Blog de Cheikh Yerim Seck

Tag archive

le choix

Le choix d’une organisation de l’Exécutif peu fast-track

« Les fragmentations, les chevauchements et les duplications d’attributions, de structures, de
programmes, d’agences, d’objectifs coûtent de l’argent, coûtent chers à la nation, aux citoyens
et aux contribuables ». Paraphrasant le General Accountability Office (GAO)
Réaliser une telle étude, sans être au-dedans de la structure concernée, sans interviewer les détenteurs
de postes, documenter divers formulaires de collecte, comporte le risque de biais dus par exemple à
l’indisponibilité des effectifs et des profils de postes au niveau de toutes les unités administratives
(UA). En outre, vu la manière dont le décret de répartition des services de l’Etat est écrit, il n’est pas
sûr qu’à tous les niveaux, il y ait un chef coordonnant un ensemble d’unités administratives
apparemment rattachées à une direction, un service, un cabinet, etc. Une autre question est de savoir si
toutes ces UA existent réellement, qu’elles sont dotées d’objectifs, de plans d’actions, de programmes,
de moyens et de personnel propre. En effet, dans d’autres conditions et modalités de diagnostic, un
expert ou évaluateur en organisation aurait pu comparer les organigrammes juridiques et les
organigrammes réels, par exemple, leur affecter des effectifs, calculer les taux d’encadrement, etc.  De
toute façon, l’expert en audit organisationnel sait très bien que l’analyse des textes juridiques, bien
qu’étant nécessaire, ne suffit pas. En somme, une étude pertinente de cette hydre que constitue le
décret de répartition des services de l’Etat suppose de mener des enquêtes de terrain à l’intérieur des
unités administratives, mais aussi de se référer aux doctrines et à plusieurs bonnes pratiques de
management reconnues. A cet égard, nous n’avons pas cherché à encombrer le lecteur de principes de
management, d’organisation et de méthodes qui président à l’organisation des structures et à la
confection ou configurations des organigrammes. A ce stade, notre analyse est limitée du fait qu’il
s’agit d’un article que nous avons voulu succinct. Aussi, avons-nous exclu pour l’instant plusieurs
modèles et typologies de maturité organisationnelle, divers indicateurs et critères de déficience
organisationnelle, d’évaluation des organigrammes défectueux, des principes configurationnels fondés
sur la division du travail, le découpage des fonctions, la nature et l’étendue du pouvoir hiérarchique, la
différenciation, l’intégration et la mise en relation, etc. Cet article jette les bases d’une analyse sans
aller au fond de telles explorations qui exige du temps et des ressources…
I. PRESOMPTIONS DE DEFICIENCES APPRÉHÉNDÉES, À INVESTIGUER
I.1. Représentation
Au terme d’un recensement basé sur le décompte des différentes unités administratives, au sens de
l’audit organisationnel, il apparaît qu’il existerait au moins huit (8) structures sous l’autorité directe du
président de la république dont quatre (4) cabinets (civil, militaire, politique, PSE, etc.) supervisant
115 autres unités administratives (UA) soit 123 UA au total. Le taux d’encadrement est simplement
faramineux, pour ne pas dire impossible à concrétiser. A l’analyse, le décret de répartition conduit à
une architecture condensée schématisée ci-dessous:
Président de
la
République

Conseillers

Cabinet
PRSR
(1,18)

Cabinet
militaire
(1,4)

cabinet
Politique
(1,2)

Service du
Palais (1,2)
SGG
(1,24)

Autres
administratio
ns
(1,21)

SGPR
(1,35)
Chargés de
mission

Services
rattachés
(5)

Pôles
rattachés
(4)

Autres UA
(9)

Légendes – Commentaires : SGG Secrétaire général du Gouvernement – SGPR Secrétaire général de la Présidence de la
République – UA : Unités administratives – SR = Services rattachés. Selon le chiffres mis entre parenthèse (1,18) signifie
qu’un responsable, en théorie, encadre 18 UA ou personnes, que le nombre des UA au sens de l’audit organisationnel serait
de 18. Il faut remarquer que nous n’avons pas inclus dans le décompte des ministre-conseillers, conseillers, chargés de

