’est en un journalisme efficace, non complaisant et équidistant que je crois.

Cheikh Yérim Seck

 




Vidéo- Cheikh Yérim Seck accule Sonko qui résiste (questions-réponses en intégralité)









Messieurs dames du Forum Civil, ne faîtes pas ce que vous fustigez tous les jours !!!

YERIMPOST.COM Par l’intéressant facteur personnel de Mouhamadou Mbodj, intellectuel raffiné au bagout certain, le Forum Civil s’est imposé dans la société civile sénégalaise, à la faveur des années 2000, comme une sentinelle de la transparence et de la bonne gouvernance.

Mbodj n’est plus… Ses successeurs s’entre-déchirent aujourd’hui pour hériter de cette antenne sénégalaise de Transparency International. Deux tendances s’en disputent le leaderhip: une dirigée par le très acerbe et ultra-médiatisé Birahim Seck, et une autre incarnée par l’avocat Me Moussa Félix Sow, qui défendit l’Etat du Sénégal dans nombre de dossiers sensibles, réputé donc plus commode.

Dans cette guerre de tranchées, le Forum Civil offre le visage d’une lutte triviale pour le pouvoir, d’une vulgaire guerre pour des privilèges, avec ses coups tordus, ses croche-pieds dans les médias, ses communiqués et contre-communiqués à tous égards ressemblants à ceux des politiciens ordinaires…




Dernier coup d’éclat en date, ce communiqué du 13 septembre de la section thiessoise de l’organisation qui se démarque de l’AG d’une des tendances prévue à… Thiès.

Le pire, c’est qu’il n’échappe pas à aucun observateur averti que le Forum Civil est déchiré par les calculs de ses responsables à la veille de l’échéance électorale cruciale de février 2019. Il est traversé par les micmacs politiciens et autres complots pour lesquels il étripe les quidams politiques à longueur d’année.

Comme tout le monde, ces messieurs et dames passés maîtres dans l’art de donner des leçons de probité et de désintéressement se battent pour des postes auxquels sont attachés des privilèges. Diriger le Forum civil c’est, entre autres retombées, être membre es-qualité du Conseil économique, social et environnemental avec les juteux avantages y attachés. C’est aussi une position privilégiée pour bénéficier des prébendes issues de ce que l’économiste Amady Aly Dieng appelait « le voyagisme missionniste », « la séminarite aiguë » et « le per-diemisme ».

Le militantisme rétribué est certes aussi partagé que le bon sens. Le Forum Civil ne doit pas pour autant nous donner à voir les maux qu’il fustige à longueur de colonnes et d’ondes des médias. Cette force symbolique de la démocratie sénégalaise doit se ressaisir et retrouver une exemplarité à la hauteur de son positionnement sur la scène publique.




Cheikh Yérim Seck

« Sur la révocation de Khalifa Sall, le vrai problème, c’est la justice » (Cheikh Yérim Seck sur la RFM)

YERIMPOST.COM Invité de l’émission Remue-Ménage sur la RFM, Cheikh Yérim Seck a été interrogé sur la révocation de Khalifa Sall de ses fonctions de maire de Dakar. Voici ce qu’il a répondu: « Il ne faut pas reprocher au thermomètre l’effet de la température. Dans le dossier Khalifa Sall, le vrai problème ce n’est pas sa révocation mais sa condamnation. Cette révocation allait intervenir en tout état de cause, la mairie de Dakar, énorme enjeu financier et stratégique, devant être administrée. La vraie question, c’est cette condamnation handicapante de Khalifa Sall par une justice qui, depuis l’affaire Idrissa Seck, n’est plus crédible sur les affaires politiques. »


« Sans le parrainage, il y’aurait eu un chaos mais pas une élection » (Cheikh Yérim Seck sur RFM)





YERIMPOST.COM Invité à l’émission politique Remue-ménage, ce dimanche matin, sur RFM, Cheikh Yérim Seck est revenu sur le parrainage et la pluralité de candidats déclarés à la présidentielle de février 2019. « Nous sommes face à 100 candidats à la candidature. Sans le filtre du parrainage, il y aurait eu le chaos mais pas une élection. Déjà, rien qu’avec 47 listes aux dernières législatives, on a assisté à un scrutin chaotique », a déclaré l’analyste politique. Et l’animatrice de l’émission d’objecter qu’une autre précaution pourrait être prise sans le parrainage, avec le relèvement du montant de la caution par exemple. « Nous avons dans notre pays des hommes politiques cleptomanes. Si la caution avait été relevée, l’un d’entre eux aurait pu débloquer 10 milliards, susciter plusieurs dizaines de candidatures et rendre l’élection inorganisable. »


« L’opposition est entrain de se laisser divertir et coiffer au poteau en février 2019 » (Cheikh Yérim Seck sur RFM)





YERIMPOST.COM Invité à l’émission Remue-Ménage sur RFM, ce dimanche matin, Cheikh Yérim Seck a livré, sur les manifestations de l’opposition, pareille analyse: « Je pressens un remake de 2012. Alors que toute l’opposition était entrain de manifester à la Place de l’Obélisque, Macky Sall avait pris la route des villes et hameaux du Sénégal pour revenir coiffer tout le monde au poteau à la surprise générale. Aujourd’hui, alors qu’on est à moins de six mois de la présidentielle de février 2019, les leaders de l’opposition se laissent distraire par Macky Sall, engagent des combats sur les rues de Dakar au lieu d’aller expliquer leurs projets alternatifs aux Sénégalais. Nous sommes en plein dans l’élection. L’opposition doit s’atteler à convaincre les Sénégalais. Ce ne sont pas les fenêtres de tir qui lui manquent mais elle les gâche. La pénurie d’eau, les inondations et d’autres problèmes sont des questions sur lesquelles ceux qui briguent la magistrature suprême devraient profiter pour faire des propositions alternatives. Mais ils se laissent divertir et risquent de se faire coiffer au poteau au soir du 24 février 2019. »


Doit-on chercher à nuire à Macky Sall par tous les moyens ?

YERIMPOST.COM Au cours de la journée d’hier, 2 septembre 2018, j’ai vécu dans ma chair des méthodes d’une rare brutalité. Alors que je me trouve à l’étranger, nombre de mes connaissances au Sénégal et dans le monde m’ont appelé au sujet d’un audio partagé à travers Whatsapp et les réseaux sociaux. Sans doute pour le colorer et en augmenter le buzz, cet élément sonore a été présenté comme étant mon oeuvre.




Son contenu est aussi grotesque que dangereux. Celui qui y parle, et qui imite ostensiblement ma voix, « révèle » que toute l’eau utilisée par les Sénégalais, y compris pour boire, se laver et faire leurs ablutions rituelles, est le fruit du recyclage des liquides et solides des fosses sceptiques.

Sabotage ne peut être plus pernicieux dans un pays si massivement musulman ! L’audio, au vu des réactions que j’ai reçues, en a traumatisé plus d’un. Les auteurs de la machination en ont profité pour invectiver le président de la République, orchestrateur de ce « crime » écologique, en des termes discourtois et brutaux.

Je comprends bien que nous sommes dans un contexte pré-électoral propice à toutes les intrigues. Je conçois même qu’on puisse orchestrer des manoeuvres peu orthodoxes pour brouiller l’image d’un adversaire politique.

Nul ne saurait toutefois accepter que l’on use de méthodes si pernicieuses quelle que soit la volonté d’éjecter Macky Sall du fauteuil présidentiel. La manoeuvre d’hier autour de l’eau, une ressource stratégique source de guerres dans de nombreuses parties du monde, est tout simplement une atteinte à la sûreté de l’Etat. Heureusement que la prompte réaction du ministre concerné a calmé les esprits.

Pour autant, doit-on chercher par tous les moyens à nuire à Macky Sall ? La réponse est évidemment non. Les adversaires du président de la République gagneraient à cesser les campagnes de mensonge et de dénigrement. Tout ce qui est faux est grossier et inefficace. « Tout ce qui est excessif est insignifiant », dixit Charles-Maurice de Talleyrand.




