Blog de Cheikh Yerim Seck

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Accusé par Le Canard Enchaîné, Mansour Faye livre sa part de vérité

YERIMPOST.COM  Mansour Faye aurait échangé notre liquide précieux contre cinq (5) camions poubelle offerts par Suez Environnement à la ville de Saint-Louis dont il est le maire. Grosse comme le monde est cette accusation de l’hebdomadaire français « Le canard enchaîné ». Le contrat d’affermage qui avait été provisoirement attribué au géant français de la distribution de l’eau, avant d’être suspendu par l’Autorité de régulation des marchés publics, n’a pas fini de faire parler. L’ancien ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, redéployé au département du Développement communautaire, de l’Equité sociale et territoriale par la grâce du dernier remaniement, est accusé par le journal français d’avoir « troqué » la distribution de l’eau avec Suez. Une accusation que le principal concerné réfute catégoriquement. Mansour Faye soutient que ces camions ont été octroyés à la ville de Saint-Louis en 2016 sur une sollicitation de son deuxième adjoint, Alioune Diop, qui, lors d’une réunion en France sur l’assainissement, en avait formulé la demande en 2015. A l’époque, souligne Mansour Faye, il n’y avait pas lieu d’un compromis puisqu’aucun appel d’offres n’avait été lancé par le Sénégal. Ce n’est qu’en 2017, soit plus d’un (1) an plus tard, que le marché avait été lancé. Le ministre se défend d’avoir eu une entente avec l’adjudicataire du contrat d’affermage de l’eau, Suez. Dans son démenti, le maire de Saint-Louis fait remarquer que des 5 camions qui avaient été offerts, 3 sont aujourd’hui en panne.

Présidentielle: le tonitruant Robert Bourgi livre son avis

YERIMPOST.COM Rejeter les résultats provisoires divulgués par la Commission nationale de recensement des votes sans pour autant déposer un recours devant le Conseil constitutionnel: un comportement antidémocratique des opposants de Macky Sall, selon Robert Bourgi. Monsieur FrancAfrique, qui s’est trempé de bout en bout dans cette présidentielle pour la réélection du candidat à sa propre succession, est d’avis que ces challengers de Macky Sall n’ont aucune preuve d’une quelconque triche. Me Robert Bourgi, qui s’entretenait avec nos confrères de l’Observateur, leur a confié que le score réalisé par le président sortant était très prévisible. D’ailleurs, il s’en était ouvert au concerné plusieurs mois auparavant en lui prédisant une réélection avec au moins 55% des suffrages.

Parrainage: Prié de remplacer 8888 doublons, Gackou livre un stock de 40 000 signatures

YERIMPOST.COM Recalé pour 8888 doublons, le candidat de la coalition de l’Espoir/Suxali Senegaal a été prié de remplacer ces parrains pour passer le barrage du parrainage. El hadj Malick Gackou, qui a voulu mettre toutes les chances de son côté lors de la collecte, en avait gardé en stock. 40.000 signatures ont ainsi été déposées devant le greffier du Conseil constitutionnel.







Vidéo- Mously Diakhate livre un carton de parrains à Mimi Touré

L’ancienne parlementaire, Mously Diakhate a livré 1750 parrains à la coordonnatrice du pairrainage de la coalition présidentielle, Aminata Touré.

Le nouveau livre d’Ousmane Sonko: plus que des «Solutions»

Après avoir parcouru minutieusement l’ouvrage «Solutions», l’on peut affirmer de prime abord et sans l’ombre d’un doute que si les Sénégalais font confiance à Ousmane Sonko et lui accordent leur vote lors de la prochaine élection présidentielle, celui-ci ne sera jamais qualifié d’un président par défaut qu’un concours de circonstances favorables a permis d’accéder au pouvoir. De toute évidence, en exprimant aussi clairement le fond de sa pensée dans ce brillantissime essai politique, on peut postuler qu’il perçoit la direction du pays non pas comme l’étape ultime de la satisfaction d’une vile ambition personnelle, mais plutôt comme un projet sérieux et complexe qu’il faut concevoir dans les moindres détails et s’y préparer convenablement.




Par la vision claire et documentée qu’il décline dans son livre «Solutions», Sonko peut rassurer tout électeur indécis ou sceptique qui se demande s’il faut encore faire confiance aux politiciens. Le discours qui se dégage à travers les pages n’est pas celui d’un politicien professionnel rhéteur et populiste qui cherche à plaire à une base électorale ou à faire plaisir à des groupes spécifiques, il est plutôt le condensé de solutions réalistes, parfois simples mais ô combien précises et originales, que seul l’amour profond de son pays a permis d’énoncer aussi justement.

Une économie portée par les industries et pourvoyeuse d’emplois

S’appuyant sur les valeurs de patriotisme, de travail et d’éthique, érigées comme des exigences pour briser le cycle de la désolation et de la pauvreté qu’endure notre pays depuis l’indépendance, l’ancien inspecteur des impôts rappelle au lecteur la nécessité de disposer d’un modèle économique conceptualisé et défini par nous et pour nous afin de ne pas répéter les vaines tentatives de sortie de crise depuis notre indépendance.

Avant d’exposer en profondeur et dans les détails comment se matérialisera sa vision économique pour un Sénégal prospère, Sonko s’autorise, dans une vingtaine de pages, de lever des pans de son parcours politique et personnel : la création du parti Pastef, son enfance en Casamance et l’empreinte de celle-ci sur son ouverture d’esprit, sa radiation de la fonction publique, sa relation avec les familles religieuses et la prétendue manque d’expérience que certains veulent lui coller. Plus qu’une façon subtile de «fendre l’armure», il s’agit d’amener le lecteur à mieux comprendre les valeurs profondes qui fondent son engagement en politique et les raisons qui justifient sa posture d’homme qui refuse de tomber dans toute forme de compromission ou de reniement «…rien que pour assouvir une obsession presque morbide pour le pouvoir..»

La table ainsi dressée, le leader du parti Pastef nous explique que sa vision économique «se construit prioritairement sur l’impératif d’un développement par l’industrialisation». Un tissu industriel articulé autour d’un axe de compétitivité interne portant sur la production, la transformation et la commercialisation intérieure de biens de consommation courante et un axe de compétitivité externe dont l’objectif est « de configurer une structure productive adaptée aux potentialités nationales et ciblée sur une offre externe, par ordre de priorité sous-régionale, régionale et mondiale».

Comment passer alors de la simple théorie à la phase pratique? L’auteur égrène un chapelet d’actions et de réformes concrètes et bien réalisables. C’est là que réside d’ailleurs toute la singularité de ce livre. Il ne s’attarde pas sur les grandes théories économiques, très souvent sibyllines, qui déboussolent le lecteur plus qu’il ne l’éclaire. Il brille par sa forme concrète et accessible au commun des mortels.

Dans les filières fortes et intégrées qu’il mettra en avant dans ce processus d’industrialisation de notre économie, l’agriculture y occupe une place de choix, car « le sous-secteur a souffert jusqu’à maintenant du flou profond autour de la vision, du modèle et des objectifs agricoles du Sénégal.» relève l’auteur. Sa relance de la politique agricole passera par la maîtrise des facteurs physiques et productifs, un rééquilibrage spatial et démographique, une maîtrise de l’eau, l’augmentation des niveaux de rendement et de production, l’organisation et l’encadrement des filières agricoles, leur financement et la mise en place d’une véritable réforme agraire.




L’élevage et la pêche, au même titre que les sous-secteurs du tourisme, de la culture, de l’artisanat et du sport, ne sont pas en reste dans sa vision. Ils bénéficieront également d’un lot de «mesures protectionnistes, sous tendues par le patriotisme économique». Un penchant idéologique qui caractérise la trame de l’ensemble de sa vision économique. À travers les pages dédiées à ces domaines d’activités qu’il développe suffisamment et avec précision, ces sous-secteurs revêtiront un tout autre caractère et une meilleure compréhension à la fin de leur lecture.

Comme il fallait s’y attendre, celui qui a fait de la lutte pour une transparence dans l’exploitation du pétrole et des ressources minières son cheval de bataille jusqu’à lui réserver la publication d’un premier ouvrage ne surprendra pas le lecteur du traitement spécial qu’il fera de ce sujet dans «Solutions» avec la proposition d’un modèle qui «se singularise par une exploitation rationnelle, transparente et mesurée, des préoccupations environnementales et transgénérationnelles…»

Un modèle d’État exemplaire pour accompagner le secteur privé national

Quel crédit accorder à une simple vision économique, fut-elle la plus documentée, si celle-ci n’est pas portée par un État fort et responsable ? Quel devra être le rôle de l’État dans la mise en œuvre des politiques sociales et de la redistribution des richesses? Sonko opte pour un État dont l’intervention «doit être sélective, stratégique et complémentaire […] ni néo-libéral ni interventionniste traditionnel, mais démocratique et participatif.». Partant, il dessine très clairement au fil des pages le visage de cet État qui verra diminuer considérablement les pouvoirs de son chef et président de la république au profit d’une Assemblée nationale et des collectivités locales fortes. Le Sénégal sera ainsi doté de deux paliers d’autorité et de décision politiques distincts : un niveau central et six pôles régionaux avec des compétences clairement définies.

Pour ce qui est du système judiciaire, il en regrette «l’inféodation politique de la justice qui se manifeste singulièrement dans le traitement du contentieux politique par le Conseil constitutionnel et la Cour suprême et par l’instrumentalisation des autres juridictions à des fins de liquidation d’adversaires politiques.» Ainsi, la mesure phare que promet le fils de Bassiré est de substituer le Conseil constitutionnel par une Cour constitutionnelle ne souffrant pas de l’emprise du Président de la République. Son modèle d’État sera ainsi exclusivement au service du peuple, n’abusant pas de son pouvoir et qui s’illustre par la transparence, l’imputabilité et soumis à des sanctions lorsque c’est nécessaire.

En faisant le constat du pays qui «manque de capitaines d’industrie», Sonko, élu président du Sénégal, fera la promotion d’une « bourgeoisie industrielle nationale qui doit prendre le dessus sur une bourgeoisie compradore et/ou exportatrice, essentiellement attachée à réaliser les gains issus du commerce des biens primaires et souvent alliée à un État «d’affairistes» et à certains intérêts occultes étrangers.». Pour y parvenir, il exprime toute sa préférence pour un secteur privé structuré autour «d’un tissu dense et diversifié de petites et moyennes entreprises et industries (PME/PMI) adossé à des organisations patronales fortes et véritables moteur de croissance» dont les capacités financières et techniques seront renforcées par divers moyens dans un environnement de compétitivité juste et égalitaire.

Trouver les meilleures sources de financement pour une économie compétitive

L’ancien inspecteur des impôts et expert en fiscalité se trouve en terrain connu lorsqu’il aborde dans le livre le sujet des sources de financement de ses projets futurs. Il privilégiera la souveraineté financière du Sénégal et cela passe par des recettes fiscales améliorées et optimales pouvant atteindre au minimum 600 milliards par année. C’est à travers la rationalisation des exonérations fiscales accordées à des entreprises ou signées avec certains pays étrangers ainsi qu’une meilleure identification des nombreuses niches fiscales et une lutte farouche contre le gaspillage étatique que l’État peut relever le défi de son autofinancement. Avec des transferts qui atteignent 1000 milliards de Francs CFA, soit quatre fois plus que les investissements directs étrangers et deux fois plus que l’aide publique au développement, le transfert des migrants sera également un instrument non moins important du mécanisme de financement de notre développement national. Il s’agira d’orienter «ces flux, majoritairement utilisés pour une consommation courante à faible impact sur le développement économique et l’autonomisation vers l’investissement dans les créneaux phares de notre modèle économique.»

