Blog de Cheikh Yerim Seck

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Leçons d’un scrutin (Par Abdou Fall)

La page de l’élection Présidentielle qui vient d’être tournée a été notamment marquée par l acharnement de l’opposition Sénégalaise à convaincre d’un climat de tension purement artificielle savamment entretenue par des habiletés à se servir des médias et des réseaux sociaux pour créer une bulle qui, à force d’être alimentée, a fini par renvoyer à une certaine réalité dans des segments non négligeables de l’opinion.

Avec son prolongement dans l’opinion internationale, il s’est progressivement installé l’idée que le Sénégal s’acheminait vers une élection à haut risque de perturbations et de désordres alors que rarement le pays n’aura été aussi stable et le peuple aussi serein face à une échéance électorale aussi décisive pour son avenir.

Il faut dire que l’affaire Karim Wade a largement pesé ‘sur le premier mandat du Président Macky Sall ; Moins le dossier judiciaire en tant que tel, que le poids du personnage Abdoulaye Wade qui s’est substitue ‘ au fils pour déplacer le débat sur le champ politique et porter le combat à sa place avec le soutien de son parti, ses alliés et ses amis du Sénégal et de l’étranger.

A ce face à face singulier est venu se greffer le dossier Khalifa Sall, toujours sous le registre des fautes de gestion, encore une fois inscrites volontairement dans le rôle des « contentieux politiques « .

Il a été cependant remarquable qu’en dépit de l’intense campagne médiatique entretenue avant et après les élections dans le pays et sur l’international, le Sénégal n’en a pas moins poursuivi sa marche dans la voie de la construction démocratique d’une nation résolument engagée dans ses tâches de développement.

Le fonctionnement de l’état et des institutions, de l’appareil de production, et du système démocratique du pays n’ont connu à aucun moment des entraves de nature à gêner leur   marche normale.

Toutes les élections ont été tenues à date et jusque là aucun élément de preuve tangible d’atteinte aux droits et libertés des citoyens et des partis n’a été brandi.

Au total , cette élection a  encore une fois confirme ‘ la maturité du citoyen – électeur ainsi que la robustesse de nos institutions qui ont fait preuve d’une capacité de résilience reconnue par tous  les Sénégalais de bonne foi et par l’ensemble des observateurs électoraux nationaux et internationaux Le double mouvement de regroupement des forces politiques  qui prouve la pertinence de l’option du parrainage ainsi que les scores honorables réalisés par les challengers du Président Macky Sall constituent cependant des données nouvelles qu’il convient naturellement  de prendre en compte .

Le Pds, sans candidat à l’élection,  n’en continue pas moins d’occuper une position de centralité’ en raison précisément du poids politique de son leader et de son statut de principale force de l’opposition parlementaire..

C’est dans le contexte de ce décor ainsi campe ‘ qu’il serait intéressant d’interroger l évolution du nouveau cycle démocratique du Sénégal indépendant, amorce’ en 1974 avec le président Senghor et consolidé depuis l’avènement du Président Abdou Diouf en 1981 dans le cadre du multi-partisme intégral.

II est arrivé  le moment d’une évaluation objective et sans complaisance de notre trajectoire démocratique pour définir les bases d’un nouveau consensus qui questionne certes  la gouvernance de nos institutions mais qui s attache tout autant à mettre l’accent sur les obligations de toutes les parties , en particulier  l’opposition,  les médias et  la société civile dans la définition de  règles convenues de nature à garantir les équilibres entre droits et devoirs ,  libertés et responsabilités.

Avec l’expérience vécue ces quarante dernières années d’un régime de libertés absolues en faveur des citoyens, des partis, des médias et associations, une évaluation sereine, rigoureuse et responsable devrait pouvoir s’imposer en vue du perfectionnement de notre système démocratique dans la perspective de son encadrement et de la redéfinition des responsabilités qui s’imposent à l’ensemble des parties prenantes au jeu démocratique.

Il faut avoir l’honnête’ de reconnaître que toutes les luttes démocratiques menées ces quarante dernières années dans notre pays ont concouru à l’élargissement des espaces de libertés dans toutes les sphères de l espace public sans toutefois insister outre mesure sur les obligations propres à chacune des parties prenantes au jeu démocratique.

Mais au plan normatif comme dans la pratique, nous avons construit un modèle de démocratie de référence qui a largement fait ses preuves et reconnue comme telle dans le monde entier.

Et c’est précisément pour avoir pratique ‘ et éprouvé sur une si longue période ce modèle dit de  » multi-partisme intégral »   qu’il y a bien lieu aujourd’hui d’engager une réflexion et un débat sérieux sur les acquis à consolider et les travers évidents à corriger.

