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Idrissa Seck: Vers une réelle réforme économique ? (Par Mohamed Ka)

Même s’il a esquissé quelques pas de danse au Centre International de Conférence Abdou Diouf (Cicad), lors de la cérémonie de lancement de la campagne de parrainage de sa candidature, Macky Sall aborde, avec beaucoup d’incertitude, le dernier virage vers la présidentielle de 2019. Engrangeant seulement 26% des suffrages au premier tour de la dernière présidentielle, Macky Sall n’a pas réussi à bien implanter sur le territoire national son parti, qui est déchiré par des querelles internes. C’est aussi le découragement chez un grand nombre de ceux qui l’avaient soutenu en 2012. Ils réclament des postes. Leur part du gâteau. Ces derniers n’ont pas caché leur amertume et l’ont fait entendre à Macky Sall, lui-même, à l’occasion d’une rencontre politique organisée au palais présidentiel, il y a quelques jours.



Alors que l’hivernage s’est tardivement installé sur l’ensemble du pays, avec en perspective des récoltes insuffisantes, les éleveurs vivent des moments très difficiles, avec une grande partie du cheptel décimé par le manque de fourrage. Il faut relever que l’agriculture et l’élevage au Sénégal sont encore au stade traditionnel. Le gouvernement de Macky Sall n’a pas su mettre sur pied une politique agricole innovante qui casserait la monoculture de l’arachide introduite pour des raisons économiques, à leur profit, par le colonisateur français. La grande majorité des agriculteurs sénégalais ne s’activent que pendant l’hivernage. Cette agriculture hivernale, portée par des paysans aux moyens limités, ne porte pas les marques d’une activité tournée vers l’exportation. En dépit des nombreux cours d’eau qui arrosent le pays, le Président Sall n’a pas su insuffler à l’agriculture sénégalaise une dynamique forte, bâtie sur une vision claire qui sortirait l’agriculteur sénégalais de la pauvreté, avec à la clé, des productions exportables et génératrices de devises. Faute de vision et d’engagement politique des autorités étatiques, les terres de la vallée sont accaparées par des projets agricoles aux mains d’étrangers, indiens par exemple, qui ont transformé les agriculteurs sénégalais en ouvriers agricoles mal rémunérés. Ce facteur exogène contribue largement à la paupérisation des populations rurales et affecte l’économie du pays, dont un part important du PIB est supporté par l’agriculture.
Le Président Macky Sall avait dit que le Sénégal serait autosuffisant en riz, en 2017. Le pays continue de consacrer plus de deux cents milliards de Francs CFA, à l’importation du riz. La FAO, l’UNICEF et le PAM (Programme Alimentaire Mondiale) ont exprimé leur désarroi lors d’une rencontre tenue le 3 mai 2018, à Dakar. Plus de huit cent mille sénégalais seraient menacés par la famine. Notamment dans les régions de Matam, Kaffrine, Louga, Diourbel, Kédougou et Sédhiou. L’industrie sénégalaise, qui dépend en grande partie des industries de transformation alimentaire, n’arrive pas à s’imposer sur un marché local inondé de produits étrangers. Le Plan Sénégal Emergent (PSE), qui s’inspire des paradigmes postkeynésien et néo structuraliste, est passé par là. En ouvrant le Sénégal à la mondialisation sans prendre des mesures protectrices et accompagnatrices pour son industrie, le gouvernement de Macky Sall a livré le secteur privé à une rude concurrence étrangère. Le secteur secondaire souffre de l’absence d’industries technologiques de pointe capables de booster fortement le PIB du pays, par l’entremise des secteurs primaire et tertiaire. Le BTP est à l’agonie. Les entreprises chinoises, turques et marocaines, qui bénéficient d’appuis financiers calculés de leurs états respectifs, raflent les marchés. Cela a considérablement augmenté le chômage et la pauvreté en milieu urbain, avec comme corollaire l’insécurité et la mendicité. Le pays est fortement frappé par une pauvreté chronique qui étend ses tentacules sur des populations analphabètes, représentées en grande partie par les femmes en milieu rural. Les initiatives économiques prises par le Président Macky Sall sont plus conjoncturelles que structurelles. Les « intérêts privés » (bourses familiales, financements individuels ou collectifs calculés, etc…) ont servi à financer beaucoup de programmes et projets sans impact réel sur l’économie du pays. Faute de formation et de préparation technique des bénéficiaires, ces projets sont voués à l’échec.
La paupérisation du pays a fortement dégarni les caisses de l’état, qui recourt de plus en plus à l’endettement extérieur. La volonté soudaine, affichée par le gouvernement, à vouloir contrôler un secteur informel qui paie très peu de taxes, renseigne à suffisance sur une trésorerie essoufflée et une fiscalité peu maitrisée. Le Président Macky Sall est très critiqué pour la dilapidation des ressources financières, l’absence de transparence dans l’octroi des marchés publics et la gestion nébuleuses des établissements publics (Poste, Centres universitaires, etc.)
L’imbrication des pouvoirs exécutif et judiciaire, l’infécondité du pouvoir législatif, le recul démocratique, la mal gouvernance, l’apologie de la transhumance politique, la restriction des libertés, l’absence de dialogue franc avec l’opposition et le népotisme ont contribué à accentuer le courroux des sénégalais. Pendant que Dakar et d’autres contrées du pays sont sans eau potable depuis de longs mois.
C’est dans ce contexte politique et social défavorable au Président sortant, Macky Sall, que Idrissa Seck veut prendre les rênes du pays. Ancien Premier ministre, Idrissa Seck est vu par ses compatriotes comme un brillant homme d’état capable de mettre le pays sur la voie de l’émergence. Le journal Jeune Afrique le décrivait comme un économiste brillant et pieux, dans sa livraison du 30 mars 2018. Idrissa Seck aurait pu passer ses journées à expliquer la courbe de Lorenz ou à s’épancher sur les écrits de Mahbul Ul Haq, ou autre Amartya Sen, devant un parterre d’étudiants médusés. Il est formé dans une école catholique de Thies (son terroir) pour ses études secondaires et dans les prestigieuses universités Américaines et Françaises (Princeton et Sorbonne). Il a une belle carte à jouer dans cette présidentielle. Il peut compter sur un parti organisé, structuré et bien implanté dans le pays. Mais il peut également compter sur le vote des intellectuels du pays, qui voient en lui le candidat le mieux outillé pour relever le défi économique et restaurer l’Etat de droit. Un pan de son programme dévoilé lors d’une rencontre qu’il a tenue avec les cadres de son parti, montre son attachement à la science et à l’éducation. C’est là où il dame le pion à son adversaire Macky Sall, qui, lui, ne montre pas beaucoup d’enthousiasme et d’intérêt pour ces secteurs primordiaux. La mort par balle des étudiants Fallou Sène et Ibrahima Faye, dans l’enceinte des universités du pays, alors qu’ils réclamaient le paiement des bourses, est révélatrice de la crise profonde qui secoue l’enseignement supérieur. Idrissa Seck annonce une économie qui sera bâtie sur un capital humain bien formé. De l’école maternelle à l’université, les Sénégalais bénéficieront d’une formation académique de qualité basée sur la promotion de l’excellence et du mérite. «C’est le secteur qui irrigue tous les autres», dira-t-il de l’éducation. Il est conscient qu’en bien formant ses compatriotes, il facilite le développement économique et social du pays. La rétention des élèves dans le cycle primaire et l’accès à une formation universitaire de qualité réduiront le fort taux d’analphabétisme et rendront le pays plus attrayant aux yeux des investisseurs. Idrissa Seck veut jouer sur la position géographique stratégique du Sénégal. Critiquant les initiatives économiques de Macky Sall, il s’insurge sur le choix de Diamniadio comme nouveau pôle économique du pays. Il n’y voit pas un choix économique pertinent. Pour «Mara», comme l’appellent ses affidés, en référence à un grand marabout de la confrérie Tijane, la nouvelle ville du pays devrait se situer vers la frontière avec la Guinée Conakry ou le Mali. Dans ce contexte économique, le Sénégal gagnerait beaucoup plus, car la ville susciterait un intérêt commercial pour le pays voisin et développerait des liens commerciaux avec le reste du pays. A Tambacounda, à l’est du pays, un port sec sera construit pour faciliter et booster les transactions économiques avec le Mali. Les gros camions citernes transportant les hydrocarbures vers le Mali et qui constituent des risques graves d’accident et de pollution seront remplacés par des pipelines qui cohabitent avec un chemin de fer moderne reliant les deux pays.



