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Maître Wade a mis en garde Ousmane Sonko !

YERIMPOST.COM Maître Abdoulaye Wade craint pour la sécurité d’Ousmane Sonko. C’est le leader de Pastef lui-même qui l’a révélé dans l’émission interactive aminée par Maty Trois Pommes sur YouTube. À en croire Sonko, lorsque Wade l’a reçu en audience à Dakar, la première chose qu’il lui a conseillé est de bien veiller sur sa sécurité. Pour l’ancien chef d’Etat, le régime de Macky Sall est même capable de «l’empoisonner». Depuis, Ousmane Sonko dit avoir pris toutes les mesures pour bien assurer sa sécurité. «Le reste, je m’en remet à Dieu», a-t-il conclu.



19 Avril 2018: Journée sombre pour les forces de sécurité 

MISE EN GARDE CONTRE LES FORCES ARMEES, LA POLICE ET LA GENDARMERIE

Vos chefs, Généraux, officiers supérieurs, officiers qui vous commandent et vous donnent des ordres ont l’obligation de vous former sur le PROTOCOLE RELATIF AU MÉCANISME DE PRÉVENTION, DE GESTION, DE RÉGLEMENT DES CONFLITS, DE MAINTIEN DE LA PAIX ET DE LA SÉCURITÉ ainsi que sur le PROTOCOLE ADDITIONNEL RELATIF A LA DÉMOCRATIE ET A LA BONNE GOUVERNANCE.




Au regard de ces dispositions institutionnelles de la CEDEAO, vous avez allègrement violé la loi et êtes passibles de poursuites devant les tribunaux nationaux, communautaires et internationaux et vous ne pouvez pas vous réfugier derrière l’argument de l’ignorance, du manque d’informations ou même du devoir d’exécuter un ordre d’un supérieur. Cela ne peut pas prospèrer. Nulle Force de Défense et de Sécurité n’est censée ignorer la loi.

En ce qui concerne la gestion des manifestations pacifiques, il est clairement indiqué dans ce Protocole; je cite :

  • « Dans le cadre de ses objectifs de consolidation de la démocratie par un respect des droits et libertés, le Protocole additionnel, en son article 22 interdit « l’usage des armes pour la dispersion de réunions ou de manifestations non violentes » ».

Et même dans le cas de manifestations violentes, une ligne rouge est tracée par ce protocole; je cite encore :

  • « La nécessité de préserver la fonction de maintien de l’ordre tout en le contenant dans un cadre légal et une pratique modérée, débouche sur les précisions suivantes du Protocole additionnel : « En cas de manifestation violente, seul est autorisé le recours à l’usage de la force minimale et/ou proportionnée. » »

Vous avez, par conséquent, l’obligation de comprendre l’esprit du législateur pour l’appliquer en toute rigueur :

« Ces indications et orientations sont très importantes pour l’exercice effectif des libertés démocratiques par les citoyens, les organisations politiques et celles de la société civile. Elles aident à lever l’absence de tolérance des manifestations publiques pacifiques comme cadre et formes d’expression indispensables à l’effectivité de la démocratie.

L’interdiction du « recours à des traitements cruels, inhumains et dégradants», la nécessité édictée d’un respect scrupuleux des droits de l’homme et du droit humanitaire constituent des indications importantes concernant la volonté et l’option démocratiques et de bonne gouvernance que cherche à promouvoir le Protocole additionnel. »

Au-delà de cet encadrement des relations entre les Forces armées, de Police et de Gendarmerie d’une part et les populations civiles, d’autre part, le Protocole additionnel de la CEDEAO vous renvoie à la partie relative aux principes constitutionnels faisant l’objet de convergence et qui gouvernent désormais vos relations avec le Pouvoir afin que vous mesuriez la place centrale qu’occupe le Peuple, en tant que souverain absolu, en Démocratie :

« Parmi ces principes constitutionnels recensés comme faisant l’objet de convergence entre les Etats membres, figurent des éléments de dépolitisation des forces de Défense et de Sécurité et leur exclusion du champ d’exercice du pouvoir.

Le protocole édicte en effet que :

« Le centre de gravité de la légitimité s’est déplacé vers le peuple, et les élections sont posées comme le seul mode légitime et légal d’accession au pouvoir. Corrélativement, il y a une condamnation sous-jacente des coups d’État :

– « Toute accession au pouvoir doit se faire à travers des élections libres, honnêtes et transparentes ».

– «Tout changement anticonstitutionnel est interdit de même que tout mode non démocratique d’accession ou de maintien au pouvoir… »

« « Le Protocole additionnel montre l’importance que les Etats membres accordent à la question d’une reprise en main démocratique des forces de Défense et de Sécurité dans le cadre d’une gouvernance du secteur de la sécurité et d’une consolidation de l’Etat de droit. Le protocole établit la reconnaissance par les Etats signataires d’importantes convergences constitutionnelles qui fondent la légalité et la légitimité des principes édictés par le document. Ces convergences constitutionnelles concernent entres autres :




1 – Le principe de la subordination de l’Armée au pouvoir civil légal.

2 – Une dépolitisation et une « neutralisation » de l’armée sans préjudice pour les droits citoyens reconnus aux membres des forces de défense et de sécurité.

3 – Une gouvernance démocratique du secteur de sécurité avec une promotion et un respect des droits de l’homme et de la personne. »

Le Protocole consacre de manière spécifique une importante partie (la section IV notamment) au « Rôle de l’armée et des forces de sécurité dans la démocratie ».

L’activité des forces de Défense et de Sécurité est inscrite dans un cadre républicain, apolitique et d’emblée non partisan

L’article 19 du Protocole stipule que :

  1. L’armée est républicaine et au service de la Nation. Sa mission est de défendre l’indépendance, l’intégrité du territoire de l’Etat et ses institutions démocratiques.
  2. Les forces de sécurité publique ont pour mission de veiller au respect de la loi, d’assurer le maintien de l’ordre, la protection des personnes et des biens. »»

Pour rappel, ce Protocole additionnel a été signé en 2001 à Dakar par les Chefs d’Etat et de Gouvernement de 14 des 15 pays membres de la CEDEAO. Les Etats signataires qui l’ont  ratifié ayant atteint le nombre des 9, nécessaires, depuis juillet 2005, ce Protocole s’applique rigoureusement à tous.

Alors, vous avez l’obligation de comprendre que l’objectif du législateur communautaire dans ce Protocole qui a force de loi constitutionnelle était, entre autres, de mettre définitivement un terme à toute forme de subordination sociale et politique des guerriers au monarque détenteur exclusif du pouvoir.

Votre honneur et votre dignité d’homme ou de femme assermenté (e) devaient vous interdire d’être des guerriers réduits à servir un monarque, au risque de devenir des hors la loi.