Sous ce rapport, la loi électorale sur le système de parrainage intervient comme une décision de grande portée qui a révélé toute sa pertinence lors de la Présidentielle du 24 Février pour avoir consacré et permis la tenue d’une élection calme, sereine, et organisée dans la rigueur et la plus grande transparence.

Parmi les effets positifs induits par la pré-sélection occasionnée par le parrainage, on a noté les dynamiques de regroupements salutaires pour donner davantage de lisibilité aux citoyens sur la configuration du champ politique partisan.

Le droit positif de notre pays consacre fondamentalement la liberté d’association qu’il ne peut être envisagé de remettre en question.  Il n ‘en reste pas moins qu’on a aussi parfaitement le devoir et la responsabilité d’en encadrer la pratique si des formes d’usage inconsidéré deviennent de nature à entraver le droit des citoyens à un vote organisé et crédible.

Le droit des partis â concourir aux suffrages ne peut en aucun cas primer sur le droit des citoyens à un vote libre, paisible et serein.

Tout autant que les partis politiques, les médias, le mouvement social syndical, les organisations socio-professionnelles, les syndicats patronaux, les groupements de cadres des administrations et commis de l état, les universitaires, les acteurs de la société civile sont, entre autres autant d’acteurs majeurs, parties prenantes au quotidien de la prise de parole publique, du débat et du jeu démocratique.

Dans chacune de ces sphères, y compris dans les communautés religieuses, des formes de concertation adaptées doivent pouvoir être envisagées en vue de redéfinir ensemble les bases d’un nouveau consensus sur le perfectionnement de notre modèle démocratique dans une perspective de construction d’une société de confiance, unie et solidaire, ayant foi en elle même pour réussir le pari d’une émergence aujourd’hui largement à sa portée.

Cette démarche serait d’autant plus opportune qu’elle interviendrait dans un contexte historique d’essoufflement manifeste du modèle libéral de démocratie représentative dont l occident a décidé de faire la norme. La crise de ce modèle n’épargne aujourd’hui aucune nation, en Europe en particulier où partout des courants radicaux antidémocratiques gagnent de plus en plus en poids et en influence dans des sociétés pourtant réputées évoluées.

C’est pourquoi , il est du devoir impérieux  des dirigeants et des membres des organisations  politiques et sociales parties prenantes de la coalition Benoo Book Yaakaar de mesurer les  responsabilités qui sont les leurs dans la préservation et  le renforcement du  bloc politique hégémonique qui a permis au Sénégal d’engager durant cette décennie les importantes  réformes économiques et sociales qui viennent de bénéficier du soutien aussi massif du peuple Sénégalais â travers la victoire éclatante  du Président Macky Sall lors du scrutin du 24 Février dernier.

La modernisation du champ politique appelle un débat de fond au sein de la coalition Bby sur les conditions de consolidation de cette alliance salutaire pour la stabilité du Sénégal en envisageant son évolution vers une union organique fédératrice des forces politiques et sociales qui la composent tout en reconnaissant à chaque entité sa propre identité.

En lançant en 1975  le débat au sein des courants nationalistes et des mouvements gauche de l’époque sur l’idée de l’adoption de la formule de la   » double appartenance  » qui devait permettre à chaque entité politique de garder son autonomie organisationnelle tout en adhérant au mouvement fédérateur , les initiateurs du projet politique du rassemblement national démocratique ( RND ) le Pr Cheikh Anta Diop et Maitre Babacar Niang posaient déjà l’exigence de travailler sur la constitution d’un grand bloc politique unifié  autour d’une plate-forme de développement prise en charge dans l’unité et sur une base démocratique  par l’ensemble des forces de changement.

C’est cette vision qui a inspiré les initiateurs du projet « Alliance Pour la Republique  » (APR) dont la conception fondamentalement unitaire et fédératrice a permis au Président Macky Sall d’avoir réussi le coup de génie des stratégies de vastes rassemblements qui lui ont permis à deux reprises de conquérir le pouvoir et de réussir le pari d’une entente politique enrichissante et durable au sommet de l’état.

Les partenariats politiques intelligents qui ont rendu possible ces performances unitaires exceptionnelles dans une démocratie ouverte méritent d’être consolidés sous des formes organisationnelles supérieures â inventer.

Dans le contexte actuel de l’évolution de notre nation qui est en train de jeter les bases solides de son Emergence au même moment où nous accédons à un nouveau statut de pays pétrolier et gazier, l’APR et la coalition BBY portent sur leurs épaules la responsabilité historique d’accompagner l’accomplissement des nouvelles offres politiques du Président Macky Sall qui viennent de faire l’objet d’un large plébiscite de nos compatriotes.