Le pétrole et le gaz sénégalais feront du pays un hub énergétique où s’approvisionnent les pays limitrophes. Le Sénégal sera ainsi une puissance économique sous-régionale, voire continentale. Cela contribuera à dynamiser les autres secteurs de son économie, en facilitant le rayonnement de sa diplomatie. La puissance économique entraine souvent la puissance politique. L’ancien Premier ministre du Sénégal pense que la découverte des ressources énergétiques devrait entrainer une diminution substantielle du coût de l’électricité, jugé trop cher. En diminuant le cout de l’électricité, Dakar qui est en compétition économique avec Abidjan, donne à son secteur privé la possibilité d’augmenter ses revenues, de mieux former son capital humain, d’accroitre ses recrutements et d’être plus compétitif à l’échelle régionale. Dakar pourra ainsi appuyer son avantage comparatif et jouer le rôle de premier pourvoyeur en Afrique de l’ouest. Aussi de nombreuses familles sénégalaises pourront avoir le courant chez eux. Nous avons vu, hier seulement, des populations éreintées envahir les rues avec des brassards rouges, brandissant des lampes à pétrole. Ils veulent sortir des ténèbres ! Le secteur privé qui souffre de la cherté de l’électricité, de l’insuffisance de débouchés, du manque de formation et de taxes exorbitantes à l’importation, trouvera un allié sûr avec l’arrivée d’Idrissa Seck au pouvoir. Idrissa Seck, tout en appuyant la formation et le développement du capital humain, accordera aux entreprises une période d’exemption fiscale pour leur permettre d’être financièrement plus solides et d’envisager leur expansion avec des recrutements d’envergure. Cette mesure gagnant-gagnant va instaurer un climat de confiance entre l’Etat et le privé, favoriser le développement et la compétitivité industrielle. Avec une industrie robuste et compétitive à l’échelle nationale et régionale, le gouvernement du Sénégal bénéficiera de retombées fiscales conséquentes. Les investisseurs étrangers, soumis à un cahier de charges, devront investir, au Sénégal, une bonne partie des dividendes acquis sur son territoire.
Les accords de pêche signés avec la Mauritanie et qui obligent les pêcheurs sénégalais à débarquer leurs prises en territoire mauritanien a provoqué l’ire chez Idrissa Seck. Il souligne que ce débarquement en terre mauritanienne tuera l’économie de la région de Saint-Louis qui repose essentiellement sur la pêche et l’agriculture. Les activités connexes à la pêche comme le transport, le lavage des produits, la réfrigération, le séchage, la restauration, les commerces détaillants, et même les écailleuses, qui emploient des milliers de personnes, seront appauvris, dira Idrissa Seck. Il préconise la renégociation des accords avec un débarquement à Saint-Louis, l’accroissement des licences de pêche octroyées et la protection renforcée des côtes et des pêcheurs par la marine nationale. Il faut souligner que la rareté du poisson au Sénégal est la conséquence d’accords désavantageux signés entre le gouvernement de Macky Sall et l’Union Européenne dont les chalutiers géants ne laisse le moindre petit poisson dans les eaux sénégalaises. Cette situation est à l’origine de beaucoup de maux dont souffrent les pêcheurs sénégalais qui sont souvent pris dans les mailles de garde-côtes étrangers, qui n’hésitent pas à leur tirer dessus. La mort atroce du tout jeune Fallou Sall causée par des garde-côtes mauritaniens est encore fraiche dans les mémoires.