Je vous invite par conséquent à méditer les paroles de deux valeureux Colonels de l’armée béninoise qui ont mentionné, parmi les effets nocifs de l’implication partisane des forces de Défense et de Sécurité dans le jeu politique, « le bâillonnement du peuple et la violation des Droits de l’homme. » Révisez vos cours avant de vous attaquer à de paisibles citoyens aux mains nues qui exercent un droit élémentaire; celui de manifester leur opposition légitime à une décision de l’Etat qui ne les agrée pas. A bon entendeur, salut !

 

Cheikh Bassène

Permis à points: Abdoulaye Daouda Diallo passe à l’action

YERIMPOST.COM La route fait des dégâts et le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement veut limiter les catastrophes. C’est ainsi qu’il a annoncé la mise en application du permis à points. La mesure sera effective dès le mois de juillet prochain, assure Abdoulaye Daouda Diallo. Une manière efficace de consolider la politique préventive de la sécurité routière.


Retour aux affaires du colonel retraité Wardini

YERIMPOST.COM Moins d’une année après avoir fait valoir ses droits à la retraite, le colonel Antoine Wardini reprend service. Ce n’est pas dans les rangs que l’ancien directeur des relations publiques des armées va retourner. C’est à l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité que le colonel Wardini a été parachuté en qualité de directeur des opérations.

Contribution: Pour une réforme de l’ASP et un recentrage de sa mission sur la sécurité.

Il y a quelques jours, le chef de l’Etat, en Conseil des ministres, a prorogé de deux ans de plus le contrat d’engagement des agents de l’ASP (Agence d’Assistance à la Sécurité de Proximité) qui arrive à terme. Ensuite, il a tressé des lauriers à l’agence et à ses responsables. Mais, l’on est tenté de dire au président de la République que  l’ASP peut mieux faire et doit mieux faire.  Car, force est de constater que rien n’a profondément changé dans les problèmes sécuritaires de proximité au Sénégal depuis la naissance de cette structure. Vols, agressions, cambriolages, accidents en tous genres sont encore monnaie courante dans notre pays. On a l’impression que les agents de l’ASP sont à la sécurité, ce que sont les volontaires et les vacataires à l’éducation nationale : des travailleurs de seconde zone. Ils n’ont pas d’arme, ne peuvent, semble-il, ni verbaliser, ni établir des contraventions. Ce qui affaibli leur autorité et sape leur crédibilité aux yeux des citoyens qui, souvent, ne leur accordent que peu de respect. Partout au monde, sécurité rime avec force et coercition, sans lesquelles, il y a un leurre  qui n’a point d’effet dissuasif sur les hors la loi.

Tous ceux qui fréquentent régulièrement les services de l’Administration, constateront avec moi, que beaucoup d’agents ASP sont payés à ne rien faire. Ils se tournent les pouces et boivent du thé à longueur de journée dans les bureaux.  Ils y sont, souvent, en nombre pléthorique, et y sont réduits gérer l’accueil, l’orientation, les files d’attente, les entrées et les sorties, là où il n’y a aucun problème de sécurité. Nous avons même vu le maire d’une commune en prendre un, pour un usage privé, en le transformant en chambellan chargé de gérer ses audiences à domicile.

De mon point de vue, il me semble que la mission et les objectifs de l’agence doivent être revus.  Eu égard aux énormes besoins en matière de sécurité dans notre pays, l’ASP doit être réformée et transformée en une institution publique de plein exercice à côté de la police et de la gendarmerie qui n’ont pas à souffrir de jalousie face à l’arrivée d’une sœur jumelle qui les épaule et qui, présentement, est fortement handicapée. Face aux menaces sécuritaires multiformes, l’agence doit être renforcée, ces agents recentrés sur le cœur du métier, à savoir la sécurité, en leur proposant un emploi attractif et durable, ainsi qu’une carrière professionnelle digne de ce nom, dans la fonction publique. Même si cela aura des incidences importantes sur la masse salariale et les finances publiques. Le jeu en vaut la chandelle, la vie humaine n’a pas de prix. Ce qui mettrait fin à l’idée d’en faire un tremplin vers d’autres métiers, lesquels sont au nombre de 72, selon les dernières déclarations du Directeur général de l’agence. Et pourtant, il existe beaucoup de domaines où les ASP peuvent être plus utiles et efficaces pour juguler les menaces sécuritaires. Jugez-en.

Dans les sports qui charrient beaucoup de passion, comme la lutte et le football, notamment les Navétanes, les ASP devraient y figurer en permanence. Il y a aujourd’hui ce qu’on appelle le métier de stadier en Europe, agent dont la mission est d’accueillir les supporter, de les orienter, d’observer, de surveiller et de contrôler leurs mouvements afin d’assurer leur sécurité, de prévenir la violence et les débordements dans les stades. Qu’est ce qui nous empêche d’en former pour gérer les foules de supporters? Si on en avait, le drame des supporters de Mbour ne se serait peut être pas produit. Les stadiers auraient comblé le déficit de policiers constaté ce jour, durant ce match de football.

 

En mer, nous perdons, chaque année, des dizaines de pêcheurs qui bravent la houle et refusent de porter le gilet de sauvetage. Il faut que la DPSP (Direction de la Protection et de la surveillance des Pêches) soit suffisamment dotée d’agents ASP pour effectuer des contrôles plus fréquents et réguliers des embarcations des pêcheurs artisans (quelques dizaines de pirogues ont été inspectées selon le dernier rapport de cette direction rendu public ; ce qui est infime par rapport à la flotte existante) et que de lourdes amendes soient adressées aux pêcheurs réfractaires au port du gilet. Mais, d’abord des ASP doivent être déployés sur les quais, à chaque fois que la météo sonne l’alerte, afin qu’ils empêchent les pêcheurs d’aller en mer, une attitude aux relents suicidaires.

Restons dans l’eau. Chaque année des chavirements de pirogues sont enregistrés en mer, mais aussi à l’intérieur du pays. Et l’on ne tire jamais les leçons des drames provoqués par ces accidents. Il est grand temps de mettre un ou des ASP à chaque lieu d’embarcation pour contrôler le port du gilet de sauvetage, signaler aux autorités compétentes son absence sur le site, au cas échéant, et veiller à ce qu’il n’y ait pas de surcharge des pirogues. Toujours dans l’eau, les noyades sur les plages en été, emportent chaque année des dizaines de jeunes. Mettons d’abord des ASP sur les plages interdites qui, paradoxalement, sont les plus fréquentées à Dakar, avant de les former aux techniques de sauvetage ou d’en faire des maîtres nageurs.

Sur la terre ferme et en matière de circulation routière en milieu urbain, Dakar souffre d’embouteillages monstres, souvent du fait de l’indiscipline des usagers de la route, mais aussi de l’absence d’un agent de la police pour réguler le flux des voitures. A ce sujet, les zones et les points critiques de la capitale sont connus. Les services qui ont la responsabilité régalienne de gérer ce problème, n’ont pas besoin qu’on leur fasse une carte pour soulager les automobilistes. A défaut de policiers, les ASP, conformément à leur mission de service public, doivent pouvoir suppléer ou venir en appoint aux forces de l’ordre, comme ils font de temps à autre.

