Blog de Cheikh Yerim Seck

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Le temps

COUD: le temps de l’action

Après les nominations, place maintenant au travail. En ce qui concerne le COUD, Abdoulaye Sow,
sonne le temps de l’action. S’il y’a quelqu’un au niveau des directeurs généraux récemment nommés dans le Macky 2 qui a  compris le Fast-Track du Président Sall, c’est bien le nouveau Dg du COUD. En compagnie de quelques chef de département et responsables de services au niveau de l’université, Abdoulaye Sow a visité et rencontré les travailleurs de l’ESP, FASTEF, l’ESEA, la cité Aline Sitoé Diatta ex Claudel, entre autres. Déjà dans son discours lors de la passation de service, on se le rappelle, le vice président de la FSF, avait bien dit son souhait de baser son action sur deux mots : la concertation et le dialogue. Pour le responsable APR de Kaffrine la réalisation des objectifs visés au niveau de Cheikh Anta Diop se fera avec les pensionnaires de l’université dans sa globalité. Le lux mea lex sera donc de vigueur et les étudiants dans toutes les décisions qui seront prises. Avant de faire le tour de ces services, le tout nouvel homme fort du COUD a dirigé une réunion élargie aux différent services et sous direction du Centre des œuvres universitaires de Dakar. « Je suis là avec vous pour qu’ensemble nous puissions bâtir l’université de nos rêves », insiste encore le remplaçant du tout nouveau Ministre de l’Enseignement Supérieur. Pour rappel Abdoulaye Sow a pris officiellement les manettes du COUD le 09 Mai 2019.
Bamby

Gouvernement Macky II: Le temps du choix

Le Président Macky Sall vient de dévoiler la liste de la nouvelle équipe gouvernementale et déjà, on sent en sourdine la colère des certains de ses souteneurs.
Parmi ceux qui étaient avec lui et qui n’ont pas été reconduits on peut lire dans leurs différents messages de remerciements des relents de divorce comme s’ils n’étaient liés à lui que pour un poste de Ministre.
Pourquoi doivent ils se fâcher de ne pas être reconduit dans un gouvernement de 32 ministres dans un pays de près de 15 millions d’habitants où l’on peut trouver plus d’un million plus compétent qu’eux ? Sont-ils mieux nés que ces centaines de milliers de souteneurs de Macky Sall qui n’ont jamais eu à bénéficier d’un décret du Président ?
Je pense à ces hommes et ces femmes qui portent farouchement le combat de la coalition BBY sans même avoir, ne serait-ce qu’une fois, l’opportunité de serrer la main du Président. Nous en connaissons tous une kyrielle, de ces personnes qui ont mouillé le maillot sur le terrain pour la réélection de Macky Sall sans rien recevoir en retour si ce n’est la satisfaction de voir leur candidat réélu.
Aujourd’hui, certains montent au créneau parce que leur rêve de devenir ou de rester ministre est à l’eau. Cette colère risque de monter crescendo car après la nomination de ceux-là et celles-là qui vont occuper les postes de Direction libérés d’autres voix vont s’élever. Présentement ils sont nombreux à taire leur frustration tout simplement parce qu’ils se disent que tout n’est pas encore perdu « boudoul fii di feulé » « boudoul lii di leulé ». Passé ce moment, ce vent de rébellion qui souffle silencieusement dans les rangs de BBY sera dévoilé au grand jour et risquera d’être porté par des gens proches du Président. Il faudra s’y préparer !
L’engagement politique est-il forcément lié à une sinécure ? Au Sénégal tout porte à le croire.
Nous qui pensions naïvement que le sentiment d’avoir été utile à son pays console de tout, on est aujourd’hui bien déçu de voir certaines personnes penser que l’on ne peut servir la nation qu’en étant ministre.
Maintenant à ceux-là qui sont choisis pour faire partie de l’équipe gouvernementale on leur demandera d’être lucides et d’apporter loyalement leurs pierres à l’édifice devant pour l’émergence du Sénégal. Ils doivent tous apprendre des erreurs de ceux qu’ils ont remplacés et être humbles à l’égard de ce peuple qui leur a tout donné. Ils doivent aujourd’hui mesurer toute la responsabilité qui pèse sur leurs épaules et prier Allah qu’IL les accompagne dans leur mission. Tous ces gens qui jubilent parce qu’un de leurs proches est nommé ministre ne sont pas tout simplement contents pour lui mais ils le sont principalement pour eux. Ils n’en dorment pas la nuit pensant intégrer enfin un cabinet ministériel. C’est de ces gens-là qu’il faut réellement se méfier car ils seront les premiers à décocher des flèches du genre « il a changé depuis qu’il est ministre », « il ne décroche plus son téléphone », « amoul been ndjeurign ».
Notre pays a besoin aujourd’hui d’hommes et de femmes qui comprennent les enjeux de l’heure et qui s’engagent à travailler résolument à son émergence.
Les maîtres mots doivent être : humilité, engagement et loyauté !