Au lendemain de cette belle et éclatante victoire, le nouveau challenge est de réussir le pari de l’unité renforcée pour aller vers de nouvelles conquêtes avec 2035 comme horizon.

Des assises de toutes les parties prenantes de la nouvelle majorité pour statuer sur ces sujets de fond dans la perspective d’une plate-forme et d’un pacte national pour l Emergence seraient bien entendu rafraîchissantes pour la majorité, le pays et la démocratie.

                                                       

                                                    Abdou Fall

                                                  Ancien ministre 

Membre du secrétariat national de l Apr.

Zone contenant les pièces jointes

Leçons d’une élection présidentielle

Le PRESIDENT Macky   Sall vient d’être réélu de façon magistrale pour un mandat de 05 ans. LE NOUVEL ORDRE félicite le peuple sénégalais pour avoir en dépit de leur penchant pour tel ou tel camp avoir prouvé être bien plus responsables et ne sont pas des moutons de panurge que l’on pouvait mener par le bout du nez vers des voies sans issues et sans intérêts pour le SENEGAL.

Félicitations au Président MACKY SALL pour sa brillante réélection qui témoigne de la confiance renouvelée du peuple malgré les difficultés de la mission pour améliorer la vie de 15 MILLIONS DE SENEGALAIS. Félicitations à l’ensemble des leaders de la coalition BENNO BOKK YAAKAAR   qui selon leurs niveau et moyens, se sont donnés sans compter, pour que le travail entamé par le PRESIDENT puisse être expliqué, poursuivi et consolidé.  Félicitations appuyé au ministre de l’intérieur qui a organisé de façon impeccable ces élections. Le peuple sénégalais a su reconnaître et redonner le pouvoir à celui qui le méritait le plus, de par sa stature républicaine, son urbanité, sa compétence et sa proximité avec les populations.  Certains candidats en refusant de condamner les positions inacceptables de l’ancien président WADE SE SONT montrés inaptes et indignes de conduire aux destinées de ce pays.

Vouloir s’en prendre à des journalistes sans défense et essayer de les livrer à la vindicte populaire, démontre tout aussi bien que malgré leurs compétences intellectuelles, que ces candidats n’ont pas encore la stature et le sens des responsabilités nécessaires, pour conduire aux destinées du peuple sénégalais et défendre le SENEGAL contre des dangers qui menacent la SECURITE DE LA REPUBLIQUE. IL est dommage qu’une certaine société dite civile se soit étonnement rendue aphone ; et il est tout aussi curieux de n’avoir pas entendu des condamnations fermes de la société dite civile, qui en fait est plus politicienne que jamais et à démontrer son peu de crédibilité et surtout son parti pris. Mais le pire est que ces ONG donnent l’impression d’être juste des porte voix de de l’opposition qui ont pour rôle, quelque soit le régime en place, de veiller à ce que la contestation soit systématique.

Pendant tout le processus électoral, que n’a t- on pas entendu ? LE RETOUR DE MONSIEUR KARIM WADE, Qu’il N’Y aura pas D’élections organisées par LE PRESIDENT MACKY SALL, que l’internet serait coupé le jour de l’élection etc.  Même si tout n’est pas parfait, nous avons assisté à des comportements que doit s’interdire un candidat à l’élection présidentielle ou ses représentants. Le peuple sénégalais est de plus en plus exigent, sait désormais faire la part des choses, et sonder la sincérité et surtout l’incohérence des politiciens, et attendre le bon moment pour faire son choix.

Dans ces élections, il est inutile de parler de vote affectif, ethnique, confrérique, identitaire, ou autre. Les quatre millions de sénégalais qui sont de toutes les ethnies, de toutes les religions, de toutes les confréries, ont voté pour tous les candidats selon leurs sentiments, leurs perceptions, et les espoirs que leur ont inspiré les candidats.

Il nous semble utile du coté du pouvoir, que des erreurs de communication soient rectifiées par des excuses du camp présidentiel à l’endroit de la CASAMANCE et de TOUBA.

Par contre il est nécessaire de voir que pendant ces élections, des préoccupations n’ont pas tellement été prise en compte ce qui explique malgré le bilan du président que beaucoup de sénégalais sont encore déçus. Même si chaque citoyen a le devoir d’agir pour faire bouger les choses et de cesser d’être de simple spectateur de la vie en attendant que le Président fasse tout. Nous pensons qu’il serait bon que des travailleurs de la sécurité privée ; des ouvriers du BTP, des femmes de ménage, des chauffeurs, des employés agricoles, se réorganisent pour voir leurs situations revalorisées, car les centrales syndicales actuelles ont failli à leurs missions et trahi les travailleurs. IL nous faut réfléchir à de nouveaux concepts pour que les richesses produites soient mieux réparties, en faisant en sorte par exemple que les ouvriers puissent être intéressés aux bénéfices des infrastructures, dont ils ont participé à la construction.