Dans nos marchés, les incendies font chaque fois des dégâts matériels importants. A l’origine de ces sinistres, il y a souvent des problèmes de sécurité. Ce sont des branchements clandestins qui sont régulièrement pointés du doigt. La SENELEC devrait pouvoir mobiliser des ASP pour débusquer dans les marchés ces types de branchements afin, non seulement, de lutter contre la fraude sur l’électricité, mais aussi de prévenir des catastrophes. Dans le même ordre d’idées, il existe de nombreux bâtiments et maisons qui menacent ruinent à Dakar et à Saint-Louis, particulièrement. Au lieu de prendre les devants, l’on attend qu’ils s’écroulent sur de paisibles citoyens pour qu’on dise Ndogalu Yalla. Les ASP, en rapport avec la Direction de la protection civile, pourraient jouer un rôle de prévention en menant des enquêtes de terrain dans les quartiers pour identifier ces bombes à retardement, établir des rapports circonstanciés, afin que des mesures appropriées soient prises.

 

Que dire des agressions et du trafic des stupéfiants dans certains quartiers bien connus où les malfaiteurs ont pignon sur rue? L’agence a commencé à signer des protocoles avec des délégués de quartiers à Dakar. C’est une bonne initiative, mais la priorité doit être accordée aux « quartiers chauds » où personne n’ose montrer dehors le bout du nez, dès que la pénombre s’installe. Certains quartiers  connaissent moins le phénomène des agressions que d’autres et n’ont pas besoin des ASP. Cependant, le risque doit être mesuré pour les quartiers réputés dangereux. Les délinquants ne sont pas des enfants de cœurs. Il serait préférable d’y envoyer des ASP qui ont déjà effectué le service militaire en les armant, contrairement à ce que pense leur Directeur général sur cette question. A mon avis il est temps de les armer pour faire face à la pègre, ne serait que pour ce type de mission. Là aussi, nos services de renseignements et de police connaissent la plupart des milieux interlopes. Pas besoins qu’on leur indique les endroits à investir. La prévention en matière de sécurité, c’est aussi installer la peur dans le camp des malfrats.

 

Le retrait des enfants de la rue, la vente des médicaments contrefaits dans la rue, le vol du bétail, l’occupation des zones non eadificandi (la Direction de Surveillance et de l’Occupation des sols ou DSCOS et le Service National de l’Hygiène se plaignent souvent d’un manque de personnel), les risques environnementaux, notamment, l’extraction illégale et dangereuse du sable marin, les décharges d’ordures sauvages, la déforestation et la coupe de bois, etc., sont autant de problèmes qui devraient être pris à bras le corps par nos autorités auxquelles cette agence pourrait prêter main forte au lieu de la voir redéployer ses éléments vers d’autres horizons professionnels. L’ASP a été bonne trouvaille, mais elle ne répond pas, pour le moment aux attentes des populations. Elle doit connaître des mutations institutionnelles, se professionnaliser, se concentrer sur son métier et non s’en éloigner.

 

Mouhamadoul Mokhtar Kane

Consultant en communication, président de l’APROCOM (Association des Professionnels de la Communication des Entreprises et des Organisations)

moukhtarkane@gmail.com

 

 

 

Casamance: une opération de sécurisation qui coûte des vies à l’armée

YERIMPOST.COM Selon un communiqué de la Dirpa, un militaire a trouvé la mort suite aux opérations de sécurisation en cours dans la zone de Nyssia. Un autre a été blessé dans ces opérations. Suite aux exactions répétées des bandes armées sur les populations civiles dans le département d’Oussouye, en particulier dans le secteur de Nyssia, l’armée mène des opérations de sécurisation afin de mettre fin aux activités criminelles des rebelles.

Contribution: Commander c’est avoir de la vision

Le 11 Septembre 2011, quatre attentats-suicides furent perpétrés aux États-Unis, à quelques heures d’intervalle, par des membres du réseau Djihadiste islamiste Al-Qaïda. Ce qui se solda par un lourd bilan de 2.977 victimes. Comment une aussi grande puissance comme  l’Amérique n’a-t-elle pu prévoir cette catastrophe ?

Dans son rapport intitulé « Nous les Peuples », l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan écrivait : « le monde se dirige vers un nouveau concept dit de « sécurité humaine » : « Alors que naguère il consistait à défendre le territoire contre les attaques extérieures, il s’agit aujourd’hui de protéger les communautés et les individus des actes de violence interne. » Ce nouveau concept englobe sept catégories de menaces qui touchent aux différents domaines d’action : la sécurité économique, la sécurité alimentaire, la sécurité sanitaire, la sécurité de l’environnement, la sécurité personnelle, la sécurité de la communauté et enfin, la sécurité politique.

 

La défense d’une Nation, autrefois dévolue exclusivement à la souveraineté des Etats, devenue plus complexe et multiforme, est l’affaire de la communauté internationale. La création du Tribunal pénal international (T.P.I) en est une parfaite illustration. Les chambres africaines extraordinaires de la CEDEAO sises à Dakar ont procédé à la condamnation  de l’ancien président Hussein Habré à la prison à vie pour crime contre l’humanité.

 

Cette nouvelle donne rappelle la nature interdépendante du monde et l’interaction entre les peuples et les états. Elle nous projette la lumière de complexité liée aux questions sécuritaires et la nécessité du « Agir ensemble »

 

Mais, n’oublions pas qu’avant d’être l’affaire de la communauté internationale, les Forces armées du Sénégal ont pour mission d’assurer la défense nationale et dans ce but, d’assurer en tout temps, en toutes circonstances et contre toutes les formes d’agression, la sécurité et l’intégrité du territoire national et de sa population. Aujourd’hui, c’est en termes d’union économique et d’intégration régionale que se pose la question des alliances militaires dans le monde. « La véritable école du Commandement est la culture générale » disait le Général de Gaulle. Autrement dit : le développement de certaines facultés de l’esprit par des exercices intellectuels appropriés. L’armée, la Gendarmerie et la Police comptent un nombre pléthorique de Généraux, de cadres et d’officiers  supérieurs sorties de prestigieuses écoles : Il appartient à cette classe de plancher sur les questions de sécurité, et faire preuve de plus de rigueur intellectuelle pour poser le débat en termes de solutions à moyens et long termes, face à la menace que constitue l’insécurité humaine dans la sous-région.

 

 

2-VERS UNE FUSION DES FORCES DE DEFENSE ET DE SECURITE :

 

Ce qu’il faut surtout pour la paix, c’est la compréhension des peuples. Les régimes, nous savons ce que c’est : des choses qui passent. Mais les peuples ne passent pas (Général Charles de Gaulle)
Après quelques siècles de traite négrière, l’Afrique noir s’est révolté au prix du sang. Mais depuis les indépendances, les guerres et les crises ont jalonné l’histoire de ce vieux continent,  et porté régulièrement un frein à son développement. Aux conflits interminables pour la prise du pouvoir ou le contrôle de ses ressources minières,  le drame de l’intégrisme religieux et de la criminalité viennent s’ajouter à ce contexte de violence sans précédant.

