Blog de Cheikh Yerim Seck

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moustapha diop

Le juge, les latinos et le ministre

YERIMPOST.COM «L’intérêt des faibles, c’est la justice», disait Jaurès. Dans les républiques où les juges ont une haute idée de leur fonction, cela est loin d’être une simple vue de l’esprit ; la justice est une vraie cuirasse pour les personnes en situation difficile.

Une émigrée salvadorienne et sa fille ont pu à suffisance vérifier la pertinence de cette phrase laconique. Un juge fédéral américain Emmet G. Sullivan a haussé le ton quand il a appris qu’une pauvre latino et sa fille avaient été expulsées avant que la justice ait statué définitivement sur leur demande d’asile. Le magistrat, qui a jugé cela «inacceptable», a ordonné à l’avion de faire demi-tour et a même menacé Jeff Sessions, le ministre de la Justice de Donald Trump, de le poursuivre pour outrage à magistrat ! Chapeau bas.
Vu d’ici, cela fait rêver ! Notre vieux poste radio ne peut capter cette lointaine chaine étrangère qui diffuse dans une langue que nous ne baragouinons même pas. C’est l’Amérique, terre des libertés ! Comme si la dictature était l’apanage de peuples ou de continents ! Comme si les chambres à gaz n’ont existé qu’au camp Boiro ! Et que Ceausescu, Pol-Pot et Pinochet n’ont été que les bourreaux de pauvres Africains de quelque république bananière au sud du Sahara !



Ce juge n’a point eu besoin d’être Robert Badinter pour montrer sa « témérité » devant l’Exécutif. A un magistrat, on demande de dire le droit au nom du peuple, comme on exige du soldat qu’il se batte pour défendre sa patrie. Si on l’empêche de faire son job ? Il « brise son épée »!
Ce juge étasunien menaçant « son propre ministre de la Justice » de poursuites, alors que l’affaire en question n’implique pas les intérêts d’un citoyen américain, je me demande ce qu’il aurait fait face à un ministre (ou beau-frère ?) d’une Association de Pilleurs de la République qui n’est même pas capable t’étancher la soif de son peuple, s’il accusait des juges communautaires d’avoir sorti une décision suspecte ! Emmet G. Sullivan aurait certainement collé tout ministre de l’Education qui se serait permis de « déchirer » un arrêt de la Cour Suprême. Le juge l’aurait condamné à lire cent fois L’esprit des lois.
Ce magistrat n’aurait pas baissé le froc devant un « petit ministre » qui aurait le toupet non d’égratigner un juge mais de cogner violemment sur la figure d’honorables magistrats de la cour des comptes en les qualifiant de « petits magistrats de rien du tout » !
Il n’y a pas de justice indépendante dans l’absolu. Il n’y a que des hommes jouissant de leur liberté qui, même dans un système fermé où la hiérarchie est pesante et contraignante, savent dire non à une injonction « manifestement illégale », d’où qu’elle puisse venir, et passer outre ! Un juge qui imiterait Yao Ndré apporterait à son pays une très vilaine flétrissure que les papys raconteraient à leurs petits-fils des décennies et des décennies après.

Mais on ne demande pas non plus à un magistrat de ressusciter le sosie de Kéba Mbaye. Ce dernier n’a pas voulu être un héros, il a juste fait son boulot. On demande à un juge d’en avoir assez dans son froc pour ne pas devenir un tailleur des lois ordinaires ou constitutionnelles qui deviendraient modulables selon les désirs et desiderata de l’Exécutif ; il pourra ainsi éclairer la lanterne du justiciable pour lui permettre de suivre le fil d’Ariane dans le labyrinthe des avis et décisions de justice ! Qu’il ne rabâche pas sempiternellement aux citoyens en détresse, dont il est le dernier rempart, que dire le droit n’est pas son rayon, comme un médecin qui se déclarerait incompétent pour toutes les pathologies dont souffriraient ses patients ! Il se doit de rassasier ceux qui ont faim et soif de justice.
Les juges ont fait leur droit, ils sont bien formés ; ils n’ignorent nullement ce qui se fait ici et ailleurs ! Un gros baobab sur la route comme un gros caillot qui obstrue les veines de la République et qui menace de l’étouffer…

Il arrive un moment, le juge osera faire son travail. Malgré les consultations à domicile et les dossiers sous le coude du prince, malgré les demandes incessantes de coups d’accélérateur ou de rétropédalage sur les dossiers sensibles, malgré les menaces d’affectation dans des zones déshéritées et de mises au frigo, malgré les prolongations et les augmentations de crédits alloués aux institutions.
Un proverbe bien de chez nous dit explicitement : « Une hyène qui suit un gaillard qui marche dans la nuit ne montre pas qu’elle a du cran ; c’est le bonhomme qui n’a pas l’allure fringante ! »




Moustapha Diop
mrgediop@gmail.com

Djimbori Ngooné Bour Dalli

Le pouvoir politique est « juste une escarpolette de singe que l’on retrouve sur n’importe quel arbre ! » chantait Youssou. Jean Bedel Bokassa occupa même le strapontin avant de s’ennuyer et de s’auto clamer empereur Bokassa 1er.

Quand arrive le grand soir, il y a ceux qui pensent aux millions de personnes disséminées dans le pays et dont la sécurité autant que la prospérité reposeraient entièrement sur leurs frêles épaules : ils s’enferment dans leur bureau et méditent. Ceux-là demandent au Tout-Puissant de rendre herculéennes leurs fragiles mains de mortel afin qu’ils puissent se vouer entièrement à cette mission. Alors ils deviennent des êtres abstraits, n’ayant plus d’ascendants ou de descendants. Comme Bamba ils disent à leurs siens : « Je n’ai ni frères ni enfants auxquels je léguerais des biens matériels. » Ceux-là restent à équidistance des citoyens et des partis politiques, mus essentiellement par l’intérêt de tous. Ils font la paix avec leurs adversaires, rappellent les bienfaits que leurs devanciers ont accomplis pour la République sans s’appesantir sur leurs défauts. De tels hommes perdent sommeil et appétit, maigrissent ! Malgré leur jeune âge.




Hélas, tous n’ont pas cette posture dont parlait le Général de GAULLE qui disait : «  Quand on a le destin de tout un peuple entre ses mains, son regard doit dépasser le bout de son nez. »

Djimbori déroule son jeu. Le prince s’est attribué la part de Bouki, à la fratrie et à la belle-famille il a donné celle de Ndiour, et réservé la portion de Samba à son parti et à ses alliés. Notre courroux taciturne le dope.