Face à la paupérisation des ménages, Idrissa Seck estime qu’il faut davantage investir sur les femmes du pays. Mais cet investissement ne doit se faire de façon disproportionnée avec des visées purement politiques. Il faudra accentuer la formation, le renforcement de capacités, la mise sur pied de modèle de développement innovant, le suivi et l’évaluation. Il est question de la valorisation du travail de la femme, de mesurer son impact sur le développement et de donner aux femmes la possibilité de bien jouer leur rôle en tant qu’actrices de développement.
Idrissa Seck, qui trouve un écho favorable chez nombre de ses compatriotes, devra très prochainement publier l’intégralité de son programme pour avoir le suffrage des Sénégalais. En économiste avisé et fin politicien, «Ndaamal Senegaal », pour reprendre ce militant de son parti, au wolof châtié par la forte consonance pulaar, attend certainement le bon timing pour dévoiler son programme. L’arrivée du Dr. Lamine Ba, un homme du sérail, ancien ministre, aux côtés de Déthié Fall et du Dr. Abdourahmane Diouf, deux technocrates sérieux et compétents, propulse le Rewmi au-devant de la scène politique sénégalaise. Reste à savoir si l’opposition sénégalaise, le parti Rewmi en particulier, sauront faire face à un Macky Sall dont la méthodologie renvoie au parti communiste chinois.
Les réformes économiques envisagées par Idrissa Seck devront effacer la cinquantaine d’années de tâtonnement économique, d’absence de vision économique claire qui a précipité le Sénégal dans un labyrinthe où il peine à émerger et le maintient dans le peloton des pays les plus pauvres du monde. Les reformes permettront au secteur privé qui sera soutenu par un capital humain fort de prendre enfin l’envol et de se positionner en leader dans la zone UEMOA. Ces reformes ne pourront se concrétiser que si Idrissa Seck tient ses promesses, en gouvernant dans l’équité et la transparence, condition sans laquelle, les richesses du pays ne profiteraient qu’à une petite élite, comme c’est le cas avec le gouvernement de Macky Sall. Autrement dit, la croissance économique doit être parallèle à un développement humain inclusif.