missions dont le nombre serait plus élevé que la totalité des unités administratives (UA) précitées. Certaines situations sont
difficiles à expliquer en l’absence de décrets portant organisation et fonctionnement de la présidence de la république.
I.2. Analyses
De toute façon, à ce stade, il est difficile d’arrêter le chiffre réel de ces unités administratives sans
enquêter au cœur de ce système, accéder aux effectifs réels, distribuer et exploiter des fiches postes,
par exemple. A cet égard, sous réserve d’approfondissements, sur la base de principes de management,
d’organisation et méthodes, un auditeur organisationnel ou autre, en vertu du principe du scepticisme
professionnel et du critère de risque aurait souligné de nombreuses présomptions de déficiences :
 au premier niveau, un organigramme en râteau caractérisé par l’existence de trop de
subordonnés pour un seul chef, ce qui l’amènera à traiter qu’avec les hommes qu’ils jugent forts ou
dignes d’intérêt, politiquement par exemple, avec comme conséquence des guerres de clans ou de
positionnement par quelques-uns qui se plaignent de ne jamais voir le grand chef et qui combattent
ceux qui le voient pour prendre leurs places, etc. ;
 le niveau élevé des effectifs, questionnable pour des gens comme moi qui ont consacré plus de
trente ans de leur carrière au cénacle présidentiel, sceptiques à juste raison sur la matérialité de ces
multiples unités au quotidien ;
 une nomenclature très éparpillée d’unités administratives appelées cellules, commissions,
comités, bureaux, directions, pôles, apparemment sans aucun lien hiérarchique ou fonctionnel ;
 corrélativement une terminologie peu cohérente combinant à l’excès des cellules, des
commissions, des comités, bureaux, directions, hautes autorités « autonomes » ;
 des risques de fraudes sur les effectifs et de fausses dotations ou agents fictifs, au besoin.
L’organigramme ci-dessus comporte toutes les présomptions de risques souvent rappelés par des
auditeurs organisationnels de renom:
– un organigramme redondant au niveau duquel deux UA déclarées différentes s’occupent des
mêmes problèmes ou de problèmes connexes qu’il serait préférable de regrouper ;
– un organigramme à double commande, un subordonné ayant deux ou plusieurs chefs, pour
différentes parties de son activité ; il tentera alors de pencher la balance du côté « du plus
lourd (surtout dans une structure politisée comme théorisée par Mintzberg et développé plus
loin)» ;
– un organigramme à nœud avec trop d’étages et peu de subordonnés par étage, voire par niveau
avec le risque que les ordres qui se déforment, au fur et à mesure qu’on descende des étages et que
les informations ascendantes ne parviennent jamais au sommet…
On peut donc se demander si le dispositif structurel prend pleinement en compte les considérations de
transparence, de performance que le management privé et le nouveau management public (NMP)
privilégient aujourd’hui au moment où des slogans de gestion axée sur les résultats et le fast-track sont
brandis. La stratégie de sinécures politiques a comme corollaire une hydre à réformer en profondeur.
L’argument de la suppression du poste de premier ministre que le président Senghor dut restaurer au
vu d’un ponce-pilatisme élevé dans son entourage et dans l’administration publique a été enterré. On
se rappelle encore ses fameux propos et discours sur les leçons qu’il tira de cette expérience que la
magie d’internet a préservés de la disparition 1 et que plusieurs générations d’énarques eurent à
étudier…
I.1. La maladie de l’organisation politisée au sens de MINTZBERG
En réalité, la Présidence de la République est une « organisation politisée » au sens de la théorie de
Mintzberg 2 . On le sait, Mintzberg a proposé une célèbre typologie des configurations
organisationnelles (structure simple, mécaniste, professionnelle, divisionnaire, adhocratie,
1 Le Sénégal sous Abdou Diouf: Etat et société. Momar Coumba Diop, Mamadou Diouf. Histoire politique du Sénégal:
institutions, droit et société. Gerti Hesseling. Mémoires d'un juge africain. Itinéraire d'un homme libre. CAMARA Ousmane.
Léopold Sédar Senghor. Joseph-Roger de Benoist, Hamidou Kane. Le Gouvernement dans la révision constitutionnelle du 26
février 1970 par SEYDOU MADANY SY. http://www.assemblee-nationale.fr/international/colloque_senghor.pdf
2 Journal of Management Studies 2212 1985. The organization as a political arena, Henry Mintzberg, Faculty of
Management, McGill University

missionnaire), mais on oublie souvent de mettre en exergue le concept de structure politisée qu’il a
également théorisé. Cette dernière forme a ses particularités en termes d’arrière-pensées, de stratégies
souterraines, de jeux de pouvoirs explicites ou non qui dominent et/ou configurent l’organisation. Car,
bien souvent, une seule partie de l’organisation n’est pas le seul maître du jeu ; tout dépend des
rapports de force d’un moment, entre alliés, par exemple.  Mintzberg et d’autres auteurs le soulignent :
malgré les apparences et les messages véhiculés, le « maitre du jeu » peut en arriver à gérer des risques
latents, un environnement « conflictogène ». Mintzberg qualifie ce jeu d’arène politique caractérisé par
la perte de sens, la primauté des intérêts d’alliés politiques, claniques, le peu d’importance consacré à
une coordination efficace, efficiente, éthique, malgré les apparences. Au plan psychologique, les
grands perdants sont les vrais professionnels et les technocrates formés à d’autres paradigmes et
obligés de faire avec un environnement frustrant éloigné de leur intime conviction, de leur savoir.
L’approche de Mintzberg aide ainsi à comprendre ce qui se passe et a l’avantage de reléguer au second
plan ces paradigmes ou modes souvent brandis, comme des slogans, mais au fond irréels. Dès lors, en
pratique, ce sont les jeux de pouvoirs qui comptent, pas la primauté d’impératifs de gestion des
performances, de transparence, d’intégrité, d’éthique, de méritocratie, de centralisation ou de
décentralisation, de délégation, etc. On s’approprie le vocabulaire, mais on n’y croit pas ou en tout cas,
on ne l’incarne pas au réel. En fait, tout ceci dépend du sentiment de sécurité, de survie, de sa crainte
des lendemains, d’héritage que l’autorité présidentielle estime devoir être et à son avantage. La
politique ou le politicien veille en fonction de ses préoccupations « politisées », de la « réalpolitik » du
moment. Voilà tant de préoccupations qui pourraient aussi justifier la suppression du poste de premier
ministre que Senghor dut réinstaurer en rappelant les inconvénients de la suppression avec son fameux
propos sur le ponce-pilatisme.
II. RESOUDRE LES CHEVAUCHEMENTS, DUPLICATIONS ET FRAGMENTATIONS
Traditionnellement, l’administration sénégalaise misait sur des mécanismes de veille grâce aux audits
organisationnels, aux avis et études du Bureau Organisation et Méthodes (BOM) pour configurer les
structures de l’Etat, les missions IGE/BOM d’audit des effectifs et de la masse salariale, etc. Quelque
part aussi, le circuit des textes était verrouillé : la circularisation était large et aucun des textes
importants ne pouvait arriver à la signature finale du chef de l’Etat sans l’avis de l’IGE et du BOM :
une garantie de sécurité pour le président et une énorme charge de travail pour ces deux instances. Les
missions de l’Inspection générale d’Etat regorgent de recommandations en ce sens qui vont parfois
plus loin en recommandant des refontes, des restructurations, des économies de gestion sur les
véhicules, dépenses permanentes (eau, électricité, téléphone, etc.). Mais, aujourd’hui, cette démarche
qui a fait ses preuves semble avoir disparu, même si elle ne suffit plus à elle seule… Le plus étrange,
c’est que l’exposé des motifs et le communiqué gouvernemental annonçant la publication du dernier
décret de répartition des services de l’Etat parle, contre toute évidence, de simplicité, de resserrement,
etc. Qui n’a pas compris que c’est tout le contraire ?
II.1. Quelques bonnes pratiques sont sources d’inspiration
Pour des contraintes de publication, sous forme d’article succinct, nous avons exclu bien d’autres
bonnes pratiques par exemple de ré-engineering, et d’autres procédés de restructuration pour centrer la
réflexion sur des procédés d’allégement et sur des options récentes de lutte contre les fragmentations,
les duplications, les chevauchements de structures et d’attributions, leurs coûts et procédés de remise
en ordre. Par exemple, en 2010, le Government Accountability Office, qualifié de bras armé du
Congrès américain, a reçu mandat :
 d'identifier les programmes, les agences, les bureaux et les initiatives ayant des objectifs ou
des activités redondants au sein des ministères et du gouvernement ;
 de produire un rapport annuel faisant ressortir des conclusions et des recommandations
destinées à réduire les duplications et leurs effets négatifs.
Le GAO a ainsi publié un excellent guide pour les analystes (auditeurs, membres du congrès,
chercheurs, décideurs, etc.) permettant d’analyser en profondeur les duplications, les chevauchements
et les redondances et leurs coûts. En effet, cet organisme d’évaluation produit des rapports annuels sur
les besoins d’ajustement structurel et organisationnel 3 . Cette analyse consacre la typologie suivante :