Il veut aujourd’hui la tête de Khalifa et l’aura sur un plateau. Hier nous avions fermé les yeux pour lui laisser le soin de couper celle de Karim et de Sonko. Et demain ? Diantre ! Il lui en faudra d’autres encore sur l’autel parbleu. Du Sang ! Des prisonniers ! Et, des larmes d’orphelines et de nonagénaires. Son fétiche en raffole.

Entre gêne, déception, colère et sentiment de culpabilité, chacun, dans son coin, médite. Des 4000 milliards à recouvrer, ne restent que des voitures et des bijoux ! Le reste doit être dissimulé entre « le ciel et la terre » Nous ne parlons même pas des vingt-cinq ministres de la « gestion sombre et tortueuse » et du reste.

Nous avions été pourtant avertis. Keurgui, l’excellent groupe de rap de Kaolack nous avait interpellés : « Qui est donc aux commandes de notre embarcation? » Nous avions la réponse ! Un excellent chroniqueur nous avait susurrés : « voter pour lui, c’est élire sa femme. »

Nous saurons éternellement gré au Ministre de la culture d’avoir éclairé notre lanterne qui vacillait entre ombres et lumières. Nous soupçonnions fortement la modification de l’article 44 de notre constitution sans référendum. Merci de nous l’avoir confirmé.

Entre temps le pays a vraiment changé ! A-t-on réellement idée d’une professeure d’histoire qui se transformerait en dame de compagnie, fut-elle de celle d’une première Dame ?  Des juristes, naguère déifiés, en arrivent à irriter quarante-cinq de leurs pairs, obligés de dire : psitt nos étudiants nous écoutent !  Des éditorialistes aux plumes jadis impériales, allègres et, acerbes commencent à tremper les leurs dans une encre si incolore que leurs billets ne valent même plus la petite monnaie. « Quand tes semblables valent le prix d’une bique, ta valeur ne doit pas être très loin de celle d’une chèvre. » disait l’autre.

Djimbori et sa cour souhaitent, qu’en dépit de notre colère si saine puisse que ne comportant aucune parcelle de haine, de notre ventre creux et, de notre sinistre rire jaune, que l’on sourit. Alors que tous les clignotants sont rouges. Nous avons pris un beau marron à l’œil ! L’étoile verte a perdu de sa brillance, les fleurs de toutes ces promesses ont fané depuis que nous avons vu notre espoir gisant dans les eaux boueuses de la mare du reniement. Il ne reste plus qu’un sentiment furax qui vagit au fond de nos entrailles comme le bouillonnement d’un volcan qui va sourdre et déferler comme un torrent. Les pauvres ! Ils ne savent même pas que nous rêvions d’un lion rouge qui rugit.

Il faudra se décider. Mamadou Diop a donné sa vie. Ousmane Sonko son poste prestigieux d’inspecteur des domaines, pour un pays dont les citoyens jouiraient de leurs ressources naturelles comme les finlandais et australiens des leurs. Chaque citoyen devra se poser cette question : « Et moi, que suis- je prêt à donner pour que mes enfants vivent dans un pays ou le prince, quel que soit le score avec lequel il serait élu, ne ferait plus la pluie et le beau temps avec la délégation (circonstancielle) d’un pouvoir ? »

Et chacun répondra à sa convenance et selon ses convictions !

Mais il va falloir se décider. Opiner ? S’aplatir se taire ? Ou se terrer comme des lâches et les laisser nous passer dessus avec leur rouleau-compresseur ? Ou peut-être partir, nous en aller au loin, voguer sur les flots comme des boat peoples.

Il faudra se décider parce rien n’étonne un fou. Et l’adage ajoute : « son embarcation finit par dériver au large de l’océan avec ceux qui ont pris le risque d’y prendre place ! »

Notre indignation tardive et sélective, ainsi que les incantations que débitent nos pauvres voix de femmelette seraient si insuffisantes à les dissuader. On a oublié de leur rappeler l’histoire de cette ville fondée par Dof DIOP, alias DONNER DES COUPS, et qui ne connut guère son apogée. NaataKhoona NDIAYE, RENDRE COUP POUR COUP y entra un soir avec sa horde de vandales et la transforma en ville fantôme.

J’ai lu et relu ces phrases de Chateaubriand et j’avoue que j’ai mis du temps à en comprendre le sens : « Une faiblesse naturelle aux gens supérieurs et aux petites gens lorsqu’ils ont commis une faute, est de la vouloir faire passer pour l’œuvre du génie, pour une vaste combinaison que le vulgaire ne peut comprendre. L’orgueil dit ces choses-là, et la sottise les croit. »

Mettre son coude sur les dossiers gênants du PRODAC, envoyer le procureur à ses opposants, casser sa tirelire de fonds politiques pour se payer des transhumants hideux à la bave de crapaud. Ce n’est pas une œuvre de génie ! Surprendre ses adversaires, changer les règles du jeu en plein combat, employer la puissance publique pour ligoter ses adversaires et les rouer de coups froidement… n’est ni de intelligence ou de l’audace. Une soif de vengeance suffit ainsi qu’une immoralité abjecte. Idi amine Dada et Yaya JAMMEY feraient beaucoup mieux ! Chez nous on dit plutôt : « Un gentleman est toujours fair-play avec ses pairs en tout lieu, en toutes circonstances quelle que soit le degré de l’adversité. »




La politique: une affaire de gladiateurs ou de gentlemen ?

Qui dit politique parle d’une âpre compétition pour la conquête et la conservation du pouvoir, donc de rivalité et de concurrence entre challengers qui se battent pour prendre et diriger l’Etat qui, qui plus est, est ce « MONSTRE FROID » dont parlait le philosophe Nietzsche, qui peut devenir plus dangereux qu’un camion lourdement chargé et dont on aurait scié les freins. Avouons que tout ceci ne milite pas pour un amusement tranquille d’enfants de chœur qui s’égaient dans une cour de récré.
« Deux coqs vivaient en paix ; une poule survint. Et voilà la guerre allumée. » Ces mots dans une des fables de Jean de la Fontaine résument bien la situation de conflit. Mais cela ferait-il de la politique une guerre sans merci au cours de laquelle on aurait le droit d’user et d’abuser d’armes (non conventionnelles parfois) pour détruire ses adversaires ?