Contribution: La lutte au Sénégal, cette nécessaire réforme du CNG

Ces dernières semaines, les ténors de la lutte avec frappe se font entendre tant dans l’arène qu’à l’extérieur de celle-ci et cognent fort sur leur autorité de tutelle, le Comité National de Gestion, tantôt accusée de sévérité extrême, tantôt de mépris, en raison des retenues importantes sur les cachets des lutteurs pour manquements divers au règlement institué par le CNG. Etat des lieux et quelques pistes de réflexion




  1. Des acteurs impliqués par une nécessaire démocratisation du CNG

Ce qui frappe d’emblée dans l’organisation de la lutte, sport le plus populaire et de loin au pays de la téranga, c’est qu’au lieu et place d’une fédération à l’instar des autres sports, l’état du Sénégal a mis en place, par  arrêté ministériel n° 2020 du 20 mars 1994, un comité de gestion dont le mandat des membres le composant est renouvelé par le ministre des sports.  La conséquence immédiate est que les principaux acteurs sont exclus des prises de décision les concernant et qu’ils n’ont aucune possibilité d’influer sur les règlements et décisions pris par le CNG. Il s’ensuit irrémédiablement un sentiment d’incompréhension, le CNG pensant œuvrer pour le bien de la discipline et les lutteurs se sentant floués par les sanctions infligées.   Il s’impose d’inclure les lutteurs, mais aussi les entraineurs et les présidents d’écurie dans les prises de décision. Cela passera nécessairement par de nouveaux textes qui ne pourront faire l’économie de prévoir des élections pour la désignation des membres exécutifs et la limitation de leur mandat (l’actuel président étant en place depuis plus de 20 ans) ;

 

  1. UN nécessaire développement de la lutte olympique

La lutte sénégalaise, spécificité bien sénégalaise ne franchit pas nos frontières et pour cause, au –delà de celles-ci, c’est le règne de la lutte olympique (libre ou gréco-romaine) où nous n’avons jamais été performants, que ce soit aux championnats du monde ou aux jeux olympiques. Le réservoir humain et le talent sont pourtant présents, mais il manque l’essentiel : une volonté de former, de promouvoir la discipline. Il faut désespérer que la lutte avec frappe ait vampirisé la lutte au Sénégal, nous aurions pu être au rendez-vous des nations sportives avec cette jeunesse combative.

 

  1. La lutte un outil pédagogique

A l’instar du Docteur Cheikh Tidiane WANE, qui développe dans sa thèse intitulée « la lutte sénégalaise : contribution au développement des compétences en éducation physique et sportive », il est à noter que la lutte n’est pas utilisée comme outil pédagogique alors qu’elle pourrait être enseignée, comme le judo au Japon, le taekwondo en Corée du Sud, d’autant qu’elle ne nécessite pas des infrastructures au vu des centaines de kilomètres de plage existant dans le pays.

 

A l’heure de l’érection de l’arène nationale, il faut accompagner cet effort de l’Etat par des textes novateurs et une pratique qui doit embrasser tous les segments de la lutte et non plus seulement la lutte avec frappe.

 

Pape DIOUF

 

Benno Bokk Yaakaar triomphe après l’adoption de la réforme constitutionnelle

COALITION BENNOO BOKK YAAKAAR

SECRÉTARIAT EXÉCUTIF PERMANENT 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Le SEP de BBY se félicite de l’adoption par l’Assemblée Nationale de la loi sur le parrainage. Ce faisant les députés ont ainsi doté notre système démocratique d’un dispositif de rationalisation des candidatures à l’élection présidentielle tout en établissant une égalité parfaite entre tous les candidats, qu’ils soient indépendants ou portés par un parti ou une coalition de partis politiques.

Dans un contexte politique marqué par l’existence de 300 partis, avec le traumatisme occasionné par des élections législatives de juillet 2017 ayant connu 47 listes, une telle initiative est salutaire et permet de prévenir le blocage probable de notre système électoral fortement menacé par la multiplicité des candidatures à toutes les élections.

Ce succès, nous le devons d’abord à l’esprit consensuel du Président Moustapha Niasse qui a tout fait pour ramener le calme et contenir les assauts répétés de l’opposition. Il faut l’en féliciter vivement, pour avoir su conduire jusqu’à terme l’examen du projet de loi. Ce succès, nous le devons également au groupe BBY à l’Assemblée nationale dont il faut magnifier la cohésion, la discipline et la combativité, lors du vote de la loi, malgré les tentatives de provocation et de blocage de toutes sortes développées par une opposition caractérisée par une mauvaise foi manifeste.




Cette opposition est restée sourde à tous les appels au dialogue lancés par le Président de la République, elle a tourné le dos à tout cadre de concertation devant permettre de construire de manière apaisée les règles du jeu électoral. Cette disposition du dialogue du Président de la République ne s’est jamais estompé. Elle s’est encore manifestée lorsque le front des organisations de la société civile a frappé à sa porte, après l’audience accordée à Alioune Tine, en sollicitant les contre-propositions de l’opposition sur les modalités d’application de la loi en vue de leur intégration dans le code électoral.