 Les fragmentations existent lorsque plusieurs services, programmes et organismes publics
interviennent dans les mêmes domaines et prennent en charge les mêmes besoins.
 Les chevauchements se produisent lorsque ceux-ci assument des objectifs ou des stratégies
similaires, participent à des activités identiques ou ciblent des bénéficiaires similaires ou leur
fournissent les mêmes services.
Par ces travaux, GAO a déjà conclu que les fragmentations, les chevauchements et les duplications
d’attributions, de structures, de programmes, d’agences, d’objectifs coûtent de l’argent et coûtent chers
à la nation, les citoyens et les contribuables. Le guide élaboré par GAO 4 comporte toute une
méthodologie que les évaluateurs et les membres du Congrès pourraient appliquer en suivant le
processus ci-après :
– identifier les duplications, les chevauchements et les fragmentations ;
– identifier les effets et les impacts nés de tels dysfonctionnements;
– valider ses effets et comparer les programmes ;
– identifier les options d’améliorations de l’efficience, de réduction des fragmentations,
duplications et chevauchements ;
– conseiller les décideurs et congressistes, voire les membres de l’exécutif.
Ces efforts d’ajustement organisationnel ont produit des effets réels :
 réduction des dépenses inutiles englobant la réduction des paiements incorrects, irréguliers
effectués avec les mauvais montants, en direction de la mauvaise personne ou pour la mauvaise
raison ;
 réduction des frais administratifs, par exemple, en 2013, les agences ont économisé près de 11
milliards de dollars en activités administratives qu'elles ont réorientés vers des programmes
davantage prioritaires ;
 économies de milliards de dollars en sous-traitance en achetant moins et plus intelligemment,
par exemple par le biais d’efforts de coordination plus concertés en matière d’achats 5 .
Cette option a donc produit des effets positifs soulignés par le Bureau du Management et du Budget :
– en février 2012, le président a soumis au Congrès une proposition visant à rétablir le pouvoir
présidentiel de réorganiser les agences fédérales afin de réduire le nombre de programmes
gouvernementaux faisant double emploi ;
– le budget de 2013 proposait des coupes, des consolidations et des économies à l'échelle du
gouvernement totalisant plus de 24 milliards de dollars au cours du prochain exercice et de 520
milliards de dollars jusqu'en 2022 dont certaines adoptées par le Congrès ;
– Le budget du président pour 2014 abordait 215 propositions de réduction, de consolidation et
d’économies qui devraient permettre d’économiser plus de 25 milliards de dollars en 2014, etc.
III. PERSPECTIVES
Serait-il possible d’en sortir ? De toute façon, le mal est plus profond… L’avenir est à des outils plus
sophistiqués, aux processus d’allègement, de restructuration, de chasse aux duplications,
chevauchements, redondances, au réingineering, à des modèles de maturité organisationnelle, à
l’aplatissement, au « Lean organisations », au « Small is beautiful », aux paradigmes de la nouvelle
gouvernance entrepreneuriale magistralement développés par David Osborne et Ted Gaebler. Il est
étonnant que « le politicien » préfère ramer à contre-courant quand tout plaide pour la sous-traitance,
pour le faire-faire, les partenariats public-privé gagnant-gagnant en refusant de s’éloigner de la
macrocéphalie, des paradigmes de « command-and-control », de micro-management, de centralisation
au sommet.

3 Cet organisme produit chaque année un rapport annuel qui documente la prise de décision sur les possibilités de
réduire les fragmentations, les chevauchement et les double emplois ainsi que les coûts et d'accroître les revenus,
pour le gouvernement fédéral. Il faut remarquer qu’il produit aussi des rapports annuels sur les risques de la
Nation.
4 Fragmentation, Overlap, and Duplication. An Evaluation and Management Guide – GAO – 15 49SB
5 Des informations plus détaillées existent dans les rapports annuels d’audit publiés par le GAO.