Notre conviction plus que jamais est que LA RECHERCHE, LA PRODUCTION, ET L’INDUSTRIALISATION dans la CITOYENNETE et LA SECURITE sont des priorités qui si elles réussissent vont impacter sur la création d’emplois. Mais il nous faut repenser le TRAVAIL au SENEGAL. IL EST URGENT que L’ORDRE, LA DISCIPLINE, soient véritablement rétablis sur l’ensemble du territoire.

LE MAL le plus profond au SENEGAL, est que sous prétexte de la rareté de l’emploi ; que la grande majorité des travailleurs sénégalais est dans une situation d’exploitation  chronique avec des salaires insuffisants ; une sécurité sociale très peu répandue ; un comportement des employeurs dignes des  négriers   esclavagistes ; une justice toujours aussi impuissante devant le pouvoir des employeurs véreux ; impuissance de l’inspection du travail des millions de travailleurs de l’informel dans le travail au noir. Il est urgent d’en finir avec l’Informel dans notre pays. Il n’est pas possible d’arriver à l’émergence avec 97% des 400 000 ENTREPRISES dans l’informel. LA REFORME EN PROFONDEUR DU CODE DU TRAVAIL nous semble incontournable.

Terminer la réforme de la sécurité privée sera aussi très attendu dans le cadre global de réforme de la sécurité en général. Ces réformes devront permettre de revoir le statut des ASP qui peuvent encore permettre de régler les problème d’incivismes, de désordre, d’occupation anarchique de la voie publique. Au niveau des forces de défense et de sécurité poursuivre le maillage du territoire par la construction de nouvelles casernes et la montée en puissance des forces armées par la mise en place de régiments et de forces spéciales et d’unités de Police de Gendarmerie, Douane, Eaux et forêts, service d’hygiène modernisées, motivées et de mieux en mieux formées.  La question du civisme pourrait être réglée par la mise sur pied d’un corps de volontaires qui prendrait en charge l’assistance en matière de salubrité, d’écologie, d’assainissement, de gestion de catastrophes naturelles, entre autres.

LE SECRETAIRE GENERAL

JEAN LEOPOLD GUEYE

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Idrissa Seck, l’abreuvoir des compétences? Leçons tirées du «grand oral» de Abdourahmane Diouf

En écoutant hier, l’excellente présentation de Abdourahmane Diouf qui présentait la vision programmatique du candidat Idrissa Seck, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le lien avec tous les talents et les compétences qu’il a introduit dans le jeu politique sénégalais.

Un révélateur de talents de compétences

Il n’y pas de talent et de compétence qui s’est révélé dans le paysage politique sénégalais depuis 2000, et peut être même avant, qui ne soit lié d’une manière ou d’une autre à Idrissa Seck. On aurait pu mettre en avant l’exemple de Dethié Fall, dont les Sénégalais ont appris à découvrir les fortes capacités manageriales et le sens élevé du leadership, ou même celui d’un Ass Babacar Gueye dont l’expertise électorale n’est plus à démontrer. De même, l’impressionnant parcours de Thierno Bocoum que l’on a pu découvrir comme jeune communicant, jusqu’à la haute posture d’homme d’état respectable et crédible qu’il occupe aujourd’hui constitue sans doute un produit de cette «école Idrissa», dont la prestation de Abdourahmane Diouf représente une des multiples manifestations. Cela dénote d’une certaine vision de la politique qui met les aptitudes intellectuelles au cœur même de cette noble activité. C’est que l’ancien de Princeton a compris, de la même manière que les Américains que l’activité politique comprend aussi bien le «politics» qui concerne la conquête du pouvoir, que le «policy» qui a trait a son exercice. Cette posture, pourrait-on dire, trouve sa source aussi bien dans une orientation personnelle que dans l’héritage wadien, Idrissa Seck l’avait placé au cœur de l’agenda libéral, ce qui lui a valu un certain ostracisme, faisant perdre au Sénégal une opportunité d’alourdir la charge du savoir dans les politiques publiques pour augmenter leur efficacité.








Une gestion partagée qui fait confiance à la jeunesse

L’exercice d’hier révèle aussi un élément important qui peut nous rassurer dans cette logique de forte personnalisation du pouvoir qui marque notre pratique politique et qui s’est exacerbée sous Macky Sall. En promouvant des leaders relativement jeunes à qui il confie les responsabilités de la présentation de sa vision ou même de la gestion de son appareil politique, il envoie un signal d’une gestion partagée de l’État, autour d’un leader qui inspire et libère les potentialités. Dans un Sénégal ou la jeunesse de la population constitue une réalité démographique fondamentale, cette attitude augure d’une responsabilisation de la jeunesse qui constitue non pas l’avenir du Sénégal, mais son présent.