Souleymane Ly
Spécialiste en communication
julesly10@yahoo.fr

Mali, le temps des assassins

Lorsque j’ai appris le massacre perpétué il y a quelques jours dans un village peulh du centre Mali, à Ogossagou, j’ai été horrifié. Les victimes sont toutes des civils de la communauté peulh et les assassins habillés en tenue de chasseurs traditionnels ont tué indistinctement des hommes, des enfants et des femmes, dont certaines enceintes ont été éventrées.
On raconte que certains habitants ont été brûlés vifs tandis que d’autres étaient jetés dans des puits alors que les assaillant brulaient les cases sur leur passage. Aux dernières nouvelles les tueurs appartiendraient à des milices armées de Dan Nan Ambasagou, dirigées par Youssouf Toloba.
Les autorités maliennes ont détaché sur place des militaires tandis que le gouvernement « a condamné un acte odieux » et s’est engagé « à traquer les auteurs de cette barbarie d’un autre âge ». Des mots, rien que des mots, car en réalité le gouvernement malien considère les peulh comme un foyer Jihadiste dans le Sahel.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ce type d’agression d’une grande sauvagerie a lieu. D’autres attaques d’envergure se sont déjà produites en début d’année, en particulier celle du 1er janvier ou trente-sept civils ont été tués à Kologo. Et on évoque de plus en plus une forme de complicité entre l’armée malienne et des milices Dogon.
Les tensions entre éleveurs peulh et agriculteurs dogons ne datent pas d’hier mais il reste à espérer que de tels carnages cessent et que les habitants de la région puissent vivre et travailler en paix, dans la sécurité.
Il est en effet inadmissible que de tels « raids punitifs » meurtriers se produisent au 21e siècle. Nous, dirigeants politiques, avons une responsabilité importante dans ces évènements car notre engagement consiste précisément à lutter contre l’insécurité, endiguer la misère, favoriser la paix et la prospérité des peuples.
Ces dramatiques évènements nous rappellent combien la paix, l’unité nationale, le niveau de vie des individus, sont choses fragiles. Cela ne doit pas nous décourager quitte à remettre cent fois l’ouvrage sur le métier. L’indifférence est un crime, elle a permis aujourd’hui le massacre des peulh.
Ibrahima Thiam
Président du mouvement Un Autre Avenir

Le temps de se remettre à l’ouvrage ! (Amadou Tidiane Wone)

L’enjeu véritable de l’élection présidentielle de février 2019 se trouve là : rendre la parole au peuple et répondre à ses attentes véritables ou continuer à nous la jouer sur le registre du mimétisme caricatural des atours occidentaux

Il est temps de se redéfinir ou plutôt de préciser le sens d’une quête. A bientôt 63 ans, le temps n’est plus aux hésitations ni aux angoisses existentielles. Le temps n’est plus aux rêves inassouvis ni au situationnisme, terme usité pour ennoblir l’opportunisme. À la porte du troisième âge, la lucidité commande plutôt de mettre de l’ordre dans ses « affaires ». Les siennes propres et celles de la vie.

Sans être un carriériste de la politique, je dois au Seigneur Allah d’avoir, à l’occasion de l’accession du président Abdoulaye Wade au pouvoir, occupé des fonctions publiques au plus haut niveau. Quoique très familier des hommes de pouvoir depuis mon enfance. J’ai joué dans les salons et les jardins de la présidence de la République depuis les années 1969. En compagnie de Feu Philippe Senghor et de quelques autres compagnons de classe ou de jeu de l’époque. Dont certains connus, tout simplement, dans la cour du Collège de la Cathédrale de Dakar à l’occasion de parties de ballon prisonnier très âprement disputées… Enfance et jeunesse, dorées et insouciantes, dans le principal quartier de résidences ministérielles et diplomatiques du Sénégal des années 60 à 80 : Fann-résidence. Durant toutes ces années, j’ai vu des hommes et des femmes de pouvoirs, réputés indéboulonnables, choir à la faveur d’un simple décret. Leurs maisons, remplies de courtisans la veille, se désemplir aussi vite que neige qui fond au soleil. J’ai vu des hommes, dits mystiquement inattaquables, sombrer dans des maladies, la déchéance financière et sociale au point d’être réduits à la réclusion à domicile jusqu’à l’issue fatale. J’ai aussi vu, et admiré, de grands hommes qui m’ont fait l’honneur de leur attention et de leur affection.

Je pense à feu Amadou Karim Gaye, plusieurs fois ministre et modèle d’équilibre, à la fois de culture religieuse et occidentale, mais aussi de racines négro-africaines profondes. Je citerai aussi Medoune Fall, grand ami de mon père, plusieurs fois ministre et Ambassadeur. C’est chez lui en 1964, alors qu’il était gouverneur de la région de Diourbel, que j’ai goûté pour la première fois au jus de ditakh… les papilles d’enfant n’ont pas la mémoire courte ! Des hommes prestigieux, il y’en a eu d’autres … Certains dans ma famille si proche que je pourrais, en les citant, être soupçonné de parti pris clanique… J’ai ainsi acquis le sens de l’observation du jeu social et appris à décoder son sens tragicomique. Et c’est pour cela que je suis imperméable aux dorures du pouvoir et à ses faux semblants. Que du déjà vu ! Contrairement aux perfides allégations des médisants, j’ai appris à me suffire de peu et à devenir de plus en plus exigeant avec ma petite personne. Si je dis tout cela aujourd’hui, c’est qu’à 63 ans le temps se rétrécit. La marge d’erreur aussi. Et le pays tangue sur des eaux déchaînées. Dans l’affolement qui précède le chavirage d’un navire, la raison perd son sens. Et l’on ne répugne à s’accrocher à aucune bouée à portée de main. Fut-elle entachée de fiente.

Les danses du ventre, pré et post parrainages, ainsi que les transhumances orchestrées à l’occasion du mercato pré-électoral, sont le baromètre de la déliquescence du système de gouvernance postcolonial. Un système corrompu et corrupteur qui ne survit que par la paresse des élites gouvernantes à inventer un modèle conforme à nos réalités sociales, culturelles, économiques et historiques. Notamment depuis les tragiques événements de 1962. Cette élite francisée, pourtant minoritaire, a accaparé les institutions héritées de la colonisation et en assure la maintenance au profit de la France, de ses entreprises et de son économie. Elle en récolte des miettes pour services rendus contre sévices subis par le peuple sénégalais. C’est cela la simple vérité ! Tant que nous n’inverserons pas ce paradigme de base nous continuerons à tourner en rond.

