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Fonction publique: Mariama Sarr use et abuse

YERIMPOST.COM    A la Fonction publique où elle est ministre, Mariama Sarr fait fort. Dans le cadre des recrutements, la ministre use de son statut pour caser ses homonymes. Ne vous étonnez pas donc de retrouver une certaine Mariama Sarr Niang au ministère de la Santé et de l’Action sociale, c’est la fille de sa soeur. Une autre Mariama à la Fonction publique, à en croire Libération qui a fait la révélation, est la fille d’une voisine à la ministre. Au ministère, ces recrutements abusifs avaient fini d’installer un gros malaise. Pour se dédouaner, Mariama Sarr a indexé le directeur de la Fonction publique, Abdoulaye Ndiaye, à qui elle a tenté de faire porter la responsabilité. Ce dernier, selon le journal, s’est défendu en avouant avoir agi sous les ordres de sa « patronne ». Ambiance… Mais Mariama Sarr, qui visiblement est dans les bonnes grâces du chef de l’Etat, a eu raison d’Abdoulaye Ndiaye qui a été supplanté lors de la dernière réunion du Conseil des ministres. Toutes les Mariama de la fonction publique ne sont pas des Sarr mais la dame de Rahma use et abuse.

Au-delà de la crise de l’école, du secteur de la santé, une crise profonde dans la fonction publique (Oumar Faye)

Parlant de l’avancée démocratique du Sénégal lors de l’émission Objection du dimanche 29 avril 2018, Moustapha CISSE LO, Député APR, compare notre pays à la Sierra Léone où pour éviter la majorité au Parlement, le pouvoir envoie l’armée pour faire sortir des députés de l’opposition et ainsi se garantir une majorité par le nombre.

La référence à cette anecdote, renseigne, à ceux qui seraient tentés d’en douter, l’arriération démocratique que connaît le Sénégal d’aujourd’hui sous l’ère de Macky SALL. Loin de le comparer à de grandes démocraties occidentales où la loi fondamentale c’est-à-dire la Constitution n’est pas modifiée à tout bout de champs pour le maintien du pouvoir en place, Moustapha CISSE LO devrait seulement parler d’un pays voisin, le Cap Vert, dont le Chef de l’Etat vient de séjourner quelques jours dans notre pays et qui dépasse de loin le Sénégal   dans le respect de la séparation des pouvoirs et du respect de l’Etat de droit.

Revenons au sujet de mon article c’est-à-dire la lecture qu’il faudrait faire des soubresauts notés dans l’école sénégalaise, dans la santé,  la grève menée ces derniers temps par les travailleurs de le justice. Une déduction hâtive ferait penser que la surenchère s’expliquerait par le fait pour des syndicats d’obtenir la satisfaction de plateformes à l’approche d’une élection présidentielle imminente. Loin s’en faut. Il faudrait plutôt opérer une analyse profonde de la situation que vit notre pays depuis 2012.

Le peuple sénégalais, de façon souveraine, a porté le candidat Macky SALL au pouvoir en 2012. Un président qui, à Lomé, pour évoquer la grève des enseignants, disait simplement que ces derniers pouvaient conduire l’école à l’année blanche mais qu’il n’allait jamais accepter que les fonctionnaires, qui ne représentaient que 1% de la population sénégalaise, puissent capter l’essentiel des ressources budgétaires du pays.

Ce que  Monsieur SALL devrait ajouter, c’est que ce sont ces mêmes fonctionnaires, notamment ceux des services du trésor, des impôts et des douanes qui font entrer 100% des recettes du budget du pays.

Les enseignants, le personnel de la santé, les travailleurs de la justice sont ou sont partis en grève. Mais, la vérité est que les douaniers, les magistrats, les policiers, bref, tous les fonctionnaires n’ont plus le cœur à l’ouvrage et si l’occasion leur avait été donnée, tous seraient en grève parce que tout dans l’attitude du Président Macky SALL, montre qu’il n’a aucune cure du fonctionnaire et que si ça ne tenait qu’à lui, il allait mettre fin à la fonction publique et en lieu et place, on aura la fonction politique.