 

C’est pourquoi l’image du soldat, des généraux putschistes et de la police répressive été dominée par celle du barbarisme désignant le militaire africain comme étant à la fois un soldat et un rebelle, ennemi de la paix. Le Général De Gaulle disait que « si les policiers n’étaient pas cons, ils ne seraient pas policiers ». Pour dire que, la plupart des membres de la société militaire ont toujours eu l’impression d’être différents des civils bien que partageant le même pays et ayant les mêmes valeurs culturelles et humaines dans la plupart des cas.

 

Aujourd’hui, les forces armées inspirent plus de confiance au monde et les missions qui leur sont confiées sont valorisantes et glorieuses. Par conséquent, ces forces armées doivent évoluer et s’adapter aux contextes géopolitiques actuels. Elles doivent contribuer à la stabilité politique et au développement national. Cela passera par une redéfinition tactique du rôle que l’armée est appelée à jouer dans la construction des nations fortes, libres et démocratiques.

 

Jouissant depuis plus d’une décennie de ses droits civiques, la grande muette a fait des pas de géant en s’exprimant aux suffrages universels par la voie des urnes. Elle a ainsi été  libérée  du concept traditionnel des politiques qui l’avait privée de son droit fondamental de vote. Une belle occasion d’amener les forces armées à voter comme tout citoyen. Cette disposition de la Constitution du 22 janvier 2001 leur a consacré des progrès significatifs en matière de citoyenneté, de droits et de libertés fondamentaux. Les décideurs politiques ont prit les devants pour mettre le statut militaire en conformité avec les droits de l’Homme. 

 

Les armées sont devenues mixtes partout dans le monde. Ce qui a fondamentalement changé les mentalités dans un milieu traditionnellement réservé aux hommes. L’ère des Nouvelles technologies de l’information et de la communication a fait sauter les frontières résultantes de l’histoire et ouvert les pays d’Afrique à la modernité. Le changement important à l’accès au savoir, la connaissance et la modification substantielle du mode de vie des peuples du monde sont les conséquences majeures induites. Cette mondialisation, devenue irréversible, prend des formes de plus en plus axées sur le changement des sociétés. Dans son évolution, la globalisation a réduit les espaces de vie, les distances entre les hommes et les femmes et la différence entre les peuples. Il n’est pas rare de voir des milliers de gens, ne parlant pas la même langue et les mêmes cultures, vivant dans des continents éloignés, se fréquenter assidument et vivre ensemble dans un virtuel, via internet.

 

 

Désormais, les réseaux sociaux sont devenus une réalité à laquelle il faudra compter. Cet outil des temps modernes a déjà inscrit dans son palmarès ce qu’il est convenu d’appeler : Le printemps arabe, cet événement très médiatisé qui a bouleversé le monde et renversé le puissant régime de Ben Ali en Tunisie. Ces manifestations sont encore fraiches dans notre mémoire collective. Ce fut une belle manière de prouver au monde que par la volonté populaire on peut aspirer au changement  et aux réformes constitutionnelles pour plus de liberté.

 

Au Sénégal aussi, nous avons connu cette vague de protestation via les réseaux sociaux suite à une forte mobilisation  pour dire non au Président Abdoulaye WADE qui voulait une dévolution monarchique du pouvoir.

 

Notre monde se place dans un environnement interdépendant qui favorise les menaces transnationales, dans un contexte de  transformations majeures : D’où la nécessité d’un nouveau concept de sécurité et la redéfinition du rôle des Forces Armées et des Forces de sécurité.

 

Vu la menace de radicalisation des jeunes, et les moyens humains et matériels gigantesques déployés pour lutter contre la criminalité au Sénégal, la question de l’insécurité prend des tournures incontrôlables et très difficiles à cerner. A la menace Djihadiste, s’ajoutent la menace des armes légères en circulation et celle des armes nucléaires.

 

Aujourd’hui, le défi principal consiste donc à promouvoir une conscience de sécurité et de défense, fondée sur des valeurs partagées entre sociétés civiles et militaires servant dans les forces modernes. Il est évident que face à de telles mutations, le rapprochement entre militaires et civils devient essentiel, les uns et les autres occupant de plus en plus les mêmes théâtres d’opération au service d’une même cause !

 

Avec l’arrivée au pouvoir du Président Macky Sall et de sa gouvernance de rupture, sobre et vertueuse, le Sénégal, semble s’engager dans une nouvelle voie dite de l’émergence. Mais la paix et la sécurité étant les conditions sine qua non à tout développement, il me semble opportun de regarder en face la menace terroriste à nos frontières et d’assumer les réformes qui s’imposent aux forces de défense et de sécurité. Leurs effectifs  ont presque triplé en moins d’une décennie et leurs équipements très modernes avec la dotation de moyens aériens modernes et même de drones. Mais la terreur continue de se répandre partout.

 

Ainsi, la question de l’alliance des forces de défense et de sécurité (Police, Gendarmerie, Armées) se pose avec lucidité mais avec acuité au plan interne et externe. Compte tenu de l’ampleur de la tâche qui attend les forces de sécurité en termes de sécurité, le moment est venu de s’adapter aux dures réalités. Récemment, mandatée par la Communauté Economique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), et avec l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU, l’opération « restaurer la démocratie » en Gambie avait engagé le Sénégal et quatre autres pays dans une coalition militaire qui a ramené la paix.

 

Donc, aucune action isolée ne peut plus être envisagée ni par les états de la sous-région, ni même par les forces chargées d’assurer  la sécurité des personnes et de leurs bien ainsi que la surveillance aux frontières. Ce qui me paraît opportun, c’est que toutes les forces agissent en congrégation, avec des actions cohérentes et bien structurées. Et pour réaliser ce pas, des concertations larges et inclusives et permanentes entre les différents acteurs de la sécurité sont plus que nécessaires.

 

L’accent doit être mis sur la collaboration franche et non superficielle et de se détourner des sentiments de rivalité. S’il est question de se pencher sur la formation de vrais spécialistes du crime organisé et du terrorisme, il est aussi question d’acquérir plus de moyens de lutte pour contrer ce fléau ayant prit des proportions de plus en plus grandes. Plusieurs pays africains ou voisins du Sénégal tel que le Mali en ont déjà payé un lourd tribut. Pendant ce temps,  le terrorisme et la mafia évoluent dans leur stratégie commune. En tout cas, leur collaboration est devenue quasi-certaine.

 

Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) n’est autre que la fusion entre Ansar El dine, Al Mourabitoune et la katiba Macina. Il y’a eut d’autre fusion encore et encore.