Par ailleurs, pour tirer suffisamment profit de nos ressources naturelles et permettre du même coup le cycle d’endettement chronique en devises étrangères dans lequel est entrainé notre pays depuis longtemps, Sonko préconise une «réappropriation de nos richesses minières et pétrolières» à l’instar de la Norvège. Pour y arriver, une réforme du cadre légal et une renégociation des contrats seront inévitables. «Dans l’intérêt du Sénégal et de son peuple meurtri, nous renégocierons tous les contrats miniers», tranche-t-il avant de donner l’exemple de réussite du Président bolivien, Evo Morales. Même défiance envers la zone CFA qu’il dit vouloir quitter. Pour se justifier, il explique : «Nous optons sans équivoque pour une sortie prudente de ce système exsangue car les banques centrales ayant perdu toute initiative de change, pour maintenir ce taux de réserves, compriment nos économies et réduisent l’activité interne par une limitation des émissions monétaires.» Avec toute la prudence requise devant une telle mesure du fait des nombreux enjeux qu’elle comporte, il explique de façon pédagogique toutes les étapes d’un scénario de sortie de la zone CFA et son option pour le lancement d’une monnaie sous-régionale dans le cadre de la CEDEAO. Et pourquoi ne pas disposer d’une monnaie locale sénégalaise? Sonko y pense également, car «le Sénégal possède tous les prérequis pour se doter d’une monnaie souveraine avec tous les attributs d’un instrument au service de son développement économique et social»

De plus, pour permettre une plus grande compétitivité de notre pays à l’échelle internationale, le candidat à la prochaine élection présidentielle diagnostique le mal qui ronge notre économie en pointant du doigt «la cherté du coût des facteurs de production tels que l’énergie, la main-d’œuvre, le financement, etc.» Ainsi, l’accès universel aux services énergétiques par le renforcement de la bonne santé financière de la SAR, l’investissement dans la formation technique et la recherche ainsi que la sauvegarde de notre stabilité politique et le développement du transport ferroviaire seront, entre autre mesures, qui seront priorisées pour faire du Sénégal un marché fort et incontournable.




Une plus grande justice sociale pour un Sénégal plus égalitaire et sécuritaire

À la lumière du processus ayant mené au développement des pays avancés, il apparait clairement, qu’entres autres éléments importants, l’investissement dans le capital humain demeure un des facteurs les plus déterminants pour permettre à une nation d’améliorer sensiblement les conditions de vie de sa population. L’homme détient sans aucun doute le pouvoir de sa propre destinée pour l’améliorer en permanence.

Des individus instruits comprendront mieux les défis du monde qui les entoure et ils sont davantage outillés pour prendre les bonnes décisions qui influenceront positivement leur vie et celle de leur entourage. En outre, l’instruction offre à ceux qui en ont bénéficié de plus grandes opportunités d’emploi et des revenus plus conséquents. Conscient de cet enjeu important, le président de Pastef-Les-Patriotes accordera une place de choix à une éducation publique de qualité accessible à toutes les couches sociales. Il propose ainsi de «légiférer pour la scolarisation intégrale et la définition d’un seuil minimal de leur maintien obligatoire à l’école.» Il précise toutefois que ce programme intégrera aussi bien l’enseignement laïc que l’enseignement religieux tout en intégrant, après une prise en compte des sensibilités ethniques, culturelles et géographiques, l’enseignement de nos langues nationales.

Il n’est pas nécessaire de rappeler aux Sénégalais les profondes disparités sociales qui caractérisent notre pays dans lequel un fossé sépare la petite minorité des privilégiés de l’écrasante majorité de la population qui vit dans une grande pauvreté. Ainsi pour réduire ces inégalités sociales, il entreprendra dans sa politique sociale «des initiatives résolues pour renforcer la solidarité nationale par une protection sociale pour tous, une redistribution équitable des richesses par l’impôt, une prise en compte des personnes vulnérables (troisième âge, femmes, personnes vivant avec un handicap) et enfin, une réglementation des principaux facteurs du coût de la vie.

Ainsi, un des derniers chapitres du livre est largement réservé à la politique sociale qui sous-tend la vision politique d’Ousmane Sonko. Par une solidarité et une plus grande protection sociale ainsi qu’à travers une redistribution équitable des impôts collectés et l’augmentation du pouvoir d’achat des plus démunis, le lecteur y trouvera des détails éclairants sur les modalités pratiques de réduction de l’injustice sociale. À l’attention des femmes, il dira par exemple : «L’inclusion de cette catégorie sociale et le rétablissement de l’équilibre genre se feront par des mesures visant à favoriser le maintien des femmes à l’école (surtout en milieu rural), le renforcement de leurs capacités à travers l’octroi de bourses d’excellence et l’égalité d’accès aux droits fonciers..»

Parlant de la double menace qui pèse sur le territoire physique (forêts, couvert végétal, pollution, menaces sur le littoral, déchets rejetés, etc.) et sur la paix et la sécurité des citoyens (criminalité, terrorisme, accidents de la route, etc.) l’auteur de «Solutions» propose un modèle «durable» qui protège l’environnement tout en générant des bénéfices économiques et sociaux, en plus d’une protection de la population qui passe par une «protection militaire pleine et entière du Sénégal sur son territoire.»

Dans l’avant dernier chapitre du livre intitulé «Réconcilier nos identités, repenser les leviers communautaires, privilégier l’Afrique et se diversifier», Sonko propose une institutionnalisation des rapports entre l’État et la religion qui passe par «le financement du culte, en inscrivant et en faisant voter formellement par l’Assemblée nationale, des crédits budgétaires annuels destinés au financement officiel du culte.» et la mise en place d’un cadre institutionnel «dans lequel toutes les composantes religieuses et coutumières du pays seraient représentées, qui sera saisi de toutes les questions importantes pour la nation, avec avis consultatif.»

Pour conclure, «Solutions» est un livre de cœur et d’espoir, sommes-nous tentés de dire, qui nous rappelle que le sort peu enviable de notre pays n’est pas une fatalité et qu’on dispose, aussi bien par le capital humain que par les nombreuses ressources naturelles, de toutes les conditions nécessaires pour le sortir du gouffre dans lequel il est plongé depuis fort longtemps.

Limiter ce livre de 233 pages à un simple pamphlet de déclinaison d’une vision politique n’est pas lui rendre service, il s’agit plutôt d’une source bibliographique inespérée pour toute personne qui nourrit un amour profond pour le Sénégal et qui lui cherche des solutions pour le sortir de sa léthargie sociale et économique.




Lamine Niang

nianlamine@hotmail.com

Bonnes performances en club: Sadio Mané livre ses secrets

YERIMPOST.COM Sadio Mané réussit un très bon début de championnat avec son club Liverpool. En regroupement avec la sélection, pour Madagascar-Sénégal de dimanche prochain, l’international sénégalais est revenu sur ses belles performances qui lui ont valu le sacre de meilleur joueur du mois en Angleterre. « Ce n’est pas la première fois que le dis : c’est le travail mon secret, a-t-il confié aux journalistes, à Paris, à l’issue de la deuxième séance d’entraînement des Lions. C’est ce que je fais tous les jours. Je ne mets pas la pression, je travaille et je reste sérieux.»

Approvisionnement en moutons: le DG de l’Elevage livre les chiffres

YERIMPOST.COM Le marché sera ravitaillé, à suffisance, en moutons. Actuellement, 248 000 bêtes sont disponibles. C’est le directeur de l’Elevage qui donne l’assurance. Docteur Dame Sow a livré les chiffres du nombre de moutons déjà présents sur le territoire national. À l’en croire, 153 000 moutons en provenance de la Mauritanie, du Mali, du Niger, sont entrés au Sénégal. Dakar enregistre le plus grand nombre avec 67 000 moutons.




Reste à savoir, quelles bourses pour quels moutons ?

Candidature de Khalifa Sall à la présidentielle: Tanor Dieng livre son avis

YERIMPOST.COM Ni pour, ni contre, aucun avis sur la candidature de Khalifa Sall à la présidentielle. La posture adoptée par le secrétaire général du Parti socialiste. Ousmane Tanor Dieng, qui estime que chaque citoyen a le droit de présenter sa candidature, n’en a pas dit davantage l’édile de la capitale sénégalaise qui, jadis, était son lieutenant. Aphone depuis l’emprisonnement de Khalifa Sall, Tanor se limitera à confier à nos confrères de L’As: « Nul n’est au-dessus de la loi. Ce n’est pas Macky Sall qui juge, emprisonne ou libère. Cela n’est pas du ressort du président de la République… Je n’ai pas l’habitude de commenter une affaire pendante devant la justice. Que la justice fasse son travail, l’Assemblée aussi et c’est le Sénégal qui y gagnera ! »



Combat Royal: le promoteur livre les cachets… surprenants

YERIMPOST.COM Pas moins de 300 millions ont été dépensés dans le combat royal qui a opposé Eumeu Séne à Borbardier le 28 juillet passé. C’est le promoteur qui le dit. Contrairement à ce qui a été supputé, le patron de Lewto production, Pape Thialiss, n’a pas versé dans la surenchère pour décrocher ce combat. Il a bien payé en dessous de ce qui a été proposé par le premier promoteur de ce duel. « Eumeu Sène et Bombardier ont perçu chacun 60 millions de F Cfa », a-t-il révélé. Pape Thialiss a précisé dans les colonnes de Les Echos : « Nous ne sommes pas venus pour faire de la surenchère. Si on prend le combat royal, le promoteur qui y était avant nous avait casqué 80 ou 85 millions francs, nous avons par contre payé 60 millions à chaque lutteur. Vous voyez, les gens ne comprennent pas. Nous ne sommes pas là pour payer des cachets de 100 ou 200 millions ».


Escroquerie aux visas: Mamadou Soumaré livre un récit renversant devant les enquêteurs

YERIMPOST.COM Mamadou Soumaré, chambellan du porte-parole du khalife général des mourides, sera déféré au parquet ce mercredi 1er août. Des révélations qui risquent de secouer la communauté sont attendues de la bouche de cet homme qui a profité de sa proximité avec Serigne Bass Abdou Khadre pour escroquer.

Mais, déjà, de sa garde à vue, il ressort des aveux renversants. Dans ses déclarations devant les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (Dic), Mamadou Soumaré a reconnu les faits qui lui sont reprochés mais a toutefois tenté de minimiser son rôle dans cette affaire d’escroquerie aux visas. Selon lui, c’est un ancien vendeur de tissus, membre de la protection de Serigne Bass Abdou Khadre du nom de Alassane Touré, qui est le cerveau. Bénéficiant d’une lettre recommandée de Serigne Bass qui lui avait permis d’avoir un visa long séjour pour la France, Alassane Touré a eu l’idée de le mettre à contribution pour scanner l’entête et la signature du marabout aux fins de décrocher des visas pour des candidats à l’émigration. Un deal qui a permis à pas moins de 40 personnes de rejoindre le pays de Marianne, moyennant la somme de 2 500 000 francs versée par chacune.

Toujours dans ses révélations, Soumaré avouera avoir empoché la rondelette somme de 14 millions et un véhicule de type 4X4 qui a été saisi par les limiers et que tout passait par le nommé Alassane Touré qu’il signale en Chine. Si l’on en croit ses déclarations, Touré avait également deux complices dont il ignore les noms.



Vidéo+texte: «African Tour 2018» en Mauritanie : Coumba Gawlo livre le contenu de son projet

« African Tour 2018 » en Mauritanie : Coumba Gawlo livre le contenu de son projet
En présence des partenaires du projet et officiels mauritaniens, Coumba Gawlo a dévoilé les secrets du programme « African Tour 2018 » , revenant face aux journalistes sur les enjeux de l’Autonomisation des femmes et la capture du Dividende démographique.




