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Le scepticisme démocratique: Il y a encore tant de raisons de douter… (Réponse à Amadou Lamine Sall)

Le scepticisme démocratique : il y a encore tant de raisons de douter…

A Amadou Lamine SALL
Poète
Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

Cher ami poète et écrivain

J’ai bien reçu le message si riche et si inspirateur que tu m’as transmis comme tu le fais à chaque fois lors de tes articles ou de tes interventions à l’étranger. Je te remercie de la persistance de cette amitié poétique que fortifie de jour en jour le gout de l’écriture, de la pensée et des idées fondatrices. Récemment, en réponse à un de tes textes envoyés par mail, je te disais « Nous, Poètes, nous percevons parfois les choses bien à l’avance». En fait, comme certains grands entrepreneurs et leaders, les poètes peuvent être de grands visionnaires. Mais, je sais que souvent les sceptiques n’y croient pas et en rigolent, oubliant cette phrase qu’on prête à Gandhi : « d’abord ils vous ignorent, ensuite ils se moquent de vous, après ils vous combattent, et puis vous gagnez».

Poète-essayiste, je suis rentré en politique par effraction, ce qui me pousse d’ailleurs à méditer sur un ouvrage intitulé « Entré (s) en politique par effraction, le devoir d’y rester »… Au fond, nos messages et poèmes sont déjà assez « politiques » à l’instar du titre de mon second recueil « Comme un amas de pyramides inversées » dont le dix-huitième poème « Les vents de la démocratie » pourrait rappeler les évènements politiques en cours. Je sais que beaucoup de poètes plaident pour la jouvence et la régénérescence, des qualités dont inlassablement tu fais preuve. Ton article «MACKY SALL II : FACE À L’HISTOIRE ! » va dans ce sens. Tu aurais voulu ce miracle. Je salue donc ce courage de l’optimisme. Cependant, je n’ai pas l’impression que pendant ces sept dernières années, le Président MACKY SALL et son entourage aient fait preuve de l’élégance, voire de la tolérance dont nous rêvions, peut-être à tort: une stratégie offensive tous azimuts, sans relâche, forcément violente pour ceux qui l’ont vécu et mémorisé comme agressive et intolérante. Cela demandera une reprogrammation du subconscient des victimes et ce n’est pas automatique pour tous… Mais qui le fera ? Qui a cette légitimité ?

En fait, je suis tenté de croire que pour le Président Macky SALL et son entourage mieux vaut appliquer la règle « Prudence, mère de sûreté » ! Je sais qu’à l’instar des grands poètes dignes de ce nom, tu es sensible au genre humain et à son sort. Mais je suis sceptique sur ce possible revirement auquel tu invites Macky II. D’ailleurs, tu décris son forcing, sa ténacité, sa têtue persistance par un style si évocateur, voire véridique. Vous lui souhaitez une mue et une si grande capacité de retournement : « … quitter ces fonctions de chef de parti, s’éloigner du pilotage de la justice et consacrer son indépendance effective, instituer un mandat unique assez long (attention: en espérant qu’il ne l’appliquera pas alors à celui qui va démarrer bientôt), une nouvelle forme de gestion du consensus et du dialogue politiques, un gouvernement réduit, une taille de l’Etat rationnalisée, etc. », en somme tout un optimum compatible avec la rationalité managériale. Cela rappelle certaines autres idées que d’incorrigibles sénégalais continuent de diffuser: « c’est (c’était) le premier mandat ; il n’était pas libre ; maintenant avec ce deuxième mandat, il l’est ; avec ce deuxième mandat, il est maintenant à l’abri des pressions de politiciens, de groupes de pression, de transhumants ; il n’a plus rien à perdre, car il serait forcé à partir à la fin de ce deuxième mandat, etc. » Derrière ces affirmations, il y a aussi le débat peu ou mal discuté de ce qu’est la gestion du changement, la capacité à changer, à consolider des coalitions sincères pour l’excellence, les performances et le changement, à mobiliser les énergies, à les convaincre que le statu quo est intolérable, que le moment est venu de tourner la page, d’être disciplinés, toutes choses que cette missive ne peut adéquatement prendre en compte… Ce pari auquel tu invites « MACKY II » est rationnel, avec derrière l’effectivité de bonnes pratiques managériales et de gestion du changement, l’éthique, l’intégrité, la transparence, la méritocratie, un nouveau leadership transformationnel, des vraies réformes institutionnelles, la citoyenneté, etc.

