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Vidéo- Assassinat de Mariama Sagna: Le discours de fermeté de Sonko

YERIMPOST.COM Ousmane Sonko s’est rendu, ce lundi matin, à la maison mortuaire de la militante de son parti, Mariama Sonko. En compagnie des membres du bureau politique de Pastef, Sonko a tenu à présenter ses condoléances. Sur place, il a exigé, quel que soit le mobile, que toutes les diligences soient faites.
Ousmane Sonko a aussi promis que son parti ne lésinera pas sur les moyens pour que justice soit rendue.








Le discours de haute facture de Macky Sall en hommage à Bruno Diatta

Mes chers compatriotes, d’ici et de la diaspora,

Mesdames, Messieurs,

Notre perte est immense, et notre douleur infinie.
A cette perte et à cette douleur, s’ajoute, pour moi, le pénible exercice de prononcer l’oraison funèbre d’un collaborateur émérite, au parcours et aux qualités hors du commun.
Pour rappeler le destin mortel de l’humain, une sagesse de chez nous dit que la vie cohabite avec la mort.
Mais on ne s’habitue jamais à la mort, parce qu’elle frappe toujours par surprise.
Et comment s’habituer à la mort quand, avec la disparition du Ministre Bruno Diatta, elle frappe au cœur de la Nation, de l’Etat et de la République ?
Le vendredi 21 septembre 2018, le Ministre Bruno Diatta s’est retiré paisiblement de la vie terrestre, à son domicile, parmi les siens. Fidèle à lui-même, Bruno s’en est allé discrètement, comme il a vécu.
On le savait souffrant depuis peu. Mais, tirant sa force dans sa pudeur habituelle, jamais il ne s’est plaint de sa maladie. Bien au contraire, il a tenu jusqu’au bout. Il a travaillé jusqu’au dernier souffle.
Le mercredi 19 septembre, c’est lui qui avait encore installé le Conseil des Ministres, sacrifiant au rituel dont il avait seul le secret. Hélas pour la dernière fois…
Grande a été ma surprise d’apprendre le décès de Bruno, vendredi, alors que je partais en mission.
Quand le destin nous arrache un collaborateur d’exception, le seul devoir qui vaille est de lui rendre l’hommage qu’il mérite.
Et cette cérémonie d’hommage national à la mémoire du Ministre Bruno Diatta est une terrible ironie du sort, parce que le cérémonial est par définition le domaine réservé de Bruno. C’est lui qui en était l’ordonnateur et le maître par excellence. Il n’y a que la mort pour nous imposer un monde à l’envers et nous dicter un cérémonial à la place de Bruno.
La Nation est frappée au cœur, parce que le Ministre Bruno Diatta était un homme de synthèse. Il symbolisait si bien ce qui nous unit et nous rassemble, par-delà nos différences et nos diversités.
Par sa famille élargie, à la fois chrétienne et musulmane, Bruno était un trait d’union à multiples facettes, reliant plusieurs terroirs et composantes socio ethniques de notre pays.
Originaire de Kabrousse, au Sud, par son père, Bruno était de la lignée d’une héroïne nationale, Aline Sitoe Diatta, et avait des attaches familiales en terroirs du Sine et du Saloum, au centre du Sénégal.
Mais c’est au Nord du pays, précisément à Saint-Louis du Sénégal, qu’il vit le jour le 22 octobre 1948, d’une mère métisse.
C’est à Saint-Louis qu’il fit ses classes du primaire, au Petit lycée de la rue Neuville.
Et c’est à Saint-Louis qu’il se mariera plus tard, après de brillantes études au Lycée Van Vollenhoven de Dakar, actuel Lycée Lamine Guèye, à l’Institut d’Etudes politiques de Toulouse et à l’Ecole Nationale d’Administration du Sénégal, Section Diplomatie.
Chrétien de confession, Bruno s’en est allé un vendredi, jour saint des musulmans. C’est tout un symbole, comme pour rappeler, dans un ultime message protocolaire, son attachement indéfectible à l’harmonie sociale qui nous relie les uns aux autres sous l’ombre apaisante de la nation sénégalaise.
Par le brassage unique de ses origines, Bruno incarnait l’homme-intégral de la Civilisation de l’Universel, dont rêvait le Président-poète Léopold Sedar Senghor, qui l’avait appelé à ses côtés en 1977.
L’éloge autour de Bruno Diatta est unanime. Tout le monde l’appréciait, même ceux qui ne le connaissaient pas ; parce que l’homme était poli, sympathique et attachant.
Malgré la distance et réserve qu’imposaient sa fonction, les inconnus l’interpelaient familièrement. Et son prénom suffisait comme identité remarquable. Bruno, sans autre précision, c’était lui, c’était Bruno Diatta !
L’estime à l’endroit de Bruno venait aussi de sa capacité unique de transcender les conjonctures et les convulsions de l’histoire, en restant à cheval sur le métier, et le pied ferme sur le socle de granite qui soutient la continuité des institutions.
C’est pourquoi l’Etat et la République sont frappés au cœur avec la disparition du Ministre Bruno Diatta.
Au cœur de l’Etat et de la République, sa carrière professionnelle, lumineuse comme un rayon de soleil au zénith, est un condensé exceptionnel d’excellence et de longévité.
De sa sortie de l’Ecole nationale d’Administration en 1973, au vendredi 21 septembre 2018, Bruno a dédié un parcours sans faute de 45 ans à l’Etat et à la République, dont 41 ans au Protocole de la Présidence République; servant avec le même dévouement républicain tous les Présidents du Sénégal indépendant.
Le Service du Protocole, tâche prenante et complexe, exigeante et ingrate, restera à jamais attaché à son image.
Il faut plus qu’une formation, il faut plus que des diplômes pour exceller dans le protocole comme Bruno Diatta.
Au-delà des textes, us et coutumes qui régissent la préséance et le cérémonial, le protocole, c’est d’abord la finesse d’un code de conduite rigoureux, inscrit dans le marbre des lois non écrites et nécessaires à la vie en société.
Le protocole, c’est une affaire d’éducation, un art consommé des bonnes manières, du savoir-faire et du savoir-vivre ; une invite permanente à la politesse, à l’humilité, au civisme, à la tenue et à la retenue.
Voilà les valeurs dont le Ministre Bruno Diatta était le porteur, le gardien vigilant, rigoureux, ferme et discret.