L’enjeu véritable de l’élection présidentielle de février 2019 se trouve là : rendre la parole au peuple et répondre à ses attentes véritables ou continuer à nous la jouer sur le registre du mimétisme caricatural des atours occidentaux, des « r » que l’on roule et des airs que l’on se donne. Il faut savoir d’où l’on vient et vers quoi nous voulons mener nos enfants. Souvenons-nous que des armées de résistants ont versé leur sang pour l’indépendance de ce pays. Défaits au plan militaire, ils ont conquis le cœur de ses habitants. Juste à titre d’exemple, Hadji Omar Tall, Maba Diakhou Ba, Moussa Molo Balde, Lat-Dior Diop, Alboury Ndiaye pour ne citer que ceux-là, ont plus de place dans le cœur des sénégalais que Faidherbe dont la statue, ayant été vaincue par le temps, à été secourue par nos élites francisées…

Qui rame à contre courant de l’Histoire ?

Face à ces enjeux colossaux, les petites histoires de chaises anglaises entre politiciens professionnels deviennent tristement dérisoires. Le « jeu » politique est si prévisible qu’il en est devenu lassant. Le prochain coup est déjà connu. Les pronostics sont faits. Il ne reste qu’à attendre le coup de sifflet final.

À ceux qui ont gardé intacts leurs rêves de grandeur, pour ce pays et son peuple, de se rassembler pour faire la différence et changer de cap ! Pour les gens de ma génération, c’est le dernier et seul combat qui vaille de se remettre à l’ouvrage. Comprenne qui pourra !

« Camarades, le jour nouveau qui déjà se lève doit nous trouver fermes, avisés et résolus… » Merci Fanon.

Abdoulaye Daouda Diallo/Cheikh Oumar Anne: le temps de l’union

YERIMPOST.COM La hache de guerre est enterrée entre Abdoulaye Daouda Diallo et Cheikh Oumar Anne. Du moins, le temps de cette présidentielle où le seul combat qui vaille, pour ces deux responsables politiques du parti présidentiel, reste la victoire de Macky Sall. Pour assurer un triomphe à leur leader, les deux fils du Nord se sont retrouvés autour d’une table ce week-end, pour parler de l’organisation de la campagne de Macky Sall dans leur fief. Ainsi est né un comité électoral départemental où des maires, jeunesses du parti et responsables de la coalition Benno Bokk Yaakaar siègent. Portés à la tête de ce comité, le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Abdoulaye Daouda Diallo, et le directeur du Centre des oeuvres universitaires de Dakar (COUD), ont « déposé les armes ».







Présidentielle 2019: Le temps des admis et des recalés

Le parrainage vient de livrer ses résultats avec sept candidats qui passent : Idrissa Seck, Macky Sall, Madické Niang, Karim Wade, Khalifa Sall, Issa Sall et Ousmane Sonko.

Parmi les recalés, ceux dont l’échec a été le plus retentissant sont Malick Gackou et Bougane Gueye Dany.

Pour le patron de d`D-média, l’étonnement a été d’autant plus grand qu’il avait brandit un document signé par un huissier attestant de l’enrôlement pour son camp de plus de 700.000 parrains. Cependant, pour un observateur averti, c’était le début de la suspicion. Le huissier ne pouvait que constater un nombre à lui présenté sans pour autant pouvoir attester la conformité. Il ne dispose du fichier électoral pour faire se travail ni de la liste des autres candidats afin de vérifier les doublons. Le candidat ne sait peut être pas que c’est en brandissant le document du huissier qu’il a attiré l’attention sur lui et dans le mauvais sens. Qu’il soit recalé ne surprend pas les plus avertis. L’autre grosse erreur c’est d’avoir fait l’émission « Jakaarlo » de la TFM sans pour autant corriger sa communication centrée à outrance sur le « Je » et le « Moi » depuis qu’il s’est engagé en politique. Il est d’ailleurs entrain de répéter les mêmes erreurs en voulant surfer sur deux tableaux d’alliance avec Sonko ou le PUR. Quand on est en politique, les choix doivent être clairs et bien tranchés. Il ne peut pas être avec les deux en même temps, à moins qu’il n’ait une troisième option qui la mènerait vers le camp présidentiel. Avec Bougane, il faut s’attendre à tout. Il nous avait dit qu’il n’était pas candidat pour 2019, il a ensuite cherché à l’être ; Il nous a informé de l’enrôlement de plus de 700.000 parrains, au finish presque rien.

L’autre grosse surprise concerne Malick Gackou. Ce dernier on l’a tous vu se battre pour être parmi les premiers à déposer sa liste de parrainage. Il s’en est même sorti avec un œil mal en point. Le discours qu’il nous a servi ce jour là était tellement guerrier que l’on a pensé un temps qu’il pouvait bien représenter l’aile dure de l’opposition. Maintenant lors de sa dernière sortie du Conseil Constitutionnel après avoir été recalé, la teneur de son discours a surpris plus d’un, même ses propres souteneurs. Le Monsieur est apparu trop conciliant et presque pas trop surpris, ce qui fait croire à certains observateurs que tout a été négocié et que le leader du Grand Parti réserve bien des surprises pour les jours à venir.