La réalité, c’est qu’aussi depuis les alternances entamées en 2000, nous sommes entrés dans une
fonction publique qui refuse d’officialiser sa vraie nature. Il y a de fortes présomptions que le
paradigme qui voulait que dans la fonction publique sénégalaise, le fonctionnaire soit la règle et les
agents non-fonctionnaires l’exception, ne soit plus vrai. Il existe désormais de nombreuses petites
portes par lesquelles certains peuvent passer par le biais d’agences, de hautes autorités, hors-concours,
de fonctions de chargés de mission, ministres conseillers, etc.
Ce qu’il faut conclure, c’est que bâtir des organigrammes sans vision ni référentiel stratégique et
organisationnel conduit à l’improvisation et aux caprices des princes au moment où le management
public promeut des initiatives visant à réduire la fragmentation, les chevauchements et duplications et
à réduire la fraude, les gaspillages et les abus. On est loin de ce rêve du Bureau du Management et du
Budget des USA qui dans une de ses publications rappelle la nécessité, « pour diriger l'économie du
21ème siècle, d’avoir un gouvernement svelte, efficace, qui cherche constamment à faire plus
avec moins, à veiller à ce que chaque dollar des contribuables soit utilisé à bon escient et au
maximum de ses effets. » A notre avis, pour l’essentiel, la présidence aurait dû être et rester une
structure de stratégie, voire de pensée stratégique, de macro-vision, d’impulsion, de contrôle, de
leadership et de coordination. Mais c’est là une autre vision de la gestion et de sa propre personne…
Mais, alors, il faut un président qui privilégie des profils de classe A (au sens des techniques actuelles
de recrutement 6 ) dans sa proximité. « Qu’importe où vous allez ; les grandes équipe vous y
mèneront beaucoup plus rapidement que des équipes dotés de talents moyens…»
Pour conclure, lorsque les évolutions de la vie politique sénégalaise le permettront, il sera opportun de
prendre un certain nombre de mesures à l’instar de celles notamment contenues dans le PROACT:
 produire des rapports sur les duplications, chevauchements, fragmentations et leurs incidences
en termes de coûts, d’économie, de matérialité, de restructuration, de management des talents et
ressources humaines (emplois, effectifs, pronostics, diagnostics, écarts, etc.)
 procéder à un diagnostic en termes de consistance (matérialité, réalité versus fictif) des
fonctions confiées, de visibilité, de livrables, d’objectifs affectés, d’utilité ;
 créer des directions des ressources humaines dignes de ce nom occupées par des
professionnels diplômés ou certifiés de ce métier, en dehors des DAGE/SAGE 7  ;
 faire jouer au BOM et aux corps de contrôles comme l’IGE des fonctions de diagnostics citées
précédemment et produire des rapports sur les fragmentations, les duplications, les
chevauchements, au besoin en élargissant ce procédé par les apports de la technique de
réingénierie ;
 libérer des fonctions « audit interne » et « contrôle de gestion » de la tutelle hiérarchique de
DAGE/DAF/DCF 8 dans les entreprises et établissements publics en général dont beaucoup sont en
sureffectifs pour jouer leurs vrais rôles de diagnostic, de conseils, en toute indépendance…
 restaurer la méritocratie, la compétition et le concours aux postes sauf peut-être pour des
positions limitées de nature politique, de haute sécurité, ces qualifications étant définies de façon
expresse par la loi ou des règlements, les principes de l’égalité des citoyens devant les charges
publiques étant précisés davantage dans la constitution.
 Rendre aux ministères et à certaines leurs fonctions et vocations naturelles logées au niveau de
la présidence de la République ;
 Procéder à des exercices annuels des risques qui pèsent sur la nation…
C’est là un prix à payer pour sortir des pièges du « fast-trapped ».
Abdou Karim GUEYE, Inspecteur général d’Etat à la retraite. Ancien Directeur général de l’Ecole Nationale
d’Administration et de Magistrature du Sénégal. Membre du parti ACT et conseiller en gouvernance publique
du président Abdoul Mbaye. Expert consultant international en Gouvernance, Transformations et Contrôles
d’Etat…

6 Voir les méthodes comme Top Grading du Dr. Bradford D. Smart par exemple; Smart Tools du Dr. Geoff SMART, aussi.
7 DAGR : Direction de l’administration générale et de l’équipement. DAF : Direction administrative et
financière.
8 Direction comptable et financière.

Messieurs de l’opposition, respectez le choix du peuple sénégalais !!!

Notre cher pays le Sénégal a su encore une fois de plus montrer à la face du monde sa maturité à organiser des élections libre transparente et démocratique. Chacun de nous a eu la latitude de soutenir le candidat de son choix, de dire ce qu’il voulait pour faire élire son candidat, mais il n’en demeure pas moins que ce sont les urnes qui donnent le verdict de la victoire parce que nous sommes en démocratie. Nous avons tous durant une longue période entendu tous les candidats de l’opposition prétendre qu’ils vont gagner au premier tour de la présidentielle.
C’était leur droit le plus absolu.
Droit qu’ils ont toujours refusé à la coalition de la majorité présidentielle quand celle ci prétendait que les populations allaient réélire leur candidat Macky Sall au premier tour. Pire ils maquillaient leurs propres défaites en véhiculant qu’un vaste complot de fraude serait orchestré par les tenants du pouvoir sans en apporter une seule preuve sinon que de véhiculer des propos fallacieuses sur l’existence de plusieurs fichiers électoraux.
La vérité c’est qu’il est utopique voire insensé de s’attendre à gagner une élection présidentielle quand on a comme discours politique la calomnie le nihilisme l’affabulation le mensonge et comme promesse électorale la calamité. Disons le haut et fort encore une fois de plus la maturité du peuple sénégalais a permis de faire la différence et nous sortir de la plus majestueuse des manières de cette présidentielle du 24 février 2019 en allant voter dans la sérénité et le calme avant de retourner tranquillement chez lui. Maintenant reste à cette opposition pour sa crédibilité de demeurer loyal et fair-play après le verdict.
Messieurs, la page des défis, oppositions et bravades des temps passés, est tournée, l’on se dirige tous vers la proclamation des résultats provisoires du premier tour de l’élection présidentielle par la commission nationale de recensement des votes seule habillée à donner des résultats fiables.
Alors quand le verdict des urnes sera proclamé donc validé par cette dite commission de recensement, il devra être salué de vous tous sans exception par des déclaration d’approbations publiques souffrant d’aucune ambiguïté. Car ce serait de la traîtrise après avoir solliciter les suffrages du peuple sénégalais de se montrer incapable de respecter leurs désirs de se choisir librement un candidat pour présider à leurs destinées.
Maintenant penser que ce pays ne devrait pas marcher dés lors qu’on est pas élu par les sénégalaises et sénégalais c’est faire preuve de nihilisme et de manque de patriotisme. Accepter le choix des urnes ou reconnaitre dans la dignité sa défaite c’est faire preuve de fair-play mais aussi c’est consolider son leadership pour les échéances futures.

Mame Ousmane diop
Responsable APR
Email : emodiop@gmail.com

Pour éclairer le choix des électeurs au scrutin présidentiel du 24 février 2019

Le 24 février 2019, les 6 683 043 électeurs sénégalais devront se prononcer dans 15 397 bureaux de vote dont 746 à l’extérieur pour choisir leur président pour les 5 années à venir. Il me plaît de m’essayer à l’exercice qui consiste à faire un bilan succinct des actions du président sortant car il est impossible de tout dire ici. Il s’agit dans cette contribution de participer au débat de la campagne présidentielle 2019 pour éclairer le choix des électeurs à un moment important pour la Nation sénégalaise, avec des chiffres à l’appui, qui sont essentiellement tirés des instances gouvernementales (les ministères, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, etc.), de la presse nationale et internationale, des institutions internationales comme le Fonds monétaire international, la banque mondiale, l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation, le Bureau international du travail, etc.