Aujourd’hui, le message le plus inquiétant au sein de la fonction publique et dans toutes les sphères de l’administration  c’est que pour accéder à une fonction, il faut la carte de l’APR.

Les nominations en Conseil des Ministres le mercredi le montrent à suffisance. Il est fréquent d’entendre « est nommé Monsieur X, titulaire d’un Master…  à la place de Monsieur Y.. ». Ce Monsieur Y, tenez – vous bien est très souvent un haut fonctionnaire qui après des années d’études, a fait les plus grandes écoles de ce pays, les écoles d’élites où la République distingue ses fils les plus méritants.

Les fonctionnaires ont le blues.  S’ils restent à leurs postes, c’est parce qu’ils n’ont pas trouvé encore autre chose. Ou bien, ils prennent leur courage à deux mains et se lancent dans la politique, plus précisément vont dans l’opposition espérant que l’alternance se réalisera pour remettre le Sénégal sur les rails. Le cas du Juge Ibrahima DEME en est l’illustration. Le cas aussi de ces Inspecteurs du trésor (dont Ousmane SONKO) qui militent massivement dans PASTEF le prouve à souhait.

En avril 2016, il a été organisé le forum sur l’administration. Que de la poudre aux yeux. En vérité, les conclusions sont rangées dans les tiroirs parce que c’est une vérité de lapalissade, le Président SALL ne croit pas au fonctionnaire. Il croit au tout politique.

Que les étudiants ou plus simplement les jeunes qui dans leurs rêves légitimes de servir leur pays le comprennent. Qu’ils remettent aux calendes grecques toute aspiration à devenir quelqu’un dans ce pays parce qu’ils se seraient distingués en réussissant à intégrer la fonction publique. Le laxisme avec lequel la crise scolaire a été réglée  montre à quel point ces autorités ne croient pas à l’école comme levier de promotion sociale.

En lieu et place, les seuls fonctionnaires dont ile Président a besoin appartiennent à trois catégories:

  • les policiers pour réprimer les citoyens. Il faut donc recruter des fonctionnaires de la police pour contrer toutes les manifestations de l’opposition. Aussi on recrute des ASP sur la base d’un clientélisme politique hors de tout concours ; ainsi on organisera des recrutements pour les commissaires de police et autres agents de police
  • les militaires pour se constituer une réserve d’intervention de la force publique au cas où la police et la gendarmerie seraient débordées ; on organisera les concours d’entrée à l’ENOA, à l’ENSOA et autres recrutements militaires ;
  • les pénitenciers pour garder les prisons, d’autant plus qu’on enfermera beaucoup d’opposants avec les nombreuses manifestations en vue ; on organisera ainsi le concours pour l’administration pénitentiaire.

Pour tout le reste, soit on ne recrute pas, soit on puise dans le personnel politique.

Entretemps, le malaise s’installe dans l’administration. Pas de traitements des dossiers des fonctionnaires pour les avancements, pas de concours professionnels internes pour changer de catégories et accéder à des fonctions supérieures.

Le Président de la République a t –il des Renseignements Généraux qui le lui disent. Une rapide enquête dans l’administration aboutira à la conclusion que les fonctionnaires ne portent pas ce président dans leur cœur car, faudrait-il le rappeler, c’est l’administration qui est le socle d’un Etat.

Si le Sénégal a connu une stabilité à tous les niveaux, c’est en grande partie grâce à ces fonctionnaires formés dans les plus grandes écoles à l’image d’un Abdou DIOUF et d’un Habib THIAM formés à l’ENFOM de France mais aussi de tous ces généraux et colonels d’armées formés dans les plus grandes écoles en France à Saint – Cyr ou à Meleun, aux USA et partout ailleurs, Ce sont également tous ces hauts fonctionnaires issus de l’Ecole Nationale d’Administration (administrateurs civils, inspecteurs du trésor, inspecteurs des inspecteurs des impôts, inspecteurs du travail, etc.) qui servent avec dévouement le pays partout au Sénégal et dans le monde.

Le réveil sera brutal. On ne peut pas gérer un pays en mettant en quarantaine ceux qui incarnent la permanence de l’Etat, je veux parler des fonctionnaires.

Oumar Faye

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