Malheureusement, cette dernière, faisant preuve d’un autisme extraordinaire, s’est engagée dans une stratégie de subversion violente, en demandant à la population de descendre dans la rue. Mais au final, le peuple n’a pas répondu à cet appel funeste. BBY salue la maturité politique certaine et la grande sagesse dont le peuple a fait montre encore une fois devant les tentatives de manipulation et d’intoxication de l’opposition.

Le SEP de BBY appelle ses militants et sympathisants ainsi que l’ensemble du peuple sénégalais à rester vigilant et à continuer de faire confiance à BBY et au Président Macky Sall, pour conduire le pays dans la voie de la lutte pour l’émergence, la voie de la satisfaction progressive des aspirations du peuple sénégalais.

 

Fait à Dakar, le 20 avril 2018                                                                          Le SEP/BBY

L’APR crie victoire après l’adoption de la réforme constitutionnelle

Le Porte-Parole national

 

COMMUNIQUE

 

L’Alliance Pour la République se félicite de la décision souveraine prise par l’Assemblée nationale de voter la loi portant révision de la Constitution et instituant le parrainage des candidatures à la présidentielle suivant une fourchette comprise entre 0,8 et 1% des électeurs inscrits sur les listes électorales.

A travers ce vote à l’unanimité des députés présents à l’hémicycle, la démocratie sénégalaise a franchi une étape supplémentaire dans la consolidation de l’état de droit, la rationalisation de la vie politique par l’affirmation de la double responsabilité citoyenne dans la qualification des candidats à l’élection présidentielle.

Malgré les tentatives de blocage orchestrées pour retarder l’échéance, l’Assemblée nationale a fait preuve de dépassement et de maturité, dans le respect des dispositions réglementaires internes à la représentation parlementaire.

Ainsi, l’Alliance Pour la République adresse ses vives félicitations aux députés, au Groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar pour cette décision dont la pertinence incontestable conforte notre démocratie et la sacralisation de la fonction présidentielle, clé de voute de nos institutions.




L’Alliance Pour la République confond dans ses félicitations le Président de l’Assemblée nationale qui a conduit les travaux avec un sens élevé de la responsabilité et du respect des règles de la démocratie.

Incontestablement, cette révision constitutionnelle votée ce 19 avril 2018, ouvre une nouvelle séquence qui consacre le pouvoir des citoyens à travers l’institution du parrainage intégral  à tous les niveaux de la compétition électorale.

Ce souci d’équité et de transparence participe d’une rationalisation des candidatures et d’une clarification du jeu politique. Et c’est tout le sens de la mise œuvre des recommandations de la Commission technique de revue du code électoral (CTRCE) mise en place dans le cadre de la concertation politique voulue par le Président Macky Sall à l’occasion des travaux de lancement du dialogue politique national le 28 mai 2016.




L’Alliance Pour la République réaffirme son soutien indéfectible, au Président Macky SALL, dans son œuvre de consolidation démocratique initiée depuis le référendum du 20 mars 2016 qui a installé notre pays dans le monde des démocraties modèles.

Enfin, l’Alliance Pour la République salue la maturité du peuple sénégalais, appelle tous les militants, responsables et membres des partis alliés et plus largement tous les démocrates et patriotes, épris de paix à partager avec le peuple sénégalais, les fondements et éléments essentiels de cette loi, qui honore notre pays.

 

Fait à Dakar, le 20 avril 2018

Seydou GUEYE

 

En privé, Macky Sall confie être prêt à lâcher du lest… Est-il sérieux ou joue-t-il ?

YERIMPOST.COM Au cours de ces derniers jours, le président de la République, Macky Sall, profite de tous ceux qui peuvent transmettre des messages à l’opposition pour faire comprendre qu’il est prêt à lâcher du lest sur la question controversée du parrainage. A des personnalités qu’il a rencontrées récemment, aux organisations de la société civile qu’il a reçues sur l’introduction de Moustapha Niasse, le locataire du Palais s’est déclaré prêt à revoir à la baisse le 1% des inscrits (65 000 signatures de parrains) exigé à chaque candidat pour participer à la présidentielle.

«S’ils (opposants) pensent  que le taux de 1% est élevé, on peut réduire encore à 0,5% ou 0,75%. Tout cela est possible. Mais on ne peut pas comprendre que l’opposition n’exprime pas ce qu’elle veut et tente de dire que le projet ne passera pas. Cela est inacceptable», martèle-t-il.

A l’intention de la société civile, qu’il a félicitée pour sa démarche de médiation, il rassure: «Il faut que tous se retrouvent, sans aucune crainte, sur le projet de parrainage. Cette discussion entre tous les acteurs concernés est possible.»