Comme les grands poètes, tu es un visionnaire, tu anticipes et tu vois avant les autres ; mais souvent les gens de la politique politicienne manquent d’élégance et sont prêts à jouer, même sans légitimité, avec toutes les manipulations en leur faveur ; bizarrement, ils sont contents de ce qu’ils ne méritent pas. Et étrangement, ce sont des gens du peuple qui les érigent ainsi en faux héros, qui applaudissent, qui courtisent !

Peut-être, pour des raisons tenant à mon expérience, je suis difficilement influençable à cet égard. En effet, je ne peux qu’être dubitatif ayant tiré les leçons de 30 années de présence au sein des plus hautes sphères de l’Etat sous le « leadership » de trois présidents de la république et ayant vécu tant de faits peu éthiques face aux « flagrants délits » constatés par le corps auquel j’ai appartenu.

Cher ami poète,

Ces jours-ci, j’ai reçu beaucoup de « textos » de sénégalais qui m’ont envoyé ton message. Je prends au hasard quelques réponses que je leur ai fournies :

A l’un d’entre eux, je répondais ceci : « Merci ! J’ai lu le texte d’Amadou Lamine. Macky est-il capable d’une si belle mutation ? Il me semble parfois que les sénégalais sont trop optimistes, trop généreux, oublient et pardonnent trop vite. Personnellement, je ne pense pas… »

A un autre qui m’avait envoyé ton texte, je répondais ceci : « Merci … Je vais lire. J’avais déjà reçu ce fichier d’Amadou Lamine, mais je ne l’ai pas encore ouvert. Je pars de l’a priori que les gens sont optimistes et trop gentils. Mais peut-être à tort, je ne pense pas que la personne changera (dans le sens que vous indiquez). On verra… »

Bien d’autres petits « textos » de ce genre…

Scepticisme ardu, dira-t-on ! Mais comment croire le contraire avec ce deuxième paragraphe de ton texte si subtil qui rappelle tant de faits, d’évènements, de choix, de décisions, de forcings, de refus, etc. Certes, s’il y a quelque chose que quelqu’un comme moi qui suis tombé dans la politique par effraction a appris dans ce monde, mais aussi avec l’âge et l’expérience de la vie tout court, c’est que tout est perception. C’est vrai, en politique, ce sont ces perceptions que nous défendons bec et ongle. Pour certains, ce ne sera pas facile d’oublier les « traumatismes »

Cher Amadou Lamine,

A la limite, j’aurais préféré que ta noble espérance se réalise, que Macky II émerge et ne soit pas une image fugace et lointaine à laquelle succéderait Macky III. Poètes, nous sommes condamnés à vivre entre les deux pôles de la prière et de l’intuition pour croire comme Feu Vayne Dyer, ce grand coach américain, que « la prière, c’est quand l’homme parle à Dieu, l’intuition, c’est quand Dieu parle aux hommes ». Grand poète, le meilleur d’entre nous, par ce message, tu accomplis généreusement ce don de soi aux autres : au fond tu pries, peut-être aussi que ton intuition est le début de futures transformations tant espérées. Tu as ce privilège de la double casquette de la prière et de l’intuition ! Ensemble, nous sommes obligés de dire, de vitupérer, de relancer, d’avertir en pensant un peu comme cela est écrit dans l’acte 5 de la pièce de Jean Desmarets de Saint-Sorlin, « Le visionnaire » :

« il importe fort peu que les ignorants l’entendent ou non, puisque cela n’a pas été apprêté pour eux…. Ce n’est pas pour toi que j’écris, Indocte et stupide vulgaire: J’écris pour les nobles esprits, Je serais marri de te plaire. »

Le grand problème, c’est cela aussi: les nobles esprits, la classe et l’élégance ! On dirait qu’ils sont rares en politique. C’est aussi les ignorants dont parle Jean Desmarets qui refuseront ton message !