Des thèmes portant sur la scolarisation des filles, l’autonomisation des femmes, la lutte contre les violences basées sur le genre et le mariage des enfants, les mutilations génitales féminines, seront revisités et discutés avec des personnes ressources durant le forum. En droite ligne de ses combats sociaux, ce programme rejoint celui déroulé à Dakar avec des artistes de plusieurs pays de la sous-région, dont MounaMintDèye de Mauritanie, car selon Coumba Gawlo, ce combat citoyen et de sensibilisation, nécessite dans chaque pays, des artistes-sentinelles, pour entretenir le flambeau. Appelant à la culture de l’esprit citoyen et patriotique pour aider au développement du continent africain, l’artiste expliquera sa partition dans la lutte pour la maitrise des naissances et les droits à l’éducation.
Coumba Gawlo dira que la fécondité est une question de bon sens surtout quand les moyens ne suivent pas dans le couple. Des réalités existentielles qui nécessitent, selon l’artiste, un réveil mental des populations sur l’espacement des naissances, les mariages précoces et grossesses non désirées, mais aussi le droit à la scolarisation, surtout pour les filles.
Relativisant le manque de soutien des institutions internationales et entreprises privées envers les artistes, Coumba Gawlo conseillera à l’étude et à la proposition de projets culturels viables, avec des contenus bien ciblés, pour accrocher les partenaires. C’est la même stratégie d’approche durant les plaidoyers et visites de terrain, surtout par rapport sujets tabous, qui expliquent les résultats obtenus par Coumba Gawlo qui s’appuiera sur son vécu et son expérience pour expliquer le rôle et la vocation des artistes dans la conscientisation. Citant en référence sa visite au Niger où la tradition est vivace, la présidente de l’association « Lumière pour l’Enfance Coumba Gawlo » dissertant sur son sujet favori, rappelera le programme déroulé récemment à Dakar avec le slogan « Ensemble pour construire l’Afrique », pour expliquer l’importance du ciblage dans des campagnes à impact populaire. Son expérience à Khossanto, à 900 km de Dakar, dans l’enfer des « filles séquestrées » au niveau de la zone aurifère nord du Sénégal, sera servie à la presse pour démontrer son engagement à lutter pour les droits de l’homme et la protection des cibles vulnérables. C’est aussi, aguerri de ses expériences comme ambassadrice des Ong Onusiennes, qu’elle livrera les secrets gagnants des partenariats avec les institutions privées avant de déclarer, attendre, le bon parti mauritanien, promis par l’artiste Mouna Mint Dendeni.



Diao Baldé livre ses impressions sur le Mondial

« Je suis sûr qu’avec ce que nous avons montré dans cette Coupe du monde, nous méritons le respect de toutes les équipes du monde. On s’est fait sortir sur des cartons. Donc, on peut dire que c’’est par manque de chance », a déclaré l’attaquant d’As Monaco.

Au plan personnel, Diao Baldé a jugé positive sa seule apparition au Mondial, contre la Colombie : « Je pense que j’ai fait un bon match. J’étais présent sur le travail défensif. Sur le plan offensif, j’ai réussi à me créer quelques occasions et délivrer quelques passes. Je vais continuer à travailler pour progresser et pouvoir répondre aux attentes de l’entraineur ».

Cependant Keïta Diao Baldé admet n’avoir pas apprécié d’être resté sur le banc des remplaçants lors des deux premiers matches des Lions en Coupe du monde. « Je pense que tous les joueurs sont comme ça, signale-t-il. Nous avons tous envie de jouer le maximum de match pour apporter un plus à l’équipe. Maintenant, je reconnais que j’étais un peu frustré d’être sur le banc ».


Sénégal: le projet d’université arabo-islamique livré aux salafistes ? (Bakary Sambe)

Ces derniers jours, circule une information selon laquelle l’État du Sénégal aurait cédé 70000m2 au fondateur de la Faculté africaine des études islamique, considéré comme la figure de proue du salafisme wahhabite au Sénégal, afin qu’il transforme ladite faculté en une plus grande université. C’est Dr. Mohammed Ahmed Lô, fondateur du Dârul Istiqâma, lui-même qui en a fait l’annonce lors d’une intervention à l’Université Islamique de Médine, en Arabie Saoudite, d’après une information rapportée par un site d’information en arabe[1]. Le choix du lieu de l’annonce ainsi que les destinataires du message prouve que le risque est gros de voir ce projet agité depuis des années tomber dans l’escarcelle d’une puissance étrangère, l’Arabie Saoudite, pour une question aussi sérieuse que l’enseignement supérieur dans notre pays tout de même souverain.




Si Timbuktu Institute a toujours appelé au respect de la diversité religieuse et de la liberté de culte et de religion, il ne pourrait s’empêcher de se questionner sur les dessous d’une telle décision de l’État du Sénégal qui, si elle était avérée, pose, au moins, trois problèmes :

1_  Bien fruit des différents efforts d’intégration des « arabisants », le projet même d’une université arabo-islamique,  ne fera qu’accentuer la dualité du système éducatif et marginaliser davantage les arabisants et cela a été notifié aux autorités depuis que cette idée a été lancée. A l’ère de la mondialisation et de la globalisation, à l’ère du règne de la technologie et du digital, au moment où notre pays a de plus en plus besoin de personnes formées dans les sciences les plus diverses, allant des mathématiques aux études nucléaires en passant par la chimie et la physique quantique, enfermer les arabisants dans le carcan du théologisme et de la littérature arabe n’est pas le meilleur choix pour réparer l’injustice qui serait faite aux arabisants. Les pays arabes eux-mêmes se sont détournés de cette voie depuis très longtemps. L’État doit, justement, veiller à ce que ces arabisants puissent avoir droit aux mêmes chances que tous les autres sénégalais formés dans le système dit francophone et leur offrir toutes les possibilité de s’ouvrir aux sciences sociales et à l’esprit critique.

2_ La personne à laquelle l’État aurait cédé cette surface étendue de terrain dans la « nouvelle ville » est connue pour avoir été l’un des premiers à planter les germes de la contestation parfois haineuse de l’islam confrérique dans le pays de Cheikh Oumar Foutiyou Tall, de Seydi Elhadji Malick Sy et de Serigne Touba ne serait-ce que dans son ouvrage connu sous le titre de Taqdîs al-Ashkhâç fil fikr al-Sûfî (Sacralisation des personnages dans la pensée soufie). Ainsi, en lui facilitant l’élaboration d’un tel projet, sans aucun appel d’offre ou manifestation d’intérêt préalable ou même consultation des différentes familles religieuses du pays, on ne fait qu’accentuer l’importation et une plus grande implantation de l’islam salafiste et wahhabite au Sénégal. De ce fait, l’État risque de contribuer à la formation de personnes dont les discours et idéologies pourraient porter atteinte, de manière irréversible, à la cohésion nationale et au contrat social sénégalais. Cet islam n’a produit qu’extrémisme et violence là où il s’est imposé et l’Arabie Saoudite elle-même tente de s’en débarrasser pour se donner une meilleure image internationale. Les derniers procès de présumés terroristes sénégalais ont bien montré, dans les aveux des prévenus, que c’est le rejet de cet islam soufi comme élément stabilisateur qui a conduit des jeunes sénégalais à aller s’inspirer de Boko Haram et de ses thèses au Nigéria.

3 _ Enfin cette décision de l’État du Sénégal, si elle s’était avérée, nous pousse à nous poser la question suivante : « le gouvernement est-il en train de livrer le projet de l’université arabo-islamique aux salafistes avec tous les risques que cela comporte pour la stabilité et la sécurité de notre pays ? »

Si tel était le cas, un tournant majeur s’annonce pour une irréversible salafisation de l’islam sénégalais. Comment expliquer que notre pays connu pour son islam de paix et de concorde puisse favoriser la fondation d’une université où, tout laisse à croire, qu’on y enseignera la négation de la diversité des réalités islamiques en imposant, à jamais, la doctrine salafiste wahhabite comme seul modèle d’islam ayant droit de cité ?

De plus, comme nous l’avons toujours défendu, si une université arabo-islamique devrait voir le jour, cela devrait être sous le strict contrôle du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche avec un curriculum adapté aux réalités du Sénégal et conçu par nos propres enseignants chercheurs en dehors de toute influence étrangère.

Rien que pour la cohésion nationale et la préservation d’un modèle islamique épris de paix, il ne peut être accepté la construction d’une université enseignant à nos enfants que Seydi Elhadji Malick Sy, Cheikh Ahmadou Bamba, El Hadji Ibrahima Niass ainsi que les fondateurs des différentes confréries, étaient des « égarés », des « musrikûn », associateurs dont l’œuvre et l’action « impures » seraient aux antipodes de l’islam.

Sinon, tout porterait à croire que l’Etat du Sénégal, malgré toutes les réserves que nous avions émises, viendrait à abandonner le projet d’Université arabo-islamique et de le livrer aux salafistes et aux missionnaires wahhabites, ce qui serait dommageable pour notre cohésion sociale, notre sécurité et même celles des pays voisins.




Un pays ne peut construire une citoyenneté avec un système éducatif dual, à plusieurs vitesses et à destination incertaine. L’école unifiée et unificatrice dans son curriculum malgré la diversité des langues d’enseignement, reste le ciment national indispensable à l’émergence d’une conscience citoyenne. A l’heure des périls et des menaces dans la sous-région, on ne peut se permettre de prendre le risque de livrer l’éducation à l’influence de puissances étrangères – qu’elles soient d’Orient ou d’Occident – avec des agendas qui recoupent rarement nos propres préoccupations.

Dr. Bakary SAMBE, Directeur de Timbuktu Institute

Dr. Seydi Djamil Niane, Chargé de Recherches à Timbuktu Institute

 

 

[1] La vidéo de sa déclaration, en arabe, pourrait être visualisée sur ce lien https://www.youtube.com/watch?v=hD7dx_3ZNTE [lien consulté le 11/06/18].

Note de lecture: Monsieur le Président, nous avons lu votre livre ! (Amadou Lamine Sall)

D’abord, souhaiter, avec respect, que cet ouvrage publié chez Michel Lafon et admirablement bien conçu techniquement -le même éditeur, en son temps, du Président Wade- que votre ouvrage donc, dont le premier tome fait ici l’objet de notre humble lecture, soit publié un jour, si cela était envisageable, en livre de poche, pour être accessible au plus grand nombre des Sénégalais lettrés, avec des versions dans les langues nationales. Puissent les trois tomes, si cela pouvait également être envisagé, être  rassemblés en un seul tome afin de servir de « livre rouge » pour l’histoire. Nous souhaitons que ce travail puisse être confié, le moment venu, s’il était validé, à un rigoureux collectif d’éditeurs sénégalais.




Nous avons pu donc, Monsieur le Président, parcourir le premier tome de vos réflexions, sous le titre: « CONVICTION RÉPUBLICAINE Discours sur le développement ». Vous avez choisi le singulier à la place du pluriel. C’est encore plus puissant. Et d’ailleurs, la République n’est qu’une ! Vous y évoquez les institutions, la gouvernance, la paix, la sécurité, le développement et d’autres thèmes non moins prégnants qui touchent à la vie de la nation et les questions brûlantes qui tiennent éveillées la communauté internationale. Permettez-nous de saluer bien affectueusement votre Conseiller Spécial Abdoul Aziz Diop. Homme apaisé, respectueux et érudit, qui, après notre récital poétique musical au centre culturel français le 8 mai 2018 dernier -animé par l’Orchestre Symphonique du Sénégal créé par Modou Kara Mbacké, orchestre, hélas, très peu connu- nous a remis, en public, votre ouvrage. Celui-ci est attirant par sa  couverture flamboyante illustrée par une reposante photo de notre Président que nous aimerions voir souvent avec ce visage sucré et rieur qui fait tant de bien, loin des tempêtes et des orages politiques et qui contraste avec celui grave et solennel dont nous nous sommes habitués. Charge oblige !

En nous remettant votre ouvrage, notre frère Aziz, comme il sait le dire avec élégance, nous a invités à un échange contradictoire constructif, au seul bénéfice de notre pays et du renforcement de sa démocratie. C’est à cet exercice que nous tentons ici de répondre, non comme un expert infaillible et prétentieux, mais comme un citoyen libre et fort humble qui porte cependant « souverainement » son regard sur sa société dont il entend battre chaque matin, chaque soir, le cœur social, économique, culturel et politique souffrant. Nous sommes peu nombreux sans doute,  de ceux qui croient que les peuples ne devraient pas seulement retenir de leurs gouvernants leur échec à ne pas les rendre prospères et heureux. L’intérêt général devrait primer, à condition que celui-ci ne serve pas outrancièrement, en premier et toujours, les gouvernants. Cette image est hélas la plus répandue.

Mais venons-en justement à votre ouvrage, Monsieur le Président, votre ouvrage qui porte votre programme théorique de gouvernance, c’est à dire les petits et les grands discours qui tracent votre vision globale et expriment vos vœux de servir et votre peuple et l’Afrique et le monde, dans une pratique de gouvernance qui réponde à ce que la meilleure des démocraties puissent offrir. En un mot, comment le contenu théorique de votre riche ouvrage s’est-il traduit dans la pratique de votre 1er mandat ?