Cheikh Yérim Seck

(AUDIO) « Je ne suis pas l’auteur de l’audio sur le recyclage de l’eau des fosses sceptiques » (Cheikh Yérim Seck)





YERIMPOST « Je ne suis pas l’auteur de l’audio sur le recyclage de l’eau des fosses sceptiques » (Cheikh Yérim Seck)




M. le président de la République, limogez le directeur général des élections pour « faute lourde »

YERIMPOST.COM M. le président de la République, le document publié par la direction générale des élections, à l’issue de la réunion du 27 août, est ainsi intitulé: « Liste des coordinateurs ayant retirés les supports de parrainage ». La manière d’orthographier le mot « retirés » est indigne des mentions « République du Sénégal » et « Un peuple-Un but-Une foi » (notre devise nationale) qui titrent le document.

Pour l’exemple, et par égard à cette image majestueuse qui doit auréoler l’Etat et la République, je vous demande de limoger le directeur général des élections et de nommer à sa place une personnalité qui ne va plus « verser la figure du Sénégal par terre », pour reprendre le jargon ivoirien.

On ne le dira jamais assez, tout pouvoir repose sur la prestance, le prestige, le mythe… Les serviteurs de l’Etat à un certain niveau n’ont pas droit à l’erreur. Cette erreur du directeur général des élections est une faute, une faute lourde, au regard de tous les moyens mis à sa disposition, à commencer par un prolixe chargé de communication.

Au-delà de lui, M. le président de la République, vous donnerez le signal, à travers son limogeage, que les documents de l’Etat du Sénégal doivent être définitivement expurgés de fautes d’orthographe, de grammaire, de syntaxe…




Cheikh Yérim Seck

Ousmane Tanor Dieng parle, reparle et s’enfonce

YERIMPOST.COM « Le silence est le refuge des faibles et la grandeur des puissants. » Longtemps apparu à l’opinion sous un manteau d’homme d’Etat, Ousmane Tanor Dieng semble commencer à oublier cette leçon de conduite du général Charles De Gaulle. Le président du Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct) parle beaucoup, trop, beaucoup trop ces derniers temps… Celui qui passait il n’y a guère longtemps pour une énigme du fait de son aptitude au silence et de son impassibilité face aux événements est entrain de devenir l’un des perroquets de la très bavarde arène politique sénégalaise.




Multipliant interviews, coups de sang et phrases assassines, le secrétaire général du Parti socialiste (PS) cumule erreurs de com, bourdes et aveux.

Interrogé sur sa succession à la tête du PS, il a répondu: « Il est temps de laisser la place à la jeune génération. Mais je n’ai pas de candidat, parce que je n’ai pas le droit d’en avoir. » Mais non sans préciser qu’il va quand même briguer sa propre succession à la tête du parti à la fin de son mandat en cours. Allez-y y comprendre quelque chose ! Mais Ousmane Tanor Dieng n’en est pas à son coup d’essai. A la vaille de la présidentielle de 2012, n’avait-il pas confié à Jeune Afrique qu’il allait céder sa place en cas d’échec ? Après sa cuisante défaite, ne s’est-il pas agrippé à l’appareil pour pouvoir continuer à exister ?

A propos de sa responsabilité dans ce qui arrive à son camarade socialiste Khalifa Ababacar Sall, Ousmane Tanor Dieng a fait dans la dénégation: « Le Ps et moi n’y sommes pour rien. C’est une affaire banale de gestion. Il faudrait laisser la justice la régler ».

La réponse porte en elle-même l’indication sinon du rôle du moins de la « neutralité active » de « Tanor » dans l’affaire Khalifa Sall. D’autant que le patron du PS a exclu du parti le maire de Dakar à la veille de son procès pour le couper de toute base populaire et le livrer pieds et mains liés à l’infernale machine judiciaire.

Ousmane Tanor Dieng s’est débarrassé d’un rival gênant pour le contrôle du PS. Il s’est taillé une institution comme le Hcct pour assouvir sa vengeance contre son poulain qui trônait sur la très stratégique mairie de Dakar. Il triomphe sur les plateaux des médias alors que Khalifa Sall est entre les quatre murs de sa cellule…

Il doit se ressaisir pour faire honneur à cette place qu’il avait réussi à conquérir dans l’imaginaire des Sénégalais. Plus il parle, plus il se découvre. Plus il se découvre, plus il apparaît aux yeux de tous comme un monstre froid prêt à tuer pour son positionnement personnel. Ce diplomate de formation, sans doute l’un des plus diserts de sa profession, gagnerait à méditer cette pensée de Victor-Lévy Beaulieu: « Ne parle pas. C’est par la parole qu’on devient indigne de tout. »




Cheikh Yérim Seck

Cheikh Bamba Dièye, on ne vous reconnaît plus !

YERIMPOST.COM A vue d’oeil, le leader du FSD/BJ mute d’un dirigeant politique sage et pondéré à un trublion amer et excessif. Sa récente sortie contre Macky Sall et les magistrats, au cours du meeting du weekend dernier de Khalifa Président, est illustratif de la mue du personnage.

Des quolibets de toutes sortes (association de malfaiteurs, corrompus, bandits…), inhabituels dans son langage d’ordinaire si modéré, sont sortis de sa bouche.

La vie politique est certes violente. Cheikh Bamba Dièye doit l’avoir éprouvé avec sa défenestration du gouvernement et son éjection du siège de maire de Saint-Louis au profit de Mansour Faye. Mais ainsi tourne la roue du pouvoir… Le fils de Cheikh Abdoulaye Dièye, biberonné à la politique, qui a hérité du parti de son père avant de devenir l’un des plus jeunes candidats à une présidentielle du Sénégal indépendant, sait mieux que quiconque que, comme a dit Winston Churchill, il faut élever un chien et non faire la politique pour bénéficier de la loyauté.

Cheikh Bamba Dièye doit donc avoir suffisamment durci le cuir pour ne pas laisser les vicissitudes de la vie politique lui voler son âme. Cette belle pépite de la vie politique sénégalaise, qui a un passé et peut avoir un avenir, doit se ressaisir et revenir au style modéré mais efficace qu’on lui connaît. L’insulte le rend méconnaissable.

Cheikh Bamba Dièye a une capacité d’analyse avérée, un niveau intellectuel au-dessus de la moyenne dans le milieu politique sénégalais, une éloquence remarquable et remarquée… La politique de chez nous a certes besoin d’insulteurs. Mais pas de lui dans ce registre. Il y en a suffisamment qui ne savent faire que ça et qui excellent dans le rôle.

Le style de gouvernance de Macky Sall n’est pas tendre avec ses adversaires politiques. Le locataire du Palais depuis 2012 est un vrai posé mais un faux faible. Il a une main de fer dans un gant de velours. Il a le poignet dur sur ses opposants qui peut les pousser à la révolte. Voire à la faute. Tel est le piège à éviter !

Redevenez vous-même, Cheikh Bamba Dièye. On ne vous reconnaît plus !




Cheikh Yérim Seck

La destruction du Mali, une menace existentielle pour le Sénégal

YERIMPOST.COM Au cours du débat de l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2010, en Côte d’Ivoire, le candidat Alassane Ouattara avait lancé une prévision passée presque inaperçue. Il avait prédit que, avant 50 ans, nombre d’Etats africains allaient disparaître. Nous sommes en plein là-dedans, pour parler vulgairement.

Après la Somalie, le Soudan du Sud, la Centrafrique, la Guinée Bissau, voici que le spectre touche un Etat où on croyait la démocratie, la stabilité et le développement irréversibles: le Mali.

Dans ce pays sahélien vaste comme cinq fois la France métropolitaine, aussi grand que le Ghana, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal, le Bénin et le Togo réunis, ce qui s’est passé hier 29 juillet, à l’occasion de ce qui devait être le premier tour de l’élection présidentielle, est le signe de la destruction d’un Etat-multiséculaire qui remonte à l’Empire du Mali.

