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Bibi Baldé cache mal sa frustration et demande subtilement à être recasé

YERIMPOST.COM  Il avait fait son entrée dans l’attelage gouvernemental du temps d’Aminata Touré. Depuis, il a dirigé différents ministères jusqu’à ce second mandat du président Macky Sall. Abdoulaye Bibi Baldé n’a pas été retenu. Le non moins maire de Kolda peine à cacher sa frustration même si Mahammed Boun Abdallah Dionne l’a appelé personnellement pour l’informer qu’il ne figurerait pas sur la liste. 44 piges, économiste et enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop,  Abdoulaye Bibi Baldé ne se fait pas du mouron. Sauf si le chef de l’Etat lui trouve un point de chute digne de son statut. Chose qu’il a tenu à préciser, selon l’Observateur, Abdoulaye Bibi Baldé n’est demandeur de rien.

Un enseignant répond à l’édito de Cheikh Yérim SECK: Respect, nous le méritons !

Ce dimanche le 22 Avril 2018, je n’ai pas pu profiter de la grande et la petite famille comme d’habitude à cause de tes jugements irrespectueux, injurieux à l’endroit de ces vaillants soldats de la craie que nous sommes.
En effet, tu aurais dû se documenter auprès des personnes ressources dignes de confiance des deux côtés aussi bien du gouvernement que des enseignants avant de publier un tel article tirant haineusement à boulets rouges sur les jardiniers de l’intelligence humaine comme le dit Abdoulaye NDOYE,SG du CUCEMS(Respect à vous au passage) en tant que journaliste d’investigation, dit-on.