Sans la rigueur immuable du protocole, la vie publique serait un chaos insoutenable. C’est pourquoi Bruno tenait par-dessus tout au bon ordonnancement de la préséance et à la bonne disposition des choses : chacun à sa place et chaque chose en son temps.
Sa tâche devenait ingrate quand, sans égard pour l’étiquette du protocole et les bonnes manières, on voulait passer outre les convenances établies.
Mais lui, dans un calme olympien, tenait toujours au respect des normes, sans geste déplacé ni violence verbale, faisant sienne la sagesse de Rûmi : Elève tes mots, pas ta voix. C’est la pluie qui fait grandir les fleurs et non le tonnerre.
Bruno savait trouver le mot juste. Il avait le sens de la formule pour rappeler les uns à l’ordre et conseiller les autres aux usages de l’Etat et de la République.
Mais ce n’est pas tout. Quatre décennies durant, il a organisé de main de maître le quotidien de l’Etat au plus haut niveau ; un travail de tout instant, qui exige une disponibilité constante, pour gérer le présent et anticiper le futur.
L’homme était doué d’une mémoire phénoménale. Entre évènements nationaux et internationaux, Bruno veillait sur les dates. Il connaissait chaque lieu de destination et ses conditions de séjour. Il maîtrisait parfaitement les distances à parcourir, prêtait attention aux décalages horaires et aux aléas de la météo. Bref, Bruno était soucieux du plus petit détail. Il ne laissait rien au hasard.
Bien souvent, nous ne voyons le protocole que sous l’éclat des lambris dorés. Mais derrière chaque scène bien réglée, où tout semble aller de soi, que d’efforts et de temps consentis ! Que de jours et de nuits notre illustre défunt, couché pour l’éternité, dormant du sommeil du juste, est resté debout et éveillé, pour que tout soit dans le bon ordre !
Bruno a connu le temps où certains voyages relevaient de l’aventure. S’il a parcouru avec aisance les capitales du monde, il connaissait mieux que quiconque le Sénégal des profondeurs. Il a dormi chez l’habitant et parfois dans sa propre voiture. Il a traversé les rivières, arpenté les sentiers sinueux de nos campagnes et bravé des intempéries.
Bruno connaissait son monde. Il était d’une urbanité exquise. Du plus haut dirigeant au plus humble citoyen, il savait comment traiter chacun avec courtoisie et égard.
De sa riche aventure humaine, il s’est fait, au Sénégal et ailleurs, des amis, des admirateurs et des disciples. Son expertise avérée était reconnue et sollicitée au-delà de nos frontières.
Pour ceux de ma génération, Bruno a d’abord été un mythe vivant que nous renvoyait l’image de son élégante silhouette à la télévision.
Plus tard, j’eus le bonheur de croiser son chemin dans mes fonctions officielles, et la chance de le trouver à la Présidence de la République comme Chef du Protocole.
J’ai vu de près comment, dans une symphonie sans fausse note, il a organisé en seulement une dizaine de jours, ma cérémonie d’investiture et la fête de l’indépendance de notre pays.
C’est donc tout naturellement que je l’ai maintenu dans ses fonctions en l’élevant au rang de Ministre, par décret 2012-435 du 10 avril 2012.
J’ai voulu ainsi reconnaitre les qualités personnelles de Bruno Diatta et ses mérites professionnels au service de l’Etat.
Le Ministre Bruno Diatta fut un homme de devoir, un témoin singulier de notre histoire institutionnelle, un commis d’Etat infatigable, fidèle et loyal.
Comme dans un refrain synchronisé, j’ai souvent entendu dire qu’il devait écrire ses mémoires. Mais Bruno a fait plus que rédiger ses mémoires ! Sa vie et son œuvre forment un livre ouvert, pour qui sait lire plus les actes que les mots. Car finalement, l’essentiel n’est pas dans le verbe qui périt, mais dans l’acte qui demeure. Bruno n’était pas un homme du verbe, mais de l’action.
C’est pourquoi, en ces temps de repères brouillés et de consciences souvent assoupies, sa mort nous interpelle et nous renvoie aux valeurs cardinales qu’il portait en viatique : le civisme, le don de soi, l’humilité, le respect du prochain et du bien commun.
Voilà le legs que nous laisse Bruno Diatta.
Mon cher Bruno, ainsi vient l’heure pénible de la séparation.
Mais avant de partir, je voudrais que tu emportes notre témoignage, chaleureux et unanime comme nos louanges.
Je témoigne que tu as rempli ta mission avec classe, honneur et dignité.
Je témoigne que, plus qu’un Chef du protocole, j’ai perdu en toi un conseiller émérite, un émissaire habile des missions délicates, un messager honnête, avenant et digne de confiance, un sherpa clairvoyant, dont la lanterne flamboyante balisait les chemins improbables.
Je témoigne que l’Etat et la République ont perdu un gardien du temple.
Je témoigne que la nation a perdu l’icône emblématique de son cérémonial.
Je témoigne que tes amis ont perdu un symbole de fidélité en toute circonstance.
Et ta famille, orpheline, a perdu un être cher, un époux attentionné, un père affable, un frère bienveillant.
En ces moments d’épreuve intense, je réitère l’expression affectueuse de ma profonde compassion à l’ensemble de ta grande famille ; à ta courageuse veuve, Thérèse, et à vos enfants, Guilaine, Yalisse, Pierre et Olivier.
Je leur renouvelle mes condoléances émues et celles de la nation.
Cher Bruno, au nom de la nation Sénégalaise, au nom de mes prédécesseurs, feu le Président Léopold Sedar Senghor, les Présidents Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, et en mon nom personnel, je te remercie du fond du cœur pour tes éminents services.
Je salue avec respect ta mémoire.
Le souvenir de ton œuvre impérissable restera à jamais gravé dans nos cœurs et nos esprits.
En reconnaissance de tes bons et loyaux services, et pour t’offrir en exemple aux générations actuelles et futures, la Salle du Conseil des Ministres et le Grand Amphithéâtre de l’Ecole nationale d’Administration porteront désormais ton nom.
Nous te désignons également comme parrain de la promotion de l’ENA qui sortira en janvier 2019.
De même, l’Etat accompagnera la réalisation du projet d’Académie du protocole que tu portais généreusement pour partager ton savoir-faire.
Mission accomplie, Bruno Louis Robert Diatta.
Adieu ! Repose en paix, ad vitam æternam.