Bureaux de vote saccagés, attaques armées, assesseurs molestés, matériel électoral brûlé, localités embrasées… Ce pays, dont les parties nord et centre sont occupées par des bandes armées qui y sèment mort et chaos, n’est plus que l’ombre de lui-même. En dépit de la présence massive de forces internationales d’interposition et de maintien de la paix, l’Etat central ne contrôle plus rien ou presque. Il oscille la maladie grave et la mort clinique.

Le Mali est entrain d’être détruit au nez et à la barbe de la communauté internationale.

Si les djihadistes qui y sévissent prennent ce qui reste du pouvoir, le Sénégal partagera la moitié de sa frontière orientale avec une force sans foi ni loi mue par l’obsession d’accéder à l’océan. En clair, d’annexer le territoire sénégalais pour atteindre l’Atlantique.

Si le semblant d’Etat central résiste vaille que vaille sans rien contrôler, nous sommes à la portée des trafics en tous genres menés dans le très étendu no man’s land malien: armes, drogues, ressources naturelles, êtres humains… Etre dans le voisinage immédiat d’un pays où circulent autant d’armes entre les mains de djihadistes et de rebelles pose un sérieux défi sécuritaire au Sénégal. D’autant que, si le Mali tombe totalement, il n’y aura plus de tampon entre la bande sahélienne de tous les dangers et notre pays.

Si, à l’issue de cette élection chaotique, la situation dégénère au point de bouter les Maliens hors du Mali, ils ne partiront pas en Côte d’Ivoire encore incertaine, ni au Niger autant menacé que leur pays, encore moins en Guinée où l’économie et la monnaie ne leur offrent aucune perspective de bien-être. Ils viendront en grande partie au Sénégal. Or, celui-ci ne peut pas accueillir certains flux sans courir le risque de tomber dans une grave crise humanitaire et économique.

Dans tous les cas de figure, le Sénégal tousse lorsque le Mali s’enrhume. Nul doute que nos autorités exercent une vigilance stratégique sur ce pays voisin, ami et frère. Il ne peut pas en être autrement. La destruction du Mali constitue une menace existentielle pour le Sénégal.

Cheikh Yérim Seck




Cette promesse d’Abdoulaye Wade à Hadjibou Soumaré va casser ce qui reste du Pds

YERIMPOST.COM A défaut de susciter la candidature de Cheikh Hadjibou Soumaré, Abdoulaye Wade l’a vivement encouragée. Ou même plus. Il a laissé entendre à celui qu’il nomma Premier ministre qu’il allait l’adouber comme candidat du Parti démocratique sénégalais (Pds), sa formation politique.

Ce gentlemen agreement a été conclu avec la bénédiction d’un chef d’Etat ouest-africain en exercice. Depuis que le très politique Abdoulaye Wade a compris, après moult menaces et tentatives de négociation restées vaines, que la candidature de Karim Wade à la présidentielle allait être déclarée irrecevable, il ne cesse de chercher une alternative. Mais partout, sauf parmi les responsables restés fidèles à son parti.

De la même façon qu’il avait surplombé ces derniers pour adouber son propre fils comme candidat, « la seule constante » du Pds s’est tournée vers un ancien collaborateur resté longtemps, à la tête de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), à l’écart de la vie politique du pays. Ce choix, qui a toutes les allures d’une option du désespoir, traduit le vide sidéral que ressent Wade dans les rangs de ce qui reste de son parti.

A ses yeux, Oumar Sarr, le coordonnateur du Pds, Madické Niang, le président du groupe parlementaire du parti à l’Assemblée nationale, et tutti quanti sont du menu fretin et ne peuvent être élevés à la dignité de candidat à la présidentielle.

Abdoulaye Wade ne s’est pas arrêté là dans l’outrance. Sûrement saisi d’un doute à propos des chances de victoire du très peu populaire Cheikh Hadjibou Soumaré, il a continué à chercher… Et pensé à… Boubacar Camara, un novice en politique quasi-inconnu en dehors du très fermé microcosme dakarois.

Tel un enfant à une distribution de cadeaux dans la fratrie, Abdoulaye Wade veut tout, sauf ce qu’il a. Il peut adouber tous les candidats, sauf ceux qui sont devenus banals à ses yeux à force de rester dans son champ de vision. « La seule constante » tarde à se rendre compte qu’elle l’est moins depuis qu’elle ne peut plus distribuer de privilèges liés à la position de pouvoir. S’il persiste dans cette lubie Cheikh Hadjibou Soumaré, il va casser ce qui reste du Pds.




Cheikh Yérim Seck

Visite de Xi Jinping à Dakar, succès du leadership diplomatique de Macky Sall

YERIMPOST.COM Ce samedi 21 juillet, peu après 15h, l’avion de Xi Jinping a foulé la piste de l’aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar. Arrivé en compagnie de son épouse, pour une visite d’Etat, le numéro un chinois a été accueilli à sa descente par le couple présidentiel sénégalais.

Notre pays est la première étape d’une tournée africaine qui mènera Xi au Rwanda et à Maurice, l’étape d’Afrique du Sud étant imposée par sa participation au sommet des pays émergents, les Brics. Les Etats choisis pour cette tournée, réputés pour leurs progrès dans la gouvernance politique et économique, reflètent, par l’effet de comparaison, le rayonnement du Sénégal aux yeux de l’hyper-puissance chinoise.

Dakar est en quelque sorte un passage obligé des leaders des plus grandes puissances mondiales, d’Obama à Macron, en passant par Xi et bien d’autres rois et têtes couronnées d’Europe et d’Asie. Macky Sall, dont la présence aux sommets du G8 s’est imposée depuis son arrivée au pouvoir, en mars 2012, a inscrit notre pays au banquet des grandes puissances qui scellent le destin du monde. Et il est l’un des premiers présidents africains que le nouveau locataire de la Maison Blanche, Donald Trump, va recevoir.

Dans ce style qui est le sien, discret mais efficace, et qui tranche d’avec celui tonitruant de son prédécesseur, Abdoulaye Wade, l’actuel numéro un sénégalais a réussi à imposer un leadership diplomatique fort en Afrique et dans le monde. Son humilité et sa courtoisie y sont pour quelque chose, après douze ans au cours desquels le pedigree professoral et le ton donneur de leçons de Wade avaient fini d’agacer nombre de ses pairs d’Afrique et d’ailleurs.

La Chine, convoitée par tous les pays en développement, du fait de la diligence de ses concours financiers, va injecter 1 milliard de dollars dans l’économie sénégalaise. A l’ère contemporaine, la diplomatie, c’est aussi et surtout la conduite des relations internationales dans le souci de sauvegarde des intérêts économiques. Au niveau de la symbolique comme à celui des répercussions concrètes, la visite de Xi Jinping à Dakar est un succès du leadership diplomatique de Macky Sall.




Cheikh Yérim Seck

Modou Diagne Fada rejoint une sphère présidentielle où tous le détestent

YERIMPOST.COM Pépite de la jeunesse politique du Sénégal, porte-étendard de la relève au lendemain de la première alternance, en 2000, Modou Diagne Fada s’est mué en un politicien froid qui pose des actes suivant une seule boussole: ses intérêts propres. La vitesse supersonique à laquelle il a créé une coalition avec Abdoulaye Baldé, au sein de laquelle était censé être désigné un candidat, pour ensuite virevolter en direction de la prairie présidentielle, est sidérante.

Mais Fada, qui a mis à exécution un plan dont la préméditation n’a échappé à personne en dépit des détours, a fait l’un des plus mauvais choix de sa carrière politicienne. Il a basculé dans la sphère présidentielle où tous le détestent. Macky Sall, qui a la rancune tenace et la revanche dure en politique, n’a pas oublié que Modou Diagne Fada, poulain d’Idrissa Seck puis de Karim Wade, fut un moment instrumentalisé contre lui.