Si pareils propos avaient été tenus à l’égard des magistrats, on aurait utilisé la machine judiciaire pour outrages à la magistrature. Quel pays sommes-nous ? Deux poids, deux mesures!
Attention M.SECK ! Daigne ne pas être emporté par ce gouvernement calomniateur, intoxicateur, oppresseur, diaboliste, dédaigneux, arrogant, hautain, qui a tué en nous toute notre fierté et en fait de nous des radicaux.
Toi aussi, il ne faut pas s’assurer que tu n’as pas encore tué non plus en tenant de tels propos. A titre d’exemple Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Al Makhtoum (Que Dieu illumine son âme et la répande sur nous) disait en Wolof que :’Bou kén né rayouma nit tant que démounou Alakhira : ndakh kaddou you gnaw go ték si dérou gor gni’.
M. SECK, je pense qu’au lieu de nous traiter de la sorte, essaie de nous comprendre, essaie de découvrir le mobile de nos actions. Voilà ce qui est profitable que de nous condamner, voilà ce qui nous rend tolérants et heureux.
Dans la même foulée, le Coran nous apprend dans la sourate 49(Les appartements), verset 6 ‘Ô vous qui avez cru! Si un pervers vous apporte une nouvelle, voyez bien clair (de crainte) que par inadvertance vous ne portiez atteinte à des gens et que vous ne regrettiez par la suite ce que vous avez fait.’
Cependant, je ne vais pas t’insulter, ni te manquer de respect comme tu l’as fait à notre égard car cela ne me ressemble pas et mon éducation ne me le permet pas non plus. Aussi dois-je respecter ton point de vue et reconnaître ton courage intellectuel sur beaucoup de questions.
Dans le même sillage, Martin Luther KING disait en substance que : répondre à la haine par la haine ce serait augmenter la somme de mal qui existe déjà sur terre. Quelque part dans l’histoire du monde, il faut que quelqu’un ait le bon sens et le courage moral pour briser ce cercle infernal de la haine.
Ainsi, je m’en vais te répondre de manière générale par rapport à tes jugements superficiels et simplistes.
D’abord, nous les enseignants nous ne sommes pas des escrocs, ni des irresponsables, des usurpateurs, encore moins des gens qui font une surenchère sur l’Etat.
M.SECK, depuis quand amener quelqu’un à respecter sa parole donnée, est devenu un crime ou une escroquerie :
‘gor sa wakh dja,até bor faye’.Ensuite M.SECK, nous faisons plus qu’ honorer nos devoirs d’enseignant partout et tout le temps, en se sacrifiant jour et nuit. De plus, sache que presque toute l’année le gouvernement coupe nos salaires sous le moindre prétexte : dysfonctionnement du logiciel, erreur technique, etc.
Sache qu’aussi pendant la grève, on nous ponctionne de manière abusive, sauvage et arbitraire.
Mais nous nous sommes habitués maintenant : tout est une question d’état d’âme dans la vie.
En outre, M.SECK sache que nous allons en grève à contre cœur, le cœur meurtri vraiment.
Quelque part à t’entendre parler, le fait que M. Le Président recevait les syndicats au moment où on jugeait M. Khalifa Ababacar SALL serait une faveur ou je ne sais quoi. Vraiment, je ne vois pas en quoi cela est extraordinaire dans un pays normal comme tu aimes dire sur les plateaux de télé.
Ce qui me semble extraordinaire et inacceptable c’est de laisser la situation pourrir jusqu’au mois d’Avril pour jouer les pompiers. Tel comportement est-il sérieux dans un pays normal ? Un pays qui se veut émergeant!
Ces politiciens-là, l’école n’est pas leur priorité, ils s’en servent pour des fins politiques politiciennes. La leur c’est comment se maintenir au pouvoir ou gagner la prochaine élection et non penser à la prochaine génération comme disait l’autre. La preuve, rappelle-toi dans un passé très récent comment ils ont accéléré le jugement de Khalifa Ababacar SALL et comment ils ont fait passer de toute leur force la loi sur le parrainage. Et pourtant on nous tympanise les oreilles en longueur de journée que le temps de la justice n’est pas celui du citoyen insistant sur sa durée. Ce qui m’agace et me torture dans tout cela c’est l’attitude du chef de l’Etat M.Macky SALL à qui l’école publique a tout donné. Vraiment, je croyais que sous son régime cette école et ses jardiniers de l’intelligence humaine ne souffraient pas autant, mais hélas, trois fois hélas!
M.SECK pendant tout ce temps-là de Janvier en Avril, où étais-tu pour interpeller le gouvernement sur sa responsabilité ?
M .SECK, sache que ces politiciens-là veulent seulement sauver une année scolaire et non l’école sénégalaise pour leur propre intérêt comme je l’ai dit tantôt car leurs enfants n’y sont pas, très simple comme explication.
M .SECK, je pense que mieux vaut sauver l’école sénégalaise que de sauver une année scolaire, chose que l’on fait depuis belle lurette. En effet, moi qui t’écris, j’ai fait le BFEM au mois de Septembre 1997 à cause de ces grèves.
De 1997 à 2018, cela fait 21 ans qu’on vit toujours les mêmes problèmes. Ceci dit qu’il n’y a pas du sérieux : on bricole par-ci, par-là pour sauver les années et non l’école sénégalaise. Vraiment, ’we are fed up’ (y en a marre jusqu’à ce que ça nous sorte par le nez.
Bref, nous les enseignants nous ne demandons pas l’extraordinaire. Tu sais ce que nous voulons : nous restaurer d’abord notre dignité humaine. Tu sais ce que nous voulons : que le gouvernement nous respecte et tienne ses engagements. Mais M.SECK que ferais-tu face à quelqu’un qui n’a pas le sens de l’honneur de la parole donnée, un gouvernement qui se dédit urbi et orbi. Rappelle-toi en 2016, ce même gouvernement avait sollicité Serigne Abdoul Aziz Al Amine (Que Dieu illumine son âme et la répande sur nous) et Serigne Basse Abdou Khadre d’amener les syndicats à arrêter la grève en gage de respecter les accords signés en 2014. C’est ce que les Anglais appellent ‘gentleman’s agreement’ (accord informel entre deux ou plusieurs parties, non par la loi mais par honneur.), mais rien.
Si le gouvernement les avait respectés, nous aurions dépassé ce problème aujourd’hui. Et en ce moment on est toujours à l’étape des promesses. Ce qui se passe en réalité c’est que ce gouvernement n’est plus digne de confiance aux yeux des enseignants. Un fait compréhensible :’Failure teaches success’ (On apprend de ses erreurs) comme disent les Anglais. Ici les Wolof disent :’bo guissé yapp,raba dé’(Quand il y a de la viande, il y a mort d’animal) .
Le gouvernement a installé un sentiment de méfiance chez les enseignants comme d’ailleurs chez bon de nombre de sénégalais : c’est cela la racine du mal. Et comme on dit il faut vaincre le mal par la racine.
M. SECK, j’en suis persuadé que les enseignants feraient des ‘give and take’ (concessions) s’ils avaient en face d’eux un gouvernement sérieux. M.SECK, nous enseignants nous aimons plus les élèves que ceux qui le prétendent.
Nous enseignants nous aimons plus l’école sénégalaise que quiconque mais qui aime bien châtie bien, dit-on.
Nous sommes des patriotes, parfois même plus patriotes que ces gens qui le prétendent.
En patriotes, nous sommes partout au Sénégal, le Sénégal des profondeurs dans des conditions extrêmement catastrophiques sans mesure d’accompagnement ou de prime de risque avec un salaire dérisoire où nous sommes à la fois parents d’élève, assistants sociaux, commis de l’Etat à la limite tout ‘teacherall’(‘meun lép’) comme le dit mon frère. Parfois ce sont des zones réfractaires à l’école française, des zones où les populations se sentent oubliées par les différents gouvernements de l’indépendance à nos jours, il y a rien même de l’eau potable. Du coup les populations confondent parfois les enseignants à leur employeur : le gouvernement qu’elles prennent pour un imposteur, un étranger, un oppresseur. Comme preuve, il m’arrivait qu’on me demandait:
M.NDIAYE où habites-tu au Sénégal ? Parlant de Dakar, chose qui me faisait mal mais que j’ai comprise parce qu’il y a pas le minimum vital, que dalle !
Je suis à l’aise d’en parler car j’en sais quelque chose pour avoir servi en Casamance pendant 7 ans. Je ne suis qu’un seul exemple parmi tant d’autres vaillants soldats de la craie. Dirédji, Je me rappelle !
En définitive, je termine ici car les pages ne peuvent pas contenir tout ce que j’ai à te dire. Je te propose de s’approcher des enseignants pour plus d’informations.