Parmi ceux qui sont passés, il serait intéressant de s’arrêter sur les cas de PUR et de PASTEF qui ont réussi l’exercice dès le premier essai contrairement à des partis traditionnels comme Rewmi. PUR s’appuie sur une organisation huilée et qui s’adosse sur un pan de la confrérie Tidiane : les moustarchidines. Il faut vraiment être dupe ou malhonnête pour ne pas reconnaître que ce parti puise sa force de la foi que beaucoup de talibés ont de leur guide spirituel, Serigne Moustapha Sy. C’est ce qui explique même que l’investiture de leur candidat a été reporté une fois au moment où il y’avait une brouille entre Issa Sall et Serigne Moustapha. Rien ne peut se faire sans ce dernier. Celui ou celle qui aura le nombre de talibés dans ce groupe aura plus ou moins le score du candidat lors des élections. Ce score ne sera pas élastique : ce sera inférieur ou égal au nombre de talibés du guide religieux. PUR a réussi le parrainage car le gros du travail a été fait au sein des dahiras. Chaque membre s’est inscrit sur les fiches remises à son responsable de dahira.

Concernant PASTEF, la force a résidé dans l’organisation interne et de traitement des informations reçues. La majorité des primo votants a été écartée pour mettre le focus sur des parrains ayant l’habitude de voter pour ainsi minimiser les doublons et les rejets pour autres motifs. La stratégie de porte à porte a aussi produit des résultats probants nonobstant que la liste des parrains de Sonko ait été déposée très tôt.

Pour Benno Bokk Yaakar, son passage n’a pas surpris ; Ce qui n’est pas le cas de Madické Niang qui jusqu’à présent n’arrive pas à expliquer où est qu’il a trouvé ses parrains en trois mois.

Aujourd’hui, ce qui est claire c’est la prochaine invalidation de la candidature de Karim Wade qui n’est pas inscrit sur les listes électorales : c’est un constat. Pour Khalifa Sall aussi même si le rabat d’arrêt est agité, cela nous surprendra après tous ces efforts déployés que l’ancien Maire de Dakar soit candidat.

Quoi qu’il en soit il y’aura des élections et les sénégalais continueront de vivre au delà du 24 Février 2019.

Vive le Sénégal

Souleymane Ly

Spécialiste en communication

julesly10@yahoo.fr

 

Présidentielle 2019: le temps des recalés

Quand on vous explique vous ne voulez rien comprendre et des fois vous taxez les gens de partisans. Je vous avais bien dit que les doublons risquent de tuer tous vos espoirs d’être candidat.
L’on vous avait expliqué que le premier à déposer n’aura pas de doublon. C’est juste une question de bon sens. Pour parler de doublon il faut une comparaison avec au moins un autre fichier. La liste de Benno, première coalition à déposer, aurait été comparée à quelle autre liste ? Quand je vois certains se demander comment la coalition Benno Bokk Yakaar à fait pour se retrouver avec zéro doublon, je me dis que la formation est le point faible dans nos partis politiques. Pour parler de doublon il faut une comparaison avec un autre fichier déposé avant. Qui l’a fait avant le candidat Macky Sall ? C’était cela le combat qu’il fallait gagner.
Le rang dans le dépôt est d’une importance capitale. Plus vous êtes loin dans l’ordre de dépôt plus vos chances d’avoir des doublons sont grandes.
C’est ce qui a anéanti les efforts par exemple de Monsieur Bougane Gueye Dany. Quand j’ai entendu dire qu’il attendait le dernier jour pour déposer, je me suis dit que les doublons vont infester son fichier car comparé à ceux de tous ceux qui ont déposé avant lui. Si vous êtes le vingtième (20e) à avoir déposer, alors vos 68.000 parrains seront comparés à 1.292.000 parrains (19X68.000 ; 19 représentant le nombre de candidats ayant déposé avant vous). Imaginez maintenant si vous êtes le 27e à aller au conseil constitutionnel pour le dépôt.
Pour d’autres le travail a été très mal fait. Ils n’ont fait que comparer leurs parrains avec le fichier électoral à eux remis lors des élections législatives alors que cela ne règle que la question de la présence ou non du parrain dans le fichier.
Pour éviter ensemble les doublons, l’opposition n’a pas bien travaillé. Après les dépôts il fallait mettre sur place une commission chargée de vérifier les doublons entre eux d’abord et permettre de préparer leur stock de réserve à déposer une fois recalé. Il leur serait rester que la comparaison avec la liste de Benno Bokk Yakaar.
Aujourd’hui si vous avez 20.000 doublons et que vous en déposer le même nombre dans les 48 heures qu’est ce qui peut vous garantir que vous n’en n’aurez pas encore dans ce lot qui sera encore comparé à tous les fichiers des candidats ayant déposé avant, du pouvoir comme de l’opposition.
Le spectre des doublons restera entier et le stress risque de se décupler car ce second dépôt étant celui de la dernière chance.
Le problème de l’opposition c’est qu’elle s’oppose à Macky et à elle même. Elle peine à réfléchir ensemble et à aller vers une solidarité pour passer les filtres.
Rappelons qu’au delà des doublons, il y’a le filtre de la conformité qui attend pour répondre à la question de la présence ou non du parrain dans le fichier électoral et si les informations du parrain sont conformes à celles contenues dans ledit fichier. Il va falloir encore faire une autre comparaison, cette fois avec le fichier électoral.
Dans cette épreuve de parrainages, il aurait juste fallu développer une petite application qui serait utilisé par tous les candidats à la candidature. Les collecteurs, après formation, l’auraient sur le terrain pour l’inscription des parrains. Si l’électeur a déjà parrainé un candidat l’application l’aurait juste signalé avec la mention « A DEJA PARRAINÉ ». Simple non !