Les proches du chef de l’Etat ne font aucun mystère de leur opinion: Fada a rejoint le Macky avec le seul calcul de prendre à leur candidat des fonds de campagne qu’il n’utilisera que pour ses besoins personnels. Le locataire du Palais, allergique à tous les types d’entrepreneurs politiques, martèle urbi et orbi que tous ceux qui viennent à lui pour le rouler dans la farine se prendront à leur propre jeu.

Mahammed Boun Abdallah Dione, conciliant devant l’Eternel, modéré et capable de traiter avec quiconque peut apporter un tant soit peu à son « boss », compose avec tout le monde. A l’exception de quelques-uns dont Modou Diagne Fada. C’est chimique; ce dernier l’insupporte…

Inutile de préciser que les caciques de l’Alliance pour la République (APR, le parti présidentiel), connus pour leur ostracisme et leur réticence à partager la moindre portion du gâteau du pouvoir, tueraient les intrus au banquet du style de Fada s’ils le pouvaient.

Last but not least, le leader de Les Démocrates Réformateurs /Yeesal, publiquement accusé par Abdoulaye Wade d’être la taupe de Macky Sall au sein du PDS, et qui avait été l’instrument de la cassure du groupe parlementaire de cette formation politique, ne peut susciter que méfiance au sein du camp qu’il vient de rejoindre.

En un mot comme en mille, Modou Diagne Fada a rejoint une sphère présidentielle où tous sinon le détestent, du moins se méfient de lui.




Cheikh Yérim Seck

Faut-il croire Pierre Goudiaby Atépa ?




YERIMPOST.COM J’ai récemment rencontré Pierre Goudiaby Atépa dans un avion sur l’axe Paris-Dakar. Nous avons échangé quelques minutes. Et sommes convenus de nous voir pour discuter de sa candidature à la fonction suprême. Il m’a défini son engagement par une formule-choc: « Et si on remplaçait les politiciens qui ont échoué par des gens qui ont fait leurs preuves ailleurs ? » Je dois avouer partager le diagnostic et l’amorce de solution.

Mais, si Pierre Goudiaby Atépa est novice en politique, ce n’est pas un homme neuf. Il est, à sa façon, un dignitaire politique, ayant gravité autour des pouvoirs successifs de Senghor à Wade. Il a toujours été là, profitant même de ses entrées dans les allées du pouvoir pour rafler des marchés hors de toute concurrence. Ce sont ses collègues architectes qui l’ont clamé haut et fort, après que Wade lui a attribué sans appel d’offres le chantier de la Porte du Millénaire.




C’est seulement sous l’ère Macky Sall que l’architecte n’a pas une introduction notoire au Palais. Est-il né de cet éloignement une frustration, source de candidature en guise de revanche ? Je soulève une interrogation légitime mais ne puis y répondre, n’étant pas dans la tête du leader du mouvement  » Ensemble pour une refondation ».

S’il n’a jamais été candidat, Pierre Goudiaby Atépa n’en a pas moins été dans la politique. Ou tout au moins dans les jeux de pouvoir. Son propos sanguin sur la candidature de Karim Wade est dans la logique de l’adversité qui a toujours animé ses rapports avec le rejeton de l’ancien président. Wade-fils, qui a toujours pris ce visiteur régulier du Palais pour « un escroc », ne l’a jamais raté. L’attaque à la mitraillette contre lui de Karim Wade, qui l’a violemment accusé d’avoir cherché à voler l’Etat, à l’occasion d’une réunion autour des tracteurs indiens, résonne encore aux oreilles de quelques habitués du Palais sous Wade.

Comme nombre de politiciens, Atépa traîne son lot d’accusations de commissions occultes et de pratiques nébuleuses. En Afrique, du Tchad à la Guinée Equatoriale, en passant par l’Angola, l’architecte a réalisé des oeuvres dont le Sénégal doit être fier, même si l’opinion sur son travail et sur lui est fort contrastée.

Dans une tirade récente, le frais émoulu candidat a accusé la presse de traiter la politique politicienne au détriment du développement. Il a raison. Mais Pierre Goudiaby lui-même fait-il du développement ? A la tête des cadres casamançais, il est l’objet de critiques récurrentes. Son association est réputée se servir de la Casamance plutôt que de servir les populations de cette région. De là à penser que ces cadres agitent le spectre de la crise casamançaise pour servir leurs intérêts personnels, il y a un pas que nul ne doit franchir sans disposer de preuves  irréfutables d’agissements aussi graves sur une question si sensible.

L’architecte milite pour la protection du littoral contre la prédation foncière. C’est tout à son honneur, même si cet engagement peut être entaché d’un doute. Il est interprété par certains comme visant à protéger l’accès à la mer de sa propriété qui surplombe la corniche de Dakar.

Pierre Goudiaby Atépa est à bien des égards une identité remarquable. Le très politique homme d’affaires, qui a déjà voulu être candidat en 2012 avant de se désister, a réussi dans le privé mais entretient une relation avec la politique qui peut relever de la psychanalyse. Ce businessman prospère et tentaculaire, qui aurait pu se suffire à son activité, est, à sa manière, « un complexé du pouvoir ». Il n’est pas le seul. Il est de ces hommes qui brûlent de l’obsession de se retrouver au sommet de la pyramide de Maslow. Il revient aux Sénégalais d’analyser son offre politique pour y croire ou pas…




Cheikh Yérim Seck

De juriste adulé à tailleur du droit: chronique de la chute d’Ismaïla Madior Fall

YERIMPOST.COM Ismaïla Madior Fall a suivi une trajectoire classique, presque triviale, sous nos cieux. Comme beaucoup avant lui, il s’est positionné dans la masse critique, a dépassé la mêlée d’une tête pour être repéré et récupéré, avant de se muer en thuriféraire sans borne du régime…

Chez le professeur de droit constitutionnel Ismaïla Madior Fall, l’arrivée sous les ors, lambris et dorures du pouvoir a sonné le début d’une décadence intellectuelle aiguë. Pour rester dans les faveurs du Prince, celui qui fut crédité d’une crédibilité dans l’exégèse de nos institutions est aujourd’hui amené à tordre le coup aux normes constitutionnelles et principes généraux du droit dans le but d’auréoler d’un semblant de légalité les coups tordus de Sa Majesté.

C’est consternant de voir ce constitutionnaliste, spécialiste de la norme fondamentale qui fixe les droits essentiels de la personne humaine, tenter une fastidieuse argumentation contre la décision de la Cour de justice de la Cedeao qui établit la détention arbitraire infligée à Khalifa Sall.

C’est une tragédie d’entendre celui qui passait il n’y a guère longtemps comme l’une des consciences juridiques de notre pays défendre les entorses les plus graves à nos lois, de la liberticide Crei à la déconsolidante révision constitutionnelle destinée à écarter certains adversaires de la bataille électorale de février 2019, en passant par le reniement de l’engagement de réduire le mandat présidentiel maquillé en refus du Conseil constitutionnel…

A sa décharge, Ismaïla Madior Fall n’est pas seul dans son cas. Bien des diseurs de vérités sous Abdoulaye Wade ont aujourd’hui le bec cloué par les postes et privilèges distribués par Macky Sall. Le président du Sénégal depuis mars 2012 a un talent fou pour boucher la bouche à ceux qui parlaient un peu trop à son goût. Bien des grandes gueules d’hier grossissent aujourd’hui les rangs de ses « dames de compagnie ».

Mais l’exemple de son ex-conseiller juridique promu garde des sceaux est un cas d’école. Sans doute du fait de la scientificité du droit, l’alchimie d’Ismaïla Madior Fall est on ne peut plus grossière. Sa chute est symptomatique de l’opportunisme et de la vénalité de bien des intellectuels de chez nous. Ce professeur d’université, cible de critiques de plus en plus ouvertes de ses collègues, est tombé du piédestal de juriste de référence pour s’enfoncer dans l’abîme de tailleur sur mesure du droit.




Cheikh Yérim Seck

 

Détention arbitraire! Le péril de la détention! Le danger de l’arbitraire!