Ton coreligionnaire en poésie, Abdou Karim GUEYE, poète-essayiste, Inspecteur général d’Etat à la retraite. Ancien Directeur général de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature du Sénégal. Auteur des recueils « Les Portes étroites » – « Comme un amas de pyramides inversées » – « Les piroguiers aux millions de rames ».

Le Front démocratique et social de résistance nationale (FRN) menace

YERIMPOST.COM Ci-dessous son communiqué…

 

Le Ministère de l’intérieur a publié un communiqué en date du 21 août 2018 invitant les coordinateurs nationaux des candidats à l’élection présidentielle du 24 Février 2019 à une réunion le 27 août 2018.

Le Front de résistance Nationale réuni ce Dimanche 26 août 2018 dénonce l’illégalité et l’absurdité d’une telle convocation. Si des documents électoraux sont disponibles, ils doivent être accessibles à tous les candidats qu’ils soient déjà déclarés ou non, conformément à l’arrêté ministériel en date du 23 août 2018. La loi électorale ne donne aucun droit au MINT de convoquer des coordinateurs désignés par des candidats à la candidature à l’élection présidentielle.




Cette réunion ressemble plus à une pièce de théâtre.
Du point de vue du respect de la loi, le Front de Résistance Nationale tient à informer l’opinion qu’il a instruit ses membres ou tout autre citoyen qui envisagerait de se présenter au scrutin du 24 février 2019 de désigner un Coordinateur National.

Cette désignation ne vaut en aucune façon acceptation par les partis membres du Front de Résistance Nationale du système scandaleux et inacceptable de parrainage que le Gouvernement a mis en place pour éliminer certains candidats dans le cadre du coup d’état électoral qu’il s’apprête à perpétrer pour tenter d’assurer un second mandat improbable au candidat Macky Sall.

Après concertation, les partis membres du FRN ont décidé de participer à la réunion convoquée par le MINT, de récupérer les documents électoraux et d’exiger l’accès au fichier électoral.

Sur la suite à donner, le FRN tiendra une conférence de presse le lundi 27 août à 17h au siège de Bokk Gis Gis.



Dakar, le 26 aout 2018

Présidentielle de 2019: Modou Diagne Fada et Abdoulaye Baldé accordent leurs violons

YERIMPOST.COM Une nouvelle coalition politique a vu le jour. Elle est dénommée Coalition pour une alternative démocratique (Cad/Disso). Les initiateurs de cette nouvelle plateforme politique sont le leader du parti Les démocrates réformateurs/Yessal, Modou Diagne Fada, et son homologue de l’Union centriste du Sénégal (Ucs), Abdoualye Baldé. Ces deux anciens responsables du Parti démocratique sénégalais (Pds) ont décidé de mutualiser leurs forces pour proposer un programme alternatif d’urgence. La coalition compte présenter un candidat à la présidentielle de 2019, renseigne le maire de Ziguinchor sur les ondes de la Rfm.



Le Parti démocratique sénégalais (PDS) se radicalise

YERIMPOST.COM En atteste ce communiqué du comité directeur du parti…

 

Le Comité Directeur du Parti Démocratique Sénégalais (PDS), s’est réuni le mardi 03 avril 2018 à la permanence nationale Oumar Lamine BADJI sous la présidence du frère Oumar Sarr, secrétaire général national adjoint et coordonnateur, à l’effet d’examiner l’ordre du jour unique suivant : situation nationale et vie du parti.

La situation nationale a été marquée cette semaine par deux événements majeurs :
– la condamnation de Khalifa SALL
– l’adoption par le Conseil des Ministres des projets lois portant révision de la constitution et modification de la loi électorale.