Maintenant rappelons que passer les étapes du parrainage ne veut nullement dire être candidat. Il faudra ensuite prouver qu’on est exclusivement sénégalais ; qu’on est bien électeur donc bien inscrit sur les listes électorales ; Que l’on jouit de ses droits civils et politiques ; entre autres critères…Faudra bien lire le code électoral.
Thioy li diéxagoul deh !

Souleymane Ly
Spécialiste en communication
julesly10@yahoo.fr

Présidentielle 2019: Le temps des parrains

La campagne pour le parrainage vient d’être bouclée et commence le moment des dépôts.

Le parrainage a connu son lot d’impair et de magouille à tous les niveaux. Que la coalition qui n’a pas fraudé lève la main ! Beaucoup de collecteurs ont reçu des cartes d’identité par whatsapp avant eux même de mentionner les informations sur les fiches en imitant la signature des propriétaires.

D’autres, sachant pertinemment que vous avez déjà parrainé ont insisté pour avoir votre pièce et l’inscrire à nouveau. L’argent a aussi circulé ! Des électeurs ont reçu entre 2500 et 5000 FCFA. Cette pratique contrairement à ce qu’on veut faire croire à l’opinion n’a pas été seulement utilisée par le camp du pouvoir, l’opposition aussi.

Dans la mouvance présidentielle, c’était la course effrénée aux parrains, à qui mieux mieux. Il fallait pour chacun montrer son poids politique en déposant un nombre acceptable de parrains et devant la presse. Même pour 5000 enrôlés il a fallu organiser un point de presse pour la remise.

Faisant le tour dans certains quartiers généraux de candidats, le constat était juste effarant. Certains ont commis des jeunes pour reprendre les fiches de collectes qu’ils jugent eux-mêmes illisibles. Comment feront-ils pour les signatures s’ils ne les falsifient pas ? C’est de la fraude !

Sur les ordinateurs, connectés à internet, des jeunes gens sont préposés à la saisie sans savoir qu’il suffisait du plus petit hacker du coin pour pirater leur réseau et ainsi effacer toutes leurs données la veille des dépôts. « Ndaw thioow ! »

Maintenant que le dépôt est ouvert se posera un certain nombre de problèmes techniques et éthiques. Comment se fera la vérification avec cette nouvelle variable introduite dans le parrainage et absente du fichier électorale : le numéro de la carte nationale d’identité.

Cette variable introduite lors du parrainage comme élément « discriminant » afin d’éviter que les candidats ne puissent copier le fichier électoral à eux remis lors des législatives passées, n’est pas un élément « constituant » du fichier.

Comment feront-ils pour vérifier si les signatures sont authentiques ?

L’ordre de dépôt a créé un tollé sans précédent devant le conseil constitutionnel ce lundi 10 Décembre avant 00 heure. Ceci est dû au fait que certains comprennent parfaitement qu’être le premier à déposer ouvre bien grandes les portes du succès, en tout cas pour la validation de la candidature.

Si vous êtes le premier (1er) à déposer, votre liste de parrains ne sera comparée qu’au fichier électoral pour vérifier la fiabilité de vos données remises. Vous ne serez aucunement confronté aux doublons. Un seul filtre vous sera opposé : la fiabilité avec le fichier.

Maintenant si vous second (2e), vous serez comparé à la 1ère liste déposée pour éviter les doublons et au fichier pour la fiabilité (2 filtres).

etc….
Si vous êtes la vingtième (20e) coalition à déposer, vous serez comparé aux 19 premières listes avant la vôtre pour les doublons et au fichier pour la fiabilité (20 filtres).

En terme de nombre de parrains comparés à votre liste et si chacun dépose 1% du fichier, soit 66.821 parrains:
– le premier à déposer n’aura aucun problème pour les doublons ;
– la liste du 2e sera soumise à 66.821 autres parrains pour vérifier les doublons
– la troisième liste à 133.642 parrains (66821 parrains x2) ;
etc…
– la 20e liste à 1.269.599 parrains (66821×19) pour voir s’il n’y a pas de doublons.

Ceci pour dire que plus vous êtes loin dans l’ordre de dépôt, plus seront grandes vos chances d’avoir des doublons avec d’autres listes et ainsi voir votre candidature invalidée dans les règles de l’art.

 

Souleymane Ly

Spécialiste en communication

julesly10@yahoo.fr

 

 

 

N’assombrissez pas le temps de Macky Sall !

