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Le Fouta et ses «Maux»: l’argent et la politique (Par Yéro Guissé)

A l’image de la société Sénégalaise, le Fouta vit une réelle crise des valeurs avec une mauvaise influence de la politique et du pouvoir de l’argent. De nos jours, l’argent a fini de changer les comportements des « Foutanke » (Habitants du Fouta), de promouvoir des contre-valeurs au détriment de la dignité, l’éthique et la morale. La politique, longtemps considérée pour certains comme un sacerdoce, est devenue un moyen d’ascension social jusqu’à impacter négativement sur les rapports familiaux et amicaux.




Force est de constater que la politique, telle qu’elle est pratiquée au Fouta, trahit sa mission même de gestion des affaires de la cité. Elle est malheureusement devenue une course contre la montre à la recherche de privilèges, de prestiges et de places. Avec la puissance de l’argent, les hommes politiques (qui sont censés être des représentants du Bas-peuple) occultent les doléances et les préoccupations légitimes des populations au profit des intérêts personnels ou de clans. Il suffit d’observer l’évolution du développement socio-économique au Fouta pour s’en rendre compte. En effet, le Fouta est l’une des contrées du Sénégal où il manque de tout : absence d’infrastructures routière et sanitaire, la recrudescence de l’insécurité alimentaire….Ainsi selon une récente étude de  l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), plus 75 000 personnes sont menacées de famine dans le Fouta notamment à Matam et à Podor. Paradoxalement, le Fouta regorge d’un potentiel énorme de ressources humaines et naturelles.

Le constat est donc général, les maux du Fouta demeurent l’argent et la politique. Le rapport entre l’argent et la politique est surtout visible lors des échéances électorales où les hommes politiques débarquent avec des mallettes d’argent utilisant ainsi la misère des populations et oubliant derrière eux toutes les promesses passées. La pauvreté et les difficultés de la vie poussent malheureusement les populations à accepter ces dérives. Et pourtant Feu Juge Kéba, une décennie en arrière, avait prédit cette situation en ces mots : « Pour qui se donne la peine d’observer la société humaine de notre époque, nous sommes sur le chemin d’un monde sans éthique ; d’un monde dans lequel la conduite des hommes, en dehors de toute considération éthique, est guidée par l’argent, le pouvoir, la force et la « place » ….»



Tant que l’argent fera la politique au détriment des valeurs sociales, morales et démocratiques, aucune avancé culturelle, économique, éducative ne sera envisageable au Fouta. Or, pour la bonne marche de la démocratie, c’est l’engagement de toutes les composantes de la société autour des valeurs démocratiques sociales et éthiques qui est nécessaire.

La bonne marche de la démocratie ne va sans des citoyens actifs et impliqués dans le développement de leurs communautés, pour ainsi dire, avec leurs contributions, suggérer le chemin à suivre pour le bien-être commun. Ainsi ce sont les citoyens qui doivent aussi garder un œil sur le gouvernement afin de pouvoir évaluer les réalisations et les manquements pour ainsi se prononcer aux prochaines élections. Mais l’absence de ces qualités et pratiques citoyennes nuisent grandement à nos valeurs et à notre démocratie. Car il n’y a que le peuple qui puisse agir contre la corruption, la mal gouvernance…

Il faut une bonne politique pour pouvoir positivement impacter sur le comportement des citoyens, de même qu’il faut des citoyens actifs pour la bonne marche de la démocratie. A l’ère du développement et de l’émergence, la vision devait plutôt être orientée vers la prise en charge des préoccupations des populations, le retour aux valeurs de travail, de solidarité et de dialogue au nom de l’intérêt général.

Mais tant que l’argent fera la politique au profit des valeurs, le changement se fera toujours attendre au Fouta……




Yéro Guisse

Blogueur, Citoyen du Fouta

www.yeroguisse.org

yeromamadouguisse@gmail.com

 

La politique: une affaire de gladiateurs ou de gentlemen ?

