Blog de Cheikh Yerim Seck

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19 Avril 2018: Journée sombre pour les forces de sécurité 

MISE EN GARDE CONTRE LES FORCES ARMEES, LA POLICE ET LA GENDARMERIE

Vos chefs, Généraux, officiers supérieurs, officiers qui vous commandent et vous donnent des ordres ont l’obligation de vous former sur le PROTOCOLE RELATIF AU MÉCANISME DE PRÉVENTION, DE GESTION, DE RÉGLEMENT DES CONFLITS, DE MAINTIEN DE LA PAIX ET DE LA SÉCURITÉ ainsi que sur le PROTOCOLE ADDITIONNEL RELATIF A LA DÉMOCRATIE ET A LA BONNE GOUVERNANCE.




Au regard de ces dispositions institutionnelles de la CEDEAO, vous avez allègrement violé la loi et êtes passibles de poursuites devant les tribunaux nationaux, communautaires et internationaux et vous ne pouvez pas vous réfugier derrière l’argument de l’ignorance, du manque d’informations ou même du devoir d’exécuter un ordre d’un supérieur. Cela ne peut pas prospèrer. Nulle Force de Défense et de Sécurité n’est censée ignorer la loi.

En ce qui concerne la gestion des manifestations pacifiques, il est clairement indiqué dans ce Protocole; je cite :

  • « Dans le cadre de ses objectifs de consolidation de la démocratie par un respect des droits et libertés, le Protocole additionnel, en son article 22 interdit « l’usage des armes pour la dispersion de réunions ou de manifestations non violentes » ».

Et même dans le cas de manifestations violentes, une ligne rouge est tracée par ce protocole; je cite encore :

  • « La nécessité de préserver la fonction de maintien de l’ordre tout en le contenant dans un cadre légal et une pratique modérée, débouche sur les précisions suivantes du Protocole additionnel : « En cas de manifestation violente, seul est autorisé le recours à l’usage de la force minimale et/ou proportionnée. » »

Vous avez, par conséquent, l’obligation de comprendre l’esprit du législateur pour l’appliquer en toute rigueur :

« Ces indications et orientations sont très importantes pour l’exercice effectif des libertés démocratiques par les citoyens, les organisations politiques et celles de la société civile. Elles aident à lever l’absence de tolérance des manifestations publiques pacifiques comme cadre et formes d’expression indispensables à l’effectivité de la démocratie.

L’interdiction du « recours à des traitements cruels, inhumains et dégradants», la nécessité édictée d’un respect scrupuleux des droits de l’homme et du droit humanitaire constituent des indications importantes concernant la volonté et l’option démocratiques et de bonne gouvernance que cherche à promouvoir le Protocole additionnel. »

Au-delà de cet encadrement des relations entre les Forces armées, de Police et de Gendarmerie d’une part et les populations civiles, d’autre part, le Protocole additionnel de la CEDEAO vous renvoie à la partie relative aux principes constitutionnels faisant l’objet de convergence et qui gouvernent désormais vos relations avec le Pouvoir afin que vous mesuriez la place centrale qu’occupe le Peuple, en tant que souverain absolu, en Démocratie :

« Parmi ces principes constitutionnels recensés comme faisant l’objet de convergence entre les Etats membres, figurent des éléments de dépolitisation des forces de Défense et de Sécurité et leur exclusion du champ d’exercice du pouvoir.

Le protocole édicte en effet que :

« Le centre de gravité de la légitimité s’est déplacé vers le peuple, et les élections sont posées comme le seul mode légitime et légal d’accession au pouvoir. Corrélativement, il y a une condamnation sous-jacente des coups d’État :

– « Toute accession au pouvoir doit se faire à travers des élections libres, honnêtes et transparentes ».