Concours général 2018: Le discours erroné de Serigne Mbaye Thiam (Papa Modou Guéye)

Lors de la cérémonie officielle du concours général 2018, Serigne Mbaye Thiam, Ministre de l’Education Nationale, toujours égale à lui-même, excellent dans son jeu favori : leurrer le Président Sall. En effet, le Ministre dit à qui veut l’entendre, qu’il est le seul et unique précurseur de la « virtualisation » du système éducatif national. Oubliant exprès, de rendre un vibrant hommage, à ces hommes et femmes qui avaient bien vu les choses et avaient, à l’époque, mis sur pied : Le Portail Internet des Volontaire. Ne serait-ce-que pour satisfaire une reconnaissance républicaine, si on sait que l’état est une continuité, notre super Ministre de l’éducation avait l’occasion de dire merci…




Pour rappel ! Et pour que la vérité ne soit pas enterrée à des fins politiciennes ! Nous sommes en mesure de vous dire ce qui a été fait, sous la conduite de M. Abdoulaye Diatta, directeur du Projet des Volontaire en son temps. Voici ce qui s’est réellement passé, et tenez-vous bien, nous sommes au mois d’aout 2007.

Favoriser un espace de communication, de mutualisation des expériences, et surtout conduire la mission de formation et de renforcement des enseignants, voilà l’objectif visé par la Direction du projet des volontaires de l’éducation (Dpve). Le lancement officiel du portail www.volontaires.sn a été effectué dans un hôtel dakarois. Selon ses initiateurs, avec ce portail qui constitue un dispositif techno-pédagogique appelé e-learning ou enseignement à distance, ce ne seront plus des ressources pédagogiques qui manqueront aux enseignants de l’élémentaire. Ces derniers peuvent désormais ‘se former, s’autoévaluer, apprendre et préparer des diplômes professionnels sans être obligés de se déplacer’, comme l’a souligné le professeur Moustapha Sourang venu présider la cérémonie. Aussi, le portail permettra aux apprenants de pouvoir poser des questions, revenir sur certains cours, bref, enrichir leur savoir grâce au forum entre enseignants et apprenants. Une équipe composée d’experts, de techniciens, de pédagogues et de secrétaires est chargée de l’animation et de la mise à jour du site.
Pour le ministre des Télécommunications et des Tic, Sophie Gladima Sibi, ce portail ‘est une ouverture vers le monde et un premier pas pour l’interconnexion des différentes écoles’. Le directeur de la Dpve, Abdoulaye Diatta a, quant à lui, mis l’accent sur l’aspect pédagogique du projet. Selon lui, les 6 mois de formation dont disposent les volontaires ne sont pas suffisants pour faire d’eux ‘de bons enseignants’. Ce dont l’enseignant a le plus besoin, affirme-t-il, ‘c’est d’être accompagné au plan pédagogique, être encadré et avoir à sa disposition des capacités en terme de ressources’. Ce portail qui répond aux besoins de ces volontaires de l’éducation est donc une occasion pour eux d’élargir leurs connaissances. D’ailleurs le ministre de l’Education (Ndr Kalidou Diallo) ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il compte ‘sauter un échelon pour faire dans le supérieur ce qui vient d’être réalisé dans l’élémentaire.

Voilà la réalité des choses ! Il avait l’occasion de le rappeler, si toutefois, le candidat à la tête du PS, avait une petite dose d’un Gentleman !




