Blog de Cheikh Yerim Seck

Tag archive

el aboubacar sylla

Monsieur le président, Il n’y a pas de place pour les gouvernants de petit calibre (El Aboubacar Sylla)

Monsieur le Président, Il n’y a pas de place pour les gouvernants de petit calibre. Soit vous devenez le héros que le pays a besoin soit vous serez aussi rapidement oublié qu’un été trop sec.

Par El Aboubacar Sylla

Il n’y a pas de tâche plus ingrate que celle de diriger les hommes. Comme toute personne s’étant hissé aux plus hauts sommets d’une république, vous êtes frappé par les vents de tous les côtés et les conspirateurs de toute nature et condition s’agitent sous vos pieds. Vous êtes un géant qui a toute la création sous lui et donc toute âme malfaisante, tout esprit mal tourné, fixe son attention à vous nuire et à vous remplacer. Vous n’avez nul jour de repos, nulle minute de tranquillité possible. Toute la méchanceté humaine se tourne vers le sommet de la pyramide républicaine et donc contre vous.

C’est ainsi que celui qui est arrivé à la magistrature suprême est confronté à la multitude de mauvais conseillers cherchant à avancer leurs intérêts au détriment du pays. Aucune faute ne vous revient de cet état de fait. C’est une règle de la nature humaine depuis la fondation des premiers villages. Même avec vos meilleurs efforts vous ne sauriez corriger la nature humaine de ses défauts. Vous ne pouvez que vous protéger des courtisans malintentionnés et vous préserver avec l’aide de ceux qui ont l’amour du pays dans leur cœur. C’est une tâche difficile, personne le niera, mais vitale pour que votre mandat soit un succès.

En tant que premier magistrat de la République, vous êtes dans le rôle du père qui doit protéger et veiller sur le peuple comme sur ses enfants. Des millions sont dans le besoin d’un magistrat juste, pieux et déterminé à améliorer leurs conditions de vie. De plus, entamant votre dernier mandat, vous êtes confronté à la nécessité d’établir ce qui sera votre héritage politique. Nous vivons un âge qui déterminera le siècle à venir. Il n’y a pas de place pour les magistrats de petit calibre. Soit vous devenez le héros que le pays a besoin soit vous serez aussi rapidement oublié qu’un été trop sec. Cela peut paraitre injuste, mais c’est la règle des temps actuels.

Ce que vous ferez pendant votre dernier mandat marquera le pays. Serez-vous un roi oisif ? Un homme dont on retiendra que sa faiblesse et son inaction ? Ou est-ce que vous vous affirmerez comme un géant historique, créateur d’une république forte et prospère ? L’histoire est impitoyable. Thomas Sankara est encore connu aujourd’hui car il se dévoua entièrement au pays, créa et imagina les prémisses d’un renouveau national. Mandela rayonne encore par sa sagesse et sa vision d’une Afrique du Sud pacifiée. Ces géants ont éclipsé plusieurs générations de politiciens de leurs pays. Qui connait le nom du prédécesseur de Mandela ? De l’homme qui gouverna le Burkina Faso avant Sankara ? N’est pas Compaoré déjà frappé par le voile de l’oubli ? Il est le souhait de tous de vous voir réussir et devenir un géant, car votre victoire sera celle du pays entier. Seuls les esprits les plus décadents espèrent vous voir échouer, car votre échec sera celui du pays.

La responsabilité qui pèse sur vos épaules est lourde, d’un poids inimaginable, mais vous ne pouvez désormais plus vous en affranchir. Vous avez pour seul choix soit la voie de l’oubli soit la voie de d’apothéose. Il vous faudra donc embraser toutes les forces qui peuvent faire avancer le pays. Qu’un homme aime son frère est louable, mais on ne gouverne pas un pays avec des frères qui n’ont pas les capacités à soutenir la rénovation spirituelle, culturelle et économique du Sénégal. Vous devrez donc vous méfiez des mauvais conseillers, ignorez leurs arguments fallacieux et uniquement vous entourer de ceux qui contribuent au renforcement national.

De même pour les projets et chantiers publics. Éloignez-vous des argumentaires fallacieux et posez-vous la question : est-ce que le projet renforce ou affaiblit le pays ? Ce n’est pas une tâche aisée car les intérêts économiques en jeu sont énormes. Bien d’hommes d’affaire tenteront de vous séduire, de vous faire croire que leurs projets aident la Nation, mais ce sont des mensonges faits pour satisfaire les ambitions les plus sombres.

Pour distinguer le bon du mauvais, il vous faudra être entouré de conseillers compétents, patriotes et n’ayant aucun lien avec les grandes entreprises du pays. La maladie de toute jeune république est la ploutocratie, à savoir que ceux qui ont de l’argent tentent de soumettre le pouvoir politique à leurs désirs. Oui, ce n’est pas facile, mais ô combien nécessaire. Le fait que vous ayez pu remporter la dernière élection montre que vous avez la force de caractère et les compétences pour gouverner, mais vous devez en plus désormais vous protéger des ennemis de la République. Si cela peut sembler dur voire même insurmontable, la récompense vaut les efforts que vous serez obligé de déployer.

Oui, vous devrez dire non à des gens proches. Oui, vous risquez l’opprobre de certains alliés, mais en échange, vous entrerez dans l’Histoire. Vous deviendrez le héros que le pays a besoin, un restaurateur de la vertu républicaine, un défenseur des démunis et un protecteur de l’Etat dans les heures naissantes du 21ème siècle. Cela est plus nécessaire que jamais car les républiques africaines ne peuvent pas se permettre une génération de dirigeants faibles. Elles sont dans la nécessité de magistrats qui se distinguent comme aucune autre génération précédente. C’est pourquoi votre mission est si importante, votre deuxième mandat d’une importance vitale. Vous établirez non seulement ce que sera votre place dans l’Histoire, mais également poserait les bases pour le Sénégal. Vous pouvez devenir un Thomas Sankara ou un Mandela sénégalais. Le potentiel est en vous, il demande qu’à déployer ses ailes comme un aigle.