Dans votre Avant-propos, vous évoquez d’abord «votre plume » en ces termes : « …je ne me sépare jamais de ma plume. Je m’en sers tout le temps pour signer un avis, un arrêté, un décret…je m’en sers aussi pour écrire ou pour corriger ce que j’ai demandé à mes collaborateurs de rédiger… A force d’écouter, d’entendre, de lire, de relire, de corriger et d’écrire moi-même, l’idée de systématiser certaines de mes prises de position engageant la collectivité toute entière m’a plus d’une fois traversé l’esprit… ». Et puis vous évoquez le formidable travail de conviction du Secrétaire général de la présidence de la République, le ministre Maxime Jean Simon Ndiaye, qui vous a poussé à « dissiper un doute » au terme duquel vous affirmez ceci: «… l’essentiel de mes adresses sur tous les thèmes d’intérêt général peut enfin être mis à la disposition du public ». Vous ne manquez pas aussi de saluer « l’esprit d’équipe », « la contribution exceptionnelle » de votre Secrétaire général et de votre Conseiller spécial Abdoul Aziz Diop « à la conception et à la réalisation » de votre ouvrage. Bel hommage ! Touchante humilité !

Vous résumez vos ambitions démocratiques en écrivant ceci: « Sous l’éclairage du Siècle des lumières, c’est en effet un enfant de la France, Montesquieu, qui enseignait que contre les risques d’abus du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. Il en est ainsi parce que c’est dans la vertu de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs que l’idéal de démocratie s’incarne et se revitalise à l’épreuve du temps ». Vous êtes au Sénat français le 20 décembre 2016 quand vous prononcez ces mots. Cette confession semble vous tarauder tout le long de votre ouvrage et tout le long de vos nombreux discours et prises de paroles au Sénégal et de par le monde. Le renforcement de la démocratie vous préoccupe. Vous écrivez, parlant du renforcement de l’État de droit en Afrique: « Parce qu’il ne s’agit pas seulement de textes à adopter et d’organes à créer, mais surtout de réticences à vaincre et de comportements à changer ». Comme vous avez raison, mais les évolutions vont à dos d’âne en Afrique et les gouvernants en sont les premières abominables causes! Et sans tarder vous ajoutez que « Dans ce combat inachevé sur plusieurs fronts, il est fort utile d’engager le débat, d’échanger nos points de vue et nos expériences respectives pour améliorer nos perspectives ». Hélas, l’Union Africaine aurait dû être un de ces puissants réceptacles. Elle ne l’est point comme elle devrait l’être et c’est triste, sinon désespérant, depuis près de 60 ans d’indépendance ! Pour notre part, il serait utile de faire le bilan du chemin parcouru au Sénégal, non pas d’ailleurs seulement sous votre 1er mandat, mais depuis les longs mandats de Senghor. Ce bilan ne saurait être fiable que s’il est porté avec rigueur et honnêteté par les organes et organismes indépendants de compétence nationale, africaine et internationale, hors du gouvernement, même si c’est son rôle de porter dans la continuité de l’État ce bilan, hors des partis politiques claniques. Partout, nous devons  apprendre à nous soumettre à l’évaluation, au-delà du seul travail des gouvernements qui ne s’arrêtent souvent qu’au satisfecit face aux performances et résultats de nos institutions, face au respect ou non de notre démocratie. Il y faut beaucoup d’indépendance, beaucoup de vertus, beaucoup de courage et d’engagement au service du peuple, beaucoup de responsabilité. Pour plaider et convaincre d’une gouvernance juste et éthique, il faut à un Chef d’État ou un gouvernement beaucoup de renoncements, de dépassements, de courage. Il est rare dans la gouvernance mondiale, quel que soit le pays, qu’un Chef d’État ou qu’un gouvernement mette également en exergue ses failles, ses échecs, ses fautes. Et pourtant, comme cela ferait du bien aux gouvernés d’entendre de ceux à qui ils ont confié leur destin, qu’ils n’ont pas tout réussi et qu’il leur faut encore travailler davantage.

Il a été réconfortant de vous entendre dire et témoigner à propos de la « Charte de gouvernance démocratique » établie par les « Assises nationales » pour un « Sénégal nouveau », et dont vous précisez que vous l’avez signé après vous en être imprégné: « Cinq ans après mon élection  à la Présidence de la République (…) il convient de montrer que mon discours et mon action, à défaut d’une conformité parfaite qui ne tiendrait pas compte de ma propre trajectoire et des réalités politiques, économiques et sociales de 2012, cadre avec l’essentiel des indications phares de la Charte ». Des observateurs pointus et libres vous diraient: « Non Monsieur le Président ! Vous avez plutôt choisi ce qui vous était essentiel. Votre référendum du 20 mars 2016 a fait un tri partial, même si des acquis indéniables ont été conquis, comme la généralisation de la candidature indépendante à tout type d’élection. Cela, l’histoire le retiendra. » Vous écrivez et ajoutez encore ceci: « Les signataires de la Charte comme moi ambitionnaient de « mettre un terme à la tendance à la concentration excessive des pouvoirs à la Présidence de la République » et « à toute immixtion du Président de la République dans le fonctionnement du législatif et du judiciaire ». Les Sénégalais jugeront ou ont déjà jugé si vous avez donné suite ou non « à la concentration excessive des pouvoirs à la Présidence de la République, sans compter l’immixtion du Chef de l’État dans le législatif et le judiciaire. » Pour cette dernière, on pourrait vous demander pourquoi avoir renoncé à vous décharger de vos fonctions de Président du Haut Conseil de la Magistrature et de laisser la justice se gouverner au lieu d’être gouvernée ? Pourquoi, par ailleurs, le statut de l’opposition entériné par le Référendum tarde t-il encore à être concrétisé dans les actes ? N’est-ce pas s’arrêter à la théorie et aux bons vœux que de penser également qu’une Assemblée nationale largement acquise à la majorité présidentielle, évaluera sans état d’âme les politiques publiques mises en œuvre par votre gouvernement ? Quelque chose coince dans le mécanisme, mais ce qui coince pourrait ne pas toujours  relever de vous, car tout pouvoir rêve de détenir les moyens de sa gouvernance et tant mieux si vous avez la majorité à l’Assemblée nationale, ce qui vous permet de mettre en œuvre votre politique de développement comme élu légitime du peuple qui attend beaucoup de vous ! Demain, d’autres, arrivés au pouvoir, mettront sans doute « toute » la Charte en application. La suite des « réalités politiques » -c’est votre propre expression- démontrera si les propositions les plus audacieuses et les plus innovantes des « Assises nationales » donneront une démocratie plus avancée, avec des pouvoirs qui enfin arrêtent des pouvoirs. Revenant à l’indépendance de la justice, telle que l’on croit qu’elle le sera mais surtout qu’elle s’exercera, vous avez reçu en ce mois de mai 2018 un rapport des corps de la justice, dont on ne connaît pas la suite que vous allez lui réserver. Attendons de connaitre la fin de l’histoire.

Tout le monde ou presque rêve de l’indépendance des juges, sans savoir ce qu’il en adviendra. N’en vivons nous pas déjà un avant-goût, sans oublier les hurlements de l’opposition face à une Cour constitutionnelle se réclamant trop souvent,  avec agacement, « non compétente » ? La justice n’est-elle pas déjà indépendante quand on sait que l’article 92 de la Constitution prescrit, comme vous le rappelez d’ailleurs vous-même à la page 42, que « Les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucune voie de recours » ni de la part du président de la République, ni de l’opposition, ni d’un quelconque citoyen ? Pourquoi, pour éviter le soupçon de partialité des juges et celui de la mainmise du Chef de l’État sur eux, ne pas partager équitablement leur nomination  entre le président de la République et le chef de l’opposition reconnu par la loi, ou toute autre formule impartiale ?
Vous avez, par ailleurs, donné votre explication sur votre renoncement à la promesse de vivre un quinquennat à la place d’un septennat. Vous écrivez, page 43, « …le Conseil constitutionnel considère que le mandat en cour au moment de l’entrée en vigueur de la loi de révision, dont la durée, préalablement fixée dans le temps, et par essence intangible, est hors de portée de la loi nouvelle ». En un mot, votre promesse a été vaincue par la loi constitutionnelle. La polémique a été pénible, mais entre votre promesse et la loi, vous avez choisi la loi. Sur les pages d’histoire de votre vie de Chef d’État, cette posture a déjà son signet. La postérité jugera. Aujourd’hui, nous sommes des acteurs trop près du feu, pour  être sans doute  équitables.

Monsieur le Président, êtes-vous au courant qu’un étrange personnage parcourt le pays et tient un langage singulier et énigmatique aux foules qui l’écoutent: « Dites au Président que des enfants trop vite grandis racontent l’histoire admirable d’un guide qui avait tenu un testament moral mais que les lois de la République ne lui avaient pas permis d’honorer. Alors, tenaillé par l’éthique, il décida sans que personne ne sut le prévoir ni l’imaginer, de ramener à « trois » tables les « cinq » qui lui étaient dressées, quand il remporta son second mandat. Il avait ainsi tenu à rétablir sa souveraineté morale propre sur celle de la République et démontrer aux hommes, contrairement à ce qu’ils croyaient, que sa parole était d’or et que cette fois-ci, c’est lui qui avait imposé son verdict aux lois, attristé ses partisans, dérouté ses adversaires, ému son peuple aux larmes, ce peuple qui en le réélisant pour un second mandat, ne lui avait pas tourné le dos comme on voulait le faire croire » !

Nul élu à la magistrature suprême ne saurait tout réussir au cours de ses mandats constitutionnels ! Les premiers comme Senghor, moins formés en économie mais maitrisant la prospective et la méthode, ont bâti à la fois une république et une nation, installé des fondamentaux, c’est à dire des valeurs, une discipline, une rigueur, une autorité républicaine, une morale et une éthique de gouvernance d’où étaient exclus le pouvoir de l’argent mal acquis, la médiocrité érigée abjectement en promotion, le manque hilarant de culture et de finesse d’un si grand nombre d’hommes politiques. Oui, c’est un poète  -et les poètes font sourire- qui a érigé le Sénégal en République, qui lui a donné un hymne national et un drapeau, mis en symbiose toutes les spiritualités, forgé une école et une université au savoir-faire et au savoir-être retentissants, érigé et proclamé une armée nationale invincible, inapte a commettre des coups d’État militaires, parce que tenue par des officiers et des sous-officiers formés au latin et au grec en plus des mathématiques et de la physique. Une république était posée pour résister, à ce jour, à tous les séismes, jusque sous Macky Sall. Mais le temps faisant, le Sénégal a changé, muté même. Et c’est là, Monsieur le Président, que nous comprenons mieux vos inquiétudes quand vous invoquez Montesquieu pour que « le pouvoir arrête le pouvoir », à moins que ce ne soit le peuple qui arrête le pouvoir.

Tous les Présidents sénégalais ont écrit des livres. Vous venez de poser théoriquement dans un livre les fondements de votre gouvernance politique, en reproduisant et laissant parler vos discours. Senghor avec sa série des « Liberté » et par une haute et fine réflexion à la fois politique, idéologique, sociale, philosophique même, avait défini ses champs d’actions. Abdou Diouf a écrit ses mémoires qui ont fait polémique. Il a choisi le moins réflexif en nous racontant dans un fauteuil son parcours singulier et si rare, qu’il ressemble à un conte de fée !  Abdoulaye Wade a porté rageusement le combat panafricaniste de l’Afrique. Il a beaucoup théorisé et indiqué des chemins de sortie du colonialisme comme du néocolonialisme. Il fut un redoutable débatteur. Professeur comme Senghor, ils sont allés tous les deux taquiner les forces et les ruses de la pensée et des idéologies dominantes.

Mais revenons à vous, à votre ouvrage, Monsieur le Président.
Votre livre est dédié, comme vous l’écrivez, à vos  concitoyens. Avoir pensé à eux, est un acte républicain touchant. Ils vous ont mis là où vous êtes aujourd’hui. C’est eux également qui décideront en février 2019 de vous garder ou non au pouvoir.