Un patriotisme conscient et responsable adossé à un libéralisme à visage humain

La vision programmatique déclinée a travers la formule 1-3-15-45 s’inscrit en droite ligne du patriotisme qui a toujours structuré la démarche politique de Idrissa, et dont la meilleure manifestation est l’introduction depuis des années du «vital national interest» dans le lexique politique sénégalais. Ce patriotisme ne s’exprime pas cependant pas à travers un discours populiste qui la déconnecte de la réalité ou dans un nationalisme étriqué qui ignore les profondes mutations de l’ordre international. Il s’agit d’un patriotisme conscient et responsable qui prend sa source de sa riche expérience d’homme d’État, de son parcours de vie, ainsi que dans les compétences des talents qui l’entourent, et qui est la réponse à la profonde extraversion des politiques publiques qui marque l’ère Macky. L’importance accordée à l’initiative privée et à la libération des potentialités productives l’inscrit dans un libéralisme à visage humain qui comprend la nécessité de combattre les inégalités en intégrant les couches vulnérables dans l’activité économique.







Saliou Dione

Consultant international

Parrainage: leçons apprises d’une occasion (nationale) presque perdue

Par les circonstances dans lesquelles elle a été soumise à l’Assemblée Nationale, par la façon dont elle a été combattue et par la manière dont la loi y relative a été adoptée, l’initiative gouvernementale d’introduire le parrainage comme proposition de solution a un réel problème, n’aura pas été une opportunité pour la démocratie sénégalaise le moment de plusieurs avancées à la fois.

– D’abord et avant tout, l’initiative du parrainage aurait pu constituer l’occasion de trouver une solution satisfaisante a un problème qu’une bonne partie des sénégalais considère comme une faiblesse de notre démocratie ;

– Ensuite cette initiative aurait pu constituer une opportunité pour les partis politiques, majorité et opposition, de nouer un dialogue de très grande qualité dont seules sont capables les grandes démocraties, aussi ben au niveau de leurs représentations nationales qu’au niveau de leurs bases respectives, étant entendu qu’une vraie démocratie repose essentiellement sur les deux pieds que sont la collaboration et l’opposition.

– Enfin, l’initiative du parrainage, avec la forte implication de la société civile et des leaders d’opinions qu’elle a suscitée, aurait pu constituer également, l’occasion de vivre une interaction dynamique et médiatrice, pas simplement préventive, entre les leaders de l’espace politique et ceux de l’espace citoyen.




S’il n’en a pas été ainsi, c’est bien parce qu’aucun des acteurs n’a joué le rôle que les citoyens étaient en droit d’attendre de chacun d’eux. Mon propos n’est ni de designer un ou des coupables moins encore de défendre l’un quelconque de ces acteurs que sont la majorité, l’opposition, les citoyens organisés et les leaders d’opinion.

Pour avoir pendant ces 15 dernières années observé dans plusieurs pays africains les interactions et les conflits entre partis politiques et entre ceux-ci et des gouvernements, et pour avoir également pendant toute cette période, avec pas plus d’échecs que de succès, essayé d’appuyer ou proposé et conduit des initiatives aussi bien opérationnelles que structurelles de prévention de conflits politiques, mon objectif par cette prise de « plume » est plus modestement, de proposer que nous saisissions l’occasion de ce que j’ai déjà nommé « une occasion ratée », pour nous engager tous, dans un processus connu comme celui de l’apprentissage par l’action, et dont le cycle itératif est le suivant: agir, réfléchir, apprendre, planifier, puis…agir de nouveau.

Sans nier, d’un point de vue axiologique, la nécessité d’une préoccupation éthique dans l’action politique, je voudrais préciser dès a présent que le nexus éthique/politique a rarement offert une illustration factuelle satisfaisante, aussi bien au Sénégal, en Afrique que dans le monde en général, tant dans les politiques domestiques (internes) que dans les relations internationales où l’humiliation de l’autre (pays) est devenue un mode opératoire courant.

ET SI LA PROPOSITION ETAIT INTRODUITE AUTREMENT ET A UN AUTRE MOMENT ?

S’il est vrai que selon notre constitution l’initiative des projets de lois est du ressort exclusif du gouvernement, et que par ailleurs celui-ci en décide quand il veut et en fonction des avantages que ceux-ci peuvent induire pour lui-même et/ou pour la République, il n’en est pas moins vrai que jamais un gouvernement n’a proposé une loi qui lui puisse être défavorable, aussi bien dans son fonctionnement comme appareil que dans les objectifs politiques que sa majorité poursuit.