Le Comité Directeur a dénoncé le procès en sorcellerie intenté contre Khalifa SALL qui a été condamné à une peine injuste dans le seul but de l’empêcher de se présenter à la prochaine élection présidentielle. A l’image de ce qui a été fait à Karim Meissa Wade, candidat du PDS, la justice a été instrumentalisée pour éliminer une candidature à l’élection présidentielle. Le comité directeur met en garde le pouvoir qui s’est soumis des pans entiers de la justice pour un règlement de compte politique et demande aux juges de prendre leurs responsabilités. Le PDS apporte son soutien à Khalifa SALL et l’assure de son engagement à ses côtés et à côtés de ses sympathisants pour les luttes communes contre les violations répétées des libertés, pour l’exercice sans entrave des droits et pour le droit de chaque parti de présenter librement un candidat à l’élection présidentielle.

Analysant le projet de loi portant révision de la constitution imposant un parrainage de 1% des électeurs inscrits, le Comité Directeur fustige la décision inique du gouvernement qui, après avoir fait voter des modifications de la constitution par référendum, tente encore de nouvelles modifications qu’il soumet à sa majorité mécanique dans l’unique but de contrôler les candidatures à l’élection présidentielle.

Dans la manipulation envisagée pour contrôler les candidatures, Macky SALL, introduit :

– la centralisation de toutes les opérations électorales par le Ministère de l’Intérieur tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays
– l’interdiction d’utiliser l’effigie d’une personne
– la modification des conditions de recevabilité des candidatures à l’élection présidentielle. Ainsi, l’inscription sur les listes électorales devient une condition substantielle de recevabilité d’une candidature, ce que la loi en vigueur actuellement n’impose pas. L’objectif caché est d’empêcher la candidature de Karim WADE en contestant son inscription sur les listes électorales alors pourtant qu’il n’a jamais été privé de l’un quelconque de ses droits civils, civiques et politiques

Le comité directeur demande au peuple sénégalais de s’opposer par tous les moyens à cette inacceptable tentative de Macky Sall de se soumettre les institutions en transformant notre démocratie en un système autoritaire au service exclusif de la famille, du clan, des amis et d’obtenir par la force un improbable second mandat.

Le comité directeur rappelle à Macky Sall, que lorsque le gouvernement, les députés et les juges exercent les pouvoirs qui leur sont délégués en violation des droits du peuple, celui-ci se donne le devoir sacré de s’y opposer par tous les moyens prévus par la constitution de la république.

Le comité directeur dénonce le manque de volonté du gouvernement qui organise à nouveau le chaos pour empêcher l’inscription des sénégalais sur les listes électorales, particulièrement les jeunes qui pourtant en masse se pressent en vain devant les commissions d’inscription. En effet, la révision exceptionnelle des listes qui devait durer six mois a été limité à deux. Dans les communes, les commissions d’inscription ont été remplacées par des commissions de révision qui n’ont compétence que pour procéder à des modifications ou transferts d’électeurs déjà inscrits. Manifestement tout est fait pour que les jeunes, qui font si peur à Macky SALL, ne soient pas inscrits. Pour cela le gouvernement n’hésite pas à travestir la loi pour ne pas l’appliquer.

Le comité directeur du PDS appelle les partis politiques, tous les partis politiques de l’opposition, la société civile, les syndicats et les citoyens à unir leurs forces, taire les querelles et dans un seul élan se mobiliser et se battre contre les tentatives de Macky SALL de passer en force en se donnant le droit exclusif de choisir ses adversaires en détournant par ce fait la souveraineté du peuple.

Le comité directeur appelle toutes les forces de sécurité à la retenue et les invite à être du côté du peuple qui exerce ses droits constitutionnels à la marche pacifique. Il demande également aux juges qui rendent la justice au nom du peuple de prendre leur responsabilité et d’exercer les devoirs de leurs charges dans le strict respect du peuple et de la loi au lieu d’être le bras armé d’un pouvoir politique en phase terminale .

Dakar, le 03 avril 2018

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