Respect, nous les enseignants nous le méritons !

Mansour NDIAYE, prof d’Anglais
Au Nouveau Lycée De Kaolack, le 23 avril 2018

Contribution: Lettre ouverte d’un enseignant au président de la République

Dans un contexte de crises et d’emeutes où la population toute entière ,embrouillée voulut se débarasser de votre mentor politique ,vous avez été choisi, de ce fait ,nous aurions esperé que la rupture tant chantée par vous et vos compères serait une réalité.
M le président ,le hasard n’existe pas et c’est le destin qui vous a élu dans des moments où les urgences du pays attendaient ardemment d’ être résolues donc une introspection s’ impose.

Pourquoi vous et non les autres ?

Parce qu ‘il devrait émaner de vous, père de la nation les remèdes aux difficultés auxquelles le pays fait face étant donné que dans l’au delà, tout dirigeant justifiera les responsabilités qui lui ont été confiées.

Le système éducatif marche à reculons et vous devez en être conscient. Oui ! car, s’il est vrai que « gouverner c’est prévoir  » , vous aurez dû savoir que la tâche a bien changé et qu’elle devient de plus en plus difficile,mais l’éducation n’a pas de prix et elle mérite plus de circonspection.
Le nombre croissant d’écoles nécessite un nombre suffisant d’enseignants qui sont actuellement au nombre de 97 000 , et d’énormes moyens doivent être investis pour de meilleures conditions de vie de ces derniers qui sont la quasi totalité des fonctionnaires de notre pays et malheureusement les moins considérés.