Après son élection à 65,80%, le président SALL a décliné sa vision dans le Plan Sénégal Emergent (PSE). Le PSE vise la transformation structurelle de l’économie, la lutte contre les injustices sociales et, enfin, la sécurité, la gouvernance, les droits et les libertés. Etant un libéral convaincu, il accorde tout de même une importance capitale à la politique sociale. La mise en œuvre de cette vision a permis d’engranger des résultats dont voici quelques-uns pour éclairer le choix des électeurs le 24 février 2019.

Gestion macro-économique du pays

Le taux de croissance du Sénégal est passé successivement de 2,1% en 2011 à 2,7% en 2012 ; à 3,5% en 2013 ; à 4,5% en 2014 avant d’atteindre 6,4% en 2015 ; 6,2% en 2016 ; 7,1% en 2017 et 6,8% en 2018, soit un taux de croissance de plus de 6% en 4 années consécutives. Les projections ont tablé sur 6,9% en 2019.

Le déficit budgétaire qui était de 6,7% du PIB en 2011 est ramené à 5,2% en 2014 puis 4% en 2015 avant de tomber à 3% en 2017 pour se situer à 3,5% du PIB en 2018. A ce niveau, la norme communautaire de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) est fixée à 3% du PIB.

Le taux d’endettement du Sénégal est passé de 40,7% en 2011 à 56,9% en 2015 puis à 59,1% du PIB en 2016 avant de chuter à 47,7% en 2017 puis remonter à 48,2% du PIB en 2018 contre une projection de 47,3% en 2019. Faudrait-il rappeler que le niveau communautaire exigé par l’UEMOA est de 70% du PIB.

En plus de cela, le taux d’inflation est passé de 3,4% en 2011 à 0,1% en 2015 puis à 0,8% en 2016 avant de plonger à -1% en juin 2018.

Selon le Bureau international du travail, le chômage concerne les personnes en âge de travailler (15 ans+) qui sont sans emploi et qui cherchent activement un emploi qu’elles sont prêtes à occuper dans les 15 jours. Mais, il faut dire qu’il y a un flou total autour des chiffres concernant le chômage. Selon les sources, les chiffres du chômage sont parfois élevés. Les données du recensement général de la population en 2013 indiquent un taux de chômage de 25,6% alors que l’Enquête nationale sur l’emploi au Sénégal mentionne un taux de 15,7% en 2015 pour les personnes âgées de 15 ans et plus. En revanche, le rapport sur la situation économique et sociale du Sénégal en 2016 a estimé le taux de chômage à 16,8%.

Sur un autre aspect, l’incidence de la pauvreté était à 46,7% en 2011. Selon les estimations, ce chiffre devrait se situer au plus à 40% depuis 2014.

Depuis 2016, le budget du Sénégal a franchi, pour la première fois, la barre historique des quelques 3 000 milliards de francs CFA (3022,4 milliards francs CFA plus exactement, d’après la LFI de la même année). La loi de finances initiale 2017 a indiqué un budget de 3 360 milliards de francs CFA, avec un budget d’investissement de 1225,2 milliards de francs CFA, soit une hausse de 17% par rapport à 2016. Les 64% du budget d’investissement de 2017 sont mobilisés sur fonds propres du Sénégal contre 58% en 2016. C’est pour souligner l’importance de la conquête de la souveraineté budgétaire. La tendance haussière du budget d’investissement est confirmée par la chute de la part du budget de fonctionnement dans le budget global en passant de 12% à 8%. Rien d’étonnant puisque la politique de rationalisation des dépenses publiques a permis d’engranger des milliards dans plusieurs secteurs tels que l’électricité, l’eau, le téléphone, la fusion-suppression d’agences publiques, etc.

Les efforts du Sénégal en matière économique se sont traduits par le relèvement de sa note en avril 2017 par l’Agence de notation américaine Moody’s qui l’a faite passer de Ba3 à B1 (avec perspective stable). En effet, la forte croissance tirée par les investissements publics (infrastructures, transport, agriculture, etc.), les efforts pour améliorer la fiscalité et la baisse des importations de produits alimentaires de 21% entre 2013 et 2015 et une hausse des exportations pour la même période ont motivé cette note du Sénégal qui voit ainsi la vulnérabilité de son économie baissée grâce à un accès au marché financier international avec une baisse du coût d’emprunt et du risque de solvabilité. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle le gouvernement a pu obtenir 14 milliards de dollars d’engagements pour le PSE2 (2019-2023), soit trois fois plus que l’objectif ciblé lors du Groupe consultatif de Paris en décembre 2018 ! Cette « bonne » tenue des indicateurs macro-économiques a, par ailleurs, positivement impacté l’afflux d’investissements directs étrangers vers le Sénégal qui est passé de 409 millions de dollars en 2015 à 472 millions de dollars en 2016 puis à 532 millions de dollars en 2017.

Distribution des fruits de la croissance

Lancé depuis octobre 2013, le Programme National de Bourses de Sécurité Familiale (PNBSF) « a pour objectifs de réduire la pauvreté extrême et de favoriser le développement du capital humain des ménages pauvres et vulnérables ». Il a permis d’allouer 20 milliards de francs CFA à 200 000 ménages en 2015. Ce budget a été porté à 32 milliards de francs CFA en 2016. Plus de 300 000 ménages ont pu bénéficier des bourses de sécurité familiale. Depuis son lancement, plus de 52 milliards de francs CFA sont transférés aux familles démunies. Il faut savoir aussi que cette bourse est octroyée sur des critères de pauvreté mais aussi sur la base d’obligations remplies par les bénéficiaires à savoir la scolarisation et la vaccination des enfants et leur inscription à l’état civil. Ce modèle de politique sociale a fait ses preuves dans les années 90 dans les pays comme le Brésil ou le Mexique à tel point que la Banque mondiale l’a théorisé en 2006 sous le concept de « Conditional Cash Transfer ». Il a permis de sortir des millions de personnes de la grande pauvreté !