 

– EN IRLANDE DU NORD  L’IRA (Irish Republic Army) a toujours été financé par la mafia irlandaise et celle-ci a toujours été son principal fournisseur en armes. L’IRA s’appuie aussi sur le réseau des banques offshore de la mafia irlandaise pour blanchir l’argent qui passe inaperçu en Irlande.

 

EN INDE  l’état du Bihâr est considéré comme tombé aux mains des groupes criminels du Cachemire. Les gangs locaux se sont spécialisés dans les enlèvements et soutiennent activement les groupes terroristes.

 

Le quatrième Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique s’est tenu à dans un grand hôtel de luxe à Dakar en 2017 sur le thème : « Défis sécuritaires actuels en Afrique: pour des solutions intégrées« . En collaboration avec le ministère français de la défense, cette rencontre informelle réunit depuis quatre ans des diplomates, des militaires, des chercheurs, des universitaires et des experts, qui réfléchissent ensemble et à haute voix sur les enjeux sécuritaires africains. Mais sur le terrain, la situation ne fait qu’empirer.

 

3- FEDERER LES SERVICES DE RENSEIGNEMENTS ET LES FORCES DE SECURITE ET DE DEFENSE EN UNE SEULE  ET MEME UNITES.

 

Les forces armées, les services secrets, tout comme les forces de sécurité sont tous des organismes d’Etat qui obéissent au pouvoir politique en place et donc, agissant sous leurs ordres. Cependant, la principale mission de ces services de renseignement est d’obtenir des pistes, c’est-à-dire des nouvelles capables d’anticiper en concevant des plans de riposte face à la menace terroriste. Avec Internet, d’aucuns pensent que tout est connu, qu’il est impossible de cacher des informations aux journalistes, aux diplomates et autres observateurs de la scène internationale.

 

En effet, toute opération d’importance doit recevoir l’aval du pouvoir politique, souvent du plus haut niveau étant donné la sensibilité des sujets traités. Les « services secrets» permettent aux gouvernants de contourner parfois des lois internationales qui deviennent de jour en jour plus contraignantes.

 

4- LES CONSEQUENCES D’UN SERVICE DE RENSEIGNEMENTS INEFFICACE.

 

La véritable révolution dans les affaires militaires, c’est la primauté absolue du renseignement pour engager les forces. Les hommes d’état accordent souvent beaucoup d’intérêt aux informations publiées dans la presse. A la différence des militaires, leur choix est souvent guidé par les réalités du moment. C’est pourquoi ils sont souvent manipulés par la presse. Ce qui les pousse à prendre des décisions hâtives sous la pression des médias ou à mettre en cause l’action de leurs propres services de renseignements lorsqu’ils les soupçonnent d’avoir fourni des informations erronées. Quelques fois, lorsqu’une action secrète est étalée au grand jour, elle est bloquée durant une longue période ou s’arrête définitivement. Ce qui met en jeu tout un système.

 

Il me semble évident qu’un pays doit avoir une force de frappe fiable, avec des services secrets bien formés, et des moyens d’anticipation pour faire face à la demande du moment. Il convient d’utiliser cette synergie à une plus grande échelle, avec des missions qui leur sont propres, et à ne pas de les limiter à des activités que couvrent déjà parfaitement les diplomates et les agents et officiers de polices judicaires.

 

En Asie, même le Japon, pays extrêmement pacifique depuis la fin de la seconde guerre mondiale, est en train de recréer une sorte de C.I.A version asiatique.

 

   5- DIFICULTES POUR LES FORCES DE LA C.E.D.E.A.O :

 

L’Union Africaine, n’est pas encore sortie des ténèbres ce qui risque de clouer au sol ses ambitions pour lutter contre les conflits armés et les querelles de leadership hérités de l’OUA. Les conflits armées constituent le grand problème auquel les militaires attendent des décisions politiques et font très peu de propositions fiables.  Les chefs militaires communiquent très peu avec les populations et oublient de proposer des solutions alternatives. Pourtant, ce que les masses angoissées attendent de ces braves gens, dont l’abnégation peut pousser jusqu’au sacrifice ultime, va même au-delà de leur sens de l’honneur ou la patrie. Mais des plans de sécurisation viables, des tactiques simples et efficaces, capables de résoudre la question du terrorisme. Le temps des discours politiques n’est-il pas dépassé face à un ennemi qui envahit toutes les régions du monde ? Ce que les populations attendent des armées, c’est leurs engagements à leurs côtés,  les soldats doivent prouver  à quel point les armées font partie de leur vie, de leur sécurité. L’accélération de l’intégration africaine n’ est pas seulement économique. Elle est aussi militaire.

 

-La coopération entre les différentes forces de sécurité et les services de renseignement n’est pas encore effective. Quels que soient leurs moyens et leur nombre, si elles ne collaborent pas franchement, il leur sera impossible de constituer un corps à même d’infiltrer les gangs terroristes et de les éliminer. Bien sûr, les gouvernements tiennent toujours des discours politiques pour rassurer le peuple en parlant d’insécurité. Les opérations combinées, appelées aussi « coup de point » qui se font de temps à autre, lorsque les populations montent au front pour dénoncer, n’ont pas permit de vaincre l’insécurité grandissante au Sénégal, ni dans les pays voisins du Mali. Tous les jours, les gangs armés s’organisent et se montrent de plus en plus audacieux dans le choix de leurs cibles et dans leur mode d’opérer.

 

Nos gouvernants connaissent toutes ces méthodes. Mais certains états démocrates invoquent l’immoralité de telles activités. Il est d’ailleurs étonnant que les médias d’opposition si prompts à dénoncer les actions du gouvernement ne se mobilisent pas de la même manière pour exiger des réponses cohérentes de la part des soi-disant spécialistes du terrorisme.

 

– FAIBLES MOYENS DES SERVICES SECRETS

 

L’Afrique n’a pas encore connu le progrès technologique. A défaut de pouvoir faire des  interceptions radioélectriques, de prendre des photos ou films  à l’aide de satellites, d’acquérir des avions espions ou de drones, nos services secrets doivent être créatifs, compte tenu de nos réalités :

 

-Utiliser les nombreuses astuces existantes, très efficaces et n’impliquant aucun besoin budgétaire. Voici quelques exemples de modèles asymétriques qui doivent inspirer les concepteurs et spécialistes actuels de la guerre contre le terrorisme. Il reste évident que beaucoup de réformes sont à apporter dans le secteur de la sécurité et de son enseignement.

 

-Par exemple, durant la Seconde Guerre mondiale, pour faire croire aux Allemands que le débarquement aurait lieu dans le Pas-de-Calais, les Américains ont constitué une véritable armée fictive équipée de pièges (chars gonflables, campements inoccupés, réseau radio d’un véritable corps d’armée, etc.) que les services allemands pouvaient surveiller à loisir. Pour apporter une crédibilité supplémentaire, la direction de cette supposée « Armée » avait été confiée au Général Patton, connu pour ses compétences militaires. « Fortitude » fut le nom code donné à cette opération.