En ces temps de collecte des parrainages, l effervescente classe politique s’arme de tous les atours pour collecter les signatures en faveur de leurs candidats et enroller les citoyens. L’occasion nous est donnée de passer au laser l’ incongruité manifeste subséquente au fait, de vouloir désagréger un travail de terrain d’alliés de la mouvance présidentielle. Nous, Sénégal falaat macky avec une représentativité nationale portant en bandoulière, une stratégie d’écoute basée sur l’échange constructif avec l’électeur, qui au delà du parrain affectif que l’on arbore et exhibe comme trophée de guerre, doit bénéficier d’une considération motivatrice et revigorante, déplorons un état de faits ombrageux au temps du président macky SALL. Qu’en est t-il exactement? Il s’agit d’un constat qui sonne comme un glas, un tocsin, afin que la coordination du travail collégial de mutualisation, ne se fasse pas dans l’irrespect et l’inconsidération outrancière.!! Fort d’un effectif de plus de 500 membres rompus à la tâche, parmi lesquels des têtes de ponts galvanisants, nous Sénégal Falaat Macky, comptant inéluctablement récolter les retombées quantitatives de pas moins de 50 000 voix pro-macky, grâce à notre approche persuasive et pédagogique de terrain, pourquoi vouloir nous outrepasser.? Qui cherche t-on à délester d’autant de primo-votants, d’indécis, de sénégalais et sénégalaises venus de partout hors sentiers battus?
Le réceptacle des efforts déployés doit rester commun c’est à dire celui de la victoire, n’assombrissez pas ou ne chercher pas à inhiber nos innitiatives percutantes de proximité, de partage, de promotion des résultats jusqu au plébiscite au soir du 24 février 2019, par le flouttage, la récupération trompeuse et ineffective.
Président wakheul thi lambi gollo gui, yagui guass foukki niit di soul!!!!!cela entraîne une situation délictuelle à la base qui engendre frustation, dénis, effrittement de la confiance. Là où nous vous représentons, on cherche à nous dégommer, nous minimiser….kou niou koy deff?!!!
Nous Sénégal falaat macky osons affronter la vérité, afin qu’elle se sache pour que le gouvernail puisse être redressé et que cette tendance saugrenue de jetter de la poussière aux yeux des gens cesse!!!!! Si ce scénario perdure, nous Sénégal falaat macky tirerons toutes les conséquences, en réponse à ce sabotage dangereux de votre temps et de vos résultats.!!!!








Le comité Directeur de
Sénégal falaat macky
Senegalfalaatmacky@gmail.com

Le Temps au sablier, à la 100e Marche … (Sheikh Alassane Sène)

Regardez-le passer, nous laissant sur son chemin ses promesses. Il marche droit, nous impose son rythme avec ses âges et ses pièges, une scène de vie aux flegme et énigmes

Le Temps est parfois insensible à nos souhaits, nos urgences au sérail, malgré son si large éventail

Il marche silencieux mais agit sans arrêt
Il est lié à nos vies et nous suggère la finitude, en nous l’imposant à un de ses arrêts

Il connaît tous les mystères de cette immense nature, de ses caprices à ses supplices, il la charme et détaille ses appétences. Le temps est si musclé qu’il résiste à toutes sortes de bras de fer. Son âme est immortelle puisqu’elle témoignera au-delà du jugement dernier, des mystères et décrets des zones hors finitude.








Il est dans nos sommeils, comme dans nos réveils, il est dans nos souffrances, comme dans nos jouissances, il est une ombre qui nous suit et nous poursuit, aux rythmes les plus effrénés.

Dans le ravissement de l’étreinte, il jalonne les allées des regards éberlués. Quand une âme s’écroule il est là, quand une autre se signale, il est aussi là. Il témoigne des larmes d’une créature peinée, comme du sourire d’une autre comblée

Il ne trébuche point quand il se heurte à un événement, il ne le console point, il le dépasse et poursuit son chemin vers d’autres rendez-vous scellés aux injonctions divines, irréfragables à tout point de vue.

Il est imputrescible dans l’action, et imprévisible dans le cœur de cette manœuvre!

Sous son voile, sont cachés ses mystères, sans allergie, il renifle ces audiences, discrètement, observe les sanctions, les rétributions, sans jamais se détourner de son objectif. Le Temps en réalité n’a pas d’émotion

Une ardeur au goût de spectre résonne dans nos oreilles, fine pensée des gloires ensevelies au suaire des éternités, le Temps est aussi hors effluence

On ose l’appeler, mais il ne décroche jamais avant le signal, il a son emploi du temps, rien d’un calcul, il est le passé, le présent et la projection

Il nous unit puis nous sépare sans se soucier des conséquences, derrière lui, elles s’agitent

« Ne perdons pas de temps », « gagnons du temps », « le temps est précieux », « chaque chose à son temps », « il faut donner du temps au temps », des maximes utilisées au quotidien, qui se cherchent elles aussi dans le Temps.

Il est éternel, c’est un rébus qui nous suit loin de toute chimère, il poursuit ses œuvres, brûle nos cœurs, son silence est de maître et ses actions sont singulières et parfaites

En un éclair il quitte les terres de l’espoir pour se présenter sur les plaines incertaines
Il emporte la nuit, tire l’aube et la rattache au jour, laissant le soleil luire ses pas, sans ombre, il passe, en silence, d’une main discrète, il agit. Le Temps est-il si puissant qu’on ne l’imagine?

« Tout est question de temps »! J’observe ce sablier, par un fin glissement, les grains de sable y pérégrinent, point de bousculade, comme un tendre bras de fer entre deux enfants si innocents. La patience est aussi un vecteur du Temps. Ses flammes et ses rayons s’entrelacent, nul n’ignore sa densité. Le Temps nous sourit, le voici qui dévoile toute sa taciturnité. Il poursuit ses rêves sans trêve. Quand un souffle d’amour traverse ses jardins, il le propulse à une fin, triste ou belle, il ne fait point de commentaire, il agit et se dissipe

J’ai envie de tâter ses désirs, j’ai envie de m’immiscer dans ses délires. J’ai envie au moins une fois de le prendre dans mes bras mais il s’éclipse à chaque fois que je le sens si près de moi, le Temps est un génie, dont la mobilité est sans conteste.








Loin d’être une intention, le temps est la borne de nos ambitions. Nul ne peut le franchir ni se décaler de ses limites. Mon espoir est un rêve que seuls ses rayons peuvent brûler. J’ai pu canaliser mes instincts pour poursuivre mon dessein dans ses croisements aux mille essaims où raisonnent ces coassements sous la mélodie des averses.