Notes de lecture sur le discours du magistrat Souleymane Teliko

« Soyez résolus de ne servir plus ( le président de la République ou le parti politique au pouvoir, mais de servir plutôt les intérêts du peuple, c’est moi qui souligne ), et vous voilà libres ». Étienne de la Boétie.

Après le tumulte provoqué au sein  de la justice sénégalaise à la suite de la déclaration publique sans équivoque du député Cheikh Bamba Dièye sur la corruption des juges Malick Lamotte et Demba Kandji et qui lui a valu une convocation à  la DIC voire mieux d’un levée de boucliers à la fois du président de l’Union des magistrats du Sénégal, monsieur Souleymane Teliko pour dénoncer vivement ces propos outrageants et en appeler à une sanction sévère voire exemplaire à la mesure de cet affront visant l’ensemble du corps de la magistrature sénégalaise, et du ministre de la justice, monsieur Ismaïla Madior Fall qui au passage qualifie ces propos d’irresponsables et glisse même  sur le terrain politique en l’apostrophant sur sa très  faible représentativité au niveau de l’échiquier politique national comme si pour pouvoir donner son point de vue sur la situation du pays, tout citoyen devrait au préalable se prévaloir d’une certaine assise auprès de la société sénégalaise, le président de l’Union des magistrats du Sénégal,  monsieur Souleymane Teliko revient à la charge à l’occasion du colloque de l’UMS du samedi 4 Août 2018 pour nous fournir les clés de lecture en demi-teinte de la situation actuelle de la justice sénégalaise.




Que dire également de cette drôle de conception de la démocratie du constitionnaliste Ismaïla Madior Fall !  Ou souhaite t’il l’émergence d’une certaine démocratie de type censitaire afin de mieux museler toute voix discordante et qui heurte son patron, notre président apprenti – dictateur , monsieur Macky Sall ? Non, monsieur le ministre Ismaïla Madior Fall ! Il faut savoir raison garder !

Par ailleurs, il y a lieu de mettre en relief l’alliance de raison voire d’intérêts entre le pouvoir exécutif et l’Union des magistrats du Sénégal ( UMS ) et qui pousse cette dernière à sortir du bois dans un éternel  baroud d’honneur à chaque fois que nos concitoyens fustigent  voire se prononcent sur les manquements préjudiciables au bon fonctionnement de la justice. En effet, cette sainte alliance permet de mettre à nu le discours du magistrat Souleymane Teliko  qui à bien des égards peut laisser penser voire supposer qu’il est progressiste ou « musclé » selon une certaine presse et  allant dans le sens d’une véritable indépendance de la magistrature alors qu’il édulcore véritablement sous les traits du politiquement correct les failles voire les déséquilibres du pouvoir judiciaire sénégalais.

En analysant à la loupe le discours du magistrat Souleymane Teliko, il revient de manière succincte la lancinante question de la carrière des magistrats. C’est comme s’il n’ y avait  que ça de plus important à régler au préalable pour assurer un bon fonctionnement de la magistrature  et de rétablir les fonctionnaires de la justice dans leurs droits et ce dans une totale transparence voire d’équité. Non sans rappeler au ministre de la justice, monsieur Ismaïla Madior Fall et ce malgré ses nombreux engagements mainte fois répétés depuis plus de six mois sur le dossier des magistrats hors hiérarchie, le gouvernement hésite à statuer sur ce dossier. Et pensez – vous sérieusement que le pouvoir exécutif hésite à ce point pour se conformer à la légalité ?  Non monsieur Souleymane Teliko ! Le gouvernement du président Macky Sall ne s’empresse que pour la carrière de certains magistrats dociles voire estampillés sympathisants de la mouvance présidentielle Benno Bokk Yakaar  et prêts à exécuter les volontés du président Macky Sall même les plus ignobles et en violation flagrante des lois et règlements de la République.

N’est – ce pas encore vous qui dénoncez dans votre discours : «  les activités et déclarations politiques de certains de vos collègues en violation flagrante de votre statut ». Et après,  devrons – nous nous autres citoyens se contenter seulement de votre dénonciation qui par ailleurs n’a aucun effet coercitif sur les fautifs ? Dites – nous monsieur Souleymane Teliko,  est – ce que les magistrats bénéficient – ils d’une impunité de fait pour violer le statut du corps de la magistrature ou qu’est ce qui vous empêche de sévir contre les récalcitrants de la légalité juridique ? Dénoncer ces forfaitures est au demeurant un minimum syndical,  mais c’est largement insuffisant pour des autorités judiciaires qui veulent propulser un véritable changement. Il faut montrer la voie et nettoyer l’écurie.

Que dire également de « l’adoption de cette loi rétrograde et discriminatoire de prolongation de l’âge de la retraite », si ce n’est une énième volonté sordide du président Macky Sall de maintenir dans le système pernicieux de partage des privilèges certains magistrats qui prêtent le flanc aux honneurs voire aux positions dans la République ?  Qui plus est, vos propos « peur de perdre les privilèges attachés à un système dont ils ont appris à profiter » sont lourds de sens et pointent du doigt  la responsabilité de  certains magistrats dans la situation de surplace qui prévaut au sein de la magistrature. La mission du magistrat n’est point de servir un régime politique,  mais de dire le droit avec lucidité,  courage et un sens aigu de la responsabilité en tant que  garant de l’ordre voire de la sécurité de nos compatriotes. Dites – nous monsieur Souleymane Teliko,  comment nomme t’on un fonctionnaire de justice ou tout agent de l’Etat qui a appris à profiter des privilèges attachés à un système ?  Qui dit profiter, ouvre en même temps  un vaste champ de renoncements voire de compromissions. Pourquoi donc s’insurger des propos outrageants du député Cheikh Bamba Dièye, alors que votre réquisitoire même voilé renseigne à suffisance sur le manque  d’orthodoxie de certains magistrats dans l’exercice de leurs fonctions  ? Tout est dans le non dit.