Un Sénégal qui émerge ne mérite pas à l’ orée du troisieme millénaire les scabreuses conditions que l’école est entrain de vivre telles que les abris provisoires, des élèves assis à même le sol sillonant des kilomètres à pieds pour aller à l’école. Les enseignants sont victimes d’injustices ,des lenteurs administratives ,des indemnités cinq fois inférieur aux autres agents et je m’en arrête là pour ne pas sombrer dans la comparaison car peu importe la valeur et la place qu’occupent ces agents, ils ne feront jamais assez pour payer leurs enseignants .

M le président, nous sommes déçus de voir que c’est durant votre règne que des éducateurs ont été convoqués à la police, menacés de radiations, ponctionnés,stigmatisés. C’est au même moment où vous parlez d’excellence, au même moment que des enseignants etaient primés ,c’ est désolant que ça soit à la même période que le système qui a fait de vous ce que vous êtes devenu soit cacochyme .

Nous ne réclamons pas l’utopie mais nous vous rappelons que  » Chose promise, Chose dûe ».
Vous nous aviez demandé d’arrêter les grèves en 2012 et nous avions espoir que vous seriez l’homme qui réconcilierait un système perturbé avec ces vaillants soldats qui arpentent d’énormes embûches pour une éducation de qualité.

Les accords de 2014 n’ont pas jusque là été respectés, ce qui est à l’origine des crises intempestives que le système éducatif Sénégalais est entrain de traverser et dont les conséquences peuvent être désastreuses.
M le président, il n’est pas évident de vous dire que l’école est une institution qui implique la participation de tous. Vous devez donc trouver une solution face à cette situation inquiétante et inhérente à tout système éducatif.
L’heure est à la reconstitution d’un système solide ou l’excellence sera la priorité du gouvernement . Il faut que l’école soit prise au sérieux et pour cela, il faut qu’il y ait un dialogue avec les principaux acteurs car la réussite d’une nation passe nécessairement par le biais de l’éducation.

Notre réquisitoire est loin d’etre exhaustif et celà temoigne des énormes maux dont souffre le système éducatif sénégalais.

M le président,Recevez mes cordiales salutations et comprenez en ces propos qu’ils sont loin d’être des reproches vis-à-vis de votre personnalité, mais une remémoration venant de cet enseignant soucieux de l’avenir de l’éducation de son pays et anxieux de la voir perdre sa crédibilité.

CHEIKH BAMBA SENE AHMADA
Professeur de francais au CEM de Thilogne(Matam)

Contribution: Propos Songué Diouf: Non, un enseignant ne doit jamais dire ça ! 