Quand on écoute les thèses que certains intellectuels avancent pour expliquer certaines dérives de l’Exécutif, qui semblent corroborer cette vue chère au théoricien marxiste Antonio Gramcsi, on est tenté de les croire. Tout l’art de la politique consisterait à donner des coups de Jarnac à tout-va comme Djimbori sait si bien le faire. La politique, pour user d’une image culinaire locale, serait une sorte de couscous très sec que l’on doit faire manger à ses adversaires aux confins d’une région aride : les malheureux auraient très mal au gosier, ils risqueraient d’avaler de travers une portion de leur repas infect et ils auraient de terribles indigestions ! Mais que voulez-vous ? La politique, c’est la guerre ! Il est vrai que l’arène de la guerre, qui aurait ses « douceurs », peut exercer sur les hommes tant d’attraits.
Encore que la guerre a ses normes. Les Samouraïs, raconte-t-on, se refusaient à achever un adversaire désarmé !
Personnellement, je pense comme Fénelon, sans être un pacifiste dans l’absolu, que « la guerre est le plus grand des maux dont les dieux affligent les hommes. »
Entre « l’argument de la force et la force de l’argument », comme disait l’autre, chacun pourra choisir son camp !
Dans la conquête comme dans l’exercice du pouvoir, mais beaucoup plus dans le second cas, il y a ceux qui pensent à la postérité et ceux qui spéculent sur leur prospérité. Certains gouvernants essaient d’apporter sécurité et bien-être aux leurs. Même un enfant qui ferait cours dans un abri provisoire ! Ils ne cessent alors de méditer leur départ, quand ils tourneront le dos au pouvoir. Seuls. Quand les historiens feront les comptes et mécomptes !
Mais il y a aussi les hommes qui n’ont ni appris des erreurs des autres ni corrigé leurs propres lacunes, dont les regards ne portent pas au-delà de leur bedaine, qui trépignent déjà à l’idée d’assouvir une vengeance crypto-personnelle avec cette force hors norme qui est entre leurs mains.
Au Libéria, Samuel Doe, atrabilaire et sanguinaire chef de la junte militaire, a été « charcuté » par son ennemi juré, Prince Johnson ; rigolant, une bouteille de Whisky en mains, un joint de cannabis entre les lèvres… Comme les hurlements démentiels du malheureux l’importunaient, il lui sectionna la langue !
Le brillant juriste Diallo Telli, premier secrétaire général de l’OUA, mourut d’inanition au Camp Boiro. Sékou Touré se méfiait de ce cadre adulé. Accusé d’être la tête de file du fameux « complot peul », il fut expédié ad pâtre !
On peut retrouver à foison nombre de curiosités morbides comme celles-là, elles ont légion partout où la dictature a régné.
Chez nous, les choses sont aussi allées très loin entre les présidents Mamadou Dia et Senghor. Sauf qu’on n’en est pas heureusement arrivé aux monstruosités rappelées plus haut !
Dans les démocraties, quel que puissent être l’âpreté des contradictions, on évite certaines dérives. Entre les excès qu’on retrouve dans certaines dictatures et la main parfois très lourde de Senghor, je préfère les procédés plus avenants entre Giscard et Mitterrand ou plus récent entre Wade et Diouf. L’image de l’ancien président français Nicolas Sarkozy à côté de son tombeur François Hollande pour fêter les harkis, ou celle où l’on voit Bill Clinton et Barack Obama inaugurer ensemble le musée des civilisations noires, commencé par Bush, fut très belle.
Ne pas faire de cadeaux à ses opposants est de bonne guerre, mais se laisser aller à certaines extrémités peut se révéler très improductif. Dans les républiques où les règles sont bien définies, la démocratie polit les mœurs. La cruauté comme la rudesse du jeu politique peut être tempérée par la cuisson vapeur du couscous, ou par de l’eau tiède qu’on verserait sur la semoule. Cela rendrait la pilule, autant pour moi, le couscous, plus facile à avaler et à digérer.



Sinon gare au retour de manivelle. La roue de l’histoire tourne !
Quand Samuel Doe subissait sa descente aux enfers, il a dû voir le spectre du président William Tolbert en caleçon avec ses ministres, exécutés sans autre forme de procès ce fameux 12 Avril 1980 !
Serigne Sam Mbaye, dans l’une de ses prêches, avait lancé cette formule terrifiante de rappel à l’ordre : « Celui qui ne songe jamais aux trois premiers jours qu’il passerait au fond de sa tombe, peut bien faire ce qu’il veut alors qu’il est encore en vie. » Mais on me dira que les hommes politiques n’émargent pas à ce registre !
Je leur rappellerai l’image d’un président déchu qui s’en va alors que son ennemi assuré s’installe. On n’a pas besoin de leur rappeler comment périt celui qui règne par l’épée. Georges Danton, ministre de la Justice et membre du conseil exécutif provisoire mis en place après la chute de la monarchie en France, faisait preuve d’une violence inouïe à l’égard de ses malheureux adversaires. Mais son courage émerveilla tout le monde lors de son exécution. Quand le tribunal monstrueux qu’il avait contribué à créer se retourna contre lui, il resta stoïque et admirable, frisant même la provocation. Au bourreau qui allait lui couper la tête, il dira sans ciller : « N’oublie pas surtout, n’oublie pas de montrer ma tête au peuple : elle est bonne à voir. »
La bonne nouvelle venue de Côte d’Ivoire est tombée : le président Alassane Ouattara a amnistié Mme Simone Gbagbo ! Allez-y savoir si c’est pour apaiser le pays ? De l’élégance ou de la grandeur ?
Parfois, c’est une simple question d’artifice et de finasserie pour éviter demain d’être dans l’impossibilité d’assister aux funérailles d’un proche ! Suivez mon regard.


Cheikh Bamba Dièye, allez-y jouer aux aristocrates chez les roturiers !

YERIMPOST.COM Cheikh Bamba Dièye a donné un véritable coup de pied dans la fourmilière. Il était grand temps s’il n’est pas déjà trop tard ! Thomas Jefferson a raison : « Une petite rébellion de temps en temps, c’est comme un orage qui purifie l’atmosphère. » On commençait à se lasser de ce silence qui est si mortel dans une démocratie.