Pourquoi également les magistrats incriminés gardent le silence sur ces graves accusations de corruption et ne défendent pas eux-mêmes leur honorabilité en poursuivant le député Cheikh Bamba Dièye pour diffamation et outrage à un magistrat.

Votre réquisitoire  sur les dysfonctionnements du système judiciaire sénégalais est certes éloquent, mais  vous vous gardez d’en tirer toutes les conséquences.  En effet, nous avons du mal à saisir la quintessence de certains passages de votre discours : « N’oublions jamais que le sens profond de ses réformes n’est pas tant de modifier les textes mais de restituer aux magistrats la place et la dignité qui sont les leur dans un Etat de droit ». Non là monsieur Souleymane Teliko, pour nous autres justiciables sénégalais, votre discours nous laisse sur nous faim  parce qu’il est impensable aujourd’hui vu le degré de suspicion généralisée qui fragilise l’institution judiciaire de vouloir séance tenante le respect de la dignité dû aux magistrats dans un Etat de droit et de n’accorder que peu d’importance à une modification substantielle des textes  afin de rompre le cordon ombilical qui relie le pouvoir exécutif et le parquet ? N’est – ce pas contradiction de proclamer partout la nécessité d’une véritable réforme de la justice  tout en protégeant le système qui entretient et alimente de manière insidieuse voire de manière irréfutable les failles ou à tout le moins les incohérences au sein du pouvoir judiciaire sénégalais ?  Ou encore : « un pouvoir avec lequel nous sommes condamnés à cheminer ensemble », ne peut nullement signifier dans un Etat de droit l’asservissement de la justice au pouvoir exécutif.  Vous feignez d’ignorer que la justice dans son ensemble n’est pas sous les ordres du président de la République.  La justice est au demeurant une autorité souveraine chargée de faire respecter les lois et règlements de la République à l’ensemble du corps social sénégalais. Le président de la République n’y échappe pas.




Si des magistrats du siège comme ceux du parquet refusent de statuer sur les dossiers conformément aux dispositions légales, c’est parce qu’ils ont renoncé à se conformer à leur serment de rendre la justice au nom du peuple et  de manière juste voire équitable, pour finalement épouser d’autres considérations qui ne doivent absolument pas intervenir dans un procès. N’est – ce pas encore vous qui pointez du doigt que: «  Les postures et positions de certains d’entre nous contribuent à conforter dans l’esprit de nos concitoyens le sentiment d’une justice à deux vitesses et aux ordres ». Ainsi, vous dénoncez en filigrane le comportement de certains magistrats qui n’honore pas la justice et qui est à mille lieues de l’attitude républicaine que nos compatriotes ont le droit d’attendre du corps de la magistrature.

Une justice à deux vitesses et aux ordres n’est – elle pas inféodée au pouvoir exécutif et ne favorise t-elle pas la corruption en son sein pour certains de ses membres les moins enclins au respect de leur serment voire à la vertu ? Le député Cheikh Bamba Dièye ne dit pas autre chose si ce n’est le fait de traiter nommément les magistrats Malick Lamotte et Demba Kandji de corrompus. En réalité, malgré un certain habillage, tout laisse paraître dans votre discours l’existence de la corruption au sein de la magistrature. Mais cela relève du sacrilège pour nous autres citoyens de le dire sans ambages. C’est sans aucun doute l’audace du député Cheikh Bamba Dièye qui heurte la conscience de l’Union des magistrats du Sénégal ( UMS ). Pourtant, cet audace n’est pas fortuit. Il n’est tout compte fait que la conséquence de la servitude d’une certaine justice à épouser les stratégies politiciennes de la mouvance présidentielle Benno Bokk Yakaar en vue de combattre ses éventuels adversaires politiques.

A partir de ce moment, « Ces attaques traduisent aussi une inquiétante et progressive rupture de confiance entre la justice et les citoyens au nom de qui, elle est rendue », n’est ce pas monsieur Souleymane Teliko, président de l’Union des magistrats du Sénégal (UMS ) ?

Par ailleurs, peut – on mettre « ces dérapages sur le compte d’une passion mal maîtrisée » afin de pouvoir écarter d’emblée leur objectivité ?  Qui dit passion déplore un manque de rigueur dans l’appréciation des faits qui peut induire en erreur les moins avertis. Les dénonciations verbales voire les critiques acerbes de nos compatriotes sur le fonctionnement de la justice ne peuvent pas être analysées sous l’angle d’une « passion mal maîtrisée ». C’est se méprendre sur le pouvoir d’analyse de nos compatriotes qui ne sont pas  au demeurant  des demeurés et qui peuvent en l’absence même d’une culture juridique appréhender le déroulement d’un dossier judiciaire voire ses ramifications politiques. Au plus, il ne faut pas être un exégète en droit pour comprendre l’immixtion du pouvoir exécutif dans le traitement de certains dossiers judiciaires. En dépit même « d’une passion mal maîtrisée », que faites vous du ressenti de nos compatriotes. N’est – il pas plus ravageur que n’importe quel outil conceptuel pour aborder la problématique de la justice sénégalaise ? Leur regard et leur méfiance en disent long sur le manque de confiance qu’ils ont du pouvoir judiciaire.