 

-Pendant la guerre en Bosnie, les Serbes ont recouru à des chars à bœufs pour déplacer leurs engins blindés afin qu’ils ne diffusent que de faibles chaleurs contrairement aux moteurs qui allumés. Ainsi, les  caméras infrarouges aéroportées n’ont jamais pu les repérer. Une contre-mesure très efficace qui eut fait ses preuves.

 

-Toutefois, nos maisons de détentions sont remplies en ce moment de milliers de délinquants. Des criminels, des dealers de drogues, qu’ils soient hommes ou femmes, purgent de longues peines allant de dix à vingt ans de prison ferme. Ce qui a un coût important en termes de finance. Au sein de cette population carcérale, vivent de nombreux marginaux ayant une parfaite connaissance des milieux infâmes. Ils connaissent les circuits de la drogue par cœur, ont fréquenté les délinquants en cavale, ont des informations dans le domaine du terrorisme et peuvent donner de longues listes de bandits très actifs. Certains bandits emprisonnés pourraient aider à élargir le niveau de renseignement des services de police. Leur collaboration avec les services de renseignements aiderait à faire des pas de géant dans ce domaine. Ce qui demande du tact et d’habileté pour y arriver.

 

Par une simple autorisation d’un magistrat, un détenu peut quitter la prison et se mettre au service de la police dans un cadre restreint. Dans les commissariats de police, les enquêtes préliminaires sont bouclées en vitesse, faute de temps. La loi fixe des délais très courts. Elle ne permet pas aux enquêteurs d’aller au-delà de 72 heures pendant la phase d’enquête de police. A l’issue du temps réglementaire, il faut boucler les procédures et déférer le délinquant devant le Procureur. Ce qui ne permet pas souvent de mener toutes les investigations utiles, faute de temps. Rarement le procureur ou le juge se déplacent de leur bureau pour aller sur le terrain aux fins de mener des investigations.

 

 

1- AU NIVEAU SOCIAL 

 

Miser sur des initiatives visant à réduire la pauvreté des masses défavorisées et pouvant basculer dans le terrorisme. L’objectif étant à terme, de réduire l’attractivité du terrorisme, auprès des plus vulnérables des sociétés africaines. A cet effet, chaque pays africain pourrait créer au niveau communautaire, sa comité de veille et de prévention contre les dérives sectaires issues du dévoiement de l’Islam. Tous ces cadres peuvent servir de relais pour la sensibilisation des jeunes quant aux risques de radicalisation religieuse et serviraient de dispositifs d’alerte précoce. On peut citer les groupements de femmes, les comités locaux, et mouvements de jeunesse tels que les A.S.C et les dahyras  pour la création de comités de veille et de sensibilisation dans chaque village des pays menacés, serait une voie de sortie de crise. La lutte contre la terreur, est une « guerre d’usure », qui sera longue, douloureuse, couteuse en vies humaines et très onéreuse. Les pays africains devront donc être solidaires et y consacrer une bonne part de leur budget pour éradiquer la menace.

 

2- STRATEGIES DE LUTTE CONTRE LE TERRORISME:

 

Les limites sont souvent d’ordre stratégique et conceptuel.  Tous les états africains engagés dans la lutte antiterroriste disposent d’une politique de défense ou de sécurité nationale, mais souvent inadaptée à la menace. Il est évident que lutter contre le terrorisme nécessite une bonne approche du sujet, en y incorporant tous les facteurs locaux qui favorisent l’émergence de toutes formes de radicalisation, conduisant à de l’extrémisme violent ou au terrorisme.

Seule, une bonne stratégie commune peut permettre de mener des actions efficaces contre les groupes terroristes. Si nous ne posons pas clairement les enjeux et les réponses adaptées à la menace, nos efforts seront vains.

 

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Les rapports fournis par les services de renseignements secrets français au gouvernement sénégalais indiquaient que « Les terroristes envisagent d’utiliser des voitures piégées et de frapper dans des zones publiques très fréquentées par les étrangers ». Quant au rapport de la CIA, il fait état « d’attaques ciblées et bien planifiées » par les terroristes contre Dakar et certaines zones fréquentées par des occidentaux.

 

Conscient de la menace terroriste dans notre pays, le Président Macky SALL a décrété le Cadre d’Intervention et de Coordination International des Opérations de Lutte Anti-terroriste. Le  CICO est un Cadre qui favorise la mutualisation des moyens civils et militaires nationaux et internationaux mobilisés par le Gouvernement pour faire face aux menaces et attaques terroristes. Il établit et approuve son concept d’opérations.

 

Malgré cela, certains états africains sont à la traîne. Ils investissent très peu dans la communication et la sensibilisation offensive contre le terrorisme à l’image du Sénégal. Cette insuffisance explique les risques de radicalisation croissants et le vivier de recrutement que constituent des communautés exposées parce que mal informées. En effet, nombreux sont les états qui ne sensibilisent pas leur population sur les risques de radicalisation et souvent sous-estiment ce risque au point de ne pas véritablement en parler. Le Sénégal, constitue aujourd’hui un modèle en matière de communication et de sensibilisation sur le sujet. Les actes de prévention et de répression issus de l’engagement du Président Macky Sall ne sont plus à démontrer.

 

L’Opération Flintlock qui  regroupe chaque année plus de 1700 soldats d’Afrique, d’Europe et d’Amérique du Nord pour des exercices militaires annuels au Sénégal. Cet impressionnant dispositif a pour but d’unir des forces pour lutter contre les groupes violents actifs en Afrique de l’Ouest et du Nord, en particulier les factions alliées au groupe État Islamique et à Al-Qaida.

 

Une trentaine de pays d’Afrique participe à Flintlock sous le Commandement Militaire des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM). Ce qui permettra à moyen terme d’atteindre les objectifs militaires américains en Afrique où l’Etat Islamique et d’autres groupes extrémistes sont devenus très influents.
Sous le contrôle des grandes puissances, et à l’image du Sénégal, d’autres pays du Sahel à savoir : le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad fusionnent dans le G5 dans un espace intéégrant la plus grande concentration des menaces sur la paix la sécurité et le développement.

Ces pays sont homogènes sur le plan de leurs caractéristiques physico-naturelles, de leurs indicateurs de développement socio-économique, et aussi homogènes de par l’histoire, la géographie et la culture ou même d’un point de vue géopolitique.

 

Le G5 est un autre bloc perçu pour certains observateurs comme le bon format et la bonne échelle pour traiter des questions spécifiquement sahéliennes tels que la porosité des frontières africaines. Un phénomène qui limite toutes les actions combinées de lutte contre le terrorisme et ses dérivés tels que les flux de populations, la circulation d’armes et de matériaux utilisés dans la confection d’engins explosifs.

 

3-Un plan d’action anti-terrorisme franco-sénégalais ?