Qui dit politique parle d’une âpre compétition pour la conquête et la conservation du pouvoir, donc de rivalité et de concurrence entre challengers qui se battent pour prendre et diriger l’Etat qui, qui plus est, est ce « MONSTRE FROID » dont parlait le philosophe Nietzsche, qui peut devenir plus dangereux qu’un camion lourdement chargé et dont on aurait scié les freins. Avouons que tout ceci ne milite pas pour un amusement tranquille d’enfants de chœur qui s’égaient dans une cour de récré.
« Deux coqs vivaient en paix ; une poule survint. Et voilà la guerre allumée. » Ces mots dans une des fables de Jean de la Fontaine résument bien la situation de conflit. Mais cela ferait-il de la politique une guerre sans merci au cours de laquelle on aurait le droit d’user et d’abuser d’armes (non conventionnelles parfois) pour détruire ses adversaires ?



Quand on écoute les thèses que certains intellectuels avancent pour expliquer certaines dérives de l’Exécutif, qui semblent corroborer cette vue chère au théoricien marxiste Antonio Gramcsi, on est tenté de les croire. Tout l’art de la politique consisterait à donner des coups de Jarnac à tout-va comme Djimbori sait si bien le faire. La politique, pour user d’une image culinaire locale, serait une sorte de couscous très sec que l’on doit faire manger à ses adversaires aux confins d’une région aride : les malheureux auraient très mal au gosier, ils risqueraient d’avaler de travers une portion de leur repas infect et ils auraient de terribles indigestions ! Mais que voulez-vous ? La politique, c’est la guerre ! Il est vrai que l’arène de la guerre, qui aurait ses « douceurs », peut exercer sur les hommes tant d’attraits.
Encore que la guerre a ses normes. Les Samouraïs, raconte-t-on, se refusaient à achever un adversaire désarmé !
Personnellement, je pense comme Fénelon, sans être un pacifiste dans l’absolu, que « la guerre est le plus grand des maux dont les dieux affligent les hommes. »
Entre « l’argument de la force et la force de l’argument », comme disait l’autre, chacun pourra choisir son camp !
Dans la conquête comme dans l’exercice du pouvoir, mais beaucoup plus dans le second cas, il y a ceux qui pensent à la postérité et ceux qui spéculent sur leur prospérité. Certains gouvernants essaient d’apporter sécurité et bien-être aux leurs. Même un enfant qui ferait cours dans un abri provisoire ! Ils ne cessent alors de méditer leur départ, quand ils tourneront le dos au pouvoir. Seuls. Quand les historiens feront les comptes et mécomptes !
Mais il y a aussi les hommes qui n’ont ni appris des erreurs des autres ni corrigé leurs propres lacunes, dont les regards ne portent pas au-delà de leur bedaine, qui trépignent déjà à l’idée d’assouvir une vengeance crypto-personnelle avec cette force hors norme qui est entre leurs mains.
Au Libéria, Samuel Doe, atrabilaire et sanguinaire chef de la junte militaire, a été « charcuté » par son ennemi juré, Prince Johnson ; rigolant, une bouteille de Whisky en mains, un joint de cannabis entre les lèvres… Comme les hurlements démentiels du malheureux l’importunaient, il lui sectionna la langue !
Le brillant juriste Diallo Telli, premier secrétaire général de l’OUA, mourut d’inanition au Camp Boiro. Sékou Touré se méfiait de ce cadre adulé. Accusé d’être la tête de file du fameux « complot peul », il fut expédié ad pâtre !
On peut retrouver à foison nombre de curiosités morbides comme celles-là, elles ont légion partout où la dictature a régné.
Chez nous, les choses sont aussi allées très loin entre les présidents Mamadou Dia et Senghor. Sauf qu’on n’en est pas heureusement arrivé aux monstruosités rappelées plus haut !
Dans les démocraties, quel que puissent être l’âpreté des contradictions, on évite certaines dérives. Entre les excès qu’on retrouve dans certaines dictatures et la main parfois très lourde de Senghor, je préfère les procédés plus avenants entre Giscard et Mitterrand ou plus récent entre Wade et Diouf. L’image de l’ancien président français Nicolas Sarkozy à côté de son tombeur François Hollande pour fêter les harkis, ou celle où l’on voit Bill Clinton et Barack Obama inaugurer ensemble le musée des civilisations noires, commencé par Bush, fut très belle.
Ne pas faire de cadeaux à ses opposants est de bonne guerre, mais se laisser aller à certaines extrémités peut se révéler très improductif. Dans les républiques où les règles sont bien définies, la démocratie polit les mœurs. La cruauté comme la rudesse du jeu politique peut être tempérée par la cuisson vapeur du couscous, ou par de l’eau tiède qu’on verserait sur la semoule. Cela rendrait la pilule, autant pour moi, le couscous, plus facile à avaler et à digérer.