Vous vous prononcez sur l’Administration sénégalaise en commençant fort votre propos: « Ce n’est qu’avec la vérité et la franchise drapées d’un courage résolu, que l’on vainc les hésitations et les résistances. » Et vous assénez sans faire trembler votre plume: « Les agents de l’État doivent adopter le culte du résultat, et cultivez davantage la probité, la loyauté, l’humilité, le respect et la courtoisie. » Vous dites: « S’adapter pour être une administration de développement ». Nous savons tous, hélas, ce qu’est devenue l’Administration sénégalaise. Elle a sombré ou presque, comme l’école sénégalaise. Le Président Abdoulaye Wade n’y était pas allé par quatre chemins. Son raccourci était  détonnant: « On a jamais vu une administration développer un pays ! ». Et paf ! Comment guérir et faire face à ce mal ? La réponse n’est pas aisée. Elle trouve son malheur dans ce que sont devenues nos écoles d’administration dans la formation des cadres de la hiérarchie A et B. Le niveau n’y est plus, dit-on, à tort ou à raison. Il s’y ajoute nos postures culturelles propres dont certaines desservent plus qu’elles ne servent l’Administration. On ne travaille pas, on fait semblant de travailler. Et puis vient la corruption, ce cancer âpre à extirper que de maigres salaires face à des ambitions démesurées, des « paraître » et des charges sociétales vaniteusement assumées, nourrissent. L’honneur et la probité ont baissé les armes. Il s’agit non de vivre mais de survivre et à tous les prix. On a égorgé tout sentiment de honte, assassiné toute dignité. Il faut alors réformer l’Administration, Monsieur le Président, la rapprocher des usagers dans vos propres choix de mots: « l’efficacité », la « simplicité », la « performance ». Il faut en effet  la moderniser pour qu’elle puisse échapper à l’appétit féroce de ceux qui se servent au lieu de la servir. Il s’agirait de procéder à une véritable révolution où les responsabilités seraient renversées afin de faire de l’usager l’arbitre, le veilleur de jour, pour une Administration plus surveillée, plus transparente, plus pratique, moins honteuse et irresponsable. Innovez Monsieur le Président ! Vous en avez le pouvoir et la charge ! Déménager vos ministères à Diamniadio est déjà une révolution ! Donnez en location au privé le building administratif rénové, ancien siège « fédéral » de vos ministères. Il rapportera à l’État des dividendes pour sa trésorerie qui tirerait moins la langue. Sous la même formule, avec des clauses d’occupation souveraine chaque fois que de besoin, délestez l’État de certaines charges et faites rentrez de l’argent dans ses caisses. Nous pensons à la cession des stades L S Senghor, Demba Diop, le Grand Théâtre, la future arène de lutte, le Centre international Abdou Diouf.

Quand vous évoquez votre politique et votre vision de l’agriculture sénégalaise, on se plaît à vous lire. Et là, vous avez réussi Monsieur le président de la République, sans doute parce que vous avez fait le bon choix en nommant un ministre hors des partis politiques, donc moins distrait, moins concentré, moins soumis et moins envahi par la terrifiante fourmilière du parti, mais surtout un ministre reconnu par la communauté internationale et dont l’expertise a été saluée par nombre de fonctions pointues occupées dans le domaine de la recherche, par nombre d’universités et d’académies de par le monde. L’agriculture est un poumon fragile et il est le premier moteur, avec l’industrie, du véritable développement. Vous le dites d’ailleurs si bien: « En premier, la modernisation de l’agriculture (…) sera bâtie sur notre vision d’une agriculture multifonctionnelle au triple plan de la sécurité alimentaire, de la génération de revenus pour les populations rurales et de la protection de l’environnement ». Dans la difficile lutte contre le chômage, donnez des bras à l’agriculture, attirez la jeunesse vers elle, non seulement en la formant à court terme, mais en offrant des emplois à cette multitude qui attend devant les interminables théières ou entassée dans des amphithéâtres bouchés, en créant des projets comme: « Un hectare, dix jeunes ! ». Il s’agit d’affecter des terres à un groupe de jeunes, dans toutes les régions du Sénégal, et de les accompagner pour un temps dans leur exploitation, avant de les laisser s’autogérer à la sueur de leur front !

Votre ouvrage, Monsieur le Président, aborde, encore une fois de plus, les institutions, la gouvernance, la paix, la sécurité, le développement. Vos discours reproduits sur chacun de ces axes donnent dans votre livre un éclairage heureux. Pour ce qui est de la paix comme de la sécurité, vous avez accompli de grandes avancées. La Casamance que nous aimons tant s’était tue. Ce n’est que « récemment », quand vous avez évoquez la rébellion dans un de vos messages à la nation, que le feu a repris, si étrangement, comme si les deux étaient forcément liés, comme certains observateurs l’ont relevé sans trop y croire. Mais la paix, vous la cultivez. Elle est sincère en vous. Prions mais travaillons encore plus pour la conforter, pour l’installer durablement depuis l’indépendance, dans notre pays. Mais la paix, Monsieur le Président, cher écrivain, c’est aussi la justice. Il ne peut exister de paix sans justice. Il ne peut exister également de justice sans liberté. Alors, pour vous protéger, pour installer le président de la République hors de tout soupçon d’ingérence, et pour donner l’exemple en Afrique et au-delà, prenez la mesure de l’histoire en répartissant courageusement et noblement le pouvoir, pour votre gloire, afin que celui-ci arrête réellement le pouvoir, comme vous l’écrivez vous-même et comme vous le souhaitez, malgré les obstacles qui ne manquent pas pour vaincre cet adage qui dit que « le pouvoir ne se partage pas » !

La sécurité est de nos jours inséparable du terrorisme. Vous vous prononcez en écrivant ceci: « …le terrorisme a tendance à se sanctuariser en Afrique, parce que ses cerveaux, agissent en réseau, considèrent le continent comme le ventre mou du système international ». Tout est dit ! L’on susurre dans les salons des Grands Blancs à Dakar, que le Sénégal, depuis Senghor, est doté du meilleur système de renseignements à la dimension de ceux des pays les plus développés. Ce système que vous avez renforcé en femmes et hommes de terrain et équipé des plus performants outils technologiques, veille sur nous et préserve notre pays du grand mal. Notre défense nationale est notre premier bouclier de sécurité !

Vous évoquez dans votre livre un sujet qui fait polémique et qui heurte certaines consciences dans une Afrique indépendante depuis près de 60 ans: la monnaie unique ! Vous écrivez: « Il est tout aussi nécessaire de résoudre l’équation que pose la pluralité de monnaies dans un espace dont la vocation est de se constituer en marché commun. » Puissiez-vous faire de ce combat, votre combat. Il est de ceux que l’histoire retient. Le FCFA disparaîtra avec sa parité avec l’euro. C’est programmé, inéluctable ! ll reste seulement d’en connaître l’échéance, mais cela est inscrit dans l’histoire de nos pays vers une indépendance monétaire, mais en phase et en harmonie avec les exigences de la politique monétaire internationale et ses organes de contrôle et de régulation. Ce qui appelle un temps d’organisation, de gestation, de mise en place des meilleurs mécanismes. Ce qui est fait est fait et appartient à une histoire coloniale qui s’est imposée à nous. Maintenant, sans hâte, sans rage, mais avec lucidité et un engagement inflexible, il s’agit de sortir de l’étau, de nous appartenir et non d’appartenir aux autres. Vous y avez votre part, Monsieur le Président et l’histoire -encore elle- vous épie.

A propos d’histoire et de postérité justement, vous proclamez, en poète et en homme de paix -page 131- de faire « retentir le chant des rameurs, la mélodie des pasteurs et la romance des agriculteurs ». Alors, prenez beaucoup plus de soin à nos côtes, à notre littoral, à notre corniche, à notre architecture, à la création de bois de ville, d’espaces verts. Veillez à ce que vos services compétents n’abattent plus des arbres centenaires dans Dakar.  L’Avenue Lamine Guèye en est l’horrible théâtre aujourd’hui. Par ailleurs, et surtout, ne laissez pas construire  le port à containers de Ndayane à près de huit kilomètres de celui déjà en chantier de Bargny Sendou et dont les tragiques répercussions marines se font déjà sentir jusqu’à Joal ! Vous commettrez avec ce port de Ndayane un génocide écologique et environnemental unique dans l’histoire. Votre pire ennemi ne vous souhaiterait pas de laisser un tel drame dans l’histoire de votre pays, Monsieur le Président ! Allez voir par vous-même, sur le terrain, aves les populations, l’étendue du prochain désastre, vous qui, par vos fonctions, habitez la résidence présidentielle de Popenguine impactée par ce monstre de port qui s’étend jusqu’aux côtes de Toubab-Dialaw et occupe plus de 3850 hectares à l’intérieur des terres pour installer des entrepôts. Nous ne combattrons pas le développement, mais nous combattrons un développement qui apporte la mort, les maladies, le dépouillement, l’exil, la ruine des patrimoines, l’effacement des mémoires. Renoncez à ce port en ces lieux ! La côte et le  littoral vers Saint-Louis du Sénégal vous offrent un océan géant moins habité par les baleines qui viennent se reproduire à Ndayane-Popenguine-Toubab Dialaw, des terres vierges moins fécondées par une nature miraculeuse et unique, moins occupées par les agriculteurs, les pêcheurs, les maraîchères, les infrastructures hôtelières au prix d’énormes investissements, les entreprises culturelles cotées à l’international. Ce projet de port, en un jour, effacera des pages et des pages d’histoire et de patrimoine d’un des paradis de sable et de plage, le seul accessible à 45 minutes de trajet de Dakar, ce qui est un miracle ! Non, vous ne serez pas ce tueur, Monsieur le Président ! Vous ne lui ressemblez en rien ! Vous êtes plus grand que lui, plus humain que lui !

Votre ouvrage, Monsieur le Président, est plein de lunes et de soleils. Mais vous savez qu’il pleut, que les orages sont là, que les matins portent des angoisses, que nos enfants pâlissent en songeant à leur avenir, que les soins de santé sont un luxe, que nos prisons sont pleines et qu’elles sont des mouroirs, que l’école décline. Puissions-nous voir l’avenir apporter les correctifs nécessaires et les sacrifices indispensables. Bref, comme vous l’écrivez si bien et si justement dans votre ouvrage, il s’agit de réussir « le pari irréversible de combattre les injustices sociales (…) de faire passer le Sénégal d’une logique de réduction de la pauvreté à celle d’émergence économique. »

La page 276 clôt votre livre. Comme pour tout résumer, vous dites, par un solide et lucide plaidoyer: « Parce que c’est dans l’ignorance, la pauvreté et l’exclusion sociale que certaines causes d’instabilité trouvent un terreau à leur éclosion. C’est dans ce terreau qu’il faut éliminer les germes du mal (…) Autrement, nous aurons traité les symptômes en laissant de côté la maladie ».

Monsieur le Président, refaites la route, mais sans chaussure, de votre théorie à la pratique de votre projet de gouvernance. Si vous marchez sans écorchure, que personne ne vous fasse pourtant croire que la route est lisse !

En espérant que vous produirez d’autres livres, nourrirez d’autres réflexions contemporaines, en espérant que vous continuerez à encourager la vie de la pensée et à la protéger dans tout son éclat et toute sa liberté, je conclus cette très humble et très sommaire note de lecture de votre tome 1, en repensant à mes lectures de Dostoïevski. Il disait que « Le besoin spirituel le plus élémentaire du peuple russe est la nécessité de la souffrance ». A quoi l’Ambassadeur de Tombouctou, souriant, répond avec ironie, comme à son habitude, que « le besoin matériel le plus élémentaire du peuple sénégalais est la nécessité de l’abondance ».

Bref, gouverner, Monsieur le Président, c’est souffrir ! Écrire, c’est se révéler !

Amadou Lamine Sall
Poète
Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

Livre: Macky Sall reverse la totalité de ses droits

YERIMPOST.COM Le tome 1 de son ouvrage sorti, le chef de l’Etat invite ceux qui ont les moyens à l’acheter. Les retombées de « Conviction républicaine » ne lui seront pas reversées mais au Centre Aminata Mbaye. Le président de la République a décidé que la totalité des droits d’auteur soit versée à cette institution qui accueille les enfants déficients mentaux. Une marque de générosité qui a été saluée par toute l’assistance.