Pour cette raison et pour celle de ne pas vouloir adopter une position de juge, je ne m’engagerai pas dans l’évaluation de l’opportunité de l’initiative de la loi sur le parrainage, mais m’en tiendrai plutôt à examiner quels auraient pu être l’accueil et les modalités d’élaboration et de vote d’une telle proposition si elle avait été initiée en un autre moment et selon des modalités différentes.

L’initiative de proposer une telle loi avait-elle été discutée suffisamment et honnêtement entre majorité et opposition ? La divergence des réponses à cette question renseigne au moins sur un désaccord à propos de l’évaluation d’une éventuelle discussion si jamais elle a eu lieu.

Le fort désaccord au tour de cette loi nous enseigne, et c’est bien ce que nous devons retenir me semble-t-il -il, que pour qu’une proposition de solution a un problème (aussi réel que celui que nous pose la multiplicité des partis politiques pouvant induire une multiplicité de candidatures) puisse faire l’objet d’un consensus le plus large, sans nécessairement et a priori mettre en danger les intérêts de la majorité ou de l’opposition tout en satisfaisant les intérêts des citoyens , il apparait souhaitable qu’elle soit au paravent soumise à discussion, fasse l’objet d’un dialogue, dans des espaces les plus adéquats.

D’un tel dialogue aurait pu naitre un consensus ou un désaccord, aussi bien sur son opportunité que sur sa pertinence. En tout état de cause, l’essentiel reste que chaque camp politique en de telles circonstance aurait pu bien comprendre quels sont les intérêts et arguments de l’autre, et les citoyens, les accords et/ou désaccords, pour pouvoir éventuellement influencer dans le sens qui leur semble le plus satisfaisant, si les politiques ne s’entendaient pas.

Que faut-il comprendre de l’incapacité de la mobilisation et des manifestations de la journée du 19 à empêcher le vote de la loi comme ce fut le cas le 23 Juin 2011 ?

Cet échec à faire au moins reporter le vote témoigne -il du manque d’intérêt des citoyens au sujet, de leur degré d’engagement pour le report ou au contraire de leur accord pour une telle loi ?




Peu m’importent les réponses à ces deux questions ! J’observe simplement que nous avons tous échoué à la fois à nouer un consensus fort entre les politiques et à offrir aux citoyens organisés l’opportunité d’ouvrer à l’aboutissement d’un tel résultat.

ET SI L’OPPOSITION AVAIT ADOPTE UNE AUTRE POSTURE ?

Au risque de me tromper, et sollicitant a priori votre indulgence si tel était le cas, l’opposition politique a, me semble-t-il, fermement exprimée son indisponibilité à négocier même si elle a été présente aux travaux de la commission des lois de l’Assemblée Nationale. Sans avoir le détail des discussions et des positions en commission des lois, l’exigence la plus généralement connue de celle-ci a été sinon le rejet, du moins la suspension de la soumission du projet de loi à l’Assemblée.

Sans pouvoir donc dire si une telle position est de principe ou plutôt l’aboutissement de procédures antérieures de recherche d’entente, je voudrais observer simplement qu’il est extrêmement important de tenir compte, dans ce genre de conflits politiques, de la différence entre les 3 catégories suivantes, différence qu’observent très attentivement tout bon médiateur et tout bon négociateur : la position, l’intérêt et le besoin.

Ce papier ne permettant pas un développement sur ce point, je voudrais simplement dire que s’arc-bouter sur sa position sans se focaliser davantage sur son intérêt conduit le plus souvent, dans une négociation, à choisir de s’adonner à un jeu dit « à somme nulle » plutôt qu’à un win-win, pour la simple raison qu’on ne donne ainsi à son protagoniste aucune opportunité de « sauver la face ».

Dans une telle configuration, le rapport des forces devient le seul déterminant, et le résultat ne peut être que gagnant/perdant.

En tenant compte de plusieurs facteurs, et malgré le désir d’unité de l’opposition (partis politiques, mouvements et opposants-individus), une autre attitude, le choix de la négociation eût été certainement plus productif. Cependant un tel choix ne se pouvait faire que suite à une acceptation de la diversité des intérêts au sein de cette « large opposition », et par le traitement de cette question en son sein. Il a été d’ailleurs dit plusieurs fois par certains partis en son sein, que réunir le nombre de signatures ne pouvait pas être un problème, et l’honnêteté voudrait bien qu’on le leur concède.

Si tel est le cas donc, l’intelligence stratégique ne dictait-elle pas de rassurer les « petits partis », les mouvements et autres opposants-individus quant à des procédures de soutien et, aller négocier des modifications importantes et avantageuses du projet de loi.