Un ami me racontait l’histoire d’un couple qui vivait dans une maison mitoyenne à la sienne. Le mari, qui avait coutume de lever le coude, devenait agressif, voire tyrannique. La bonne dame supportait alors coups, injures et invectives sans broncher. Mais arrivait toujours la riposte à la mesure de l’outrage. C’était sur un ton ferme et coléreux ! Elle avait bien raison. « Se révolter contre la tyrannie, c’est obéir à Dieu », comme disait l’autre.

On demande à Cheikh Bamba Dièye d’être un agneau, un charmant chérubin avec des loups qui font preuve d’une telle trivialité que tous les citoyens soucieux de la quiétude de ce pays ont du mal à contenir leur courroux en les écoutant parler comme des nantis jouissant de leur droit de propriété avec un bien dont ils viennent de faire l’acquisition. Nichés dans une légalité sournoise, ils ne se donnent aucune limite pour s’attaquer ouvertement aux juges de la CEDEAO, s’ils ne dilapident pas nos 28 milliards sans ciller !

Allez donc demander à un pauvre homme au visage tuméfié, à qui des colosses imbus d’eux-mêmes donnent des coups bas, sans que l’arbitre ne daigne lever le petit doigt, de continuer à encaisser des coups et à geindre !

Dans une lettre célèbre qu’Abraham Lincoln aurait adressée au professeur de son fils, le 16e président des USA suggérait à l’enseignant d’apprendre à l’enfant « à être doux avec les doux, et dur avec les durs. »

Quand toutes les institutions d’une République sont aux ordres, assujetties au bon vouloir du Prince, quand une bonne partie de la presse privée du pays caresse les autorités dans le sens du poil, quand les régulateurs sociaux sont aphones, quand le citoyen n’a plus que sa voix, celle-ci devient forcément gutturale !

Il a fallu à un proche du président Macron de lever son petit doigt sur un citoyen pour que la Justice et l’Assemblée réagissent. Ici, on a tiré et tué, avec une arme achetée avec l’impôt des citoyens, un étudiant sans que rien n’ait été fait !

Que personne ne vienne nous demander de ne pas exprimer notre courroux : nous avons soif d’eau… et de Libertés ! Les nôtres, bien que constitutionnelles, ont été dûment confisquées. Désormais, ce sont des fonctionnaires qui ont le droit de nous dire quand et comment en jouir !

Moustapha Diop




Le parrainage expliqué à ma fille… Dis Pa, c’est quoi le parrainage ?

YERIMPOST.COM A cette question abrupte de ma fille, j’avoue que j’en suis resté longuement bouche bée. Etonné et surpris qu’une fille de six ans s’intéresse à ces questions politiques au lieu de s’extasier en regardant son programme préféré sur une chaîne jeunesse en ces moments de vacances. Je ne savais quoi lui répondre. Je mis quelques minutes avant de balbutier la première chose qui me soit venu à l’esprit.

« Le parrainage ? Ben, il parait que c’est un truc génial ma fille. Il permet de rationaliser les candidatures « fantaisistes » aux différentes élections et in fine les partis politiques qui foisonnent comme des sachets en plastique dans les rues de la ville. C’est vrai que comme tout le monde j’en suis encore resté bouche-bée, mais si l’on en croit aux affirmations des communicants du prince. Tu vois ces messieurs au verbe facile et à la faconde naturelle, costume sur mesure, cravate rouge bien nouée, qui écument les plateaux des télés, la leur comme toutes les autres qui ont fini par tomber dans leur escarcelle. La bouche en cœur, ils nous ont expliqué le projet. Ils ont disserté, discouru, expliqué, demandant à l’opposition de ne pas faire la fine bouche sur cette trouvaille du président qui va apporter une révolution qualitative dans la façon d’organiser des élections dans le pays.

Par exemple, quand ton papa adoré sera convoqué par l’administration pour être dans les bureaux de vote le jour des élections, il n’aura plus, suant comme un ouvrier dans la touffeur moite d’une salle de classe mal éclairée, des dizaines de bulletins de candidats fantoches qu’il passera des heures à installer avant d’accueillir les électeurs.




En outre, les électeurs âgés comme ton papi ne perdraient plus de temps pour des gus venus de n’importe où, racontant n’importe quoi, qui ne savent même pas voter. Des candidats qui, le temps d’une campagne, trouvent subitement des dizaines de millions pour payer leur caution et financer leur campagne, alors qu’ils n’en avaient guère pour payer leur loyer et étaient sous la menace d’une assignation en expulsion.

Le machin, c’est comment encore ? Le parrainage ! C’est pour économiser beaucoup d’argent qui servira à payer les avancements et autres reclassements des enseignants. Tu vois, ton papa est toujours en débrayage. Il s’en est même fallu de très peu pour qu’il soit radié pour grèves intempestives ! Lui et ses collègues ne sont pas contents parce que l’Etat leur doit des sous, mais les nombreux candidats aux élections font grever inutilement les charges de l’Etat, lui faisant perdre de l’argent. Avec le parrainage, il y aura moins de candidats et plus d’argent pour construire des salles de classe qui vont remplacer les abris provisoires pour tes petits camarades là-bas qui font leurs cours dans des huttes ! »

  • C’est naze. Je ne comprends pas tout ce baratin !

« Ok, ne t’énerve pas ma princesse ! Voyons voir une autre illustration plus didactique. C’est, comme jadis, avant qu’on ne se soit mis en mode appart fermé, quand toute la famille vivait dans la grande concession avec les tantes et les oncles, les cousins et autres membres plus ou moins éloignés de la famille ; chaque matin, quand maman allait au marché, grand-mère prenait une petite calebasse, elle y mettait du riz et triait pour extirper les déchets et autres débris qui donnent des maux de ventre aux enfants pour ne laisser que les bonnes graines de riz toutes blanches et appétissantes, celles que l’on doit manger pour être en bonne santé !

Ou encore un autre exemple. C’est comme quand tu veux être première de ta classe alors que tu es loin d’être la plus douée. Après la composition, patatras ! Tu es classée septième ou huitième. Tu fais le point ! Ben il y a six ou sept personnes qui sont beaucoup trop forts pour toi. Aucun moyen de te classer devant eux. Et tu veux être première pour mériter le prix d’excellence. Que faire ? »

  • Sais pas moi…

« C’est simple. Tu accuses l’un de tes concurrents, la main dans le cœur, d’avoir volé la craie de ton oncle qui, « pur hasard », se trouve être le maître de la classe et dont les décisions sont irrévocables et définitives. Tu demandes à ton petit camarade de montrer qu’il n’est pas un voleur de craie ! Il est condamné et envoyé en exil forcé dans une autre école.