YERIMPOST.COM Ce 29 juin 2018, la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a déclaré, dans un arrêt à forte charge historique, que Khalifa Ababacar Sall, maire de Dakar, poursuivi et incarcéré au Sénégal pour malversations dans la gestion de la caisse d’avance de sa commune, a été arbitrairement détenu de la proclamation par le Conseil constitutionnel des résultats des législatives de juillet 2017, qui le donnaient élu, à la levée de son immunité parlementaire.




Du 14 août 2017 au 25 novembre de la même année, un citoyen sénégalais a été privé de sa liberté. Il a été délesté de son droit d’aller et venir, de travailler pour sa mairie, de vivre dans son domicile, de profiter de sa famille, d’être maître de lui-même… Pendant ces plus de trois mois, il est resté, sans fondement légal, confiné entre les quatre murs d’une cellule de la prison de Rebeuss, gelé dans sa volonté et son activité.

Il n’y a pire martyre. La prison est l’une des meilleures inventions pour faire souffrir son pensionnaire dans sa chair et dans son esprit. Roger de Bussy-Rabutin a raison, « on ne se réveille pas un matin en prison qu’on ne soit triste jusqu’à la mort. » (Mémoires, 1693).

Jeter un être humain à juste raison en détention est contesté, a fortiori à tort. Si la détention est un drame, la détention arbitraire est une tragédie.

Or, le régime de Macky Sall en a fait une spécialité. Ses deux opposants les plus coriaces, Karim Wade et Khalifa Sall, ont été frappés de détention arbitraire dûment constatée par des juridictions internationales libres de toute influence, du Groupe de travail international de l’Onu sur les droits humains à la Cour de justice de la Cedeao. Le vernis démocratique sénégalais craquelle pour laisser place à des points rouges sur la carte du monde des violations des droits de l’homme.

C’est une loi immuable de l’Histoire: l’arbitraire favorise l’injustice, l’injustice génère la révolte, la révolte conduit à la guerre, la guerre crée le désordre, le désordre cause la destruction et la mort… L’arbitraire est le début de la chaîne qui mène à la mort. Il est plus périlleux que le péril. Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes l’a écrit: « l’autorité arbitraire n’est jamais plus active et plus dangereuse qu’alors qu’elle devient un instrument de vengeance contre un particulier. » Avant d’ajouter: « Le bien de l’Etat, la tranquillité et la liberté légitime exigent que tout arbitraire soit détruit. »

Et c’est là une cause nationale: les organisations de défense des droits de l’homme et toutes les forces démocratiques de notre pays doivent se dresser. Elles ont la mission historique de freiner le spectre de la détention arbitraire, d’enrayer plus globalement le danger de l’arbitraire.




Cheikh Yérim Seck

 

A l’image du Sénégal, les Lions sont une symphonie inachevée

YERIMPOST.COM Quand on observe le Sénégal, on ne peut pas ne pas être saisi d’une sensation de terrible gâchis. Notre pays est un hub naturel. Situé à une poignée d’heures de l’Europe, il n’est séparé de l’Amérique et de l’Asie que par la frontière naturelle de l’océan. En dépit de ce privilège géographique, nous n’avons toujours pas réussi à positionner ne serait-ce un pavillon national pour desservir les capitales du monde.

L’océan Atlantique borde toute la longueur du pays qui compte parmi les plus beaux sites du moindre. Notre secteur touristique est toutefois entre la maladie grave et la mort clinique.




Nous bénéficions depuis l’indépendance d’une stabilité insolente (zéro coup d’Etat et nulle crise grave) qui ne nous a servi qu’à engranger une aide internationale massive ayant paradoxalement conduit à nous appauvrir chaque année davantage.

Le Sénégal est une démocratie qui fonctionne mais qui n’a jusqu’ici permis, en dépit de deux alternances pacifiques, que de substituer des équipes dirigeantes corrompues et incompétentes à d’autres.

Notre pays a des ressources humaines de qualité aussi bien à l’intérieur que dans la diaspora. Aux postes de décision ont toutefois toujours été placés des politiciens dont le seul mérite est la capacité d’user d’intrigues et de clientélismes pour s’accaparer de sinécures et privilèges.

Tel est le sort, quasi-métaphysique, du Sénégal. Nous avons tous les atouts mais n’en usons aucun pour construire le progrès.

Un peu comme, de l’avis de tous les spécialistes, notre équipe nationale de football avait toutes les cartes en main pour réussir cette Coupe du monde Russie 2018, mais a fini par plonger ses 15 millions de supporters dans la déception et la déprime. C’est ainsi: sur tous les fronts, le Sénégal n’a pas remporté de victoire essentielle depuis 1960. Notre peuple si superstitieux doit oeuvrer à élaguer la guigne qui le plombe.

L’histoire bégaie… A l’image du pays, cette belle génération de Lions a été une symphonie inachevée…




Cheikh Yérim Seck

La vraie signification des mots et actes du grand discret et gros taiseux Baba Diao

YERIMPOST.COM Il faut connaître un tant soit peu le très discret et trop peu accessible Abdoulaye Diao dit Baba pour se risquer à qualifier ses mots et actes à l’occasion de la cérémonie de deuil suite au décès de sa mère. Ce trader mythique, discret jusqu’à la caricature, doit être le Sénégalais le plus avare en parole et en apparition publiques.

En privé, ce diplômé de l’Institut français du pétrole, patron compétent de la prospère entreprise Itoc, est un homme intellectuellement structuré, cultivé, soucieux de la situation du Sénégal… Il n’a toutefois aucune sensibilité politicienne ni la moindre velléité partisane. D’ailleurs, sa position actuelle de trait d’union entre les acteurs politiques, économiques, religieux et coutumiers, ne lui permet de rouler pour aucune coterie.

Le geste qu’il a posé en pleine cérémonie, consistant à intimer l’ordre à Talla Sylla de se lever pour serrer la main à son « grand-frère » Idrissa Seck, avec qui il était en froid, n’a rien de politique. C’est un acte social d’un Sénégalais pur jus qui réconcilie ses deux cadets brouillés qui se sont croisés chez lui en une circonstance particulière. C’est d’ailleurs la énième fois qu’il rapproche des personnes en conflit.

De même, lorsque Baba Diao, affirme que Karim Wade est son neveu qui lui a toujours manifesté de la politesse, il n’agit sous aucune forme de calcul politique. Le président de la République, Macky Sall, est pour lui « un frère » par affection pour qui il a accepté un poste de conseiller spécial à la présidence. De même, Madické Niang, Ousmane Tanor Dieng, Idrissa Seck, Souleymane Ndéné Ndiaye… sont ses proches. Il est, dans un pays clivé comme le Sénégal, l’unique trait d’union de la classe politique. Cette position est précieuse. Tout pays a besoin de passerelles, surtout pour atténuer les chocs en cas de crise.

La présence à la cérémonie de deuil de Serigne Bassirou Mbacké Abdoul Khadre, d’Ahmed Khalifa Niasse, et de représentants de toutes les familles religieuses est le signe de la centralité de « Baba ». Ce quasi-septuagénaire fringant à la chevelure généreuse, au regard de félin, à la mine ferme et à l’esprit vif est ce qu’on appelle sous d’autres cieux un homme influent. Cet ingénieur, qui a bâti sa fortune sur le trading de pétrole et de gaz, a un mode de vie qui tranche d’avec celui clinquant des Sénégalais. Il commence à travailler après la descente de ses compatriotes, au crépuscule, pour se conformer à l’horaire des bourses du pétrole. Et épouse les codes de son très sélect monde professionnel qui imposent, pour pouvoir décider, de savoir se cacher.




Cheikh Yérim Seck

Le retour de Karim Wade est crédible, même s’il ne peut être candidat [L’analyse de Cheikh Yérim Seck]

YERIMPOST.COM Yerimpost n’est pas de ceux qui doutent de la sincérité de Karim Wade qui, dans son adresse aux Sénégalais à l’occasion de la fête de Korité, a annoncé être en route pour revenir au Sénégal. Votre blog préféré trouve cette annonce crédible. Voici pourquoi.