Que je sois pressé ou patient n’est point éparse en son sein, en anneaux d’airain. Il gravite autour de nous en touchant à tous nos désirs sans que nous ne puissions tous les saisir. Pourtant je suis libre et souverain tant que je marche loin des vagues obscures, chef-d’œuvre d’une puissance, l’argile à son état façonné

Sa lumière erre sur nos terres, l’espoir en nous, est un signe de repère. Je m’incline devant ce sublime maître des érudits, qui a pour nom, le Temps!

Sheikh Alassane Sène « Tarëe Yallah »

Scandale du Prodac: Le temps des pilleurs de deniers publics

« Dans le scandale du PRODAC, les conclusions du rapport officiel de l’Inspection Générale des Finances sont définitives : l’Inspection Générale d’Etat n’est pas une Cour d’appel »




L’affaire PRODAC révèle au grand jour l’incroyable laxisme des autorités face aux agissements d’une bande de malfrats, et prouve que la gouvernance sobre et vertueuse, sous le magistère de Macky est synonyme de pillage des deniers publics. Le rapport fouillé et circonstancié de l’Inspection Générale des Finances a fait l’objet d’une large publication et ne laisse place à aucun doute sur la réalité du carnage financier opéré, en violation totale du code des marchés publics et des règles qui régissent la comptabilité publique. Il ne s’agit pas d’insister sur la responsabilité des coordonnateurs du PRODAC (seconds couteaux) ou de LOCAFRIQUE qui est réelle, mais de situer clairement le rôle des principaux acteurs, dont la responsabilité est première dans cette affaire. Partons des faits.

  1. La Direction Centrale des Marchés Publics, garante du bon usage des deniers publics

Saisi par les services de Mame Mbaye Niang, Ministre de la jeunesse, à l’époque, pour la conclusion d’un marché de gré à gré sous le fondement du Droit d’exclusivité, avec la société GREEN 2000, la Direction Centrale des Marchés Publics a rendu le 02 avril 2015, un avis défavorable parfaitement fondé en Droit, en arguant qu’aucun élément ne permettait de justifier d’établir l’existence d’un monopole de fait détenu par le prestataire GREEN pour ce type de prestations.  Les marchés de gré à gré (ou marchés par entente directe) sont régis par l’article 76 du décret n°2014-1212 du 22 septembre 2014 portant code des marchés publics. Cette catégorie de marchés constitue une dérogation au principe de passation de l’appel d’offre ouvert, qui est la règle en matière d’achats publics. Pour les besoins tenant à la détention d’un droit d’exclusivité, aucun marché par entente directe ne peut être passé sans l’Autorisation préalable de la Direction Centrale des Marchés Publics. Tout en écartant fermement la possibilité de passation d’un marché de gré à gré, la DCMP a proposé au Ministère de la Jeunesse une solution appropriée, en l’occurrence une procédure d’urgence, sur la base des articles 63 et 73 du code des marchés publics, qui ramènerait le délai de dépôt des offres à 15 jours, dans le cadre d’un appel d’offre ouvert international. Un délai qui aurait permis, en l’absence de toute offre concurrente, de prouver le monopole de fait détenu par le prestataire GREEN 2000. Dans l’affaire PRODAC, la Direction Centrale des Marchés Publics a parfaitement rempli son rôle de garante du bon usage des deniers publics et de respect des principes qui fondent la commande publique : liberté d’accès, égalité de traitement et transparence des procédures. Passant outre les prescriptions de la DCMP (organe de contrôle à priori des procédures de passation des marchés), l’autorité contractante a saisi, par lettre en date du 10 juillet 2015 (soit plus 3 mois après l’avis de la DCMP), le Comité de Règlement des Différends de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP), pour contourner l’avis de la Direction Centrale des Marchés Publics. Alors qu’elle disposait de 15 jours pour lancer une procédure d’urgence suggérée par la DCMP, l’autorité contractante a préféré perdre plus 3 mois, dans l’unique but d’atteindre l’objectif visé : la passation d’un marché par entente directe. En réalité, il y a eu dès le début, une volonté manifeste du Ministre de la jeunesse de l’époque, de passer vaille que vaille un marché de gré à gré, avec la société GREEN 2000.

  1. L’ARMP, caution du Ministère de la Jeunesse, dans le détournement de la procédure

L’ARMP est une autorité administrative rattachée à la Primature, dont une des missions est de réguler le système de passation des marchés publics. Lorsqu’une autorité contractante souhaite invalider un avis défavorable rendu par la DCMP, elle peut introduire une requête auprès de l’ARMP. Saisi le 10 juillet 2015 par le Ministère de la Jeunesse, le Comité de Règlement des Différends (ARMP) statuant en Commission des litiges, a rendu le 15 juillet 2015, contre toute attente, une décision exécutoire annulant l’avis de la DCMP. Tout en estimant que l’autorité contractante n’a pas apporté la preuve que la société GREEN est la seule à développer le concept des Domaines agricoles communautaires, l’ARMP a « autorisé à titre exceptionnel, l’autorité contractante à signer le marché pour les DAC communautaires de SEFA (Sédhiou), Keur Samba Kane (Diourbel), Keur Momar Sarr (Louga) et Kédougou (Itato). Par cette décision (à contrecourant de l’avis de la DCMP), l’ARMP a cautionné le détournement de la procédure par le Ministère de la Jeunesse. Ce n’est pas la première fois que l’ARMP assure la couverture juridique de certaines autorités contractantes, qui en profitent pour détourner les règles, piller les deniers publics, et s’enrichir illégalement sur le dos du contribuable sénégalais.