À la récré, tu demandes à un autre rival de te prêter un peu d’argent pour te payer un goûter. Comme toi, il a les poches trouées, il évoque l’impécuniosité générale ; mais tu lui rappelles qu’il peut prélever une petite somme modique sur la Caisse d’Avance qu’il garde par devers lui. Tu n’aurais point d’argent et tu as faim. D’ailleurs, ce serait un secret bien gardé et, dès le lendemain, tu lui rembourserais la somme due. Il te croit. Aussitôt après, tu convoques une réunion pour demander au commissaire aux comptes de vérifier l’argent de la caisse d’avance : « la confiance n’exclut pas le contrôle ! » Le malheureux est condamné et rétrogradé au niveau inférieur. Deux adversaires en moins. Là tu piges. Tu vois comme c’est pratique !

Sauf que tu n’es pas encore première de ta classe ma grande. Mais rassure-toi, ton pater est doué pour te tirer d’embarras. Passons à l’étape suivante avec tes autres rivaux. Elle est déroutante, épatante. Tes adversaires n’y verraient que du feu !




Alors ton oncle (ton maître ?) va exiger de chaque élève de la classe d’aller remplir une fiche, portant noms, adresses, téléphones et signatures des maîtres des classes et écoles qu’il a fréquentées, mais aussi des encadreurs et autres répétiteurs, attestant qu’ils vous ont bien expliqué les leçons sur lesquelles l’évaluation porterait à la prochaine composition pour attester que vous avez le niveau requis. Si un élève ne trouve pas assez de signatures, il est éliminé. S’il en trouve suffisamment, le maître (ton oncle ?) pourra toujours contester l’authenticité des signatures qui seraient douteuses. »

  • Ah ! Je n’y comprends que dalle.

« Ben moi aussi ma fille. Je n’y comprends pas grand-chose mais je chercherai sur Google. Il parait qu’on peut tout y trouver, même de la sauce arachide pour couscous ! »

Moustapha Diop

Réflexion: Omerta (lecture recommandée par Yerimpost)

Le silence dans une démocratie est toujours assourdissant, voire engourdissant. Dans les républiques démocratiques où l’épithète n’est pas une coquetterie esthétique, les arguments contradictoires, comme deux sumotoris dans un cercle restreint, s’entrechoquent avec force. C’est un signe de vitalité.

On comprend l’interrogation pugnace et légitime de l’honorable députée Madame Hélène Tine : « Pourquoi ce silence des chefs religieux ? » Se demande-t-elle, faisant allusion à ce silence complice et gênant de certaines forces vives de la nation dans la situation du pays fortement marquée par une absence totale d’équité et de règles dans la gouvernance. La question de la parlementaire est à mettre en corrélation avec la conclusion du perspicace chroniqueur Pape Allé Niang qui avertit constamment les porteurs de voix qui ont mis leurs langues dans leurs poches : « Ceux qui refusent d’élever la voix contre les pyromanes seront obligés d’aller chercher de l’eau pour éteindre le feu ! »

 

Mais sur l’autoroute « Ila 2e mandat », il se passe beaucoup de choses ! Le terrain s’est aplati, le rouleau-compresseur marron et beige a bien comprimé le chemin des valeurs. Une certaine élite qui s’est affalée, balise la voie au Prince et surtout à la Princesse qui désormais « nomme les ministres ». Et l’on se demande si ces hommes et femmes, qui récemment étaient mis sur un piédestal, s’en sortiront indemne ! A lire et à écouter certains d’entre eux « dire que leur bataille d’hier était circonstancielle », on est envahi par un énorme sentiment de tristesse. On a juste envie de nous interroger : « Diantre ! Que vous arrive-t-il ? »

Un collectif d’imams, pour un black-out de la Sénélec, était monté au créneau ! La voix forte et solennelle, le regard déterminé et sincère, les imams avaient alors pris le parti du peuple pour exiger au pouvoir d’alors de mettre fin à notre faim de lumière. Mais ça, c’était il y a naguère.

Aujourd’hui, il est vrai qu’on a soif, soif à avaler la mer et ses poissons ! Assoiffé de justice et de liberté aussi. En ces temps de spleen citoyen, on aurait aimé entendre une voix de la plus belle eau prendre notre parti. Mais on a soif ! On est si seul !

Peut-être que les coupures intempestives d’eau d’aujourd’hui et les délestages de jadis ne sont pas de la même eau ? On me dira qu’entre hier et aujourd’hui, c’est l’eau et le feu ; et qu’entre temps, beaucoup ont appris à nager entre deux eaux.

Ce qui est sûr et certain est que ce silence, loin de valoir son pesant d’or, est assez troublant dans une démocratie comme la nôtre, puisque dans ces républiques le silence y est toujours de plomb.

A la décharge des religieux, on peut dire que, Feu l’Imam Ndiour de Thiès nous avait habitué à des sorties bien commentées par les médias mais qui étaient axées sur les difficultés des populations. Serigne Cheikh nous avait suggéré avant son « départ », il nous avait parlé comme toujours à cœur ouvert, nous demandant de veiller au pays, de « le sanctifier avec des cœurs d’or si on ne veut pas qu’un bain de sang ne vienne le purifier.» Feus Serigne Sidy Moctar Mbacké et Serigne Abdou Aziz Al Amine, avec une grande responsabilité, teintée de pudeur, si proche de la circonspection qui seyait à leur rang, s’étaient fortement émus des affaires Karim Wade et Khalifa Sall.

Depuis c’est l’omerta. Je ne sais pas si Vigny a raison de penser que : « Seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse »

Les autorités religieuses ne sont pas d’ailleurs les seules à garder le silence, après avoir « tout dit ». Presque tout dit. D’ailleurs que vaut la parole d’un « simple citoyen ordinaire » dans une ancienne démocratie devenue une république bananière quelconque ? Certainement c’est fort de ce constat que certains d’entre eux, la grande majorité, se sont emmurés dans un silence gênant ; tandis d’autres qui, assument fièrement « amitié » et « adversité » dans l’échiquier politique, disent à qui veut l’entendre leur proximité avec le pouvoir qu’ils défendent crânement, même quand il a tort d’assoiffer son peuple et de priver injustement certains citoyens de leur liberté, et jettent des regards incendiaires aux « ennemis » du prince contre lesquels ils n’hésitent pas à lancer des « fatwas » !