Condamné à six ans de prison, embastillé pendant plus de trois ans, gracié et exfiltré du Sénégal dans des conditions dignes d’un scénario de série B, Karim Wade est, sous les ors et lambris des palais de Doha, dans une prison dorée. Il n’a pas pu aller en France pour rendre visite à ses parents et à ses enfants. Dans le prolongement de la poursuite engagée contre lui au Sénégal, il est sous la menace d’un mandat d’arrêt allemand, donc européen, dans le cadre de l’affaire Fraport…

Humilié, frappé, acculé jusqu’à ces derniers retranchements par son ex-protégé Macky Sall, Karim Wade est aujourd’hui contraint, comme dans une vie de fugitif, à végéter confiné dans le minuscule émirat qatari, interdit d’esquiver le moindre mouvement, de servir toute ambition, de vivre sa vie tout court…

Une seule alternative s’offre à lui pour briser cette spirale de la déchéance: débarquer au Sénégal, au risque de retourner en prison, mener un combat politique pour faire chuter Macky Sall et recouvrer l’entièreté de ses droits.

S’il a le courage de braver la menace d’un emprisonnement en guise de contrainte par corps, suite à sa condamnation pécuniaire qu’il n’a pas honorée, Karim Wade va être pour le locataire du palais un problème absolument sans solution. S’il l’emprisonne à nouveau, Macky Sall baissera définitivement dans l’estime des citoyens et des autorités coutumières et religieuses du Sénégal. Il passera pour un méchant atavique, insupportable dans l’univers culturel sénégalais. Il lui sera humainement intenable de continuer à maintenir en prison le fils d’Abdoulaye Wade, qui lui mit le pied à l’étrier. D’autant que le symbole de la détention simultanée de Khalifa Sall et de Karim Wade est plus destructeur que la destruction.

S’il le laisse en liberté, Macky Sall fera face à un adversaire redoutable capable d’emmener loin, au cas où il est recalé, celui pour qui il fera campagne.




En tout état de cause, une fois au Sénégal, Karim Wade aura tout à gagner. Et peu à perdre, ayant déjà presque tout perdu. A l’image d’un animal traqué, poussé jusqu’au mur, il n’a plus d’autre choix que de bondir sur son poursuivant, sous l’impulsion de son instinct de survie.

Le très politique fils du trop politique Abdoulaye Wade comprend mieux que quiconque qu’il y a une carte à jouer avec le risque du retour. A y voir de près, c’est l’acceptation de son confinement au Qatar qui serait surréaliste. Le retour de Karim Wade au Sénégal est une hypothèse plus que crédible.

Cheikh Yérim Seck

Candidature de Karim Wade: l’aveu d’Aly Ngouille Ndiaye

YERIMPOST.COM « Karim Wade ne peut pas être candidat. Il ne s’est pas encore inscrit sur les listes électorales. Karim a demandé à s’inscrire », a lâché le ministre de l’Intérieur, hier 18 juin, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Aly Ngouille Ndiaye répondait aux questions des députés qui statuaient dans le cadre d’une procédure d’urgence sur le projet de loi portant modification du Code électoral.




Dans une vidéo datée du 17 avril dernier, on apercevait pourtant Karim Wade se plier au protocole de l’inscription dans le centre ouvert à cette fin dans son actuel pays de résidence, le Qatar. Il ne s’était pas inscrit pour autant… Ces trois phrases d’Aly Ngouille Ndiaye, qui sonnent comme des révélations sciemment lâchées, nous apprennent aujourd’hui que le candidat déclaré du Parti démocratique sénégalais (Pds) s’est présenté pour être inscrit sur les listes électorales mais ne l’a pas été.

En cause, son casier judiciaire. Condamné à plus de cinq ans de prison, sa peine emporte la perte de ses droits civiques et politiques. En clair, le fils d’Abdoulaye Wade a perdu sa qualité d’électeur… Et on est, là, au coeur de la polémique qui avait surgi au moment de la révision constitutionnelle instituant le parrainage. L’aspect de la modification, qui exigeait d’être électeur pour être éligible, avait été fortement décrié comme étant une disposition conçue pour permettre d’écarter de la présidentielle de février 2019 deux adversaires potentiels du candidat au pouvoir: Khalifa Sall et Karim Wade.

Le régime est allé de dénégations en démentis, niant tout calcul crypto-personnel dans l’élaboration de la modification constitutionnelle. Depuis hier, la confusion est terminée et le doute n’est plus permis. La sortie d’Aly Ngouille Ndiaye, qui déclare que Karim Wade n’est pas candidat parce qu’il n’est pas inscrit sur les listes électorales, qui conditionne donc l’éligibilité à la possession de la qualité d’électeur, sonne comme un aveu de ce que le pouvoir niait.

Le Pds, enfermé dans un déni de la réalité depuis plusieurs mois, doit se rendre à l’évidence que continuer à miser sur Karim Wade comme candidat équivaut à se résoudre à être exclu de l’échéance électorale de février 2019. Pilier du régime en place, premier flic du pays, organisateur du scrutin, Aly Ngouille Ndiaye a lancé des propos qui, loin d’être banals, reflètent la position du pouvoir à propos de la candidature du poulain du Pds. Et, par ricochet, celle du Conseil constitutionnel, au regard de l’inféodation de cette institution à l’Exécutif.




Condamné lui aussi à plus de 5 ans de prison, comme par hasard, Khalifa Sall va devoir faire face à la même mécanique broyeuse de candidature. Si sa condamnation n’est pas encore définitive, la justice, qui a fait montre d’une grande célérité pour le convoquer devant la Cour d’appel, se dépêchera de confirmer sa peine en appel, puis en cassation… Et le maire de Dakar, à l’instar de Karim Wade, perdra sa qualité d’électeur, donc son éligibilité…

Cheikh Yérim Seck

Ma proposition pour mettre fin à la mendicité des handicapés

YERIMPOST.COM L’affaire de cette femme handicapée, rouée de coups par un agent de la sécurité de proximité, doit, au-delà des cris d’indignation, inciter à une réflexion pour mettre fin à la mendicité dans les rues des personnes en situation de handicap.




Il faut d’abord commencer par rapatrier dans leurs pays d’origine tous les handicapés et autres mendiants ouest-africains, réfugiés économiques au Sénégal où le business de la manche est l’un des plus juteux au monde. C’est une question de tranquillité publique et de salubrité humaine. Les rues de Dakar, il faut avoir l’honnêteté de le dire, sont surchargées de ces hommes, femmes et enfants qui créent un réel problème d’encombrement. Et une gêne pour les passants qu’ils n’interpellent pas de la meilleure des manières.

Après cette première mesure salutaire, qui va renvoyer à chaque pays ses propres mendiants, il faudra créer un Fonds d’assistance aux handicapés et nécessiteux qui va recevoir les dons et offrandes en espèces et en nature des Sénégalais si prompts, par croyance ou par superstition, à donner. Ce Fonds, à confier à une personnalité intègre, va également, à l’image de Zakat House, institution ayant pignon sur rue dans certains Etats arabes, recueillir l’aumône légale des musulmans de notre pays.




Le Fonds se chargera ensuite de redistribuer tous les avoirs et biens collectés à des handicapés et nécessiteux dûment recensés. Cette redistribution ne se fera pas seulement à des fins de consommation. Il s’agira également d’organiser les bénéficiaires en entités économiques pour financer leurs projets. L’objectif étant, bien évidemment, moins d’entretenir dans la durée les récipiendaires que de les extirper de la pauvreté.

Tout ce dispositif devra être accompagné par un Etat fort qui retirera tous les mendiants des rues, désencombrera les artères de notre capitale et combattra la mendicité sur la voie publique sous toutes ses formes. Y compris par le biais de sanctions pénales. C’est à ce prix que le Sénégal sera débarrassé de cette étiquette de carrefour ouest-africain de la mendicité que les pays voisins, à juste titre, lui collent.