– «Tout changement anticonstitutionnel est interdit de même que tout mode non démocratique d’accession ou de maintien au pouvoir… »

« « Le Protocole additionnel montre l’importance que les Etats membres accordent à la question d’une reprise en main démocratique des forces de Défense et de Sécurité dans le cadre d’une gouvernance du secteur de la sécurité et d’une consolidation de l’Etat de droit. Le protocole établit la reconnaissance par les Etats signataires d’importantes convergences constitutionnelles qui fondent la légalité et la légitimité des principes édictés par le document. Ces convergences constitutionnelles concernent entres autres :




1 – Le principe de la subordination de l’Armée au pouvoir civil légal.

2 – Une dépolitisation et une « neutralisation » de l’armée sans préjudice pour les droits citoyens reconnus aux membres des forces de défense et de sécurité.

3 – Une gouvernance démocratique du secteur de sécurité avec une promotion et un respect des droits de l’homme et de la personne. »

Le Protocole consacre de manière spécifique une importante partie (la section IV notamment) au « Rôle de l’armée et des forces de sécurité dans la démocratie ».

L’activité des forces de Défense et de Sécurité est inscrite dans un cadre républicain, apolitique et d’emblée non partisan

L’article 19 du Protocole stipule que :

  1. L’armée est républicaine et au service de la Nation. Sa mission est de défendre l’indépendance, l’intégrité du territoire de l’Etat et ses institutions démocratiques.
  2. Les forces de sécurité publique ont pour mission de veiller au respect de la loi, d’assurer le maintien de l’ordre, la protection des personnes et des biens. »»

Pour rappel, ce Protocole additionnel a été signé en 2001 à Dakar par les Chefs d’Etat et de Gouvernement de 14 des 15 pays membres de la CEDEAO. Les Etats signataires qui l’ont  ratifié ayant atteint le nombre des 9, nécessaires, depuis juillet 2005, ce Protocole s’applique rigoureusement à tous.

Alors, vous avez l’obligation de comprendre que l’objectif du législateur communautaire dans ce Protocole qui a force de loi constitutionnelle était, entre autres, de mettre définitivement un terme à toute forme de subordination sociale et politique des guerriers au monarque détenteur exclusif du pouvoir.

Votre honneur et votre dignité d’homme ou de femme assermenté (e) devaient vous interdire d’être des guerriers réduits à servir un monarque, au risque de devenir des hors la loi.

Je vous invite par conséquent à méditer les paroles de deux valeureux Colonels de l’armée béninoise qui ont mentionné, parmi les effets nocifs de l’implication partisane des forces de Défense et de Sécurité dans le jeu politique, « le bâillonnement du peuple et la violation des Droits de l’homme. » Révisez vos cours avant de vous attaquer à de paisibles citoyens aux mains nues qui exercent un droit élémentaire; celui de manifester leur opposition légitime à une décision de l’Etat qui ne les agrée pas. A bon entendeur, salut !

 

Cheikh Bassène

Lettre ouverte à nos forces de l’ordre: un appel patriotique à un devoir de responsabilité

Ces propos du candidat Macky Sall en 2012 sont lourds de sens et nous renvoient au spectre de la violence policière qui avait semé un chaos indescriptible et entraîné la mort de plusieurs de nos compatriotes par la seule volonté d’un homme,  l’ancien président de la République, maître Abdoulaye Wade, obnubilé par un troisième mandat et qui espérait prendre au dépourvu un peuple d’une docilité incroyable en changeant à la veille de l’élection présidentielle de 2012 les règles du jeu.

N’eussent été la mobilisation et la résistance des forces vives de la nation, nous serions maintenant entrain d’assister à un long règne de 19 ans du président Abdoulaye Wade.

Qui aurait cru que le vainqueur de l’élection présidentielle de 2012, monsieur Macky Sall avec une litanie de vœux pieux et d’engagements solennels  oserait prendre le même  chemin tortueux de la politique politicienne sénégalaise digne d’une République bananière où les principes de l’Etat de droit ou de la démocratie sont continuellement remis en question par le fait du prince en torpillant le processus électoral sous la conduite d’un praticien du droit constitutionnel, le ministre de la justice monsieur Ismaila Madior Fall ?