Et ce désaveu de la magistrature est loin de connaître son épilogue tant que certains magistrats continuent à adopter des postures partisanes qui frisent l’indécence,  le mépris voire l’irresponsabilité  et ce au sein même des tribunaux.

Le seul moyen de mettre un terme à ces dérives inouïes relève de la responsabilité de l’ensemble du corps de la magistrature. Les condamnations et les poursuites judiciaires peuvent tout au plus susciter de la peur auprès de nos compatriotes,  mais ne peuvent enlever en rien les nombreux griefs de dysfonctionnement de la justice sénégalaise. Pour cela, ce que vous préconisez « apprendre à nous conformer davantage à notre serment » pour faire cesser ce flot d’attaques contre la magistrature, n’est pas une solution mais un échappatoire voire un refuge pour les fonctionnaires de justice qui renoncent en toute conscience de dire le droit.

Et pour ces magistrats qui piétinent les règles de droit voire les lois et règlements de la République par faiblesse coupable ou par servitude volontaire en complicité avec le  pouvoir exécutif, quelles sont les garanties juridiques dont disposent nos compatriotes pour sanctionner de manière ferme les auteurs de tels manquements ou de telles compromissions ? Les magistrats ne sont pas et ne doivent pas en aucune manière être au dessus des lois et règlements de la République. Et qui va les sanctionner en cas de faute grave et violation manifeste des droits de nos compatriotes ? La Chancellerie et c’est le meilleur moyen d’ouvrir la boîte de pandore pour mieux asservir les magistrats. D’où l’urgence de modifier de manière substantielle le fonctionnement de la magistrature en rompant le cordon ombilical qui relit le parquet au président de la République.

Au-delà de la réforme de la justice sénégalaise,  le magistrat pris de manière individuelle voire isolée doit impérativement refuser de prêter le flanc aux caprices et aux volontés mesquines du président de la République ou de toute autre autorité du pays de la Teranga pour violer les droits de nos concitoyens et fouler au pied les règles de droit garantissant un procès juste et équitable.  En plus d’une application non équivoque de la règle de droit, le magistrat sénégalais doit se montrer digne car la dignité d’un homme n’a pas de prix.

Un magistrat juste ne doit pas se soucier de l’évolution de sa carrière et il ne doit pas donner l’occasion au président de la République ou à ses affidés d’avoir une quelconque emprise sur sa conscience. Dès que les autorités de la République soupçonnent chez un magistrat son désir immodéré à gravir le plus rapidement les échelons,  elles se pressent pour assurer sa promotion afin de mieux le contrôler et de lui montrer la voie à suivre,  le prix de son renoncement à la liberté voire de sa dignité.

Tant que vous n’extirpez pas le fléau ( la corruption )  qui gangrène la magistrature et tant que vous ne vous désolidarisez pas avec les magistrats qui manipulent la justice pour des desseins avoués de servir pour toujours contre vents et marées les autorités publiques de la République ou  certains milieux affairistes politico-maraboutique en renonçant à la vertu pour des privilèges et acquis, le mal de la justice sénégalaise ne fera que s’empirer.

Vos recommandations de sanctions sévères et exemplaires à l’encontre de nos compatriotes qui s’évertueraient à lancer des critiques acerbes voire des attaques personnelles au corps de la magistrature,  ne peuvent pas changer leur image dévalorisante sur le fonctionnement actuel de la justice sénégalaise.  Jamais dans l’histoire de notre jeune République,  la magistrature n’a fait l’objet de rejet de cette ampleur ni autant houspillée.  Et cela doit nous pousser tous à plus de responsabilité et du sens de l’honneur.

La restauration de nos principes républicains remis en cause par notre président apprenti – dictateur Macky passera inéluctablement par le courage et la dignité des magistrats chargés par la Constitution du pays de faire appliquer dans la droiture et en toute équité les lois et règlements de la République.

Un magistrat n’a pas à se soumettre à une quelconque  autorité dans la République.  En vérité,  le magistrat qui viole son serment et bafoue en connaissance de cause les règles de droit pour se conformer à la volonté sournoise du président de la République ne mérite pas du tout le respect de nos compatriotes parce qu’il a desservi ma mission de rendre simplement  la justice en respectant les normes juridiques en vigueur.

Ressaisissez vous si ce n’est pas trop tard. Il est du devoir des magistrats honnêtes voire  scrupuleux au respect des lois et règlements de la République de mener le combat afin de changer le cours de l’histoire en refusant d’être les bras armés de la dynastie Faye-Sall  pour asservir le peuple sénégalais en s’armant de courage mieux d’opiniâtreté  pour défendre leur honneur, aujourd’hui vilipendé et remis en cause par beaucoup de nos compatriotes.

Même si c’est un seul compatriote sénégalais qui remet en cause l’impartialité des magistrats en raison de la violation de ses droits et toute impunité,  nous autres citoyens devons avoir peur pour notre liberté  et pour notre sécurité.  Personne dans ce pays ne doit accepter par lâcheté de se soumettre au pouvoir tyrannique du président Macky Sall avec la complicité d’une certaine magistrature aux ordres.

Renoncer au combat compatriote pour la restauration de nos valeurs voire de nos principes républicains, c’est renoncer à sa dignité d’homme . Et un homme qui renonce à défendre son honneur est un lâche qui de surcroît est prêt à se vendre même à un vil prix pour jouir des délices de sa trahison voire de ses compromissions avec les bourreaux sans foi ni loi de notre société.