 

Le Sénégal a déjà posé plusieurs actes concrets dans le domaine de la lutte contre l’insécurité. On peut rappeler la première tournée en Afrique de l’ouest du ministre français de l’Intérieur avait jeté les premiers jalons d’un nouveau cadre de concertation. A l’issue, Manuel Valls et son homologue sénégalais, le brillant Ministre Abdoulaye Daouda Diallo, avaient signé une déclaration conjointe, un accord de principe pour renforcer la coopération entre les deux pays notamment dans la lutte contre le terrorisme.

 

Doté seulement de moins de 500 milliards de francs CFA, le plan d’action contre le terrorisme fut le début d’une collaboration entre la France et les pays du sahel. Elle vise à renforcer les capacités de prévention et de riposte des services sénégalais de police et de gendarmerie. Selon Manuel Valls, ministre français de l’Intérieur « Le plan d’action signé par le Sénégal et la France, nécessite à la fois des éléments de formation et des échanges d’informations et du renseignement et aussi des éléments matériels. »

 

Mais l’ancien ministre sénégalais de l’Intérieur Abdoulaye Daouda Diallo, dira que ce programme est quelque chose d’important : « Mais le gros problème,  c’est son fonctionnement. Pour que cela marche, il faudra beaucoup bouger et échanger de manière coordonnée. Puis, il évoquera la mutualisation des forces (Police-Gendarmerie) qui demande des actions concrètes, novatrices, allant au-delà des déclarations d’intentions et des séminaires.

 

Cela suppose une plus grande implication de nos forces qui, à mon avis, ne disposent que de très peu d’informations, de moyens matériels et humains pour être en phase avec notre ennemi commun, invisible et très peu connu. Il frappe par surprise et disparait dans la nature.

La Côte d’Ivoire, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal sont désormais appelés à unir leur force au sein du nouveau PACT, sous la direction de la France qui ne semble pas avoir convaincu ses partenaires sur les moyens de sa politique intérieure pour lutter contre le terrorisme, ni les moyens de mener efficacement une opération de cette envergure. Il faut aussi souligner que le PACT est un projet dont l’objectif est d’anticiper le risque terroriste par la mise en œuvre d’obstacles à l’action terroriste, en améliorant la recherche et l’administration de la preuve par l’emploi de techniques d’investigation moderne : Justice et Sécurité au Sahel. Un programme qui réunit la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Bénin et désormais le Sénégal. Il appartiendra aux acteurs de se prononcer sur sa viabilité.

 

Le Président Macky Sall a déjà déclaré la guerre aux terroristes. Il les a fermement défié en ces termes : Le Commandement divin, tel que transmis successivement par la Torah, la Bible et le Coran, a toujours prôné le bien, prohibé le mal et exalté la fraternité humaine. Nous n’avons pas du tout peur de la mort»

 

Pour lui, la meilleure manière de combattre les terroristes, c’est de les affronter, « d’exclure tout dialogue avec eux car on ne dialogue pas avec des bandits. »

Cependant, il ne croit pas aux solutions militaires uniquement. Il dit ne compter que sur 3 choses pour lutter efficacement contre le terrorisme :

1-La particularité de l’islam pratiqué au Sénégal : « Un islam de confréries, très singulier, très apaisé, qui est un frein aux dérives islamistes ».

2-« Mettre l’accent en amont sur l’éducation de notre jeunesse et sur sa formation ».

3- « Le renseignement humain pour détecter des comportements anormaux de jeunes qui reviennent de zones et pays où on leur a fait un lavage de cerveau ».

 

‘-La difficile traque des djihadistes.   

 

Finit alors les enseignements contemporaines de la guerre, finit les embuscades et les assauts, finit la guerre des tranchées. L’histoire vient d’écrire une nouvelle page dans le  champ de combat où une nouvelle forme de guerre s’impose et s’affirme de jour en jour. La guerre asymétrique.

 

« Une guerre asymétrique est une guerre qui oppose la force armée d’un État à des combattants matériellement insignifiants, qui se servent des points faibles de l’adversaire pour parvenir à leur but souvent politique ou religieux ». Cette forme de guerre psychologique vient de défier les premières puissances militaires mondiales que l’Amérique et la France, devenus les cibles privilégiés des attaques terroristes.

Les forces de l’ordre sont visibles alors que l’ennemi à combattre ne l’est pas. Il est tapi dans l’ombre et attend le bon moment pour frapper. Les djihadistes sont des combattants difficilement contrôlables : Ils mènent des actions discrètes et possèdent des réseaux clandestins, peu faillibles avec des modes de communications codés, des réseaux obscurs, des hommes expérimentés, qui se déplacent beaucoup et usant de méthodes non conventionnelles.

 

 

C’est pourquoi personne ne peut les infiltrer durablement. Compte tenu de l’activisme de groupes terroristes opérant dans la bande sahélienne, de leur mobilité, peut-on vraiment, se limiter à recommander aux étrangers résidant ou de passage au Sénégal de se priver du plaisir d’être seuls alors que ces touristes sont là pour jouir pleinement de leurs vacances dans des endroits peu sûrs ? Comment reconnaître un paquet suspect ou même un homme suspect ? Impossible de remplir les rues de chiens renifleurs. Impossible de déployer les forces de l’ordre dans chaque coin de rue nuit et jour, avec un équipement trop lourd. Nous devons avouer sans complexe qu’au niveau actuel de l’évolution du terrorisme, aucune réponse adéquate n’est encore trouvée. Rien n’a changé sur le terrain.

Insurrection, rébellion, guérilla ou terrorisme, les nouvelles formes de lutte sont multiples et embrouillés au 21 siècle.

 

Au Sénégal, les forces de défense et de sécurité  sont très déterminées. De Dakar à Rosso, de Ziguinchor à Saint-Louis, les postes et dispositifs de contrôle sont devenus très nombreux. Mais la porosité des frontières et le flux migratoire rendent leur mission encore plus complexe. C’est la raison pour laquelle, les terroristes peuvent se déplacer dans toutes les régions sans jamais rencontrer de patrouilles, tellement les distances sont énormes.

 

Compte tenu de la situation qui prévaut au Sahel, le djihadisme étend ses bases dans cette zone de non droit, très favorable aux enlèvements d’occidentaux. Qu’il s’agisse du Mali, du Niger ou du Nord Cameroun, le passage d’un pays à un autre reste un jeu d’enfant. Pour mieux s’impliquer dans cette guerre pour laquelle elles n’ont pas été formées dans leurs écoles, les forces de défenses africaines ne connaissent que la guerre conventionnelle, avec ses règles précises d’engagement. C’est pourquoi, prévenir des attentats terroristes reste une tâche extrêmement difficile, voir même impossible, irréalisable.  Traquer un seul terroriste, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin et peut durer des années. Entre les terroristes et les services de sécurité, il y’a une grande différence dans la méthode, la conception et les stratégies. Le terrorisme est un phénomène complexe, parce qu’il évolue en permanence dans ses organisations, ses motivations et ses objectifs, ses méthodes et ses moyens. Ne connaissant pas de frontière, il s’est vite répandu de manière diffuse à travers le monde sous des formes variées.  Les Djihadistes, contrairement à certaines idées reçues, ne sont pas tous attirés par le gain d’argent. Ils sont animés par une idéologie pour la plupart.