L’actualité de ces derniers jours se résume à  un homme, un enseignant , suite à ses propos sur le viol .
Il a fait une déclaration suffisamment grave pour susciter une vive  indignation.
La question était relative au viol et il déclara : « Sur ce sujet, je me dois de couper la poire en deux, car, lorsque vous portez plainte contre nous (les hommes), nous aussi on doit porter plainte contre vous à notre tour, car vous faites tout pour que nous vous violons »
Tout d’abord nous commençons par le commencement en condamnant avec la dernière énergie ces propos intolérables.
Comment peut-on tenir de tel propos devant des milliers de sénégalais avec une arrogance rationnelle?
Ensuite revoyons la définition du viol par le législateur sénégalais.
Codifié dans le droit sénégalais par l’article 320 du code pénal. Ce dernier considère, dans son alinéa premier, comme un viol «tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature que ce soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise.»
En d’autres termes, on parle de viol que quand il n’y a pas de consentement.
Cette définition rend donc encore plus incompréhensible les propos de l’enseignant considérant que les femmes font tout pour se faire violer faisant ainsi allusion à la tenue vestimentaire de certaines femmes.
N’oublions pas que nous sommes dans une société ou les gens sont libres de porter ce qu’ils veulent et par conséquent il ne nous appartient pas de décider de la façon de vêtir des autres. Et ce n’est pas parce que certaines personnes  portent des tenues  légères  que l’on doit sauter sur elles.
Je ne défends pas le droit des femmes à porter des tenues légères ou à ne pas les porter, mais j’estime que ce n’est pas notre rôle de donner un sens aux vêtements que porte une femme. C’est justement une habitude typiquement sexiste que de donner du sens à tout vêtement féminin. Ce sont nos regards sur tel vêtement qui ont du sens, pas le vêtement. On ne jugera pas un homme au regard de ce qu’il porte. Les hommes sont en général jugés sur leurs actes et leurs paroles.
Commençons à être moins sexiste et plus  juste avec nous même au lieu de dire des bêtises comme quoi que les femmes font tout pour se faire violer.
En réalité, tenir même ces propos dangereux et discourtois devant des milliers de sénégalais est indigne d’un chroniqueur de télé de surcroit enseignant.
Car un enseignant doit être avant tout une personne d’une certaine probité morale et ne devrait pas essayer de défendre l’indéfendable sur la place publique.
En effet l’enseignant est celui  qui doit inculquer à chaque apprenant, les bases d’un substrat moral, civique et intellectuel qui lui serviront pour une vie citoyenne accomplie au service de la nation, il doit être une personne d’une moralité irréprochable.
Ainsi l’enseignant doit être le plus rigoureux possible et sa dose de bonne moralité, d’honnêteté, de conscience, d’équité, de justice, de tolérance sans être complaisant, de responsabilité, et de respect des principes, des règles et de la loi pour ne citer que ces quelques-unes cette dose dis-je conditionnera la réussite de ses activités.  Plus ces valeurs seront grandes mieux sera.
Mais on n’attend pas d’un enseignant qu’il fasse l’apologie du viol à la télévision devant des milliers de sénégalais.
Enfin, généralement dans la vie, et particulièrement en philosophie  on nous dit souvent ceci :
« Il faut tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler »
En d’autres termes Il faut être prudent et réfléchir avant de prendre parole, et ça un enseignant doit le savoir pour de pas dire des bêtises sur la place publique.
Non un enseignant ne doit pas faire l’apologie du viol il ne doit jamais dire ça!

 