L’argument de base du président de la République en faveur de son projet de parrainage tient au fait que certaines choses sont à rectifier au regard du niveau actuel de notre démocratie. Selon Macky Sall, 300 partis politiques, ce n’est pas acceptable dans un pays comme le Sénégal. Il faut rationaliser le jeu politique, pour non seulement réduire l’argent public qu’on y injecte, mais surtout pour plus de clarté afin d’éviter en l’avenir que  les élections bloquent à cause d’une prolifération de candidatures.

Le chef de l’Etat envoie à travers moult canaux aux leaders de l’opposition des signaux de détente. Sans pour autant être cru. Beaucoup de ses adversaires, habitués à sa méthode de forcing depuis son accession à la tête de l’Etat, pensent qu’il joue pour gagner du temps afin de faire passer sa réforme par surprise, le 19 avril.

Si Macky Sall est vraiment sérieux dans cette offre de dialogue, un préalable est indispensable: un report de la séance plénière d’examen du projet de loi fixée au 19 avril. C’est d’ailleurs ce que l’opposition a dit aux acteurs de la société civile impliqués dans la médiation. Il est vrai que ce serait un signal fort de la bonne foi du président, un marqueur de sa volonté de trouver une issue concertée à la crise soulevée par le projet de réforme constitutionnelle.

Parrainage: Le PUR donne la base légale de l’inconstitutionnalité de la réforme

YERIMPOST.COM Le coordonnateur du Parti de l’unité et du rassemblement (PUR) reste intransigeant sur la question du parrainage. « Même avec 2 signatures, nous ne sommes pas d’accord », a dit Pr Issa Sall. Selon, le refus du système de parrainage est une question de principe. « Il n’y a pas d’arrangement que les gens peuvent faire car cette réforme est déjà anticonstitutionnelle. Si vous lisez l’article 103, il est mentionné quke la forme républicaine de l’Etat, le mode d’élection, la durée et le nombre de mandats consécutifs du président de la République ne peuvent faire l’objet de révision. Alors que le fait de parler de parrainage entre dans le mode d’élection. Les gens sont en train de faire la distinction entre le mode d’élection et le scrutin, alors que c’est la même chose. C’est un tout parce qkue c’est un processus qui va des inscriptions au scrutin, même au-delà du scrutin, même jusqu’au recours au niveau du Conseil constitutionnel », a-t-il rappelé. Le Coordonnateur du PUR ne demande ni plus ni moins que le retrait du projet de loi pour que la paix règne dans le pays.




Contribution: Pour une réforme de l’ASP et un recentrage de sa mission sur la sécurité.

Il y a quelques jours, le chef de l’Etat, en Conseil des ministres, a prorogé de deux ans de plus le contrat d’engagement des agents de l’ASP (Agence d’Assistance à la Sécurité de Proximité) qui arrive à terme. Ensuite, il a tressé des lauriers à l’agence et à ses responsables. Mais, l’on est tenté de dire au président de la République que  l’ASP peut mieux faire et doit mieux faire.  Car, force est de constater que rien n’a profondément changé dans les problèmes sécuritaires de proximité au Sénégal depuis la naissance de cette structure. Vols, agressions, cambriolages, accidents en tous genres sont encore monnaie courante dans notre pays. On a l’impression que les agents de l’ASP sont à la sécurité, ce que sont les volontaires et les vacataires à l’éducation nationale : des travailleurs de seconde zone. Ils n’ont pas d’arme, ne peuvent, semble-il, ni verbaliser, ni établir des contraventions. Ce qui affaibli leur autorité et sape leur crédibilité aux yeux des citoyens qui, souvent, ne leur accordent que peu de respect. Partout au monde, sécurité rime avec force et coercition, sans lesquelles, il y a un leurre  qui n’a point d’effet dissuasif sur les hors la loi.

Tous ceux qui fréquentent régulièrement les services de l’Administration, constateront avec moi, que beaucoup d’agents ASP sont payés à ne rien faire. Ils se tournent les pouces et boivent du thé à longueur de journée dans les bureaux.  Ils y sont, souvent, en nombre pléthorique, et y sont réduits gérer l’accueil, l’orientation, les files d’attente, les entrées et les sorties, là où il n’y a aucun problème de sécurité. Nous avons même vu le maire d’une commune en prendre un, pour un usage privé, en le transformant en chambellan chargé de gérer ses audiences à domicile.