Le député Cheikh Bamba Dièye ne mérite pas d’être l’agneau du sacrifice comme ce fut le cas avec  le maire de Mermoz Sacré-Cœur,  monsieur Barthélémy Diaz pour renvoyer l’ascenseur à la magistrature et dans une volonté sordide de réduire drastiquement nos libertés publiques.  Le climat de terreur du régime hétéroclite Benno Bokk Yakaar de notre apprenti-dictateur Macky Sall  qui continue de manière insidieuse à s’installer dans le champ politique ne peut se maintenir qu’avec le renoncement de nos compatriotes à défendre nos droits et libertés.




Un tyran n’a de pouvoir sur le peuple que ce que seulement ce dernier lui concède. Quel pays d’hommes sommes nous pour accepter que le président Macky Sall fasse ce qu’il veut dans ce pays en toute illégalité et que  beaucoup de nos compatriotes se complaisent dans une certaine  lâcheté pour constater  de manière récurrente ses nombreuses  forfaitures sans prendre la mesure de ses provocations en vue de s’armer de courage pour s’organiser et combattre son régime de terreur en mobilisant toutes les forces vives de la nation éprises de justice en vue de sauver notre République aux abois, par la faute d’un seul homme notre président par défaut Macky Sall et incapable de faire face à ses responsabilités de Chef d’Etat. N’est – ce pas le ministre Souleymane Jules Diop, ancien chroniqueur de l’émission Deug Deug qui nous disait que si  l’ancien Premier ministre Macky Sall ne nourrisse d’ambition jusqu’à créer un parti politique c’est la faute du président maître Abdoulaye Wade d’avoir mis dans sa tête cette ambition pour un homme qui durant toute sa carrière à Petrosen ne s’est jamais imaginé autre chose que chef de service ?

Et c’est cet homme là avec la complicité d’une justice aux ordres au sein de la magistrature qui nous méprise, bafoue nos droits et libertés et veut coûte que coûte se maintenir au pouvoir en écartant du processus électoral des adversaires politiques. Et on continue à se comporter comme des irresponsables comme si un danger imminent ne guette pas le pays de la Teranga à la veille d’une élection présidentielle conflictuelle à tous points de vue.

En ces moments de tension sociale, de turbulence, l’heure est grave et l’Union des magistrats sénégalais par la voix de son président monsieur Souleymane Teliko ne doit pas rater le train de l’histoire en prenant la défense exclusive des intérêts du peuple et non continuer à se soumettre aux desiderata du président Macky Sall en vue de protéger leurs privilèges et autres acquis au moment où beaucoup de nos compatriotes vivent dans un désarroi total.  Toute autre attitude  serait puérile et porterait une grave atteinte à votre honorabilité.

 

massambandiaye2012@gmail.com

 

 

 

Abdoulaye Wade/Macky Sall: le discours très touchant de Serigne Modou Kara

YERIMPOST.COM Des retrouvailles entre Abdoulaye Wade et Macky Sall, c’est l’objectif du marabout Serigne Modou Kara. Après sa récente sortie pour demander clémence du chef de l’Etat en faveur de Khalifa Sall et Karim Wade afin qu’ils puissent participer aux joutes électorales de février, le leader du Pvd a réservé sa dernière intervention à une rencontre entre le « père » et son « fils ». Une déclaration qui nous reproduisons in extenso.

« Il doit y avoir anguille sous roche ! Sinon, comment comprendre qu’avec tout le parcours qu’il a occupé près du président Wade, à qui il le doit, Macky Sall puisse se comporter de la sorte. A ceux qui soutiennent que c’est par vengeance qu’il a réagit en tenant compte de la pression que le régime du président Wade lui a fait subir quand il était à l’Assemblée nationale, je dirais qu’il y a solde de tout compte si l’on se réfère à la peine de prison subie par Karim Wade… Pourtant, d’autres personnalités du régime libérale sont aussi accusées de détournement de deniers publics mais vaquent tranquillement à leurs occupations. Ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est la relation entre les deux hommes d’Etat que tout liait auparavant. Non seulement le président Wade ne mérite pas ce qui lui arrive, mais le président Sall ne doit pas être à l’origine de cette situation. Tout conflit doit connaitre son épilogue… Le président Macky Sall est mon candidat parce qu’il a prononcé les deux slogans qui me touchent au plus profond de mon être: » Dieuredieuf Serigne Bamba ! » Dieuredieuf Serigne Touba ! »… Chacun avec sa sensibilité… Jusqu’à preuve du contraire, mon candidat est le président macky Sall mais quand la vérité se manifeste il faut l’accepter. Concernant le président Abdoulaye Wade, le président Sall doit certainement subir une influence. Il faut absolument qu’il se rebiffe pour rétablir cette situation. Le peuple appréciera et cela entraînera une paix sociale. »


Vidéo- Le discours élogieux de Fadiga pour défendre la candidature du Maroc





Audio- Polémique Idy: Alioune Tine est «extrêmement troublé par le discours de haine»





Le danger de l’improvisation dans le discours politique

Au début était le verbe, dit l’ adage.Qui mieux que l’ homme politique peut témoigner de la pertinence de cet apophtegme? lui dont la raison d’ être est de convaincre, de séduire, de charmer le plus de concitoyens possible afin de bénéficier de leur confiance et incidemment de leurs voix? Dans sa quête du pouvoir et donc de l’ électorat, le contact physique , synonyme d’ accessibilité et de convivialité est nécessaire. Seulement, il ne suffit pas, loin s’ en faut. Dans un pays comme le Sénégal ou le programme fait rarement partie des critères qui déterminent le choix, c’est le discours qui fait la différence. L ‘ art de convaincre. Pas d’avoir raison. Juste de convaincre.