Extraits du livre «la Première Hégémonie Peule: le FuutaTooro de Koli Tenguella à Almaami Abdul » du Professeur Omar Kane

Professeur honoraire, Oumar Kane (né en 1932 à Kanel, département de Matam, région du fleuve Sénégal) est ancien doyen de la faculté des lettres et sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il s’est spécialisé dans l’histoire du Fuuta Tooro et de l’islamisation de l’Afrique de l’Ouest, et compte, dans ces domaines, de nombreuses publications. Nourri à la culture locale par un père profondément enraciné dans les valeurs traditionnelles de sa société, Oumar Kane a l’avantage de connaître, de l’intérieur, les populations et leur culture.

LES  SEBBE

Dans son Traité sur l’origine des castes, Cheikh Moussa KAMARA écrit : «  Le Ceddo du Fuuta Tooro est un individu noir, non pullo, mais parlant Pulaar, musulman de religion, ayant comme l’agriculture et la pêche qu’il exercé à la fois. Je crois que Sébbé vient de seddubé qui désigne les wolofs infidèles. On les appelle aussi Faddubé dont le singulier est Paddo. Peut-être, aussi seddube veut dire les infidèles noirs en général et ceux d’entre eux qui sont illettrés. II se peut aussi que Faddubé signifie les coupeurs de routes, qui empêchent les voyageurs de passer ».

Le terme des ceddo désigne d’abord tout individu qui ne parle pas pulaar. Le groupe des Sebbé inclut les Soninké, appelés Sebbé Aalambe (sing Ceddo Galambo) et les Wolof appelés Sebbé Diéri. Dans le Gaabu, le terme ceddo désigne le Soosé.




Dans cette acception, ceddo est précisé par l’attribut  lohotooddo (celui qui parle une langue étrangère, qui jargonne) . II existe au Fuuta Tooro des Sebbé Aalambe, originaires du Diaara, du Haayré, du Gadiaaga, qui forment des villages autonomes ou des  quartiers individualisé dans certains villages. Les Sebbé Diéri. sont des Wolof lointains, originaires du Diolof, du Waalo, du Kajoor ou du Baawol, ou proches que l’on trouve dans des villages comme Seedo, Thiaareen, Thiaambe, Mogo Nianga Edi, Nguendar, Nianga Ndioum, Podor, Ndiaayeen, Thillouki, Lougge Sebbé, etc, Le wolof qui y est parlé est fortement influencé par le pulaar, de la même façon que le pulaar du Tooro occidental et du Dimar comporte une forte dose de termes wolof.

L’autre acception du terme ceddo a une connotation religieuse. Le ceddo désigne le païen, sectateur des religions traditionnelles liées aux valeurs agraires. Buveur de liqueurs fortes, il est adonné à tous les excès, et particulièrement portés à la violence.

La dernière acception, qui découle des deux précédentes, a une connotation sociale plus marquée ; le ceddo est un professionnel de la guerre, généralement d’origine étrangère, en particulier wolof. Ces Sebbé forment un groupe social à part. Soldats aguerris, ils étaient portés à la violence, à l’ivrognerie. Ce sont des hommes d’un courage exceptionnel et qui se moquent de la mort. Ces Sebbé parlent poulaar et sont totalement assimilés sur le plan culturel. IIs sont groupés en communautés villageoises, avec à leur tête des Farba, Diagaraf ou Diagodin.

Lors des guerres les Farba viennent chacun avec un contingent  d’hommes dont le nombre varie avec la puissance démographique de la communauté. A la veille des combats (Jamma Gundabi), ils exécutent des danses guerrières et se livrent à des beuveries qui rendent téméraires ces hommes naturellement courageux. Encouragés par les griots qui leur rappellent les hautes faits de leurs ancêtre, dont la plupart sont morts à la guerre, chacun fait serment de ne pas lâcher pied et de tailler en pièces l’ennemi, soit collectif, soit individuel. A cette occasion, ils dansent au son des tam-tams de guerre « baw di peyy aay iiyam », et entonnent les daade yiiyam, les voix de sang.

Origine des Sebbé

A l’origine, il y avait au Fuuta Tooro, vingt quatre Farba, tous d’origine wolof détenant chacun un tam-tam de guerre. IIs répondent à la convocation des rois avec leurs tam-tams et à la tête de leurs contingents. Bon nombre d’entre eux étaient des personnages très puissants : Farba Waalalde qui est un Dieng, Farba Ndioum ,Farba Ndiowol, Farmbaal, Farba Awgal, etc… La plupart d’entre eux étaient d’anciens chefs wolofs qui avaient été mis en place par les Bourba au milieu du XVe siècle, à la suite de l’intégration du Fuuta à l’empire du Diolof par Thioukli Njiklaan Sarré Ndiaye . IIs avaient pour rôle, comme tous les esclaves de la couronne, d’administrer les circonscriptions administratives regroupant une ou plusieurs leyyi ou kinnde de Fulbe.. IIs devraient lever sur les Fulbe un tribut dont une partie était envoyée au Bourba. L’oppression exercée par certains d’entre eux a poussé nombre de Fulbe à émigrer soit vers le nord, soit vers sud et l’est. Les migrations de Tenguella et de Doulo Demmba datent de cette période.

Le mécontentement des Fulbé a rendu plus aisée la conquête de Koli Tenguella. Beaucoup de Fulbé se sont mis au service de Koli pour battre les Farba. Mais les nécessités de la lutte ont obligé Koli et ses successeurs à récupérer la puissance militaire de ces Sebbé auxquels ils ont conservé quelques avantages, en particulier la garantie, pour eux, de mener le même genre de vie que par le passé, surtout comme soldats et soudards qui se livrent aux activités guerrières, autant par goût que par désir de faire du butin. Ceux qui se sont ralliés ont été appelés les Sebbé kolyaabe à l’instar des premiers guerriers de Koli originaires de Kolia au Fuuta Jallon. IIs ont relayé les contingents fulbé et peut-être malinké décimés par les guerres de Koli incessantes. Certains d’entre eux vivent directement auprès de Satigi,à Horkayere, à Diowol, à Godo et à Diandiooli, Toute capitale royale compte un nombre plus ou moins important de sebbe. D’autres vivent dans les villages. IIs sont à la fois les chefs politiques et militaires à Nguidjilon, Diuude-diaabi ,Waalalde, Sinthiou-Garba, Ndioum. II y a des villages où ils cohabitent avec les Fulbé et les toorobbe, comme à Thilogne et Kayhaydi ; on trouve parmi eux de puissants maîtres de terres.

Ces terres leur ont été concédées par les Satigi ou, plus récemment, par les Almaami. Leurs relations avec la dynastie sont des relations de maître à  serviteurs, mais ce ne sont pas des esclaves. C’est en cela qu’il différent des esclaves de la couronne des pays wolof. IIs sont si puissances que leur seule défection, en cas de guerre, provoque la défaite. Si Thieerno Sileymaan BAAL a eu raison de la dynastie deeniyanke, c’est parce qu’il a su persuader les Sebbé que le Satigi les considérait comme des esclaves. En effet, au reproche qu’on lui faisait d’avoir plus de quatre femmes, le Satigi aurait répondu qu’il n’en avait que quatre légitimes, les autres n’entrant pas en compte, car ce sont ses Sebbé, donc ses esclaves ; il pouvait donc en disposer à volonté comme concubines. A ces propos, les Sebbé on fait sécession et ont rallié le parti maraboutique, Faute d’appui militaire, réduits à la seule force de leur famille, les Deeniyankoobe ont dû abandonner le pouvoir au profit des marabouts.

 

 

 

Les clans Sebbé

Le clan des Sebbé kolyaabé comprend d’abord l’ancien stok de guerriers recrutés au Fuuta Jallon dans le district de Koolia. A mesure que progresse la conquête, ces guerriers décimés en majeure partie ont été renforcés par des contingents des Sebbé Worgankoobé ralliés à Koli et par des mercenaires originaires du Dieri Fuuta, dont l’appui a permis à Koli de venir à bout de la résistance des Diaawbé sur le Njorol prés de Demmbankani. Après la défaite de Farba Diowol, les Sebbé du Nguénaar ont été récupérés et intégrés aux armées de Koli, en conservant leurs privilèges. L’immense majorité des comme Bah, Diah, Sall, Soh. IIs constituent sans doute les premiers guerriers recrutés à Koolia. Ii se peut aussi que des marginaux peuls aient préféré se faire oublier en changeant de profession et de genre de vie. En outre, des esclaves affranchis peuls, qui n’arrivent pas à s’intégrer dans le groupe social de leurs anciens maîtres, préfèrent se faire appeler Sebbé. C’est le cas , en particulier, des Sebbé Gallunkoobe du Tooro. Par leur nom de clan ( Gallunke), ils font penser aux esclaves de la couronne des princes du Kajoor ; ce sont ceux qui habitent la concession des esclaves ou gallu. Le terme gallu est, pour les wolofs, ce que le runde est pour les fulbé du Fuuta Jallon. Ces Gallunkoobe refusent cependant d’être assimilés à des affranchis. IIs préfèrent d’intégrer au groupe social des Sebbé . A Guédé, Ils occupent une place dominante et fournissent le chef de village ou Diagodin. Certains d’entre eux portent le patronyme Kamara, ce qui tend à indiquer leur origine soninké.




A côté des Kolyaabé  Il y a les clans des Sebbé Laboyaabé et des Duganaabé que l’on retrouve également dans l’entourage des Satigi deeniyankoobé et des Yaalalbe. Ils sont nombreux dans le Damga, en particulier à Hamadi- Hunaare, sis sur le marigot Dioulol, à Padalal, Barkewi Boruuje. Les deux familles dominantes des Laboyaabé portent le patronyme Saaxo et Jah. Apparemment, la première est d’origine soninké et la seconde peule. Les Duganaabe, surtout nombreux à Padala et à Horkayere, sont dirigés par des familles qui portent le patronyme de Ndiaye et Thiaam. Ils sont étroitement attachés aux Deeniyankoobe et au Sayboobe.

De tous les clans Sebbé, celui des Wurankoobé est sans doute le plus nombreux et le mieux connu. A en croire Cheikh Moussa Kamara il est constitué des vestiges des anciennes populations du Nammandiru , étant les seuls à avoir conservé une mémoire relativement claire du Nammandiru.

Les Sebbé Wurankoobé sont nombreux dans le district des Nianga : Nianga Pendaaw ; Nianga Nguendar, Nianga Guédé , Nianga Ndioum  et Nianga Edi. On en trouve à haayré – Laaw sous le nom d’Awgalnaabe qui sont des pêcheurs  Il y en a aussi à Thikkite, Diaarba, Hoorefoonde, Agnam Godo, Agnam Siwol, Agnam Goday et Agnam Baarga dans le Booseya ; Bokidiawe, Nabbadji, Wuro-Soogi dans le Nguenaar ; à Fumihara Joobbe dans le Damga. Ils sont appelés des Faddubé dans le Bundu et dans le Ferlo : à Doude-bagge, Denndudi Caadli, Jiya et Nakon.

Parmi leurs patronymes les plus fréquents, il y a Ndiaye, Ndaw, Sebbor, Gooy, Ndoom, Kobboor, Lakkoor ; Sudiaan, Mangaan, Ndemaan, Gueye, Ndianoor, ,Mbathie, Mbaaye, Mbenniga, Urgo, Dibilaan, Sam, Bekken, Thiongaan, Faal, et d’autre noms qui sont très peu usités dans le Fuuta. On peut citer en outre Fedioor, Mbanoor, Gaye, Ndir, Mbooc, Ngingue, Ndinik, Ndongo, Ngom, Ngueet, Niang, Sambou, Paam, Sarré, Seck, Thioune , Thioye, Seem, Faye, Wade, Woone, Tine, Maar, Maal, Lakh, Mbengue. Ce dernier groupe de patronymes est également fréquent dans les clans des Buurnaabe et des Mboonnaabe. On trouve aissi, parmi les Sebbé, des patronymes de type Daraame, Fofana, Guindo, Kamara, Saakho, Loh, Soggo, Sumaaré.