Il y a ceux qui ont perdu la voix, se tenant coi dans leur coin, mâchant avidement leur marron-glacé. Ont-ils avalé leur langue ? Peut-être que l’ont-ils simplement au fond de la bouche ?

Entre-temps le pays a changé : des convictions se sont émoussées, des masques sont tombés. Des professeurs émérites sont devenus « tailleur constitutionnel », d’autres des dames de compagnies, heureuses de tenir à la Première Dame son sac Louis Vuitton. Des écrivains réputés se sont mués en de piètres plumitifs trempant leur plume dans une encre tellement incolore que personne n’en voit l’orthographe, des intellectuels organiques chargés de propagandistes !

Ceux qui ont la voix si faible que la leur n’est même plus audible. Ils sont si haut perchés que l’écho de leur voix ne parvient plus à franchir la distance qui les sépare du peuple ! Ils sont si loin. Ils sont si hauts !

Une certaine gauche qui n’est même plus « caviar », a rasé sa barbe, et rangé marteau et faucille, défend le pouvoir avec une véhémence si excessive qu’on en éprouve de la commisération en pensant à toutes les batailles épiques que la gauche a livrées dans ce pays pour l’indépendance, la liberté.

« Le silence des peuples est la leçon des rois. » Pourvu seulement, qu’en interprétant ce silence plein de mépris et de dépit des citoyens, le prince ne soit pas aussi débile que le petit moustique qui, auprès de sa mamie, s’enorgueillissait des tapes et claques des mains qu’il entendait dans les chambres qu’il écumait la nuit !

Vivement le doux soupir de la brise de l’hivernage qui viendra souffler sur ces feuilles jaunies d’automne qui empêchent les bourgeons printaniers de pousser.

 

Moustapha Diop

mrgediop@gmail.com

 

 

Visite de travail à SOCOCIM: Intervention de Moustapha Diop

Je suis aujourd’hui à SOCOCIM Industries qui est la quatrième étape de ma tournée de visite d’industries que j’ai démarrée jeudi passé et qui m’a conduit d’abord au Parc industriel de Diamniadio, à la NSTS de Thiès et puis le vendredi 06 juillet aux Grands Moulins de Dakar.

Je me souviens, Monsieur BAVARD, Directeur général des Grands Moulins me disait que les Grands Moulins de Dakar sont la première minoterie du Sénégal.

Alors aujourd’hui, je suis tout heureux de me retrouver ici à SOCOCIM, la première cimenterie du Sénégal et même de l’Afrique de l’Ouest, fondée en 1948, qui pendant longtemps a fourni seule le marché de la construction au Sénégal et des pays environnants comme le Mali, la Gambie, la Guinée.

Les installations que je viens de visiter montrent effectivement que nous sommes dans une vielle industrie, bien entendu de par son âge, mais qui a réussi à se mettre aux normes et à niveau pour faire face à un marché de plus en plus concurrentiel et exigeant.

Je rappelle justement que les investissements importants consentis depuis plusieurs années ont permis à la SOCOCIM d’être la seule cimenterie en Afrique de l’Ouest à être certifiée ISO 9001 et ISO 14001 et d’obtenir le label norme CE pour ses produits.





Effectivement, la SOCOICM c’est 230 milliards de francs CFA d’investissement ; une capacité de production de 3,5 millions de tonnes de ciment par an ; un chiffre d’affaires de 110 à 120 milliards de FCFA ; 800 à 1000 emplois directs et plus 1500 emplois indirects ; dont 70% des employés sont originaires de Rufisque et Bargny.

Je voudrais en cela féliciter la Direction générale pour les résultats importants obtenus mais surtout pour les nombreuses actions de bienfaisance à l’endroit des populations de Rufisque, au titre de la RSE (Responsabilité Sociétale d’Entreprise).

Naturellement, j’ai saisi ma présence ici pour évoquer avec Monsieur le Directeur général la récente hausse sur le prix du ciment et qui avait fait beaucoup de bruit.

Actuellement, tout est rentré dans l’ordre et je voudrais saisir cette occasion pour exprimer toute ma disponibilité à l’ensemble des cimenteries que ce soit SOCOCIM, les Ciments du Sahel et Dangoté que je visiterais très prochainement, à travailler avec elles pour trouver les solutions appropriées à leurs problèmes.

La question de l’approvisionnement en ciment des entreprises qui exécutent les grands chantiers de l’Etat comme Ila Touba et AIBD-Mbour-Thiès a été aussi au menu de nos discussions.

Sur les besoins globaux estimés à 30 000 tonnes pour Ila Touba et 28 000 tonnes pour AIBD-Mbour-Thiès, il est urgent de livrer respectivement 20 000 tonnes et 14 000 tonnes aux entreprises qui réalisent ces travaux routiers, CRBC et CWE, d’ici le début du mois d’août 2018.

Je repars d’ici rassurer et très satisfait de la réponse de Monsieur le Directeur général qui a promis de tout mettre en œuvre pour l’approvisionnement correct et sans discontinuité de ces grands projets de son Excellence Monsieur le Président de la République Macky SALL, pour faciliter la bonne exécution et permettre le respect des délais de livraison, c’est-à-dire avant la fin de l’année 2018, à la grande satisfaction des populations sénégalaises.

Je voudrais enfin remercier Monsieur le Directeur général pour l’accueil chaleureux qu’il a bien voulu me réserver avec la délégation qui m’accompagne.

Signature livre d’or SOCOCIM

En signant ce livre d’or, je voudrais exprimer toute ma satisfaction après cette visite d’usine très instructive que je viens d’effectuer et qui montre encore une fois que SOCOCIM, la première cimenterie du Sénégal, qui a permis de construire seule pendant très longtemps nos villes et campagnes, est bien un patrimoine national à préserver.

Toutes mes félicitations aux actionnaires qui se sont succédé et à la Direction générale à qui je renouvelle mon entière disponibilité et mon soutien total.

Vive la SOCOCIM.