Personne. Même nos concitoyens les plus sceptiques qui avaient émis des réserves sur sa probité et ses qualités d’homme d’Etat à l’instar de l’ancien chroniqueur de l’émission Deug Deug, monsieur Souleymane Jules Diop,  ne pouvaient nullement imaginer que cet homme serait capable une fois à la tête du pays de se conduire comme un despote sans foi ni loi et qui au demeurant prend un malin plaisir à tester les capacités de résistance de la nation devant ses nombreuses compromissions abjectes voire ses provocations.

L’histoire bégaie. Les mêmes erreurs du passé vont reproduire aujourd’hui systématiquement les mêmes conséquences fort préjudiciables à l’ensemble du corps social sénégalais. La provocation du régime sangsue du président de la République, monsieur Macky Sall a trop duré.  Nous lui avons laissé trop de temps pour accomplir en toute impunité ses monstrueuses impostures. Plus, le peuple se complaint dans une passivité indescriptible, plus notre apprenti- dictateur pousse la provocation à son paroxysme.

Si nous n’y prenons pas garde, l’irréparable risque inéluctablement de se produire à l’occasion de l’adoption par sa majorité mécanique anti-patriotique Benno Bokk Yakaar de la loi sur le parrainage, une forfaiture de trop, un coup bas porté à notre démocratie fortement malmenée par le président Macky Sall depuis 2012. L’heure est grave et il est du devoir de chacun d’entre nous de tirer la sonnette d’alarme voire de situer la responsabilité des uns et des autres sur les dangers qui guettent voire inquiètent tout le Sénégal.

C’est pour cette raison que je vous interpelle, vous nos vaillantes forces de l’ordre en vue de jouer pleinement votre rôle de protection des citoyens sénégalais et in fine  vous renvoie aux propos du candidat Macky Sall, devenu président grâce à une très forte mobilisation des citoyens sénégalais  afin de restaurer les valeurs de la République  mises à terre par le régime libéral de maître Abdoulaye Wade. Par voie de conséquence, nous vous lançons un appel solennel en vue de  refuser par devoir patriotique de brimer nos compatriotes qui défendent avec justesse leurs droits légitimes. Le pouvoir du président de la République, monsieur Macky Sall pousse le peuple à un affrontement aux conséquences incalculables. Nous ne pouvons pas garder le silence sur la volonté sournoise du chef de l’Etat, monsieur Macky Sall à se choisir lui-même ses adversaires à l’élection présidentielle du 24 Février 2019.

Son funeste et insipide projet de loi sur le parrainage risque d’embrasser le pays. Vous n’avez pas le droit ni l’obligation de prêter le flanc à un pouvoir qui ne cesse de changer les règles du  jeu en écartant toute possibilité de large consensus sur une question majeure du processus électoral.

Ces hommes et ces femmes qui refusent d’abdiquer voire de renoncer à leurs droits légitimes garantis par la Constitution du pays malgré les menaces voire les intimidations du président Macky Sall,  sont vos frères,  vos sœurs et vos parents. Vous n’êtes pas au service de cet homme qui frise l’indécence en nous narguant à longueur de journée.  Vous êtes au service du peuple. Les hommes du pouvoir ne sont à la tête du pays que pour un court temps et vont inéluctablement passer à autres choses de gré ou de force. Par contre,  vous avez une carrière à honorer et à accomplir dignement pour mériter le respect voire le dévouement de toute la nation  sénégalaise à votre égard.

Vous devez refuser le déshonneur en vous rangeant derrière un homme aveuglé par les fastes du pouvoir et qui craint par-dessus tout à rendre des comptes à la justice sur sa gestion scabreuse de nos ressources publiques.

Ces hommes et ces femmes ne sont pas vos ennemis. Ces concitoyens ont les mêmes espérances que vous et partagent les mêmes craintes de scènes de chaos qui se profilent à l’horizon en raison de l’entêtement du chef de fil de la coalition Benno Bokk Yakaar, monsieur Macky Sall à  mener un bras de fer au peuple souverain.