Il ressort de l’analyse de ces patronymes que les majeures parties des sebbe sont d’origine wolof et sereer. Ce sont probablement les résidus de l’ancien peuplement du Fuuta antérieur aux poussées berbères du VIIIe siècle. Ces Sereer et wolof ont coexisté avec des Fulbé et des Soosé, dans le royaume de Nammandiru, à l’époque des Diaoogo. Bien avant le mouvement almoravide, les migrations soninkés du Wagadu, du Haayré et du Gadiaaga vers le Fuuta ont eu pour conséquence leur intégration dans les groupes statutaires déjà en place. Les nouveaux venus ont été assimilés linguistiquement et culturellement par les Fulbé. Ils finissent par parler poulaar et exercer la profession dominante de leurs hôtes. Le fait que des Sérère, Wolof, Soninké, Soosé et Malinké sont devenus haalpulaar implique davantage leur assimilation par le groupe linguistique dominant qu’un métissage biologique avec les Fulbé. En d’autre terme, les élément wolof, soninké, sérer ,soosé ; en se fixant dans le Fuuta, ont adopté la langue du pays, en même temps que le genre de vie des paysans sédentaires, faisant valoir les terres du Dieri et du Waalo, pratiquant la pêche, se livrant à la chasse, tout en gardant leurs patronymes et en conservant de leurs origines leur goût pour les armes et les hauts faits militaires. Ceux qui ne sont pas devenus subalbé et toorobbe ont grossi les rangs des différents clans Sebbé: Kolyaabé, Wurankoobé, Buurnaabé, Mboonnaabé, Laboyaabé, Duganaabé.

Fonction et idéologie du groupe des Sebbé.

Bien avant la conquête de Koli, les Sebbé dirigeaient le pays après avoir mis fin au règne des Laam Termes sur le Fuuta. Les grands dignitaires Sebbé, qui avaient proclamé l’indépendance du pays, se sont partagés le pouvoir : Farba Waalaldé contrôle le Laaw, Farba Diowol  le Nguenaar, Farmbaal le Booseya, et Ali Eli Bana devient Laamtooro. Les conflits entre les chefs Sebbé des provinces du Fuuta ont facilité la conquête du pays par Koli. Leur défaite fait suite à celle du Bourba, leur maître. Cette conquête n’a pu être menée à bonne fin que grâce à la récupération des Sebbé par Koli surtout lorsqu’il s’est agi de combattre la confédération des Diawbe,dirigée par Ardo Yero Diide. Pendant toute la période deeniyanke, les Sebbé ont joué un rôle capital dans la vie politique du pays. Ils ont constitué, avec les Sayboobé et les Yaalalbé, la force militaire essentielle des satigi. C’est sur eux que s’est appuyée la famille de Bumusa pour combattre et évincer celle de Gelaadio Dieegui. Ils ont donc été les acteurs principaux de la guerre civile qui, pendant toute la première moitié du XVIIIe siècle, a mis le Fuuta à feu et à sang et a favorisé l’ingérence maure dans les affaires du pays.

Peu islamisés, les Sebbé sont élevé dans l’idéologie de la guerre. Ces soldats paysans, pêcheurs à l’occasion, sont tous préparés, des le jeune âge, à servir dans les armés, dans le cadre des contingents fournis par les chefs de famille. Ainsi à la bataille de Bilbassi, Gorel Biry est, dit-on, à la tête d’un régiment de 1000 guerriers, Yero Damga Beela en apporte 600, Juma Barroga 600, Biram Barrada 1500, etc. En dehors des contingents fournis par les Yaalalbe et les sayboobe, chaque chef vient avec son tam-tam de guerre. La veille des combats est toujours l’occasion pour les différents chefs Sebbé de prêter serment au Satigi en jurant sur la lance de ce dernier, plantée en terre, de ne pas lâcher pied et de tailler en pièces l’ennemi. C’est à l’occasion de cette cérémonie de prestation de serment, la veille des combats (Jamma Gundabi), qu’on bat les tam-tams de guerre détenus par les vingt-trois chefs de clan Sebbé et les deux chefs des griots. Parmi les détenteurs des «  bawdi peyyaa yii yam » on peut citer Farba Diowol, Farba Waalalde, Farba Erem-Thilogne, Farba Ndioum, Farmbaal de Kayhaydi, Laamtooro de Guedé, Bumuyde Hoorefoonde, ,  Diaagaraf Kolyaabe de Nguijilon, Bidiew de Waali Diantang, Diaagaraf de Padalal, Diaagaraf de Diandiooli. Comme l’écrit Agostinho Manuem e Vasconcelos. « Ces charges se transmettent successivement de père en fils». Ils chantent en même temps les « daade yii yamé » tout en dansant. Ces « voix de sang » sont chantées par les chefs de guerre qui entrent dans la mêlée, exécutent des pas de danse mettent la main sur la lance du Satigi fichée à terre. Ils brandissent leurs armes (haches, lances, sabres, poignards, fusils parfois). Impavides devant la mort, ils redoutent plus que tout le déshonneur. Ils sont encouragés par leurs propres griots, appelés namakala, qui chantent en leur honneur le gumbala ou chant des héros. A l’occasion, ces redoutables guerriers s’enivrent avec des liqueurs fortes, comme le dolo ou leeedam (boisson faite à partir du fruit du ceri). C’est également au son des tam-tams et au chant des griots que s’engagent les combats qui sont rendus plus acharnés par les cris des femmes Sebbé qui encouragent leurs maris et leurs enfants. La fuite est impensable, mais la mort ouvre les portes de la renommée. A  l’issue des batailles, les morts et les blessés étaient honorés dans une cérémonie où les femmes, au son des bawdi alamari, et les griots exaltent leur bravoure, rappellent les hauts faits de leurs aïeux et font leurs derniers adieux à ceux qui ont préféré la mort au déshonneur.

LES SUBALBE

Par leurs activités professionnelles, les subalbé ou pêcheurs se rapprochent beaucoup des Sebbé Selon Cheikh Moussa Kamara, « le Cuballo, est un individu noir non peul, mais parlant la langue pulaar, de religion musulman et pratiquant comme métier la pêche et l’agriculture … Le Ceddo et le Cuballo étant proches par leur métier, il arrive qu’ils s’allient matrimonialement dans certaines régions du Fuuta comme le Boosea et le Toro»

Comme pour les Sebbé et les toorobbé, la formation de ce groupe statutaire résulte d’un processus complexe de migration et de métissage de population diverses, dans le cadre des communautés établies sur le bord du fleuve, des rivières affluentes et des mares.

L’analyse anthroponymique révèle  que les subalbé sont formés à partir d’anciennes communautés wolof, séreer et soninké. A la suite de la migration qui a conduit les populations du dhar et du baten de Tichitt-Walata vers le sud, celles qui, pour une raison ou une autre, sont restées sur le bord du fleuve, se sont groupées dans des villages où elles ont constitué de fortes communautés vivant de la pêche. A cette activité primordiale s’ajoute celle de l’exploitation des pale et des poode où elles font pousser mil, mais, courges et autres patates douces, en même temps que le tabac. L’organisation était si forte qu’elle a pu assurer l’autonomie de ces communautés de pêcheurs. Dans la mise en place du peuplement actuel. L’antériorité du fond sereer n’est pas contestable. On peut le voir en recensant les noms des pêcheurs.

La majeure partie des subalbé ont des noms typiquement séreer : Saar, Thioub, Faye, Diouf, Dieye, Mboodj, Ndiaye, Mangaan. Les Saar sont les doyens de tous les subalbe. Ils ont préséance sur les autres pêcheurs.

A côté des subalbe d’origine sereer, les plus nombreux sont d’origine wolof et portent des patronymes Faal, Béye, Diéye, Gaye, Niang, Wade ou Waddu, Diaw,Diop,Boye. A ces groupes initiaux se sont agrégés les pêcheurs d’origine soninké ou mande, qui portent les noms de Diaako, Konté, Kebbe, Koné, Baccli.

Ils proviennent du Wagadu, du Gajaaga, ou même du bassin du Niger. Leur présence est antérieure au mouvement almoravide. La poussée berbère en a accru le nombre. Ils sont assimilés par les pêcheurs, en adoptant leur genre de vie et leur culture. Ils ont donc adopté le poulaar tout en conservant, le plus souvent, leurs patronymes originels. Rares sont ceux qui changent de nom de famille, comme ce Talla toorodo qui, installé au milieu des subalbé à Mbagne, a épousé une femme de ce groupe, et a changé de nom en adoptant celui de sa belle-famille. Il est devenu Sih et ses descendants sont devenus pêcheurs.

On trouve aussi parmi les subalbe des noms typiquement peuls : Sih, Bah, Sal, Soh, Diah, Diaw, Ngaydo ou Diatara, Woone, Daat, Dial . Comme nous l’avons précédemment vu, ce sont des Fulbe ruinés ou marginalisés, des affranchis qui ont décidé de changer de statut en se livrant aux activités de pêche. Il se peut aussi que bon nombre de ces subalbé, d’origine peule, appartenaient au groupe des Diaawbé Dalli, qui auraient été les premiers à initier les subalbé aux techniques de la pêche. Pour cette raison, ils ont préséance sur tous les subalbe, y compris les Saar.

Entre autres titres portés par les dignitaires subalbé, citons Diaasak, Dialtaabe, Diawdiin, Farba, Borom qui est le pendant wolof du Dioom des Fulbe.

D’autre portent le titre de Laamdiaan. Le titre de Teigne est porté par le chef des subalbé de Kayhaydi et de Duungel. Teigne Duungel est un Gaye et celui de kayhaydi est un Gueye. Selon Cheikh Moussa Kamara, avant la conquête de Koli, la plupart des grands chefs Sebbé (Laamtooro, Farba Ndioum, Farba Waalaldé) reconnaissaient l’hégémonie du Teigne de Duungel. Ce dernier était le gouverneur de l’ensemble de l’Ile-à Morphil, nommé par le Bourba à l’époque où le Fuuta était intégré à l’empire du Diolof. L’émergence de Farba Waalalde et de Farba Ndioum et la conquête de Koli seraient à l’origine de la déchéance du Teigne de Duungel. Certains prétendent que Teigne Duungel est l’ancêtre des Teignes du Baawol. Dans bien des localités, comme Nguy, Maatam, Diammel,Ngawle, les subalbé occupent une position dominante, non seulement comme chefs de commandements, mais aussi comme maitre de terres.

Au plan culturel, les subalbé, plus particulièrement spécialisé dans l’exploitation des eaux continentales, croient aux génies de l’eau, ou munuuji (sing munu maayo) qu’il faut se concilier pour faire de bonnes prises. On les invoque souvent au moment de  pêcher ; on leur fait des libations sous forme de lait lorsque les Fulbé veulent traverser le fleuve. Ceux qui sont initiés au  secrets de la pêche, peuvent, par leurs sortilèges, empêcher les poissons en crapauds ou en têtards. Ils sont aussi les exorcistes des possédés par les munuuji.

Leur folklore ressemble, à s’y méprendre, à celui des Sereer. La phrase musicale est pratiquement la même chez les subalbé et chez les Sereer Sine et Nominka. Il suffit, pour s’en convaincre, de comparer le pékaan cuballo aux chants populaires séreer. Les instruments de musique sont également les mêmes. Les manifestations culturelles se font surtout du fifiire, c’est-à-dire de la chasse collective aux crocodiles dévastateurs des stocks halieutiques. Les chefs des communautés de subalbé voisines se concertent pour organiser le fifiire, ou sont impliqués hommes, femmes et enfants. Ce sont les adolescents qui conduisent les pirogues montées par les pêcheurs armés de harpons qui est l’unique arme utilisée à cette occasion. Les pêcheurs, maîtres de pirogue, chantent des incantations pour maîtriser les crocodiles, et rivalisent d’adresse.

Tout pêcheur qui tue un crocodile s’en attribue la queue. Les femmes, richement parées, chantent les louanges des plus vaillantes et des plus adroits des pêcheurs. La notoriété des subalbé se forge à cette occasion.