 

 

Rufisque, le 10 juillet 2018

 

Moustapha DIOP

Ministre de l’Industrie et de la Petite et Moyenne Industrie

 

Moustapha Diop visite le Parc industriel de Diamniadio et la NSTS de Thiès

République du Sénégal

Un Peuple – Un But –  Une Foi

———

Ministère de l’Industrie  et de

la Petite et Moyenne Industrie

———-

Le Ministre,

 

 

 

            /MIPMI/SG/

 

 

 

         Dakar, le

 

Visite de travail au Parc industriel de Diamniadio et à la NSTS de Thiès

Date : jeudi 05 juillet 2018

Monsieur le Ministre Moustapha DIOP a déclaré :

 

Je voudrais d’abord exprimer mes sentiments de profonde gratitude au le Directeur général de l’APROSI, Monsieur Momath BA, pour l’accueil chaleureux qu’il a bien voulu me réserver avec toute la délégation qui m’accompagne.

Comme vous le savez, aucune nation au monde ne s’est développée sans pour autant passer par l’industrialisation. C’est fort de cette conviction et pour donner beaucoup plus d’élan à notre stratégie industrielle que le Chef de l’Etat, son Excellence Monsieur Macky SALL, a pour la première fois de l’histoire institutionnelle du Sénégal, créé un département spécifique dédié exclusivement à l’industrie et à la petite et moyenne industrie qui constitue plus de 90% de notre tissu industriel.

C’est pourquoi, la transformation structurelle de notre économie dont on parle dans le PSE repose essentiellement sur le succès dans la mise en œuvre de notre stratégie industrielle, à travers notamment les quatre projets phares que sont : les Plateformes industrielles intégrées; les Agropoles intégrés et compétitifs; le Hub minier régional ; et les Paris industriels.

L’industrie est donc au cœur du PSE et en ma qualité de Ministre de l’Industrie j’entends faire jouer pleinement à ce secteur son rôle primordial dans la création de richesses et d’emplois pour les jeunes et les femmes, en particulier.

C’est dans ce cadre que j’ai initié un programme national de tournée de visite d’industries, pour aller à la rencontre des industriels, m’enquérir de leur situation, connaître leurs problèmes et leur apporter tout le soutien nécessaire pour trouver les solutions appropriées.

Etape Parc industriel de Diamniadio

Je voudrais me réjouir de voir se réaliser un des projets phares du Plan Sénégal Emergent, la Plateforme industrielle intégrée de Diamniadio, qui traduit la vision futuriste du Président de la République Son Excellence Monsieur Macky SALL, d’un développement industriel, durable et inclusif du Sénégal.

Il y a de cela exactement trois mois, jour pour jour, avec le Secrétaire général et le Directeur général Momath BA, je suis allé en Chine dans le cadre des négociations pour la réalisation de la deuxième phase du parc industriel de Diamniadio, et l’occasion m’a été donné de visiter les parcs industriels de Deyang et de Luojiang. Ce que j’ai vu là-bas m’a conforté dans la vision pertinente du Président Macky SALL de doter le Sénégal d’un réseau de parcs industriels.

 

C’est pourquoi, le défi pour nous aujourd’hui, c’est la mise en service et l’exploitation effective du parc, pour permettre à toutes les entreprises installées de démarrer leurs activités ; ce qui permettra de générer des ressources et surtout de créer des milliers d’emplois.

 

La première phase du Parc industriel de Diamniadio qui couvre une superficie de 13 hectares a été réalisée par l’entreprise chinoise CGCOC GROUP, pour un montant de 25 milliards de francs CFA, entièrement financé par l’Etat du Sénégal.

Cette première phase comprend trois (03) hangars de 7920m² (Type A) ; un (01) hangar de 3600 m² (Type B) ; un (01) bâtiment Administratif de 5 000 m² sur cinq (05) niveaux. A cela s’ajoutent les réseaux d’eau, d’électricité et d’assainissement, les aménagements paysagers ainsi que 3 km de route bitumée.

 

A la date d’aujourd’hui, la situation d’occupation du parc qui s’établit ainsi qu’il suit :

  • C&H GARMENTS, spécialisée dans la confection qui compte créer 2 000 emplois directs et 200 emplois indirects, est en train d’installer ses machines ;
  • SEWA CARD qui fait des cartes électroniques et compte créer 750 emplois directs et 840 emplois indirects, est en train de former le personnel recruté ;
  • CTIS qui fait de la tuyauterie PVC et qui envisage de créer 40 emplois directs et 200 emplois indirects, est en phase de test.

Egalement, pour DELTACUIR, ADS, SARTORISEN et GALION, l’acheminement du matériel et son installation sont en cours.

De même pour le Bâtiment administratif, les entreprises réservataires à savoir GLOBEX FEDEX, BICIS, ADS, NUMHERIT sont en train d’accomplir les formalités administratives pour s’installer.

Dans ce Bâtiment administratif, il est prévu d’abriter une pharmacie, un service médical et une compagnie d’assurance.

L’autre défi qui se dresse devant nous, c’est la réalisation urgente de la deuxième phase du parc industriel de Diamniadio qui porte sur l’aménagement de 40 hectares, qui comprendra des hangars, une (01) citée d’habitations pouvant accueillir 2500 personnes, un terrain de football, des espaces verts et tous les services que requiert une telle infrastructure.

Cette deuxième phase d’un montant de 710 millions de yuans, soit 60 milliards de francs CFA, sur prêt concessionnel de la République Populaire de Chine, sera réalisée par le Consortium d’entreprises chinoises CGCOC-SRBG, avec qui nous avons signé un Mémorandum d’Entente (MOU), le lundi 02 avril 2018.

La deuxième phase comprendra 15 bâtiments de type A ; 2 bâtiments de type B en option ; une (01) citée d’habitations sur 4 hectares pouvant accueillir 2500 personnes, les VRD ; une sous station électrique HT/MT, 4 km de route, des espaces verts, un entrepôt, des locaux pour la douane, les sapeurs-pompiers, etc.

 

Si nous parvenons à relever ces deux défis, nous pourrons aisément apporter notre modeste contribution à la politique d’emploi du Président Macky SALL ; car je rappelle qu’à terme il est attendu la création de 25 000 emplois. C’est dire que la Plateforme Industrielle Intégrée de Diamniadio est pourvoyeuse d’emplois pour les jeunes et les femmes.