Cheikh Yérim Seck

Vidéo- « Idy a-t-il parlé sous l’influence de Jacques Attali ? » (Cheikh Yérim Seck)





Vidéo en wolof- « Premier gros raté du Mondial pour le Sénégal… » (Cheikh Yérim Seck)





Vidéo- « Le premier gros raté du Mondial pour le Sénégal… » (Cheikh Yérim Seck)





Vidéo- « Le gros coup de Serigne Moussa Nawel pour Idy » (Cheikh Yérim Seck)





Vidéo en wolof- « Serigne Moussa Nawel sauve Idy » (Cheikh Yérim Seck)





Ces manipulations de Macky Sall pour s’éviter des remarques au sommet du G7 !!!

YERIMPOST.COM Rien de ce qui est arrivé au cours de cette journée du 07 juin n’est fortuit. Tout au contraire… Tout a été froidement orchestré pour tomber pile poil ce jour où, comme par hasard, s’est ouvert le sommet du G7 auquel prend part, es-qualité, Macky Sall, président du comité d’orientation des chefs d’Etat et de gouvernement du Nepad.




Dans un scénario bien réglé, avec aucun détail laissé au hasard, le pouvoir de Macky Sall a fait courir, dès le matin du 07 juin, la rumeur du retrait de la loi sur le parrainage, briefé certains journalistes, orchestré l’intox… Il est question d’attirer l’attention sur le rappel par le gouvernement du projet de loi portant mise à niveau du Code électoral suite à la révision constitutionnelle instituant le parrainage. Dans quel objectif ? Faire comprendre aux dirigeants des sept nations les plus riches du monde, à travers les fiches de leurs ambassades respectives, qu’au Sénégal, après un bras de fer fort médiatisé, le pouvoir négocie désormais avec l’opposition autour de la question litigieuse du parrainage.

Ce n’est pas là l’unique manipulation de Macky Sall. Le 06 juin, en conseil des ministres, à quelques heures de prendre l’avion pour le Canada, le président de la République a annoncé et fait acter dans le communiqué que le dialogue avec l’opposition et la société civile autour de la gestion du pétrole et du gaz allait démarrer le 12 juin. Une manière fort habile de couper l’herbe sous les pieds de ces dirigeants de pays puissants prompts à poser des questions à leurs homologues d’Etats pauvres sur la gestion des revenus issus de leurs ressources naturelles.

Rien de ce que Macky Sall a fait ou dit ces derniers jours n’est donc le fruit du hasard. Tous ses actes et paroles ont procédé d’un calcul froid, voire cynique.

Il est certes vrai que le locataire du Palais de l’Avenue-Léopold-Sédar-Senghor ne pouvait pas ne pas tenter de montrer patte blanche avant de se rendre au Canada, dans ce contexte où la communauté internationale s’inquiète face aux dérives multiformes de son régime: emprisonnements d’opposants, changements forcés des règles électorales, népotisme dans la gestion du pétrole…

Pour ne rien arranger, Barthélémy Dias, emprisonné pour délit d’opinion, a commis un mémorandum sanguin qui a devancé Macky Sall en Amérique du Nord. Il fallait éviter à tout prix que cette contre-attaque largement diffusée aux Etats-Unis serve de base au numéro un américain, Donald Trump, pour interpeller notre président sans fioriture diplomatique.




En un mot comme en mille, le numéro un sénégalais a multiplié les gages à l’endroit de l’opposition et de la société civile, ouvert les vannes du dialogue autour du code électoral ainsi que du pétrole et du gaz, donné des signaux verts à ceux qu’il est allé rencontrer… Il est fort à parier que ces mesures cosmétiques n’iront pas beaucoup plus loin que le stade de l’annonce. Le vernis risque de craqueler sous l’effet de la révolte des Sénégalais exaspérés d’être pris pour les dindons de la force. Tout peut atteindre le point de rupture. Toute chose a une limite. Y compris le cynisme en politique !

Cheikh Yérim Seck

Etre une entreprise sénégalaise est un délit à l’Aibd, au Sénégal tout court

YERIMPOST.COM Les entreprises sénégalaises en activité sur la plateforme aéroportuaire de Diass voient rouge et broient du noir. Tout se passe comme si le staff dirigeant turc de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) s’emploie à les tuer pour, sait-on jamais, installer des sociétés étrangères à leur place.

Teylium Logistique, Global Com, Senecartours, Infinity… ont mis sur pied un Collectif des prestataires de l’Aibd (CPA) dans le but déclaré de « lutter contre la cherté de l’aéroport et les contrats usuriers et injustifiés mis en place par les Turcs ». Au même moment, ajoute le CPA, « les entreprises étrangères, françaises et turques, bénéficient de contrats très avantageux au détriment des entreprises sénégalaises. »




Vous avez bien lu: dans notre pays, sans doute le seul au monde dans ce cas, les entreprises locales sont les parents pauvres de l’économie, ostracisées, défavorisées au profit des sociétés étrangères. Une sorte de préférence nationale à l’envers… Lorsque le patronat s’en est plaint, voici la réponse que lui a servie le président de la République, Macky Sall: « Vous ne pouvez pas vous dérober à la concurrence… »

Nos patrons auraient pu faire face à la concurrence si elle était loyale. Elle est toutefois orchestrée par nos propres autorités de manière à les défavoriser. Nos fleurons nationaux de l’immobilier, confinés à Diamniadio, pourront-ils rivaliser avec la société marocaine à laquelle a été attribuée la trop bien située assiette foncière de l’ex-gare routière de Pompiers, au coeur de Dakar ? Par la force des choses, tout le business juteux du Sénégal s’est retrouvé entre les mains d’intérêts français, marocains, turcs…

A l’Aibd, les taxes imposées aux entreprises sénégalaises sont quatre fois supérieures à celles appliquées à leurs homologues des aéroports d’Abidjan et d’Accra, alors que la Côte d’Ivoire et le Ghana ont des économies plus fortes que la nôtre. Mais, ne nous y trompons pas, la préférence nationale, de rigueur dans tous les pays soucieux de leurs intérêts, doit relever d’une volonté politique pour être traduite dans la réalité.

La règle, de simple bon sens, consiste, pour paraphraser un dicton wolof, à poursuivre l’antilope en direction de la maison et non de la forêt. Cela s’appelle le patriotisme économique, le patriotisme tout court…



Cheikh Yérim Seck

 

Vidéo- « Laissez à Wade sa maison du Point E » (Cheikh Yérim Seck)





Vidéo- « Arrêtez le feu ! Ce pays va brûler ! » (Cheikh Yérim Seck)





Célébrités et religions avec Yawa- L’invité, Cheikh Yérim Seck, récite des versets du Coran




Par décence, laissez à Abdoulaye Wade sa maison du Point E

YERIMPOST.COM Lorsque j’ai lu la lettre que ce patriarche de 92 ans a visiblement écrite, au vu de la laborieuse ponctuation, j’ai eu un pincement au coeur. Voir Abdoulaye Wade, ancien président du Sénégal, devoir batailler pour ne pas devenir SDF dans ce pays, est surréaliste.

Pour la dignité de notre République, dans un souci de décence tout court, aucun Sénégalais ne devrait se résoudre à cette éventualité. Surtout pas l’actuel chef de l’Etat, Macky Sall, dont l’ascension d’un poste de cadre à Petrosen à la fonction suprême s’est faite à coups de décrets de nomination signés par Wade.