Ces pêcheurs contribuent aussi à la défense des Maures. Le Diaaltaabé, le Teigne, le Farba ou le Diaasak n’est pas seulement le doyen de la communauté des subalbé et le responsable de l’exploitation des eaux des rivières, des lacs, des marigots et des étangs, il est aussi chef de terre ,chef du port et des pirogues et, à l’occasion, chef de guerre, chargé de la sécurité de la région où se trouve son village.

 

LA PLACE DES WOLOFS ET DES SEREER DANS LA FORMATION DU PEUPLE FUUTANKE

Extraits du livre « la Première Hégémonie Peule le FuutaTooro de Koli Tenguella à Almaami Abdul » pages 74 ,75 et 76 par le Professeur  Omar KANE .

Professeur honoraire, Oumar Kane (né en 1932 à Kanel, département de Matam, région du fleuve Sénégal) est ancien doyen de la faculté des lettres et sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il s’est spécialisé dans l’histoire du Fuuta Tooro et de l’islamisation de l’Afrique de l’Ouest, et compte, dans ces domaines, de nombreuses publications. Nourri à la culture locale par un père profondément enraciné dans les valeurs traditionnelles de sa société, Oumar Kane a l’avantage de connaître, de l’intérieur, les populations et leur culture.

Les anthroponymes d’origine wolof sont extrêment nombreux. La plupart d’entre eux se retrouvent dans les groupe socio professionnels des subalbé ou pêcheurs et des sébbé ou guerriers. Les subalbé en majorité se nomment Gaye , Faal , Diop , Mbodj , Guéye , Diack , Dieye , Niang , Wadd alors que les noms d’origine soninke (Konté , Bathily, Sumaaré) et peul (Bah, Soh, Sall , Thiam) sont très rares. Les anthroponymes sereer ( Saar, Ndiaye , Ngom, Thioubou , Diouf, Tine) sont majoritairement les subalbé. Au demeurant, ce sont les Saar qui fournissent toujours les doyens des subalbé. Les titres portés par leurs dignitaires sont Diaaltaabé, Teigne ,Dumel, Diagodin.

 

La majorité des groupes des sébbé est d’origine wolof, en particulier ceux de Nguenaar : Niang, Faal, Diop, Diack, Ndiaye, Dieng. La plupart des grands farba du Fuuta (Farmbaal, FarbaWaalaldé, Farba Erem, Farba Ndioum, etc..) sont des Wolof d’origine.
Parmi les sébbé les plus notables du Fuuta, on peut citer les farba de Waalalde descendants de Biram Mbagnick comme la plupart des Dieng du Jolof, du Kajoor et du Fuuta. Ses descendants sont les chefs du Laaw avec le titre de Dyalaw Saré Ndiougou dans le diéri des Halaybé Sammayel Biram Mbagnick avec le titre de Diaafando, a le privilège d’accorder l’asile politique à tous les réfugiés et à tous les persécutés. C’est de lui que descendent aussi les Wane de Mboumba, de Kanel et de Wan-Wan et les Dieng de Saadel qui sont devenus des toorobbé. L’expansion de l’Islam a favorisé la « toorodisation » de bon nombre de ces populations d’origine wolof, même si la majorité est restée Thiouballo ou Thiédo .
L’influence des Wolof est importante car ils sont les voisins occidentaux et méridionaux du FuutaTooro. Ils ont vécu pendant longtemps au contact des Sereer et des Fulbe, d’abord au sein de l’empire du Ghana. Ce sont eux qui, sans doute, peuplaient Senghana et Awlil au XIe siécle. Ils étaient les voisins les plus proches des Gdalla. Malgré la pression berbère et hassan, qui les a refoulés plus vers le sud, leur impact sur le terrain se traduit se traduit par la multiplicité des toponymes commerçant par Téne, tin (le puits) et par wa (ceux de) : comme dans Téne-Mohamed, Téne-Wa–Ghaimil, Téne-gadoum et Téne-Bouyali dans l’Amechtil ; Téndegh-Ma-Djek- Téndegemi, Téndeg-Fadma dans l’Iguidi, etc.
Si l’arc hydrographique Guiers-Taouey-Khomak et R’Kiz constitue la limite théorique entre Fulbé et Wolof, il va sans dire qu’il a été franchi de part et d’autre par les deux peuples. C’est ainsi que le milieu du XVe siècle est marqué par l’expansion du Jolof aux dépens du Fuuta, du Nammandiru ou Ndiarmeew et du Saalum, sous le règne de ThiouklyDjiglaaneNdiaye . Ce souverain a partagé le Fuuta entre les farba qui administraient les différentes provinces au nom du Bourba et prélevaient sur les populations un tribut en nature (bestiaux, mil.) Cette politique n’est assurément pas étrangère aux migrations des Fulbé du Fuuta vers le sud et le Sahel au milieu du XVe siècle

A la suite de la conquête du Fuuta par Koli sur les faren et les farba, ces derniers ont été associés à nouveau au pouvoir deeniyanké qui mit à profit leur force militaire non négligeable.
La conquête deeniyanké, ayant beaucoup contribué au processus de dislocation du Diolof, a fourni au Satigi l’occasion de prendre sa revanche sur le Bourba, grâce à son intervention dans le conflit qui oppose le Bourba au Damel.
Il a même donné asile à une branche de la famille royale du Diolof chassée du pouvoir ; il l’a installée à Hooréfoondé où elle fournit les chefs de village avec le titre de Bumuy ou Bummudi et où elle gère de vastes kolaadéwaalo.
Etudiant les Wolofs, Faidherbe va jusqu’à écrire « Ce qui est certain, c’est que les Wolofs occupèrent d’abord la plus grande partie du Fuuta et un vaste territoire sur la rive droite (Ganar).

Le Cayor était alors occupé par les Socé (Malinké) ; l’invasion peule fit refluer les Wolofs du Fuuta vers l’ouest.
L’invasion berbère et arabe repoussa ceux du Ganar vers le sud, de sorte qu’à leur tour, les Wolofs repoussèrent les Sérères et les Socés vers la Gambie et occupèrent définitivement le pays qu’ils habitent encore aujourd’hui. »
Les indications fournies par Al-Bakri sur les croyances religieuses ses Takruriens avant la conversion de WarJaabi nous laissent supposer la présence des Wolof dans le Takrur. En effet, Al-Bakri nous dit que les gens du Takrur adoraient des idoles, appelées dékakir. Or le terme dékakir en wolof sert à désigner l’ébénier, dont le bois sert à fabriquer les idoles. Ce terme wolof dékakri correspond en pulaar au dialanbaani, l’arbre à partir duquel on fabrique les dialang, c’est-à-dire les idoles.

Au plan culturel, on peut supposer que ce sont les Wolof et les Sérère qui ont transmis au peuple fuutanké les techniques de la pêche et même l’agriculture. En effet, Ibn Al-Fakri, traitant des genres de vie des populations du Ghana, note qu’elle « se nourrissent de mil (dhurra) et de doliques. Ils appellent le mil dukhn ». Dukhn nous fait penser au dugup wolof qui désigne le mil en général, tandis que les doliques pourraient désigner le niébé. Les Wolof, vivant au contact des Fulbé, leur ont légué, entre autre choses, des termes relatifs à l’agriculture béyaat (sarclage ou deuxième culture) et ngoobaan (lame à moissonner) et à la pêche comme mbaal (épervier), mbakal, saakit… En outre, la majeure partie du groupe des subalbé ou pêcheurs porte des patronymes wolof et sérère.
Au plan linguistique, les études faites par Monsieur Yoro Sylla et d’autres chercheurs concordent pour rattacher le pulaar au groupe des langues ouest-atlantiques. Le wolof, le pulaar ont 24% de racines communes ; ce pourcentage est dépassé par le sérère qui partage avec le pulaar 37% de racines communes.
Ces trois langues ont donc coexistée pendant des siècles sinon des millénaires dans la même aire culturelle. Les affinités sont donc très importantes. D’ailleurs, le pulaar du Tooro et du Dimar est très fortement influencé par le wolof. On le constate à Nanga-Ngendaar, Podor, Nanga–Edi et Nanga-Ndioum et Lugge-Sebbé. En revanche, le wolof de Liw, Thiaareen, Thiaambe, Mogo, donc celui des sebbéDiéri, comporte une très forte dose de vocabulaire pulaar.

Les apports sérères
Au plan culturel, les affinités sont encore plus grandes entre Sérère et Haalpulaar appelés « Toucouleurs ». Non seulement la parenté linguistique est évidente, pour qui sait écouter attentivement, mais encore le cousinage à plaisanterie prouve que la communauté d’origine est réelle et vécue comme telle par les deux peuples.
Sérère et Haalpulaar’en sont d’accord pour dire que l’essentiel du peuple sérère est parti du Fuuta. Bon nombre de Sérère ont gardé le souvenir de leurs villages d’origine, dans le Takrur. Encore de nos jours, on montre partout dans le Fuuta central les sites abandonnés que l’on appelle villages sérère. Ch. Becker et V. Martin (1974) en ont fait un recensement très poussé, sans pour autant les découvrir tous. Les collines au nord de la vallée du Gorgol fourmillent de toponymes sérère, de même que l’Assaba (Kummba Ndaw et Kossas). Maatam et Dagana sont des toponymes sérère.

La présence des mbanaar, qu’on retrouve jusque dans l’Adrar mauritanien, montre que les Sérère ont occupé une très grande étendue des terres du nord. Ils y ont cohabité avec les Fulbé. Ils ont dû émigrer comme les Kamnuriens sous la pression des Berbères et sous l’influence du desséchement. Selon Yoro BoliDyao, ils ont été assujettis par les Fulbé, mais s’en sont émancipés bien avant l’avènement de Ndiadiaan Ndiaay au XIIIe siècle. Il leur a fallu livrer des guerres meurtrières contre les Fulbé, à l’époque où ces derniers étaient les maîtres de Darndé et de Waalaldé. Ces conflits les forcèrent à traverser le fleuve lorsque Laamtooro a conquis Darndé. Ils auraient émigré pour s’installer au sud-est de la vallée du Ferlo, alors peuplé par les Faddubé sous la domination du clan Ndaw. Bon nombre ont poursuivi leur route vers le Siin et le Saalum avant que les Faddubé du Ndiarmeew ne se dispersent à travers le Tooro, le Kajoor, le Dimar, le Jolof et le Boundou, lorsque le royaume fut détruit au milieu du XVe siècle par Thioukli Ndjiglaane. Le pékaan, folklore des subalbé du Fuuta Tooro. Ressemble à s’y méprendre au folklore sérère. La phrase musicale est à peu près la même chez les subalbé et chez les sérères. Sérère et subalbé ont gardé la croyance aux génies du fleuve munuuji (sing.munu) auxquels il faut faire des libations dans certaines circonstances.
Les Fulbé pour traverser le fleuve avec leurs troupeaux sont soumis à ce rite : ils versent du lait dans le fleuve avant de recevoir l’autorisation du Diaaltaabé ou du Teigne. L’ouverture de la pêche dans certaines parties du fleuve exige les mêmes rites que l’on rencontre encore de nos jours chez les Noominka

THIERNO SOULEYMANE BAAL
Un nommé Niokhor (prénom typiquement sérère) et Biràn DIENG. (prénom et nom typiquement ouolof) dans la généalogie de cheikh Suleyman-Bal Selon l’historien halpoular Siré-Abbâs-SOH
cheikh Suleyman-Bal fils de Rasin fils de Samba fils de Bukar fils d’ Ibrahima fils de Nyokor fils d’Ibrahîma fils de Mûsa fils de Suleyman fils de Ru’rubah fils de ‘Okbatu fils de ‘Àmir
Quant à sa mère, c’était la vertueuse dame Maymùna, qui dut à sa nature compatissante l’origine de son nom ; elle était fille de Yumu-Dyeng fille de Lamin fille de Biràn DIENG. ( Prénom et nom typiquement ouolof)

 

 

 

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Modou Lô livre les secrets de sa victoire sur Lac 2

YERIMPOST.COM Modou Lô a suivi les consignes de son encadrement à la lettre pour venir à bout de Lac 2. Un autre qui a beaucoup joué sur sa victoire, selon le Rock des Parcelles assainies, c’est l’ancien champion de la lutte, Yékini. « C’est Yékini qui m’a donné les clés. Je ne le remercierai jamais assez », a-t-il révélé.

 

 

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