Sinon gare au retour de manivelle. La roue de l’histoire tourne !
Quand Samuel Doe subissait sa descente aux enfers, il a dû voir le spectre du président William Tolbert en caleçon avec ses ministres, exécutés sans autre forme de procès ce fameux 12 Avril 1980 !
Serigne Sam Mbaye, dans l’une de ses prêches, avait lancé cette formule terrifiante de rappel à l’ordre : « Celui qui ne songe jamais aux trois premiers jours qu’il passerait au fond de sa tombe, peut bien faire ce qu’il veut alors qu’il est encore en vie. » Mais on me dira que les hommes politiques n’émargent pas à ce registre !
Je leur rappellerai l’image d’un président déchu qui s’en va alors que son ennemi assuré s’installe. On n’a pas besoin de leur rappeler comment périt celui qui règne par l’épée. Georges Danton, ministre de la Justice et membre du conseil exécutif provisoire mis en place après la chute de la monarchie en France, faisait preuve d’une violence inouïe à l’égard de ses malheureux adversaires. Mais son courage émerveilla tout le monde lors de son exécution. Quand le tribunal monstrueux qu’il avait contribué à créer se retourna contre lui, il resta stoïque et admirable, frisant même la provocation. Au bourreau qui allait lui couper la tête, il dira sans ciller : « N’oublie pas surtout, n’oublie pas de montrer ma tête au peuple : elle est bonne à voir. »
La bonne nouvelle venue de Côte d’Ivoire est tombée : le président Alassane Ouattara a amnistié Mme Simone Gbagbo ! Allez-y savoir si c’est pour apaiser le pays ? De l’élégance ou de la grandeur ?
Parfois, c’est une simple question d’artifice et de finasserie pour éviter demain d’être dans l’impossibilité d’assister aux funérailles d’un proche ! Suivez mon regard.


Faire la politique autrement: politiciens ou hommes d’Etat. A vous de choisir !

Michael North n’a pas hésité à s’écrier : « nous manquons d’hommes d’état tandis qu’il y a trop de politiciens ». Il nous rappelle que les pères fondateurs comme John Adams et Madison n’étaient pas des « politiciens » professionnels en accédant au congrès. En effet, plusieurs gens férus d’histoire politique et constitutionnelle américaine imagineront mal la grande Amérique soumise aux caprices d’un chef l’exécutif. Dans ce pays, ils se sont battus pour s’éloigner d’un deus ex-machina  intouchable non punissable et qui peut être soumis aux enquêtes et poursuites d’un « simple » procureur. En fait, ces fondateurs avaient de l’élégance, de la posture, de l’éducation, des idées, une pensée et de la conviction qui leur permirent d’inculquer aux américains cette fameuse idée de « self-government ». Voir notre article sur le bon gouvernement. Rien de tout cela dans nos cieux. Le débat politique n’y est pas toujours  serein ; il est quasiment de la classe des « faits divers », du ressort de manipulateurs avec un pari sur les gros titres contre l’adversaire pour s’assurer les faveurs du prince. Par exemple, dans un débat télévisé ou radiophonique, l’invité de marque est isolé des téléspectateurs par l’animateur. Incroyable déontologie !