Ayez chers compatriotes le courage voire la sagesse de refuser des ordres visant à violenter sauvagement et de manière gratuite d’autres citoyens sénégalais. Aucune personne, même vos supérieurs et à fortiori le président de la République, monsieur Macky Sall ne méritent que vous vous engagiez dans cette voie et vous vous salissiez les mains pour les basses intérêts mondains.

Brutaliser de la sorte vos compatriotes revient à détruire immanquablement le tissu social. Nous partageons les mêmes valeurs, habitons pour l’essentiel dans les quartiers paumés de la banlieue voire dans les zones les reculées du pays où l’urgence est partout dans nos foyers. Également, nous ressentons les mêmes peines voire les mêmes souffrances face à nos difficiles conditions de vie. Nous craignons par-dessus d’assister à l’implosion d’une jeunesse abandonnée à son sort par un gouvernement incapable de leur donner l’opportunité de trouver un travail décent pour subvenir aux besoins de leurs familles. Nous rions et nous pleurons ensemble nos joies ou nos malheurs. Pourtant, nous sommes tous témoins de cette violence inouïe que vivent au quotidien nos frères et nos sœurs.

Ces hommes et ces femmes d’horizons diverses sont nos frères de sang et nous ne devons pas accepter qu’un politicien professionnel de la dimension de notre président par défaut, monsieur Macky Sall attise la haine voire la rancœur dans nos cœurs en voulant coûte que coûte se maintenir au pouvoir sans le consentement de la majorité du corps social sénégalais.

Vous seuls avez le pouvoir de freiner la boulimie du pouvoir de Macky Sall en laissant le peuple assumer sa responsabilité devant l’histoire à partir du moment où les voix les plus autorisées de la nation à l’instar des familles maraboutiques eu égard à leur rôle de guides religieux voire de médiateurs sociaux et une bonne partie de la société civile gardent le silence de manière éhontée sur la gouvernance sombre et nauséabonde de la mouvance présidentielle Benno Bokk Yakaar afin de ne pas froisser notre président apprenti – dictateur.

Soyez fiers  mes chers compatriotes soldats et policiers de votre mission de gardien de la sécurité des citoyens sénégalais et refusez surtout de répondre à  l’appel des marchands d’illusion du régime de monsieur Macky Sall qui veulent asservir le peuple avec votre soutien voire votre complicité.

Mes chers compatriotes soldats et policiers, n’écoutez que votre conscience citoyenne, craignez Dieu par-dessus tout dans votre travail  et agissez avec retenue et responsabilité votre mission de protection de vos compatriotes sénégalais.

Le jeu machiavélique du pouvoir ne doit pas prendre le dessus sur votre honneur, sur votre foi, sur votre engagement patriotique à servir le peuple et sur l’héritage de nos illustres prédécesseurs.

Massamba Ndiaye

massambandiaye2012@gmail.com

 

 

 

Dernière minute: Affrontements violents entre le G6 de Ziguinchor et les forces de l’ordre

YERIMPOST.COM De violents heurts se déroulent au moment où ces lignes sont écrites entre les enseignants du G6 de Ziguinchor et les forces de l’ordre de la même localité. Après une interdiction par le préfet de leur demande d’autorisation de marche, les enseignants ont bravé l’interdiction et ont envahi les rues de la capitale de la Casamance. Plusieurs arrestations sont constatées chez les enseignants et on note également des blessés.




Fatick: Intifada entre les conducteurs de Djakarta et les forces de l’ordre

YERIMPOST.COM Une dizaine de conducteurs de motos « Djakarta » ont été interpellés à Fatick. Une cinquantaine de motos ont été immobilisés par le commissariat urbain pour « trouble à l’ordre public ». L’arrestation de ces jeunes et l’immobilisation de leurs « Djakarta » font suite à une marche non autorisée organisée par une centaine de conducteurs dans les artères de la ville. Cette marche de protestation contre le coût élevé des mutations des véhicules à deux-roues a fini par dégénérer. Une intifada a ainsi éclaté entre ces jeunes et les forces de l’ordre.

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