Papa Makhtar DIALLO

Contribution: Rendre à l’enseignant sa place dans la société sénégalaise

Il n’y a pas job plus avilissant qu’être enseignant au Sénégal.
Ceux dont la haute autorité  et la solennité de la stature devraient en toutes circonstances se manifester à travers le prestige rattaché à la fonction enseignante sont les premiers à lui manquer de respect, et à ne lui accorder aucunement la considération qui sied.
Si bien que les institutions de ce pays sont toutes chahutées par certains citoyens qui apprennent la défiance insolente qui caractérise leurs rapports avec l’autorité dès leurs premiers pas à l’école.
L’enseignant est méprisé par la société. Voilà un homme relégué au dernier rang de la catégorie des masses laborieuses de ce pays et que l’on condamne à vivre comme un grand adolescent n’ayant d’autres besoins que ceux à peine supérieurs aux enfants qu’on lui a confiés.
Cette infantilisation pousse certaines hautes autorités à manifester à leur endroit une contrariété irrépressible dès qu’il s’agit d’évoquer leurs conditions de vie et de travail, comme si elles trouvaient qu’on a trop fait pour eux. Et que leur insistance est de mauvais aloi.
D’où la nervosité méprisante de la majorité d’entre elles qui trouvent impertinentes leurs revendications sans cesse rabâchées, et plus en colère contre eux justement du fait de cette insistance, plutôt que par rapport à la légitimité de leur lutte.
Le manque de considération qu’on accorde aux enseignants et le peu d’interêt des populations qui ne les soutiennent pas sont pourtant fortement préjudiciables au pays tout entier.
Notre Ministère de tutelle s’appelle Ministère de l’Éducation.
Les enseignants sont chargés de cette lourde tâche.
Simplement l’école n’est pas coupée de notre société. Elle en est le reflet. Et la partie intégrante.
Nos enfants vivent à côté de leurs enseignants entièrement dépouillés du prestige de leurs fonctions et vivotant dans des conditions pitoyables.
Ils ne sont pas considérés comme des modèles par les élèves. Ni comme des exemples de réussite.
Dès lors leur autorité  est remise en cause déjà bien avant l’école.
Et c’est à travers leurs rapports avec leurs enseignants que désormais les enfants commencent leur apprentissage de l’insolence, de profanation de l’autorité et  de défiance envers toute figure incarnant un pouvoir quelconque.
En ravalant ainsi l’enseignant au rang de paria social, l’autorité  déchire son propre voile de protection et se rend un bien mauvais service, car l’Éducation est un droit pour tout citoyen que le Président de la République doit lui assurer. L’enseignant commis à cette fonction par ses soins remplit accomplit ce devoir.
L’enseignant est donc, de fait, le représentant du Président de la République dans sa classe, au sein de son école.
Les citoyens sénéglais et le premier d’entre eux le savent-ils seulement ?
Réhabilitons l’enseignant. Donnons-lui ce qu’il mérite.
Sans éducation pas d’avenir.
« Education is the key » chantait Lucky Dube.
Sans Éducation en effet, pas de savoir, pas de savoir-faire et donc pas de savoir-être !
 

 

Cissé Kane NDAO Président A.DÉ.R Diplômé de Sciences PO E MBA Management public territorial Master 2 professionnel Gestion de projet GAR et Pilotage du changement

Contribution: Chronique saignante d’un enseignant

Lors de la conférence internationale du partenariat pour
l’éducation,le président de la République avait affirmé haut et fort
que »financer l’éducation n’est pas une charge  sociale mais un
investissement sûr ».Mais ce qui se passe dans le secteur depuis son
accession à la magistrature suprême pousse tous les citoyens avertis à
émettre de serieuses réserves sur la sincérité de ses propos.La
station présidentielle devrait être le lieu par excellence de la
résolution finale des conflits.Cependant,force est de constater pour
s’en désoler que sa rencontre avec les secrétaires généraux des
syndicats d’enseignants n’aura pas servi à grand chose.La trêve fut
brève.Les grèves et les débrayages s’emballent de plus belle.Le
gouvernement n’a pas pensé panser les plaies béantes mais s’est
employé plutôt à sauver des années fort escamotées.Bien sûr quand
l’incompétence s’associe à un manque de volonté manifeste,la
gouvernance devient scabreuse.La responsabilité du président de la
République est pleine et entière dans cette situation pénible de
pourrissement.Qu’un chef de l’Etat garantisse des accords réalistes et
réalisables,annonce des mesures,que des ministres font de la
résistance,faisant fi de la parole donnée du chef,que son son
directeur de cabinet assimile des doléances émanant d’accords
réalistes  et réalisables à du chantage,l’enseignant et non moins
citoyen que je suis s’inquiète et s’interroge.Face aux multiples que
faire saignants,il est bien plus commode de procéder à des
ponctions,bien plus aisé de brandir des menaces de radiation.Vaillants
enseignants!Vous aurez beau en vouloir à votre ministre de tutelle,il
restera tant que durera la coalition.Vous aurez beau vous offusquer de
ces ministres plus préoccupés à chercher des répliques contre des
opposants qu’à travailler à asseoir une politique durable axée sur
l’équité et la justice.Mais que voulez-vous?Ainsi va le Sénégal.Mille
milliards de mille sabords!Que representent 85 milliards de dettes
dues à de valeureux travailleurs.

Bébé Ndiaye

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