Etait-ce stratégiquement réaliste pour les « grands partis » de persévérer dans un bras de fer a l’issue incertaine tout en sachant que s’ils perdaient dans une telle épreuve de force, la majorité se ferait bien plaisir d’utiliser son avantage numérique pour faire passer la loi sous la forme qui lui convient le mieux ?

Sachant que si la loi était promulguée telle qu’elle a été adoptée, beaucoup de candidats individuels et de ces « petits partis » et mouvements de l’opposition ne parviendraient pas à réunir le nombre de signatures exigé, les grands partis n’auraient-ils pas, de façon machiavélique, maintenu la ligne dure, avec l’idée que si le projet de loi ne changeait pas, alors ils pourraient aussitôt voir les autres membres du groupes contraints à accepter des propositions de coalitions ou… d’absorption ?

Peu m’importent, une fois encore, les réponses à ces deux questions ? J’observe simplement qu’un changement de position de l’opposition aurait rendu possible une amélioration considérable de la loi, sans nécessairement sacrifier totalement les intérêts des petits partis et mouvements auxquels les « grands partis » auraient pu apporter un soutien essentiel dans leur collecte de signatures, si la réponse à ma seconde question ci-dessus était positive.

QU’EST -CE QUE LES MEDIATEURS ET LEADERS RELIGIEUX AURAIENT PU FAIRE DIFFEREMMENT ?

Pour ce que j’en sais, les leaders religieux dont l’objectif étaient d’obtenir une suspension de la soumission du projet de loi à l’Assemblée Nationale comme condition d’une paix sociale, étaient bien dans leur rôle. N’étant pas tant imprégnés de la réalité des rapports de forces politiques et négligeant certainement le risque d’affaiblissement de l’autorité de l’Etat que constituerait un recul au dernier moment et sous la menace, ceux-ci ont juste choisi, de façon absolument rationnelle d’adopter une position de prudence en appelant le Président de la République à sursoir à sa décision. Même si leur demande n’a pas été satisfaite, ils ne devraient pas, me semble-t-il, en vouloir outre mesure au Président, étant donné le résultat final (provisoire ?) de cette épreuve nationale. Comme autorités et comme preneurs de décisions pas toujours faciles, les chefs religieux doivent comprendre que les informations à la disposition de tout décideur sur un sujet particulier, ne sont pas en général à la portée de ceux aux mains de qui le destin d’un groupe ne repose pas au moment fatidique de prendre une décision.

En l’occurrence, je présume que ces derniers reconnaitront de bonne foi que le Président de la République ayant à sa disposition les services de renseignement de l’Etat, et ayant vécu (du « bon côté”) les évènements du 23 Juin 20011, pouvait bien avoir une évaluation différente. S’il en était ainsi, le refus d’obtempérer ne devrait point être considéré comme une bravade ou un manque de de considération pour ce que ces chefs religieux représentent dans ce pays. Tant mieux !

Concernant les initiatives de certains leaders de la société civile, pour n’avoir pas la prétention d’en connaitre les tenants et aboutissants, je voudrais me garder, conformément a ma ligne de conduite dans cette contribution, de les juger. Cependant, si l’appel à la suspension de la présentation du projet de loi devant était une conséquence d’une délibération sur le risque de danger, sans qu’ils aient au paravent fait tout pour que l’opposition accepte de s’assoir à la table de négociation, alors ils auraient choisi l’option la moins difficile mais la moins féconde, ce que je ne pense pas.

Sont-ils intervenus au bon moment ? En tout état de cause, les trois conditions minimales constitutives du succès de toute initiative de médiation sont les suivantes : l’intervention à temps, la confiance des protagonistes et…les capacités du médiateur ; son professionnalisme devrais-je dire, car la médiation est aujourd’hui à la fois une science, une technologie et un art, et ne fait aucune place à l’improvisation, aux bonnes intentions ou aux incantations.

Si les trois conditions ci-dessus énumérées étaient réunies, il eût été possible d’évider au le Sénégal de rater une si belle occasion de faire des pas décisifs vers l’idéal asymptotique de démocratie, car en réalité, les intérêts du pouvoir et de l’opposition sur cette question de rationalisation du processus de candidature aux élections, et même par une forme de parrainage, ne sont pas si divergents que cela parait de prime abord. Bien sûr, leurs positions de départ, comme dans tout désaccord sur un sujet politique essentiel, paraissaient a priori inconciliables. N’est-ce pas en cela que le rôle de médiateur est à la fois fascinant et intimidant ?

QU’AURIONS-NOUS (TOUS) PU GAGNER DANS UNE NEGOCIATION ?