Accès à la santé

Lancée en septembre 2013, la Couverture Maladie Universelle (CMU) est une autre politique sociale du Gouvernement SALL qui contribue amplement à démocratiser l’accès aux soins de santé surtout pour les couches sociales les plus défavorisées du pays en facilitant la mise en place d’un système efficace de financement de la santé. Les cotisations au niveau des mutuelles de santé sont subventionnées à hauteur de 50%. Le programme national de la CMU a ainsi porté le taux de couverture maladie (public et privé) qui était à 20% en 2013 à 46% en juillet 2015 puis à plus de 49% en 2017. Dans le cadre de cette politique de santé, la dialyse, la césarienne, les soins pour les enfants de moins de cinq ans sont devenus gratuits. En termes d’infrastructures sanitaires, 4 nouveaux hôpitaux, 8 nouveaux centres de dialyse, entre autres, ont été construits. De plus, le système sanitaire sénégalais a permis de faire face de manière efficace à la crise d’Ebola en 2014.

Actions en faveur des plus démunis

Le plan sésame destiné aux personnes du troisième âge est revalorisé en même temps que l’augmentation de 10% des pensions de retraite en 2012. Pour les travailleurs, une baisse de l’impôt sur les revenus en 2013 a permis d’injecter 44 milliards de francs CFA dans les ménages. Toujours, dans le sens de l’amélioration des conditions de vie, les députés ont voté la loi 2014/03 du 22 janvier 2014 pour faire baisser les loyers de 29% pour les plus démunis, de 14% pour les classes moyennes et de 4% pour les plus aisés et selon les types de logements occupés même s’il subsiste encore des insuffisances à corriger à ce niveau. De plus, dès les premiers mois de son entrée en fonction, le président SALL a mis en application la baisse du prix des denrées de premières nécessités depuis avril 2013 (riz, huile, sucre, farine, gaz, essence, etc.).

Par ailleurs, la mise en place de la carte d’égalité des chances pour les personnes vivant avec un handicap est à saluer car elle permet de donner plus de chances à cette catégorie de personnes souvent considérée comme des citoyens de seconde zone et oubliée des politiques sociales de l’Etat. Plus de 50 000 personnes ont pu en bénéficier, un peu plus que l’objectif de départ ! A cela, s’ajoute le fait que les bénéficiaires de la BSF sont désormais enrôlés dans la CMU où leurs soins sont gratuitement pris en charge par l’Etat.

Accès à l’eau et l’assainissement

Cette volonté de lutter contre les injustices sociales et de rétablir l’équité territoriale a conduit le Gouvernement SALL à lancer le Programme d’Urgence de Développement Communautaire (PUDC) en juillet 2015 pour résorber le plus rapidement possible les inégalités de développement humain entre le rural et l’urbain sénégalais. Sa première phase (2015-2016) a été entièrement financée sur fonds propres du Gouvernement du Sénégal à hauteur de plus de 113 milliards 339 millions de francs CFA. En termes de pistes de production, 4 000 km ont été construits. Grâce au volet hydraulique du PUDC, 229 forages ont été réalisés. Le taux d’accès à l’eau potable en milieu urbain est à plus de 98% contre plus de 91% en milieu rural en 2017. En milieu urbain, les deux projets phares en cours de réalisation (KMS3 et l’usine de dessalement de l’eau de mer) vont produire 300 000 mètres cubes d’eau potable par jour. L’assainissement n’est pas en reste. Le taux d’accès global à l’assainissement est à plus de 53% en 2017. Il est à plus de 67% en milieu urbain contre plus de 42% en milieu rural pour la même année. A cela, s’ajoute le programme PROMOVILLES qui constitue une solution pour accompagner la modernisation des villes secondaires du pays.

Accès à l’électricité

En matière d’accès à l’électricité, la politique du mix énergétique a fait porter la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité au Sénégal à 19%. Ce qui est très important, compte tenu de l’exigence et de l’urgence écologiques. Par ailleurs, le Sénégal est passé de 573 MW en 2011-2012 à 613 MW en 2016 puis à 1 141 MW en 2018, avec un objectif de 1 264 MW en 2019 en termes de puissance totale grâce à l’énergie solaire, éolienne, hydraulique, etc. Le coût de production de l’électricité est passé de 97 à 44 francs CFA le KWH et le nombre total d’heures de coupure a considérablement chuté de 950 heures en 2011 à 24 heures en 2018. La SENELEC est ainsi passée d’une situation déficitaire à une situation excédentaire et exportatrice d’électricité vers les pays voisins. Avec 2 329 villages électrifiés, 3 300 000 compatriotes ont pu accéder à l’électricité. Le taux global d’électrification du Sénégal est passé de 54 à 60%. En milieu rural, ce taux est passé de 27% en 2012 à 47% aujourd’hui. Ces performances dans le secteur de l’énergie ont permis d’alléger progressivement la subvention de l’électricité jusqu’en 2015 (105 milliards en 2012 ; 88 milliards en 2013 ; 79 milliards en 2014 et 7 milliards en 2015, soit 279 milliards de francs CFA au total de 2012 à 2015) et son abandon en 2016 et une baisse du prix de l’électricité en 2017.  En effet, le Gouvernement SALL a baissé de 10% le prix de l’électricité en 2017, soit 30 milliards de francs CFA injectés dans la poche des consommateurs. Il va sans dire que cette baisse du prix de l’électricité impactera positivement le pouvoir d’achat des ménages mais elle renforcera aussi la compétitivité des entreprises en baissant leur coût de production.