 

La sécurité dans les lieux publics au Sénégal fait l’objet d’un renforcement préventif des mesures de sécurité (contrôle strict des visiteurs, protection armée, interdiction de stationner à proximité des édifices militaires, fouilles électroniques) se généralise. Ce qui ne laisse personne indifférent.

 

Les résultats promis tardent à venir. Des arrestations et des jugements sont annoncées çà et  là, ainsi que la neutralisation de camps djihadistes. En Somalie, Le Kenya, l’Ethiopie et la Somalie participent ensemble à la lutte contre Al Shabab au sein de l’AMISOM. Le Nigeria, le Tchad, le Cameroun, le Niger  forment une force régionale dans la lutte contre Boko Haram, mais la situation s’empire.

 

Malgré tout, après plusieurs années de  lutte contre les groupes terroristes islamistes, les attentats se poursuivent au quotidien et la lutte semble stagner. Le Cameroun, le Tchad, la Somalie, le Nigeria, le Mali, s’enfoncent dans cette terreur galopante. Les mouvements extrémistes islamistes qui prônent la charia n’ont jamais été aussi actifs. Al Shabab, Boko Haram, AQMI, Ansar Dine, sont rejoints par d’autres groupes de plus en plus violents, qui maintiennent la pression sur les gouvernements et les populations.

 

Les grands alliés dans cette lutte, tel que les Etats-Unis et la France sont aussi actifs dans la formation, le renseignement et les frappes de drones. Certes, ces groupes sont combattus mais la lutte dispose-t-elle des atouts nécessaires pour en venir à bout ? L’Etat Islamique (DAESH) reste très actif avec une grande capacité de nuisance. Il progresse avec sa nouvelle force de frappe et du fait de sa stratégie de communication extrêmement efficace.

 

Comme nous le savons, notre pays reste pourvoyeur de troupes dans différentes zones de conflit.. Des contingents de nos forces de sécurité et de défense sont engagés au Mali, au Congo, en Côte d’Ivoire, et au Darfour pour le maintien de la paix. La tâche est énorme. Et pourtant, les effectifs des forces de défense et de sécurité ont doublé, voire triplé sous le règne du Président Sall. Aussi, des troupes sont déployées aussi sur notre propre territoire en Casamance où plane une insécurité latente. La rébellion armée y a déjà fait  plusieurs centaines de morts en trente ans.

 

B – SECURITE INTERIEURE ;

 

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Difficile de dresser une liste exhaustive des meurtres non élucidés, suite à des bavures policières. D’ailleurs, ces faits, certes de plus en plus récurrents, remontent à l’indépendance du Sénégal, avec le célèbre cas d’Oumar Blondin Diop, mort en détention. Un meurtre qu’on a cherché sans convaincre, à maquiller encore en suicide. Les commandants des forces de défense et de sécurité souvent appelés les « têtes pensantes » s’érigent en une classe à part, oubliant parfois de soigner leur image, d’alerter l’opinion sur les menaces imminentes, mais aussi et surtout leur rôle dans le champ de la réflexion sur l’anticipation prospective. Ces hommes  chargé de faire régner l’ordre  ne peut plus se décharger de ses responsabilités de stratège au prétexte qu’elle attend les ordres d’en haut compte tenu des urgences sécuritaires auxquelles le pays est confronté. Ce que les peuples attendent aujourd’hui de tous ces responsables militaires, c’est qu’ils adoptent une position de Sentinelle et nous proposent des concepts intelligents d’alerte et de veille tels la vigie et le gouvernail dans un bateau.

 

En prélude au Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité, le brillant Général sénégalais Lamine CISSE a fait remarquer que : «Pour efficacement répondre aux situations insurrectionnelles, la réforme des secteurs de sécurité et de défense doit permettre le déploiement des dispositifs de sécurité capables de stabiliser les régions». Pour lui, il est même nécessaire de «restaurer la confiance avec les forces de sécurité en mettant en place un réseau civil transfrontalier permettant de fluidifier l’échange d’informations et de lutter contre la progression du radicalisme religieux dans la région».

 

 

L’heure est grave et le peuple attend des propositions concrètes, de nouveaux plans de défense adaptés à la réalité du moment. Pour cela, il est nécessaire de recourir à une solution intégrée découlant d’une solide cohésion interne entre les forces pour conforter la riposte aussi bien préventive que répressive. Un travail devenu moins difficile vu les instruments divers dont nous disposons.

 

Mamour BA, écrivain :

– LA FEMME DU DIABLE publié chez Harmattan-

-LE POUVOIR DES RUES publié par Edilivre- France

-Ex. Sous Officier de Gendarmerie-Sénégal

-Médaillé Union Africaine pour Maintien de la Paix au Darfour-Soudan-Membre Cercle des Ecrivains et Poètes de Saint-Louis.                       

-E-mail : niorodurip123@yahoo.fr

Exclusif! Comment est arrivée Rihanna ? Où est-elle ? Qui la garde ?

YERIMPOST.COM Yerimpost a appris de source autorisée que la chanteuse Rihanna est arrivée à Dakar tôt le matin du 1er février 2018 par le vol de South African Airlines. La star s’est voilée pour passer inaperçu à l’aéroport. Elle a fait cap sur l’hôtel Terrou Bi, sur la corniche Ouest de Dakar, où elle loge dans une suite ultra-sécurisée. Déclarée persona non grata par la Coalition contre la franc-maçonnerie, Rihanna a quand même tenu à participer à ce sommet mondial sur le financement de l’éducation.

En dehors des éléments de sa sécurité privée, l’Etat l’a placée sous très haute surveillance policière, vu les nombreuses réticences suscitées par sa venue.

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L’avion-éclaireur de Macron a atterri… Pourquoi à Dakar et pas à Diass ?

YERIMPOST.COM Sur la foi des confidences d’une source bien informée, Yerimpost est en mesure d’écrire que si l’avion-éclaireur du nouveau président français, Emmanuel Macron, a atterri à l’aéroport de Dakar, c’est pour raison de sécurité. L’aéronef qui transporte Macron atterrira lui aussi à 23h à Léopold Sédar Senghor. L’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd), qui fonctionne depuis seulement un peu plus de deux mois, n’est pas apparu suffisamment rôdé aux yeux des services secrets français. d’autant qu’une grève des aiguilleurs du ciel, dès le lendemain de l’ouverture de l’ouvrage, au motif de normes de sécurité insuffisantes, n’a pas été pour arranger les choses.

 




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