De telles réalités impactent « le politique », cet homme qui aurait dû exister, surtout le nouveau venu dans cette arène qui risque, s’il n’y prend garde comme, de finir comme  les « politiciens » de l’ancienne ère plutôt soucieux de miser sur la propagande et les vaines stratégies de conditionnement. On mettra à ses trousses une cohorte d’insulteurs, de « publicistes » du lundi ou de la semaine, avec de gros titres. Angoissé par les prochaines élections, ce genre de politiciens tendra à démultiplier les promesses qu’il ne pourra pas probablement concrétiser une fois au pouvoir. Comme le rappelle le Professeur Rufus FEARS (repris par tant d’autres), « la différence entre un homme politique et un homme d’état est que le politicien pense à la prochaine élection. Mais quant à l’homme d’état, il pense à la prochaine génération. »

 

Au total, le politicien dont nous vous parlons risque d’être influencé par des impératifs de stratégie de conservation du pouvoir, d’accumulation pour lui, ses proches et ses alliés. Il est adepte des longues et insipides querelles et non de débats avec les citoyens qui sont les électeurs en dernier ressort. Depuis plus de cinquante ans, ce type qui a consacré tout son temps à la politique, à ce genre de débats sans hauteur qui nous « pompe l’air » (Excuser l’expression tant trop c’est trop).  Etrangement, vous entendrez leurs victimes de tous les jours cautionner d’étranges alibis, exonérer, pardonner, dire que la politique c’est comme cela et que vous n’avez rien compris… Faire la politique autrement vient à son heure, mais c’est le cadet de leurs soucis. Faire la politique autrement ne leur vient jamais à l’esprit ; pour eux ce n’est pas encore le temps de cette nouvelle gouvernance citoyenne par et pour le travail, l’intégrité, la transparence, une sorte de nouvelle voie pour le changement et les transformations. Peu importe l’adage : des résultats aux citoyens !

 

ACT est déjà prêt et formalisera tout ceci dans de nouveaux projets de lois et de règlements, dans des restructurations, refontes économiques pour aller vers la manufacture industrielle, de parcs, fermes et villages novateurs, de projets à haute intensité de main d’œuvre, etc. La liste est longue. Ses experts travaillent tout le temps sous le leadership du Président Abdou Mbaye qui détaillera tout ceci très prochainement.

 

Nous ne sommes pas loin des grandes réalisations de leaders politiques transformationnels qui démontrent que l’homme d’état digne de ce nom croit fortement à des valeurs d’intégrité, de méritocratie, de courage pour dire NON aux rentes et privilèges indus. Il est humble, capable de créer d’autres leaders et de contrôler son égo, de dire allons-y et pas MOI, JE, et d’oublier un moment ces mots qui font qu‘il ne peut s’oublier.

 

En tant que leader adepte du changement, de la nouvelle gouvernance et des transformations, il fait la politique autrement, s’engage avec une équipe talentueuse triée sur le volet dotée des capacités entrepreneuriales, de leadership et de management des affaires publiques.

 

Homme d’Etat, il croit en des valeurs et des principes moraux qui le guident tout le temps et que les gens de la vielle gouvernance politique trouvent irréalistes et illusoires. Aussi, reconnait-il l’indépendance de la Justice, des corps de contrôle, des experts de la haute fonction publique qui doivent dire la vérité technique et scientifique pour le développement du peuple et de la citoyenneté. Et c’est cela la différence avec l’ancienne garde politique et la vieille garde politicienne. C’est cela qui leur permet de faire la différence, de développer des capacités de résistance, d’être à l’abri des rentiers, groupes de pression, courtisans, laudateurs, transhumants et de la mode.

 

Ce nouveau leader, en accédant au pouvoir, et bien avant, avait déjà une claire vision de l’avenir de son pays et de ses hommes. Y accéder ne fut finalement qu’une opportunité de réaliser des valeurs et des convictions déjà profondément ancrées en lui. Il avait cette capacité à percevoir un horizon qui dépasse le court terme, de construire des consensus positifs uniquement guidés par l’intérêt général, de mobiliser autour de lui des talents et des alliances motivés la transformation. Il a la sagesse d’accepter que sans son cercle rapproché et son « équipe de vie », il ne pourra accélérer les transformations et les changements attendus. Accélérer la cadence, oui ! Mais il y a un prix, des réformes, des méthodes…

 

Mais bien plus, encore, il y a en lui une chose plus importante: la méritocratie qui fait que ce n’est pas les militants qui sont promus à toutes les sphères de décision stratégique et de management : agences, entreprises publiques, chargés de missions dans des positions de quasi-emplois fictifs à auditer un jour, et bien d’autres étranges appellations. Ce leader nouveau a  le sens aigu de la justice, de l’éthique, le dédain des partis-pris.