De mon point de vue, il me semble que la mission et les objectifs de l’agence doivent être revus.  Eu égard aux énormes besoins en matière de sécurité dans notre pays, l’ASP doit être réformée et transformée en une institution publique de plein exercice à côté de la police et de la gendarmerie qui n’ont pas à souffrir de jalousie face à l’arrivée d’une sœur jumelle qui les épaule et qui, présentement, est fortement handicapée. Face aux menaces sécuritaires multiformes, l’agence doit être renforcée, ces agents recentrés sur le cœur du métier, à savoir la sécurité, en leur proposant un emploi attractif et durable, ainsi qu’une carrière professionnelle digne de ce nom, dans la fonction publique. Même si cela aura des incidences importantes sur la masse salariale et les finances publiques. Le jeu en vaut la chandelle, la vie humaine n’a pas de prix. Ce qui mettrait fin à l’idée d’en faire un tremplin vers d’autres métiers, lesquels sont au nombre de 72, selon les dernières déclarations du Directeur général de l’agence. Et pourtant, il existe beaucoup de domaines où les ASP peuvent être plus utiles et efficaces pour juguler les menaces sécuritaires. Jugez-en.

Dans les sports qui charrient beaucoup de passion, comme la lutte et le football, notamment les Navétanes, les ASP devraient y figurer en permanence. Il y a aujourd’hui ce qu’on appelle le métier de stadier en Europe, agent dont la mission est d’accueillir les supporter, de les orienter, d’observer, de surveiller et de contrôler leurs mouvements afin d’assurer leur sécurité, de prévenir la violence et les débordements dans les stades. Qu’est ce qui nous empêche d’en former pour gérer les foules de supporters? Si on en avait, le drame des supporters de Mbour ne se serait peut être pas produit. Les stadiers auraient comblé le déficit de policiers constaté ce jour, durant ce match de football.

 

En mer, nous perdons, chaque année, des dizaines de pêcheurs qui bravent la houle et refusent de porter le gilet de sauvetage. Il faut que la DPSP (Direction de la Protection et de la surveillance des Pêches) soit suffisamment dotée d’agents ASP pour effectuer des contrôles plus fréquents et réguliers des embarcations des pêcheurs artisans (quelques dizaines de pirogues ont été inspectées selon le dernier rapport de cette direction rendu public ; ce qui est infime par rapport à la flotte existante) et que de lourdes amendes soient adressées aux pêcheurs réfractaires au port du gilet. Mais, d’abord des ASP doivent être déployés sur les quais, à chaque fois que la météo sonne l’alerte, afin qu’ils empêchent les pêcheurs d’aller en mer, une attitude aux relents suicidaires.

Restons dans l’eau. Chaque année des chavirements de pirogues sont enregistrés en mer, mais aussi à l’intérieur du pays. Et l’on ne tire jamais les leçons des drames provoqués par ces accidents. Il est grand temps de mettre un ou des ASP à chaque lieu d’embarcation pour contrôler le port du gilet de sauvetage, signaler aux autorités compétentes son absence sur le site, au cas échéant, et veiller à ce qu’il n’y ait pas de surcharge des pirogues. Toujours dans l’eau, les noyades sur les plages en été, emportent chaque année des dizaines de jeunes. Mettons d’abord des ASP sur les plages interdites qui, paradoxalement, sont les plus fréquentées à Dakar, avant de les former aux techniques de sauvetage ou d’en faire des maîtres nageurs.

Sur la terre ferme et en matière de circulation routière en milieu urbain, Dakar souffre d’embouteillages monstres, souvent du fait de l’indiscipline des usagers de la route, mais aussi de l’absence d’un agent de la police pour réguler le flux des voitures. A ce sujet, les zones et les points critiques de la capitale sont connus. Les services qui ont la responsabilité régalienne de gérer ce problème, n’ont pas besoin qu’on leur fasse une carte pour soulager les automobilistes. A défaut de policiers, les ASP, conformément à leur mission de service public, doivent pouvoir suppléer ou venir en appoint aux forces de l’ordre, comme ils font de temps à autre.

Dans nos marchés, les incendies font chaque fois des dégâts matériels importants. A l’origine de ces sinistres, il y a souvent des problèmes de sécurité. Ce sont des branchements clandestins qui sont régulièrement pointés du doigt. La SENELEC devrait pouvoir mobiliser des ASP pour débusquer dans les marchés ces types de branchements afin, non seulement, de lutter contre la fraude sur l’électricité, mais aussi de prévenir des catastrophes. Dans le même ordre d’idées, il existe de nombreux bâtiments et maisons qui menacent ruinent à Dakar et à Saint-Louis, particulièrement. Au lieu de prendre les devants, l’on attend qu’ils s’écroulent sur de paisibles citoyens pour qu’on dise Ndogalu Yalla. Les ASP, en rapport avec la Direction de la protection civile, pourraient jouer un rôle de prévention en menant des enquêtes de terrain dans les quartiers pour identifier ces bombes à retardement, établir des rapports circonstanciés, afin que des mesures appropriées soient prises.