On se souvient qu’en 2016, la Direction de l’Automatisation des Fichiers avait sollicité l’autorisation de la Direction Centrale des Marchés publics, pour conclure par entente directe, 10 marchés dans le cadre d’opérations liées à la confection de la nouvelle carte d’identité biométrique, invoquant l’urgence liée à l’imminence de la clôture des engagements budgétaires, la pression due aux longues files d’attente pour l’obtention des cartes d’identité biométriques, et le respect du calendrier électoral. Malgré l’avis négatif de la DCMP, l’ARMP avait validé la passation des 10 marchés de gré à gré. On connait la suite : à ce jour, des millions de citoyens n’ont toujours pas reçu leur pièce d’identité. Dans l’affaire PRODAC, comme dans d’autres, l’ARMP est instrumentalisée par les pouvoirs publics (caution juridique pour les marchés de gré à gré). Récemment, l’ARMP a failli être embarquée dans une sale affaire par le Ministère de l’Energie et des pétroles, qui a fait preuve d’une incroyable audace, en introduisant une requête, le 05 avril 2018, auprès du Comité de Règlement des Différends, pour soustraire la SENELEC aux obligations du code des marchés publics. Au moment où le Macky Sall clame sous tous les cieux la transparence sur l’exploitation du pétrole et appelle à une concertation sur un sujet majeur qui concerne l’avenir des sénégalais, il entreprend une démarche totale inverse pour soustraire des centaines de milliards de F CFA aux règles de la commande publique. Tous ceux qui, de bonne foi, ont cru à l’appel du Chef de L’Etat doivent être stupéfaits. La tromperie est une seconde nature chez Macky Sall, qui dit une chose le matin, et fait le contraire, le soir. Sentant le piège tendu par le pouvoir, et dans un ultime élan de sursaut, l’ARMP (pour une fois), par sa décision N°058/18/ARMP/DEF du 25 avril 2018 a rejeté la requête du Ministère du pétrole et de l’Energie, précisant que les activités liées à l’exploitation de la SENELEC ne pouvaient déroger au code des marchés publics. Si le scandale du PRODAC porte sur environ 29 milliards de F CFA, celui de la SENELEC a failli exploser tous les compteurs en matière de pillage des deniers publics (des centaines de milliards). Les citoyens sénégalais sont en droit d’exiger de Macky Sall, des réponses sur cette demande inédite visant à soustraire la SENELEC des obligations liées au code des marchés publics, pour permettre à cette structure de conclure des marchés de gré à gré, en toute impunité, et ce, pour des montants faramineux.

  1. La responsabilité des 2 Ministres, Mame M’Baye Niang et Amadou Bâ est établie

L’article 27 du code des marchés publics dispose que la procédure de passation du marché est conduite par la Personne responsable du marché, seule habilitée à signer le marché. L’article 28 (alinéa a) dudit code définit clairement l’identité de la personne responsable du marché en ces termes : « Les Personnes responsables des marchés sont pour les marchés de l’État et dans chaque Département ministériel, le ministre chargé du département concerné… ». Mame Mbaye Niang étant Ministre de la Jeunesse à l’époque, et Ministre de tutelle de la structure assurant la gestion du PRODAC, sa responsabilité est directement et pleinement engagée. L’ordre de service N°000151MJECC/SG/CAB/SP (injonction faite à GREEN 2000 de débuter les prestations alors que le marché n’a pas été notifié) constitue une circonstance aggravante puisqu’il a permis le décaissement des fonds, avant le service fait. S’agissant du Ministre de l’Economie et des Finances, Amadou Bâ, sa responsabilité est établie en sa qualité d’autorité chargée de l’approbation. En effet, l’article 29, alinéa 1 du code des marchés publics précise que « Les marchés de l’État sont approuvés par le ministre chargé des Finances lorsque le montant est égal ou supérieur à 300.000.000 FCFA ». Ledit article précise que les fonctions d’autorité signataire et d’autorité approbatrice ne peuvent être cumulées, et souligne que l’acte d’approbation est une formalité obligatoire pour donner effet au marché public. Au vu de tout ce qui précède, la responsabilité des 2 Ministres Mame Mbaye Niang et Amadou Bâ est engagée dans l’affaire « PRODAC ». Dans le scandale du PRODAC, la Direction Centrale des Marchés Publics est la seule entité exempte de reproche, car ayant parfaitement rempli sa mission de contrôle du bon usage des deniers publics. L’ARMP a servi de « caution juridique » au Ministre de la jeunesse qui a détourné la procédure, pour la passation d’un marché de gré à gré, en lieu et place d’un appel d’offre. In fine, Amadou Bâ, en sa qualité d’autorité approbatrice a validé la démarche.  La demande loufoque de Mame Mbaye Niang relative à un 2éme audit est d’une absurdité confondante : d’une part, les attributions de l’Inspection Générale d’Etat ne sont pas celles d’une Cour d’Appel, et d’autre part, l’IGE se décrédibiliserait totalement en participant à une telle mascarade. Rappelons que c’est sur la base d’un seul rapport de l’IGE N°12/2016 que le Maire de Dakar, Khalifa Sall a été emprisonné et condamné à 5 ans de prison ferme pour, entre autres « détournement présumé de deniers publics ». A l’époque, Mame M’Baye Niang se félicitait du rapport de l’IGE qui n’incriminait nullement Khalifa Sall, mais recommandait une réforme du fonctionnement de la caisse d’avance. Alors qu’elle fait preuve de célérité pour traquer les opposants, la Justice brille par son inertie dans l’affaire Fallou SENE. Dans l’affaire PRODAC où les responsabilités sont situées, la justice doit engager une action contre les 2 Ministres précités. Sa crédibilité est en jeu.

Seybani SOUGOU – E-mail : sougouparis@yahoo.fr

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