Infrastructures de mobilité et désenclavement

En termes d’infrastructures de mobilité, le réseau autoroutier est passé de 32 km en 2011 à 221 km aujourd’hui. Les travaux de l’autoroute Mbour-Fatick-Kaolack viennent d’être lancés. En fin janvier, « le pont de la sénégambie » a été inauguré sans oublier la construction de 13 ponts à travers le pays. Le pont de Farafégny, une vieille doléance depuis le gouvernement socialiste, contribue à désenclaver la Casamance, une région économique très importante pour le Sénégal. Il a été inauguré en janvier 2019. Le Train Express Régional (TER) de 55 km pour transporter 115 000 passagers par jour relie Dakar au nouvel aéroport international Blaise Diagne. Lequel aéroport a été exécuté à 67% et finalisé par le Gouvernement SALL. En perspectives, il faudrait ajouter le Bus Rapid Transit (BRT) qui assurera la liaison sud-nord de Dakar a une capacité de 300 000 voyageurs par jour. Les entreprises de transport artisanales sont déjà dotées de plus de 2 500 minibus à travers le pays. La société de transport urbain Dakar Dem Dikk a pu mettre en place des lignes de bus pour le transport interurbain. Dans ce cadre, le Programme d’Urgence de Modernisation des Axes et territoires frontaliers (PUMA) a contribué au désenclavement des zones frontalières et à l’accès des infrastructures socio-économiques de base.

Politique fiscale

Dans le cadre de la 12e Législature, les députés ont voté, en plus des lois concernant la CMU, la Bourse familiale, entre autres, un nouveau Code général des impôts (loi n°2012/31 du 31 décembre 2012) qui a permis de baisser l’impôt sur les revenus de 15% (pour les plus riches) à 100% (pour les plus démunis). Ce qui a permis d’injecter environ 44 milliards francs CFA dans la poche des consommateurs. Si le taux de l’impôt sur les sociétés est passé de 25 à 30%, la fiscalité sur les biens immobiliers a chuté de 15 à 10%.

Gouvernance locale et ressources minières

Dans le domaine de la gouvernance locale, l’Acte 3 de la décentralisation (loi 2013/10 du 28 décembre 2013 portant Code général des Collectivités locales) a été voté par les députés pour créer des territoires viables, compétitifs et porteurs de développement durable par l’entremise de la territorialisation des politiques publiques. Ainsi, la communalisation intégrale et la création de Conseils départementaux (par la suppression de la région en tant que collectivité) permettent d’ouvrir des perspectives de développement local au sein des territoires. Cette nouvelle approche est d’autant plus nécessaire que le Sénégal vient de faire d’importantes découvertes de réserves de gaz et de pétrole.

Sur le plan des ressources minières, le nouveau Code minier (loi n°2016/32 du 08 novembre 2016) voté par l’Assemblée nationale a intégré la protection de l’environnement et établi une nouvelle grille de répartition des revenus miniers dont 60% des taxes reviennent à l’Etat central, 20% pour l’administration des mines et 20% pour les collectivités territoriales. Ces dernières reçoivent en plus 0,5% du chiffre d’affaires annuel hors taxe des sociétés minières. Etant donné que le Sénégal a adhéré en octobre 2013 à l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) qui est une norme internationale pour la transparence dans la gestion des revenus miniers, gaziers et pétroliers, tous les contrats et revenus miniers des acteurs sont désormais, obligatoirement, publiés. La presse dont le nouveau Code a été voté le 20 juin 2017 (loi n°14/2017) pourra grandement participer à ce jeu de transparence grâce à un professionnalisme plus poussé, dans des conditions meilleures, des entreprises de presse (audiovisuelle, écrite et en ligne).

Education nationale

Dans le domaine de l’éducation nationale, des progrès importants sont accomplis. En effet, 10 000 salles de classe, 340 écoles, 203 collèges, 36 lycées, 185 écoles coraniques modernes, 20 blocs scientifiques et technologiques ont été construits. Les investissements dans l’éducation sont passés de 310 milliards en 2011 à 477 milliards de francs CFA en budget pour 2019. Le taux d’abris provisoires est passé de 18% en 2011 à 11% en 2015.

Enseignement supérieur

L’université est le lieu par excellence de la révolution des mentalités, de la construction et de la naissance d’un Nouveau Type Sénégalais (NTS), comme la société civile se plaît à le dire. Créer les conditions de développement revient à réformer l’enseignement supérieur. La loi cadre sur les universités publiques du 26 décembre 2014 permet de renouveler la gouvernance des universités à travers la composition du conseil d’administration dans le but d’établir un pont entre le monde du travail et celui de l’université en alignant les formations sur les besoins du monde des entreprises. Afin d’accroître le taux d’employabilité des étudiants qui sortent diplômés mais qui ne trouvent pas de travail, la nouvelle politique consiste à réorienter l’enseignement supérieur vers les filières scientifiques et techniques. Dans cette même logique, l’enseignement technique et professionnel est porté par la création d’un réseau d’Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP) dans les métiers de l’agriculture, de l’industrie, de l’artisanat, etc.

Mais, la réforme universitaire laisse au Conseil académique son autonomie pour les questions scientifique, pédagogique, académique et de recherches. Le Recteur est désormais nommé par le président de la République après un appel à candidatures, contrairement à ce qui se faisait avant c’est-à-dire après proposition du ministre de l’enseignement supérieur. Par ailleurs, le Gouvernement SALL a mobilisé 130 milliards de francs CFA pour construire deux nouvelles universités, avec une capacité d’accueil de 30 000 étudiants chacune pour démarrer. L’une est spécialisée dans l’agriculture et ses métiers connexes dans le Sine-Saloum, l’autre, à Diamniadio, est spécialisée dans les nouvelles technologies. Ainsi, la carte universitaire touche à 12/14 régions du Sénégal.

Ces infrastructures universitaires devraient permettre de mieux accueillir les nouveaux bacheliers dont plus de 70% sont des littéraires. Le doublement de la capacité d’hébergement des étudiants à l’UCAD, la revalorisation des bourses et la baisse du prix de la restauration sont des mesures qui améliorent les conditions d’études. En plus, pour encourager les sciences, les techniques et les mathématiques, le Gouvernement a décidé d’attribuer automatiquement une bourse entière à tous les bacheliers des disciplines scientifiques. Le Gouvernement a commencé par faire auditer d’abord le fichier des étudiants boursiers pour partir sur de bonnes bases dans un souci de transparence et d’équité. Ce travail d’audit a révélé que plus de 35 000 bénéficiaires percevaient indument des allocations d’études. Le préjudice est évalué à plus de 10 milliards de francs CFA par an !