Le très politique Abdoulaye Wade l’a bien compris, qui écrit: « Au lendemain de sa victoire, tentant de s’expliquer sur sa déclaration d’un patrimoine de 7 milliards, il avait répondu : «c’est le président Wade qui me les a donnés». J’ai déjà répondu que c’était faux et qu’il lui fallait trouver ailleurs une autre justification plausible. Au demeurant, il est étonnant que celui qui déclare que j’ai été son bienfaiteur en lui offrant sept (07) milliards de francs CFA ordonne la saisie de ma maison pour 550 millions, alors qu’un homme doué de raison et assis sur le socle de nos valeurs se serait empressé de payer les dettes de son bienfaiteur, qui ne représentent après tout que 7% de la supposée libéralité.​ »

Dépouiller l’ancien chef de l’Etat de sa maison du Point E serait, il est vrai, contraire à toutes les règles de bienséance et à nos codes culturels. D’autant qu’il l’a acquise antérieurement à son accession au pouvoir et qu’elle est partie intégrante de son histoire sociale. Wade le rappelle d’ailleurs si bien avec des mots qui touchent: « Avocat ayant l’un des plus grands cabinets de Dakar, c’est par de dures et longues journées de travail à travers tout le Sénégal, que j’ai acquis un respectable patrimoine dont la maison du Point E que Macky Sall veut m’enlever, m’obligeant à me faire héberger par des amis depuis qu’il a lancé l’affaire de Karim. Je ne dis pas qu’il ne réussira pas mais il faudra qu’auparavant il marche sur mon cadavre. »

La plainte annoncée pour diffamation et injure contre Macky Sall est un appel au secours, le baroud d’honneur d’un vieil homme usé par des décennies de lutte et poussé à bout au crépuscule de sa vie par un homme à qui il a fait tant de bien avant que les vicissitudes de la vie politique ne les sépare.




« Wadiste éternel », Samuel Sarr, dans un communiqué indigné, a réagi à la saisie des clés par l’huissier avec des mots qui résonnent: « Cette maison du Point E qui a été acquise par notre père spirituel après de dures années de labeur , au delà de sa fonction sociale, a servi de champ de batailles politiques pour asseoir une démocratie enviable au Sénégal et permettre à beaucoup d’hommes et de femmes, y compris l’actuel Président de la République, de se hisser au plus haut sommet de la pyramide politique et étatique. Je soutiens, solennellement que, quels que soient les mobiles évoqués pour la saisie des clés de cette maison par voie judiciaire, le Président de la République, Macky Sall, devrait prendre toutes les dispositions idoines pour faire éviter une telle situation à notre père spirituel, à son bienfaiteur qu’il ne cesse de harceler depuis qu’il lui à succédé à la magistrature suprême. Les valeurs qui caractérisent la nation sénégalaise parmi lesquelles l’honneur aux anciens et la reconnaissance de l’Etat à ses serviteurs pour services rendus devaient empêcher une telle bourde voire humiliation. »

Toute chose a une limite. Même la haine. Même la vengeance. Quel que soit ce qu’on puisse reprocher à Abdoulaye Wade et à sa famille, la simple décence impose de lui laisser sa maison du Point E.

Cheikh Yérim Seck

Arrêtez le feu ! Ce pays va brûler !

YERIMPOST.COM Chaque jour qui passe dans ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Idrissa Seck révèle une fissure profonde dans la nation sénégalaise. Au fil de cette polémique nauséabonde aux accents de règlement de comptes politique et de rivalité de chapelles religieuses, surgissent au grand jour les fragilités de notre vivre en commun sans cesse refoulées depuis plus d’un siècle.

Au bout de sa seconde sortie au vitriol contre le leader de Rewmi, Serigne Mbaye Sy Mansour, khalife général des tidianes, a laissé s’échapper le vrai motif de son courroux: la proclamation de sa sortie de la confrérie de Cheikh Ahmed Tidiane Chérif par celui qui fut perçu il n’y a guère longtemps comme en étant membre. La mâchoire serrée, la mine fermée, le guide des tidianes du Sénégal a dit à Idrissa Seck « bon débarras », avec ce commentaire assassin: « Kou Yalla guéné si bopam seytané moo lay awou… »




Cette phrase a heurté bien des disciples de la confrérie mouride à laquelle Idy, comme le surnomment les Sénégalais, a proclamé désormais appartenir. De sorte que la polémique s’est subitement structurée autour d’une césure nette. Il suffit d’entendre l’intervenant pour savoir à quelle confrérie il appartient. Les réseaux sociaux se sont enflammés, avec des échanges entre mourides et tidianes d’une rare violence.

Au même moment, les étudiants, qui ont repris le pouvoir à la faveur du décès, le 15 mai 2018, de leur camarade Fallou Sène, tué lors de la répression d’une émeute à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, se succédaient, faisant dans la surenchère chaque jour davantage, au bureau du président de la République, qui a fait le choix dangereux de faire sauter tous les paravents entre eux et lui. Dans un contexte où l’Etat se saigne à blanc pour mobiliser les 50 milliards engloutis annuellement par le paiement de leurs bourses, ils réclament leur augmentation et une réduction des prix des tickets de restaurant. Non sans exiger, après avoir obtenu le départ du recteur de l’UGB et du directeur du Crous, les démissions de ministres importants du gouvernement ! La République des étudiants, en somme !

Cette République est tombée dans le grotesque, avec cette sortie fort malheureuse de Macky Sall qui, présentant son ouvrage, a déclaré que la France est l’amie du Sénégal parce que, sous la colonisation, les tirailleurs sénégalais bénéficiaient de… desserts à la différence des autres Africains ! Alors que l’on pouvait légitimement s’attendre à un Mémorial en souvenir de nos soldats tués par la France à Thiaroye en 1944, voila qu’une farce de mauvais goût vient aggraver une blessure nationale déjà béante.

Les équilibres de ce pays tanguent de tous bords. Le Sénégal s’embrase peu à peu. Arrêtez ce feu ! Le pays va brûler !

Cheikh Yérim Seck

Vidéo- De la Ka’aba, Cheikh Yérim Seck lance un message d’apaisement





Polémique autour de la Ka’aba: Cheikh Yérim Seck donne son point de vue

YERIMPOST.COM Pour le piètre musulman, gros pécheur que je suis, la Ka’aba revêt une signification particulière. C’est le sanctuaire de la purification, une sorte de confessionnal, où l’esclave de Dieu soucieux de son sort se réfugie, invoque son Seigneur, quémande son Pardon, purifie son âme…

Idrissa Seck le comprend si bien qu’il y va, avec d’ailleurs son épouse. Aucune personne censée soucieuse de la recherche de Dieu ne se rend dans un sanctuaire dénué de charge spirituelle. Sa parole doit donc avoir excédé sa pensée. Ce qui peut arriver à tout être humain. Il s’est excusé et a invoqué le contexte du mois de Ramadan pour implorer le pardon de tout musulman que sa déclaration a heurté.

Tous ceux qui continuent de le démolir ont donc d’autres visées que la défense de la Ka’aba. Il y’a, sans conteste, des calculs de destruction politique ou de vengeance personnelle derrière les multiples sorties contre lui.




La Ka’aba est posée sur l’épicentre du monde, c’est vers elle que les musulmans s’orientent cinq fois par jour pour prier. Tourner sept fois autour d’elle est l’une des obligations du pèlerinage, le cinquième pilier de l’Islam. Premier lieu saint de la religion révélée par le Prophète Mouhamed (Paix et Salut sur Lui), elle doit être le lieu de culte le plus fréquenté de la planète.

Une prière dans la mosquée qui entoure la Ka’aba équivaut à 100 000 prières effectuées ailleurs. C’est donc l’endroit qui a la plus forte charge spirituelle au monde. Et tous ceux qui, comme moi, ont demandé des choses à Dieu à cet endroit, ont vu leurs prières exaucées. Ce doit être le lieu qui secrète la plus forte hijaba. Il ne se compare à aucun autre sur le globe.

Aucun homme ni aucune femme ne doit s’y tromper. Chaque musulman, chaque musulmane, doit, en bonne place parmi les objectifs de sa vie, inscrire le voyage vers cette majestueuse bâtisse noire que Dieu a fait poser là par des anges et des prophètes. Aucune alchimie intellectuelle de qui que ce soit ne doit faire perdre de vue cet objectif stratégique. Quiconque dit le contraire est au mieux un ignorant et, au pire, un falsificateur.

Cheikh Yérim Seck




Vidéo- Gérard Sénac, dans votre pays, oseriez-vous… (Cheikh Yérim Seck)





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