 

Etranges politiciens qui ne croient pas à ces choix de l’Alliance pour la Citoyenneté et le Travail, à ces impératifs de Nouvelle gouvernance, de  Transformations et du Changement : « Faire la politique autrement » On les a souvent vus soutenir  qu’en « politique » cela ne se passe pas ainsi.





Pourtant, faire la politique autrement est possible ! L’ACT vous y invite.

 

L’auteur :

Abdou Karim GUEYE est le Conseiller en Gouvernance publique du Président Abdou MBAYE,  membre du Conseil National du parti Alliance pour la Citoyenneté et le Travail. Il  a été Inspecteur général d’Etat pendant près de trente ans et ancien Directeur général de l’Ecole Nationale  d’Administration et de Magistrature du Sénégal, Expert auprès du Premier Ministre de Djibouti et Inspecteur général d’Etat de ce pays.

Articles

Déjà paru : Résister, changer et transformer la politique : pourquoi ?

 

 

La justice refuse de se libérer de la politique

Dans une analyse très soutenue sur Yerimpost.com le concitoyen Pape Babacar Sow ,a tenté d’illustrer et de déplorer l’arrimage de la justice sur la politique dans un intitulé : « La politique refuse de libérer la justice » Une lecture bien possible de ce que nous constatons avec regret et dépit dans ce label démocratique que fut le Sénégal. Toutefois, le négatif de cet intitulé pourrait aussi révéler d’autres vérités pour comprendre de façon plus globale ce mal citoyen que nous vivons. Et si la justice refusait elle-même de se liberer de la politique ?
« L’Etat ne développe pas,on se développe » écrivait le célèbre historien J Ki Zerbo.L’ État est une entité immatérielle dont le gouvernement est la représentation physique et provisoire. Sous cet angle le gouvernement est l’État dont des règles assurent le bon fonctionnement. Toutefois la règle, aussi bonne qu’elle est, est mis en application par l’homme. A ce propos, le président Abdou Diouf et le professeur Serigne Diop affirmaient en substances que la probité des acteurs qui animent les lois est essentielle à la manifestation d’un État de droit. Ainsi se comprend aisément que l’État ne développe pas mais,c’est plutôt l’acteur, le citoyen qui se développe. Le développement dont il est ici question serait celui d’un État d’esprit épris de liberté de probité, des valeurs,pour lesquelles nous avons défini les objectifs de l’éducation en général et ceux de l’enseignement supérieur en particulier. La liberté ne s’offre pas sur un plateau. Elle est partout pris en otage dans des combats entre forces antagonistes et contradictoires pour des desseins spécifiques. Le judiciaire, par la voix des magistrats, doit arracher sa liberté et son indépendance vis-à-vis de l’executif , du legislatif et de tout autre pouvoir, fut il, religieux, coutumier ou social. Quand le magistrat n’a que faire de sa liberté,il serait illusoire de penser que la pertinence des textes puissent liberer la justice.
Partout ,depuis la nuit des temps et jusqu’à la fin de ces derniers, le politique cherchera toujours à controler la justice.Il revient alors aux acteurs de celle ci de s’arroger pleinement les pouvoirs que leurs conferent les textes et les lois qui nous régissent et garantissent notre équilibre.
« Les porteurs de pancartes , ils veulent leur independance. Qu’il la prenne » disait De Gaulle.
Magistrats, vous voulez votre liberté, prenez là.




Ousmane Sy, citoyen enchainé

La politique refuse de libérer la Justice

“Dans l’état de nature, les hommes naissent bien dans l’égalité ; mais ils n’y sauraient rester. La société la leur fait perdre, et ils redeviennent égaux que par les lois.” Montesquieu dans L’esprit des lois.