 

 

 

Aussi forte que l’astre solaire, la gloire d’Allah brillera à jamais!

L’Homme est un être tiraillé entre les cieux et les enfers. Il peut se hisser par sa foi au niveau des anges ou tomber par ses méfaits loin en dessous des animaux, devenant une bête diabolique. A Christchurch en Nouvelle-Zélande, nous voyons comment l’Homme peut devenir un prédateur pour les autres humains, une créature malfaisante, une force de destruction. Il ne fait pas de doute que le Mal est une force terrible, un fléau. La Haine est un poison qui corrompt les âmes humaines et les pousse à faire l’impardonnable. Quarante-neuf morts et des dizaines blessés témoignent de la puissance destructrice de la Haine.
Toutefois, à ceux qui veuillent désespérer de la nature humaine, je leur dis que le Mal et la Haine sont des puissances stériles et impotentes. Oui, nous devons pleurer les croyants ayant été massacrés pendant leurs prières. Oui, nous devons nous accorder ce moment de colère et de choc, mais nous ne devons pas en faire notre nouvelle nature. Ceux qui sont morts ont le Paradis assurés. Ils ne sont pas à plaindre, mais leurs proches qui ont été dépossédés d’eux. Les victimes ont péri en priant Allah. Ils sont décédés en tant que serviteurs du Tout-Puissant. La Gloire leur est garantie.
L’Islam fut et sera toujours la religion de la compassion et non de la haine. C’est la religion qui édifie et non qui détruit. Elle est le fleuve qui irrigue les bancs asséchés des âmes humaines. On peut brûler des mosquées. Elles seront reconstruites plus belles et plus grandes. On peut tuer les croyants. Ils auront tous le Salut assuré et leur mort inspirera la Foi à des millions. On peut maudire le nom d’Allah, mais Sa Gloire ne cessera pas de briller, aussi forte que l’astre solaire. Au final, la compassion et l’amour gagnent toujours, car elles sont les seules forces civilisatrices, les seules choses qui peuvent édifier l’âme humaine, la faire surpasser sa nature bestiale. La haine n’est que stérilité et impotence la plus totale. Elle n’est qu’une grande absence devenue destructrice.
L’Histoire nous montre que la compassion, l’amour et la tolérance triomphent car ils sont les forces qui cultivent les champs, forment les familles et unissent les nations. Sans amour pour son prochain, la famille se dissout, le village est abandonné et l’homme retourne dans la forêt manger à quatre pattes, chassé par les animaux sauvages. Pour construire, pour développer et pour cultiver, il faut aimer son prochain, lui accorder compassion et tolérance. La Haine n’apporte rien. Bagdad et l’Al-Andalous n’ont pas été édifiés sous l’impulsion de la haine, mais de la passion des califes pour les arts, la littérature, le savoir et les humains. C’est leur désir de connaissance qui a conçu les Maisons du Savoir. La haine, a-t-elle jamais pu édifier un seul temple ? Créer une seule œuvre d’art ? Concevoir quelque chose ressemblant à de la beauté ? Non.
Les victimes de Christchurch sont dans une longue lignée de croyants morts dans l’exercice de leur Foi. Toutefois, cela ne doit pas nous décourager. Les haineux peuvent tuer, mais ils ne peuvent pas triompher. Ceux qui ont commis cet acte ne peuvent pas échapper à leur punition et le monde en sortira finalement fortifié. Nous pouvons aujourd’hui voir comment les soutiens pleuvent de toutes les nations, de la part de chaque chef d’Etat. Face à l’horreur, l’esprit humain reprend le dessus et la vertu s’impose. C’est le témoignage de comment la haine est futile et inutile. Elle ne peut pas prendre racine dans ce monde, elle n’est qu’une aberration temporaire.
Nous devons donc prier pour les victimes, pleurer avec les proches et accomplir tous les actes de compassion que notre cœur nous dicte. Oui, il ne peut pas avoir de démesure dans l’amour au prochain. La colère, tant qu’elle ne devient pas de la haine, est nécessaire pour surmonter les épreuves les plus difficiles. Néanmoins, ne nous laissons pas séduire par les attractions de la Haine, car elle corrompt les cœurs humains avec une facilité déconcertante.
C’est pourquoi, ne cédons pas à la haine de l’autre et au mépris. Dieu punira très sévèrement le coupable et la justice des hommes en fera aussi son œuvre. Nous, nous devons rester forts, continuer à avancer afin de permettre de montrer au monde qu’à la Haine, nous répondons par l’amour et la compassion.
Nous verrons alors les haineux se trouver assoiffés, isolés et méprisés même par les chiens de rue. Ils verront leur royaume sombrer dans les sables de l’oubli, car la Haine ne produit rien de durable, n’est que mouvement sans destination. Elle ne peut pas triompher sur la Foi et l’Amour. Elle peut certes remporter des batailles, mais ce sont des victoires à la Pyrrhus, sans aucune valeur sur le long terme. Les anciens philosophes parlaient du Mal comme l’absence du Bien. C’est tout à fait vrai. La Haine et le Mal ne sont qu’un vide, un néant, alors que l’Amour et le Bien remplissent les cœurs humains et sont l’engrais des grandes civilisations.

El Aboubacar SYLLA

° Top
YerimPost

GRATUIT
VOIR