Parce que tenter de dire en quoi nous avons raté une occasion a constitué jusqu’ici la substance de mon propos, vous m’accorderez juste de dire succinctement que bien que le projet de loi apparaisse satisfaisant pour ses promoteurs et défenseurs, il peut encore (?) ou pourrait être amélioré au moins sur deux points.

-D’abord, l’impossibilité pour un citoyen électeur de parrainer plus d’un candidat comporte le défaut majeur de l’antidémocratisme dont l’opposition l’accuse, et de constituer une sorte de vote avant le vote, pour le simple fait que seuls des militants du PDS, de l’APR, de REWMI, du PS et de l’AFP (dans l’hypothèse ou ces 2 derniers décideraient de présenter des candidats) pourraient se permettre le luxe de parrainer un candidat autre que le leur, sauf à courir le risque de voir son candidat incapable de réunir les 52.000 signatures.

– Ensuite, compte tenu des possibilités réelles pour l’Etat de disposer d’informations précieuses, utilisables de façon décisive dans une stratégie de campagne électorale si elles étaient mises à la disposition d’un candidat, ce qui romprait ainsi le principe essentiel d’égalité entre candidats qu’il revient a l’Etat d’observer et de faire observer, le principe de l’impossibilité pour un citoyen de parrainer plus d’un candidat installe un soupçon à certains égards, bien fondé.

Pour ces 2 raisons, cette loi devrait être amendée dans le sens de permettre à chaque citoyen électeur de parrainer au moins 2 candidats, ce qui du point de vue de la gestion des « parrains » ne pose pas beaucoup plus de défis informatiques et de vérification des signatures que le « parrainage unique.  Ceci donnerait lieu à un double parrainage, système déjà proposé il y a quelques années par un acteur politique français, sous les vocables de « parrainage de conviction » et « parrainage républicain ». L’Etat a l’obligation de tenir compte de ce besoin du citoyen.

Par ailleurs, l’amendement apporté aa la loi par la majorité, relative aussi bien au plancher (0,8%) qu’au plafond (1%) constituera une avancée, si et seulement si la loi prévoit des sanctions dans les cas où les « grands partis » s’évertueraient à collecter le maximum de signatures. Il y a sur ce point une difficulté à légiférer, je l’avoue, mais le faire est d’autant plus nécessaire qu’avec les cultures organisationnelles et les compétitions internes entre responsables des « grands partis » il faut s’attendre à ce que les scores dans la collecte soient de-facto des éléments de preuve de représentativité. Il me semble impératif, si la loi devait rester en l’état, que soit imposé un respect strict de ce plafond de 1%, pour que le parrainage n’apparaisse pas comme un vote avant le vote.

Ma proposition du double parrainage permettrait de combler quatre insuffisances de la loi actuelle :

  1. Elle permettrait au citoyen de choisir de façon plus sereine les 2 candidats à la candidature dont il souhaiterait suivre l’exposé des programmes pour pouvoir en choisir un comme Président ;
  2. Elle rendrait les résultats globaux du parrainage bien moins utilisables à des fins « illégales » de stratégies de campagne et lèverait d’une certaine manière le soupçon de fraude programmée ;
  3. Elle permettrait aux partis quand-même significatifs et cependant sans la certitude de pouvoir collecter 52.000 signatures dans au moins 7 régions selon l’actuelle loi, de disposer de plus de chance de voir leurs candidats qualifiés ;
  4. Elle éviterait aux partis politiques d’attiser les « guerres intestines » entre responsables surtout de l’échelon secondaire.

Autant d’aspects donc qu’un traitement négocié du problème aurait permis de considérer dans cette loi.

Est-ce encore possible à l’opposition de changer de posture et de retourner à la table de négociation, sans nécessairement renoncer à son choix de porter l’affaire devant la CEDEAO, l’UA et que sais-je encore ?

Est-ce encore possible à la majorité de changer de posture et d’envisager, au-delà des discutions sur les modalités strictes d’application de l’actuelle loi, une conversation franche et responsable sur ces préoccupations essentielles pour les citoyens et pour la démocratie ?

La loi n’étant pas promulguée, tout reste ouvert me semble-t-il.

N’est-ce pas le moment pour les citoyens organisés (la société civile) de se mettre dans le jeu comme acteur, afin d’infléchir les décisions et positions des uns et des autres dans le sens du progrès démocratique, et pour leurs leaders et ceux revendiquant des statuts d’analystes politiques publiques ou d’intellectuels publiques progressistes de déserter pour un moment les plateaux de télévisions et les studios de radios ou ils ont passé l’essentiel du temps à dénoncer plutôt qu’à proposer.

Déthié Djoli

Médiateur politique

Diopdethiedjoli@gmail.com

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