En effet, le terrain politique est le cadre idéal d’ expression de l’ art oratoire ou rhétorique.
Cicéron, homme politique Romain né le 03 janvier 106 avant J C et qui fut le plus célèbre orateur de son temps,disait: Rien ne me semble plus beau que de pouvoir retenir l ‘ attention des hommes assemblés, séduire les intelligences , entraîner les volontés à son gré, en tous sens. C’ est le fait de l’ art par excellence. Quoi de plus agréable pour l’ esprit et l’ oreille qu’ un discours tout paré, embelli par la sagesse des pensées et la noblesse de l’ art oratoire.

Théodore de Gadare de renchérir: La rhétorique est l’ art de s’ exprimer sur les affaires civiles avec un certain degré de persuasion en y joignant des qualités extérieures et une prononciation convenable.
Abdoulaye Wade est en l’espèce, l’ exemple par excellence du tribun. Sa maîtrise de l’ art oratoire est sans commune mesure dans l’ arène politique Sénégalaise.Raison pour laquelle, il y demeure le politicien le plus populaire, malgré sa sortie sans gloire en 2012.

L’ art oratoire n’ est pas un don. On ne naît pas tribun, même si on peut en avoir des prédispositions par sa facilité à s’ exprimer.
La connaissance, le savoir et la culture en sont la quintessence, l’ habileté à les restituer à son auditoire, le verni.
Tous les grands tribuns ( John Kennedy, De Gaulle, Obama ) passaient en réalité des heures à peaufiner et à apprendre leurs discours. Ecrire, ré-écrire élaguer, épamprer, raboter,polir, lisser, vernir afin qu’il luit et reluit. Ainsi, même s’ ils donnaient l’ impression d’ improviser, ces tribuns maîtrisaient à merveille leurs discours qu’ils avaient travaillés en amont.
Martin Luther King écrivait ses discours avec le soutien de son ami et plume l ‘ avocat Clarence Jones. Son célèbre I have a dream , il l’ avait déjà essayé comme leitmotiv dans beaucoup de discours qui ont précédé celui tenu en face du Mémorial d ‘ Abraham Lincoln et ne comptait pas ce jour là refaire la même chose . Seulement, alors qu’il était devant le micro, son amie Mahalia Jackson lui cria: Parle leur de ton rêve. Ce qu’il fit.
La légende venait de naître .




Il n ‘ y avait donc point d’ improvisation dans ce discours. Tout avait était minutieusement travaillé.
En effet, l’un des plus grands dangers pour un homme politique, c’est l’improvisation .Le risque de sortir le mot de trop, qui peut briser une carrière ou tout au moins, causer des dégâts incommensurables. Ni les excuses, ni les dénégations, genre  » les journalistes ont sorti mes propos de leur contexte » n’ y pourront rien. Le mal est fait.
Un homme politique doit éviter autant que possible d’ improviser. Certains politiciens Sénégalais l’ ont d’ ailleurs appris à leurs dépends.

Abdou Diouf, en pleine période de tension sociale, avait traité la jeunesse de malsaine avant de récidiver en faisant une traduction littérale de l’ expression  » Père de la nation  » ; Je suis votre père à tous, nous avait-il lancé en Wolof, sans prendre conscience que transposée dans le contexte cultuel Sénégalais, cette expression devient une offense, voire une insulte.
Idrissa Seck, pour entretenir sa réputation d’ homme cultivé, n ‘ hésita pas à emprunter les sentes méandreuses et essaimées de sables mouvants de la religion, oubliant qu’une chose est de maîtriser assez de versets pour fanfaronner devant les médias, une autre est d’ être assez érudit, pour oser plonger en apnée dans les abysses des textes coraniques.




Macky Sall aurait pu se contenter de soliloquer sur ses discours compilés, pompeusement appelés livre. Malheureusement, devant une assemblée de larbins suspendus à ses lèvres, plutôt que de se projeter vers l’ avenir et le projet de société qu’il nous réserve avec son P.S.E, il emprunta une machine à remonter le temps pour nous entretenir des succulents desserts dont nous gavaient nos amis Français. Une Téranga Française qui absout largement la mort de milliers de Tirailleurs Sénégalais dans des guerres qui n’ étaient pas les leurs , sans compter ceux tués dans le Camp Thiaroye parce qu’ils avaient eu l’ idée saugrenue de réclamer leur salaire.
Au Sénégal, quand la langue du politicien fourche et qu’ il bute contre ses propres gros mots, il a toutes les chances de se retrouver dans une mare aux eaux si boueuses et Malsaines que même l’ eau zam-zam de Maka ou Baka , ne réussira à enlever les taches indélébiles sur son joli costume. Ne lui reste plus alors qu’ à prendre le chemin de Jérusalem pour aller prier sur le mur des lamentations afin de conjurer le Père de toutes les abominations: que ses électeurs choqués, ne le privent de dessert lors des prochaines élections.

Serigne Mbacké Ndiaye
Ecrivain
serignembackendiaye897@gmail.com

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