Dans un temps normal, ce rappel pourrait être non nécessaire, mais dans un pays démocrate où l’égalité des citoyens est une illusion pour ne pas dire un rêve, il convient de rappeler au pouvoir judiciaire certaines bases fondamentales avant que le pays ne sombre dans le cercle restreint de la tyrannie où règne la terreur du souverain. Si l’exécutif se permet d’être le juge, on ne peut prétendre à un contrôle équitable et conforme aux lois et règles.

Ce constat est si visible à tel point qu’on se demande vraiment si Barthelemy Dias n’avait pas raison en affirmant que les magistrats sont des “courtisans”. En effet, si les juges de la CEDEAO estiment que le député et maire de Dakar Khalifa Ababacar Sall n’a pas pu bénéficier de ses droits comme tout citoyen notamment le fait d’avoir la possibilité d’être assisté par son avocat depuis le début de la procédure judiciaire, que la présomption d’innocence a été bafouée et que ce procès est inéquitable, de surcroît arbitraire, il ne peut nullement en être autrement que de se demander si ce Sénégal est le même que celui qui a toujours été une icône de la démocratie en Afrique et dans le monde, celui où les droits de l’homme ont toujours su trouver une place de prestige.




Et comme une confirmation de l’instrumentalisation de la justice et du grand recul de “l’indépendance de la justice”, la Cour a décidé sans plaidoirie possible des deux partis de rejeter l’arrêt de la CEDEAO prétextant une non interférence de ladite organisation dans les procédures nationales. Donc il ne serait pas exagéré de considérer le juge Demba Kandji comme l’avocat défendeur, la Cour et l’Etat. Penserait-on à un plan de carrière au moment où notre pays ressemble de plus en plus à un assemblage hétérogène d’individus ayant des ambitions particulières totalement différentes du dessein collectif, pour ne pas dire contradictoires.

Ces faits, bien que graves, ne surprennent pas l’opinion publique qui est maintenant habituée à constater de tels actes venant de l’exécutif. Une confirmation, une fois de plus, que le Président cherche à éliminer ses adversaires soit par le parrainage soit par la justice car au moment où l’homme d’Etat pense à la prochaine génération, le politicien lui songe aux prochaines élections.

Le peuple est témoin et meurt de soif de justice. Le verdict sera rendu en 2019 par le peuple conscient et responsable.




Pape Babacar SOW,

Citoyen sénégalais

Réflexion: Résister, changer et transformer la politique : pourquoi ?

Le terme politique aurait dû incarner une certaine hauteur de pensée et d’action. Mais le mot semble avoir perdu de sa noblesse. Les réalités de la « politique politicienne » tendent décourager la participation de plusieurs citoyens aux votes, notamment des jeunes. Pourtant, ils ont leur à dire et, à eux seuls, peuvent perturber les règles du jeu les plus savamment élaborés et pousser le pays à s’engager dans les transformations profondes qui sont requises. Beaucoup de gens critiquent cette politique politicienne » la considérant avec méfiance, désillusionnés par ses pratiques, par ces gens au goût immodéré du pouvoir, du verbiage conflictuel et des confrontations houleuses. Ce rejet a conduit au découragement et à l’impuissance de certains devant des gens qui pourtant sont assujettis à l’obligation de leur rendre compte. Et souvent, on entend les alibis contre la politique, en général et l’engagement politique, en particulier :




_ « Je hais la politique, cela ne sert à rien. Mais se contenter de penser ainsi n’est pas un bon alibi ;

_ C’est trop violent, il n’y a que des gens qui passent leur temps insulter et à vociférer ;

_ de toute façon, c’est une affaire de truands, cela n’impactera pas ma vie, etc. »

Il y aurait donc des tas de raisons de s’en méfier, de prendre de la distance en la considérant comme quelque chose de méprisable, comme l’affaire de quelques parasites immatures qui ne peuvent pas faire leur vie ailleurs, qui passent leur temps à intimider, à conclure des deals malsains ou peu clairs. Si l’on pense ainsi, pour peu que l’on ne fasse pas un effort, apparaît ou se développe une aversion confortée par l’angoisse de faire partie d’un monde de transhumants, de débauchages, de laudateurs, de courtisans, des promesses réitérées non tenues ou reniées. On peut alors comprendre qu’il soit facile de conclure que tout ceci n’est pas honorable, que je ne suis pas de ces gens-là.