Etape de la NSTS de Thiès

 

Si j’ai choisi de venir ici à la NSTS dès l’entame de ma tournée, c’est parce que la situation que traverse votre société et que vous venez de décrire préoccupe à plus d’un titre le Chef de l’Etat qui accorde une importance capitale à la relance de l’industrie textile nationale. C’est pourquoi, il nous a instruit à tout mettre en œuvre pour la reprise des activités au niveau de cette usine qui emploie plus d’une centaine de personnes mais qui en plein régime devait passer à plus de 400 emplois ; ce qui n’est pas du tout négligeable pour le marché de l’emploi local voire national.

Je rappelle justement à ce sujet que c’est lui-même le Président Macky SALL qui a décidé, en 2014, à la suite d’un long arrêt, de relancer les activités de la société, en autorisant la signature d’un Protocole d’accord tripartite, entre la NSTS, l’Etat du Sénégal et la Banque Nationale de Développement Economique (BNDE).

Aujourd’hui, nous sommes devant cette situation inattendue ou en tout pas du tout souhaitable et nous devons agir ensemble pour redémarrer cet outil de production ; c’est tout le sens qu’il convient de donner à ma présence ici parmi vous.

Effectivement, l’usine est à l’arrêt complet depuis le mois de mars 2018, avec quelques 150 employés qui se retrouvent ainsi au chômage.

Les difficultés de la NSTS procèdent essentiellement du non renouvellement, par la BNDE, de la ligne de crédit annuel de 400 millions de francs CFA, pour non-respect des engagements de remboursement des échéances. Cela a occasionné un manque de fonds de roulement et par la suite une rupture des approvisionnements en coton.

A cela s’ajoute la difficulté de trouver le financement du programme d’investissement du Plan de relance, sur la période 2014-2016, dont le montant initial de 2,9 milliards a été revu à la hausse, à 4,1 milliards de francs CFA. Finalement, c’est juste 1,4 milliards de francs CFA qui a été mobilisé pour le financement du programme d’investissement.

Le 9 mai 2018, une réunion du Comité interministériel de Restructuration des Entreprises en difficultés, s’est tenue, au Ministère des Finances, à la Direction du Secteur parapublic, pour examiner l’apurement de la dette de la NSTS avec la BNDE ; trouver une solution de relance des activités de la société et assurer le financement adéquat.

Ainsi, il a été décidé :

1) la BNDE accepte d’acquérir une partie du patrimoine foncier de la NSTS pour couvrir la dette ;

2) la NSTS vend le reste de son patrimoine foncier hors usine ; ce qui lui permettra de satisfaire largement l’essentiel de ses besoins en financement.

Ces deux solutions permettront à la NSTS d’assainir sa situation financière et de pouvoir solliciter un financement bancaire, en cas de besoin.

3) Finaliser l’entrée du FONSIS dans le capital de la NSTS ; ce qui permettra de suivre de près le fonctionnement de la société ; ensuite, d’étudier avec la BNDE la possibilité de continuer à financer le fonds de roulement pour l’activité filature, et enfin, en cas de rentabilité de l’activité filature, relancer progressivement le tissage.

4) Un expert a été commis pour passer en revue les états financiers de la NSTS et faire des propositions pour solder certains comptes notamment avec la SOTEXKA. A ce sujet, je suis heureux de vous annoncer que le bon d’engagement pour le paiement des honoraires du consultant est déjà disponible et qu’il va reprendre du service incessamment.

 

A l’issue de la visite à la NSTS, j’ai demandé au Directeur général Monsieur Ibrahima Macodou FALL, de passer à mon bureau lundi prochain, le 09 juillet, à 16 heures, pour passer en revue toutes ces mesures préconisées et voir ensemble comment aller vers la mise en œuvre et je suis sûr qu’avec l’appui dèjà acquis de son Excellence Monsieur le Président de la République nous parviendrons à redresser la NSTS.

 

 

Le convoi de Bougane Guéye Dani attaqué par des éléments de Moustapha Diop

YERIMPOST.COM Le convoi de Bougane Guéye a été attaqué par des partisans du ministre Moustapha Diop à Louga. Le président du mouvement GSB séjourne dans la capitale du Ndiambour depuis ce matin. C’est à Keur Serigne Louga que des individus scandant les noms de Macky sall et Moustapha Diop ont attaqué la délégation de Gueum Sa Bopp. Nous allons y revenir avec plus de détails.




Exclusif! Le producteur de la 2e partie de la saison 1 assigne Soleil Levant et Wiri Wiri en justice

YERIMPOST.COM La série Wiri Wiri et le groupe Soleil Levant qui la joue sont attraits en justice par une figure connue du paysage audiovisuel sénégalais. Ancien directeur de la 2stv puis de la TFM, Moustapha Diop, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a décidé d’emprunter la voie judiciaire pour faire trancher un contentieux qui l’oppose à la troupe théâtrale qui anime Wiri Wiri.

En cause, un lourd différend financier que des pourparlers entre les deux parties n’ont pas réussi à régler. Moustapha Diop, sollicité pour relancer la série en panne au milieu de sa première saison, a remis à Soleil Levant la rondelette somme de quatre-vingt millions (80 000 000) de francs cfa, a appris Yerimpost. En contrepartie, il a obtenu de ladite troupe un engagement par contrat à lui livrer trois saisons de Wiri Wiri, trois années de sketchs à l’heure de la rupture du jeun pendant le mois de Ramadan et trois soirées théâtrales au Grand Théâtre.

La saison 1 achevée, Sanekh et cie n’ont pu en faire une autre pour Moustapha Diop, bloqués par Ndiaga Ndour, directeur de la Télévision futurs médias (TFM, diffuseur), qui a exigé de reprendre la série qu’il avait entamée avant qu’elle ne soit vendue au sieur Diop. Après plusieurs mois d’impasse et une tentative avortée de faire diffuser par la 2stv, Soleil Levant a fini par se plier au diktat de Ndiaga Ndour, d’autant que ses acteurs-vedettes (Cheikhou Guéye, Aziz Niane et Cheikh Ndiaye), salariés à TFM, n’ont pu aller au bout du bras de fer au risque de perdre leur embauche au sein de cette télé.

Le retour de Wiri Wiri sous l’escarcelle de Ndiaga Ndour cause un lourd préjudice financier à Moustapha Diop qui a déboursé 80 000 000 de nos francs pour se retrouver, au milieu du contrat, totalement dépossédé du produit. Il a décidé, selon la source de Yerimpost, de porter l’affaire en justice pour rentrer dans ses droits. Une bataille en perspective…

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