Concernant les conditions des étudiants, les bourses entières sont passées de 36 000 à 40 000 francs CFA pendant que les demi-bourses sont passées de 18 000 à 20 000 francs CFA. Les bourses d’excellence sont majorées à 60 000 F CFA tandis que celles attribuées à des étudiants en partance pour l’étranger sont majorées à 426 372 francs CFA par mois. La bourse doctorale d’alternance est de 600 000 francs CFA par mois pendant le temps passé à l’étranger, 60 000 francs CFA par mois au Sénégal et un billet d’avion Aller/Retour par an durant les 3 années de thèse. Un dispositif de bourse de mobilité est mis en place pour encourager les échanges inter-universitaires.

Agriculture

Sur un autre plan, au Sénégal, une bonne politique de développement inclusif ne saurait faire abstraction du monde rural et agricole. C’est pourquoi le Gouvernement SALL accorde plus d’importance au secteur agricole qui emploie plus de 60% de la population active. Cela justifie d’ailleurs amplement la revalorisation du prix de l’arachide à 190 francs CFA le kg dès sa première année de gouvernance puis à 200 francs CFA de 2014 à 2016 et enfin à 210 francs CFA le kg de 2016 à 2018. Ce qui veut dire que, le Gouvernement a subventionné l’arachide car le prix à l’international s’est toujours situé en dessous du prix plancher qu’il a fixé.

Le capital semencier de l’arachide est passé de 6 000 tonnes en 2013 à 25 000 tonnes de semences certifiées en 2015. La quantité de semence de riz est passée de 1 290 tonnes en 2011 à 6 000 tonnes en 2015. La politique de reconstitution du capital semencier coûte 5 milliards de francs CFA par an à l’Etat. A cela, s’ajoute la subvention des semences à hauteur de 41%, de l’engrais à hauteur de 50 à 55% sans oublier que l’engrais pour le riz a été subventionné à 100% en 2015. Parallèlement, il y a une politique de mécanisation de l’agriculture qui se manifeste par une exonération fiscale des matériels agricoles dont la subvention varie de 60% pour les matériels motorisés (2 000 tracteurs en 2015) à 70% pour les matériels attelés (38 000 unités en 2016). Ce qui a fait grimper la facture de subvention des facteurs de production à 40 milliards de francs CFA par an. Cette politique de soutien s’est traduite par une augmentation du taux de mise en valeur des terres au Sénégal. Lequel taux est passé de 34% en 2014 à 59% en 2015. La même tendance est observée dans la Vallée du fleuve Sénégal, dans le bassin de l’Anambé et dans d’autres zones du pays qui ont vu l’expansion de la riziculture dans les plateaux, les mangroves et les bas-fonds grâce à de nouvelles variétés de semences mises au point par la recherche (Nérica 1, 4, 5, 6, L et S44).

Cette politique volontariste a permis d’avoir des résultats probants. En effet, grâce au Programme National d’Autosuffisance en Riz (PNAR) qui vise la production de 1 600 000 tonnes de riz paddy, le Sénégal a enregistré une production qui est passée de 469 649 tonnes en 2012 à 906 348 tonnes en 2015 puis à 950 779 tonnes en 2016 avant d’atteindre 1 132 795 tonnes en 2018, soit une hausse de 47% par rapport à la moyenne des 5 dernières années.

A la date du 7 novembre 2018, la production des céréales est évaluée à 2 732 109 tonnes, celle de l’arachide à 1 432 086 tonnes. La production horticole est estimée à 1 423 250 tonnes. L’oignon et la pomme de terre ont respectivement connu une hausse de leur production avec 428 615 tonnes et 140 000 tonnes. Toutes ces spéculations ont enregistré une hausse de 23 à 49% voire plus de 116% pour la pomme de terre par rapport à la moyenne des 5 dernières années ! Parallèlement à ces productions records, les exportations des produits horticoles ont pu atteindre 106 200 tonnes en 2016-2017, soit 8% de plus.

En perspectives, 3 nouveaux programmes sectoriels devront être déroulés : les programmes « zéro bidonville », « zéro déchets » et « villes créatives ». Ces programmes s’inscriront dans 5 grandes initiatives nationales à savoir : PSE : Jeunesse 2035 ; PSE : Economie sociale et solidaire ; PSE : Société numérique inclusive ; le PSE vert ou la reforestation durable du territoire national ; le PSE : Cap sur l’industrialisation. En somme, il s’agit de dérouler le PSE 2 pour l’avenir.

Dr Sidy Tounkara

Bamba Fall: « Ce n’est pas seulement le choix de Khalifa Sall qui compte »

YERIMPOST.COM Rebelle il est, rebelle il demeure ! Même pas Khalifa Sall pour lui imposer une consigne de vote. Bamba Fall n’est pas du genre suiveur et il l’a fait savoir à nos confrères de l’Observateur à qui il a accordé une interview. Selon lui, le choix du soutien qu’il va apporter à un candidat découle du devenir de la Médina. « Même si Khalifa parle, ma position va tenir compte de l’intérêt de la Médina ! », assure le maire de ladite localité. Bamba Fall, qui est pourtant annoncé dans la mouvance présidentielle, balaie d’un revers de main cette hypothèse, indiquant n’avoir donné son accord ni à Macky Sall, ni à aucun autre candidat. Ce qui s’impose à l’heure actuelle, selon lui, c’est de faire une synthèse de toutes les propositions et de voir le meilleur choix pour le Sénégal, mais surtout pour la Médina. « Jusqu’à la veille du scrutin, nous pourrons donner notre position… », ajoute-t-il…




Contrat d’affermage de l’eau: le ministère de l’Hydraulique s’explique sur le choix de Suez

YERIMPOST.COM La Sénégalaise des eaux (SDE) a perdu le contrat d’affermage au profit du groupe français Suez. S’il en est ainsi, c’est parce que Suez a présenté la meilleure offre. «Nous sommes dans le cadre d’une délégation de service public. Et Suez a présenté l’offre la plus avantageuse», a déclaré, sur les ondes de la Rfm, le Dage du ministère de l’Hydraulique. Et Mamadou Diokhané d’ajouter: «Nous avons communiqué notre choix à la Dcmp qui nous a répondu par un avis de non objection».
Toutefois, M Diokhané estime que les autres candidats, à savoir la Sde et Véolia, peuvent faire recours s’ils le désirent.







° Top
YerimPost

GRATUIT
VOIR