Pourtant, ils vous dirigent, confortent ou déçoivent vos espoirs, façonnent votre vie par leurs décisions, leurs comportements, leurs actions, leurs réalisations, réussites, échecs, promesses non tenues, etc. Se taire, rester immobile et critiquez la politique comme quelque chose d’infréquentable est une manière erronée de penser, de se comporter… Car, réfléchissez un peu : la politique, c’est par exemple l’impôt que vous payez et qui rentre dans les coffres du gouvernement ainsi que la manière dont l’argent qui en résulte est utilisé; c’est votre endettement, votre emploi, sous-emploi ou chômage, votre pression fiscale, les bonnes ou mauvaises décisions ou réalisations, l’éthique, la transparence ou à défaut la corruption gouvernementale, votre capacité à agir et à entreprendre ainsi que la rapidité avec laquelle vous serez capables de développer vos affaires, c’est aussi les inégalités, l’absence d’opportunités ou ce désespoir de constater malheureusement que rien ne bouge, que tout est lent, que votre argent est mis dans les éléphants blancs et dans la démesure, la courtisanerie, qu’il ny aurait plus d’argent ou que cet argent est invisible, etc.

La politique, c’est vous, nous tous, votre refus de faire, de laisser des gens continuer à promettre, spolier, débaucher, applaudir, etc. Si vous n’aimez pas la manière elle se fait, alors, changez-la. Demeurer attentiste n’est sans doute pas la bonne solution. Engagez-vous, apprenez de la réalité, discutez avec le maximum de gens pour tester leurs opinions et conseils, fondez votre décisions sur la raison, la rationalité et non sur les émotions ou l’admiration béate de quelques faux génies. Posez-vous des questions sur le futur, votre futur, celui de votre pays, de votre quartier, de votre ville. A quoi ressemblent-t-ils aujourd’hui ? A quoi ressemblaient-ils hier ? Ont-ils vraiment changé ? Votre porte-monnaie a-t-il prospéré, votre entourage, vos droits civils et politiques, votre liberté de penser ? Faites votre liste. Evaluez. Car résister, c’est exercer votre droit d’évaluation; c’est dire non lorsqu’il le faut, avec la courtoise qui sied aux gens polis et élégants que les politiciens traditionnels n’incarnent pas toujours. Si vous en avez marre de certains, de la manière dont la politique se fait, ne soyez pas découragés, ne vous avouez pas vaincus. Alors prenez vos responsabilités, ayez le courage de les changer. Dites-vous dans ce cas qu’il faut changer la politique et ce genre de politiciens, encourager une autre manière de faire de la politique. Dites-leur alors, je prends mes responsabilités, je ne suis plus un spectateur passif et manipulé.

Aujourd’hui, il est vital de promouvoir la participation politique, au sens noble du terme. C’est vrai, dans plusieurs pays, l’adhésion dans les partis politiques et la participation aux votes tendent à décliner; on ne fait plus confiance à certaines élites « politiciennes ». Mais si vous pensez que vous êtes jeunes, que la politique n’a pas d’importance pour vous, c’est là une grande erreur. Pensez comme Margaret Thatcher : « Je suis dans la politique à cause de ce conflit entre le bien et le mal. Je crois qu’à la fin, le bien l’emportera sur le mal. » . Rappelez-vous Marley: « Get Up, Stand Up, Stand Up For Your Rights ». Alors, récompensez ou sanctionnez selon les résultats de votre évaluation. Posez de bonnes questions pour ne pas attendre le jour même des élections pour se demander pour qui vais-je voter. Pourquoi?

Mais en fait, il faut changer en pensant un peu à cette formule : « Rien ne changera pour vous et votre pays, si vous ne changez pas vous-mêmes, si vous ne changez pas les choses, les gens, les spécialistes des promesses réitérées qui ne voient pas le jour ; s’ils se dédisent constamment, alors, changez-les ! Faites comme Gandhi a dit : « Soyez le changement que vous voulez voir exister ».

Membre du parti Alliance pour la Citoyenneté et le Travail et Conseiller en Gouvernance publique du Président Abdou MBAYE.

 

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