 

Que dire des agressions et du trafic des stupéfiants dans certains quartiers bien connus où les malfaiteurs ont pignon sur rue? L’agence a commencé à signer des protocoles avec des délégués de quartiers à Dakar. C’est une bonne initiative, mais la priorité doit être accordée aux « quartiers chauds » où personne n’ose montrer dehors le bout du nez, dès que la pénombre s’installe. Certains quartiers  connaissent moins le phénomène des agressions que d’autres et n’ont pas besoin des ASP. Cependant, le risque doit être mesuré pour les quartiers réputés dangereux. Les délinquants ne sont pas des enfants de cœurs. Il serait préférable d’y envoyer des ASP qui ont déjà effectué le service militaire en les armant, contrairement à ce que pense leur Directeur général sur cette question. A mon avis il est temps de les armer pour faire face à la pègre, ne serait que pour ce type de mission. Là aussi, nos services de renseignements et de police connaissent la plupart des milieux interlopes. Pas besoins qu’on leur indique les endroits à investir. La prévention en matière de sécurité, c’est aussi installer la peur dans le camp des malfrats.

 

Le retrait des enfants de la rue, la vente des médicaments contrefaits dans la rue, le vol du bétail, l’occupation des zones non eadificandi (la Direction de Surveillance et de l’Occupation des sols ou DSCOS et le Service National de l’Hygiène se plaignent souvent d’un manque de personnel), les risques environnementaux, notamment, l’extraction illégale et dangereuse du sable marin, les décharges d’ordures sauvages, la déforestation et la coupe de bois, etc., sont autant de problèmes qui devraient être pris à bras le corps par nos autorités auxquelles cette agence pourrait prêter main forte au lieu de la voir redéployer ses éléments vers d’autres horizons professionnels. L’ASP a été bonne trouvaille, mais elle ne répond pas, pour le moment aux attentes des populations. Elle doit connaître des mutations institutionnelles, se professionnaliser, se concentrer sur son métier et non s’en éloigner.

 

Mouhamadoul Mokhtar Kane

Consultant en communication, président de l’APROCOM (Association des Professionnels de la Communication des Entreprises et des Organisations)

moukhtarkane@gmail.com

 

 

 

Réforme de l’islam en France: Monsieur Macron, les priorités sont ailleurs

Le dossier islam est ouvert par le gouvernement français.  » Nous travaillons à la structuration de l’islam de France et aussi à la manière de l’expliquer, ce qui est aussi extrêmement important  » a déclaré le président de la république Emmanuel Macron, dans une interview publiée ce dimanche 11 février par le journal JDD. Une ouverture de la boîte à pandores et une perte de temps manifeste, car la France connait ses priorités, que sont les inégalités et segregations engendrées par l’islamophobie et le racisme, et elle doit y remédier pour trouver la quiétude.

D’abord, pour comprendre ce que peut ressentir une partie des populations de « deuxième ou troisième génération » en France, souvenons-nous que peu de sociétés ont été aussi longtemps façonnées par un État, dans la mesure où les lois de la République avaient aboli les corps intermédiaires associés à la monarchie. L’État s’est construit en opposition à eux, il a cherché à les contrôler. Il n’a accordé aucune légitimité ni aucun droit aux associations exhibant leur identité ethnique, raciale ou religieuse.

Ensuite, La centralité, la continuité et l’identité unitaire de l’État-nation n’ont pas été remises en question et le communautarisme a été diabolisé. La Constitution française interdit la reconnaissance de minorités au sein d’une société une et indivisible, et l’absence de statistiques sur les « deuxièmes générations » (hormis l’étude dirigée par Michèle Tribalat et publiée en 1995) renforce l’identité fictive de la France et de son idéologie organique dominante. Le terme même d’intégration cache des idées assimilationnistes et l’idée d’accorder aux musulmans français des jours chômés pour célébrer leurs fêtes religieuses n’est pas encore acceptée par les institutions, toujours en retard sur les évolutions. La France refuse de signer conventions ou traités mentionnant le terme minorité.

L’approche universaliste préconisée par un traitement égalitaire des individus a révélé ses carences. Le développement de l’intolérance relative à l’altérité, la présence active du Front National, l’exclusion et le développement du communautarisme dans les quartiers relégués en apportent la preuve au quotidien.

Ceux qui veulent remodeler ou réorganiser la marche de l’islam en France, resteront longtemps, à jouer avec leurs temps. Le jour que l’hexagone arrivera à garantir à tous ses citoyens, l’égalité de chance, sans exception, de race et de provenance. En ce moment le problème de l’islam ne se posera pas. En ce moment, touts les maux disparaîtront sans exception, le terrorisme avec toutes ses couleurs, et la violence dans les cités n’auront pas leurs raisons d’être. Le monde s’occupera du développement, rien d’autre.

Cheikh Ibrahima Diallo

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